Divorce

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Le divorce, tel que les Témoins de Jéhovah le conçoivent à travers leur interprétation de la Bible, est une notion différente de celle du divorce légal. En effet, le divorce biblique est le seul qui autorise, pour eux, le remariage. Un témoin de Jéhovah peu très bien obtenir le divorce pour une raison légale, sans pouvoir se remarier au sein de son mouvement. Si la séparation est envisagée pour un autre motif que la "fornication", il n'est pas libre ni de se remarier, ni d’avoir des relations sexuelles avec une autre personne, même s'il obtient le divorce. S'il vient à se remarier de manière légale, les témoins de Jéhovah considèrent qu'il pratique l'adultère, qui est un motif d'exclusion du mouvement. Les motifs du divorce biblique, comme ceux de la séparation tolérée par la Société Watch Tower, ont connu des changements et des ajustements au fil du temps.

Taux de divorce chez les Témoins

La Société Watch Tower prétend que ses fidèles sont globalement épargnés par la multiplication des divorces qui affectent un certain nombre de familles. Par exemple, en 1997, elle cita le cas d'une enquête effectuée en 1994 sur 145 958 fidèles d’Allemagne qui mettait en évidence que 4,9% d'entre eux étaient divorcés.[1]

Or, il se trouve que le taux de personnes divorcées dans la société est d'environ 5%. De plus, un sondage réalisé en 2001 aux États-Unis révèle que le taux de divorce chez les Témoins de Jéhovah est sensiblement le même que la moyenne nationale (9%): en effet, le taux chez les TJ était de 11% en 1990 et de 6% en 2001, et les autres religions ont enregistré à peu près les mêmes scores.[2] D'autres études ont tendance à confirmer ces chiffres, à savoir que le taux de divorce au sein des Témoins de Jéhovah se rapproche de la moyenne nationale dans lequel le mouvement évolue, sachant que le contexte culturel a tendance à jouer un rôle important dans le nombre de divorces.[3]

Principe

En matière de divorce, la Société Watch Tower rappelle dans ses périodiques que les lois de Jéhovah (en fait, celles édictées par la direction de l'organisation) sont au-dessus de celles des hommes, surnommées "César" et que seule la décision de Jéhovah a de l'importance. Voici ce que déclare La Tour de Garde du 1er février 1975, page 95:

« Il est bien de se rappeler que ce sont les lois de Jéhovah qui sont les plus importantes. L'autorité de César est relative et ce n'est pas lui qui détermine si les liens d'un mariage sont rompus ou non aux yeux de Dieu (voir Actes 5:29). César ne peut que reconnaître ou non légalement un mariage. Ainsi, même si César accorde le divorce alors qu'il n'y a pas de motif biblique (la "fornication"), ce divorce n'est pas valable aux yeux de Dieu, et les conjoints ne sont pas libres de se remarier. Se recommandant à toute conscience humaine devant Dieu’, le chrétien s'efforcera néanmoins d’obtenir la reconnaissance légale par l'État de son mariage ou de son divorce (II Cor. 4:2). Mais ce n’est pas là le facteur essentiel; ce qui compte, c’est la décision judiciaire de Jéhovah. »

Motifs du divorce biblique

Jusqu'aux années 1970

Les motifs du divorce bibliques ont évolué avec les années. Jusque dans les années 1970, les publications expliquaient que l'adultère — relations sexuelles "naturelles" entre un homme et une femme non mariés — était le seul motif pour lequel la loi divine autorisait le divorce et le remariage, comme l'expliqua La Tour de Garde du 1er octobre 1970, page 583:

"Il est vrai que, dans sa loi, Jéhovah Dieu a tenu compte du divorce. Mais il n'autorise la rupture du lien du mariage que pour une seule raison. Jésus, le Fils de Dieu, a dit: "Je vous dis que quiconque divorce d'avec sa femme, excepté pour le motif de fornication [ou adultère], et en épouse une autre commet un adultère" (Matthieu 19:9). Ainsi, d’après les Écritures, le divorce est limité. L'adultère est le seul motif pour lequel la loi divine autorise le divorce et le remariage."

Cela donna lieu à des "cas aberrants" au sein de l'organisation, comme l'a rapporté l'historien Bernard Blandre:[4]

  • Une femme n'a pas été autorisée à divorcer parce que son mari, qui la trompait avec une autre femme, pratiquait uniquement la sodomie avec cette dernière et donc qu'il ne s'agissait pas d'une pratique "naturelle";
  • Une autre femme fut exclue du mouvement parce qu'elle avait divorcé de son mari parce qu'il pratiquait la zoophilie, pratique qui n'était pas considérée comme étant "naturelle" et donc ne tombait pas sous le coup de l'adultère.

1973

Un changement net par rapport au point de vue exprimé antérieurement apparut dans La Tour de Garde du 15 mars 1973 qui expliqua que "c'est son attachement fidèle aux Écritures qui rend ce changement nécessaire". Des pages 189 à 192, ce périodique précisa l'emploi du mot "adultère" en se référant aux deux termes grecs différents, Pornéïa et Moïkhéïa, qui ont été utilisés par le rédacteur de l'Évangile selon Matthieu:

« Selon Matthieu 5:32, Jésus déclara: "Mais moi je vous dis que celui qui divorce d'avec sa femme, excepté pour cause de fornication [en grec pornéïa], fait qu'elle est exposée à l'adultère [en grec moïkhéïa], étant donné que quiconque épouse une femme divorcée commet un adultère." De même, dans Matthieu 19:9 nous lisons: "Je vous dis que quiconque divorce d'avec sa femme, excepté pour le motif de fornication [pornéïa], et en épouse une autre commet un adultère [moïkhéïa]." »

Ainsi, le périodique expliqua que le terme "fornication" ne désignait pas que les relations "sexuelles ordinaires ou naturelles" entre un homme et une femme non mariés, mais incluait toutes les relations sexuelles considérées comme impures par les Témoins de Jéhovah: homosexualité, relations sexuelles bucco-génitales et sodomie hors mariage, pédophilie, zoophilie. "Toute personne mariée qui, sortant du cadre du mariage, se livre à des actes sexuels impurs, naturels, contre nature ou pervertis avec une personne de l’autre sexe ou du même sexe, se rend coupable de pornéïa". Ainsi, quand "un conjoint se rend coupable d'un acte sexuel impur très grave, le conjoint innocent est donc autorisé par la Bible à divorcer s'il le désire. Le conjoint qui obtient un divorce pour ce motif biblique est également libre de se remarier. Il ne risque pas d'être accusé d'adultère".  

1975

La Tour de Garde du 1er février 1975, pages 95 à 96, apporta encore un changement d'importance, en étendant la "fornication" aux "perversions sexuelles commises dans les relations conjugales". Elle précisa clairement qu'il existait des cas où des pratiques obscènes dans les relations conjugales pouvaient constituer un motif biblique de divorce:

« La "fornication" est donc le seul motif de divorce. En grec commun, langue dans laquelle les paroles de Jésus ont été consignées, le mot traduit par "fornication" est pornéïa qui désigne toutes les formes de relations sexuelles impures, les perversions et les pratiques lubriques, y compris la copulation orale et anale, qui sont courantes dans les maisons de prostitution. Quant aux paroles de Jésus sur le divorce, elles ne précisent pas avec qui la "fornication" ou pornéïa est pratiquée. Leur application n'est pas limitée. Les perversions sexuelles commises dans les relations conjugales peuvent être considérées comme de la pornéïa (...). Par conséquent, il est des cas où des pratiques obscènes commises par quelqu'un sur la personne de son conjoint constituent un motif biblique de divorce. Par exemple, une femme peut faire tout son possible pour empêcher son mari de l'obliger à se livrer à des pratiques contre nature, courantes dans les maisons de débauche. Mais comme il est plus fort, il peut la dominer et la forcer à subir ses actes pervertis. Pour ne pas se prostituer ainsi une autre fois, une femme chrétienne peut donc décider de demander le divorce. Elle peut établir devant la congrégation les raisons pour lesquelles il s'agit vraiment de pornéïa et ensuite obtenir un divorce légal pour n'importe quel motif exact reconnu par les lois du pays.»

1978

Cependant, Dans La Tour de Garde du 15 mai 1978, pages 30 à 32, la Société Watch Tower fit une première marche-arrière dans sa manière de considérer certaines pratiques sexuelles dans le cadre des relations conjugales:

« Dans le passé, notre périodique a fait paraître plusieurs commentaires à propos de certaines pratiques sexuelles particulières, telles que la copulation orale, et cela dans le cadre du mariage. Ces pratiques furent mises au même rang que les actes de la plus grave immoralité. On en a conclu que ceux qui se livraient à de telles pratiques étaient passibles d'exclusion, à moins de se repentir. On considérait en effet qu'il entrait dans les attributions des anciens de la congrégation de s'informer de telles pratiques conjugales et d'utiliser leur pouvoir judiciaire dans ces cas. Cependant, un réexamen attentif de la question nous apporte la conviction qu'en l'absence d'instructions bibliques précises, c'est au couple lui-même d'assumer sa responsabilité devant Dieu dans ce domaine, et qu'il ne revient pas aux anciens de la congrégation d'essayer de régenter les pratiques sexuelles entre conjoints ni de prendre des mesures d'exclusion pour ce seul motif. »

Si la Watch Tower reconnaît que son périodique fit paraître plusieurs commentaires à propos de certaines pratiques sexuelles, il est intéressant de noter qu'elle utilise le "on", pronom personnel indéfini, pour désigner ceux qui en ont tiré de mauvaises conclusions, alors qu'elle utilise bien le "nous", pour s'identifier à ceux qui ont maintenant la bonne compréhension des versets bibliques. Suite à un réexamen de la question, elle estime maintenant que "les Écritures ne contiennent aucune information qui permettrait de définir avec certitude quelles pratiques conjugales sont ou ne sont pas de la pornéïa" et elle explique que c'est pour obéir à "un sens aigu des responsabilités" qu'elle s'abstient "d'adopter une attitude dogmatique dans un domaine où les critères nécessaires semblent manquer". Elle ajoute, en ce qui concerne le divorce:

« Si une personne mariée estime que les pratiques sexuelles de son conjoint, bien que n'impliquant pas une tierce personne, sont néanmoins perverties au point de constituer un véritable abandon à la lubricité ou une dépravation, c'est à elle de prendre une décision et d'assumer sa responsabilité. Elle peut penser que dans un tel cas les Écritures lui permettent de divorcer. Si elle décide d'agir ainsi, elle doit alors accepter devant Dieu l'entière responsabilité de son action. On ne doit pas s'attendre à ce que les anciens entérinent (du point de vue biblique) un divorce s'ils ne sont pas sûrs de la validité des motifs. Ils ne peuvent pas non plus imposer aux autres leur conscience sur une question qui est discutable (Jacques 4:11, 12). Après avoir exposé les conseils bibliques qu'ils jugent appropriés, ils peuvent montrer à la personne concernée tout le sérieux de la question et l'entière responsabilité qui reposera sur elle si elle décide de divorcer. Si quelqu'un cherche simplement un prétexte pour rompre les liens du mariage, il ne peut s'attendre qu'à encourir la défaveur divine, car Dieu dit, en parlant d'une telle traîtrise, qu'"il a haï le divorce" (Malachie 2:16). "Dieu jugera les fornicateurs et les adultères" et quiconque divorce sur un simple prétexte et se remarie ensuite n'échappera pas au jugement (Hébreux 13:4). »

Dans cet article, la Société Watch Tower infléchit nettement sa position par rapport à celle qu'elle a développé dans son périodique de 1975: alors qu'elle assimilait clairement certaines activités sexuelles pratiquées dans le cadre des relations conjugales à de la pornéïa et indiquait qu'elles étaient bien constitutives d' un motif biblique de divorce, c'était désormais au fidèle d'"estimer" si telle pratique relèvait de la pornéïa, à lui qu'appartenait la possibilité de "penser" qu'il s'agissait bien d'un motif biblique de divorce valable et à lui seul d'en assumer la responsabilité. Par ce changement, la Société Watch Tower démontra de façon indirecte que son point de vue antérieur n'était pas biblique et qu'elle s'était substituée aux consciences des adeptes en régentant leur vie de couple.

1983 à aujourd'hui

Enfin, la compréhension des versets bibliques donnée en 1975 est totalement revue en 1983, comme le prouve La Tour de Garde du 15 juin 1983, page 30:

"Le mot pornéïa désigne une conduite sexuelle illicite et extraconjugale. Dès lors, même si l'un des époux imposait des perversions sexuelles, comme la sodomie ou la copulation orale, dans le cadre du mariage, cela ne constituerait pas un motif biblique de divorce qui pourrait donner droit à l'un ou à l'autre conjoint de se remarier."

Cette Tour de Garde précisa qu'elle apportait "un éclaircissement et une mise au point" par rapport aux articles parus dans les Tour de Garde du 1er février 1975 et du 15 mai 1978, et ajouta:

"Si certains ont agi sur la base de la connaissance qu'ils avaient jusque-là, on ne peut leur en faire le reproche. Par ailleurs, cela ne doit pas non plus porter atteinte à la réputation de ceux qui, prenant la perversion sexuelle de leur conjoint dans le cadre du mariage pour une forme de pornéïa, ont divorcé et se sont remariés depuis."

Ainsi, dans cette mise au point, la Société Watch Tower se décharge de la responsabilité qu'elle a pu avoir dans les divorces ayant été demandés à cause des pratiques sexuelles qu'elle avait explicitement décrites comme une "perversion" constituant un motif biblique de divorce, en 1975. En effet, les tournures de phrase "ceux qui ont agi sur la base de la connaissance qu'ils avaient jusque-là" et "ceux qui, prenant la perversion sexuelle de leur conjoint dans le cadre du mariage pour une forme de pornéïa" laissent penser que c'étaient ces adeptes-là qui avaient mal interprété les directives précédentes, alors qu'elles étaient pourtant clairement exprimées dans l'article de 1975.

Il est également possible de s'interroger sur les causes d'un revirement aussi rapide de sa compréhension du sujet: l'article de 1975 a-t-il provoqué une hausse importante du nombre des demandes de divorce? Ce qui est certain, c'est que la Watch Tower n'a plus voulu en porter la responsabilité et que, comme lors de ses nombreux errements doctrinaux, à aucun moment elle n'a reconnu explicitement son erreur, ni ne s'est excusée auprès de ses fidèles.

Témoignage de Raymond Franz

Raymond Franz, ancien membre du Collège Central, témoigna des évènements liés à cette période, dans son livre Crise de conscience, p 52 à 60:

« La décision du Collège Central en 1972[5] conduisit à un nombre impressionnant "d'auditions judiciaires", car les anciens donnaient suite à tous les rapports ou confessions de pratiques sexuelles en question. Les femmes vécurent des moments embarrassants et difficiles au cours de ces auditions où elles devaient répondre aux questions des anciens sur les relations intimes dans leur couple. Nombre de ménages où l'un des conjoints n'était pas Témoin connurent une période turbulente, le conjoint non-Témoin s'opposant énergiquement à ce qu'il ou elle considérait comme une intrusion injustifiée dans leur intimité. Certains mariages furent brisés et finirent par un divorce. »
« Dans un mémorandum au Collège Central, daté du 9 août 1976, un membre de l'équipe du siège mondial affecté à la correspondance déclara: "Maints et maints problèmes ont surgi à cause de la décision prise, le plus souvent quand le mari est incroyant [c'est-à-dire non-Témoin]. Les femmes n'ont pas permis à leur mari de les stimuler de cette façon ou ont refusé de stimuler leur mari de cette façon". Résultat: des mariages brisés. »
« Pendant une période de cinq ans, nous reçûmes un volume de courrier sans précédent, la plupart questionnant où dans la Bible, se trouvait ce qui pouvait bien autoriser les membres du Collège Central à s'ingérer dans la vie privée des autres, et exprimant l'impossibilité de discerner la validité des arguments avancés dans la littérature pour soutenir une telle position. (...) D'autres lettres, écrites principalement par des femmes mariées, exprimaient simplement la confusion et l'angoisse qu'elles ressentaient, car elles étaient incertaines si leurs "préludes sexuels" étaient convenables ou non. (...) Finalement, lorsque cinq ans plus tard, le sujet revint à l'ordre du jour, la politique d'exclusion fut supprimée et le Collège Central cessa de s'ingérer dans ce domaine intime de la vie des autres. (...) Je savais que, quoiqu'on puisse dire, rien ne pourrait jamais compenser ou réparer les dégâts causés par la gêne, le désarroi mental, la détresse émotionnelle, les tourments de culpabilité et les mariages brisés, causés par la décision antérieure (...) Rien de tout cela n'aurait dû arriver. »

L'historien Bernard Blandre résume tout ce changement de politique de la part de la Watch Tower sur le sujet: "Ainsi achevée, l'affaire avait laissé des traces: brouilles familiales et divorces, perte de crédibilité des dirigeants et accusations d'intrusion dans la vie privée des couples provoquèrent une dégradation de l'ensemble."[6]

Motifs de séparation

Dans les années 1970 à 1980

Les motifs de séparation dans les années 1970 furent expliqués dans les Tour de Garde du 1er octobre 1970, pages 581-85, et du 15 juin 1983, pages 27-31.

Tout faire pour éviter la séparation

L'adultère reste le seul motif pour lequel le divorce et le remariage sont autorisés. En ce qui concerne la séparation quand l'adultère n'a pas été commis, la Société Watch Tower expliqua que si la Bible reconnaît que les couples ne resteraient pas tous unis, elle ordonna aux TJ de faire tout leur possible pour régler les désaccords susceptibles de surgir dans leur couple et de les séparer (I Corinthiens 7:10-11). Tout doit être fait pour éviter la séparation et le divorce. Deux cas de figure se présentent:

  • Si les deux époux sont TJ: La Watch Tower estima qu'il ne devrait surgir aucun problème dans un tel couple, qui ne puisse se résoudre en mettant en application "la sagesse divine et en manifestant un amour véritable l'un envers l'autre". Au besoin, en cas de différends graves, le couple jéhoviste peut consulter des "surveillants murs" pour recevoir l'aide dont il a besoin grâce à des conseils tirés des publications de l'organisation.
  • Si l'un des conjoint n'est pas TJ: En citant I Corinthiens 7:12-15, la Watch Tower expliqua que les Écritures insistaient avant tout sur le fait que les liens du mariage ne doivent pas être brisés. Toutefois, si la rupture était envisagée, le Témoin ne devait pas être celui qui la demandait. Par contre, si c'est le conjoint non-Témoin qui désirait la séparation, le Témoin ne devait pas s'y opposer.

Avantages à rester avec son conjoint malgré les difficultés

Pour la Watch Tower, tout doit être mis en œuvre pour sauver le mariage et il existe plusieurs avantages à rester avec son conjoint, même non-croyant, malgré les difficultés:

  • Le TJ a la possibilité, par son attitude, d'amener son conjoint à devenir TJ. Par exemple, si le conjoint non-croyant est un ivrogne, fait subir des sévices à son épouse TJ ou tient des "propos outrageants contre Dieu et sa Parole", celle-ci doit pouvoir cultiver "le respect pour la fonction ou la position occupée par son mari en tant que chef de famille", essayer de découvrir les nouveaux aspects agréables de sa personnalité, "continuer de cultiver l'amour et le respect pour les traits de son caractère qui lui avaient plu et qui subsistent encore", "faire quelque chose pour mettre en valeur ses qualités et minimiser l'importance de ses faiblesse". Selon la Watch Tower, en cultivant l'endurance et en restant "chastes avec un profond respect" malgré les sévices que leur mari leurs infligeait, des femmes témoin de Jéhovah ont finit par gagner celui-ci au mouvement.
  • Si la séparation est envisagée pour un autre motif que l'adultère, l'adepte ne sera pas libre de se remarier même s'il obtient le divorce. Cette situation pourrait l'amener à succomber à la passion en commettant un acte immoral.
  • Pour le bien-être affectif et matériel des enfants, il peut être préférable de ne pas se séparer.

En cas se situation extrêmement critique

Toutefois, si la situation devient "extrêmement critique", si les "mauvais traitements deviennent insoutenables ou s'il y a vraiment danger de mort", le conjoint TJ peut préférer la séparation, mais cette mesure ne doit être envisagée qu'en dernier ressort, après avoir épuisé tous les moyens pour essayer d'améliorer la situation.

Des années 1990 à aujourd'hui

Dans les publications plus récentes, telles Le secret du bonheur familial, 1996, chapitre 13, pages 160-161, et La Tour de Garde du 1er novembre 1988, pages 20 à 25, la Société Watch Tower expliqua que certaines situations pouvaient justifier la séparation ou même le divorce légal d'avec son conjoint, sans qu'il ait commis la "fornication", mais dans ce cas, le conjoint Témoin de Jéhovah n'était pas libre de fréquenter une tierce personne dans l'intention de se remarier, car si la Bible tolère ce genre de séparation, elle stipule que quelqu'un qui quitte son conjoint devrait "rester sans se marier ou bien se réconcilier" (1 Corinthiens 7:11 ). Selon la Watch Tower, si la plupart les problèmes qui surgissaient dans les mariages jéhovistes sont résolus, elle admit que ce n'était pas toujours le cas, certaines unions atteignant le point de rupture, "les humains étant imparfaits et vivant dans un monde pécheur et soumis au pouvoir de Satan" (1 Jean 5:19).

Voici les situations extrêmes qui, selon les publications des Témoins de Jéhovah, peuvent rendre une séparation souhaitable :

  • Le refus de pourvoir aux besoins des siens

Si l'un des conjoints dilapide les revenus de la famille dans le jeu, la drogue ou l'alcool, l'autre conjoint peut alors demander une séparation légale pour se protéger, ainsi que ses enfants. Quand c'est un Témoin de Jéhovah qui est accusé d'agir ainsi, les anciens examinent la question. Un refus opiniâtre de pourvoir aux besoins de sa famille peut entraîner l’exclusion.

  • Des violences physiques graves

L'un des conjoints est extrêmement violent envers l'autre, l'ayant peut-être battu à plusieurs reprises, au point que sa santé ou même sa vie soient en danger. Là encore, les anciens de la congrégation examinent les accusations de violence lorsque le mariage mis en péril est celui de deux Témoins de Jéhovah et ils devront peut-être prendre une mesure d'exclusion.

  • Une grave menace sur la "spiritualité"

L'un des conjoints essaie de forcer l'autre à enfreindre les "lois de Dieu" — c'est-à-dire celle de l'organisation — de façon permanente ou s'oppose à la pratique du culte jéhoviste, le conjoint menacé peut envisager une séparation, surtout si la situation est telle que sa vie spirituelle est en péril.Le livre Demeurez dans l'amour de Dieu, 2008, pages 220-21, déclara sous le sous-titre "Le point de vue biblique sur le divorce et la séparation":

« Incontestable mise en danger de la spiritualité. Il peut arriver qu'un conjoint essaie en permanence d'empêcher l'autre de pratiquer le vrai culte ou cherche même, dans un domaine quelconque, à le forcer à enfreindre les commandements divins. Dans un tel cas, le conjoint menacé pourrait être amené à décider si le seul moyen pour lui de continuer à "obéir à Dieu, en sa qualité de chef, plutôt qu'aux hommes" ne consisterait pas à demander une séparation judiciaire. — Actes 5:29 »

Dans ce genre de situations, les écrits jéhovistes déconseillent aux membres de la congrégation de critiquer la décision du Témoin se séparer de son conjoint, mais expliquent que nul ne doit insister pour qu'il/elle se sépare ou reste avec lui/elle. Des amis et des anciens peuvent offrir leur aide et des conseils fondés sur les publications de l'organisation, mais comme ils ne connaissent pas en détail tout ce qui se passe dans le couple, c'est au conjoint "innocent" de prendre la décision qui lui semble la plus judicieuse au regard de la situation, tout en ayant conscience qu'il aura des comptes à rendre à Dieu. Ceci est autant valable pour le mari que pour l'épouse Témoin de Jéhovah qui souhaite obtenir une séparation.

Garde des enfants

Voir article détaillé Garde d'enfant

Dans ses publications et ses documents internes, la Société Watch Tower explique les raisons qu'a le parent adepte de demander la garde de ses enfants, définit la conduite à adopter à l'égard de l'ex-conjoint et donne des conseils pour préparer l'enfant à rencontrer son parent "apostat". Ces situations de garde d'enfants engendrent fréquemment des controverses de nature religieuse ainsi que des actions en justice.

Voir aussi

Références

  1. Arrowup.png WTBTS (1997) (français), Réveillez-vous!, 8 septembre 1997, p. 10
  2. Arrowup.png Kosmin, Barry A.; Mayer, Egpn; Keysar, Ariela American Religious Survey 2001, The Graduate Center of the University of New York, format pdf, p. 28. Consulté le 21 janvier 2011
  3. Arrowup.png JWfacts (anglais) "Divorce rate of Jehovah's Witnesses". Consulté le 23 janvier 2011
  4. Arrowup.png Blandre, Bernard (1987), Les Témoins de Jéhovah, un siècle d'histoire, Paris: Desclée de Brouwer, p. 99 (ISBN 978-2-2200-2640-4)
  5. Arrowup.png Note: La Tour de Garde, 1er mars 1973, pp. 158-160 (éd. angl. du 1er décembre 1972, pp. 734-736); 15 février 1973, pp. 127, 128 (éd. angl. du 15 novembre 1972, pp. 703, 704)
  6. Arrowup.png Blandre, Bernard (1987), Les Témoins de Jéhovah, un siècle d'histoire, Paris: Desclée de Brouwer, p. 99 (ISBN 978-2-2200-2640-4)