Calendrier théocratique

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Calendrier théocratique proposé dans le périodique L'Âge d'Or

En 1935, Clayton Woodworth, éditeur de la revue L'Âge d'Or, tenta de faire adopter à l'ensemble de la communauté des Témoins de Jéhovah un nouveau calendrier théocratique libéré de toute connexion à d'autres religions ou dans lequel tous les noms dérivés de paganisme étaient supprimés. Fort heureusement, Joseph Rutherford eut le bon sens de rejeter ce calendrier environ deux mois plus tard.

Présentation

En effet, l' Annuaire de 1935 publia un graphique indiquant "1903 de l'année de la rançon de Jéhovah", ajoutant: "Une série d'articles d'explications apparaîtra dans L'Âge d'Or. Considérez-les". Puis La Tour de Garde du 1er mars 1935 (page 80) fit référence à cette prochaine série d'articles dans L'Âge d'Or et dit: "Maintenant, depuis la venue du Seigneur Jésus-Christ et de son intronisation et son rassemblement de ses fidèles, le temps semble à portée de main pour comprendre plus clairement les desseins de Dieu telle qu'elle est exprimée dans sa Parole, et cela inclut la manière de mesurer le temps. Il semble approprié et opportun que nous essayons de déterminer la manière correcte de mesurer le temps et de donner leur publication". Les numéros du 13 mars, du 27 mars et du 10 avril 1935 comportèrent une série d'articles intitulée "The Second Hand in the Timepiece of God" qui a été sous-titré "une explication concernant un changement complet de calendrier, avec des suggestions sur comment le calendrier de Jéhovah Dieu peut être mis en œuvre facilement et naturellement, sans aucune confusion".

Selon l'historien James Penton, la création de ce calendrier fut "l'activité la plus extrême" de Woodworth dans laquelle ce dernier utilisait une critique au vitriol du clergé de l'Église catholique et présentait tous les calendriers comme venant du Diable. Après avoir longuement développé des arguments bibliques et astronomiques, Woodworth présenta ce calendrier "théocratique" qui débutait avec la mort du Christ, dans lequel les noms des mois et des jours étaient changés et quelque peu remaniés, et dont les années commençaient au printemps.[1]

Un tel changement de l'année civile ne fut finalement pas adopté par les Témoins de Jéhovah: en effet, le président Joseph Rutherford n'apporta pas son soutien à ce "Calendrier de Jéhovah Dieu" — bien qu'il ait précédemment autorisé sa publication dans l' Annuaire et en ait parlé dans La Tour de Garde —, et la Tour de Garde (anglais) du 1er mai 1935 (page 142) jugea bon de donner une "note d'avertissement" sur un éventuel danger "de donner de l'importance à cela au détriment de plus importantes questions". Cette déclaration ultérieure ne reconnut pas ce calendrier comme étant celui de Jéhovah, mais précisa: "Les déclarations faites dans L'Âge d'or ne sont pas dogmatiques, mais sont dignes de considération et d'attention".

Rutherford reprit sévèrement Woodworth, devant les membres du Béthel, pour avoir produit ce calendrier, comme cela fut révélé par la lettre d'Olin Moyle qui servit de preuve lors du procès Moyle, lettre qui disait ceci:[2]

"Peu de temps après notre arrivée à Béthel, nous avons été choqués d'assister au spectacle de nos frères recevant ce qui est désigné comme une "raclée" venant de vous [Rutherford]. Le premier, si ma mémoire est bonne, était une langue flagellante donnée à C.J. Woodworth. Woodworth, dans une lettre personnelle adressée à vous, disait quelque chose sur l'effet qu'il pourrait y avoir à servir le diable en continuant à utiliser notre calendrier actuel. Pour cela, il a été humilié, appelé un âne, et fustigé publiquement."

Lorsqu'il fut interrogé sur ce sujet au cours du procès, Woodworth défendit Rutherford en déclarant qu'il s'était lui-même qualifié d'"âne" et que cela lui arrivait souvent.[3]

Actuellement, il n'y a plus la moindre mention de ce calendrier dans la littérature la Société Watch Tower.

Raisons de ce changement

Introduction

Le sujet est introduit ainsi dans L'Âge d'Or:

"Des questions ont récemment surgi attirant une forte attention au calendrier grégorien et ses confusions, et dirigeant l'attention sur la Parole de Dieu sur le thème du temps, avec un examen de ce qui peut être appelé l'horloge de Dieu, le bel arrangement ordonné du soleil et de la lune comme ils ont été mis dans les cieux par le Créateur "pour dominer de jour et de nuit" (Genèse 1:18), pour "servir de signes et pour les époques et pour les jours et pour les années." Il y a une absurdité, ou pire qu'une absurdité de la part de la Grande Pyramide en Égypte (construite avec un travail d'esclave non rémunéré), mais il y a maintenant une richesse d'informations en rapport avec la durée exacte de l'année, et la durée exacte de la lunaison (d'une nouvelle lune à une autre), ce qui rend l'histoire passée telle un livre ouvert, où le nombre d'années impliqué est connu et où il y a associé avec ces années quelque référence marquée à la lune."[4]

Avant l'examen des preuves proprement dites, le lecteur reçoit cette invitation:

"Faites une étude des divers éléments qui entrent dans la fabrication de calendriers, une étude scripturaire aussi bien que scientifique, à laquelle sont invités les plus minutieux des astronomes, mathématiciens et autres, ainsi que le peuple de Jéhovah. Si des erreurs sont découvertes dans des énoncés de faits ou dans les calculs, soyez assez bon pour les transmettre à L'Âge d'Or aussi rapidement que possible. Dans ce matériau, les enseignants des lycéens et des collèges ont de nombreuses occasions de mettre les compétences de leurs élèves à l'épreuve et d'exalter en même temps le nom de Jéhovah, le Dieu vivant et vrai".[5]

Discrédit des calendriers traditionnels

Le périodique a recours à un appel à l'autorité: "Les éminents savants Gentils disent malheureusement que les années sont "incommensurables"; une déclaration inexacte mais excusable, compte tenu des difficultés rencontrées. Il n'y a qu'une seule issue: la voie de Dieu". Le calendrier juif est présenté comme étant une source de confusion, un dictionnaire cité indiquant que l'année juive est variable (353, 354 ou 355 jours, et 383, 384 et 385 lors qu'un mois intercalaire est ajouté), et compliqué par diverses règles prévoyant l'arrangement de festivals, de telle sorte qu'aucun calendrier simple ne peut être construit. Ainsi, dans leur calendrier, les Juifs ne comptent que 3 761 années avant notre ère, alors que le Bible indiquerait qu'ils auraient perdu 267 années quelque part. En conséquence, il est dit que les Témoins de Jéhovah n'ont rien à apprendre des Juifs sur ce sujet puisque ceux-ci ont "perdu la "clé de la connaissance" (Luc 11:52)". De même, ils ne doivent s'intéresser ni au vieux calendrier romain de dix mois par année (et cela même si la "chrétienté" utilise toujours le noms originaux des quatre derniers mois), ni l'ancien calendrier grec (son utilisation est censée avoir provoqué une telle confusion dans l'empire romain en l'an 46 avant JC qu'il fut nécessaire d'ajouter deux mois pour l'année, soit un total de quatorze mois, pour rétablir les saisons à leur époque idoine), ni le calendrier julien (le premier de l'année, avec les Grecs, est aujourd'hui de treize jours antérieur, mais l'utilisation de ce calendrier perdurerait parce qu'il fut en usage, dans certaines parties du monde, pendant 1 950 années; de plus, il comptait alors 250 310 jours depuis la création d'Adam, ce qui jugé erroné par le rédacteur). Quant au calendrier de l'islam, il est évidemment rejeté, présenté comme n'étant même plus pris au sérieux par les musulmans.[6]

Les Témoins ne peuvent pas, malheureusement, ignorer le calendrier grégorien ou papal inauguré en octobre 1582, celui-ci étant présenté comme venant "du Diable", car Jéhovah n'est pas mentionné, et le Christ l'est mais de façon incorrect puisqu'il serait né en 2 avant notre ère et mort en 33 de notre ère; et de plus, le calendrier est l'œuvre d'un concile de théologiens cherchant à éclipser les apôtres.[6]

De plus, alors que dans la Bible le jour en tant que division de temps commençait au coucher du soleil, "le Diable a changé cela dans presque tous les lieux". Pour les Babyloniens, il commençait à la montée du soleil, et pour les astronomes, à midi. Aujourd'hui, le jour commence généralement à minuit, coutume héritée des Égyptiens et des Romains. En suivant cette façon de faire, les théologiens "ont été d'accord avec tous ces complots afin de déshonorer le Créateur des étoiles et d'errer de plus en plus loin de la Parole de Dieu. Ils ont semblé se rendre compte instinctivement que leur protection consistait à rester le plus près possible du Diable et de la façon dont il fait les choses".[5]

Il est aussi noté qu'un concile de tous les théologiens protestants eut lieu en 1934 à Fanoé au Danemark, afin de proposer un calendrier annuel de 364 jours, ajoutant comme 365è jour un samedi supplémentaire entre le 30 décembre et le 1er janvier, puis comme 366è jour un autre samedi supplémentaire entre juin et juillet, ce qui permettrait d'obtenir quatre parties d'année identiques composées de trois mois de 31, 30 et 30 jours. Le rédacteur estime que cet arrangement ignore complètement le schéma biblique du temps, qu'il faut être "assez insensé" pour croire qu'ainsi chaque date tombera le même jour de l'année, et qu'il est clair que le Diable et ses enfants s'emploient ainsi à démonter chaque vérité, afin qu'une erreur en amène une autre.[5]

Arguments présentés

Bibliques

Le passage de Deutéronome 33:14, qui évoque "la production des mois lunaires", est présenté comme une "possibilité intéressante", précisant que "dans les parties merveilleusement mises en œuvre de Sa grande horloge, Jéhovah a préservé des preuves qui rendront honteux tous les sages de la terre".[4] L'auteur souligne que de nombreux versets montrent l'importance des astres pour marquer les périodes (non dans un sens zodiacal) et des saisons, citant Genèse 1:14, 8:22, Nombres 9:2, Deutéronome 16:6, Matthieu 21:41, Actes 14:17, Zacharie 14:8,[5] et dit que, "l'attention du vrai peuple de Dieu a été dirigé vers l'équinoxe du printemps pendant des siècles", contrairement à l'attitude du clergé.[7]

Le rédacteur indique qu'il faut prendre comme point de départ d'une année un moment où le jour et la nuit sont égaux en durée, et que l'été est cité en premier dans deux versets où il figure avec l'hiver, ce qui implique que c'est cette saison qu'il fallait considérer en se plaçant dans l'Hémisphère Nord (car c'est là que l'homme a été créé, que la Bible a été rédigé, que le Christ est mort, et il y a plus de terres habitables dans cette hémisphère). "Il est manifeste que, dans l'esprit de Dieu, que la vraie année devrait commencer à l'un de ces points [d'équinoxe]". De plus, lorsque les Israélites allaient quitter l'Égypte, Dieu demanda à ce que ce mois-là soit le premier de l'année (Exode 12:2). Il est vrai que le passage d'Exode 34:22 parle de "la fête de la récolte à la fin de l'année" (révolution de l'année, margin), mais il est dit de façon péremptoire qu'il est simplement question de l'année de récolte, et qu'Exode 12:2 reste la "loi sur ce sujet". Jérémie 26:22 indique que le neuvième mois de l'année tombait manifestement à un moment où il faisait froid en Palestine, ce qui cadrerait avec l'idée que l'année commençait lors de l'équinoxe du printemps;[7] de même, la combinaison de Jean 10:22,23, qui fait référence à la fête de la Dédication, avec 1 Rois 8:2 et 2 Chroniques 7:9,10 corrobore cette idée.[8]

Le rédacteur note l'importance de la lune dans la Bible, citant plusieurs passages l'évoquant de façon favorable, notamment Genèse 1:14-18; Colossiens 2:16,17; Psaume 8:3; 104:19, présentée comme le "témoin fidèle dans les cieux" en Psaume 89:37 et au rythme de laquelle les serviteurs de Dieu viendront adorer celui-ci après Har-Maguédôn en Ésaïe 66:23, et relève que le mot "mois" (month en anglais) dérive du terme "lune" (moon). Il déclare que, même si la Bible elle-même ne mentionnait pas la lune, celle-ci ne devrait pas être ignorée pour autant par les hommes, car elle est "trop visible [ou formidable] dans les cieux", "trop merveilleuse", "trop utile". Il déplore également que le Diable ait fait en sorte que les humains déprécient la lune, notamment en utilisant des mot dérivés tels que "rêveur" (moonstruck en anglais) ou "lunatique".[9]

Astronomiques et numériques

Après avoir fait remarqué que la lunaison est régulière (29 jours, 12 heures, 44 minutes et 2,864976 secondes), il est précisé que la nature des oscillations de la lune était connue de nombreuses années à l'avance, ce qui devait augmenter la confiance dans l'horloge de Dieu.[4] L'article cita l'ouvrage The Calendar; Its History, Structure and Improvement du Professeur Alexander Philip, ainsi que les travaux du Docteur Clyde Fisher — ce dernier étant présenté comme "l'astronome le plus habile de New York" — afin de prouver que la durée d'une année est exactement de 365 jours, 5 heures, 48 minutes et 46,15 secondes,[6] mais il peut y avoir quelques légères variations qui dépendent de différents facteurs liés à la position de la terre. [8]

L'année telle que définie par le rédacteur compte 31 556 226,15 secondes, tandis que celle du calendrier grégorien en compte 31 536 000, l'année de Dieu étant donc plus longue de 20 926,15 secondes. Toutefois, compte tenu des années bissextiles, un siècle humain compte 36 524 jours soit 3 155 673 600 secondes, contre 3 155 692 615 pour un siècle selon la méthode du rédacteur.[8] Chaque quatrième siècle, il y a une année bissextile en plus; ces années, appelées années quadricentésimales, se placent à la fin de chaque siècle et sont divisibles de 400, mais "le Seigneur a mieux" que ce système. Sur quatre siècles, l'homme gagne donc 10 340 secondes par rapport au calendrier divin. Après huit périodes quadricentésimales, l'homme a gagné 82 720 secondes, soit presque un jour, alors que ce temps "ne lui appartient pas".[10]

S'ensuivent de très longues explications et des calculs compliqués s'étendant sur des dizaines de pages, accompagnés de tableaux et de diagrammes. L'auteur montre qu'il est nécessaire de projeter le calendrier grégorien dans le passé afin de déterminer les années quadricentésimales; il faut ensuite calculer les équinoxes de printemps pour chaque année en se plaçant à Jérusalem, y compris pour l'année de la création d'Adam — jusque là estimée à -4128, mais plus loin identifiée à -4028 — qui pose un problème particulier au niveau de l'heure et du jour de la semaine.[11] Ces données sont déterminées ainsi: de -4128 à 1935, il n'y a pas 6 063 (4 128 + 1 935), mais 6 062 (4 128 + 1 935 - 1) années dans le calendrier de Dieu, ce qui correspond à 191 298 086 321,3 secondes; dans 2 214 098 jours, le nombre total de secondes est de 191 298 067 200,0. La différence est de 19 121,3 secondes, soit 5 heures, 18 minutes et 41,3 secondes; en remontant à partir de 3 heures, 42 minutes et 52 secondes (3:42:52) de l'après-midi, l'heure de l'équinoxe le 21 mars 1935, on en déduit que celle de -4128 eut lieu le 21 mars à 10,7 secondes après 10h24. Puis est expliqué comment sont obtenus les 2 214 098 jours de -4128 à 1935: 6 062 années d'au moins 365 jours + 60 siècles ayant au moins 24 années bissextiles chacun + 14 années quadricentésimales ayant un jour de plus + 8 jours supplémentaires dans le XXè siècle + 6 jours supplémentaires avant -4100 (il ne faut pas compter le jour supplémentaire de l'année -4128). Une autre méthode pour arriver au même résultat était de prendre le nombre d'années bissextiles (1 468) et de le multiplier par 366 puis, après avoir déduit le nombre d'années bissextiles de 6 062, multiplié le chiffre obtenu par le nombre de jours (365), et d'additionner les deux résultats (1 468 x 366 + [6 062 - 1 468] x 365). Dans ces 2 214 098 jours, il y a 316 099 semaines et 5 jours; or en 1935 l'équinoxe du printemps tombait un jeudi, donc celle de -4128, qui tombait cinq jours plus tôt dans la semaine, eut lieu un samedi. Ensuite, le périodique liste 32 "problèmes" dans le calcul des équinoxes de printemps selon les années et en indique les solutions.[12]

Exemples de calculs de lunaisons (extrait de la page 377 de L'Âge d'Or du 13 mars 1935)

Puis l'équinoxe de l'automne -4129 est déterminée au 24 septembre, 14h52 et 10,7 secondes. Il est précisé que, cette année-là, la nouvelle lune est montée le dimanche 22 septembre à 8h23 et 27,594592 secondes, et l'équinoxe d'automne eut lieu 54½ heures plus tard; en -4128, la nouvelle lune est montée le mardi 17 mars, à 12h47 et 44,694448 secondes, et l'équinoxe du printemps se produisit 94 heures plus tard.[13]

Un tableau compare de façon extensive les horaires précis des lunaisons de janvier 1886 à décembre 1936 avec les calculs moyens des astronomes qui diffèrent légèrement puisque les chiffres sont arrondis, ce qui indique que généralement la lune effectue son trajet en avance par rapport aux prévisions astronomiques.[14] En effet, dans environ 9,5 lunaisons, la lune a de l'avance sur l'horaire fixé par le calcul moyen, puis pour 4 lunaisons ralentit jusqu'à ce que l'équilibre soit rétabli. Dans tous les cas, le décalage n'excède pas 1 jour 14 heures 52 minutes et 13,25 secondes. Il est noté que l'astronome Meton a découvert voilà alors environ 2 400 ans qu'après 235 lunaisons, la nouvelle lune monte le même jour et le même mois qu'elle l'a fait 19 ans plus tôt; or, dans un cycle callippique, un jour est supprimé dans chaque quatrième cycle métonique afin que ce dernier reste exact au cours des siècles. De plus, chaque cycle de 223 lunes, la lune se retrouve à la même place,[15] ce qui est mis en évidence par deux tableaux indiquant les lunaisons entre 1886 et 1934.[16] Puis de nombreux calculs compliqués sont réalisés en rapport avec les lunaisons (voir un exemple avec le scan ci-contre).[17]

Historiques

Woodworth reproche aux théologiens ayant élaboré le calendrier grégorien d'avoir choisi des noms païens pour définir les mois de l'année:

  • "Janvier" fut choisi en l'honneur du dieu romain Janus, gardien des cieux et de l'enfer.
  • "Février" provient des prêtres païens de Faunus qui, vêtus de peaux de chèvres, effectuaient un circuit sur la colline du Palatin, frappant avec des lanières en peau de chèvre toutes les femmes rencontrées, ceci dans un but de fertilité; en lien avec ce rite, les prêtres célébraient un festival appelé Lupercalia, en l'honneur de Lupercus, le dieu de la fertilité, et le rédacteur voit une mention de ce genre de fête en Nombres 25:1,2, ici célébrée par les Moabites.
  • "Mars" fut nommé d'après le dieu de la guerre Mars. Les prêtres de guerre de la Rome antique, les Salii, soudoyaient ce dieu par leur gymnastique effectuée lors d'une cérémonie le 19 du mois. D'après le rédacteur, le choix de ce nom eut comme conséquence tragique de "garder le monde dans les guerres et les troubles" et d'ailleurs, selon lui, si une guerre éclatait, les théologiens catholiques seraient "les tout premiers à monter dans le train en marche pour leur pleine part d'aumôneries", et "le clergé protestant serait à peine un brin derrière".[18]
  • "Avril" signifie "ouvrir" probablement en référence à l'éclosion des bourgeons. Cela n'est pas critiquable en soi, mais d'une part, il aurait été préférable de faire référence au Christ, puisqu'il est mort ce mois-là; d'autre part, dans l'ancien nom il y avait, "sans doute quelque dieu ou déesse impliqué d'une quelconque manière". De surcroît, une tradition prétend que le Christ aurait été cloué le 1er du mois, jour du poisson d'avril, ce qui serait une manœuvre du Diable pour ridiculiser celui qui a offert sa vie en sacrifice.
  • "Mai" vient de "Maius" en référence à "Master [Maître] Jupiter", le grand dieu, "qui avait plus de femmes que Henri VIII". Ceci est considéré comme une violation du commandement contenu en Matthieu 23:9,10 de n'appeler personne "maître", et les théologiens auraient mieux fait de nommer ce mois Matthieu.
  • "Juin" est une référence à Juno, "la divinité la plus exaltée des races latines en Italie après Jupiter, de qui elle était la sœur et la femme. Elle était la reine des cieux et sous le nom de Regina (reine) fut adorée en Italie". Selon le rédacteur, les théologiens avaient mieux à faire "que d'attirer l'attention du peuple sur la Parole de Dieu qui expose leur mode paternaliste de prendre le contrôle des hommes par le contrôle des femmes". Ils auraient dû appeler ce mois Jean.
  • "Juillet" est une référence à Julius Cesar, un "grand guerrier", les théologiens admirant davantage les conquérants militaires qu'un humble messager de paix comme Jude.
  • "Août" provient de l'orgueilleux Auguste qui reçut un jour de plus à son mois au détriment de février; or, les théologiens "adorent quoi que ce soit qui exalte les hommes" et ainsi ont préféré le nom de ce "chercheur de publicité qui commença une taxation mondiale" plutôt que celui de l'apôtre André.
  • "Septembre", "Octobre", "Novembre" et "Décembre" proviennent du paganisme, car les théologiens souhaitent le perpétuer aussi longtemps que possible, alors qu'ils auraient pu nommer ces mois respectivement Philippe, Thomas, Nathanaël et Simon.[19]

De même, les jours ont tous une origine païenne: "Dimanche" est nommé suivant le dieu soleil, "lundi" suivant le dieu lune, "mardi" en honneur à Zeus ou Tyr, "mercredi" selon le dieu Woden, "jeudi" en référence à Thor le dieu de la foudre, "vendredi" selon Frigg ou Friga, la femme de Woden, et "samedi" suivant Saturne.[5]

Changements apportés

Chronologie biblique transposée dans le nouveau calendrier

L'auteur fait remarquer qu'un mois est constitué d'un nombre précis de semaines, de jours (29 ou 30) et d'heures, fixé par Dieu. "Aucun homme n'a le droit d'ignorer ces mois de Dieu" et doit en faire usage à la louange de ce dernier. Le 14è jour de chaque mois est le jour de la pleine lune à Jérusalem, non à Greenwich. Quant aux semaines, elles "sont pour les hommes, mais viennent de Dieu",[20] et donc "aucun homme n'a le droit d'altérer le nombre de jours dans une semaine", ce qui est considéré comme un "acte de présomption".[21]

Dans le nouveau calendrier, l'année de la mort du Christ devient le point de départ, de telle sorte que les expressions "avant notre ère" et "après notre ère" sont remplacées par "avant la rançon" et "en l'année de la rançon". L'année 1935, date de la parution du numéro de L'Âge d'Or, devient l'année 1903. Aux dates comprises entre mars et décembre, il faut donc ajouter ou retrancher 32 années, et à celles des mois de janvier et février, il faut en ajouter ou en retrancher 33 (les ajouter si la date est "avant la rançon", les retrancher si la date est "en l'année de la rançon"). Les équinoxes de printemps sont numérotées de 0 pour l'année 4028 avant JC (qui devient 4060 avant la rançon) à 5 962 pour l'année alors en cours.[22]

Le premier jour de la semaine est renommé "Lightday" ("Jour de la Lumière", en référence à Genèse 1:3), le second "Heavenday" ("Jour du Ciel", Genèse 1:8), le troisième "Earthday" ("Jour de la Terre", Genèse 1:10-12), le quatrième "Starday" ("Jour de l'Étoile", Genèse 1:16), le cinquième "Lifeday" ("Jour de la Vie", Genèse 1:20-22), le sixième "Mansday" ("Jour de l'Homme", Genèse 1:26,27) et le septième "Godsday" ("Jour de Dieu", Genèse 2:2,3).[23]

Au niveau des heures, il y a un décalage de 6 heures dans ce nouveau calendrier, mais un jour en compte toujours 24. La première heure d'un jour commence à 12:00 D ("Day", "Jour"), et se termine à 1:00 N ("Night", "Nuit"). Minuit correspond désormais à 6:00 N, la sixième heure de la nuit, ce qui signifie que le jour commence désormais à 18h.[23]

Tous les événements relatés dans la Bible sont ensuite transposés dans le nouveau calendrier, des explications fleuves étant présentées au travers des pages afin d'établir une chronologie qui est résumée dans un tableau. Il est à noter que l'article du périodique déplace de 100 ans la date de la création d'Adam, la fixant désormais à -4028 (et non plus -4128 comme Russell le croyait), ce qui signifiait que la période de 6 000 ans de l'histoire humaine n'était pas encore terminée à ce moment-là; toutefois, cette date ne devint officielle qu'avec la parution en 1943 du livre La Vérité vous rendra libres. On apprend en outre que Jésus est né le 1er octobre.[24]

La fin du dernier article explique le choix des noms pour les mois.[25]

Images

Toutes les images ci-dessous sont tirées des trois numéros de L'Âge d'Or traitant du calendrier théocratique.

Ressources sur le sujet

Références

  1. Arrowup.png Penton, James (1997, 2è éd.) (anglais), Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, Toronto: University of Toronto, pp. 66,68 (ISBN 0-8020-7973-3)
  2. Arrowup.png Moyle c. Fred W. Franz et autres, pp. 1732,1733:
    "Shortly after coming to Bethel we were shocked to witness the spectacle of our brethren receiving what is designated as a 'trimming' from you. The first, if memory serves me correct, was a tongue lashing given to C. J. Woodworth. Woodworth in a personal letter to you stated something to the effect that it would be serving the devil to continue using our present calendar. For that he was humiliated, called a jackass, and given a public lambasting."
  3. Arrowup.png Moyle c. Fred W. Franz et autres, pp. 1092,1093,1103:
    "Q. Were you one of the men that made the research in preparation for the Bible calendar that was suggested? A. I was the principal man. Q. You were enthusiastic about that, were you not? A. I examined 220 works on Astronomy to write it. Q. The matter had been a subject of discussion for considerable time in the Bethel Family, prior to this occasion, had it not? A. Yes, it had. Q. And it had been brought up for discussion and the subject closed? A. Yes. Q. (Continued) In the Family? A. Yes. Q. After that, tell us, after you had delivered the letter to the Judge, what happened on the day in question that you have mentioned at the table? A. The calendar story had occupied 64 pages of the magazine in three issues, and had gone into the subject exhaustively. It had drawn attention to the fact that 10 calendars -- The Court: He wants to know the details of the conversation with Judge Rutherford. You told us Judge Rutherford said he had received a communication from one of the members of the Family. Q. Did he say that at the opening of the meal? A. Yes. Q. Tell us what if anything was said right away or how long it was before anything was said. A. He threw the matter open for discussion as to whether -- The Court: Q. Did he read your letter first? A. Yes, my letter was read. Q. Then the matter was thrown open for discussion? A. Yes. Q. Who was the first to make comment? A. There were two or three who made comments, and then I requested permission to make a comment, and when permission was granted to me, I stated what I knew to be a fact, that I had allowed my enthusiasm to go ahead of my better judgment in the matter, and that I had made a jackass of myself, which was correct. Q. In advocating the charge of the calendar? A. Yes. Q. In writing the letter advocating it? A. Yes. Q. Then what, if anything, did Judge Rutherford say on that occasion in response to what you said? A. He agreed with what I had said, and I think that was all right.... [Cross examination] Q. Did you say that somebody was called a jackass on that occasion? A. I said that I called myself one. Q. Have you ever called yourself a jackass before? A. I think so. Q. How often? A. As circumstances seemed to suggest. Q. Does that occur very often? A. Quite often."
  4. 4,0, 4,1 et 4,2 L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, p. 355
  5. 5,0, 5,1, 5,2, 5,3 et 5,4 L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, p. 359
  6. 6,0, 6,1 et 6,2 L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, p. 356
  7. 7,0 et 7,1 L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, p. 360
  8. 8,0, 8,1 et 8,2 L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, p. 361
  9. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, p. 366
  10. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, p. 362
  11. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, p. 363
  12. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, p. 364
  13. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, p. 365
  14. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, p. 372
  15. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, p. 373
  16. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, pp. 374,375
  17. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, pp. 376,377
  18. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, p. 357
  19. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, p. 358
  20. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, p. 367
  21. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, p. 370
  22. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, p. 380
  23. 23,0 et 23,1 L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, p. 382
  24. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 10 avril 1935, p. 428
  25. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 10 avril 1935, pp. 429-47