Joseph Rutherford

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Joseph Rutherford

Rutherford vers 1910
Nom complet Joseph Franklin Rutherford
Naissance 8 novembre 1869
Versailles, Missouri
Décès 8 janvier 1942
San Diego, Missouri
Nationalité Etats-Unis.jpg Américaine
Connu(e) pour Président de la Watch Tower Bible & Tract Society
Œuvres célèbres nombreux livres
Procès célèbres Olin Moyle v. Watch Tower Society
Parents James Calvin Rutherford
Leonora Strickland
Conjoint Mary Rutherford
Enfants Malcom Rutherford
Signature

Joseph Franklin Rutherford (8 novembre 1869 – 8 janvier 1942), aussi connu en tant que "Juge" Rutherford, fut le deuxième président de la Société Watch Tower et joua un rôle primordial dans l'organisation et le développement doctrinal des Témoins de Jéhovah, mouvement qui émergea de celui des Étudiants de la Bible fondés par Charles Taze Russell.

Rutherford commença une carrière en droit, travailla comme sténographe judiciaire et comme avocat et procureur. Il développa un intérêt pour les doctrines du président de la Société Watch Tower Charles Taze Russell, ce qui mena à son adhésion au mouvement des Étudiants la Bible et à son baptême en 1906. Il fut nommé conseiller juridique de la Société Watch Tower en 1907 ainsi que représentant itinérant avant son élection comme président en 1917. Ses premiers temps de présidence furent marqués par un différend avec le conseil d'administration de la Société, dans laquelle quatre de ses sept membres l'accusèrent de comportement autocratique et cherchèrent à réduire ses pouvoirs. La crise de succession qui en a résulté divisa la communauté des Étudiants de la Bible et contribua au départ d'un septième des fidèles en 1919 et jusqu'à 75% en 1931.[1][2] Rutherford et six autres dirigeants de la Watch Tower furent emprisonnés en 1918 suite à des accusations portées au cours de la publication de Le Mystère Accompli, livre jugé "séditieux" pour ses commentaires contre la guerre.[3]

Rutherford introduisit de nombreux changements organisationnels et doctrinaux qui contribuèrent à façonner les croyances et les pratiques des Témoins de Jéhovah.[4][5] D'une manière générale, l'historien Bernard Blandre estime qu'en procédant ainsi, Rutherford "transforma le groupe en une structure totalitaire polarisée sur l'activisme et le conflit contre l'ensemble du monde extérieur",[6] "acheva[n]t de transformer ses adeptes en asociaux".[7] Ce conflit avec le monde, porté au degré le plus élevé, était, selon Blandre, "l'application consciente de la stratégie "provocation-répression-solidarité"", c'est-à-dire que le message virulent colporté par les adeptes de la Watch Tower entrainait leur persécution, laquelle était ensuite exposée dans les publications pour s'attirer la sympathie du public, présenter publiquement les Églises et les États comme leurs persécuteurs et ainsi renforcer la crédibilité du message du groupe.[8] Les changements initiés par Rutherford eurent pour conséquence d'amener les adeptes à être "embrigadés dans une formidable organisation de propagande, très imaginative, et qui fournissait une main-d'œuvre abondante et gratuite";[9] par ailleurs, la provocation (et donc la persécution qui s'ensuivait) "renforçait la cohésion du groupe", amenant les adeptes à une plus grande obéissance aux dirigeants de l'organisation.[10]

Concrètement, Rutherford imposa une structure administrative centralisée au mouvement des Étudiants la Bible dans le monde entier, qu'il appela plus tard une théocratie, exigeant que tous les adeptes distribuent des publications par l'intermédiaire du porte à porte, et que chacun d'entre eux remettent des rapports réguliers de leur activité.[11][12] Il établit 1914 comme date du retour invisible du Christ, affirma que celui-ci était mort sur ​​un arbre plutôt que sur une croix,[13][14] formula le concept actuel des Témoins d'Har-Maguédôn comme étant la guerre de Dieu sur les méchants, et renforça la croyance en l'imminence du début du règne millénaire du Christ. Il ordonna que les adeptes rejettent les fêtes traditionnelles telles que Noël et les anniversaires, refusent le salut des drapeaux et le chant des hymnes nationaux. Il introduisit le nom de "Témoins de Jéhovah" en 1931 et le terme "Salle du Royaume" pour les lieux de culte en 1935.[15]

En 1942, la Société Watch Tower affirma que sous sa présidence, près de 400 millions de livres et de brochures avaient été distribués.[16] Malgré des diminutions importantes au cours des années 1920, les effectifs du mouvement furent multipliés par sept à la fin de sa présidence qui dura 25 ans.[17][18]

Jeunesse

Joseph Franklin Rutherford à 23 ans

Originaires du comté de Morgan, dans le Missouri, les parents de Joseph furent James Calvin Rutherford (né vers 1837, Missouri) et son épouse Lenora Strickland Rutherford (née vers 1843, Tennassee). Ils vécurent tout le temps de leur vie conjugale qui dura près de cinquante ans sur la petite ferme qu'ils possédait à trois miles et demi au nord de Versailles, dans le Missouri. Selon le prêtre catholique Richard Felix, auteur d'une brochure sur Rutherford, les parents étaient des "honnêtes gens qui travaillaient dur, respectés par tout le monde". Tous deux étaient des membres actifs de l’Église Baptiste Liberté ("Freedom Baptist Chruch") située moins d'un mile de leur maison. Ce fut dans le petit cimetière près de cette église que les parents de Joseph furent tous deux enterrés.[19]

Ils eurent en tout huit enfants, trois fils et cinq filles. Les enfants étaient Virginia Rutherford (née vers 1860), épouse Ross, qui était enseignante en 1880 et vivait à Versailles dans le Missouri vers 1940, Anna Rutherford (née vers 1861), épouse Neville, Salena [ou Lena] Rutherford (née vers 1863), épouse Mc Daniels, William P. Rutherford (né vers 1865), Florence [ou Flora] Rutherford (née vers 1867), épouse Chism, Joseph Rutherford (né le 8 novembre 1869) et James Bertie Rutherford (né en 1876, vivait à Kensas City en 1926). Une autre fille Ella Rutherford (date de naissance inconnue), épouse NewKirk, résidait à Tipton, dans le Missouri vers 1940. Trois des filles, Flora, Lena et Anna étaient déjà décédées en 1940.[20]

Ainsi, Rutherford, second fils de la famille, fut élevé dans la religion baptiste par ses parents, dans une condition de quasi-pauvreté. Certaines sources indiquent que son lieu de naissance était Boonville, dans le Missouri, mais son certificat de décès mentionne Versailles, dans le Missouri.[21][22] Rutherford développa un intérêt en droit à partir de l'âge de 16 ans;[23] il étudia le droit contre l'avis de son père,[24] qui n'accepta qu'à la condition que son fils paie un travailleur qui prendrait sa place à la ferme familiale. Rutherford contracta un emprunt,[25] et paya ses études de droit en travaillant comme démarcheur à domicile pour vendre des encyclopédies.[26]

Le 30 décembre 1891, il se maria avec Mary Fetzer au domicile de la mère de Mary, et la cérémonie fut présidée par le révérend Gauss de l'Église presbytérienne.[27] Le couple devint père d'un fils prénommé Malcom, né le 10 novembre 1892.

Son père James décéda le 11 juillet 1912, et sa mère Lenora le 9 octobre 1926. Cette dernière était invalide durant les trois dernières années de sa vie. Au moment de sa mort, elle était aveugle et recevait une aide du gouvernement sous la forme d'une pension pour aveugles, comme le prouvent les dossiers de la Cour des successions à Versailles. Lors du décès de sa mère, Joseph prononça un sermon funèbre.[19]

Parcours professionnel

Carrière dans le droit

Rutherford devint greffier et passa deux ans à partir de 1890 sous la tutelle du juge E.L. Edwards. Il devint le greffier officiel du 14ème district judiciaire du Missouri.[28] En raison de sa connaissance de la loi grâce à son emploi de greffier, il fut admis au barreau de Boonville le 5 mai 1892 après un examen oral passé devant cinq membres du barreau dans le Missouri.[29][30] Il servit d'avocat pour un cabinet juridique,[31] et exerça la profession de procureur public à ce même barreau pendant quatre années. Il fut nommé juge spécial dans la Eighth Judicial Circuit Court du Missouri,[26][32][33] et fut juge suppléant au moins une fois quand un juge ordinaire fut dans l'incapacité de siéger.[25] Il fut admis au barreau de New York en 1909 et put exercer devant la Cour suprême des États-Unis la même année.[34] Toutefois, sa probité en tant qu'avocat fut mise en cause par deux jugements défavorables contre lui pour offenses à la Cour ainsi que ses procédés professionnels douteux considérés comme peu honnêtes par la Cour d'appel du Missouri.

Controverse sur son titre de "Juge"

Déposition de Rutherford sur sa fonction de Juge en 1918

Tout au long de sa carrière à la tête des Témoins de Jéhovah, Rutherford se fit appeler "Juge" Rutherford, que ce soit dans les livres, revues ou annonces de ses discours. Pourtant comme l'ont noté ses détracteurs, il n'a jamais eu de charges de Juge. Certains critiques dont Bill Cetnar, ancien membre du Béthel de Brooklyn, affirment qu'il a été juge temporaire pendant quatre jours, au moment où le juge titulaire de son barreau fut malade. D'autres, comme l'auteur anonyme cité par Edmond Gruss dans son livre The Four President of The Watchtower, qui prétend qu'Alexander Macmillan était l'ami de son père et à ce titre lui a fourni des informations, sont d'accord sur ces quatre jours, mais prétendent que le juge officiel ne voulait pas se mouiller par temps de pluie et a envoyé Rutherford à sa place.

À ce sujet, le transcript du jugement opposant l'ancien juriste Olin Moyle contre la Société Watch Tower rapporte le témoignage de Frederick Franz, futur président de la Watch Tower, et de Hayden Convington, agissant en tant qu'avocat de l'accusé, la Watch Tower. Si Franz affirma avoir appelé "Juge" Rutherford, parce que l'intéressé se présentait lui-même comme juge, et ne sachant pas s'il l'avait été ou pas; Convington accrédita la thèse du juge temporaire de quatre jours, sans donner d'explication. Néanmoins, quand il tenta d'affirmer que les juristes du Missouri avaient pris l'habitude de nommer Rutherford en le faisant précéder du terme "Juge", le président du tribunal, qui avait été juriste dans le Missouri et qui prétendait connaître l'affaire, contredit et annula cette affirmation de Convington.[35] Lors du procès de 1918, Rutherford n'entra pas dans les détails, mais donna à peu près la même version.[36]

Engagement politique

Avant de connaître les Étudiants de la Bible et même après, il fut, semble-t-il, actif en politique. En 1892, il participa à la campagne réussie en vue de la présidence de Grover Cleveland. En 1896, deux ans après sa prise de contact avec les Étudiants de la Bible, il se présenta sous la bannière démocrate à la législature de l'État du Missouri mais échoua à 100 voix près. En 1896 et 1900, il participa brièvement aux campagnes perdues de William Jennings Bryan,[37] démocrate et ardent fondamentaliste religieux qui fut par la suite l'avocat pour la cause créationniste dans le procès Scopes lui aussi perdu en 1925. Bryan fut aussi opposé à l'entrée en guerre des États-Unis en 1917, tout comme Rutherford.

Implication dans la Watch Tower

Aux côtés de Russell

C'est en 1894 que Rutherford entra en contact avec le mouvement des Étudiants de la Bible par l'achat de trois livres de la série Millennial Dawn et de revues à des colporteurs comme en témoigne une lettre publiée dans La Tour de Garde du 15 avril de cette année-là. À l'époque, il percevait toutes les religions comme étant hypocrites, mais fut touché par la sincérité de Russell,[38][39] et écrivit à la Société Watch Tower pour la remercier des livres.[40] Malgré cela, il ne se fit baptiser que douze ans plus tard, en 1906, année où il publia son premier livre Le salut de l'homme selon le point de vue d'un homme de loi. Avec son épouse, il tint des classes d'études bibliques à son domicile,[37] et abandonna son travail d'avocat dans le Missouri en 1907.[41]

Peu de temps après, il apparut comme orateur d'une convention des Étudiants de la Bible en août aux Chutes du Niagara,[42] et dans le même temps, devint le conseiller juridique du mouvement à son siège social de Pittsburgh. Il servit dans ce rôle lors des affaires opposant Charles Russell à sa femme Maria en 1908 en vue de leur séparation, et dans l'affaire du "blé miraculeux". Selon La Tour de Garde du 15 juin 1908, Rutherford servit comme pèlerin à cette date.[31] Comme la santé de Russell se détériorait, il représenta aussi ce dernier lors de voyages en Europe,[43] et en avril 1915, il participa à un grand débat avec le prédicateur baptiste J.H. Troy à Los Angeles devant un auditoire de 12 000 personnes,[44][45] à débattre des sujets divers, dont l'état de les morts, le feu de l'enfer et la seconde venue du Christ.[46][47]

En 1915, il publia une défense dithyrambique du pasteur Russell, appelée Une grande bataille dans les cieux ecclésiastiques, panégyrique de Russell dans le rôle de David contre Goliath, représentant tous ses opposants religieux, étendus à la totalité des autorités ecclésiastiques du monde entier. Si Russell accepta ce cadeau, il ne voulut pas néanmoins être associé au projet tout en acceptant d'en informer les lecteurs de La Tour de Garde pour qu'ils le commandent.[48]

Transcript procès Olyn Moyle- Témoignage d'Isaac Hoskins

Rutherford quitta le Béthel cette année-là pour reprendre son activité d'avocat à Monrovia près de Los Angeles pour une chaîne de magasins. À cette occasion, il demanda une fort dédommagement financier de 1 000 dollars de l'époque à Russell, pour ouvrir un cabinet d'avocat à Los Angeles, ce que ce dernier accepta. Cette demande laissait sous-entendre que c'était en fait Russell qui aurait demandé à Rutherford de quitter le Béthel. C'est en raison de cette demande, et des distances de Russell sur le livre de Rutherford, que certains critiques évoquèrent à l'époque le froid qui aurait existé entre les deux hommes dans les dernières années de la vie du pasteur. Néanmoins, cet avis doit être nuancé par le fait que Russell ne demanda pas la radiation de Rutherford des directeurs de la Société, ni ne chercha quelqu'un d'autre pour être son dépositaire testamentaire. De plus, Rutherford participa toujours aux assemblées en tant qu'orateur: par exemple, il fut l'un des orateurs aux côtés de Russell le 15 juillet 1915 à l'assemblée de Springfield, dans le Massachusetts, et fut le président de l'assemblée de Los Angeles du 2 au 10 septembre 1916. On peut néanmoins se demander si ce n'est pas peu de responsabilités pour un directeur de la Société. De plus à partir de 1913, Russell n'eut plus eu la majorité des actions de la Société Watch Tower et n'a pas pu à partir de cette date agir à sa guise avec les directeurs comme il reconnaissait le faire dans une Tour de Garde de 1890. Sur ce point, le mystère reste donc entier, on peut néanmoins affirmer que Rutherford n'était pas vu par Russell comme son successeur le plus probable.

Élection à la présidence

Le jour même de la mort de Russell, Alexander H. Macmillan, alors manager général en l'absence de Russell au Béthel de Brooklyn, intercepta un télégramme de Menta Sturgeon, le secrétaire particulier de Russell, envoyé à sa femme et qui annonçait le décès du pasteur. Il avertit immédiatement Rutherford, alors présent à une assemblée à Oakland dans le Marynland, le décidant à partir dans l'urgence pour le Béthel car il était le dépositaire testamentaire du pasteur.

Deux jours après, le conseil des directeurs élut à la place de Russell Andrew Pierson et nomma un comité exécutif de trois directeurs chargé de l'intérim: A.I. Ritchie, W.E. Van Amburgh et J.F. Rutherford, jusqu'aux nouvelles élections lors de l'assemblée générale de janvier suivant.[49] Ce comité fut lui-même supervisé par le comité des directeurs dans son ensemble. Rutherford rejoignit également un comité de rédaction de cinq personnes pour faire publier La Tour du Garde à partir du numéro du 15 décembre 1916. Dans son testament, Russell avait décrété qu'après sa mort le magazine devait être géré par un comité de rédaction de cinq personnes;[50] il n'avait placé Rutherford que quatrième sur une deuxième liste alternative de cinq membres destinée à combler d'éventuelles vacances à cette fonction.[51]

Très vite le dynamisme et la connaissance de la loi de Rutherford le désignèrent comme possible candidat à la présidence. La Société Watch Tower était à l'époque une société d'édition dont la nomination des dirigeants revenait aux actionnaires. Toute personne donnant dix dollars avait droit à un vote, et chaque donation supplémentaire de dix dollars donnait droit à un vote supplémentaire. C'était le 6 janvier 1917 que Rutherford, seul candidat, fut élu par les actionnaires comme président, Pierson comme vice-président et Van Amburgh comme secrétaire-trésorier. Un fait parmi bien d'autres montre que Rutherford savait qu'il allait être élu président, avant même cette élection: sa biographie avait été envoyée aux journaux éloignés une semaine avant l'élection pour qu'elle paraisse le jour de l'annonce de son élection.

Une brochure publiée par les quatre directeurs exclus en 1918, affirme que MacMillan s'était vanté après l'élection d'avoir pris de vitesse ceux qui voulaient présenter leur candidature et ainsi laisser pour seul candidat Rutherford. De ce fait, les votes prévus pour d'autres candidats sur les procurations d'Étudiants de la Bible qui n'avaient pas pu être là, furent mécaniquement reportés sur la candidature unique de Rutherford.

Le jour de l'élection, Rutherford proposa de nouvelles règles de fonctionnement ou By-Laws pour la Société Watch Tower, lui donnant tout pouvoir et créant un comité consultatif de trois "frères" pour le président, comité indépendant du comité des directeurs de la corporation. Il fit examiner ce texte pendant que les actionnaires écoutaient des discours, par un comité de trois Étudiants de la Bible — "Frère" Margeson de Boston, "Frère" Bricker de Pittsburgh et "frère" Ostrander de Cleveland —[52] qui, après examen, souhaita le modifier pour donner un droit de regard du conseil des directeurs sur le comité et les actions du Président. Rutherford intercepta le comité ainsi que le texte amendé proposé par celui-ci avant que son porte-parole n'arrivât sur le podium, et parlementa pendant une heure avec les membres du comité pour qu'ils laissent inchangé son texte, les menaçant de faire un scandale. Apeurés, les trois "frères" acceptèrent, et les actionnaires approuvèrent le texte. De retour de l'assemblée, Rutherford convoqua dans la foulée les directeurs, seuls à même de pouvoir valider légalement ces By-Laws, afin les leur faire entériner.[53] Il semble que ces directeurs ne savaient pas que les actionnaires n'avaient pas le droit de voter des By-Laws,[54] en conséquence de qui ils validèrent le texte.

De son côté, Macmillan déclara plus tard que les tensions au siège de la Société avait augmenté à mesure que le jour de l'élection des dirigeants de la Société approchait. Il écrivit Van Amburgh et lui-même détenaient un grand nombre de votes et que de nombreux actionnaires, sachant leur longue association avec Russell, leur envoyèrent leurs procurations afin qu'ils votent pour celui qu'ils estimaient le plus apte pour le poste de président.[55] Macmillan affirma avait refusé, un mois plus tôt, l'offre de Russell pour le poste de président après sa mort,[56] et dit avoir été d'accord avec Van Amburgh sur le fait que Rutherford leur semblait le meilleur candidat. Pour Macmillan, "il n'y a[vait] aucun doute dans [son] esprit que la volonté du Seigneur s'accomplissait dans ce choix".[57]

Schisme de 1917

Voir articles détaillés Crise de succession de 1917 et Paul Samuel Leo Johnson

Il semble que les directeurs qui furent expulsés n'étaient pas appréciés pour leurs capacités avant même la mort de Russell par le triumvirat qui prit le pouvoir (Rutherford, Van Amburgh, Macmillan), témoin l'anecdote rapportée dans Light After Darkness par l'un de ces directeurs: pendant la veillée funèbre de Russell, le 6 novembre 1916, Macmillan aurait approché l'un deux pour lui proposer discrètement de quitter son poste de directeur pour que des personnes plus compétentes prennent sa place, menaçant celui-ci d'être mis à la porte s'il ne le faisait pas lui-même.[58]

Le 6 janvier 1917, Rutherford, alors âgé de 47 ans, fut élu président de la Société Watch Tower, sans opposition, lors du congrès de Pittsburgh. Les By-Laws adoptés tant par la Convention de Pittsburgh que par le Conseil d'administration précisaient que le président serait le directeur exécutif et général de la Société, lui donnant ainsi la pleine charge de ses affaires dans le monde entier.[59] Une fois Rutherford élu et ayant tout pouvoir, et Van Amburgh confirmé trésorier de la Watch Tower, il nomma Macmillan représentant spécial de Rutherford au Béthel, le pouvoir devenant ainsi cadenassé. Le seul qui pouvait alors faire contrepoids était Pierson, nommé vice-président de la Watch Tower; il habitait à plusieurs jours de trajet du Béthel. On peut se demander si au fond cette prise de pouvoir ne s'était pas réalisée si facilement tant en raison du dynamisme et de l'esprit calculateur d'un Rutherford qu'en raison de la naïveté et de la passivité des directeurs.[60]

Les problèmes rencontrés avec l'Angelophone et l'argent "disparu" du Photo-Drame de la Création provoquèrent très vite une rupture entre les trois dirigeants et les autres, rupture d'autant plus rapide que Rutherford ne s'embarrassa pas de dire aux intéressés que ce n'était pas leur affaire et qu'ils n'avaient aucun pouvoir de décision, ni même de vérifier les comptes. En juin, quatre des sept directeurs de la Société Watch Tower — Robert H. Hirsh, Alfred I. Ritchie, Isaac F. Hoskins et James D. Wright — décidèrent qu'ils avaient commis une erreur en approuvant des pouvoirs élargis à Rutherford pour la direction de l'organisation, affirmant que celui-ci était devenu autocrate.[61] Dès avril, ces directeurs prirent des avis juridiques extérieurs, notamment auprès de Francis H. McGee, un juriste, assistant de l'avocat général de la cour du New Jersey et Étudiant de la Bible, pour savoir ce qu'ils pouvaient faire avec les By-Laws passés. En juin, Hirsch tenta d'annuler le nouveau règlement et de récupérer l'autorité du Conseil du président.[62] Rutherford prétendit plus tard qu'il avait alors détecté une conspiration parmi les administrateurs, affirmant que ceux-ci cherchaient alors à prendre le contrôle de la Société.[63]

En juillet, Rutherford gagna un avis juridique de la part d'un avocat de Philadelphie qui lui dit qu'aucun de ses opposants ne pouvaient être légalement reconnus comme administrateurs de la Société. La littérature de la Watch Tower affirme que les conseils juridiques donnés aux directeurs évincés avaient confirmé celui de Rutherford;[64] cependant, les brochures produites par les membres du Conseil expulsés à l'époque indiquèrent que leur conseils juridiques, obtenus auprès de plusieurs avocats, étaient en désaccord avec celui de Rutherford.[65][66] Selon eux, si les quatre directeurs n'étaient pas légaux, les trois autres (Rutherford, Van Amburgh, Pierson) ne l'étaient pas non plus, car on choisissait les officiers du mouvement parmi les directeurs, s'il n'y a plus de directeurs, il n'y a plus d'officiers. De plus, la jurisprudence du comté démontrait que dans ces cas particuliers, on attendait simplement la prochaine réunion des actionnaires au cours de laquelle serait choisis légalement leurs nouveaux directeurs. Enfin, Rutherford avançait l'idée que, puisque la Watch Tower était une corporation de Pennsylvanie, la loi obligeait à ce que trois des administrateurs habitent dans ce comté; toutefois, les directeurs démontrèrent que cette loi postérieure à l'incorporation de la Société ne pouvait pas s'appliquer rétroactivement. En dehors de Macmillan, les trois autres frères nommés habitaient loin du Béthel, tout comme déjà le vice-président Pierson qui habitait Cromwell dans le Connecticut. Les frères Spill et Bohnet habitaient Pittsburgh, le frère Fischer vivait à Scranton, tous dans l'État de Pennsylvanie. Ainsi, aucun des directeurs autres que Van Amburgh, Rutherford et Macmillan ne pouvaient avoir une vue des activités du mouvement.

Le 20 juin, une réunion des directeurs eut lieu, durant laquelle les quatre directeurs proposèrent de réécrire les By-Laws, mais Rutherford, furieux, fit ajournée la réunion jusqu'au 20 juillet; pendant ce temps, il partit en voyage à Philadelphie pour prendre des conseils juridiques. Lors de son absence au début de juillet, le conflit atteignit son paroxysme, quand les quatre directeurs apprirent qu'ils n'avaient plus le droit de rentrer au Tabernacle de Brooklyn; incrédules, ceux-ci décidèrent de s'y rendre malgré tout, et Macmillan, qui avait été averti de leur venue, leur demanda de sortir. Face à leur refus, il appela un policier, mais celui-ci rebroussa chemin, reconnaissant qu'il n'avait aucun droit d'intervention dans des affaires privées.

De retour à Brooklyn, Rutherford convoqua une réunion des directeurs trois jours avant la date, réunion dans laquelle il annonça l'expulsion des quatre directeurs. Son argumentation juridique reposait sur le fait que, selon la loi, les directeurs devaient être élus annuellement par les actionnaires, ce qui n'était pas le cas, puisqu'ils avaient été nommés par Russell ou par les autres directeurs. Rutherford pensa que les trois autres directeurs, qui avaient été élus officiers (Président, Vice-Président et Trésorier) par les actionnaires ne se trouvent pas dans ce cas de figure. De ce fait, le 12 juillet, Rutherford remplit ce qu'il prétendait être quatre postes vacants au Conseil d'administration en nommant Macmillan, l'Étudiant de la Bible de Pennsylvanie W. E. Spill, John A. Bohnet et George H. Fisher en tant qu'administrateurs.[67]

Le 31 juillet, Rutherford réunit le Conseil d'administration de la People's Pulpit Association afin d'expulser de celui-ci les frères Hirsh et Hoskins. Quatorze des 40 membres de l'association furent présents. Rutherford déclara que ces directeurs étaient opposés au travail de cette association et devaient donc en être exclus. Il n'arriva pas à convaincre la majorité des membres présents, néanmoins Macmillan présenta les proxys envoyés et utilisés pour l'élection des directeurs du 10 janvier et vota avec ceux-ci pour obtenir la majorité. Cette procédure était illégale, un proxy ne servant que pour le vote auquel il était prévu. De ce fait, certains des membres présents protestèrent, d'autres le feront plus tard, comme Paul E. Thomson dans une lettre à Macmillan, déclarant que son proxy ne servait que pour le 10 janvier et qu'il était contre le vote qu'on lui avait fait prendre.[68]

Entre août et novembre, la Société et les quatre directeurs évincés publièrent une série de pamphlets, chaque camp accusant l'autre de comportement ambitieux et autoritaire. Les anciens administrateurs affirmèrent également que Rutherford avait demandé à tous les travailleurs du siège de Brooklyn de signer une pétition afin de le soutenir, et ceci avec la menacé de licenciement de tous ceux qui ont refuseraient de signer.[58] Les anciens administrateurs quittèrent le siège de Brooklyn le 8 août.[69] Le 5 janvier 1918, les actionnaires retournèrent au bureau de Rutherford.

De plus, vers la même époque, un conflit opposant Rutherford à Paul Samuel Leo Johnson éclata à ce moment-là à propos des pouvoirs de ce derniers dans l'organisation; néanmoins d'après les directeurs expulsés, ce n'était pas la cause des leurs problèmes, bien que la Watch Tower ait présenté Johnson comme étant à l'origine de la "rébellion" des quatre administrateurs.

La controverse fractura le mouvement des Étudiants de la Bible et certaines congrégations se divisèrent en groupes opposés fidèles soit à Rutherford, soit à ceux qu'il avait expulsés. À la mi-1919, environ un septième des Étudiants de la Bible avait choisi de quitter le mouvement plutôt que d'accepter la direction de Rutherford, et au cours de la décennie suivante des groupes dissidents de la Watch Tower furent formés, dont les Standfasters, le Mouvement Missionnaire Intérieur Laïque, la Dawn Bible Students Association, l'Institut Biblique Pastoral, le Mouvement de la Voix d'Élie et la Société de l'Aigle, entre autres.

Publication du Mystère Accompli et conséquences

À la fin de 1916, deux éminents Étudiants de la Bible du siège de Brooklyn, Clayton J. Woodworth et George H. Fisher, demandèrent l'approbation du Comité exécutif afin de produire un livre sur les prophéties des livres de la Révélation et Ézéchiel qui aurait été basé sur les écrits de Russell.[70] Le livre, Le Mystère Accompli, présenté dans les publications de la Watch Tower comme étant le septième volume de la série des Études dans les Écritures et une œuvre posthume de Russell, fut publié à l'insu de l'ensemble du Conseil d'administration et du Comité de rédaction,[65] par Rutherford au siège mondial le 17 juillet 1917, le jour où il annonça la nomination de quatre administrateurs de remplacement.

Bien que dénoncé par les adversaires de Rutherford, le livre fut immédiatement un best-seller, traduit en six langues et publié en feuilleton dans La Tour de Garde.[71] Rutherford, qui attendait pour 1918 l'établissement du Royaume de Dieu sur terre et l'enlèvement des saints au ciel,[71] commença une vaste campagne publicitaire pour dénoncer l'"iniquité" des religions et de leurs alliances avec les gouvernements "bestiaux", développant les affirmations du Mystère Accompli comme quoi le patriotisme était une illusion et un meurtre.[72][73] La campagne attira l'attention des gouvernements et le 12 février 1918, le livre fut interdit par le gouvernement canadien au motif de "déclarations séditieuses et anti-guerre", selon un journal de Winnipeg.[74] Le 24 février, à Los Angeles, Rutherford prononça une conférence intitulée "Le monde touche à sa fin - Des millions de personnes actuellement vivantes peuvent ne jamais mourir" (les titres des discours ultérieurs sur ce thème furent rebaptisés "Des millions de personnes actuellement vivantes ne mourront jamais")[75][76] dans laquelle il attaquait le clergé en déclarant: "En tant que classe, selon les Écritures, les membres du clergé sont les hommes les plus répréhensibles sur terre pour la grande guerre qui est en train d'affliger l'humanité."[74] Trois jours plus tard, l'Army Intelligence Bureau saisit les bureaux de la Société de Los Angeles et la littérature fut confisquée.

Au début de mai 1918, le procureur général américain Thomas Watt Gregory condamna Le Mystère Accompli comme étant "l'un des exemples les plus dangereux de (...) propagande (...), une œuvre écrite dans un langage extrêmement religieux et distribuée en masse".[77] Des mandats furent émis pour arrêté Rutherford et les sept autres administrateurs de la Watch Tower sur des accusations de sédition en vertu de la Loi sur l'espionnage. De ce fait, deux Tour de Garde de cette période se montrèrent étonnamment bienveillantes envers le gouvernement américain, affirmant que les adeptes pouvaient acheter des bons servant à financer la guerre et à se joindre à la jour de prière en faveur de la victoire, ce qui amena le schisme des Standfasters. Le 21 juin, sept d'entre eux, y compris Rutherford, furent condamnés à 20 ans d'emprisonnement. Rutherford craignait alors que ses adversaires ne prennent le contrôle de la Société, en son absence. Le 2 janvier 1919, il apprit qu'il avait été réélu président lors du congrès de Pittsburgh la veille.[78] En mars 1919, les administrateurs furent libérés sous caution après qu'une cour d'appel statua qu'ils avaient été condamnés à tort; en mai 1920, le gouvernement annonça que toutes les charges avaient été abandonnées.[79]

Non-respect des dernières volontés de Russell

Voir article détaillé Non-respect du testament de Russell

Russell avait, neuf années avant son décès, exprimé ses souhaits dans un testament qui parut dans La Tour de Garde (anglais) du 1er décembre 1916, puis dans un supplément du périodique en 1927. Or, bien que s'étant engagé à les respecter, Rutherford, une fois à la tête de l'organisation, se permit de passer outre aux volontés de Russell, notamment en congédiant le comité de rédaction et en publiant un nouveau magazine. De son côté, White considère qu'en agissant de la sorte, Rutherford "démontra son mépris pour le testament de Russell ainsi que pour son serment de le suivre", et son non-respect des volontés du défunt était motivé par un désir de s'octroyer "suffisamment de pouvoir".[80] À l'époque, ce comportement irrespectueux provoqua des divisions au sein des Étudiants de la Bible.

Réorganisation de la Watch Tower

Changements organisationnels

Après sa sortie de prison, Rutherford commença une réorganisation majeure des activités des Étudiants de la Bible. Lors d'une convention en mai 1919 dans l'Ohio, il annonça la publication d'un nouveau magazine, L'Âge d'Or (plus tard rebaptisé Réveillez-vous!). Le testament de Russell décrétant que la Société ne devait pas publier d'autres périodiques,[81] le nouveau magazine fut d'abord publiée par "Woodworth, Hudgings & Martin", avec une adresse à Manhattan (plutôt qu'à Brooklyn).[82] En quelques mois, les Étudiants de la Bible furent organisés pour le distribuer dans le cadre du porte-à-porte.[81] Rutherford fit élargir les imprimeries de la Société, relança le travail de colporteur et, en 1920, introduisit l'obligation des rapports hebdomadaires de l'activité de prédication pour chaque Étudiant de la Bible.[83][84] Il réorganisa aussi les filiales à l'étranger,[85] travail qu'il considérait comme un "nettoyage" et un "criblage" de l'œuvre.[86]

En commençant par une convention de huit jours à Cedar Point, dans l'Ohio, en septembre 1922, Rutherford lança une série de grandes conventions internationales, sous le thème "Proclamez le Roi et son Royaume", attirant jusqu'à 20 000 personnes.[87] Le public fut invité à "annoncer le message à grande échelle".[88] Il souligna que le premier devoir de tous les Étudiants de la Bible était de devenir des "agents de publicité" dans l'accomplissement de Matthieu 24:14, notamment sous la forme de porte-à-porte avec les publications de la Société.[89][90] En 1928, Rutherford commença à enseigner que la convention de Cedar Point et les événements qui lui étaient rattachés accomplissaient la prophétie des 1290 jours mentionnés en Daniel 12:11.[91][92]

Rutherford publia la brochure, Des millions actuellement vivantes ne mourront jamais en 1920, et son premier livre cartonné, La Harpe de Dieu, l'année suivante. Ceci fut suivi par 19 autres livres à couverture rigide, chacun avec un seul mot dans le titre, tels que la Création (1927), Jéhovah (1934) ou Enfants (1941). Ses publications atteignirent un tirage total de 36 millions d'exemplaires.[93] En 1925, il acquit le plein contrôle sur les doctrines qui seraient enseignées dans les publications de la Société Watch Tower, outrepassant le refus par le Comité de rédaction de cinq hommes de publier son article, "Naissance de la Nation",[94] qui contenait d'importantes modifications doctrinales.[95] Rutherford prétendit plus tard que Satan avait "tenté d'empêcher la publication de cet article, (...) mais avait échoué dans cet effort".[96] En 1927, la Société Watch Tower cessa l'impression des Études dans les Écritures de Russell[97] (1929 dans la version française;[98] les volumes furent proposés à la vente au moins jusqu'en novembre 1929).[99] Le Comité de rédaction fut dissout en 1931, après quoi Rutherford écrivit chaque premier article de La Tour de Garde, et ainsi jusqu'à sa mort.[100] L' Annuaire des Témoins de Jéhovah de 1933 déclara que la disparition du Comité de rédaction indiquait "que le Seigneur lui-même était en train de diriger son organisation".[101]

Rutherford développa les moyens de diffusion du message de la Watch Tower en 1924 avec le début des émissions de radio de 15 minutes, d'abord à partir de la station WBBR, basée sur Staten Island, et éventuellement par l'intermédiaire d'un réseau de 480 stations de radio.[102] Une conférence de 1931 fut diffusée à travers l'Amérique du Nord, en Australie et en France, mais ses attaques sur le clergé ont abouti à ce que les réseaux de radio NBC and BBC interdisent sa diffusion.[103]

En 1928, Rutherford commença à abolir le système d'élection des anciens par le vote dans les congrégations, les rejetant comme "orgueilleux" et "paresseux", pour finalement affirmer en 1932 que l'élection des anciens de cette façon n'était pas scripturaire.[104][105] Il requit des anciens qu'ils obéissent aux "règlements", "instructions" et "directions" de la Société sans se plaindre.[106] Les directeurs de services, furent nommés dans chaque congrégation et une "réunion de service" hebdomadaire introduisit les programmes de la réunion.[107] En 1933, Rutherford affirma que l'abolition des anciens électifs avait été un accomplissement de la prophétie des 2 300 jours de Daniel 8:13,14, et que le sanctuaire de Dieu (la Société Watch Tower) avait ainsi été nettoyé.[108]

Lors d'une assemblée desÉtudiants de la Bible en 1931 à Columbus, dans l'Ohio, Rutherford proposa un nouveau nom pour l'organisation, celui de Témoins de Jéhovah, pour les différencier de la prolifération des autres groupes qui continuaient à suivre les enseignements de Russell.[102] Les Étudiants de la Bible qui se sont opposés ou avait abandonné Rutherford pour former de nouveaux groupes furent de plus en plus décrits comme étant la "classe méchant serviteur" dans La Tour de Garde, qui dit qu'il était mal de prier pour ceux qui étaient "infidèles".[109][110] Quatre ans plus tard, le terme "Salle du Royaume" fut introduit pour désigner le lieu de culte des congrégations.[111]

En 1937, le programme de prédication de porte-à-porte fut étendu afin d'inclure formellement les "nouvelles visites" des personnes intéressées et les Témoins furent invités à commencer des études "bibliques" d'une heure au domicile des gens.[112][113] À la fin des années 1930, Rutherford introduisit dans le cadre de la prédication l'utilisation de "voitures sonores" et de phonographes portables avec lesquels les Témoins diffusaient des discours de Rutherford aux passants et dans les foyers.[112]

En 1938, il introduisit le terme "théocratie" pour décrire le système de gouvernement de la religion, et à ce sujet le périodique Consolation expliqua: "La théocratie est actuellement administré par la Watch Tower Bible and Tract Society, dont le juge Rutherford est le président et directeur général".[114] Les serviteurs de zone — maintenant connu comme surveillants de circonscription — furent nommés pour superviser les congrégations. Dans un article de La Tour de Garde, Rutherford déclara la nécessité pour les congrégations d'"entrer en ligne" avec les changements de structure.[115][116]

En 1942, l'année de la mort de Rutherford, la fréquentation du Mémorial dans le monde entier fut de 140 450, la restructuration de la communauté des Étudiants de la Bible coïncidant avec une perte énorme d'adeptes au cours des années 1920 et 1930. L'assistance au Mémorial dans le monde passa de 90 434 en 1925[117] à 17 380 en 1928.[118] Les chiffres d'assistance au Mémorial ne dépassèrent pas 90 000 avant 1940.[118] L'auteur Timothy White, qui analysa l'assistance et les statistiques du "travail du champs", donne à penser qu'il était les Étudiants de la Bible les "plus dédiés" qui quittèrent dans les années 1920, pour être remplacés par de nouveaux venus en grand nombre, bien que Rutherford rejeta la perte des Étudiants de la Bible originels comme étant le Seigneur qui "secouait" les infidèles.[119][120] Dans l' Annuaire des Témoins de Jéhovah de 1943, Rutherford écrivit que les chiffres de l'année indiquaient que le travail de témoignage sur terre est était presque fini.[121][122]

Changements doctrinaux

En juillet 1917, Rutherford publia Le Mystère Accompli, écrit par George H. Fisher et Clayon J. Woodworth, comme un septième volume des Études dans la Écritures. Le volume fut annoncé comme l'"œuvre posthume" et "dernier héritage" de Russell,[123][124] mais contenait plusieurs interprétations et points de vue qui n'avaient pas été adoptée par Russell,[125][126] notamment une demande pressante à tous les Étudiants de la Bible à porter un jugement sur ​​la chrétienté et sur son clergé, l'adoption de nouvelles dates pour l'accomplissement de prophéties particulières, une revendication comme quoi le salut était lié à l'adhésion à la Société Watch Tower, ainsi que le bannissement et la censure de tous ceux qui rejettaient les interprétations données dans le volume ou dans les articles du magazine La Tour de Garde.

Dans le discours de février 1918 "Des millions de personnes actuellement vivantes ne mourront jamais" — imprimé sous forme de livret en mai 1920 —, une révision du calcul de Russell d'un "type Jubilé" fut présenté, remplaçant la date de 1875 par celle de 1925,[127][128] et cela en dépit du rejet par Russell d'un tel changement quelques mois avant sa mort.[129] En octobre 1920, la Société publia une nouvelle édition de Tabernacle Shadows of the Better Sacrifices, publiée par Russell en 1881, et comprenant désormais une annexe qui présentait de nombreuses altérations ou des réinterprétations des vues originales de Russell sur la mort de Jésus et le rôle des disciples du Christ dans le ciel comme antitype des cérémonies du tabernacle juif.[130]

À la convention de 1922 de Cedar Point, Rutherford commença à enseigner que le règne du Christ avait commencé en 1914,[131] et non en 1878 comme Russell l'avait enseigné.[132] Rutherford expliqua plus longuement cette vue dans La Tour de Garde du 1er mars 1925 dans l'article "Naissance de la nation", dont il reconnut plus tard qu'il avait "causé un réel émoi ou bouleversement dans les rangs."[96] En 1927, il déporta la date de la résurrection des "saints du sommeil" — tous les chrétiens qui étaient morts depuis l'époque de Jésus — de 1878 à 1918,[133][134] et dès 1930, il commença à rejeter l'année 1874 comme date de la présence invisible du Christ en faveur de 1914.[135][136]

À partir de 1925, il développa le point de vue selon lequel la bataille d'Har-Maguédôn serait une guerre universelle menée par Dieu plutôt que la croyance de Russell qui affirmait que ce terme signifiait le déclin de la société humaine dans la vie sociale, l'anarchie politique et religieuse. Rutherford fonda son interprétation sur les livres de l'Exode, de Jérémie, d'Ézéchiel, des Psaumes, ainsi que les livres de Samuel, des Rois et des Chroniques.[137][138][139] Un article paru dans La Tour de Garde du 1er janvier 1926 introduisit un nouvel accent sur l'importance du nom de "Jéhovah";[140] à partir de 1929, Rutherford enseigna que la justification du nom de Dieu - qui se atteidrait son point culminant lorsque des millions d'incroyants seraient détruits à Har-Maguédôn - était la principale doctrine du christianisme et plus important que la démonstration de la bonté ou de la grâce de Dieu envers l'humanité.[141][142][143][144] En 1932, il publia une interprétation d'un passage d'Ezéchiel décrivant l'attaque de Jérusalem par Gog de Magog, dans laquelle il prédit une intensification de la persécution des Témoins de Jéhovah qui aboutirait à l'intervention de Dieu en leur nom et ainsi à la bataille d'Har-Maguédôn qui détruirait tous les opposants à l'organisation divine.[121]

En 1926, il discrédita l'enseignement de Russell à propos de l'importance du "développement du caractère" chrétien ou de la "sanctification" personnelle,[89][145][146] et un an plus tard, rejeta l'enseignement selon lequel Russell avait été le "serviteur fidèle et prudent" de Matthieu 24:45-47, avertissant que le désir de vénérer des humains était un piège tendu par le Diable.[89][147] En mai 1926, Rutherford fit paraître son livre Délivrance à la Convention des Étudiants de la Bible de Kensington en Angleterre, interprétant plus tard l'événement comme étant l'accomplissement des 1335 jours de Daniel 12:12.[148]

En 1927, Noël fut déclaré comme étant d'origine païenne, et l'année suivante sa célébration par les Étudiants de la Bible fut condamnée comme pratique soutenant "l'organisation de Satan".[149][150] La fête des Mères fut condamnée en 1931,[151] avec les autres jours de fêtes et les anniversaires qui furent officiellement abandonnés dans les années suivantes.[152][153]

En 1928, Rutherford abandonna l'enseignement de Russell selon lequel les Juifs naturels seraient rétablis en Palestine et bénéficieraient à nouveau de la faveur de Dieu, bien que dix ans plus tôt, il avait affirmé que les prophéties de leur restauration étaient déjà accomplies avec le rachat britannique à la Turquie de la Palestine lors de la Première Guerre mondiale.[154] Il nia qu'il y eut un rôle pour les Juifs dans l'arrangement du Royaume de Dieu et, en 1933, il renversa l'enseignement précédant de Russell, affirmant que les éminents dirigeants hommes d'affaires juifs étaient "arrogants, suffisants et extrêmement égoïstes", et ne retireraient aucune position de faveur de la part de Dieu.[155] L'enseignement selon lequel Dieu rétablirait les Juifs en Palestine fut abandonné à la même époque.[156] Le Sionisme prôné par Russell avait donc disparu.

L'enseignement de Russell relatif à la Grande Pyramide de Gizeh, comme quoi elle avait été construite sous la direction de Dieu,[157] fut renversé en 1928, lorsque Rutherford affirma qu'elle avait été construite sous la direction de Satan dans le but de tromper le peuple de Dieu dans les derniers jours.[158][159] Cette annonce engandra des défections parmi les Étudiants de la Bible qui étaient dans le mouvement depuis longtemps.[160][161]

En 1930, Rutherford publia une réinterprétation systématique du livre de l'Apocalypse.[162] Beaucoup de symboles contenus dans le livre furent appliqués aux événements ayant suivi l'année 1918, particulièrement les assemblées de la Watch Tower organisées entre 1922 et 1928.[163] Ces nouvelles interprétations constituaient à la fois un rejet en bloc des compréhensions antérieures de Rutherford lui-même aussi bien que des interprétations historicistes du pasteur Russell.[164][165][166]

Lors d'un congrès à Washington DC en 1935, Rutherford rejeta l'enseignement de Russell selon lequel la "grande foule" d'Apocalypse 7:9 aurait été une "classe spirituelle secondaire" composée de millions de chrétiens qui seraient ressuscités au ciel en dehors des 144 000 "élus", mais plutôt que cette "grande multitude", identifiée aux "brebis" de Matthieu 25 et aux "Jonadabs" de 2 Rois 10, représente toutes les personnes qui pourraient potentiellement survivre à Har-Maguédôn et recevoir la vie éternelle en tant qu'humains sur la terre s'ils sont devenus Témoins de Jéhovah avant que la destruction des méchants n'ait commencé.[167][168]

En 1935, Rutherford s'opposa à la législation de l'État américain qui exigeait des élèves qu'ils saluent le drapeau afin de leur inculquer le patriotisme; dans l' Annuaire des Témoins de Jéhovah de 1936, il déclara que les Témoins de Jéhovah baptisés qui salueraient le drapeau rompraient ainsi leur alliance avec Dieu et seraient donc "coupables de mort".[169] En 1940, les enfants de 43 États furent expulsés pour avoir refusé de saluer le drapeau et la Société Watch Tower porta la plupart des cas en justice, et Rutherford lui-même plaida sans succès dans l'affaire Minersville School District v. Gobitis. La controverse sur la question du salut du drapeau s'emplifia et les attaques des foule se répandirent dans de nombreux États américains jusqu'en 1943 lorsque le tribunal annula sa décision antérieure dans l'affaire West Virginia State Board of Education v. Barnette.[170] Un magazine de droit américain nota comment les Témoins de Jéhovah avaient aidé à façonner le cours de droit constitutionnel, en disant: "Grâce à des litiges presque constants, cette organisation a rendu possible une liste toujours croissante de précédents concernant l'application du 14e amendement à la liberté d'expression et de religion".[171]

En 1936, Rutherford rejeta la croyance de la mort de Jésus sur une croix romaine, remplaçant celle-ci par un pieu ou un "arbre".[172]

D'une manière générale, le fondement de la lutte contre le "monde" entamée par Rutherford se nomma dans sa théologie "la trinité non-sainte" composée du Big Business, de la religion, et de la politique. Cette trinité contrôlait ou tentait de contrôler le monde pour le compte de Satan. Ironiquement, Rutherford partageait cette vision du monde avec un politicien de son époque, le Rep. Louis T. McFadden, représentant républicain de la Pennsylvanie au Congrès de 1920 à 1934, homme réputé pour son profond antisémitisme. Rutherford proposa un texte au Congrès pour permettre à la Société Watch Tower de continuer à émettre, malgré les protestations. Durant la présentation de ce texte devant le congrès, McFadden donna la même définition que Rutherford du monde dominé par trois courants destructeurs.[173]

Personnalité et vie privée

Voir articles détaillés Personnalité de Rutherford, Sexualité de Rutherford et Alcoolisme de Rutherford

Rutherford était un homme grand et solidement construit,[174] avec une attitude sénatoriale et une voix puissante qui contribua à faire de lui un orateur marquant;[175][176] en 1917, le New York Times affirma même que Rutherford "a[vait] une réputation d'éloquent et d'énergique d'orateur".[177] Toutefois, son caractère, sa personnalité et sa vie privée constituent bien souvent d'importants points de controverses dans l'histoire du mouvement des Témoins de Jéhovah. Hormis la littérature jéhoviste qui glorifie Rutherford — comme elle fait d'ailleurs pour tous les dirigeants de l'organisation —, le montrant comme un homme aux multiples qualités propres au chrétien oint qu'il était censé être, de nombreuses sources profanes décrivent le successeur de Russell comme un homme autoritaire, orgueilleux, misogyne, alcoolique, qui cherchait la polémique, se complaisait dans le luxe et était coureur de jupons. Le nombre de documents allant dans ce sens est si nombreux et les preuves si concordantes qu'il n'est pas possible de les ignorer et de prétendre qu'il s'agit simplement de critiques par d'anciens membres aigris. Bien qu'il ne soit absolument pas possible de généraliser, ce comportement de la part d'un des plus importants Témoins qui, n'a jamais été repris par le mouvement, remet sérieusement en question l'affirmation selon laquelle les dirigeants seraient dirigés par l'esprit saint de Dieu pour guider son peuple.

Résumant leur opinion sur Rutherford, les auteurs William Whalen et James Penton affirme qu'il était à Russell ce que Brigham Young était au prophète mormon Joseph Smith. Penton soutient que Russell et Smith étaient des chefs religieux capables, mais aussi des visionnaires naïfs, tandis que Rutherford et Young étaient des "pragmatiques durs à cuire qui ont donné un certain degré de permanence aux mouvements qu'ils dominés".[178] L'auteure Barbara Grizzuti Harrison déclare: "Le Juge semble avoir eu une vie compartimentée, la personne privée et la personne publique ne fusionnèrent jamais, comme elles le firent de façon si spectaculaire en la personne de Charles Taze Russell."[179] Sur Internet, certains critiques établissent une comparaison entre les personnalités de Rutherford et d'Al Capone.

Décès

Acte officiel de décès de Rutherford
Voir article détaillé Beth-Sarim

Dans sa soixante-dixième année, Rutherford subit plusieurs traitements médicaux lourds pour lutter contre un cancer de l'intestin.[180] Il dut subir plusieurs opérations chirurgicales en 1941, dont le 5 novembre 1941, deux mois avant sa mort, au cours de laquelle "un carcinome du sigmoïde rectal" fut détecté et l'espérance de vie de vie de Rutherford fut estimée à moins de six mois.[22] Il décéda à San Diego le 8 janvier 1942 à l'âge de 72 ans.[181][182] Sa mort fut officiellement due à "l'urémie due à un cancer du rectum attribuable à des métastases pelviennes."[22] Les documents officiels du coronaire de l'État de Californie rapportent qu'il était mort depuis plusieurs jours quand son corps a été découvert au pied d'une cage d'escalier de sa propriété de Beth-Sarim et que des morsures de rats ont été constatées sur son visage et sur ses mains.

Commentant les réactions à l'annonce de la mort de Rutherford, un membre du Béthel de Brooklyn déclara: "C'était à midi, au moment où la famille était réunie pour le déjeuner. L'annonce a été brève. Il n'y a pas eu de discours. Personne n'a pris sa journée pour mener le deuil. Nous sommes par contre retournés à l'imprimerie et avons travaillé avec plus d'ardeur que jamais."[180]

L'enterrement de Rutherford fut retardé de trois ans et demi mois en raison d'une procédure judiciaire liée à son désir d'être enterré à Beth Sarim, souhait il avait déjà exprimé à trois conseillers proches du siège de Brooklyn.[183][184] Selon la revue Consolation, "le Juge Rutherford regardait le premier triomphe du "roi de l'Orient", Christ Jésus, désormais leader de l'hôte du ciel, et désirait être enterré à l'aube, face au soleil levant, dans une partie isolée du terrain qui serait administré par les princes, qui devraient revenir de leurs tombes".[185] En se basant sur sa croyance selon laquelle les personnages de l'Ancien Testament seraient ressuscités et vivraient à Beth Sarim, Rutherford en avait conclu qu'il serait approprié que ses os soient enterrés sur la propriété.[185]

Le problème juridique se posa parce que Beth Sarim n'était pas un cimetière légalement zoné.[186] Consolation condamna les fonctionnaires du comté de San Diego pour leur refus d'accorder le permis pour l'enterrement de Rutherford à Beth-Sarim ou sur l'abri anti-nucléaire de la Watch Tower nommée Beth Shan, en déclarant: "Ce n'était pas le sort des ossements qu'ils ont décidé, mais leur propre destin. Ni c'est leur sang sur la tête de quelqu'un d'autre, parce qu'on leur a dit à trois reprises que lutter contre Dieu ou même manipuler les os de Son serviteur, ferait retomber sur eux la condamnation du Seigneur. (...) Ainsi, leur responsabilité est fixée, et ils ont suivi le chemin de Satan."[187]

L'avocat de la Watch Tower Hayden C. Covington expliqua son rôle dans le procès: "J'ai déposé une poursuite judiciaire devant les tribunaux là-bas, à San Diego, pour les forcer à nous le laisser enterrer là-bas sur cette propriété. Le juge Mundo, qui était le juge de la Cour supérieure, il l'a entendu et a renvoyé la balle, sautant d'une chose à une autre, d'une technicité à l'autre, et enfin après avoir considéré la question de façon raisonnable, Bill (William Heath), Bonnie (Bonnie Boyd), et Nathan (Nathan Knorr) et chacun d'entre nous ont décidé que nous nous étions assez battus sur ceci et cela semblait être la volonté du Seigneur que nous ramenions son corps à Brooklyn, et que nous l'enterrions à Staten Island, ce que nous avons fait".[188]

Quatre personnes uniquement, dont aucunes n'était de sa famille, assistèrent aux funérailles. Ni sa femme Mary, ni leur fils Malcom, ni ses successeurs Nathan Knorr ou Frederick Franz ne furent présents.

Des spéculations comme quoi Rutherford avait été enterré en secret à Beth Sarim se répandirent et furent qualifiées de "rumeur privé" "souvent réfutée", et de "mythe".[189][190][191] L'édition du 4 mai 1942 du magazine Time indiqua l'enterrement de Rutherford à Rossville, New York, sur Staten Island;[192] un lieu de sépulture privé pour les bénévoles de la Watch Tower est situé sur Woodrow Road.[193][194] En 2002, un gardien du cimetière adjacent répondit à une enquête, déclarant au sujet du cimetière de la Watch Tower: "Je ne pourrais pas vous dire qui est enterré là-dessus parce qu'il n'a absolument pas de marqueurs ou de pierres tombales".[195]

Le successeur immédiat de Rutherford à la tête de la WatchTower fut Nathan Knorr.

Ressources sur le sujet

Références

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  2. Arrowup.png Rogerson, 1969, p. 37
  3. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 juillet 1950, p. 217, article "Postwar Enlargement of the Theocratic Organization"
  4. Arrowup.png Penton, 1997, p. 75
  5. Arrowup.png Rogerson, 1969, p. 64
  6. Arrowup.png Blandre, Bernard (1987), Les Témoins de Jéhovah, un siècle d'histoire, Paris: Desclée de Brouwer, pp. 60, 61 (ISBN 978-2-2200-2640-4)
  7. Arrowup.png Blandre, Bernard (1987), Les Témoins de Jéhovah, un siècle d'histoire, Paris: Desclée de Brouwer, p. 66 (ISBN 978-2-2200-2640-4)
  8. Arrowup.png Blandre, Bernard (1987), Les Témoins de Jéhovah, un siècle d'histoire, Paris: Desclée de Brouwer, p. 68 (ISBN 978-2-2200-2640-4)
  9. Arrowup.png Blandre, Bernard (1987), Les Témoins de Jéhovah, un siècle d'histoire, Paris: Desclée de Brouwer, p. 69 (ISBN 978-2-2200-2640-4)
  10. Arrowup.png Blandre, Bernard (1987), Les Témoins de Jéhovah, un siècle d'histoire, Paris: Desclée de Brouwer, p. 70 (ISBN 978-2-2200-2640-4)
  11. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 juin 1987, p. 17, article "Testing and Sifting in Modern Times"
  12. Arrowup.png Rogerson, 1969, p. 53
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  15. Arrowup.png Watch Tower Bible & Tract Society, 1993, pp. 319
  16. Arrowup.png Consolation (anglais), 27 mai 1942, p. 6. Toutefois, il n'est pas précisé si ce chiffre incluait ou pas la distribution des premiers écrits de Russell.
  17. Arrowup.png WTBTS (1975) (anglais), Annuaire des Témoins de Jéhovah (anglais), p. 94: "...earthwide report shows that the Memorial of Jesus Christ's death on April 5, 1917, was attended by 21,274.
  18. Arrowup.png WTBTS (1959) (anglais), Les Témoins de Jéhovah dans les desseins divins, pp. 312,313: L'assistance au Mémorial fut de 98 076 en 1941 et de 140 450 en 1942.
  19. 19,0 et 19,1 Felix, 1940, p. 20
  20. Arrowup.png Cette reconstitution de la famille provient d'un croisement des informations données par Felix, 1940, p. 20, et le recensement de 1880, examiné par Laolaia (2008) (anglais), "Rutherford Exposed: The Story of Berta and Bonnie (redux)", jehovahs-witness.net. Consulté le 26 février 2012
  21. Arrowup.png Penton, 1997, p. 47
  22. 22,0, 22,1 et 22,2 Dept. of Public Health, San Diego California, Joseph Franklin Rutherford, Certificat de décès du 6 février 1942
  23. Arrowup.png Rogerson 1969, p. 34
  24. Arrowup.png Felix, 1940, p. 21. Cette brochure de l'époque de Rutherford affirme même qu'on ne retrouve aucune trace de Rutherford dans les registres des écoles de loi du Missouri.
  25. 25,0 et 25,1 Watch Tower Bible & Tract Society, 1975, p. 81
  26. 26,0 et 26,1 Watch Tower Bible & Tract Society, 1993, p. 67
  27. Arrowup.png Weekly Advertiser (anglais), Boonville, Missouri, 1er janvier 1892
  28. Arrowup.png D'après les livres de cour, le circuit de Cour de Versailles (Missouri) et le circuit de cour de Boonville (Missouri); cité dans Felix, 1940, p. 21
  29. Arrowup.png Courts Records, Cooper County, Missouri Book 19, p. 84, cité dans Felix, 1940, p. 21
  30. Arrowup.png Watch Tower Bible & Tract Society, 1993, p. 67
  31. 31,0 et 31,1 La Tour de Garde (anglais), 15 mars 1955, p. 175, article "Modern History of Jehovah's Witnesses"
  32. Arrowup.png "Succeeds Pastor Russell", The New York Times (anglais), 17 janvier 1919, Section I, p. 9, query.nytimes.com, format pdf. Consulté le 12 août 2011
  33. Arrowup.png "Religion: Jehovah's Witness", Time magazine (anglais), 10 juin 1935, time.com. Consulté le 12 août 2011
  34. Arrowup.png Watch Tower Bible & Tract Society, 1975, p. 83
  35. Arrowup.png Procès Moyle, pp. 841–44
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  37. 37,0 et 37,1 Harrison, 1978, chapitre 6
  38. Arrowup.png Wills, 2006, p. 131
  39. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 1er octobre 1997, p. 6, qui cite un journal de 1913 comportant un entretien dans lequel Rutherford dit être devenu athée après qu'un pasteur baptiste ait affirmé que son épouse Mary Rutherford irait en enfer parce qu'elle n'avait pas été baptisée.
  40. Arrowup.png Watch Tower Bible & Tract Society, 1993, p. 67
  41. Arrowup.png Transcript procès 1918, p. 968
  42. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 11 octobre 1907
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  44. Arrowup.png Rogerson, 1969, p. 30
  45. Arrowup.png Watch Tower Bible & Tract Society, 1975, p. 55
  46. Arrowup.png "Rutherford-Troy Debate" (anglais), archive.org. Consulté le 12 août 2011
  47. Arrowup.png WTBTS (1991) (anglais), Annuaire des Témoins de Jéhovah, p. 73
  48. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 1er mai 1915, p. 130, R5685, article "Judge Rutherford's Spicy Defense"
  49. Arrowup.png Watch Tower Bible & Tract Society, 1993, p. 647
  50. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 décembre 1916, R5999, p. 358, article "Will and Testament of Charles Taze Russell"
  51. Arrowup.png Penton, 1997, p. 48
  52. Arrowup.png Pierson, 1917, p. 5
  53. Arrowup.png Pierson, 1917, pp. 5,6
  54. Arrowup.png Pierson, 1917, p. 16, lettre du Frère McGee. McGee et Hoskins découvrirent plusieurs semaines après, en étudiant la charte, que ce n'étaient pas les actionnaires qui pouvaient passer des By-Laws, mais les directeurs
  55. Arrowup.png Macmillan, 1957, p. 68
  56. Arrowup.png Macmillan, 1957, p. 70
  57. Arrowup.png Macmillan, 1957, p. 71
  58. 58,0 et 58,1 Pierson, 1917, p. 9
  59. Arrowup.png Pierson, 1917, pp. 5,6
  60. Arrowup.png Selon la brochure Facts for Shareholder, dès la mort même de Russell, Van Amburgh et Rutherford avaient pris le pouvoir au sein du comité exécutif temporaire, laissant de côté Hirsh sans même que cela dérange aucun des directeurs, ni même l'intéressé.
  61. Arrowup.png Pierson, 1917, p. 4
  62. Arrowup.png Rutherford, août 1917, p. 12
  63. Arrowup.png Rutherford, août 1917, pp. 22,23
  64. Arrowup.png Watch Tower Bible & Tract Society, 1959, p. 71, colonne 2
  65. 65,0 et 65,1 Pierson, 1917, p. 11
  66. Arrowup.png Facts for Shareholders, 15 novembre 1917, p. 14
  67. Arrowup.png Rutherford, août 1917, pp. 14,15
  68. Arrowup.png Pierson, 1917, p. 10
  69. Arrowup.png Watch Tower Bible & Tract Society, 1993, p. 68
  70. Arrowup.png Wills, 2006, p. 97
  71. 71,0 et 71,1 Rogerson, 1969, p. 40
  72. Arrowup.png Wills, 2006, p. 100
  73. Arrowup.png Rogerson, 1969, p. 41
  74. 74,0 et 74,1 Macmillan, 1957, p. 85
  75. Arrowup.png Le discours initial était intitulé "The World Has Ended—Millions Now Living May Never Die". Voir la différence dans les titres entre le 24 février et le 31 mars dans Watch Tower Bible & Tract Society, 1993, p. 719
  76. Arrowup.png Los Angeles Morning Tribune (anglais), 25 février 1918; cité par Macmillan, 1957, p. 86
  77. Arrowup.png Macmillan, 1957, p. 89
  78. Arrowup.png Macmillan, 1957, pp. 105,106
  79. Arrowup.png Rogerson, 1969, p. 44
  80. Arrowup.png Wills, 2006, p. 120
  81. 81,0 et 81,1 Penton, 1997, p. 56
  82. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), volume 1, n°1, 1er octobre 1919, couverture. Consulté le 15 août 2011
  83. Arrowup.png Rogerson, 1969, pp. 53,54
  84. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 décembre 1920, article "Annual report for 1920":
    "At the beginning of the fiscal year there were only 225 active colporteurs in the field. The number has now increased to 350, all of whom are devoting their entire time to the service ... In addition to the colporteurs there are reported to this office 8,052 class workers."
  85. Arrowup.png Penton, 1997, p. 57
  86. Arrowup.png Rogerson, 1969, pp. 52,53
  87. Arrowup.png Rogerson, 1969, p. 54
  88. Arrowup.png Watch Tower Bible & Tract Society, 1975, p. 131
  89. 89,0, 89,1 et 89,2 Penton, 1997, p. 60
  90. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 1er mars 1925, p. 72, col. 2
  91. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 décembre 1929, pp 371-77:
    "Briefly, then, these prophecies and the dates of their fulfilment [sic] are as follows, to wit: The fixed "time of the end" is October 1, 1914 A.D. The 1260-day period ended in April, 1918. The 1290-day period ended September, 1922. The 1335-day period of blessedness began May, 1926, and goes on for ever."
  92. Arrowup.png La Harpe de Dieu (anglais), édition de 1928
  93. Arrowup.png Penton, 1997, p. 58
  94. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 1er mars 1925, pp 67-74. Dans le sommaire sur la couverture, l'article est intitulé "Birth of a Nation", mais l'article lui-même à la page 67 est intitulé "Birth of the Nation".
  95. Arrowup.png Penton, 1997, p. 59
  96. 96,0 et 96,1 La Tour de Garde (anglais), 1er juillet 1938, p. 201
  97. Arrowup.png WTBTS (1973) (anglais), Le Royaume millénaire de Dieu s'est approché, p. 347: "In the year 1927 any remaining stocks of the six volumes of Studies in the Scriptures by Russell (...) were disposed of among the public."
  98. Arrowup.png WTBTS (1973), Le Royaume millénaire de Dieu s'est approché, p. 351
  99. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 1er novembre 1929, p. 322: "The Society has decided to designate the week beginning November 10 as a special drive week for the sale of Studies in the Scriptures."
  100. Arrowup.png Wills, 2006, p. 121
  101. Arrowup.png WTBTS (1933) (anglais), Annuaire des Témoins de Jéhovah, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 11
  102. 102,0 et 102,1 Rogerson, 1969, p. 55
  103. Arrowup.png Wills, 2006, pp. 149–51
  104. Arrowup.png Penton, 1997, p. 64
  105. Arrowup.png Wills, 2006, pp. 177–79
  106. Arrowup.png Wills, 2006, p. 176
  107. Arrowup.png Wills, 2006, p. 175
  108. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 juillet 1933, pp. 214,215:
    "Beginning to count from the transgression resulting by reason of the League of Nations, and the giving of notice, which must begin May 25, 1926, the twenty-three hundred days, or six years, four months, and twenty days, would end October 15, 1932...What, then, took place at the end of the twenty-three-hundred-day period? The Watchtower, issues of August 15 and September 1, 1932, brought before God's people the Scriptural proof that the office of "elective elder", chosen or selected by vote of creatures, does not Scripturally exist, and that therefore the selection of elders by such means should end." In 1971 the Watchtower Society changed the interpretation ending the 2300 days in 1944 rather than 1932."
  109. Arrowup.png Wills, 2006, pp. 167–72
  110. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 février 1933
  111. Arrowup.png Watch Tower Bible & Tract Society, 1993, pp. 319,721
  112. 112,0 et 112,1 Rogerson, 1969, p. 57
  113. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 juin 1987, p. 18, article "Testing and Sifting in Modern Times"
  114. Arrowup.png Consolation (anglais), 4 septembre 1940, p. 25; cité Penton, 1997, p. 61
  115. Arrowup.png Wills, 2006, p. 201
  116. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 juin 1938
  117. Arrowup.png Watch Tower Bible & Tract Society, 1959, p. 110
  118. 118,0 et 118,1 Watch Tower Bible & Tract Society, 1959, pp. 312,313
  119. Arrowup.png Wills, 2006, pp. 142,146,157–59
  120. Arrowup.png WTBTS (1931) (anglais), Annuaire des Témoins de Jéhovah, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 57
  121. 121,0 et 121,1 Wills, 2006, p. 223
  122. Arrowup.png WTBTS (1942) (anglais), Annuaire des Témoins de Jéhovah, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 29
  123. Arrowup.png WTBTS (1917) (anglais), Le Mystère Accompli, p. 2: "POSTHUMOUS WORK OF PASTOR RUSSELL His Last Legacy to the Dear Israel of God (Matt. 20:9)"
  124. Arrowup.png The Bible Students Monthly (anglais), décembre 1917, vol. 9, no. 9, p. 1:
    "The following article is extracted mainly from Pastor Russell's posthumous volume entitled "THE FINISHED MYSTERY," the 7th in the series of his STUDIES IN THE SCRIPTURES and published subsequent to his death... In this posthumous volume, which is called his "last legacy to the Christians of earth" is found a thorough exposition of every verse in the entire Book of Revelation."
  125. Arrowup.png Wills, 2006, pp 97,98
  126. Arrowup.png Bible Students Tract Society (février 1919) (anglais), Notes and Comments on the Finished Mystery, pp. 6,7:
    "Thus we have Bro. Woodworth's distinct statement that none of these interpretations of Revelation are Pastor Russell's, but another's [sic] (presumably his own)... Have Pastor Russell's interpretations been followed? To this we reply that in many cases they have not. On the contrary, entirely contradictory ones are frequently given."
  127. Arrowup.png Russell, Charles T. (1889) (anglais), Le temps est proche, p. 183:
    "Reckoned from the beginning of the seventy years desolation under Babylon, the great cycle [50x50] ends with the year A.D. 1875."
  128. Arrowup.png WTBTS (1920) (anglais), Des millions de personnes actuellement vivantes ne mourront jamais:
    "A simple calculation of these jubilees brings us to this important fact: Seventy jubilees of fifty years each would be a total of 3500 years. That period of time beginning 1575 before A.D. 1 of necessity would end in the fall of the year 1925."
  129. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 avril 1916, p. 127:
    "We cannot help it that many of the dear friends continue to tell what THE WATCH TOWER believes, and to misrepresent its teachings. Our kindest thought must be that they are not giving much heed to its teachings. Otherwise they would know from its columns that we are not looking forward to 1925, nor to any other date. As expressly stated in THE WATCH TOWER, we are simply going on, our last date or appointment having been passed more than a year ago...we have no different time in mind from the Scriptures on the subject and do not expect to have any."
  130. Arrowup.png WTBTS (1920) (anglais), Tabernacle Shadows of the Better Sacrifices, Appendice des notes, pp. 133-55:
    "Thirty-nine years have passed since the publication of this little booklet; and during that time some of the teachings herein contained have come to be seen in clearer light - even as the details of a mountain become more discernible the closer one draws to it. In harmony with these clearer understandings we suggest the following alterations in appendix form, leaving the text intact out of deference to the honored and beloved writer of the booklet."
  131. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 décembre 1922, p. 394
  132. Arrowup.png Zion's Watch Tower (anglais), janvier 1881, article "How Long, O Lord?"
  133. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 1er juin 1927, p. 166
  134. Arrowup.png Rutherford Joseph F. (1930) (anglais), Lumière, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 226
  135. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 7 mai 1930, p. 503
  136. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 14 mars 1934, p. 380:
    "Prior to 1914 and years thereafter we thought that our Lord's return dated from 1874; and we took it for granted that the parousia or presence of our Lord dated from that time. An examination of the scriptures containing the word parousia shows that the presence of the Lord could not date prior to 1914."
  137. Arrowup.png Wills, 2006, pp. 154,155
  138. Arrowup.png Rogerson, 1969, p. 47
  139. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 1er décembre 1966, p. 730, article "Can This World’s Armageddon Be Avoided?"
  140. Arrowup.png Watch Tower Bible & Tract Society, 1993, p. 124
  141. Arrowup.png Wills, 2006, pp. 181,182
  142. Arrowup.png Penton, 1997, p. 69
  143. Arrowup.png Rutherford, Joseph F. (1929) (anglais), Prophétie, Watch Tower Bible & Tract Society, pp. 319, 328-33
  144. Arrowup.png Rutherford, Joseph F. (1931) (anglais), Justification, Watch Tower Bible & Tract Society, pp. 9-14, 65-68,135
  145. Arrowup.png Wills, 2006, p. 143
  146. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 1er mai 1926, article "Character or Covenant - Which?"
  147. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 1er janvier 1927, p. 7
  148. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 juillet 1933, p. 214, col. 2
  149. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 14 décembre 1927, pp. 178,179, article "The Origin of Christmas"
  150. Arrowup.png WTBTS (1975) (anglais), Annuaire des Témoins de Jéhovah, p. 147
  151. Arrowup.png Rutherford, Joseph F. (1931) (anglais), Justification, livre 1, 1931, pp 158-60:
    "On the face of it the arrangement of "Mother's Day" seems harmless and calculated to do good. But the people are in ignorance of Satan's subtle hand in the matter, and that he is back of the movement, to turn the people away from God... Neither the man nor the woman should be worshiped for doing right, because such doing of right is their duty. Creature worship of any kind is wrong and an abomination in the sight of God."
  152. Arrowup.png Chryssides, George (2008) (anglais), Historical Dictionary of Jehovah's Witnesses, p. 21
  153. Arrowup.png Watch Tower Bible & Tract Society,1993, p. 199
  154. Arrowup.png Wills, 2006, p. 38
  155. Arrowup.png Rutherford, Joseph F. (anglais), Favored People, Watch Tower Bible & Tract Society; cité par Wills, 2006, p. 129
  156. Arrowup.png Rogerson, 1969, pp. 46
  157. Arrowup.png Russell, Charles T. (anglais) (1891), Que ton Royaume vienne, Watch Tower Bible & Tract Society, pp. 309–76
  158. Arrowup.png The Messenger (anglais), 5 août 1928, p 1:
    "When the Lord spoke of hiding his people in his secret place he was not talking about any chambers in the pyramid, built by the Devil himself."
  159. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 novembre 1928
  160. Arrowup.png Portland Area Bible Students (1988 éd.) (anglais), Great Pyramid Passages, 1924, pp. i-xxxviii
  161. Arrowup.png The Messenger (anglais), 5 août 1928, p. 2:
    "It sure did set the tongues wagging at the Fair Grounds and resulted in another overhauling of the old trunk wherein are kept a few choice relics of what, until recently, we honestly believed the Bible teaches."
  162. Arrowup.png Rutherford, Joseph F. (1930) (anglais), Lumière, livres 1 et 2, Watch Tower Bible & Tract Society
  163. Arrowup.png Rutherford, Joseph F. (1930) (anglais), Lumière, livre 1, p. 106, Watch Tower Bible & Tract Society
  164. Arrowup.png Le Mystère Accompli (1917) (anglais), Watch Tower Bible & Tract Society
  165. Arrowup.png Gruss, Edmond C. (2007, 2è éd.) (anglais), Jehovah's Witnesses: Their Claims, Doctrinal Changes and Prophetic Speculation. What Does the Record Show?, Xulon Press, p. 172
  166. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 novembre 1916, p. 343
  167. Arrowup.png Penton, 1997, p. 72
  168. Arrowup.png Watch Tower Bible & Tract Society, 1959, p. 140
  169. Arrowup.png WTBTS (1936) (anglais), Annuaire des Témoins de Jéhovah, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 22:
    "The saluting of or salutation to a flag means this: 'I depend on what the flag represents for my salvation. Those who know and serve God in spirit and in truth look to Jehovah God for salvation, and not to any man or any man-made organization. It therefore follows that the saluting of any flag by those who are in covenant with Jehovah God to do his will constitutes the breaking of that covenant with God, and such covenant breakers are guilty of death."
  170. Arrowup.png Wills, 2006, pp. 214–24
  171. Arrowup.png American Bar Association's Bill of Rights Review (anglais), vol. 2, n°4, été 1942, p. 262
  172. Arrowup.png Rutherford, Joseph F. (1936) (anglais), Richesses, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 27:
    "Jesus was crucified, not on a cross of wood, such as is exhibited in many images and pictures, and which images are made and exhibited by men; Jesus was crucified by nailing his body to a tree."
  173. Arrowup.png Pages 9 et 13 des auditions, jehovahs-witness.com: The three visible elements of men that rule the Nation are the commercial, the political, and the religious, and of these three, the commercial is the most powerful. Among the earlier statesmen of America, there were some God-fearing men who foresaw the advance of a mighty and selfish power and gave warning that the greedy would some day destroy the liberties of the people. That warning was unheeded, and the selfish commercial element, which is otherwise called "Big Business", has stealthily and constantly moved forward to its goal. With grasping arms like the tentacles of a mighty octapus [BTW, this was a frequent antisemitic metaphor at the time] it has laid hold upon practically all of the visible wealth of the Nation...."Big Business" has no regard for the rights of the common people. In 1917, "Big Business", for ultra selfish reasons, needlessly and wantonly forced the American Nation into the World War, which resulted in the greatly increased wealth and power of a few men and made serfs and paupers of many millions of people. Today, "Big Business" owns practically everything visible. By the manipulation of the finances of the Nation, "Big Business" has acquired title to almost all of the real estate, while hundreds of thousands of honest toilers are losing their homes and their land. A few ultra rich men fix the prices of the food products that are reaped by laborers; and, by reason thereof, the farmers are robbed and the laborers are being starved; and that within the borders of the richest Nation of the world. "Big Business" owns the ships that ply the seas, and that fly through the air. It owns and controls the railways and other ways and means of transportation...."Big Business" has in its employ the most astute lawyers of the Nation, who write the contracts always in the interest of their clients, and the common people must take the ragged end. Every branch of government is contaminated and improperly influenced by "Big Business". It controls the two major political parties of America and names and elects at will the public men to office who will best serve its selfish interests. "Big Business" controls the Army and the Navy, the guns and the ammunition, and the police power of the Nation...Practically all of the business corporations of America are owned or controlled by "Big Business". The employees of these mighty corporations have a hook in their nose, so to speak, and they dare not call themselves their own. They must obey the selfish men who are the mighty lords of finance or else lose their jobs... "Big Business" either directly or indirectly owns or controlls almost all of the newspapers and magazines of America, and which agencies serve as propagandists for "Big Business" and their immediate political and religious allies. The same selfish interests own and control the professional clergymen, and these men make merchandise of the Word of God in order to keep the people in ignorance and in subjection to the ruling powers. Thus it is plainly seen that the power of the Government is centralized in the hands of a very few.... "Big Business" and their mouthpieces, namely, the commercialized clergy referred to are represensible before God for hindering the truth concerning the present conditions in America and the means which might provide a remedy for the people, by God's help. There should be some action taken to further stop such intolerance in the use of radio (and that during this session of Congress) to prevent the further entrenchment of such powers. That is the reason why I have introduced this bill and am asking for consideration of it at this time. Pages 9 et 13 des auditions.
  174. Arrowup.png Stroup, Herbert H. (1945) (anglais), The Jehovah's Witnesses, Columbia University Press, p. 16
  175. Arrowup.png Penton, 1997, p. 47
  176. Arrowup.png Wills, 2006, p. 131
  177. Arrowup.png The New York Times (anglais), 17 janvier 1919, Section I, p. 9
  178. Arrowup.png Whalen, William J. (1962) (anglais), Armageddon Around the Corner: A report on Jehovah's Witnesses, John Day, New York, cité par Penton, 1997, pp. 75,76
  179. Arrowup.png Harrison, 1978, p. 173
  180. 180,0 et 180,1 Watch Tower Bible & Tract Society, 1993, p. 89
  181. Arrowup.png WTBTS (1961) (anglais), Que ton nom soit sanctifié, Watch Tower Bible & Tract Society, pp. 335,336
  182. Arrowup.png St Petersburg Times (anglais), 11 janvier 1942, "Witness Sect Founder Dies"
  183. Arrowup.png Watch Tower Bible & Tract Society, 1993, p. 90
  184. Arrowup.png The Evening Independent (St Petersburg, Florida), 26 janvier 1942, p. 18, "Witnesses Ask Right to Bury Leader", news.google.com. Consulté le 16 août 2011
  185. 185,0 et 185,1 Consolation (anglais), 27 mai 1942
  186. Arrowup.png Penton, 1997, p. 74
  187. Arrowup.png San Diego Union (anglais), 18 février 1942, "No Will Left By Rutherford, Says Secretary"
  188. Arrowup.png Henderson, Jennifer (18 mai 2002) (anglais), "Interview with Watchtower Attorney Hayden Covington", freeminds.org. Consulté le 16 août 2011
  189. Arrowup.png Chretien, Leonard & Marjorie (1988) (anglais), Witnesses of Jehovah, Harvest House, p. 49 (ISBN 0890815879)
  190. Arrowup.png Sanford, Jay Allen (28 juin 2008) (anglais), "Famous DEAD Neighbors in San Diego, plus My Brunch With Yoko Ono, "When John Lennon Met Yoko" Comix", San Diego Reader. Consulté le 16 août 2011
  191. Arrowup.png Mallios et autres (2007) (anglais), Cemeteries of San Diego, Arcadia Publishing, p. 112 (ISBN 9780738547145)
  192. Arrowup.png Time (4 mai 1942) (anglais), "Milestones, May 4, 1942", time.com. Consulté le 12 août 2011
  193. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 1er octobre 1966, p. 608
  194. Arrowup.png Consolation (anglais), 2è mai 1942, pp. 9,14–16, "San Diego's Officials Line Up Against Earth's New Princes"
  195. Arrowup.png Van Amburgh, W. E. (2005) (anglais), The Way to Paradise, nouvelle version du livre de 1924 de l'International Bible Students Association, Lulu.com, pp. 45,46 (ISBN 1-4116-5971-6)
Précédé par
Charles Taze Russell
Président de la Watch Tower Bible and Tract Society
6 janvier 1917 — 8 janvier 1942
Suivi par
Nathan Homer Knorr