Hayden Covington

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Hayden Covington
Naissance 19 janvier 1911
East Texas, comté de Hopkins, Texas
Décès 21 novembre 1978
Pomona, comté de Los Angeles, Californie
Nationalité Etats-Unis.jpg Américaine
Occupation avocat, directeur de la Société Watch Tower
Connu(e) pour avoir remporté de nombreuses victoires juridiques en faveur de la Société Watch Tower
Œuvres célèbres Defending and Legally Establishing the Good News
Procès célèbres nombreux (voir section "Affaires soutenues devant la Cour suprême)"
Conjoint Dorothy M. Senneth

Hayden Cooper Covington (19 janvier 1911, East Texas, comté de Hopkins, Texas - 21 novembre 1978, Pomona, comté de Los Angeles, Californie) fut le conseiller juridique de la Société Watch Tower durant l'une des périodes les plus difficiles de l'organisation dans le milieu du XXe siècle. Covington eut à son actif un grand nombre de victoires devant la Cour suprême des États-Unis, défendant dans de nombreuses affaires la liberté religieuse des Témoins de Jéhovah et contribuant ainsi grandement à l'affermissement légale de leurs droits dans différents domaines.

Jeunesse et famille

Covington est né en 1911 dans le comté de Hopkins, et grandit dans une ferme près de Dallas, au Texas. Son père était un Texas Ranger. Étudiant capable, il fréquenta l'école de droit de San Antonio et fut admis au Barreau du Texas en 1933.[1]

Le professeur Jerry Bergman expliqua que Covington vint à sa congrégation de Berkeley, Michigan, à plusieurs reprises, dans laquelle il était bien accueilli. C'était un homme très imposant, pas gros, mais grand. À cette époque, il avait quelques problèmes émotionnels, et Bergman l'aida à ce sujet. Lorsqu'il lui rendit visite, il remarqua que la famille vivait dans une petite maison de brique très bien entretenue dans la rue Nichols, dans un quartier de classe moyenne-inférieure à Cincinnati. Quand Covington arriva ce jour-là, il était éméché.[2]

Covington était marié à Dorothy M. Senneth depuis le 30 septembre 1949, mais après un certain nombre d'années, ils finirent par se séparer; le couple avait deux enfants: Lyne Lee et Lane Christian, nés à trois ans d'intervalle.[3] La fille était rousse, et une fois adulte, fit une école de droit. Après avoir quitté le Béthel, Dorothy éprouva de l'irritation en partie parce que son mari ne pouvait plus gagner sa vie. Beaucoup pensaient à tort qu'il avait alors son propre cabinet d'avocats locaux quand il a été excommunié en 1963. Elle a pris soin de la famille et travaillait à temps plein dans la salle de presse d'un journal de Cincinnati pendant plus de 20 ans, pendant que son mari buvait. Elle et la famille de ce dernier restèrent Témoins même pendant l'exclusion de celui-ci.[2]

Implication chez les Témoins

Alors qu’il était impliqué politiquement dans un bureau de greffier au Texas, Covington fut attiré par l'enseignement des Témoins de Jéhovah et impressionné par le dévouement et le caractère de ses membres, puis, tandis qu'il était dans le cabinet juridique Maryland Casualty Company à San Antonio, il défendit plusieurs d'entre eux devant les tribunaux du Texas avant de rejoindre officiellement le mouvement religieux.[4] Il connut leurs enseignements à travers les sermons du président Joseph Rutherford diffusés par la Société Watch Tower sur la station de radio KTSA à San Antonio. Il vint à l'assemblée tenue au Madison Square Garden à New York, où il y eu des affrontements entre les Témoins et les disciples du Père Charles Coughlin. Covington témoigna en faveur des Témoins pour prouver qu’ils n'avaient fait que se défendre.[4]

Les succès de Covington dans la défense des Témoins furent connus au siège de New York du mouvement, et il lui a été demandé par Rutherford de se joindre à lui dans la représentation légale de la Société dans une affaire présentée devant la Cour suprême américaine. Ensuite il a été invité à se joindre au personnel du siège de l'organisation comme conseiller général, ce qu'il fit le 21 août 1939, succédant ainsi à Olin Moyle.[5] En novembre 1941, il devint membre du barreau de New York.[1]

Lorsque Rutherford décéda en janvier 1942, Covington poursuivit sa politique de poursuites judiciaires agressives. Honorant les dernières volontés du président, Covington fut élu vice-président de la Société Watch Tower, succédant au président nouvellement élu, Nathan Knorr, bien qu'il soit alors Témoin de Jéhovah depuis 1934 seulement. Pendant la majeure partie de l'histoire du mouvement, la nomination au conseil d'administration de la Société Watch Tower était limitée à ceux qui professaient être de la classe ointe au sein du groupe. À ce jour, la seule exception à cette règle fut Covington qui ne professait pas l'espérance céleste. Un changement ultérieur de politique en la matière aboutit à la démission de Covington de la vice-présidence et son départ du conseil d'administration en 1945, tout en restant conseiller juridique du groupe.[6][7][8]

Dans les années suivantes, Covington en vint à être reconnu comme l'un des plus grands avocats dans le domaine des libertés civiles de l'histoire américaine. Entre 1939 et 1955, il plaida annuellement dans une cinquantaine d'affaires et en tout dans 41 affaires impliquant la Déclaration des droits devant la Cour suprême.[9] Durant son mandat à la tête du service juridique de la Société Watch Tower de 1939 à 1963, Covington aurait plaidé dans 111 affaires;[10] il remporta 85% des 44 affaires qu'il défendit devant la Cour, notamment en se basant sur les 1er et 14e amendements.[11][12] Les cas portaient sur des questions concernant l'obligation de saluer au drapeau, la prédication dans la rue, la distribution de la littérature religieuse dans le cadre du porte-à-porte, entre autres. Dans le cadre de ses fonctions, il aida l'avocat des Témoins au Canada, W. Glen How,[4] et visita un grand nombre de pays (notamment la Suisse, la Tchécoslovaquie, l’Espagne, la France et le Portugal) où il donna des discours lors d'assemblées dans les années 1940.

Covington rapporta que Knorr et lui eurent une rencontre avec le président Harry Truman le vendredi 6 septembre 1946, dans le but d'obtenir la grâce d'un Témoin qui avait été condamné pour s'être soustrait à la conscription. Covington affirma que Truman avait prétendu n'avoir aucun intérêt à défendre quelqu'un qui ne voulait pas mourir pour son pays en temps de guerre.[13] Finalement, le président fit gracier 136 Témoins de Jéhovah qui avaient été condamnés pour la même raison.[14] Plus tard, le 12 octobre 1951, il aurait accepté la publication des Témoins de Jéhovah What Has Religion Done for Mankind?[15]

En 1950, Covington écrivit pour la Watch Tower une brochure intitulée Defending and Legally Establishing the Good News qui parut lors d'une assemblée. Elle avait pour but de préparer les adeptes à de nouveaux procès judiciaires et pourrait être utilisée par les proclamateurs dans le cas où ils rencontreraient des problèmes avec la police dans le cadre de leur prédication.[16] Covington précisa par ailleurs que les Témoins étaient autorisés à se lever quand le juge entrait dans la salle et qu'ils pouvaient jurer de dire toute la vérité. Curieusement, il n'aborda pas dans cette brochure la question des transfusions sanguines.[17]

En 1954, il témoigna lors du procès Walsh tenu en Écosse, affirmant que tous les Témoins devaient obéir à la Société Watch Tower, quand bien même celle-ci avait tort, car l’unité du mouvement était plus importante que tout le reste.[18]

Finalement, après avoir démissionné de sa fonction de directeur du service juridique de la Société Watch Tower, il s'installa à Cincinnati, dans l'Ohio, et fut exclu en 1963. En 1967, il défendit le boxeur Muhammad Ali dans sa bataille juridique contre la conscription au cours de la guerre du Vietnam. Il fut réintégré très peu de temps avant sa mort en 1978, et eut donc un discours au Béthel en 1980; lors de celui-ci, Colin Quackenbush, son ami et éditeur de la revue Réveillez-vous!, prononça un éloge funèbre dans lequel il déclara que Covington était "un bourreau du travail plutôt qu’un alcoolique".[19]

L'ancienne Béthélite Barbara Anderson dit qu'elle reçut une copie du curriculum vitae de Covington et un certificat de décès provenant d'une Témoin de Californie nommée Jeannie Sears, qui avait été l'amie et une sorte de secrétaire de Covington pendant quelques années avant sa mort (ce document est en ligne sur son site). Le défunt mari de Jeannie avait été Béthelite et ami avec Covington quand ils étaient tous les deux au Béthel dans les années 1950. Or, Covington avait écrit ses mémoires peu avant sa mort et les avait partagées avec Jeannie. Elle dit à Anderson qu'elle avait été horrifiée quand elle avait lu ce qu'il a disait à propos de l'organisation et lui a dit de ne pas publier cela. Finalement, ses mémoires furent détruites sans qu'on sache ce qu'elles contenaient.[20]

Personnalité

Orateur éloquent, Covington était habillé élégamment. Mais sa personnalité était, pour un Témoin de haut rang, plutôt questionnable. En effet, il était fier, arrogant, et utilisait des arguments libertaires quand il plaidait.[9] Il valorisait davantage la franchise que le tact et pensait que la dignité de la Cour suprême n'était pas de rigueur dans la procédure judiciaire.[21] Il donna des avis positifs sur les juges qui étaient favorables aux Témoins, mais vilipenda très vivement les autres; par exemple il décrivit le juge Felix Frankfurter comme étant négatif, hostile, vicieux, hypocrite et ennemi.[13]

Il était atypique, plaidant une fois dans une affaire importante tout en portant un costume vert vif avec une cravate rouge à carreaux.[22]

Selon Bergman, il idolâtrait Rutherford et prit la défense de celui-ci en rapport avec les rumeurs d'infidélité à son sujet.[2] En revanche, il détestait Nathan Knorr, le président de l'époque, avec lequel il était en conflit[23] — situation qui était parfaitement connue par bon nombre de Témoins —[19] qu'il appelait un "cobra", expliquant: "Savez-vous ce qu'est un cobra fait? Ils vont se glisser derrière vous, et ils vous frappent violemment". Cela pourrait résulter des problèmes que Convington a rencontré quand Knorr devint président, d'autant que selon lui, il avait les votes pour devenir président, mais Knorr lui ravit cette position.[2]

Selon le professeur Jerry Bergman qui se base sur une conversation qu'il a eu en 1974 avec Covington, quand l'incident survint entre des Témoins et des catholiques en 1939 au Madison Square, Covington lui dit que Knorr aurait dû se battre contre les catholiques (que Covington appelait "les salauds") plutôt que de s'éclipser comme un "lâche". Covington aimait les luttes et utilisait des jurons, et c’est quand il devint moins utile à la Watch Tower qu'il sombra dans l'alcoolisme. Il en savait davantage sur la loi que sur la doctrine jéhoviste, et avait rejoint les Témoins parce qu’il aimait le militantisme.[2]

Quand Rutherford perdit dans le procès Minersville School District v. Gobitis en 1940, Covington déclara: "La raison pour laquelle [le procès] a été perdu n’était pas due à Rutherford, mais aux temps dans lesquels nous vivons". Un membre de la Cour suprême déclara un jour à son sujet: "Il peut ne pas avoir donné plus de discours que quiconque que j'ai entendu ici, mais il a fait plus de gymnastique".[21]

Il devint un alcoolique notoire,[9] et souffrit de maux de tête récurrents et d'un mal à l'oreille.[17]

Affaires soutenues devant la Cour suprême

  • Cantwell v. Connecticut, 310 U.S. 296 (1940)
  • Cox v. New Hampshire, 312 U.S. 569 (1941)
  • Chaplinsky v. New Hampshire, 315 U.S. 568 (1942)
  • West Virginia State Board of Education v. Barnette, 319 U.S. 624 (1943)
  • Jones v. City of Opelika, 319 U.S. 103 (1943)
  • Martin v. City of Struthers, 319 U.S. 141(1943)
  • Jamison v. State of Texas, 318 U.S. 413 (1943)
  • Murdock v. Pennsylvania, 319 U.S. 105 (1943)
  • Taylor v. State of Mississippi, 319 U.S. 583 (1943)
  • Largent v. Texas, 318 U.S. 418 (1943)
  • Follett v. Town of McCormick, 321 U.S. 573 (1944)
  • Marsh v. Alabama, 326 U.S. 501 (1946)
  • Tucker v. Texas, 326 U.S. 517 (1946)
  • Saia v. New York, 334 U.S. 558 (1948)
  • Niemotko v. Maryland, 340 U.S. 268 (1951)
  • Fowler v. Rhode Island, 345 U.S. 67 (1953)
  • Poulos v. New Hampshire, 345 U.S. 395 (1953)

Voir aussi

Ressources sur le sujet

Pages Internet
Enregistrements
Ouvrages
Documents divers

Références

  • Cet article contient du matériel figurant dans l'article anglais de Wikipédia "Hayden C. Covington", en date du 26 juin 2013.
  1. 1,0 et 1,1 WTBTS (1972), Les Témoins de Jéhovah dans les desseins divins, Watch Tower Bible and Tract Society, p. 197
  2. 2,0, 2,1, 2,2, 2,3 et 2,4 Bergman, 2004
  3. Arrowup.png 1977-78: Hayden Covington's Resume and Death Certificate, p. 1
  4. 4,0, 4,1 et 4,2 Vile, 2001, p. 135
  5. Arrowup.png Penton, 1997, p. 79
  6. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 1er novembre 1955, p. 650, "Education for the Theocratic Ministry Advanced"
  7. Arrowup.png WTBTS (1993), Les Témoins de Jéhovah: Prédicateurs du Royaume de Dieu, Watch Tower Bible and Tract Society, p. 91
  8. Arrowup.png La Tour de Garde, 15 janvier 2001, p. 28, "Ce qui distingue le Collège Central d'une entité juridique"
  9. 9,0, 9,1 et 9,2 Penton, 1997, p. 79
  10. Arrowup.png WTBTS (1993), Les Témoins de Jéhovah: Prédicateurs du Royaume de Dieu, Watch Tower Bible and Tract Society, p. 679
  11. Arrowup.png Vile, 2001, p. 134
  12. Arrowup.png Chryssides, George D. (2009) (anglais), The A to Z of Jehovah's Witnesses, Scarecrow Press, p. 36 (ISBN 978-0-8108-7054-3)
  13. 13,0 et 13,1 Vile, 2001, p. 138
  14. Arrowup.png WTBTS (1975), Annuaire des Témoins de Jéhovah, Watch Tower Bible and Tract Society, p. 207
  15. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 mars 1952, p. 187, "Climax of Clean Worship Assemblies at Washington"
  16. Arrowup.png Penton, 1997, p. 86
  17. 17,0 et 17,1 Vile, 2001, p. 139
  18. Arrowup.png Penton, 1997, p. 83
  19. 19,0 et 19,1 Penton, 1997, p. 354
  20. Arrowup.png Jehovahs-witness.net (2011) (anglais), "Watchtower Attorneys Hayden Covington and Charles Smith", jehovahs-witness.net. Consulté le 25 juin 2013
  21. 21,0 et 21,1 Vile, 2001, p. 137
  22. Arrowup.png Peters
  23. Arrowup.png Penton, 1997, p. 252