Aidafrique

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L'Association Aidafrique est l'unique association humanitaire formée par des Témoins de Jéhovah. Créée en 1990, elle fut rattachée à l'organisation jéhoviste après les événements des années 1990 au Rwanda et au Zaïre.

Historique et objectifs

Déclarée en novembre 1990 sous le nom d'Association d'aide médicale et alimentaire pour l'Afrique de l'Est (Journal officiel, 21 novembre 1990), l'association fut fondée à l'initiative individuelle d'un Témoin de Jéhovah sous l'appellation "Aidafric", et à l'époque elle ne spécifiait pas dans son objet être orientée vers les fidèles du mouvement religieux. Elle est entrée en scène dans l'aide aux Témoins de Jéhovah lors du conflit du Rwanda en 1994, puis à la suite des événements dramatiques touchant l'ex-Zaïre en 1997. Finalement, elle a été pleinement intégrée à la structure légale des Témoins de Jéhovah en mars 1999 par le renouvellement des membres du Conseil d'administration — à l'exception de son président — et avec une révision de ses statuts.[1] Association à but non lucratif (loi du 1er juillet 1901), elle est présidée par Claude Hamel (né 26 juin 1948, Equeurdreville) qui est également responsable départemental des Témoins de Jéhovah du Finistère. Actuellement, l'association gère un compte destiné à venir en aide aux Témoins d’Afrique et à financer la construction de Salles du Royaume et la tenue de classes d'alphabétisation dans plusieurs pays africain.[2] De même, le siège de l'association fut enregistré à Brest en 2004.[3]

L'article 2 des statuts de mars 1999 de l'association humanitaire stipule:

"L'association a pour objet d'exprimer la solidarité de la confession chrétienne des Témoins de Jéhovah d’Europe avec les Témoins de Jéhovah des pays d’Afrique les plus démunis en leur apportant une aide matérielle et morale, tant dans les situations d'urgence que lors de moments plus propices à leur développement. Cette aide peut être étendue à ceux ne partageant pas cette foi. L'association a donc un but exclusif d'assistance et d'aide humanitaire."

Présentation par la Watch Tower

L'association n'a pas été mentionnée dans les publications telles que les livres d'étude ou les périodiques, mais seulement dans des brochures spéciales.

Dans Une Mission en Afrique, Claude Hamel, est décrit comme ayant "la cinquantaine, chef d'entreprise, (...) président d'Aidafrique, une association française d'aide médicale et alimentaire. À la tête d'une équipe de volontaires, il part [en 1997] au Zaïre installer plusieurs camps salubres et des hôpitaux de campagne bien équipés pour les réfugiés rwandais". Lui et son épouse Jocelyne sont qualifiés de ""vieux Africains" et piliers de l'action humanitaire".[4]

Dans une autre publication de la Société Watch Tower, Aidafrique est présentée comme "une association non gouvernementale pour aider particulièrement les pays d'Afrique", suivi d'une astérisque indiquant: "AIDADRIQUE, Journal officiel du 21 novembre 1990."[5] Or, l'orthographe du nom présente un problème anachronique, car l'association s'appelait AIDAFRIC à cette date. De ce fait, soit les rédacteurs ont voulu octroyer à l'association Aidafrique l'objet élargi des missions explicitées dans les statuts de 1999 comme s'ils étaient déjà en vigueur en 1990, soit faire disparaître l'ancienne orthographe. De même, les brochures présentant les missions en Afrique dans les années 1994 et 1997 parlent d'"Aidafrique", alors que l'association était alors connue sous le nom d'"Aidafric".[6]

Réalisations

Aidafrique a établi un partenariat avec d'autres associations religieuses et humanitaires pour aide des milliers de personnes touchées par le génocide de 1994 au Rwanda et les événements de 1997 au Zaïre-Congo. Actuellement, son action se poursuit avec une amélioration de la formation de ses membres pour bien remplir ses missions. Les autorités gouvernementales et la presse locales comme celles de Zambie et de Tanzanie ont exprimé leur reconnaissance pour l'aide apportée.[7]

Au total, en avril-mai 1997, la mission d'aide au Zaïre mobilisa trois observateurs, deux médecins et un infirmier, et fournit 500 kg de médicaments, 1000 couvertures, 3 tonnes de vêtements, 10 tonnes de produits vitaminés expédiés depuis la Belgique, 90 tonnes de vêtements, 18 500 paires de chaussures, 20 tonnes de nourriture expédiés depuis la France. Des jouets furent également distribués. Fin mai 1997, la mission avait eu un coût s'élevant à 4,5 millions de francs français.[4]

Dans un communiqué officiel en date du 29 mars 2000, les Témoins de Jéhovah de France déclaraient alors qu'Aidafrique avait alors effectué un total de 16 missions en Afrique de l'Est. L'association vient parfois aussi en aide à d'autres pays qui ne se situent pas en Afrique, tels que Haïti en 2010.[8]

Finances

L'association est légalement habilitée à délivrer à ses donateurs des reçus fiscaux permettant une réduction d'impôt sur le revenu à hauteur de 50% du don, pris en compte dans une limite de 6% du revenu imposable. Les adeptes peuvent soutenir financièrement l'association de quatre manières: par des espèces mises dans des enveloppes marron prévues à cet effet à la Salle du Royaume ou dans les études de livre, ou directement déposées dans la boîte de l'association locale, par des chèques libellés à Aidafrique 2, rue des entrepôts, Louviers, par CCP Rouen 6. 058. 33. T dépôt à la poste, et par virement bancaire.[2][6][9] Les comptes pour l'année allant de septembre 2008 à août 2009 sont disponibles sur Internet.[10]

Collaborations avec l'ONU

Un critique de la Watch Tower, Robert King, cita un article de journal paru dans le journal The Zambia Daily Mail du 17 juin 1999 dans lequel il était dit que Claude Hamel et Louis De Wit, deux des Témoins à la tête de l'association, participeraient à des conférences avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Il reprocha ainsi à Aidafrique de coopérer avec une institution dépendante de l'Organisation des Nations Unies, et ceci alors que la Société Watch Tower considère l'ONU comme la bête sauvage du livre de la Révélation avec laquelle il faut se tenir résolument séparé. Il releva qu'il était précisé, dans la brochure Une Mission en Afrique aux pages 9 et 10, que les Témoins utilisaient des avions appartenant aux HCR, ce qui, d'après lui, peut expliquer au moins en partie pourquoi la Watch Tower s'était affiliée avec l'ONU pendant dix ans, d'autant qu'en octobre 2000, le représentant de la filiale portugaise avait déclaré au journal Publico: "Sans le soutien de l'ONU, il serait impossible de distribuer l'aide humanitaire". S'il est tout à fait louable de participer à des actions humanitaires, encore faut-il que les moyens mis en œuvre correspondent aux principes moraux du mouvement, et King mit cette situation en parallèle avec le cas des fidèles du Malawi qui, même pour éviter de terribles persécutions, ne devaient pas déroger aux règles de l'organisation sur ce qu'elle estimait relever de la neutralité chrétienne.[11]

D'autres articles de journaux, dont le Daily News Tanzania du 9 juin 1999[12] ou le Hambastegi numéro 77 de mars-avril 1998,[13] rapportent des exemples de collaborations entre Aidafrique et des instances de l'ONU.

Ressources sur le sujet

Références

  1. Arrowup.png Fac-similé, patricelion.chez.com. Consulté le 16 octobre 2011
  2. 2,0 et 2,1 Lettre à toutes les congrégations (anglais), 26 septembre 1999
  3. Arrowup.png Journal Officiel, Accueil > Consulter les annonces > Les annonces du JO Associations, journal-officiel.gouv.fr. Consulté le 16 octobre 2011
  4. 4,0 et 4,1 Une Mission en Afrique, version archivée du 14 novembre 1999. Consulté le 16 octobre 2011
  5. Arrowup.png Consistoire National des Témoins de Jéhovah, Le financement du culte des chrétiens Témoins de Jéhovah de France p. 12
  6. 6,0 et 6,1 "Financement du culte des Témoins de Jéhovah", patricelion.free.fr. Consulté le 16 octobre 2011
  7. Arrowup.png "Secours de la Watchtower de Zambie au congo", Times of Zambia, 14 janvier 1998, compusat.tripod.com. Consulté le 16 octobre 2011
  8. Arrowup.png Elwell, Donald; Smith, Byron (4 mars 2010) (anglais), "Jehovah’s Witnesses’ Relief Efforts in Haiti Highlight International Unity", Dominican Today. Consulté le 16 octobre 2011
  9. Arrowup.png Offrandes à Aidafrique : dons manuels et virements, patricelion.chez.com. Consulté le 16 octobre 2011
  10. Arrowup.png Aidafrique: Comptes annuels. Exercice du 01/09/2008 au 31/08/2009", www.journal-officiel.gouv.fr. Consulté le 16 octobre 2011
  11. Arrowup.png King, Robert (2005) (anglais), Jehovah Himself Has Become King, Authorhouse.com, pp. 146-48 (ISBN 9781420854985)
  12. Arrowup.png Jehovahs Witnesses Net (2001) (anglais), "AidAfrique, NGO, WT, UN", jehovahs-witness.net. Consulté le 16 octobre 2011
  13. Arrowup.png "A Report on the Annual Meeting of the UN Commission on the Status of Women", Hambastegi, numéro 77, mars-avril 1998, version archivée du 21 avril 2003. Consulté le 16 octobre 2011