Christian Paturel

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Christian Paturel
Naissance 1947
Nationalité France.jpg Française
Occupation Ex-avocat des Témoins de Jéhovah, secrétaire de la CAP LC, professeur de savate boxe française
Œuvres célèbres
  • Et Pharaon dit : Qui est Jéhovah ?
  • La dernière croisade : Le droit à la différence, le cas des Témoins de Jéhovah
  • Sectes, religions et libertés publiques
  • La pensée unique face aux spiritualités — Le choc des mondes
Procès célèbres Contre l'UNADFI

Chrisitan Paturel (né en 1947) est un ex-avocat, Témoin de Jéhovah et défenseur des Témoins de Jéhovah notamment durant la période où le mouvement n'acceptait pas le service civil de remplacement pour les jeunes fidèles du mouvement.

Biographie

Christian Paturel est né en 1947 et a été élevé à Rueil-Malmaison, dans un milieu ouvrier. En 1967, il entreprit des études de droit pour devenir avocat. Il s'orienta à la même époque vers les sports de combat et opta finalement pour la savate, discipline assimilée à la boxe française. Il obtint son diplôme universitaire avant d’accomplir ses obligations militaires. Au retour de celui-ci, il pratiqua de nouveau plusieurs sports, notamment la savate. Ses efforts furent récompensés par six titres de champion de France, une centaine de coupes et de médailles et de multiples sélections en équipe nationale. Ayant obtenu un diplôme de professeur d’État, il anima quatre clubs, dont celui de Rueil-Malmaison qui était à l'époque le premier club européen sur le plan des effectifs. Il s'occupa aussi de plusieurs associations, du magazine sportif Aramis et fit partie des instances dirigeantes de la Fédération de boxe française-savate.

En octobre 1977, sa femme reçut la visite de deux Témoins de Jéhovah. Peu après, elle commença à étudier la Bible, suivie par son mari. Le 19 mai 1978, Christian Paturel disputa son dernier combat lors de la Coupe de France et décida d'arrêter la compétition pour devenir Témoins de Jéhovah.[1]

Par la suite, Paturel défendit les intérêts des Témoins de Jéhovah devant les tribunaux au cours de procédures de divorce impliquant des gardes d'enfants, lors de polémiques autour de leurs lieux de cultes et durant la période où le mouvement n'acceptait pas le service civil de remplacement pour les jeunes fidèles du mouvement. En 1995, le Ministère de la défense, alors dirigé par François Léotard, tenta une approche auprès des instances jéhovistes. Ce ministre eut plusieurs contact avec Christian Paturel, selon les dires de ce dernier, et il proposa le transfert des objecteurs de conscience Témoins de Jéhovah sous la tutelle du Ministère des Affaires Sociales plutôt que sous la tutelle du Ministère de la Défense. (Voir l'historique du service militaire). Christian Paturel étendit ensuite sa clientèle à d'autres "minorités religieuses".

En 1991, il fonda l'association Archéo, agence de voyage pour les Témoins de Jéhovah, qui a pour but officiel "la Recherche et la Connaissance de l'Histoire et des Écrits Originaux", et plus tard l'association "Force L" pour éditer ses livres. [2]

Il écrivit plusieurs livres pour défendre les Témoins de Jéhovah. À ce sujet, il fut poursuivi par l'UNADFI pour sa critique au vitriol de cette association dans son livre Sectes, religions et libertés publiques. À la même époque, sa candidature à la magistrature fut refusée et il fut interdit d'exercer pendant un an. Il cessa totalement son activité d'avocat en 1998. Il prétendit dans une interview pour l'association de défense de la liberté spirituelle CICNS que le refus de sa promotion à la magistrature, tout comme sa radiation du barreau, constituaient des actes de persécution religieuse à son encontre lui; néanmoins, il n'explicita pas ce qu'on lui avait reproché dans la procédure de radiation.[3]

Il collabore actuellement au CICNS auquel il a fourni certains de ses documents.[4] En 2007, il fut aussi secrétaire de CAP LC (Coordiantion des Associations & Particuliers pour la Liberté de Conscience), autre association défendant les minorités spirituelles.[5]

Rapports avec d'autres organismes

UNADFI

Le 22 décembre 2005, Christian Paturel, qui avait été condamné en France en appel pour diffamation envers l'UNADFI, obtint réparation devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui estimait que le requérant avait été victime d'une violation de son droit à la liberté d'expression. Il avait publié en 1996 un ouvrage intitulé Sectes, religions et libertés publiques, dans lequel il s'en prenait violemment aux mouvements anti-sectes, l'UNADFI notamment qu'il comparait aux inquisiteurs ou aux nazis. Condamné le 25 mars 1997, le jugement fut confirmé en appel, la cour ayant estimé qu'il devait être exclu du bénéfice de la bonne foi, son appartenance aux Témoins de Jéhovah pouvant motiver une animosité personnelle contre l'UNADFI.[6] La juridiction du Conseil de l'Europe condamna la France à l'unanimité des juges pour erreur de jugement, considérant que Christian Paturel avait exercé sa liberté d'expression et que ses déclarations constituaient "des jugements de valeur [qui n'avaient pas à être démontrés] plutôt que des déclarations de faits". Le juge français Jean-Paul Costa avoua avoir hésité à se rallier à l'opinion de ses collègues, notant que la condamnation reposait en partie sur "de graves allégations de faits" que l'auteur n'a pas su prouver. Mais il prit en compte les jugements de valeur plus nombreux qui avaient été retenus par la justice française pour estimer que la liberté d'expression devait prévaloir.[7][8]

Hiérarchie jéhoviste

Des rumeurs, véhiculées par des ex-Témoins de Jéhovah prétendant connaître monsieur Paturel, déclarent qu'il aurait été souvent en conflit avec la hiérarchie française du mouvement, notamment en ce qui concernait le refus du service alternatif dans les années 1990. Ce serait la hiérarchie internationale qui aurait décidé d'autoriser le service civil alternatif contre l'avis de la hiérarchie nationale, avec l'appui de Christian Paturel. Selon ces correspondants, à la suite de ce différent, Paturel aurait été radié du conseil juridique de la filiale de France, d'autant plus qu'il se serait inquiété des séquelles que la prison engendrait sur les jeunes appelés Témoins de Jéhovah (dépressions, suicides). Une autre source affirme qu'en 1997 une lettre adressée aux anciens aurait été lue dans toutes les circonscriptions pour rappeler à ceux-ci qu'ils ne devaient pas cautionner les livres de Christian Paturel en raison de son soutien à d'autres minorités religieuses. Néanmoins, ce ne sont à ce stade que de simples rumeurs non validées par l'intéressé.

Associations défendant les "minorités spirituelles"

Christian Paturel a affiché sa sympathie pour la Fédération internationale des religions et des philosophies minoritaires (FIREPHIM), créée à l’initiative de l'Église de Scientologie, de Église de l'Unification (Moon) et du mouvement raëlien,[9] qu'il a citée dans ses ouvrages sans toutefois préciser s'il en avait été membre. Par exemple, dans son livre Sectes, Religions et Libertés publiques, il écrivit:[10]

« Terminons par l'évocation de la Firephim (Fédération des religions et des philosophies minoritaires) qui a été créée en 1993 et qui regroupe de nombreux mouvements philosophiques et religieux. Dans son communiqué de presse, cette association indiquait: "Les Nouveaux Mouvements Philosophiques et Religieux se rassemblent passant outre leurs points de divergence, et coordonnent leurs actions afin de lutter contre les injustices, les fausses informations, l'intolérance et toutes les formes de discriminations dont ils font l'objet. La Firephim s'insurge contre le financement par les Pouvoirs Publics d'associations type ADFI, qui sous des dehors très respectables utilisent des fonds publics pour inciter à la haine, à la violence, et orchestrer des campagnes d'intolérance (...)." »

Il collabore actuellement avec le Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS), association qui défend les 'minorités spirituelles' souvent qualifiées de sectes, à laquelle il a fourni certains de ses documents. De plus, il donne une interview sur le site Internet de celle-ci, où il témoigne "de multiples péripéties et souffrances dans sa confrontation aux organismes anti-sectes et aux rouages de la Justice française".[3]

Il est aussi secrétaire de CAP LC(Coordination des Associations & Particuliers pour la Liberté de Conscience),[5] autre association défendant les minorités spirituelles. Cette association est d'ailleurs engagée dans une procédure de demande de dissolution de l'Unadfi, association de lutte contre les sectes, et de son antenne du Nord/Pas-de-Calais, mais a été déboutée de sa demande par le tribunal de grande instance de Paris le 13 décembre 2005, puis par la cour d'appel de Paris en mai 2007.[11]

Le nom de Christian Paturel apparait dans des colloques en rapport avec "les minorités spirituelles".

Controverse sur son emploi actuel

La page Internet d'un club de boxe le présente comme professeur de "savate boxe française" et "savate forme", titulaire d'un diplôme d'État pour enseigner la boxe,[12] et ceci alors que la pratique de sport de combat est décriée dans le mouvement des Témoins de Jéhovah et bloque une quelconque promotion au sein de la hiérarchie jéhoviste; de plus, la promotion de ce genre de sport — et le fait d'apprendre à d'autres ce sport peur difficilement être interprété autrement — est carrément interdite dans le mouvement sous peine d'exclusion [13] On peut donc s'interroger sur la raison pour laquelle Christian Paturel n'a pas subi de discipline religieuse dans ce domaine.

Interpelé sur un forum public, l'intéressé reconnut être titulaire d'un diplôme d'État de boxe — donc pratiquer la boxe —, mais affirma être professeur d'aérobic bien que possédant un diplôme d'État dans le domaine de la boxe[14] Néanmoins, il ne chercha pas à expliquer pour quelles raisons le club en question le présente comme instructeur de "Savate, Boxe Française" (l'enseignement de l'aérobic fait-il parti de ce genre d'entrainement ?).

On peut donc se demander si Paturel ne serait pas entrain de mentir, pour éviter une excommunication, ou simplement tromper les fidèles Témoins de Jéhovah de base qui viendraient à l'apprendre, au cas où les dirigeants du mouvement au courant de ses pratiques ne chercheraient pas à l'ennuyer. En effet, on peut supposer que tout comme pour la Scientologie, les Témoins de Jéhovah qui sont un peu célèbres à l'exemple de Firpo Carr, Prince ou les sœurs Williams joueuses de tennis, ne bénéficieraient pas de certains "aménagements" dans leur vie quotidienne, lesquels sont interdits aux fidèles de base. En tout cas, il est possible d'évoquer la stratégie de guerre théocratique dans ce cas: il s'agirait de mentir pour cacher un arrangement entre les dirigeants du mouvement et Paturel. Cette information est d'autant plus intéressante que dans les années 1980, dans une revue du mouvement diffusée internationalement à des millions d'exemplaires, Paturel prétendait avoir arrêté la boxe pour se conformer au mode de vie jéhoviste.[15]

En outre, en plus du fait qu'un site Web le présente comme professeur de "savate boxe française" et "savate forme" à Oulins, il existe dans cette commune une association appelée "Académie Paturel")[4](pratique de la savate-boxe française, de la savate forme, du bâton et du tonfa,[16] de la self-défense et de la canne, dans laquelle Christian Paturel semble très impliqué. En effet, sur le site officiel de l'Union Nationale des Agents de la police municipale, on peut lire ceci:[17]

"Académie Paturel"
"Le principe : Apporter aux agents en sus de la technique du maniement du tonfa, un aspect formation avec des cours . "La formation des policiers municipaux est inégale, disparate et insuffisante en durée et en qualité. Cet état de fait est aggravé par l'absence de soutien, voire même le mépris (silencieux ou bruyant) de la population et l'explosion de la délinquance urbaine, explique Christian Paturel. La police nationale étant surchargée par la multiplicité de ses tâches, il appartient aux maires, soucieux de la protection de leurs administrés, de créer, former et équiper leur police municipale."
"Académie : Les objectifs poursuivis par les formations Paturel sont : "de concilier légalité-respect des libertés publiques et efficacité, ainsi que d'équiper les personnels sur le plan juridique, physique et mental. Cela prend aussi en compte la maîtrise des diverses formes d'intervention sur le terrain (de la négociation à l'usage contrôlé du tonfa). Il faut développer la cohésion et la solidarité de l'ensemble des personnels ayant en charge les questions de sécurité. Appréhender et comprendre la délinquance urbaine. Dans cette optique nous assurons une formation opérationnelle soucieuse de couvrir les réalités, parfois disparates du terrain."

Or, le tonfa, la self défense et le bâton de défense ne sont pas reconnus comme un sport, mais comme une arme de 6e catégorie. Il est vraiment étonnant que M Paturel puisse faire la promotion de telles activités sans encourir de mesure de discipline religieuse. Y aurait-il chez les Témoins de Jéhovah deux poids, deux mesures ? ( Voir Avocats et médecins Témoins de Jéhovah ).

Participations à des colloques

  • 19 septembre 2006: "Bilan de la Liberté religieuse en France", colloque organisé à l'occasion de la présentation publique d'une collection de plusieurs ouvrages et actes de colloques consacrés à la problématique de la laïcité et de la liberté religieuse, aux Éditions L'Harmattan. Participants: Christian Paturel, Didier Leschi, Régis Dericquebourg, Raphaël Liogier, Jean Baubérot, Laurent Stefanini (conseiller pour les affaires religieuses au ministère des Affaires étrangères).
  • 2 juin 2007: "Minorités de conviction, thérapies alternatives : Quelles perspectives ?", avec Thierry Bécourt (Président de CAP France et Belgique), Christian Paturel, Dominique Kounkou (pasteur, sociologue, juriste, dirige "L'Harmattan Collection", « Politique de la terre» ).[5]

Bibliographie

  • Et Pharaon dit : Qui est Jéhovah ?, 1993, Éditions Atelier du Coiron
  • La dernière croisade : Le droit à la différence, le cas des Témoins de Jéhovah, 1996, Éditions Force L
  • Sectes, religions et libertés publiques, 1996, La Pensée Universelle
  • La pensée unique face aux spiritualités — Le choc des mondes, 2007, Paris: Éditions L'Harmattan. Ce livre relate ses démêlés judiciaires.[18]

Vidéos

Voir aussi

Liens externes

Références

  1. Arrowup.png Réveillez-vous !, 22 décembre 1985, article "Ce soir, nous avons gagné!", biographie de Christian Paturel
  2. Arrowup.png M. M. (16 décembre 1997), "Christian Paturel, l'ancien boxeur, avocat, Témoin de Jéhovah et bientôt... magistrat (?)", unelueur.org, version archivée du 29 novembre 2010. Consulté le 25 août 2011
  3. 3,0 et 3,1 CICNS, "L'interview de Christian Paturel", sectes-infos.net. Consulté le 25 août 2011
  4. Arrowup.png CICNS, "Les archives de Maître Paturel", sectes-infos.net. Consulté le 25 août 2011
  5. 5,0, 5,1 et 5,2 COORDIAP, "Minorités de conviction, thérapies alternatives:Quelles perspectives ?, programme de la journée du 2 juin 2007, coordiap.com, format pdf. Consulté le 25 août 2011
  6. Arrowup.png Martin-Dupont, Xavier (17 janvier 2007), "Les Témoins de Jéhovah sont-ils solubles dans le sirop d’érable?", polemique-sectes.org. Consulté le 25 août 2011
  7. Arrowup.png La Monde (22 décembre 2005), "La CEDH condamne la France à verser une amende à un témoin de Jéhovah", prevensectes.com. Consulté le 25 août 2011
  8. Arrowup.png "Arrêt de chambre Paturel c. France du 22.12.2005", prevensectes.com. Consulté le 25 août 2011
  9. Arrowup.png Rapport 2006 de la Miviludes, note n°104 p. 129
  10. Arrowup.png Édition La pensée universelle, février 1996, p. 355
  11. Arrowup.png AFP (29 mai 2007), "Rejet en appel d'une demande de dissolution de l'UNADFI", prevensectes.com. Consulté le 25 août 2011
  12. Arrowup.png Club sports et loisirs Oulins, savate.eure.free.fr. Consulté le 25 août 2011
  13. Arrowup.png Faites paitre le troupeau de Dieu, livre réservé uniquement aux dirigeants locaux des Témoins de Jéhovah:
    "Un chrétien qui apprendrait le judo, le karaté ou d'autres arts martiaux ne se conformerait pas à l'esprit de Jean 13:35 ou d'Esaïe 2:4 (Réveillez-vous!, 22 mars 1976, pp. 28,29). Un frère qui se mettrait à apprendre de tels sports violents et qui les pratiquerait ne remplirait pas les conditions requises pour être ancien ou serviteur ministériel. Si quelqu'un défend ou préconise publiquement de tels sports, on peut agir à son égard selon II Thessaloniciens 3:13-15 ou selon le jugement des anciens de la congrégation locale. (Voir La Tour de Garde, 1er octobre 1981, pp. 30,31, où l'on explique que celui qui continuerait de pratiquer la boxe professionnelle serait exclu de la congrégation.)"
  14. Arrowup.png "Témoins de Jéhovah: y en a marre!", journal-info.blogspirit.com. Comme l'auteur du blog en question a décidé d'effacer toute la discussion, vous pouvez néanmoins lire ce passage dans cette copie de sauvegarde ici: "Témoins de Jéhovah: y en a marre!" (19 juillet 2006), cchasson.free.fr. Consulté le 25 août 2011
  15. Arrowup.png Réveillez-vous! (anglais), 22 décembre 1985, p. 22, article "J'ai quitté le monde de la boxe"
  16. Arrowup.png Note : C'est un certain Robert Paturel qui, en 1983, ramène de stage aux USA le Bâton de Défense à Poignée Latérale (tonfa) en France et en fait la promotion [1]. Il a été plusieurs fois Champion de France puis Champion d'Europe de Boxe Française en 1984. Il est le concepteur du « Tonfa Sécurité© », fonctionnaire de Police, Membre d'un groupe d'intervention de la Police Nationale [2]. Il est professeur de "savate boxe française" dans le même club que Christian Paturel.
  17. Arrowup.png [3]
  18. Arrowup.png Présentation du livre sur le site de L'Harmattan, editions-harmattan.fr. Consulté le 25 août 2011