Affaires de discipline religieuse et suicide

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Des suicides ou des tentatives de suicide, ayant eu lieu après des réprimandes publiques ou des exclusions dans le mouvement des Témoins de Jéhovah, sont parfois rapportés dans des témoignages ou par des médias. Les opposants des Témoins de Jéhovah pensent que la réprimande religieuse ou plus encore l'exclusion, peuvent générer des états dépressifs ayant parfois abouti à de tels actes. D'autre part, des jeunes ayant grandi dans le mouvement des Témoins de Jéhovah témoignent avoir songé au suicide pour mettre un terme à leur souffrance psychologique (voir description de celle-ci dans l'article Commissions parlementaires). Les Témoins de Jéhovah, quant à eux, nient la responsabilité de leur religion dans ces actes désepérés et ont attaqué en justice ceux qui ont publiquement sous-entendu que leur mouvement pouvait en être la cause.

Cas où un adepte exclu ou réprimandé a tenté ou réussi de se suicider

  • Années 1970, Tucson, Arizona, États-Unis: Le mari de CJ s'est suicidé après avoir été exclu en raison de son habitude de fumer [1]
  • 10 janvier 1992, France: Laurent, 22 ans, était un joyeux drille jusqu'à ce qu'il rencontre les Témoins de Jéhovah. Un jour, il annonce qu'il souhaite devenir "proclamateur" en prêchant de porte en porte : "C'est le plus beau métier du monde", dit-il.(...) Le 10 janvier 1992, Laurent annonce à son frère qu'il vient d'être exclu du mouvement, puis il met fin à ses jours...(Témoignage de Monique Guillain). Par la suite, les Témoins de Jéhovah ont intenté un procès en diffamation contre sa mère, qui avait établi un lien entre le suicide de son fils et les Témoins de Jéhovah, sur l'antenne de R.M.C.[2]
  • Année 1992, Brookings, Oregon, États-Unis: Elsie Wilson, un Témoin de Jéhovah agé de 61 ans, s'est suicidé par balle, après avoir été exclu pour usage de tabac. [3]
  • Année 1995, île d'Oléron, France: Un homme Témoin de Jéhovah se suicide le lendemain d'une réprimande publique surprise dont le motif était son addiction à la cigarette (Il n'avait pas été averti de l'annonce de sa réprimande et l'a apprise lors de la réunion où elle a été annoncée). l'homme était en dépression depuis plusieurs années. Il laisse trois fils et une fille derrière lui. (source: ex-Témoin de Jéhovah ayant été membre de cette congrégation)
  • 1997 : Selon le Le Canard Enchaîné du 15 octobre 1997, un témoin de Jéhovah corrézien de 31 ans, déprimé après une exclusion temporaire, se suicide [4].
  • Année 1998, France: Congrégation de Neufchatel en bray (Seine maritime). Un TJ dépressif qui avait cessé d’assister aux réunions et dont la vie de couple était devenue instable, est exclu par un comité judiciaire composé de trois anciens, puis se suicide. Sa mort a été annoncée à sa congrégation, avec la recommandation de ne pas assister à son enterrement car il était exclu. (source: ex-témoin de Jéhovah ayant été membre de cette congrégation. (Témoignage LORAN)
  • Février 2005, Canada: Elle a songé au suicide.Lesbienne: elle est rejetée par sa famille et les Témoins de Jéhovah. «Quand j'ai décidé de révéler mon homosexualité, je me suis retrouvée complètement isolée de ma communauté. C'est comme si on venait de démolir ma maison et que je devais à présent m'en construire une nouvelle, toute seule, sans espérer l'aide ou le soutien de quiconque.» Déchirée entre son orientation sexuelle et les préceptes de sa communauté, Sophie a tenté de chercher de l'aide auprès de ses proches. «Mais au lieu de m'apporter du soutien, on m'a fait comparaître devant un comité qui m'a jugée inapte à continuer d'être Témoin de Jéhovah. Du jour au lendemain, je me suis retrouvée isolée de tous, au moment où j'avais justement le plus besoin d'aide». Même si Sophie a songé à quelques reprises au suicide, ses parents Témoins de Jéhovah n'ont jamais accepté son homosexualité. Aujourd'hui, Sophie a réussi à traverser cette épreuve et vit en paix avec elle-même. (Le Citoyen, 20 février 2005 par Patrick Rodrigue)[5]
  • 26 février 2005, Italie: Un ancien Témoin de Jéhovah de 35 ans, a menacé de se faire exploser au beau milieu d'une réunion de plus de 2000 Témoins de Jéhovah, à Rome. Il a rapidement relâché ses otages puis s’est barricadé à l’étage, exigeant de parler. Il avait été exclu du mouvement des Témoins de Jéhovah un an auparavant.[6]
  • 4 mars 2006, France : Sur le forum Doctissimo, une ex-TJ explique qu'elle a fait une tentative de suicide suite à son exclusion :
" je suis tombée amoureuse d'un garçon du lycée non TJ (c'est une interdiction formelle), il était biensure hors de question que j'ai des rapports sexuel avec lui.Les autres TJ de mon lycée m'ont dénoncé aux anciens (les gourous), parce qu'ils m'avaient juste vu le fréquenter souvent et un jour l'embrasser.Les anciens ont débarqués chez mes parents, m'ont fait la morale, m'ont demandé si j'avais couché (histoire d'aller le répéter au éventuel prétendant qui ne voudraient plus d'une fille expérimentée), m'ont ordonné d'arrêter cette relation impure.Plus tard ils m'ont exclus, m'a famille devait limiter leur lien avec moi, les TJ ne devaient absolument plus s'approcher de moi, ni me saluer.La pression était devenu tellement forte que j'ai fait une tentative de suicide (grave)." [7].
  • 1er mai 2006, France : Toujours sur le forum Doctissimo, l'intervenant indigneepartantdedurete, explique que son propre frère de 23 ans s'est suicidé suite à une exclusion [8].

Témoignages de R. Franz et J. Bergmann

Raymond Franz, ancien membre du Collège Central, relate dans son livre In Search of Christian Freedom, page 609, le cas dramatique du suicide de Clarisse Greutmann, témoin de Jéhovah, décédée en octobre 1975 à l’âge de 34 ans. Dans une note en bas de la page 608, il précise:

« Ce n'est pas quelque chose d’exceptionnel. Je connais aussi quelques cas de suicides parmi les témoins, l’un étant survenu pendant que j’étais aux Quartiers Généraux, un membre du personnel ayant sauté du haut de l’usine de la Société, l’autre en 1990 quand un ancien membre du personnel sauta du 3ème étage de l’une des résidences de la Société. J’ai même une liste d’un plus grand nombre de suicides établie sur correspondance. Tout décompte du nombre dans les autres pays, particulièrement dans les nations industrialisées, serait sans aucun doute considérable, bien que de tels sujets soient laissés généralement dans l’ombre et jamais publiés ».

Jerry R. Bergmann a étudié les Témoins de Jéhovah d’une manière approfondie pendant presque 30 ans. Il a assisté régulièrement à leurs réunions durant presque 20 ans, il est à présent l’expert psychiatrique américain qui fait autorité à propos des Témoins de Jéhovah. Il est titulaire de 2 maîtrises et 2 doctorats. Il a témoigné de nombreuses fois comme expert sur les témoins de Jéhovah devant les tribunaux américains. Il déclare dans son livre Jehovah’s Witnesses and the problem of mental illness à la page 142-Ed.1992:

« L’auteur détient un grand nombre de cas de suicide dans ses dossiers et il est au courant de nombreux autres qui pourraient être utilisés. Le suicide est un problème majeur 2 à 3 fois plus important parmi les témoins de Jéhovah que dans la moyenne de la population non-Témoins. »[9]

Cas de jeunes TJ ayant songé au suicide pour abréger leur souffrance psychologique

  • Témoignage de Nicolas Jacquette : "Ce décalage, cette appréhension permanente de ce que j’étais, de ce qui m’était refusé, avec la perception que ce qui m’était imposé ne me correspondait pas, ont fait que, depuis toujours, j’avais finalement conscience de ce qui se passait et je l’étudiais en quelque sorte sans m’en apercevoir. Lorsque j’en suis sorti, tout s’est écroulé et j’ai pu voir avec plus de netteté ce que j’avais pressenti pendant des années. En tout cas, j’ai vécu en schizophrène jusqu’à mes vingt-deux ans avec une double personnalité, à vivre ma sexualité d’une part et ma religion de l’autre, très mal, évidemment : le suicide a été maintes fois envisagé pour mettre fin à ma souffrance, tant il est insupportable de voir s’affronter à l’intérieur de soi deux conceptions de la vie profondément antagonistes. J’étais évidemment suicidaire, mais le mouvement sectaire ne permettant pas non plus le suicide qui m’aurait interdit l’accès à la vie éternelle, j’en ai été dissuadé, heureusement, d’ailleurs... C’est peut-être la seule fois que j’aurai à les en remercier !" [10]
  • Témoignage de Dorinou sur le forum Hardware.fr : "Parallèlement, je me suis faite baptisée à 15 ans, pour faire comme les autres je pense, et puis çà ferai plaisir à mes parents. (...) Et puis, en grandissant, je ne voulais plus être TJ. Je fumais (pas que des clopes d'ailleurs), je mentais, mais était obligée d'aller aux réunions, de prêcher ... Mon père voyait bien que moi et mon frère (qui lui se savait homosexuel), n'étions pas des foudres de guerre, mais tant que nous étions sous son toit, c'était TJ ou rien. Pour lui, aucun salut possible dans ce monde que j'avais tellement envie de découvrir. Satan ceci, Harmaggédon cela ... çà en saoulerait plus d'un, moi j'en pouvais plus. Un jour, en rentrant chez moi en bus, je me suis dit que la seule façon de faire comprendre à tout le monde que j'en avais ma claque, était de mourir. Je me suis dis, maintenant ou plus tard, quelle différence ? Je suis rentrée, mes parents ne m'avaient pas attendu pour la réunion (exceptionnellement, étant en stage), et j'ai pris 2 ou 3 boîtes de somnifères. Par miracle, mon frère était là, je n'avais même pas vu, et il m'a sauvé en appelant le SAMU." [11]
  • Témoignage de Pivoila sur le forum auféminin.com : "j'ai 28 ans et j'ai été chez les témoins de 3 à 18 ans. J'ai vécu l'enfer étant ado, j'ai même fait une tentative de suicide. tout ce que je demandais c'était d'être comme tous le monde, j'avais honte de ce que j'étais. Tous les jours j'attendais avec impatience le jour de ma majorité pour pouvoir enfin dire STOP ! Aujourd'hui je suis heureuse (...)"[12]

Procès des TJ contre ceux ayant déclaré publiquement que le mouvement pouvait être à l'origine de suicides

Affaire Brard

  • 2 octobre 1997 : Les Témoins de Jéhovah ont initié une affaire à l'encontre de Jean-Pierre Brard, qui avait pris la défense de Mme Geneviève Preterre, maire de Darnétal, et avait déclaré, le 2 octobre 1997, sur la station de radio BFM : « Je la soutiens, parce qu’elle combat une secte, l’une des plus dangereuses qui a, à son bilan, un grand nombre de suicides ». Le tribunal a débouté les Témoins de leur plainte pour diffamation religieuse et relaxé M. Brard, le 27 mai 1998 [13].
  • 3 novembre 1998 : Ce jugement a été confirmé par l’arrêt de la Cour d’appel de Versailles, rendu le 3 novembre 1998. Lors de cette audience de la Cour d'appel de Versailles, il a été signalé que seulement 3 suicides sur 120 000 personnes (Témoins de Jéhovah), ont été recensés. C'est à dire un taux de 0.000025%, chiffre de loin inférieur à la moyenne nationale française.(Le Parisien, samedi 30 mai 1998, édition de Seine-Saint-Denis). La Cour d’appel de Versailles a donc admis le caractère diffamatoire des propos incriminés mais pas une " diffamation à raison de l'appartenance à une religion déterminée "[14].

Affaire Monique Guillain

  • 10 janvier 1992: Le 10 janvier 1992, Laurent,22 ans,fils de Monique Guillain, annonce à son frère qu'il vient d'être exclu du mouvement des témoins de Jéhovah, puis il met fin à ses jours. (Témoignage Monique Guillain)
  • 4 mai 1993 : Mme Guillain porte plainte, mais une ordonnance de non-lieu établit que " l'information, dans l'attitude des Témoins de Jéhovah proches de Laurent Guillain, n'a rien relevé qui soit susceptible de tomber sous le coup de ses incriminations. Ni mise en cause particulière, ni harcèlement insupportable, ni condamnation morale, ni rejet quelconque qui pourraient expliquer un suicide dont l'une des causes, outre une difficulté à vivre partagée par bien d'autres, pourrait être une déception sentimentale ". (Tribunal de Grande Instance de Grenoble, 4 mai 1993.)
  • 9 janvier 1996 : Sur l'antenne de R.M.C., Monique Guillain évoque le suicide de Laurent, intervenu quatre ans plus tôt. " Un groupe de Témoins de Jéhovah lui avait dit qu'il fallait qu'il donne sa vie à Dieu, qu'il n'avait pas travaillé avec la foi et qu'il fallait absolument qu'il le fasse". Dans la même émission, le journaliste lui avait demandé Si elle faisait un lien entre le suicide de son fils et l'adhésion de celui-ci aux Témoins de Jéhovah. Mme Guillain avait répondu : "0h oui et nous avons porté plainte", avant de préciser qu'un non-lieu était Intervenu.
  • 30 mars 1998 : Un jugement du tribunal de grande instance, déboute les Témoins de Jéhovah de leur action en diffamation contre cette mère qui avait établi un lien entre le suicide de son fils et son adhésion au mouvement.
  • 16 mars 1999 : La cour d'appel confirme le jugement du tribunal de grande instance et va au-delà en condamnant l' "association cultuelle" à 20 000 francs de dommages intérêts pour "procédure abusive". Pour les magistrats, cette procédure présente en effet un caractère d'intimidation en ce qu'elle tend à "empêcher l'expression de l'opinion d'une mère sur le décès de son fils". De plus, pour la première chambre civile de la cour d'appel, les propos de Monique Guillain "visant un groupe indéterminé ne mettent pas en cause l'association cultuelle des Témoins de Jéhovah dont l'objet est de subvenir aux frais, à l'entretien et à l'exercice du culte des Témoins de Jéhovah et dont la personnalité juridique est distincte de celle de ses membres" et juge que ces propos sont "l'expression de l'opinion de Mme Guillain et ne peuvent s'analyser comme l'imputation d'un fait précis en raison de leur caractère ", l'indication d'un simple rapport ne pouvant suffire à constituer l'allégation d'un fait précis". Qui plus est, les magistrats relèvent que cette mère "a fait preuve de prudence dans ses propos et s'est abstenue de toute critique contre des personnes déterminées. Elle a donné son opinion en termes mesurés dans l'intention évidente et sincère d'informer et de prévenir les auditeurs". Suivant largement l'argumentation de M Joëlle Vernay, la cour d'appel estime qu'on ne saurait qualifier ses propos de "militants", ainsi que l'ont fait valoir les Témoins de Jéhovah, alors que ce sont "ceux d'une mère douloureusement éprouvée par le décès de son fils".[15]
  • 15 mars 2001 : La Cour de Cassation casse cette décision en estimant que les propos incriminés constituent bien une diffamation envers l'association dans son ensemble et qu'à partir de là " l'action fondée sur des faits reconnus diffamatoires ne peut constituer un abus du droit d'ester en justice ". Le TJ Davy ajoute, sur son site : "les déclarations qui font l'objet de poursuites sont généralement reconnues diffamatoires même si les responsables échappent à la condamnation de quelque façon que ce soit.", ce qui peut laisser sous-entendre que, comme dans le cas de JP Brard, Monique Guillain n'a pas été condamnée.[16]