Grande Pyramide de Gizeh

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Grande Pyramide de Gizeh

La pyramide de Khéops ou Grande Pyramide de Gizeh est un monument construit par les Égyptiens de l'Antiquité, formant une pyramide à base carrée de 137 m de hauteur. Tombeau du pharaon Khéops, elle fut édifiée il y a plus de 4 500 ans, sous la IVe dynastie, au centre d'un vaste complexe funéraire se situant à Gizeh en Égypte. Elle est la seule des sept merveilles du monde de l'Antiquité à avoir survécu jusqu'à nos jours et est également la plus ancienne. Or, se faisant l'écho de certaines théories alors en vogue, Charles Taze Russell, le fondateur de la Société Watch Tower, s'intéressa de près à ce monument, croyant qu'il avait été construit sous la direction de Dieu et que ses mesures contenaient des messages prophétiques corroborant la Bible. Cet enseignement resta en vigueur jusqu'en 1928, date à laquelle Joseph Rutherford fit volte face sur cette question doctrinale.

Naissance des théories

John Edgar prenant des mesures dans la pyramide en 1909

Au XIXè siècle, des théories sur la pyramidologie virent le jour à la marge de la science naissante que devenait l'égyptologie. John Taylor publia en 1859 l'ouvrage The Great Pyramid: Why Was It Built? And Who Built It? dans lequel il proposait l'idée que la Grande Pyramide de Gizeh aurait été construite par un architecte israélite sous la direction divine. Cette théorie avait comme toile de fond la controverse de l'époque sur les standards de mesures internationaux, entre le pied et le miles "anglais", contre le mètre "français", Taylor voyant dans la Grande Pyramide une confirmation que les mesures anglaises étaient d'inspiration divine, théorie développée plus en détail dans sa brochure de 1864 The Battle of the Standards (of Linear Measure): The Ancient of Four Thousands Years Against the Modern of Last Fifty Years - The Less Perfect of the Two. De même, l'astronome et professeur écossais Charles Piazzi Smyth, ayant prit connaissance de l'ouvrage de Taylor et étant convaincu, fit le voyage en Égypte en 1865, pour mesurer plus exactement la Grande Pyramide, car la théorie de Taylor n'était basée que sur des mesures de seconde main, parfois même simplement déduites, à la suite de ce voyage, il produisit plusieurs livres sur le sujet — Our Inheritance in the Great Pyramid (1864) qui supporta quatre différentes révisions (1874,1877 et 1880), Life and Work at the Great Pyramid (1867) and On the Antiquity of Intellectual Man (1868).[1]

Ces théories ne furent pas reconnues par les égyptologues de l'époque, comme s'en plaignit amèrement Smyth dans sa préface de l'édition de 1880 dans laquelle il y déclara notamment que "l'archéologie académique ne les a pas acceptées" (page vii); il en imputa la raison au fait que les "savants des hiéroglyphes, ceux qu'on appelle les égyptologues, qui sont ainsi excessivement instruits dans leur (l'italique est dans l'original) façon savante se rapportant aux restes égyptiens d'un temps plus récent, n'ont jamais cherché à examiner la plus ancienne et plus parfaite, Grande Pyramide, de la manière mécanique et scientifique requise" (page viii et ix de la préface).

Robert Menzies, un lecteur écossais des travaux de Smyth, lui écrivit en 1865, pour lui présenter l'idée que les mesures des passages de la Grande Pyramide avaient un caractère biblique, et représentaient une sorte de calendrier de l'histoire humaine, particulièrement la Grande Galerie, se rapportant à la période chrétienne, idée que Smyth accueilli avec enthousiasme.[2]

Implication de Russell

Néanmoins, inspirés par ces théories, Nelson Barbour et Russell ont tous deux enseigné que la Grande Pyramide de Gizeh contenait des mesures prophétiques, lesquelles ont abouti à la découverte de dates telles que 1874 et 1914.[3] Russell se fondait sur des passages bibliques tels qu'Isaïe 19:19,20 pour justifier cette interprétation, et a ainsi considéré les divers sections du monument comme étant des symboles de la chute de l'homme, de la constitution de la Loi mosaïque, de la mort du Christ, et de la résurrection des oints aux cieux. Dès déclarations favorables à cette pyramide comme instrument divin commencèrent à paraître dès La Tour de Garde de 1881.

Russell considéra cette Grande Pyramide comme le Témoin en pierre et le Prophète de Dieu. Smyth a d'ailleurs réexaminé le chapitre relatif à la Grande Pyramide dans le livre de Russell Que ton Royaume vienne avant sa publication, et Russell attribua à Smyth ainsi qu'à l'auteur écossais Robert Menzies le point de vue selon lequel la Grande Pyramide était un 'Témoin' de Jéhovah, et que celle-ci est aussi importante pour comprendre la vérité biblique que la science naturelle.[4][5]

Russell fit d'ailleurs deux voyages en Égypte afin de visiter la pyramide: en 1892 et en 1910 (ce qui signifie qu'il n'avait pas encore vérifié par lui-même le caractère "divin" de la pyramide lorsqu'il avait écrit dans Que ton Royaume vienne, en 1891).

Constructeur et emplacement

Russell mesurant la Grande Pyramide

Après avoir fait paraître une lettre de Smyth dans la préface de son livre Que ton Royaume vienne, Russell s'attarda longuement sur la pyramide dans le chapitre qui lui était consacré, lui attribuant toutes les qualités possibles et la qualifiant de "construction la plus remarquable du monde". Il expliqua que cette pyramide recouvrait un espace de treize acres (5,2607 ha environ), que sa hauteur était de 486 pieds (148 m) et le côté de sa base mesurait 764 pieds (232,9 m), le tout représentant un poids de six millions de tonnes.[4]

Quant à savoir qui avait construit la pyramide, Russell expliqua qu'il "fallait plus que la sagesse humaine" et constata qu'elle ne contenait "ni sarcophages, ni momies, ni inscriptions" afin que les humains ne découvrent rien avant le "temps de la fin". Il rapporta que Smyth avait estimé sa date de construction à -2170 grâce des observations astronomiques impliquant notamment l'étoile Alpha du Dragon et la constellation des Pléiades, ce qui fait dire à Russell: "Une coïncidence si merveilleuse (...), car, l'étoile Alpha du Dragon n'est rien moins qu'un symbole du péché et de Satan, et les Pléiades un symbole de Dieu et du centre de l'univers. La Grande Pyramide indique ainsi que son Architecte connaissait la prépondérance du mal". Russell suggéra que le monument a pu être construit par le roi-prêtre Melchisédek, mentionné dans l'Ancien Testament, et identifiant les habitants de Salem aux Hyksos;[4] toutefois, sous la présidence de Rutherford, le livre The Way to Paradise, publié en 1924, déclara qu'il était "assez probable que Sem, le fils de Noé", ait construit la pyramide.[6]

Suivant les découvertes de l'ingénieur hydrographe Henry Mitchell qui avait conclut que la pyramide "occup[ait] une situation physique plus importante que toute autre construction érigée par l'homme", Russell estimait aussi qu'il y avait "une relation géographique remarquable entre la position de ce monument et le delta du Nil; ce dernier est limité au nord par la mer, il a la forme d'un quart de cercle ayant pour centre la Grande Pyramide". Il considérait aussi qu'"elle est située au centre géographique de la surface des continents".[4]

Ce que la pyramide révélerait

Plan de rédemption de Dieu

Pour Russell, la pierre angulaire du sommet, qu'il supposait avoir été méprisée par les constructeurs de la pyramide — ne sachant pas s'ils pourraient s'en servir du fait de ses cinq faces, ses cinq sommets et ses seize angles —, aurait représenté le Chef de l'église, Jésus, versets bibliques à l'appui (Esaïe 28:16; Zacharie 4:7; Job 38:6,7; Psaume 118:22-24; Matthieu 21:42,44; Actes 4:11). La forme extérieure de la Pyramide aurait représenté "la perfection et la plénitude (...) du plan de Dieu", car les autres pierres, "parfaitement disposées à leurs places respectives" et cimentées ensemble, auraient été le symbole de "l'administration de la plénitude des temps" dont le but serait de réunir l'humanité en une seule famille dont tous les membres seraient reliés par l'amour avec Christ à leur tête.[4]

Selon Russell, l'intérieur avait, bien sûr, lui aussi une signification; par exemple, les différentes pièces ou segments constituaient, en fonction de leur apparence (caractère descendant ou ascendant, matériau, superficie, hauteur, etc), des symboles de l'un des aspects du plan de rédemption prévu par Dieu. Voici quelques exemples:

Partie de la pyramide Caractéristiques Ce qu'il est censé représenter
Passage d'entrée Incliné et bas Chute actuelle de l'humanité vers la destruction
Chambre souterraine Petite pièce faite dans le roc Mauvais résultats du salaire du péché
Premier passage ascendant Petit, bas et difficile à gravir Dispensation de la Loi et la nation d'Israël après la sortie d'Égypte
Grande galerie Grand vestibule élégant et haut Période de l'appel de l'Évangile
Puits
  • 33 pouces de la Grande Galerie au Puits => l'âge du Christ à sa mort
  • Aspect comme celle d'une explosion => Jésus a ouvert l'accès à la vie
  • Seul chemin pour accéder aux passages supérieurs => foi en Jésus indispensable au salut
Mort, ensevelissement et résurrection de Jésus
Passage descendant Mène à la Chambre souterraine Chemin emprunté par la majorité des humains dirigés par le Diable

Plan des Âges (dates)

Plan de la pyramide paru dans Convention Souvenir Report de 1911

Des dates prophétiques dérivées des mesures intérieures de ce monument ont été perçues comme étant complémentaires aux interprétations bibliques. En 1914, Russell parla de la Grande Pyramide dans le Photo-Drame de la Création.[7] Suivant les souhaits de Russell, une reproduction d'une pyramide de sept pieds de hauteur a été érigée à son cimetière à Pittsburgh, en Pennsylvanie.[8][9]

Les interprétations de Russell par rapport à la Grande Pyramide ont été soutenues par les auteurs John et Morton Edgar qui étaient des membres prééminents de son mouvement.[10] Plusieurs Tour de Garde (anglais)[11] firent de la publicité pour Great Pyramid Passages and Chambers des Edgar. Les recherches de ces derniers sur la Grande Pyramide ont été publiées dans plusieurs Tour de Garde.[12] John Edgar a été nommé pour faire partie du Comité d'édition du magazine La Tour de Garde dans le numéro du 1er décembre 1916, p. 5999, mais il est mort avant Russell. Les recherches de Morton Edgar ont été publiées dans plusieurs numéros de périodiques des Étudiants de la Bible.[13][14] L'année 1874 a été trouvée par une mesure de 3 416 pouces (86,76 m) de pyramide[15], puis la mesure a été révisée en 1910 à 3 457 pouces (87,81 m),[16][17] ce qui donna la date de 1915. Les Edgar ont attribué les précédentes mesures et dates à des erreurs faites par Smyth.[18]

Au début des années 1920, les prédictions trouvées grâce à la Pyramide pour 1914 ont été réinterprétées pour signifier que le "vieil ordre [de choses] mauvais a commencé à mourir en 1914".[19][20] Un article de William Van Amburgh contenu dans le magazine L'Âge d'Or qualifia la Grande Pyramide comme étant la "Bible scientifique", et ajouta que les mesures sur la Grande Galerie à l'intérieur de la Pyramide avaient confirmé les dates de 1874, 1914 et 1925.[21]

Changements de longueur et de date suivant les éditions du livre Que ton Royaume vienne
Que ton Royaume vienne, édition de 1891, p. 342 Que ton Royaume vienne, édition de 1911, p. 342
"We find it to be 3416 inches, symbolizing 3416 years from the above date, B.C. 1542. This calculation shows A.D. 1874 as marking the beginning of the period of trouble; for 1542 years B.C. plus 1874 years A.D. equals 3416 years. Thus the Pyramid witnesses that the close of 1874 was the chronological beginning of the time of trouble such as was not since there was a nation-no, not ever shall be afterward."
Thy-kingdom-come-1891-p342.jpg
"We find it to be 3457 inches, symbolizing 3457 years from the above date, B.C. 1542. This calculation shows A.D. 1915 as marking the beginning of the period of trouble; for 1542 years B.C. plus 1915 years A.D. equals 3457 years. Thus the Pyramid witnesses that the close of 1914 will be the beginning of the time of trouble such as was not since there was a nation-no, not ever shall be afterward."
Thy-kingdom-come-1911-p342.jpg

Rejet dès 1928

L'idée que cette Grande Pyramide ait contenu un modèle prophétique de la chronologie biblique a été maintenue jusqu'en 1928. Cette année-là, Joseph Rutherford écrit dans La Tour de Garde que ce monument avait été construit "sous la direction de Satan le Diable". Le dernière référence favorable à la pyramide figura dans La Tour de Garde (anglais), 15 avril 1928, p. 125, et la première explicitement défavorable figura pour la première fois dans La Tour de Garde (anglais), 15 novembre 1928, p. 341. Pourtant, les Études dans les Écritures qui comportaient des passages en faveur de l'ancienne doctrine sur le sujet et/ou comportant des publicités en faveur de livres sur l'étude de la pyramide produits par des auteurs extérieurs au mouvement, ont continué à être vendus jusqu'en 1944, faisant ainsi la promotion d'une théorie que le mouvement lui-même qualifiait de "démoniaque".[22]

L'évocation de cette doctrine est plutôt rare dans les publications actuelles, et lorsque c'est le cas, celles-ci ne s'attardent pas sur l'importance capitale que cette croyance occupait dans la théologie du mouvement jusqu'en 1928.

Dans les écrits de la Watch Tower

Publication et date Contenu + commentaire
À étudier, œuvre de Dieu
La Tour de Garde (anglais), mai 1881, R224,225 La pyramide "semble à tous égards être en parfait accord avec le plan de Dieu que nous trouvons écrit dans Sa Parole, (...) [elle] corrobore l'Écriture".

=> Comment un accord si "parfait" peut-il être ensuite dénié? Soit il ne l'était pas tant que ça, et La Tour de Garde exagère grandement, soit le rejet ultérieur de la pyramide par le mouvement est fautif.

La Tour de Garde (anglais), mars 1885, R737 "Si frappants et clairs sont ses enseignements [ceux de la pyramide] que quelque-uns parmi les astronomes les plus proéminents du monde n'ont pas hésité à la prononcer comme étant d'origine Divine."

=> La position sociale élevée dans le "monde" de certaines personnes est soudainement mise en avant comme faisant autorité quand cela peut apporter de l'eau au moulin des théories de la Watch Tower.

Que ton Royaume vienne, 1891, chapitre 10, "Le Témoignage Divin du témoin et prophète de pierre, la Grande Pyramide d'Égypte"[4] "La Grande Pyramide est certainement à tous points de vue, la construction la plus remarquable du monde, est devenue l'objet d'un intérêt grandissant pour chaque chrétien avancé dans l'étude de la Parole de Dieu; car elle semble nous donner d'une façon remarquable, et d'accord avec tous les prophètes, un aperçu du plan de Dieu. (...) Il a été également démontré qu'à l'inverse de la Grande Pyramide, [les autres pyramides] ne contiennent aucun détail symbolique.

(...)

"[Elle est] un précieux dépôt de vérités importantes — scientifiques, historiques et prophétiques — et son témoignage est en parfaite harmonie avec la Bible. (...) La plupart de ceux qui l'étudient soigneusement, remarquant l'harmonie de son témoignage avec celui de la Parole écrite, ne peuvent manquer d'avoir le sentiment que la construction de la Grande Pyramide fut projetée et dirigée par la même sagesse divine.

(...)

"Il est remarquable aussi que (...) cette pierre "témoin" ait gardé le silence jusqu'à maintenant (...). Mais les saints, les amis de Dieu auxquels le Père ne cachera rien, ont le privilège d'entendre ce témoignage actuellement.

"La Grande Pyramide est, croyons-nous, le principal de ces "signes et prodiges" mêmes. [Jérémie 32:20] (...) Les questions et les déclarations que l'Éternel adresse à Job (Job 38:3-7) au sujet de la terre, s’éclairent d'une façon remarquable par la Grande Pyramide, que l'on croit être par sa structure et par ses dimensions une représentation de la terre et du Plan de Dieu qui s'y rapporte. (...) Cet antique édifice auquel il est fait allusion à maintes reprises dans les Écritures nous donne la certitude que si ce "témoin" de l'Éternel dans le pays d’Égypte est interrogé, il rendra un témoignage tout à l'honneur de Jéhovah et confirmera en tous points sa Parole écrite. Nous avons ainsi voulu présenter ce "témoin", parce que l’inspiration de son témoignage sera sans doute aussi contestée que celle des Écritures par le prince des ténèbres, le dieu de ce monde, et par ceux qu'il a aveuglés afin qu'ils ne vissent pas la vérité."

La Tour de Garde (anglais), 1er juin 1910, R4621 La pyramide est considérée comme le "Grand Témoin du Seigneur des armées".
La Tour de Garde (anglais), 15 mars 1911, R4790 "[Le chapitre sur la pyramide dans Que ton Royaume vienne] montre que la Pyramide est en exacte harmonie avec la Bible. En effet, certains, après avoir lui cet ouvrage , ont fait référence à la Grande Pyramide comme étant la 'Bible dans la pierre'."
Le Mystère Accompli, 1917, p. 60 "Mroton Edgar, auteur de Pyramid Passages, a trouvé dans la Grande Pyramide d'Égypte des preuves abondantes de l'exactitude de la chronologie biblique du Pasteur Russell."
L'Âge d'Or (anglais), 19 janvier 1921, pp. 232-37 Joseph Franklin Rutherford y relata sa visite à la Grande Pyramide. Reprenant l'historique et les croyances des Étudiants de la Bible de l'époque à ce sujet, il ajouta en ce qui concernait les autres édifices autour de la Grande Pyramide: "Les preuves semblent concluantes que ce Temple, le Sphinx, et la pyramide qui leur est liée par un passage souterrain, ainsi que toutes les pyramides autour, en dehors de la Grande Pyramide, ont été construits sous la direction de Satan dans le but spécifique de détourner l'esprit des gens des leçons enseignées par le 'témoin du Seigneur' et de les rendre aveugles aux desseins de Dieu."
La Tour de Garde (anglais), 15 juin 1922, p. 187[23] "Dans les passages de la Grande Pyramide de Gizeh, l'accord d'un ou de deux mesures avec la présente chronologie de la vérité pourrait être accidentel, mais la correspondance de douzaines de mesures prouve que le même Dieu a élaboré à la fois la pyramide et le plan."

=> Puisque c'est finalement Satan qui, selon la Watch Tower, fut le constructeur de la pyramide, il faut en déduire que la "vérité" que l'organisation transmet provient également du Diable suivant cette citation.

L'Âge d'Or (anglais), 14 mars 1923, p. 356 Jéhovah est présenté comme ayant soutenu la construction de la Pyramide.
La Tour de Garde (anglais), 15 mai 1925, p. 148[23] La Grande Pyramide d'Égypte, se tenant debout comme un témoin silencieux et inanimé du Seigneur, est un messager; et son témoignage parle avec grande éloquence au sujet du plan divin."
À rejeter, œuvre de Satan
La Tour de Garde (anglais), 15 novembre 1928, p. 344[23] "Il est plus raisonnable de conclure que la Grande Pyramide de Gizeh, aussi bien que les autres pyramides (...) ont été construites (...) sous la direction de Satan le Diable. (...) [À propos de] ceux qui se sont dévoués eux-mêmes à la pyramide, (...) leur esprit est détourné de Jéhovah et de sa Parole."

=> Donc, durant toute sa vie, Russell était "détourné de Jéhovah et de sa Parole" puisqu'il cherchait des calculs prophétiques dans la pyramide. Comment pouvait-il avoir l'approbation de Dieu?

Plusieurs publications entre 1935 et 1956 Le fait de croire dans la pyramide est présenté comme "une absurdité, et même pire qu'une absurdité",[24] une "complication" supprimée des voies du peuple de Dieu,[25] une "illusion",[26] une "philosophie humaine",[27] un "monument de démonisme" glorifiant des croyances non bibliques,[28] une "manifestation de la religion du Diable".[29]

=> Alors que les faits relatifs à la pyramide étaient sensiblement les mêmes que ceux de l'époque de Russell, Rutherford exprime désormais tout le contraire, dans des propos dénonciateurs aussi durs qu'ils étaient élogieux et catégoriques avant 1928. Ainsi, on peut constater combien il est très facile pour Rutherford, alors président de la Watch Tower, d'abandonner une doctrine qui fut en vigueur pendant près de cinq décennies.

Les Témoins de Jéhovah: Prédicateurs du Royaume de Dieu, 1993, p. 201 "Pendant 35 ans, le pasteur Russell a pensé que la Grande Pyramide de Guizèh était un témoin de pierre pour Dieu, qui corroborait les périodes bibliques (És. 19:19). Mais les Témoins de Jéhovah ont renoncé à l'idée qu'une pyramide égyptienne ait quelque chose à voir avec le vrai culte."

=> Une seule petite phrase aussi brève dans un livre apologétique peut-elle réellement faire prendre conscience au Témoin actuel de l'importance que revêtait cet enseignement à l'époque, et donc de l'ampleur de l'erreur des enseignements du passé? De surcroît, même si la citation ne mentionne que Russell, Rutherford a enseigné la même doctrine pendant 12 années de plus.

La Tour de Garde, 1er janvier 2000, p. 10, § 16,17 Dans [l'un des livres de Russell], "il y avait une carte qui établissait un parallèle entre les âges de l'histoire humaine et la grande pyramide d'Égypte. À l’époque, on pensait que ce mémorial du pharaon Khoufou (Kheops) correspondait à la colonne mentionnée en Isaïe 19:19, 20 (...) Selon la compréhension qu'on avait alors, on croyait par exemple que la longueur de certaines galeries de la grande pyramide indiquait le moment où commencerait la "grande tribulation" de Matthieu 24:21. Des Étudiants de la Bible se sont mis en tête de mesurer différents éléments de la pyramide dans le but d’en déduire certains renseignements. Pendant plusieurs dizaines d'années, on a accordé un grand crédit à cette 'Bible de pierre', jusqu'à ce que les numéros des 15 novembre et 1er décembre 1928 de La Tour de Garde (édition anglaise) expliquent noir sur blanc que Jéhovah n'a pas besoin d'un monument construit par des pharaons païens (...). On a alors fait de la prophétie d'Isaïe une application d'ordre spirituel."

=> On remarque que cet enseignement est présenté non comme une simple croyance, alors que c'était à l'époque une certitude présentée comme une vérité indiscutable, soi-disant corroborée par tous les faits et présentée à de maintes reprises dans les publications. De plus, on peut relever l'utilisation de pronoms et adjectifs indéfinis ("on", "des"), alors que les personnes qui faisaient la promotion de cet enseignement au sein du mouvement étaient en réalité les deux premiers présidents (Russell, toute sa vie, et Rutherford jusqu'en 1928).

De plus, on peut noter que, loin de s'excuser pour les erreurs du passé, le mouvement fait paraître ce compte-rendu sous le sous-titre "Une purification progressive" et fait suivre ces deux paragraphes du commentaire suivant: "Au fil des années, Jéhovah continue d'affiner notre intelligence de la vérité, notamment dans le domaine prophétique". Autrement dit, cette reconnaissance d'une ancienne doctrine erronée est exprimée ici uniquement parce qu'elle est s'inscrit dans une volonté de justifier le dogme de l'organisation concernant une compréhension progressive de la Bible (Proverbes 4:18 est d'ailleurs cité juste après). Il ne s'agit donc pas d'un aveu, mais d'un rapport qui, bien au contraire, est censé prouver que le mouvement bénéficie d'un accroissement de vérité au fil du temps, et donc de la faveur divine.

Ressources sur le sujet

Références

  1. Arrowup.png Gruss, 2007, p. 209
  2. Arrowup.png Seiss, Joseiph A. (1877) (anglais), The Great Pyramid: A miracle in Stone, SteinerBooks, p. 129
  3. Arrowup.png Herald of the Morning (anglais), janvier 1876
  4. 4,0, 4,1, 4,2, 4,3, 4,4 et 4,5 Russell, 1891
  5. Arrowup.png Seiss, Joseph (anglais), A Miracle in Stone
  6. Arrowup.png Van Amburgh, William E. (1924) (anglais), The Way to Paradise, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 156
  7. Arrowup.png Vidéo de Russell discutant de la Grande Pyramide (anglais), freeminds.org
  8. Arrowup.png 1919 Bible Student Convention Souvenir Booklet (anglais), pp. 6,7]
  9. Arrowup.png Photos de la pyramide érigée par Russell
  10. Arrowup.png Romer, John (2007) (anglais), The Great Pyramid: Ancient Egypt Revisited, Cambridge University Press, p. 55
  11. Arrowup.png 1er août 1910, p. 4658; 15 octobre 1913, p. 306, réédition p. 5336
  12. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 novembre 1904, p. 3459, 15 juin 1905, p. 3574 ; 1er juin 1910, p. 4621
  13. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 août 1923, pp. 253-4
  14. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 31 décembre 1924, pp. 209-11
  15. Arrowup.png Russell , Charles T. (1904) (anglais), Que ton Royaume vienne, p. 342
  16. Arrowup.png Russell , Charles T. (1910) (anglais), Que ton Royaume vienne, copyright 1891, édition 1910, p. 342
  17. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), novembre 1904, p. 326
  18. Arrowup.png La Tour de Garde, novembre 1904, p. 326, "The Great Pyramid Measurements"
  19. Arrowup.png Edgar (1924) (anglais), Great Pyramid Passages Volume II, p. 72
  20. Arrowup.png Edgar (1924) (anglais), The Great Pyramid: Its Symbolism, Science and Prophecy, p. 119
  21. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 31 décembre 1924, pp. 207,222
  22. Arrowup.png Gurss, 2007, p. 212
  23. 23,0, 23,1 et 23,2 Reed, David A. (2000, 7è éd.), Index of Watch Tower Errors, Barker Books House, Michigan: Grand Rapids, p. 114 (ISBN 978-0-8010-7756-2)
  24. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 13 mars 1935, p. 355, cité par Gruss, 2007, p. 212
  25. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 10 avril 1935, p. 445, cité par Gruss, 2007, p. 212
  26. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 1er mai 1935, p. 142, cité par Gruss, 2007, p. 212
  27. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 mai 1936, p. 153, cité par Gruss, 2007, p. 212
  28. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 novembre 1955, p. 697, cité par Gruss, 2007, p. 212
  29. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 mai 1956, p. 300, cité par Gruss, 2007, p. 212