Avocats et médecins Témoins de Jéhovah

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Force est de constater que les avocats et médecins Témoins de Jéhovah, constituent les éléments les plus efficaces du lobbying des Témoins de Jéhovah. On les trouve là où ils peuvent être utiles à la société Watchtower, pour faire valoir sa position sur la transfusion sanguine ou pour défendre ses intérêts. Ces métiers peuvent sembler incompatibles avec certains dogmes des Témoins de Jéhovah, comme le refus de la transfusion sanguine. Cependant, comme ils sont très utiles à l'organisation, ils disposent d'un "régime particulier", que ce soit pour en faciliter la pratique ou pour apporter des informations confidentielles utiles à l'organisation et donc d'une manière plus générale, pour mener à bien sa guerre théocratique.

Un traitement de faveur

Selon Raymond Franz, ancien membre du Collège Central des Témoins de Jéhovah, ces professions disposent d'un traitement de faveur, leur permettant d'accomplir des actes qui peuvent sembler incompatibles avec les croyances des TJ. Nous pouvons lire dans un extrait du chapitre 9, "Le sang et la vie, la loi et l'amour" de son livre A la recherche de la liberté chrétienne (Commentary Press-Atlanta, Georgia-2000 ), à la page 24 [1] :

«  A l'époque où je faisais partie du collège central, je ne pouvais m'empêcher d'éprouver le sentiment qu'il existait une certaine discrimination dans la façon dont l'organisation faisait appliquer ses principes, cette différence de traitement se manifestant en faveur des personnes qui exercent certaines professions. (…)Les avocats sont libres de travailler pour le compte d'un candidat politique qui fait campagne en vue d'une élection. Cependant, ce qui peut-être mérite le plus d'être noté, c'est que les médecins peuvent non seulement appartenir à des organisations médicales qui approuvent des pratiques telles que les transfusions sanguines et l'avortement, mais on leur dit aussi qu'ils peuvent personnellement procéder à des transfusions sanguines sur des patients qui ne sont pas Témoins et qui en font la demande.  »

Il ajoute qu' aux Etats-Unis et en Europe, les médecins et les avocats qui sont Témoins de Jéhovah se rencontrent annuellement afin de débattre de questions telle que : "confidentialité et privilège", ce thème étant abordé par rapport à leurs relations avec leurs compagnons Témoins. Ceci montrant bien qu'ils ne sont pas soumis aux même obligations que le témoin de Jéhovah de base.

Le secret professionnel

Les Témoins de Jéhovah considèrent qu'ils doivent obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes, ils ont donc un rapport particulier vis-à-vis de l’obligation au secret professionnel, parce qu’ils estiment que celle-ci s’efface devant la loi divine. Un article de La Tour de Garde du 1er septembre 1987, page 15, est particulièrement révélateur de cet état de fait, malgré toutes les précautions de style qui y sont utilisées. Celui-ci incite les détenteurs d'informations confidentielles à violer le secret professionnel, afin de "préserver la pureté de la congrégation" :

«  Certes, il est illégal en de nombreux pays de révéler le contenu de dossiers privés à des personnes non censées y avoir accès. Mais si, après avoir mûrement réfléchi à la question dans la prière, un chrétien estime se trouver dans une situation où la loi de Dieu lui impose de rapporter ce qu’il sait en dépit des consignes données par des autorités inférieures, alors c’est une responsabilité qu’il assume devant Jéhovah. Il y a des moments où le chrétien "doit obéir à Dieu, comme à un chef, plutôt qu’aux hommes". — Actes 5:29. Bien qu’un serment, ou une promesse solennelle, ne soit pas à prendre à la légère, il peut arriver que des engagements requis par les hommes entrent en conflit avec l’ordre de vouer un attachement exclusif à notre Dieu. »


«  Il peut arriver que, poussé par ses convictions personnelles fondées sur sa connaissance de la Parole de Dieu, un serviteur fidèle de Dieu décide de forcer, voire d’enfreindre, l’obligation au secret professionnel parce qu’elle s’efface devant la loi divine. Il lui faudra pour cela faire preuve de courage et de discernement. L’objectif n’est pas d’empiéter sur la liberté des autres, mais d’aider ceux qui s’égarent et de préserver la pureté de la congrégation chrétienne. On passera sur les transgressions mineures dues à l’imperfection. Dans ce cas, “l’amour couvre une multitude de péchés”, et l’on doit pardonner “jusqu’à soixante-dix-sept fois”. (Matthieu 18:21, 22.) C’est “un temps pour se taire”. Par contre, lorsque quelqu’un essaie de dissimuler un péché grave, on peut décider que c’est “un temps pour parler” »

Dans cet article, il est question de témoins de Jéhovah tenus au secret professionnel, qui ont connaissance d'un péché grave commis par un coreligionnaire; l'exemple cité étant celui de l'avortement. On peut s'interroger sur le problème de la violation du secret professionnel face au refus de la transfusion sanguine. Un Témoin de Jéhovah qui souhaite discrètement une transfusion sanguine pour éviter les conséquences de l'exclusion, ne se voit-il pas obliger de choisir un hôpital sans personnel témoin de Jéhovah ? On peut aussi se questionner sur les implications d'une telle politique, face à des informations qui pourraient être utiles au mouvement, notamment dans le domaine juridique...

Voir aussi

  • Arrowup.png [1]