Jonathan et Jean-Claude Lavoie

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Jean Claude Lavoie 1980-2006

Jean-Claude Lavoie a deux ans quand ses parents se convertissent à l’enseignement des Témoins de Jéhovah.

Son frère Jonathan en a 6 de plus.


Après des parcours chaotiques, les deux frères se perdent de vue : Jonathan a choisi de ne pas suivre les TJ, il a fait l’expérience douloureuse et dangereuse de la drogue.

Jean-Claude fait de même quelques années, mais, croyant voir dans les attentats du 11 septembre les signes d’Har-Maguédôn, il rejoint ses parents dans l’organisation en 2001.

Jean-Claude souffre d’une maladie héréditaire : une tumeur desmoïde, une maladie ni bénigne, ni maligne, pas dérangeante.

Mais à 26 ans, il développe une de ces tumeurs au petit intestin.

Les médecins estiment qu’il a besoin d’une intervention chirurgicale : ils doivent sectionner un morceau d’intestin autour de la tumeur.

Une opération habituellement simple, mais des examens préliminaires révèlent que le taux d’hémoglobine de Jean-Claude est 2 x plus bas que la normale (87 au lieu de 160).

Dès ce moment, les médecins (les seuls spécialistes des tumeurs desmoïdes de toute la région) mettent en garde leur patient : il risque la mort s’il refuse toute transfusion de sang lors de l’opération.

Jean-Claude est inflexible : il refuse catégoriquement toute transfusion.


Il accepte uniquement des substituts ferreux, autorisés par l’organisation Watchtower.

L’hôpital respecte sa décision, et décide de pratiquer l’opération.

Il faudra deux semaines à Jean-Claude pour se rétablir et pouvoir quitter l’hôpital. Une telle opération demande normalement à peine une semaine de convalescence.

Le taux d’hémoglobine est toujours très bas, mais stable.

Une semaine plus tard, Jean-Claude est admis aux urgences de l’hôpital : il perd la vision, a des pertes d’équilibre.

Son taux d’hémoglobine a continué de chuter.

Les médecins décident de le plonger artificiellement dans le coma.

Jean-Claude est inconscient depuis 5 semaines quand les médecins informent ses parents et son épouse (tous 3 Témoins de Jéhovah) que le jeune homme n’en a plus pour très longtemps.

C’est seulement alors, à la fin de la 5e semaine, que ses proches décident d’informer leurs deux autres enfants de l’hospitalisation de leur frère.

A aucun moment jusque là, les parents n’avaient pas averti Jonathan et sa sœur de l’état grave dans lequel était Jean-Claude.

Quand Jonathan, qui habite non loin de l’hôpital, arrive dans la chambre de son frère, qu’il n’avait plus vu depuis des années, c’est pour apprendre que son taux d’hémoglobine est à 26 (au lieu de 160 en temps normal !) et que son coeur a un rythme de près de 180 pulsations/ minute en permanence.

Des abcès ne cessent de se développer dans son corps, mais il est trop tard : sans transfusion sanguine, toute opération est impossible.

Jonathan constate que les médecins refusent de parler à ses parents depuis le début de l’hopsitalisation, dépités qu’ils sont de ne pouvoir discuter avec eux de façon ouverte et raisonnable.

Le seul produit qu’on continue à lui injecter pour tenter de produire des cellules, c’est toujours ce fer liquide, qui ne sert plus à rien depuis longtemps.


Jonathan Lavoie

Jonathan entame un lourd travail de persuasion, de discussion avec l’épouse de son frère. Elle a 22 ans, elle l’écoute, elle est prête à céder, quand soudain, elle se reprend : non, elle doit être soumise à son mari, et respecter sa décision, lui qui n’a plus parlé depuis 5 semaines.

Les parents sont plus catégoriques : ils tentent d’empêcher à Jonathan l’accès à l’hôpital. L’ensemble des infirmières du service réagit alors : pas question, c’est le seul individu censé de toute cette famille, il restera!

Certaines infirmières se disent même prêtes à pratiquer des transfusions à Jean-Claude durant la nuit (cela s’est déjà vu, par le passé, au Canada).

Mais la loi est formelle : un médecin risque de perdre sa licence professionnelle s’il est démasqué. Les avocats de l’hôpital, extrêmement prudents, déconseillent au contraire au personnel de même s’adresser aux parents de Jean-Claude.

Jonathan sait qu’il n’a plus beaucoup de temps pour tenter de sauver son frère : la veille du week-end de Noël, il essaye de trouver un juge.

Il sait qu’un cas fait jurisprudence au Canada : une femme Témoin de Jéhovah majeure s’est vue obligée par la cour de recevoir une transfusion sanguine.

Mais les médecins, la mort dans l’âme, annoncent à la famille la terrible nouvelle : à cause du refus catégorique de transfusion sanguine, qui l’aurait sauvé à son entrée à l’hôpital, le jeune homme n’a plus aucun espoir de vivre une vie normale.

Même si ses parents acceptaient la transfusion à ce moment-là, Jean-Claude resterait un légume toute sa vie.

Après 6 semaines d’hospitalisation, le constat est terrible : continuer de maintenir Jean-Claude en vie tient de l’acharnement thérapeutique

Le 22 décembre 2006, Jonathan vit un des moments les plus affreux de son existence. Aux côté de son père et de l’épouse de son frère, il accepte que Jean-Claude soit "débranché".

C’est chose faite le 25 décembre.

Des Témoins de Jéhovah que Jonathan identifie comme des "anciens" ou comme des membres du Comité de Liaison hospitalière rôdent autour de la chambre du moribond. Jonathan veille au grain, il les empêche catégoriquement d’y pénétrer.

Jean-Claude meurt le 27 décembre, atroce coïncidence, le jour anniversaire de sa sœur, non TJ.

Depuis, Jonathan le dit à qui veut l’entendre (et notamment les médias québécois, très réceptifs) : son frère Jean-Claude a pratiqué une forme de suicide passif, poussé par les Témoins de Jéhovah.

C’est bel et bien le manque de sang qui a tué Jean-Claude, et non un quelconque virus, comme veulent le faire croire aujourd’hui des détracteurs TJ.

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