Condition féminine

Un article de Témoins de Jéhovah: TJ-Encyclopedie, l'encyclopédie libre sur les Témoins de Jéhovah.
Aller à : navigation, rechercher

En s'appuyant sur leur compréhension d'un certain nombre de versets bibliques, les Témoins de Jéhovah estiment que la femme a un rôle différent de celui de l'homme au sein du cadre familial, religieux et social. Elle est pour eux complémentaire de l'homme et doit lui être soumise.[1] Cette soumission implique un certain nombre de particularités dans le rôle spécifique qu'elle tient au sein de la structure familiale, dans la congrégation et par conséquent, dans la société. De ce fait, des critiques du mouvement estiment que la Société Watch Tower a un point de vue désuet sur le rôle de la femme, n'accordant pas une place valorisante à celle-ci et ne respectant pas ainsi la parité entre les deux sexes.

Historique

Le point de vue adopté par le mouvement sur la place et le rôle de la femme a été globalement assez consistant au fil du temps[2] et semble s'être bien stabilisé.[3]

Époque de Russell

Dès les premières années de la Société Watch Tower, il fut précisé dans les publications que, sur la base de certains passages des lettres pauliniennes, la femme ne pouvait pas enseigner en public, hormis dans un cadre privé et en prédiction; elle devait également être soumise à son mari. Toutefois, dans les faits, des femmes occupaient alors des fonctions importantes dans l'organisation à l'époque de Russell: dès 1884, Maria Russell, son épouse, fut la secrétaire-trésorière,[4] prononça des allocutions dans différentes congrégations — notamment lorsqu'elle défendit son mari lors du schisme de 1894 —, participa à l'élaboration de la théologie et rédigea des articles dans La Tour de Garde jusqu'en 1897; la même année, elle dirigea aussi, aux côtés de ses sœurs, un groupe féminin dans l'Église d'Allegheny.

De même, Rose J. Ball fut l'une des directrices de la Watch Tower à partir de 1894 et participa au recueil de chants Zion's Glad Songs, paru en 1908; Gertrude Woodcock Seibert fut aussi rédactrice de poèmes qui parurent dans le magazine La Tour de Garde dans les années 1910 et furent compilés dans le recueil Poems of Dawn, et apparemment composa aussi certains cantiques. Quant à Elizabeth Horne, l'une des premières Étudiantes de la Bible d'Angleterre, elle joua un rôle très important dans le mouvement: elle eut de fonctions en matière d'organisation au sein de l'ecclesia de Londres et fut conviée par les époux Russell à venir en Amérique pour y apprendre des méthodes d'organisation qui lui serait utile pour la direction de la branche londonienne. Ce voyage "d'affaires" lui fut payé par les Russell et, au moment où se produisit la dissension de 1894, Horne était en train de diriger le mouvement depuis la Maison de la Bible, le couple de dirigeants étant alors en voyage. Elle fut assistée dans cette tâche par Charlie Ball, le frère de Rose. En conséquence, Horne participa de façon significative à la croissance du groupe.[5]

En dépit de cette place accordée aux femmes dans l'organisation à cette époque, une publication jéhoviste de 1973 rapporte que Russell, alors en tournée dans les îles Britanniques dans les années 1900, "exprim[a] sa désapprobation" lorsqu'il apprit qu'"à Glasgow et dans d'autres congrégations, certaines femmes avaient joué des rôles importants, présidant, par exemple, l'école du dimanche tenue pour les enfants". Il mit un terme à cette situation, ce qui est présenté comme démarche ayant rendu le mouvement "plus conforme aux exigences bibliques", et entraînant quelques remous: "Certaines sœurs s'offusquèrent de cette nouvelle façon de comprendre la place de la femme".[6] Ainsi, il apparaît que des femmes occupaient des fonctions au début de l'histoire des Étudiants de la Bible, mais que les tribulations matrimoniales du pasteur l'ont poussé à revoir la place et le rôle de la femme au sein de l'église.

En 1904, Russell écrivit que, selon la Bible, les personnes choisies pour occuper des fonctions dans l'antique Israël et dans la congrégation du Ier siècle étaient tous des hommes (prêtres, apôtres); la féminité de la femme pouvait la pousser à enseigner des erreurs, il valait donc mieux qu'elle s'en abstienne; elle était toutefois apte à participer aux élections des anciens. Dans tous les cas, la soumission de la femme était vue comme étant temporaire: à partir du règne millénaire du Christ, l'égalité entre les sexes reviendrait.[7] En 1906, Russell expliqua que selon lui, le travail de colporteur n'était pas forcément destiné à une épouse, à moins que le mari y soit favorable, car en effectuant ce travail elle en viendrait à négliger ce dernier ainsi que sa maison, expliquant qu'"elle a un devoir d'épouse" qu'elle "ne doit pas violer", devoir incluant la prise en charge de la maisonnée.[8]

Dans son testament, Russell précisa au sujet de ses actions de vote à la Watch Tower Bible and Tract Society qu'il les remettait entre les mains de cinq femmes qu'il cita nommément: il s'agissait de "sœurs E. Louisa Hamilton, Almeta M. Nation Robison, J.G. Herr, C. Tomlins, Alice C. James". De même, pour le déroulement de son enterrement, il s'en remit entièrement à sa sœur Margaret Land et aux filles de celles-ci Alice et May, précisant qu'elle pourraient éventuellement être "aidées et conseillées par les frères, si elles le désir[ai]ent". Ce furent d'ailleurs des femmes, notamment sa sœur et Laura M. Whitehouse qui travaillait pour lui au sein de la Solon Society, qui furent témoins de son testament. Ainsi, bien qu'affirmant que la femme ne devait pas enseigner en public, Russell accordait malgré tout une grande importance aux femmes puisque nombre d'entre elles collaboraient étroitement avec lui. Toutefois, l'auteure Barbara Harrison estime que Russell employait un "ton misogyne" dans les publications, et que, s'il est vrai qu'il nomma plusieurs femmes comme exécutrices testamentaires, c'était davantage parce qu'il se doutait qu'elles exécuteraient sans murmurer ses volontés, étant ses servantes "dignes de confiance".[9]

Époque de Rutherford

Voir aussi Personnalité de Rutherford

Par la suite, Joseph Rutherford, le successeur de Russell à la tête de la Watch Tower, estima que le fait de mettre en avant les femmes dans les affaires de la religion contribuait à détruire le caractère sacré de la maison et détournait les hommes de Dieu.[10] Selon lui, les femmes ne devaient pas être l'objet de romantisme ou d'adulation. Elles conservaient une bonne position en s'activant dans l'activité de prédication et en restant soumise à la fois au foyer et dans la congrégation; le mieux étaient qu'elles restent seules et qu'elles soient pionniers. Au pire, les femmes pouvaient être considérées comme étant des 'Jézabel' hautaines (personnage biblique, épouse du roi israélite Achab, et qui était connue pour son arrogance) qui perturbent l'ordre théocratique au sein de l'organisation des Témoins de Jehovah.[11]

En 1922, L'Âge d'Or présentait comme une "ruse subtile du Serpent" le fait qu'"à notre époque les femmes se battent pour l'égalité parfaite avec les hommes à tous les égards", car "l'opinion publique, à travers un sens mal compris de "chevalerie", approuve le féminisme par la flatterie stupide, leurrant les femmes dans une conviction secrète de leur supériorité innée".[12]

En se basant que des passages comme Ézéchiel 13:17 dans lequel le prophète s'adressait aux filles d'Israël, Rutherford condamna les mouvements pour l'égalité entre les sexes qui émergeaient alors. Il critiqua le Congrès des États-Unis qui avait participé à la libération de la femme en 1919-20, faisant remarquer que cela s'était produit juste après que Satan ait été chassé des cieux. Les femmes seraient aussi responsables de l'affaiblissement de la virilité des hommes — ce qui est jugé grave, compte tenu de 1 Corinthiens 6:9 —, et d'une diminution de leur pouvoir, que ce soit en religion, en famille et en politique. Selon Rutherford, le fait de se lever pour saluer une femme qui entre dans une pièce, ou encore d'ôter son chapeau en guise de révérence, revenait à accorder trop d'importance à une femme, et constituait un "stratagème de Satan pour détourner les gens de Dieu".[13] Ainsi, les comportements de gentleman tout à fait normaux étaient proscrits.

Dans cette optique, Rutherford condamna la fête des Mères, car selon lui, cette fête, bien qu'en apparence innocente, était une habile ruse de Satan destinée à amener les gens au "culte de la créature".[14] Ainsi, Rutherford dépréciait les femmes et ne se privait pas de l'exprimer;[15][16] par exemple, lors d'un congrès de 1941 dans le Missouri, il cita la description de la femme faite par Rudyard Kipling, à savoir que celle-ci était "une loque et un tas d'os et une tignasse",[17] et cette citation fut reprise dans La Tour de Garde.[18] Toutefois, malgré de telles consignes misogynes, Rutherford était connu comme étant un coureur de jupons et eut probablement deux maîtresses: sa diététicienne Berta L. Teel et sa sténographe Bonnie Boyd Heath, ce qui ne l'empêcha pas de délaisser sa propre femme, Mary Rutherford, avec qui il ne vivait pas.

Toutefois, Nathan Homer Knorr, le président suivant, a réhabilité la place de la femme et les épouses furent en général bien traitées au sein de la communauté.[19]

Rôle de la femme

Au sein de la famille

Le modèle familal au sein des Témoins de Jéhovah est de type patriarcal: c'est le mari et père qui constitue la tête et prend les décisions importantes.[20][21] La femme, pour sa part, se doit de lui être soumise et de lui témoigner un profond respect, son soutien, et le considérer comme son "chef légitime", et cela même s'il ne partage pas ses croyances;[22] elle doit se consacrer principalement aux tâches domestiques et à l'éducation des enfants, et il faut qu'elle s'habille avec modestie. Pour les Témoins de Jéhovah, le portrait de la femme capable est décrit en Proverbes 31:10-31,[23] ce que le mouvement religieux considère comme un rôle tout à fait honorable.[24] Une différence de croyance n'autorise pas une femme à quitter son mari pour une séparation légale ou un divorce — hormis si le mari s'oppose farouchement à la foi de son épouse, s'il la maltraite au point de mettre sa santé ou sa vie en danger ou s'il la trompe — car de la sorte, elle peut l'évangéliser pour qu'il se convertisse. Même dans ce cas, elle doit le considérer comme le chef de famille.[22]

La Société Watch Tower justifie sa position dans ce domaine par des versets tels que Éphésiens 5:22,23,33 et 1 Corinthiens 11:3.

Au sein de la congrégation

Dans la congrégation, la femme ne peut pas accéder à toutes les fonctions de surveillance (ancien, assistant ministériel), car celles-ci sont exclusivement réservé aux hommes; elle ne peut pas a fortiori faire partie du Collège Central.

Dès le début de l'année 1959, les femmes dans les congrégations ont commencé à pouvoir participer à l'École du ministère théocratique. Il n'est pas possible pour elle d'enseigner en public lors des réunions de la congrégation en prononçant des discours ou en dirigeant des parties du programme. Elle peut toutefois prendre la parole lors des réunions en donnant des commentaires, effectuer des sujets en tant qu'élève, mais dans ce cas, elle ne s'adresse pas à l'auditoire, mais à une interlocutrice.[25] Elle peut participer au prosélytisme; d'ailleurs, la plus grosse partie de cette œuvre est effectuée par les femmes étant donné leurs disponibilité en semaine (souvent, elle ne travaille pas et a donc plus de temps libre). Ce sont souvent les femmes Témoins qui visitent leurs coreligionnaires malades ou indigents.[26] Le raisonnement de la Watch Tower est que les chrétiens qui enseignaient au Ier siècle étaient tous des hommes, mais qu'il y avait aussi des prophétesses tant dans l'Ancien que dans le Nouveau Testament; l'organisation en déduit que, si l'enseignement au sein des congrégations est bel et bien limité aux hommes, en revanche les femmes peuvent participer au ministère public.[27]

Éventuellement, la femme peut être membre ointe, c'est-à-dire avoir l'espérance céleste et faire partie des 144 000.[28] Elle peut également occuper des postes importants dans d'autres instances jéhovistes, comme par exemple être à la tête du Cercle européen des Témoins de Jéhovah anciens déportés et internés (CETJAD), rôle actuellement assumé par Ruth Danner, elle-même ancienne déportée, et qui remplaçait à cette position une autre femme ancienne déportée, Simone Arnold-Liebster.[29]

Si, en l'absence d'hommes, elle doit remplir un rôle lié au culte normalement dévolu à l'homme, elle doit se couvrir la tête en signe de soumission.[30]

Harrison explique que le jéhovisme, qu'elle juge "explicitement anti-féministe", peut néanmoins séduire les femmes opprimées — celles déçues en amour, vivant dans la pauvreté, ayant peur du choix ou du monde qui les entoure, ayant un sens communautaire ou qui se dévalorisent — en offrant des réponses à leurs problèmes. Par leur participation dans le cadre du porte à porte, elles ont le sentiment d'être entendues et de véhiculer un message d'espoir.[31]

Femme et viol

Voir article détaillé Viol

À partir de 1964,[32] la Watch Tower a enseigné que si une femme ne criait pas, ne se débattait pas, ou ne fuyait pas lors d'une tentative de viol, elle devenait en réalité complice de son agresseur. Ainsi, une femme qui ne criait pas commettait la fornication et était donc passible de l'excommunication. Cette prise de position de l'organisation a eu pour conséquence la mort ou la mutilation de nombreuses jeunes femmes violées (au Malawi et au Mozambique notamment) qui avaient suivi les consignes données par la Société Watch Tower.[33][34]

Toutefois, depuis 1993, une Témoin de Jéhovah violée qui n'a pas crié n'est plus coupable de fornication et en conséquence n'est plus passible d'exclusion.[35][36]

Critiques

Certains détracteurs du mouvement estiment que la Société Watch Tower a un point de vue désuet sur le rôle de la femme, n'accordant pas une place valorisante à celle-ci et ne respectant pas ainsi la parité entre les deux sexes.[37]

Dans son ouvrage autobiographique, Dany Bouchard, une ancienne fidèle, s'est plainte du rôle attribué à la femme dans l'organisation religieuse, en évoquant notamment la soumission au mari, les interdictions d'enseigner en public à la Salle du Royaume et de venir en pantalon aux réunions hebdomadaires.[38] Elle affirme que les réunions de la congrégation font preuve d'un "machisme navrant" et estime que les Témoins de Jéhovah "ont mis en place pour les femmes de la congrégation un schéma moyennâgeux proche de l'inquisition".[39]

La Coordination Nationale des Victimes de l'Organisation des Témoins de Jéhovah estime que le procédé consistant à refuser de laisser les femmes enseigner à la Salle du Royaume est « ridicule et aberrant », affirmant qu'il s'agit là d'"un des différents aspects misogynes que compte le culte des Témoins de Jéhovah". D'après cette association, "les femmes [au sein des Témoins de Jéhovah] sont rabaissées, considérées comme rien sinon comme des prédicatrices dociles, des épouses soumises ou des mères enseignant bien leurs enfants".[40] Le rapport bisannuel 2001-2002 du Centre d'Information et d'Avis sur les Organisations Sectaires Nuisibles (CIAOSN) reproche la place que le mouvement religieux accorde à la femme, évoquant ce point dans un chapitre intitulé "Problèmes, controverses":[41]

"Place de la femme : Bien que les Témoins de Jéhovah aient rappelé en juin 2002 que, selon leur doctrine, la femme est à l'égal de l'homme, l'attitude que le mouvement recommande à ses membres vis-à-vis de cette dernière ne s'inscrit pas dans la tendance européenne et internationale en matière d’égalité entre hommes et femmes. Chez les Témoins, l’avis du mari prime et sa femme doit le seconder dans ses décisions et les respecter. Elle est soumise à son mari et doit lui témoigner un profond respect car il est le chef de famille."

Par ailleurs, d'anciens membres estiment que des femmes sont parfois victimes de maltraitance au sein de l'organisation par leur époux et que "ce potentiel d'abus est largement causé par la façon dont la Watchtower voit et considère les femmes".[42]

Harrison estime que les femmes Témoins tiennent deux discours: celui qui paraît dans les publications et qui est à destination du monde non-Témoin, dans lequel elles s'affichent heureuses et épanouies, et celui qu'elles tiennent entre elles dans la réalité quotidienne, se soutenant et se témoignant de la sympathie mutuellement.[43] Elle estime que le système jéhoviste engendre à la fois le narcissisme et le sentiment de supériorité, mais aussi l'auto-dépréciation et la culpabilité, et que certaines femmes qui expérimentent les deux groupes de sentiment finissent par développer une "personnalité schizophrénique".[44] De plus, les femmes Témoins talentueuses renoncent souvent leur atouts pour se soumettre aux exigences de leur religion.[45]

L'ex-membre Dominique Dott explique dans son ouvrage: "Maintenant que je ne suis plus dans l'orbe du groupe, je mesure le côté exécrable et humiliant de cette phallocratie. Si celle-ci ne s'exerçait que dans un cadre religieux, ce serait moindre mal; le problème est que ce principe d'un autre âge s'applique à tous les aspects de la vie d'un adepte puisque son identité est l'adeptat."[46]

La femme dans les premières publications

Au niveau religieux

Publication et titre Description du contenu et commentaire
La Tour de Garde (angl.), février 1881, p. 8 R 194 Une question des lecteurs demande à l'éditeur d'expliquer 1 Corinthiens 14:34 qui déclare que la femme doit apprendre en silence. Dans la courte réponse, il est admis que "ce n'est pas à nous pour dire pourquoi, quand Dieu n'apporte aucune raison" et affirme aussi ne pas être en mesure d'expliquer pourquoi Jésus n'a pas envoyé prêcher les femmes de foi qui l'ont cru, mais seulement des hommes. Bien que reconnaissant des bonnes actions accomplies par les femmes, il est dit que ce passage de la Bible ne peut être ignoré et donc qu'il doit être suivi.
La Tour de Garde (angl.), mai 1881, p. 8 R 227 Une question des lecteurs demande une explication de trois textes dont Actes 1:14 et 1 Corinthiens 11:5. En réponse, il est dit que les femmes du temps des apôtres furent approuvées et appréciées par eux et par le Seigneur, mais qu'elles ne prenaient la parole que dans de petites réunions. Le passage de 1 Cor. 14:34, qui dit que la femme apprenne en silence et qu'elle n'enseigne pas en public, est interprété comme faisant référence aux réunions publiques, dans lesquelles il y a fréquemment des débats. Dans ce cadre-là, il serait déplacé, selon Paul, qu'une femme prenne la parole. Toutefois, cette règle ne doit pas être poussée à l'extrême, et l'éditeur pense que ce serait une erreur d'interdire à une femme de prier ou d'enseigner dans des réunions chrétiennes privées. L'homme et la femme représentent respectivement le Christ et son épouse, l'Église, et l'homme est ainsi à la tête de la congrégation, voilà pourquoi il a davantage de fonctions publiques dans la congrégation. Toutefois, les fonctions des personnes des deux sexes sont "tout aussi acceptables à Dieu".
La Tour de Garde (angl.), juin 1885, p. 7 R 766 Selon l'article "God's order", la règle contenue en 1 Timothée 2:12 résulte du principe d'autorité du mari dans le couple. Mais cela ne veut pas dire que la femme ne puisse pas annoncer la bonne nouvelle, car ce passage doit être harmonisé avec d'autres déclarations de l'apôtre ("Il n'y a ni Juif ni Grec, il n'y a ni esclave ni libre, il n'y a ni mâle ni femelle"), et d'Isaïe (tous sont oints pour annoncer la bonne nouvelle). La femme ne peut donc pas occuper une fonction d'autorité ou de commandement. Elle peut prêcher, mais le faire avec une modestie empreinte de conviction. Puis l'article reprend le contenu de The Watchtower de mai 1881 (voir ci-dessus), et conclut en déclarant que ces explications sont destinées à répondre aux questions de sœurs qui s'interrogeaient sur leur droit à prêcher sans enfreindre l'enseignement de l'apôtre Paul. (L'article est signé par Maria Russell.)
La Tour de Garde (angl.), octobre / novembre 1888, pp. 6-8, R 1075,76 L'article reprend ce qui est dit dans La Tour de Garde (angl.) de juin 1885. (L'article est signé par Maria Russell.)

Dans le cadre du couple

Publication et titre Description du contenu et commentaire
La Tour de Garde (angl.), juin 1885, p. 6 R 765-66 Commentant Éphésiens 5:23, l'article "God's order" déclare notamment : "Les préjugés, l'opinion publique et l'abus de pouvoir, ont rendu cette expression et d'autres similaires faites par les Apôtres fidèles, très impopulaires. Et ce n'est pas surprenant, dans la chute et le désordre de la condition de l'humanité. L'apôtre Paul est diversement accusé d'être un contempteur des femmes, et s'exprimant sans l'autorité divine, et cela même parmi les chrétiens. Mais quand il est examiné correctement, Paul, comme d'habitude, se trouve en train de donner une expression fidèle à l'ordre divin dictée par la sagesse infaillible pour le plus grand bonheur et de tous".

L'épouse doit collaborer en harmonie avec son mari, et "celle qui deviendrait la partenaire d'un homme dans la vie, devrait voir qu'elle est prête à remplir cette position selon la disposition divine". Si la femme a davantage de capacités et de jugement que son mari, elle doit malgré tout l'aider discrètement avec modestie; il faudrait prendre en compte cela avant de s'engager dans le mariage. Par contre, si la volonté du mari est en conflit avec celle du Seigneur, l'épouse, en tant que "nouvelle créature" fiancée au Christ, doit se positionner pour le Seigneur. Bien que l'épouse doit être soumise à son mari, cela ne constitue pas de l'esclavage domestique, qui est le résultat du péché.

Dans le couple, la femme doit "chercher avec une fierté légitime la force virile et la gloire de son mari", et lui doit "considérer avec admiration et affection sa grâce féminine - pas égaux et semblables à tous égards, mais chacun possédant des qualités de cœur et d'esprit qui les rendent compagnons l'un pour l'autre". "La supériorité de l'homme réside dans sa plus grande force, à la fois physique et mentale", ce qui est voulu par Dieu. "Dans la condition actuelle imparfaite, de nombreuses femmes sont supérieures à beaucoup d'hommes, mais de telle femmes devraient être absolument sûres de ne pas devenir des épouses de ces hommes; car, ce faisant, elles doivent soit violer l'ordre divin (Éphésiens 5:22), soit se soumettre à un inférieur, ce qui n'est pas non plus en harmonie avec la conception du Seigneur". La femme doit se comporter de façon similaire à l'épouse du Christ. (L'article est signée par Maria.)

La Tour de Garde (angl.), octobre / novembre 1888, pp. 6-8, R 1075,76 L'article reprend ce qui est dit dans La Tour de Garde (angl.) de juin 1885. La sphère de la femme chrétienne diffère quelque peu de celle des frères, mais qu'elle "n'est en aucun cas un sens restreinte, comme beaucoup semblent le considérer". L'épouse doit être le joyeux co-travailleur de l'homme en harmonie avec la volonté de celui-ci. Dans le cas où la femme a plus d'aptitudes que l'homme, elle devrait prendre cela en compte avant le mariage, et si celui-ci a déjà été contracté, il faut que l'épouse fasse de son mieux avec modestie. Le mari qui demande à sa femme quelque chose qui n'est pas chrétien ne doit pas être écouté, car l'allégeance de la chrétienne va d'abord au Seigneur. La soumission de la femme ne signifie pas servilité, et elle s'y pliera "comme à la disposition de Dieu pour leur bien mutuel, et plus loin, [et] elle se fera un plaisir de servir par amour". L'homme est supérieur à la femme qui est le "vase faible". (L'article est signé par Maria Russell.)

Dans les autres domaines

Publication et titre Description du contenu et commentaire
La Tour de Garde (angl.), mars 1889, p. 4, R 1104 L'article "As becometh women professing Godliness" s'adresse aux "sœurs en Christ qui ont des talents, grands ou petits, dont elles demandent de faire usage dans l'intérêt des travaux de grande moisson". Elles doivent, dans toutes leurs activités, manifester des qualités telles que la modestie dans l'attitude, l'habillement. Elles peuvent aller voir les malades, s'occuper des enfants de leur quartier, visiter les différentes églises, écrire des lettres à des amis ou des inconnus, préparer des repas, et disperser la vérité en laissant des publications. Il faut éviter les commérages et savoir rester simples. (L'article est signé par Maria Russell.)

Voir aussi

Ressources sur le sujet

Références

  1. Arrowup.png La Tour de Garde, 1er mars 2005, p. 16, § 5:
    "Les chrétiennes ne dédaignent pas leurs maris ni ne cherchent à minimiser la disposition biblique relative à l'autorité dans le mariage. Au contraire, elles soutiennent leurs maris et leur sont soumises, elles coopèrent avec eux, et de cette manière les encouragent. Quand l'homme et la femme agissent avec autant d'amour, leur mariage ne peut que réussir, et tous deux puisent de la joie dans leur vie commune."
  2. Arrowup.png Harrison, 1978, p. 73
  3. Arrowup.png Blandre, 1995, p. 11
  4. Arrowup.png Statuts de la Watch Tower Bible and Tract Society, pp. 1-3; cité dans WTBTS (1971), Les Témoins de Jéhovah dans les desseins divins, Watch Tower Bible & Tract Society, chapitre 4, p. 27
  5. Arrowup.png Zydek, Fredrick (2010, 2è éd.) (anglais), Charles Taze Russell: His Life and Time. The Man, the Millennium and the Message, Winthrop Press, pp. 134,147 (ISBN 978-1-4499-5157-3)
  6. Arrowup.png WTBTS (1973), Annuaire des Témoins de Jéhovah, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 90
  7. Arrowup.png Russell, Charles T. (1904), La Nouvelle Création, p. 282; cité par Blandre, 1995, pp. 5,6
  8. Arrowup.png Discours du 27 juillet 1906 lors de la convention d'Asbury Park, New Jersey, 1906 Souvenir Report from the Conventions of the Watch Tower Bible and Tract Society, heraldmag.org
  9. Arrowup.png Harrison, 1978, p. 81
  10. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 9 mai 1934, p. 489:
    "Putting women to the fore in the affairs of religion and the councils of state has much to do with destroying the sacredness of the home and with turning men away from God."
  11. Arrowup.png Penton, 1997, p. 262
  12. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 1er mars 1922, pp. 345-48, "Christian Science", par O.R. Rosenkrans Jr.
  13. Arrowup.png Wills, Tony (2006, 2è éd.) (anglais), A People for His Name: A History of Jehovah's Witnesses and an Evaluation, Morisville: Lulu Enterprises, p. 139 (ISBN 978-1-4303-0100-4)
  14. Arrowup.png Gruss, Edmond C. (2003) (anglais), The Four Presidents of the Watch Tower Society, Xulon Press, p. 213 (ISBN 978-1594671319). L'ouvrage cite comme référence les publications suivantes: Vindication I, 1931, pp. 156,158,159; The Golden Age, 9 mai 1934, pp. 489,490; Let God Be True, deuxième édition, 1952, p. 24
  15. Arrowup.png "The Role of Women", Jehovah's Witnesses and the Problem of Mental Illness, Jerry Bergman, Clayton, Californie : Witness Inc., 1992, pp. 246-54
  16. Arrowup.png Gruss, Edmond C. (2003) (anglais), The Four Presidents of The Watch Tower Society, Xulon Press, p. 30 (ISBN 978-1594671319)
  17. Arrowup.png Penton, 1997, p. 66
  18. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 septembre 1941, p. 287:
    "In the Kingdom the 'great multitude' will look to the Lord to guide as to selecting each a mate for himself. Why, then, should a man who has the prospect before him of being of the great multitude now tie himself up to a stack of bones and a hank of hair?"
  19. Arrowup.png Penton, 1997, p. 267
  20. Arrowup.png La Tour de Garde, 15 août 1980, p. 7
  21. Arrowup.png WTBTS, Étude perspicace des Écritures vol.2, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 220
  22. 22,0 et 22,1 Blandre, Bernard (1991), Les Témoins de Jéhovah, éditions Brepols, p. 99 (ISBN 2-503-50063-3)
  23. Arrowup.png WTBTS, Étude perspicace des Écritures, vol.2, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 223:
    "Quelques-uns des devoirs de la femme à l'égard de son mari ou propriétaire : les travaux ménagers, la confection et l'entretien des vêtements, et même certains achats et ventes, ainsi que la surveillance générale de la maisonnée."
  24. Arrowup.png WTBTS, Étude perspicace des Écritures, vol.2, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 691:
    "La grande valeur d'une bonne épouse est décrite en détail en Proverbes chapitre 31: elle est diligente, digne de confiance et elle gère la maisonnée en étant fidèle et soumise à son mari."
  25. Arrowup.png Lucretius (12 octobre 2006), ""Sois belle et tais-toi - la femme entre vase et potiche", tj-revelation.org. Consulté le 4 septembre 2011
  26. Arrowup.png Penton, 1997, p. 268
  27. Arrowup.png Blandre, 1995, p. 7
  28. Arrowup.png WTBTS, Comment raisonner à partir des Écritures, Watch Tower Bible & Tract Society, pp. 158,159
  29. Arrowup.png Barbey, Philippe (2003), Les Témoins de Jéhovah - Pour un christianisme original, L'Harmattan, p. 109 (ISBN 2-7475-4064-2)
  30. Arrowup.png WTBTS, Comment raisonner à partir des Écritures, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 160:
    "En quelle circonstance une femme doit-elle se couvrir la tête ? Elle le fait chaque fois qu'elle 'prie ou prophétise', pour reprendre les termes contenus en 1 Corinthiens 11:5 (...). Elle devrait se couvrir la tête en signe de soumission à l'homme si elle assume des responsabilités liées au culte qui reviendraient normalement à son mari ou à un autre chrétien."
  31. Arrowup.png Harrison, 1978, pp. 82,83
  32. Arrowup.png La Tour de Garde, 1er octobre 1964, pp. 607,608:
    "Mais supposez que l'homme, brandissant une arme, ait menacé de rouer la jeune fille si elle refusait de coucher avec lui. Que devait-elle faire en ce cas ? Le passage biblique cité plus haut ne modifie pas la situation en indiquant une circonstance qui l'empêcherait de crier. Il dit clairement qu'elle devait crier, donc résister à l'agression, peu importent les circonstances. (...) Par conséquent, si une chrétienne ne crie pas et ne fait pas tout son possible pour fuir, on peut considérer qu'elle s'est prêtée au viol. Lorsqu'une chrétienne se trouve devant une telle situation, elle doit crier et faire preuve de courage pour agir selon le conseil des Écritures, afin de rester pure et d'obéir aux commandements de Dieu. (...) Si elle se soumettait aux désirs passionnés de l'homme, non seulement elle se prêterait complaisamment à la fornication ou à l'adultère, mais encore elle se couvrirait de honte. Elle n'aurait pas seulement été victime d'un acte ignoble mais elle aurait aussi violé la loi de Dieu en ayant eu des relations sexuelles avec un autre que son conjoint légal, ce qui serait aussi une cause de honte."
  33. Arrowup.png Luc, Jacques, "Criez, filles africaines!", aggelia.be. Consulté le 4 septembre 2011
  34. Arrowup.png Wilson, Diane (26 juillet 1994) (anglais), "Rape and Jehovah's Witnesses", freeminds.org. Consulté le 4 septembre 2011
  35. Arrowup.png Réveillez-vous!, 8 mars 1993, pp. 4,5:
    "On définit le viol comme l'action d'avoir des relations sexuelles, quelle qu'en soit la nature, commise par usage de la force ou sous la menace, contre la volonté de la victime. C'est donc l'usage de la force envers une victime non consentante qui fait de l'agresseur un violeur. Par conséquent, la personne violée n'est pas coupable de fornication. À l'instar d'une victime de l'inceste, elle subit la contrainte de son agresseur, ce qui peut l'amener à se soumettre. Ce n'est pas parce qu'une femme est obligée de se soumettre à un violeur sous l'effet de la terreur ou de l'affolement qu'elle consent à l'acte. Le consentement repose sur la possibilité de choisir en dehors de toute menace; il est actif, et non passif."
  36. Arrowup.png La Tour de Garde, 1er avril 1995, p. 20:
    "En conséquence, si aujourd’hui une chrétienne était attaquée et violée, et que cela lui donne le sentiment d’être sale et indigne, serait-il approprié d’insister sur la nécessité de la rançon pour être purifiée de ce péché ? Certainement pas. Elle n'a pas commis de péché en étant attaquée. C'est le violeur qui a commis un péché et doit être purifié."
  37. Arrowup.png "La femme et la Watchtower", unelueur.org, version archivée du 23 décembre 2008. Consulté le 4 septembre 2011
  38. Arrowup.png Bouchard, Dany (2001), Dans l'enfer des Témoins de Jéhovah:
    "Femme chrétienne, femme crétine, voilà ce qu’on lui demande... « Soumise à son mari » comme à un chef, de cette citation, on use et on abuse chez les témoins de Jéhovah ... Pendant l’école théocratique du mardi soir, une femme n’a pas le droit de s’adresser directement à l’auditoire. Elle doit s’asseoir à une table et s’adresser à une autre personne de son sexe, puisqu’une femme ne doit pas « enseigner » un homme non plus. Les deux femmes n’ont pas le droit de se tourner vers le public, mais faire semblant d’avoir une conversation privée. Des règles strictes, bien que non écrites, régissent la façon dont les sœurs doivent être vêtues... Il est extrêmement mal vu et même périlleux de venir assister à une réunion en pantalon... alors chez les témoins de Jéhovah, on fait la chasse aux pantalons, parce qu'ils choquent la conscience collective de la congrégation..."
  39. Arrowup.png Bouchard, Dany (2001), Dans l'enfer des Témoins de Jéhovah, p. 47
  40. Arrowup.png Coordination nationale des victimes de l'organisation des Témoins de Jéhovah, "Présentation critique du rôle de la femme à la Salle du Royaume", cnvotj.org. Consulté le 4 septembre 2011
  41. Arrowup.png Centre d'Information et d'Avis sur les Organisations Sectaires Nuisibles, Rapport bisannuel 2001-2002, ciaosn.be, p. 36, format pdf. Consulté le 4 septembre 2011
  42. Arrowup.png Watters, Randall, "Ces femmes qui quittent les Témoins de Jéhovah", v.i.v.free.fr. Consulté le 4 septembre 2011
  43. Arrowup.png Harrison, 1978, pp. 84,85
  44. Arrowup.png Harrison, 1978, p. 87
  45. Arrowup.png Harrison, 1978, p. 88
  46. Arrowup.png Dott, Dominique (2009), Les Témoins de Jéhovah, théocratie apocalyptique, Biarritz: Atlantica, p. 350 (ISBN 978-2-7588-0271-6)
  • "Condition féminine chez les Témoins de Jéhovah" sur Wikipedia