Affaire des sextuplés de Vancouver

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Cette page présente la chronologie de l'affaire des sextuplés de Vancouver dans laquelle s'est posée la question de la transfusion sanguine.

Chronologie

2007

  • 10 janvier: les premiers sextuplés du Canada naissent. Ils sont prématurés de 3 mois et pèsent 800 grammes chacun. Ils sont de parents Témoins de Jéhovah . Comme les grands prématurés ont souvent besoin de transfusions de sang, une polémique nait dans les médias sur les risques que courent les enfants. Il est supposé que ces enfants ont été conçus par insémination artificielle, si les Témoins de Jéhovah acceptent ce genre de traitement, ils refusent par contre de détruire les différents "œufs" obtenus par cette méthode car ils sont contre l'avortement, ce qui explique ce nombre d'enfants: Les parents ont refusés l'avortement et ont demandé que les enfants soient réanimés à la naissance malgré les risques de malformation. Une fois la nouvelle de la naissance connue, le porte-parole des Témoins de Jéhovah fait un appel à la famille qui a voulu rester anonyme pour leur proposer son aide et déclare que les choix thérapeutiques relèvent de la vie privée. [1]
  • 23 janvier: Un des enfants décède sans qu'on en sache les raisons.[2]
  • 25 janvier: L'avocat des Témoins de Jéhovah écrit au ministère des enfants que s'il compte enlever la garde des enfants aux parents, il doit leur laisser la possibilité de s'expliquer.
  • 26 janvier: Le ministère des enfants et du développement familial délivre un ordre de traitement pour un des trois enfants d'une durée de 7 jours, sans autoriser les parents, selon le père, à témoigner, présenter des experts, ou faire une contre-examination des propos des médecins. Il se base sur la section 30 du hild, Family and Community Service Act.
  • 27 janvier: Les médecins avertissent les parents qu'ils ont demandés la permission au ministère d'effectuer une transfusion pour un deuxième enfant, ils l'obtiennent. Les parents quittent l'hôpital, ne "pouvant pas supporter qu'on viole une de leur fille".
  • 27 et 28 janvier: Le gouvernement canadien a pris à sa charge 3 des sextuplés en vue de leur administrer des transfusions sanguines. Un des enfants en reçoit une. On apprend que les deux enfants décédés, ne le sont pas en raison d'un refus de transfusion. Le couple attaque en justice les médecins devant la cour suprême du Canada, le père déclarant qu'une de ses filles a été selon lui "violée". L'avocat de la famille est l'avocat du mouvement Shane Brady, le même que pour l'affaire Bethany Hughes: La direction du mouvement est donc arrivé à prendre contact avec la famille. [3]
  • 29 janvier: Les médecins demandent la permission au ministère pour un troisième enfant dont le taux d'hémoglobine diminue.
  • 1er février: Le gouvernement redonne la garde des 3 enfants au couple après l'administration des transfusions pour deux d'entre-eux. [4] La direction du mouvement contre-attaque, elle affirme qu'ailleurs dans le monde des médecins traitent de grands prématurés sans avoir recours aux transfusions en limitant les tests de sang et en acceptant des taux d'hémoglobine plus bas que d'habitude, et cite un juge en Alberta qui a affirmé que des parents qui refusaient des transfusions pour leur enfant n'avaient pas tort [5]
  • 1er février: Le docteur Juliet Gochon, médecin spécialisée dans l'éthique et qui a assisté à d'autres affaires impliquant les Témoins de Jéhovah déclare que la solution trouvée est heureuse pour les enfants et les parents: En luttant contre le gouvernement le couple ne risque pas d'être rejeté socialement par le mouvement, ils peuvent "garder la tête haute" au sein de leur communauté. On apprend que la section 30 du Child, Family and Community Service Act invoqué par le gouvernement pour retirer la garde des enfants aux parents permettrait de différer la confrontation avec les parents et les contre-expertise jusqu'à un mois après les faits, et donc que les parents ne seraient pas justifiés d'attaquer en justice le gouvernement sur ce point. La juriste Louderbach-Wood, élevé chez les Témoins de Jéhovah et dont la mère est décédée d'une attaque suite à un refus de transfusion précise que la politique sur le sang des Témoins de Jéhovah est loin d'être aussi simple que présentés. Certains produits tirés du sang sont acceptés et cette doctrine a varié au fil du temps. [6]
  • 2 février: La bataille juridique se prépare. Il semble que le dénouement de cette bataille tournera autour d'arguments médicaux: Savoir si l'état de santé des enfants nécessitait une transfusion ou non, pour cela l'avocat des Témoins de Jéhovah va faire témoigner un médecin chargé de soigner des prématurés à l'hôpital de Sault Ste. Marie, Ontario, le Dr. David Burrows qui avait déjà témoigné dans une affaire de prématuré Témoin de Jéhovah en 2004, dans laquelle les parents Témoins de Jéhovah du bébé avaient gagné contre le gouvernement car les Témoins de Jéhovah avaient prouvé par ce témoignage qu'une transfusion n'était pas nécessaire dans ce cas. [7]
  • 3 février: En réponse aux requêtes de journalistes du journal The Star, un médecin spécialiste du sang, le docteur Mark Scott affirme que dans cette affaire il n'existe pas d'alternatives aux transfusions sanguines, qu'il n'existe actuellement pas de substituts capables de transporter l'oxygène sur le marché et que les tests sur des produits de ce type ont donnés des "résultats médiocres" avec des "effets secondaires sérieux" qui ont "vraiment augmentés le taux de mortalité". Enfin commentant les produits de remplacement volumiques comme les solutions salines, le médecin affirme qu'ils sont efficaces quand la personne était préalablement en bonne santé et que son corps ait le temps de produire des globules rouges donc pas dans le cas de "fragiles prématurés". [8]
  • 10 février: Un article du National Post du Canada s'interroge sur la neutralité du rôle de l'avocat Témoin de Jéhovah Shane Brady, lui-même membre du Béthel canadien et perçu comme une autorité religieuse par les fidèles du mouvement (il est aussi ancien dans une congrégation de Témoin de Jéhovah). L'article s'interroge sur l'orientation des informations et conseils que peut donner un avocat Témoin de Jéhovah dans ce genre de situation. L'article nous apprend comment une firme d'avocat (How and Associate) à laquelle appartient Monsieur Brady et monsieur Gnam travaille bénévolement pour le mouvement et est donc en fait le département légal de la société Watchtower et comment le mouvement envoie en formation certains béthelites comme monsieur Brady pour devenir avocat dans cette firme, ce qui fait que ces avocats sont redevables au mouvement de leur formation. De plus il éclaire certains faits de l'affaire Bethany Hughes, comment M. Brady a fait plus que son travail d'avocat dans cette affaire, priant avec la patiente Témoin de Jéhovah, la soutenant pour qu'elle refuse les transfusions, l'aidant à écouter les réunions religieuses de son mouvement par téléphone. [9]
  • 13 février: Une journaliste du Beacon se demande comment des autorités religieuses qui refusent l'avortement en mettant en avant le droit à la vie du bébé sur le choix des parents, inverse leur point de vue une fois l'enfant né, pour proposer la suprématie des choix du parents sur le bien-être de l'enfant [10]
  • 14 février: La revue MacClean consacre un dossier de 6 pages à l'affaire. Selon ses informations, la justice pourrait donner raison aux parents Témoins de Jéhovah dans leur plainte contre le gouvernement de ne pas avoir procéder à une entrevue juridique avec les parents avant l'administration des transfusions. La revue se base sur l'affaire de 2004 qui s'est passé en Alberta, où David Gnam avait obtenu la condamnation du gouvernement de cet état canadien sur ce point.
  • 21 février: L'audience de la Cour suprême de la Colombie-Britannique portant sur le sort des quatre survivants des sextuplés nés dans un hôpital de Vancouver est reportée à la demande du gouvernement. Les parents des bébés avaient fait appel de la décision du gouvernement d'en assumer la garde pour pouvoir leur imposer les transfusions sanguines dont leur vie dépendait. Le gouvernement avait décidé de rendre aux parents le contrôle sur l'avenir médical des bébés, au moment où leur avocat se présentait devant le tribunal pour débattre de la question. Les parents ont néanmoins choisi d'aller de l'avant avec leur appel. Le ministère provincial de l'Enfance et de la Famille a expliqué avoir demandé ce délai en raison de la quantité d'information dans le dossier. La cause ne sera maintenant pas entendue avant le mois d'avril. [11].
  • 15 mars 2007: Le journal médical national du Canada (The National Review of Mede-icin) rapporte qu'avant la naissance, les médecins avaient déjà avertis les parents du risque de décès en cas de refus de transfusion sanguine pour les prématurés et leurs avaient proposés une réduction fœtale qu'ils ont refusés. L'article nous fait le total : 4 avaient besoin de transfusions sanguines, 2 sont morts par refus des parents. 2 furent sauvés par les médecins, et les 2 derniers n'ont pas eu besoin de transfusions sanguines. Les 4 enfants, dont les 2 survivants, sont toujours en vie. [12]
  • 15 et 16 avril 2007: La cour suprême du Canada examine l'affaire[13]. Les parents des sextuplés nés à Vancouver seront entendus lundi devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique pour tenter de casser une décision du gouvernement de prendre en charge leurs bébés et de leur administrer des transfusions sanguines. Leur avocat estime que les droits constitutionnels de ses clients ont été violés quand leurs bébés ont été saisis par le gouvernement de la Colombie-Britannique pour qu'ils puissent recevoir des transfusions sanguines, en dépit des objections de leurs parents. L'avocat Shane Brady souhaitait contre-interroger les médecins, les travailleurs sociaux et un avocat du gouvernement concernant leurs affidavits en appui à la décision du gouvernement. Le juge en chef de la Cour suprême de la Colombie-Britannique, Donald Brenner, a rejeté la demande de Me Brady [14][15]
  • 17 avril: La Cour suprême de la Colombie-Britannique ajourne l'affaire des sextuplés. Celle-ci est reportée à une date ultérieure encore non déterminée [16].
  • 18 avril: Les parents accordent une interview au journal Globe and Mail dans laquelle ils affirment n'avoir pas été l'objet de pressions de la part de leur mouvement pour refuser les transfusions pour leurs enfants. Ils expliquent aussi qu'ils aiment leurs enfants, qu'ils ne les rejettent pas parce qu'ils ont reçus une transfusion. Enfin ils ne comprennent pas pourquoi le gouvernement leur a enlevé leur autorité parentale pour administrer des transfusions à leurs enfants.[17]
  • 30 mai: Les parents ont fait appel de la décision de la cour suprême qui stipulerait "que le gouvernement a le droit d'imposer un traitement demandé par les médecins, sans soumettre ceux-ci à une contre-expertise". L'avocat des Témoins de Jéhovah affirme que les bases de la décision pour transfuser les prématurés sont "dépassés" et que "les transfusions sanguines n'étaient pas médicalement nécessaires" dans ce cas. [18]
  • 2 juin: Les parents ont perdu leur appel qui réclamait la possibilité d'interroger les médecins qui ont agis dans cette affaire. [19]
  • 14 juillet: (Vancouver) Les quatre sextuplés survivants sont à la maison et sont en bonne santé. Les parents sont toujours engagés dans une procédure à l'encontre du gouvernement qui avait pris en charge certains des bébés pour leur faire administrer une transfusion sanguine [20].
  • 30 août: De nouveau devant la cour suprême de Colombie Britannique, les avocats des parents affirment que le taux d'hémoglobine des enfants, au moment où le gouvernement a enlevé la garde de ceux-ci à leurs parents, aurait permis au gouvernement de ne pas lancer une décision aussi abrupte, laissant aux parents le temps de s'expliquer, ce qu'il n'a pas souhaité faire. [21]
  • 31 août: Les parents Témoins de Jéhovah ont demandé au tribunal d'invalider un des articles de la Loi sur la protection de la jeunesse pour que l'État soit légalement obligé de consulter les parents avant de contester une de leurs décisions relatives au bien-être de leurs enfants [22]. La représentante du gouvernement a déclaré que c'est à cause des risques de morbidité ou de mortalité que le gouvernement se devait d'agir. Elle a fait valoir que les médecins ont agit sagement, puisque l'impact d'un taux réduit d'hémoglobine est encore mal compris[23].
  • 31 août: Un ex-Témoin de Jéhovah affirme sur un forum que dans le cas des sextuplés, les parents autorisaient les enfants à recevoir des injections de leur propre sang quand il fallait mesurer leur taux d'hémoglobine. Il se demande sur quelles bases théologiques ce procédé était laisser à la conscience par le mouvement. [24]
  • 3 octobre: Après avoir vu leur appel devant la Cour Suprême rejeter une fois, et leur deux appels devant la Cour d'appel également rejetés, les parents de sextuplés se voit donner le droit de pouvoir faire une contre-examination des arguments des médecins et des travailleurs sociaux par la Cour Suprême de cet état du Canada. [25]

2008

  • 21 janvier: Les parents des sextuplés ont fait comparaître devant la cour deux médecins qui ont déclaré que les transfusions sanguines n'étaient pas nécessaires dans le cas des sextuplés. Le Dr. Robin Ohls, un chercheur en néonatalogie de l' Université de New Mexico a estimé que seule une hémorragie aurait justifié une transfusion sanguine et qu'aucun des bébés ne serait mort d'un trop faible taux d'hémoglobine. Elle a plutôt préconisé l'utilisation d' Epo, mais ne savait pas s'il était utilisé dans l'hôpital qui a soigné les enfants. Le juge en chef Donald Brenner Ohls lui a demandé de préciser ce qu'elle entendait par pas "médicalement indispensable" et si cela comprenait la possibilité d' une invalidité permanente. Elle a répondu qu'il n'existe aucune preuve que les transfusions auraient empêché celle-ci. Le Dr. David Burrows, un néonatalogiste d' Ontario, lui-même Témoin de Jéhovah, a aussi attesté que les transfusions sanguines n'étaient pas indispensables dans le cas des sextuplés. Les auditions doivent continuer pour entendre l'avis des médecins favorables à la transfusion sanguine (By Keith Fraser, The Province Published: Monday, January 21, 2008 et THE CANADIAN PRESS, Mon, 2008-01-21. By: Terri Theodore).
  • 22 janvier: Le Dr. Alfonso Solimano, le néonatalogiste qui a soigné ces grands prématurés a témoigné que l'alimentation en oxygène des bébés était compromise et que la transfusion sanguine paraissait être la solution la moins dangereuse pour la santé des enfants. Il a dit qu'il existait d'autres solutions pour augmenter le niveau d'oxygène dans le corps des enfants, mais que les effets secondaires en sont plus dangereux qu'une transfusion sanguine. Il a expliqué que les bébés n'étaient pas en bonne santé, que le niveau d'oxygène dans le corps chutait et que les battements de leur coeur s'accéléraient. La distribution de l'oxygène dans tous les tissus était alors compromise. Les avocats pour le gouvernement ont argué du fait que sauver la vie des enfants passait avant les droits des parents. Les quatre bébés ont survécu et viennent de fêter leur premier anniversaire (Doctor says blood transfusion seemed to be safest option for sextuplets, THE CANADIAN PRESS, Tuesday, January 22, 2008 ).
  • 29 février: Shane Brady, l'avocat des parents déclare devant la cour, que les parents ont choisi de refuser les transfusions pour leurs enfants "pas seulement en raison de considérations religieuses", mais "en choisissant dans l'éventail des possibilités médicales existantes". [26]

Voir aussi