Investissements boursiers

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Même si cela reste relativement ignoré par de nombreux Témoins de Jéhovah, la Société Watch Tower tire d'importants revenus financiers de différents investissements financiers auxquels elle a consentis depuis l'époque post-rutherfordienne. Concrètement, ces investissements ont pris la forme d’actions détenues dans différents organisations à caractère lucratif; de plus, la Watch Tower participe de plus en plus régulièrement à des conférences du monde de la haute finance. De ce fait, les publications du mouvement se montrent désormais plutôt favorables à ces formes d'enrichissement, ce qui n'a pas toujours été le cas. Une telle attitude est d'autant plus discutable que l'organisation a fréquemment été très critique envers les religions qui, à ses yeux, se compromettaient dans le monde des affaires.

Historique

Époque de Russell

NB: Les publications de l'époque de Russell n'ont pas été examinées pour l'instant.

Sous la présidence de Charles Taze Russell, le fondateur de la Société Watch Tower, il semble que la détention d'actions dans différentes entreprises n'étaient pas considérée comme un acte contraire aux normes chrétiennes: Russell lui-même admettait, dans les colonnes de son périodique, posséder des actions dans le pétrole, et cela ne semblait pas choquer ses lecteurs.

Époque de Rutherford

NB: Les articles traitant de ces questions étaient très nombreux dans L'Âge d'Or; en conséquence, la présente page ne les répertorie pas tous.

À l'époque de Joseph Rutherford, président de la Société Watch Tower de 1917 à 1942, le fait de détenir des actions était généralement mal considéré bien que non interdit: en effet, cela revenait à s'associer au monde du commerce que Rutherford condamnait vigoureusement. Par exemple, en 1920, le périodique L'Âge d'Or, après avoir longuement étudié, chiffres à l'appui, l'évolution de l'économie, associait l'argent, les actions, les obligations et les propriétés aux richesses "pourries" mentionnées en Jacques 5:1-3.[1] Toutefois, la même année, La Tour de Garde fit paraître la mise au point suivante: "Des demandes de renseignements concernant des actions pétrolières mises en vente par le National Labor Tribune de Pittsburgh sont parvenues jusqu'à nous. Nous ne sommes pas informés des avantages et des inconvénients de la proposition et donc nous ne pouvons pas et ne conseillons pas d'acheter."[2] Ainsi, c'était alors davantage l'absence de connaissance des risques qui motivait cette volonté de ne pas donner son avis, et non un rejet en bloc de ce mode de financement.

Deux ans plus tard, soit en 1922, une annonce précisa: "Un assez grand nombre d'amis ont été incités à investir leurs maigres économies dans le pétrole et dans d'autres actions et les ont perdues. Nos conseils sont demandés et nous répondons: les grandes sociétés contrôlent le commerce du pétrole, de l'or et de l'industrie. Si une petite entreprise indépendante a la chance de trouver du pétrole ou de l'or, les grandes entreprises font qu'il est impossible pour la petite entreprise de réussir et cette dernière est obligée de vendre aux grandes entreprises pour presque rien ou tout perdre; si de petites quantités sont investies dans les grands stocks des sociétés minières ou de pétrole, alors les actionnaires majoritaires cherchent généralement par l'entremise de programmes à faire sortir le "petit bonhomme". Le peuple du Seigneur doit garder les mains hors de la gueule du lion. Notre conseil serait d'éviter tous ces investissements."[3]

Lors de l'assemblée de cette même année à Los Angeles, Rutherford répondit à la question "Conseilleriez-vous aux consacrés du moment d'investir leurs économies dans les stocks de pétrole?", disant: "Plus j'acquiers d'expérience, moins je suis enclin à conseiller à qui que ce soit sur ce qu'il devrait faire. Je ne peux que conseiller ce que l'on peut faire et que chacun prenne sa responsabilité. Mon observation et l'expérience personnelle me font dire que les petits investisseurs dans les grandes entreprises ne font que rarement, voire jamais, de l'argent. Si une petite entreprise découvre du pétrole, les grandes entreprises se refuseront à l'acheter et étant incapable de le commercialiser, elles sont obligés de vendre tout ce qu'elles peuvent avoir. Si le petit investisseur achète des actions dans une grande entreprise, les actionnaires plus importants liquident leurs avoirs afin qu'il soit forcé de vendre ses actions pour presque une chanson. La grande entreprise contrôle toutes les industries minières du monde. Cela inclut le pétrole et les minéraux, bien sûr, comme l'or, l'argent, etc. Le petit homme semble avoir peu ou pas de spectacle. Je ne voudrais pas risquer d'investir de l'argent si j'en avais dans les actions du pétrole ou les actions des mines d'or, ou dans des placements semblables. Chacun, cependant, doit être dirigé par son propre jugement."[4]

Le périodique L'Âge d'Or, édité à partir de 1919, fut très prolixe sur la question des actions et des investissements, rapportant très fréquemment des chiffres de la haute finances, ce qui a de quoi surprendre le Témoin de Jéhovah actuel qui n'est pas habitué à une telle immixtion de la part de sa religion dans les affaires du "monde". En 1923, le périodique L'Âge d'Or précisa: "L'Âge d'Or n'est pas en lien, ni directement ni indirectement ou d'une quelconque manière, avec toute affaire utilisant un nom similaire et engagée dans la vente d'actions du pétrole ou d'autres actions. Toutes ces affaires utilisent le nom L'Âge d'Or entièrement sur leur propre responsabilité."[5] L'année suivante, un article signé John Buckley identifia l'amour de l'argent comme la racine de toutes sortes de choses mauvaises, le définissant comme étant à l'origine des guerres, et précisa que "l'homme qui veut parier place son argent dans des actions", établissant donc un lien entre les jeux d'argent et l'investissement.[6]

En réponse au prédicateur John Brown qui avait critiqué Russell dans un ouvrage intitulé Mormonism, Eddyism, Russellism, un article de 1925 dit: "Vous faites référence au Frère Russell qui possédait des actions et des titres dans certaines affaires financières, et laissent entrevoir que c'est la raison pour laquelle il n'eut pas à recourir aux collectes. Même en admettant que votre affirmation soit vraie, cela ne serait-il pas une très bonne idée pour tous les prédicateurs et les évangélistes de posséder des actions et des titres et ainsi de soulager leurs congrégations déjà surchargées du fardeau d'une classe de clergé salariée?"[7] Ainsi, au sujet des investissements de Russell, l'auteur n'osait pas confirmer ouvertement les propos de Brown sans toutefois les infirmer, mais en profitait pour adresser un reproche à ses concurrents religieux; cette technique de la part des Témoins de Jéhovah de renvoyer la balle sur "Babylone la Grande" au lieu de répondre précisément à une accusation est donc très ancienne.

Fin 1926, Joseph Greig écrivit dans L'Âge d'Or: "Une grande partie du mystère et tape-à-l'œil consistant à devenir riche par "la négociation d'actions" va sûrement perdre son charme sur le dévot souhaitant devenir riche dès que les méthodes des courtiers en valeurs mobilières sont exposées au coup d'œil du Propriétaire réel du ciel et de la terre"; puis il rapporta la réponse à un abonné du New York Wall Street Iconoclast sur ce sujet.[8] En mai 1928, Rutherford se montra très critique sur les investissements boursiers, qu'il considérait comme marqué par la machination: "Presque toutes les grandes sociétés produisent des actions et des obligations, et les mettent sur le marché boursier pour la vente. Il y a deux classes d'hommes qui opèrent toujours à la bourse, appelés les "taureaux" et les "ours". Ils travaillent habituellement ensemble. Les taureaux manipulent les actions et les imposent sur un marché élevé, et quand ils atteignent un point culminant ils vendent au public crédule, certains d'entre eux pensent qu'ils peuvent faire fortune en pariant sur des actions. Ensuite, les ours viennent au premier plan, et ils imposent le prix des actions à la baisse. Le public crédule devient effrayé et vend ses stocks, et les grandes entreprises les achètent à un prix bas. Ils œuvrent constamment à ce jeu à intervalles réguliers (...)."[9]

Un long article de 1929 écrit par F.W. O'Neill (qui écrivit plusieurs articles critiques sur le sujet)[10][11] débutait ainsi: "D'aussi loin que Wall Street est concernée, il y a deux classes de gens: ceux qui jouent en bourse (ils appellent cela promotion et commercialisation) et ceux qui ne jouent pas. Les vrais serviteurs du Seigneur, tout en appartenant à la seconde classe, notent et observent cette manipulation d'argent, d'actions et de crédit, pas seulement pour l'élimination future des erreurs."[12] En janvier 1930, un article rangeait les actions en bourses dans la catégorie des fraudes, ajoutant: "La ruée des millions d'acheteurs dans le marché boursier lorsque les actions sont sur la tendance à la hausse (...) a développé à New York une liste d'acheteurs d'actions qui est connue localement comme "la liste des suceurs". (...) L'expérience montre que la personne qui a déjà été mordue par la manie pour obtenir de l'argent dans le marché boursier retrouve rarement la raison. Elle vient encore et encore sur le marché, et en sept ans, ainsi va l'estimation, elle est bien et de façon permanente relevée de tous ses biens, et une autre récolte est prête. Les gens travaillent toute leur vie et accumulent de l'argent par un dur travail et placent leur argent dans des régimes d'actions (...). Ils essaient d'imiter, mais ils n'ont pas derrière eux les franchises et le soutien financier, ainsi que les journaux et les politiciens, qui sont nécessaires pour gagner. Les femmes sont aussi stupides que les hommes."[13] La même année, le périodique rapporta à plusieurs reprises la chute des actions du marché de New York.[14][15]

En 1931, il fut dit que "les différents gangs de Wall Street qui, par leur manipulation des actions et des obligations, accumulent à eux-mêmes la richesse, le luxe et la puissance sans donner en retour aucun travail utile, sont tout aussi dangereux pour la civilisation que les gangsters avec leurs fusils à canon scié et mitrailleuses."[16] À propos d'une Église épiscopale méthodiste à Cleveland, il fut rapporté l'année suivante que "certains évêques se sont mouillés dans les actions".[17] De plus, il était dit que le fait de détenir "des actions, des obligations, des sommes d'argent dans une banque ou d'autres propriétés" pouvait amener quelqu'un à adopter "une attitude d'indifférence envers Dieu" du fait qu'il se sentait ainsi bien pourvu matériellement, mais le krach de Wall Street avait rappelé la fragilité de cette prospérité.[18] En fin d'année, le périodique s'intéressa longuement aux actions de la Sun Life Assurance Company.[19]

En 1935, un enseignant, Lester Whitlock, expliquait à propos de l'enseignement à l'école: "Ces choses susmentionnées [l'enseignement de l'intérêt, des actions et des obligations, de la bourse, des profits et des pertes] sont-elles absolument nécessaires pour promouvoir la carrière du garçon ou de la fille américains? N'était-ce pas le système des intérêts interdit aux Juifs par Jéhovah? Est-il nécessaire d'instruire nos garçons et filles dans un système qui est dénoncé par le Très-Haut? Mais revenons sur la liste. Actions et obligations! Nous admettons tous que leur but est de faire de l'argent ou de recevoir un profit au détriment d'une certaine entreprise ou un particulier. Est-ce le système par lequel les garçons et les filles doivent faire leur chemin dans la vie? S'agit-il des idéaux que les écoles américaines inculquent dans leurs jeunes esprits? L'Écriture n'enseigne-t-elle pas que l'amour de l'argent est la racine de tous les maux (1 Timothée 6:10)? (...) La bourse [est] un autre moyen de gains mal acquis (...)." (la fin de l'article critique les vaccinations).[20] En 1937, le périodique jugea bon de rapporter les propos d'un certain Jérôme David, parus dans un autre magazine, qui expliquait: "Les églises elles-mêmes sont d'énormes entreprises commerciales. La valeur totale des biens de l'église à New York est de plus de 282 millions de dollars. Cela ne comprend pas les biens imposables, tels que l'immobilier, les actions, les obligations et la trésorerie en attente d'une utilisation "rentable"."[21]

Époque de Knorr

Un article de 1955 critiqua les églises de la chrétienté qui jouaient à des jeux d'argent, affirmant qu'elles étaient, dans leur comportement, très différentes des apôtres, suivant 2 Corinthiens 8 :21; puis sont rapportés les propos de Durant Drake, professeur d'éthique à l’Université Wesleyan, qui écrivit: "Tout pari dans les actions est mauvais en principe, susceptible de provoquer le malheur inutile. L'homme honorable déteste prendre l'argent qui n'a pas été suffisamment gagné, il voudra protéger ceux qui sont enclins à courir des risques inutiles contre eux-mêmes."[22]

Puis, en 1961, le périodique Réveillez-vous! se positionna ouvertement en faveur des investissements financiers, disant: "Savoir comment faire travailler l'argent n'est pas un sombre secret possédé que par les sorciers de la finance. C'est quelque chose que vous pouvez apprendre à faire. Avec cette connaissance, vous pouvez compléter votre revenu actuel, ouvrir la voie à des revenus continus dans le futur et protéger votre épargne de l'effet de l'affaiblissement de l'inflation. L'argent travaille lorsque vous investissez. Il s'agit d'une pratique très ancienne et a été mentionnée dans une illustration de Jésus-Christ il y a plus de 1 900 ans [il est ensuite cité Matthieu 25:26,27]." Dans la suite de l'article sont examinés plusieurs types d'investissement, à savoir les intérêts bancaires, les obligations, les fonds mutuels et les actions. Au sujet de ces dernières, il était dit: "Il est possible pour une personne ayant de modestes économies de mettre son argent au travail dans des actions avec des résultats satisfaisants. Comme les actions prennent de la valeur avec la plus grande prospérité d'une entreprise, son argent investi ne reste pas le même. Il grandit également. Cela fait des actions une bonne protection contre les effets de l'inflation." Concernant d'éventuelles objections morales à jouer en bourse, le périodique dit ceci: "Peut-être certaines personnes se sont-elles abstenues d'investir dans les actions parce qu'elles les ont classées en tant que jeu. En fait, il y a une grande différence entre les paris d'argent à la roulette et le fait de mettre de l'argent dans les actions. Lorsque vous achetez des titres sur le marché boursier, vous avez quelque chose de tangible pour votre argent. Vous avez acheté une part de propriété dans une entreprise. Vos parts de propriété sont un produit qui peut être vendu à quelqu'un d'autre, comme une maison ou une voiture peuvent être revendues avec profit. D'autre part, si vous vous accrochez à vos actions, elles peuvent vous fournir un revenu régulier en vous apportant une partie des profits de l'entreprise. On ne peut pas en dire autant de l'argent parié sur un tour de roulette. La présence d'un risque ne met pas l'investissement dans des actions dans la même catégorie que le jeu au casino. Certaines actions sont strictement spéculatives parce que les sociétés les produisant peuvent être nouvelles et leur avenir incertain. D'autres, appelées actions à la valeur sûre, représentent une part de propriété dans des entreprises bien établies qui ont été les payeuses fiables de dividendes pendant de nombreuses années. Ce sont des favories avec les banques et d'autres institutions qui exigent des investissements sûrs."[23]

L'année suivante, le périodique dit avoir reçu un certain nombre de lettres demandant pourquoi il faisait paraître des articles sur les investissements alors que le grand commerce, le mercantilisme et le matérialisme étaient condamnés dans ce même périodique. Selon ces lettres, n'était-ce pas donner un intérêt indu à l'organisation de Satan, était-ce utile de promouvoir l'investissement dans des actions alors que les lecteurs étaient censés vivre dans les derniers jours du système de choses, et cela ne revenait-il pas à jouer aux jeux d'argent? En réponse, le périodique déclarait que produire des articles sur le commerce faisait partie de sa mission, qu'il n'encourageait pas à devenir riche ce qui serait contraire aux Écritures, que "si un chrétien avec la capacité de bonnes affaires réussit à gagner plus d'argent que d'autres avec moins de capacité, cela ne signifie pas qu'il est matérialiste parce qu'il achète des choses avec cet argent que les personnes ayant un revenu inférieur ne peuvent pas se permettre", que la demande de Jésus dans le passage de Luc 18:18-23 n'était qu'un test pour le jeune chef juif, qu'une absence d'amour de l'argent est ce qui compte vraiment. Le fait de posséder des actions ne signifie pas s'associer aux marchands ou banquiers du monde peu scrupuleux, et ce serait une "erreur" de considérer cet investissement comme étant semblable aux jeux d'argent à la roulette, car dans le premier cas il y a un bien tangible dans lequel on investit. Le passage de Matthieu 25:14-30 est cité pour montrer que l'intérêt dans l'argent n'est pas condamné en toutes circonstances. Investir n'est pas considéré comme un manque de foi dans la proximité d'Har-Maguédôn, car personne ne peut dire combien de temps il reste avant qu'il n'arrive, et l'argent gagné peut être utilisé pour la famille et le ministère. Si un chrétien souhaite investir dans des actions, c'est sa décision personnelle, sachant que rien dans les Écritures ne condamne cette démarche, mais il doit le faire discrètement.[24]

Époque ultérieure

Dans les années 2000, le fait de jouer en bourse fut considéré de la même manière que dans les années 1960, à savoir que cela ne pouvait pas être comparé à un jeu d'argent. Après avoir examiné les risques financiers liés à la bourse, un Réveillez-vous! d'octobre 2000 nia que le boursicotage soit un jeu d'argent, disant: "[Il] diffère du jeu d'argent parce que l'actionnaire achète une partie d'une société, sous forme d'actions qui peuvent être revendues à une tierce personne ou conservées dans la perspective d'une croissance future. Un tel cas ne s'applique pas à une personne qui joue de l'argent dans un casino ou participe à un jeu de hasard. Au seul gré du hasard, le joueur cherche alors à anticiper une issue incertaine et à empocher la mise des autres participants."[25] Suite à l'article précédent, un lecteur écrivit que, pour lui, investir en bourse revenait à placer sa confiance dans "le dieu de la Chance" et par là même, à jouer à un jeu d'argent. En réponse, la Watch Tower, tout en reconnaissant le facteur hasard, réitéra son point de vue précédent, affirmant: "Les opérations boursières peuvent donc être considérées comme l'achat et la vente de biens légaux."[26]

Le cas d'investissement financiers entre adeptes fut à plusieurs reprises évoqué dans les publications. Il est reconnu que les investissements dans un projet commercial sont rarement sûrs à 100% et qu'il faut résister au piège de l'avidité. En cas d'investissements entre Témoins, les discussions devraient toujours avoir lieu hors du cadre de la congrégation; par ailleurs, il faut tout mettre par écrit, évaluer sa capacité à pouvoir rembourser, et ne pas attaquer son co-adepte en justice pour escroquerie en cas de perte d'argent (1 Corinthiens 6:1). Dans le cas où ce dernier aurait été malhonnête, il est dit que celui-ci ne remplirait pas les conditions requises pour occuper une fonction dans la congrégation, et il est précisé: "Le discernement (...) nous retiendra d'entreprendre une action qui pourrait ternir la réputation de la congrégation. L'apôtre Paul conseilla à ses compagnons chrétiens de se laisser faire du tort ou même spolier plutôt que d’aller en justice avec un frère. — 1 Corinthiens 6:7. Si nous envisageons d'aller en justice, nous devrions réfléchir aux conséquences que cela pourrait avoir pour nous-mêmes, pour les chrétiens impliqués, pour la congrégation ainsi que pour les gens du dehors. (...) Par ailleurs, en nous résignant à une perte financière, (...) notre attitude contribuera à préserver la paix dans la congrégation et nous aidera à continuer de chercher d’abord le Royaume."[27] La prudence est donc recommandée, car il y a des risques dissimulés, d'où l'intérêt de se poser plusieurs questions et envisager plusieurs hypothèses avant de s'engager.[28] En 2008, il fut répété qu'en cas d'investissement ou de prêt entre particuliers, il fallait tout mettre par écrit (Jérémie 32:9-12; Genèse 23:16-20), pour éviter les malentendus ou les déceptions et que dans tous les cas, rien "ne justifiera jamais que l'on mette en péril l'unité et la paix de la congrégation".[29]

Cas d'investissements de la part de la Watch Tower

Résumant la position de la Société Watch Tower sur ce sujet, l'historien James Penton écrivit:[30]

"La Société a régulièrement investi de l'argent dans des actions depuis quelques années. À l'époque de Rutherford, les marchés boursiers étaient considérés négativement comme faisant partie intégrante du capitalisme industriel ou du grand commerce avide. Mais depuis la mort du juge, ses successeurs sont devenus beaucoup plus sympathiques envers le capitalisme et ne voient pas pourquoi ils ne devraient pas investir leur épargne dans les marchés boursiers. Pourtant, étant donné que la plupart des Témoins ordinaires considèrent que les marchés boursiers comme étant une partie du vieux monde condamné, la Société est très prudente en ne laissant pas les fidèles en savoir beaucoup sur ces activités financières. Ce n'est que lors d'un questionnement pointu de la part de quelques-uns de leurs frères préoccupés que les officiels jéhovistes l'ont occasionnellement révélé. Il est facile de dire que c'est ce qui se passe, cependant, à partir des déclarations de la littérature de la Société qui suggère avec tact que l'investissement dans les actions est parfaitement moral et par les répliques de colère de la Société quand un individu Témoin demande directement si spéculer sur les marchés boursiers est mal ou pas."

À l'appui d'un tel constat, Penton rapporte le cas de R.H. Armfelt, de Fort McMurray, Alberta, qui envoya une lettre datée du 21 avril 1981 à la Watch Tower pour simplement lui demander s'il était bien ou pas de jouer en bourse, sans critiquer qui que ce soit. Dans sa réponse un moins plus tard, la Société manifesta un "vrai dépit", disant: "Nous ne voyons aucune raison justifiable pour laquelle vous devriez critiquer ces frères et sœurs qui investissements dans la bourse. C'est une décision personnelle et il serait totalement inapproprié pour un chrétien de "juger son frère" sur cette question."[31]

Concrètement, comme le prouvent les exemples ci-dessous qui ne prétendent pas être exhaustifs, les investissements financiers de la Société Watch Tower se multiplient depuis quelques années, au point de devenir de plus en plus banals. Par ailleurs, dans certaines associations appartenant à la Société Watch Tower, certains adeptes occupent des fonctions au titre surprenant; c'est le cas, par exemple, de Paul Niergarth, qui est listé sur le site LinkedIn comme "manager de l'investissement mondial de la Watch Tower".[32] Il est curieux qu'un dirigeant de l'organisation apparaisse ainsi sur un site d'emploi destiné à créer des opportunités de carrière, de finance et l'esprit d'entreprise, puisque, comme cela est indiqué sur la page de garde: "Plus de 175 millions de professionnels dans le monde utilisent LinkedIn pour échanger idées et informations et pour faire progresser leur carrière". Ce genre de comportement n'a pas grand-chose à voir avec un "ministre" d'une société "sans but lucratif" qui est tenue au "vœu de pauvreté"... De plus, il est à noter, qu'à moins qu'il ne s'agisse d'un homonyme, Niergarth a fait sur Amazon.com l'apologie d'un livre traitant des investissements, The ETF Handbook: How to Value and Trade Exchange Traded Funds (Wiley Finance).[33]

NB: Pour consulter les scans ci-dessous de près, cliquer dessus une première fois pour arriver sur la page de téléchargement, puis une autre fois pour n'avoir que l'image, et enfin une troisième fois pour l'agrandir.

2002-2016 : Henrietta M. Riley Trust

Voir article détaillé Henrietta M Riley Trust

Des documents publics de comptabilité révèlent qu'une société basée à Détroit, la Henrietta M Riley Trust, a pour but de "soutenir la Watch Tower Bible & Tract Society", en lui apportant des sommes d'argent provenant notamment d'entreprises, parmi lesquelles figurent en 2002 Philip Morris Companies Inc, l'un des principaux producteurs de tabac au monde. Bien d'autres entreprises sont citées dans les documents de comptabilité des années suivantes.

2004-2005: J.P. Morgan

Des documents de comptabilité publique révèlent qu'au moins en 2004 et en 2005, la Société Watch Tower était impliquée avec une très puissante holding financière américaine, la JP Morgan, via le "JP Morgan Liquid Assets Money Market Fund", détenant entre 6 et 8% du fonds. Or, en 2004, cette société affichait 3,41 milliards de dollars de fonds.[34]

2009-2012 (minimum) : Global AgInvestingSM

Au moins en 2009 et en 2012, la Watch Tower a participé à des conférences organisées par le Global AgInvestingSM (GAI), qui se définit sur son site comme "le leader mondial des ressources pour des événements, la recherche et une idée de l'investissement dans le secteur agricole mondial. Depuis 2009, les conférences du GAI continuent d'être les événements du monde agricole les plus importants et ayant le plus d'assistance, attirant plus de répartiteurs et de décideurs de haut niveau que n'importe quel autre". Ainsi, la Watch Tower a décidé d'investir même dans l'agriculture.[35]

2010: ABVCAP

Fondée en 2000, la Brazilian Association of Private Equity and Venture Capital (ABVCAP) est une organisation favorisant le développement des investissements à long terme, contribuant notamment à améliorer les conditions de l'industrie. Selon l'organisation elle-même, ses missions sont "le développement, la croissance durable, et l'intégration du marché". Elle cherche à développer et améliorer toutes formes de placement à long terme au Brésil, insiste sur "l'intégration stratégique dans le marché des capitaux" et travaille pour "stimuler les actifs et les sociétés cotées sur le marché boursier". Ses activités ont pour but de "faciliter la relation entre les membres locaux et mondiaux de la communauté d'investissement à long terme". Or, un document résumant le déroulement d'une réunion du 4 novembre 2010 organisée avec la British Venture Capital Association (BVCA), indique que la filiale jéhoviste d'Angleterre était présente, sous le nom "Watch Tower Bible & Tract Society of Britain" (p. 3). La réunion était organisée en association avec la UK Trade & Investment, et en partenariat avec d'autres sociétés commerciales.[36]

2011: Hedge Funds

Les Hedge Funds, les investisseurs institutionnels et fonds des Hedge Funds se sont réunis au British Museum pour le Forum 2011, les 13 et 14 septembre. Plus de 350 participants, dont la Société Watch Tower, ont débattu de l'investissement des fonds à long terme, et les sujets abordés comprenaient les marchés émergents, les placements de valeur, la planification des successions, et d'autres sujets relatifs à la finance. Ainsi, la Watch Tower rencontre annuellement le monde de la haute finance et établit des plans pour l'avenir, et ceci bien qu'elle proclame la fin imminente.[37]

Mars 2012: Africa Investment Summit 2012

Une conférence intitulée Africa Investment Summit 2012 eut lieu pendant trois jours en mars 2012 au One Whitehall Place, à Londres. Cette réunion, destinée aux investisseurs de fonds de grande taille, visait les investissements sur le continent africain dans les secteurs de l'immobilier, des énergies alternatives, des infrastructures, des hedge funds, des matières premières, du capital-risque, du marché des changes, entre autres. Or, la liste officielle des participants comprenait, aux côtés de nombreuses grosses sociétés, deux représentants officiels de la filiale jéhoviste d'Angleterre ("Watch Tower Bible & Tract Society of Britain"): le secrétaire trésorier et le conseiller financier.[38]

Décembre 2012: Information Management Network

Représentée par son "chef des placements" ("Chief Investment Officer"), la Société Watch Tower participé, du 2 au 5 décembre 2012, aux côtés de nombreuses sociétés commerciales, à une conférence consacrée aux investissements financiers intitulée "Global Indexing & ETFs: The Preeminent Investment Management Conference", organisée par l'Information Management Network qui précise: "IMN a hâte d'accueillir les joueurs d'investissements venant du monde entier en décembre". Cette conférence aura lieu au somptueux hôtel Arizona Biltmore de Phoenix, en Arizona.[39]

Voir aussi

Références

  1. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 17 mars 1920, p. 396, "Labor and Economics"
  2. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 1er août 1920, p. 226, "Tribune Oil Stocks"
  3. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 1er février 1922, p. 47, "Investments"
  4. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 avril 1922, p. 119, "Los Angeles Convention"
  5. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 11 avril 1923, p. 427, "Not Selling Oil Stocks"
  6. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 8 octobre 1924, p. 21, "What We Do for Money"
  7. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 20 mai 1925, p. 529, "Making It Interesting for Evangelist Brown"
  8. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 29 décembre 1926, p. 204, "Buying Stocks on Margin", par Joseph Greig
  9. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 16 mai 1928, p. 538, "Prosperity Sure", par Joseph Rutherford
  10. Arrowup.png L’Âge d’Or (anglais), 22 janvier 1930, p. 272, "Wall Street Rumblings", par F.W. O'Neill
  11. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 9 juillet 1930, p. 660, "A Glimpse at Financial Conditions", par F.W. O'Neill
  12. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 7 août 1929, pp. 711-17, "Money: Its Flaws and Injustices – at the Hands of Men", par F.W. O'Neill
  13. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 8 janvier 1930, p. 229, "Some Frauds – Past and Present"
  14. Arrowup.png L’Âge d'Or (anglais), 5 février 1930, p. 297, "This Way and That"
  15. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 2 avril 1930, p. 429, "Events in Canada"
  16. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 16 septembre 1931, p. 820, "Racketeering – The Devil's Civilization"
  17. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 12 octobre 1932, p. 21, "Slivers"
  18. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 7 décembre 1932, p. 156, "Jehovah, the Provider for the People"
  19. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 21 décembre 2012, pp. 176,177, "Events in Canada"
  20. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 4 décembre 1935, p. 131, "Teaching to Serve God, or Mammon?", par Lester Whitlock, Illinois
  21. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 2 juin 1937, p . 566, "Capitalism and the Church", par Jérôme David
  22. Arrowup.png Réveillez-vous! (anglais), 8 mars 1955, p. 16, "The Gambling Craze"
  23. Arrowup.png Réveillez-vous! (anglais), 22 octobre 1961, pp. 20-24, "Does Your Money Work for You?"
  24. Arrowup.png Réveillez-vous! (anglais), 8 février 1962, pp. 21-23, "Is It Proper?"
  25. Arrowup.png Réveillez-vous!, 8 octobre 2000, pp. 25-27, "Est-il sage d'investir en Bourse?"
  26. Arrowup.png Réveillez-vous!, 8 juin 2001, p. 30, "Nos lecteurs nous écrivent"
  27. Arrowup.png La Tour de Garde, 15 mars 1997, pp. 19-22, "Le discernement nous préservera"
  28. Arrowup.png La Tour de Garde, 1er mars 2006, pp. 22,23, § 4, ""Restez dans votre bon sens, complètement""
  29. Arrowup.png WTBTS (2008), Gardez-vous dans l'amour de Dieu, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 168
  30. Arrowup.png Penton, James (1997, 2è éd.) (anglais), Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, Toronto: University of Toronto Press, p. 230 (ISBN 0-8020-7973-3)
  31. Arrowup.png Penton, James (1997, 2è éd.) (anglais), Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, Toronto: University of Toronto Press, pp. 380,381 (ISBN 0-8020-7973-3)
  32. Arrowup.png LinkedIn, "Paul Niergarth, Global Real Estate Manager at Watch Tower", linkedin.com. Consulté le 26 décembre 2012
  33. Arrowup.png Niergarth, Paul, (commentaire du 2 juillet 2012) (anglais), "The ETF Handbook: How to Value and Trade Exchange Traded Funds (Wiley Finance)", amazon.com. Consulté le 26 décembre 2012
  34. Arrowup.png Documents du site de la U.S. Securities and Exchange Commission: 1, 2 (page 51), 3 (page 117); Données de 2004 sur le JP Morgan Liquid Assets Money Market Fund; Site de JP Morgan
  35. Arrowup.png Liste des sociétés ayant participé à la conférence de 2009, et à celle de 2012, site du Global AgInvestingSM (GAI)
  36. Arrowup.png Programme de la réunion du 4 novembre 2010, site de la BVCA, voir p. 3
  37. Arrowup.png "InvestHedge Forum 2011", sur le site Hedge Fund Intelligence (voir la liste"Investors"); "Hedge fund", sur Wikipédia anglophone
  38. Arrowup.png Programme de la réunion des 19 au 21 mars 2012, site de l'Africa Investment Summit, voir p. 2; Présentation de l'One Whitehall Place
  39. Arrowup.png Programme de la réunion du 2 au 5 décembre 2012, voir page 4; Information Management Network