Angelophone

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Disque de la série "Angelophone" (1916)

Quelque temps avant sa mort, Charles Taze Russell, le fondateur de la Société Watch Tower, prévut de sortir les Angelophones qui étaient un ensemble de cinquante enregistrements phonographiques réalisés sur les airs de nombreux cantiques tirés des Millennial Dawn; toutefois, la mauvaise qualité du produit généra de nombreuses critiques qui aboutirent à des réenregistrements. Sur ce sujet, la façon dont Joseph Rutherford réagit est révélatrice de son manque de respect des volontés de son prédécesseur.

Caractéristiques

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En 1916, alors que le Photo-Drame de la Création connaissait un franc succès un peu partout dans le monde, des adeptes de Russell décidèrent de fonder la Société Angelico, dont le but était, selon toute évidence, de fabriquer et de vendre des phonographes avec un ensemble de 50 enregistrements appelés Angelophone. L'adresse de la société était le 28 West 63d Street, New York City, ou le 184 Fulton Street, Brooklyn, New York, c'est-à-dire qu'elle était adjacente à celle de la Watch Tower. Le disque se composait au recto d'un cantique chanté par le baryton Henry Burr, et au verso d'une série de sermons de deux minutes reliés aux doctrines mises en avant dans l'hymne.[1]

Le prix de détail des phonographes A, B et C était respectivement de 25, de 50 et de 100 $, mais le prix vendu aux lecteurs de La Tour de Garde était d'un tiers du prix de détail, soit 8,33 $, 16,67 $ et 33,33 $. L'Angelophone B était plus grand que le A et couvert. Quant à l'Angelophone C, c'était le plus beau en apparence. Tous étaient en palissandre teinté et vernis.[2]

Les enregistrements de ces 50 hymnes furent annoncés pour la première fois dans La Tour de Garde (anglais) de novembre 1916; les disques étaient d'une taille de sept pouces. Les enregistrements des hymnes par Burr étaient qualifiés d'"excellents, clairs, distincts" dans le périodique. La série de disques étaient vendus aux lecteurs de La Tour de Garde pour cinq dollars, soit 0,10 dollar par enregistrement. Le phonographe Angelophone avait une boîte son réversible qui permettait de jouer n'importe quel sorte de disque, sauf les machines Victor et Columbia: pour l'utilisation des enregistrements Angelico sur eux, un petit manchon était nécessaire.[3] Deux versions de disques furent produites; ceux-ci furent numérotés de 49 à 98, et ceci alors qu'il n'existait aucun exemplaire 1 à 48.

Critiques

Rapidement, la vente de ces enregistrements suscita de nombreuses critiques.

En effet, la voix de Russell était à peine audible sur les enregistrements, et la majorité des sermons étaient incompréhensibles sans transcription; aussi, certains se plaignirent de la mauvaise qualité de l'enregistrement. En 1917, La Tour de Garde précisa que Russell avait eu l'intention de réenregistrer les discours, mais que sa mort avait contrarié ce projet. Le périodique encourage les acheteurs de l'Angelophone à "comprendre toutes les circonstances" et à suivre l'exemple de ceux qui étaient très satisfaits et qui ne se sépareraient pas de l'article même pour mille dollars.[4] Les réenregistrements utilisèrent la voix de Harry E. Humphries[5] et, comme sa voix était légèrement plus lente, la vitesse des enregistrements fut réduite à 80 tours par minute.[1]

De plus, concernant la partie chant, non seulement les cantiques étaient écourtés car limités à deux minutes, mais en plus la voix de baryton de Henry Burr avait beaucoup de difficulté à atteindre certaines notes particulièrement aiguës.[1]

Réaction de Rutherford

Le matin suivant la mort de Russell, Alexander Macmillan ordonna à un Béthélite nommé J.L. Cooke, alors en charge de la vente des Angelophones, d'annuler tous les contrats et de clore cette affaire.[6]

Alfred Ritchie, l'un des principaux administrateurs de la Société, avait demandé au Conseil d'administration de lui permettre de prendre en charge et de gérer les Angelophones, et ceci alors qu'il y avait alors quelques 18 000 dollars sur le compte de l'Angelophone, à la banque. Toutefois, Rutherford intervint et fit en sorte que le Conseil n'autorise pas Ritchie à se procurer l'argent. Ritchie alla directement voir Rutherford pour reprendre en main l'entreprise et de s'efforcer, avec Cooke, d'en faire un succès; toutefois, selon le récit des quatre administrateurs évincés de la direction par le président, ce dernier ne fut convaincu que lorsqu'une sœur de l'Illinois eut payé 1 500 $ afin de procéder à de nouveaux enregistrements. Cooke fut alors en charge des Angelophones,et Rutherford lui conseilla de les vendre au plus offrant et de s'en débarrasser rapidement.[6]

Ainsi, Rutherford et ses associés, William Van Amburgh et Alexander Macmillan méprisèrent l'une des dernières volontés de Russell, l'Angelophone, et firent tout pour l'entraver, tout comme ils outrepassèrent les souhaits qu'il avait exprimés dans son testament.

Finalement, l'Angelophone disparut définitivement des colonnes du périodique du mouvement après 1919.

Voir aussi

Références

  1. 1,0, 1,1 et 1,2 Jerome (2011) (anglais), "The Angelophone recordings", truthhistory.blogspot.com. Consulté le 24 décembre 2011
  2. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), juin 1916, p. 178
  3. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), novembre 1916, p. 322
  4. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 1er avril 1917
  5. Arrowup.png Jerome (12 décembre 2011), "Harry E. Humphries", truthhistory.blogspot.fr. Consulté le 21 mars 2012
  6. 6,0 et 6,1 Pierson Andrew N. et autres, (1er septembre 1917) (anglais), Light After Darkness, format pdf, p. 12