Ku Klux Klan

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Réveillez-vous! (anglais), 8 décembre 1949, p. 3.jpg

Le Ku Klux Klan, également appelé KKK constitue une organisation blanche protestante des États-Unis fondée le 24 décembre 1865. Conservateur et xénophobe, le Ku Klux Klan prône schématiquement la suprématie de la "race" blanche sur les autres "races", ainsi que généralement l'antisémitisme, l'anticatholicisme, l'anti-orthodoxie. Au moment de la Première Guerre mondiale, c’est-à-dire à l’époque de la présidence de Joseph Rutherford à la tête de la Société Watch Tower, un second KKK vit le jour, cette fois-ci sous la forme d'une association légale et culturelle, dont le but affiché était de défendre les valeurs qu'il considérait comme fondamentales de la "Nation blanche" américaine. On peut remarquer qu’en fonction de leurs intérêts, les rédacteurs des publications de la Société Watch Tower ont tantôt perçu cette organisation comme un adversaire du catholicisme et donc un allié, soit comme un ennemi lorsque celle-ci s’opposait aux Témoins de Jéhovah.

Historique

Années 1920

Clayton Woodworth, éditeur du magazine L'Âge d'Or, commença à faire paraître des articles abordant le thème du Ku Klux Klan dès 1923. Le périodique justifia la présence de tels articles ainsi: "Il a été demandé à L’Âge d’Or de fournir de temps en temps quelques informations concernant le Ku Klux Klan. Ses éditeurs ne sont pas personnellement informés sur cette organisation, et donc ne peuvent pas parler avec autorité."[1]

En janvier 1923, le KKK fut présenté de façon très négative. Ses membres étaient considérés comme étant en train de "causer bien des dissensions, de la haine et de l'agitation au sein des familles et des amis", ce qui justifiait l'existence de cet article. Le rédacteur, Baker, n'étant pas membre, se tourna vers les titres d'actualité et les événements locaux et de la conduite du KKK pour créer son article. Il affirma n'avoir "aucune objection" à ce que celui-ci combatte le pouvoir politique de l'Église catholique, et il prétendit également maintenir la suprématie des blancs et faire respecter les lois du pays en général. Des lettres de menaces furent envoyées à des individus, et bien que le KKK dise n'avoir rien à voir avec elles, de nombreuses personnes furent kidnappées et agressées par des foules vêtues des habits du KKK. Celui-ci dit respecter la loi et la faire respecter, et dans le même serment et en même temps, jurait de se protéger mutuellement dans toute infraction à la loi, sauf dans les cas de trahison, d'assassinat volontaire et de viol. Ses membres ont été amenés devant les tribunaux de juridiction compétente, et ont défié la cour et le droit qu'ils avaient juré de défendre en refusant de répondre ou de témoigner devant ce tribunal. Ils violaient les droits constitutionnels des citoyens en les privant de la liberté sans procédure régulière de la loi. Ils se déclaraient non coupables des infractions aux lois du pays face à la réalité, mais leur "Magicien Impérial" a révoqué quelques-unes de leurs chartes pour de telles violations de la loi. Ils violaient la sainteté des foyers américains en toute impunité, un acte qui, dans toutes les nations, constituait l'une des plus grandes violations des droits des citoyens. Ils déshabillaient les femmes et les exposaient aux regards des foules manifestement composées de membres du KKK. Ils cherchaient le soutien des dénominations protestantes en leur donnant de l'argent (compléter la suite de l’article).[2]

Le mois suivant, on rapporta que le KKK avait envahi la Nouvelle Angleterre. Une cérémonie au Odd Fellows Hall, Massachusetts Ave. et Walden St., North Cambridge était décrite (chant d’hymne, robes blanches et masques, drapeau des États-Unis, etc.) ayant rassemblé de nombreux assistants. William J. Mahoney, un orateur baptiste critiqua les articles de journaux défavorables au KKK, expliqua que des arrangements avaient été entrepris pour que les journaux présentent un point de vue équitable et que ceux qui refuseraient seraient contraints par le nombre de ses membres à exposer les faits; il rejeta les accusations racistes anti-juives et anti-catholiques, justifiant le refus d’adhésion des personnes noires, juives et catholiques, et affirma qu’aucune autre organisation n’avait des mobiles plus purs et des idéaux plus élevés que la KKK. Il adressa une lettre ouverte (reproduite dans le périodique) à Arthur D. Prince, Grand Maître de la Fraternité Maçonnique de l’État du Massachussetts qui avait condamné le KKK, et affirma qu’il n’y avait pas de lien entre ce dernier et la franc-maçonnerie, bien que tous les officiers nationaux du KKK, à l’exception de trois, étaient membres de la Fraternité maçonnique. L'auteur mit en avant son appartenance aux Knight Templar, étant un franc-maçon du 32è degré, puis souligna les idéaux parallèles entre les Chevaliers du KKK et la Fraternité maçonnique (respect des lois, des principes constitutionnels, points 1 et 2), reprocha au Grand Maître de ne pas s’être renseigné à la source sur les objectifs du KKK et d’avoir préféré les mensonges de la presse et de ses opposants qui l’ont notamment présenté comme étant de nature sectaire et politique, qui avait ses propres tribunaux et châtiments (points 3 et 6), contesta l’affirmation selon laquelle la KKK revendiquait le soutien et l'approbation de la Franc-maçonnerie (point 4) et que le KKK violerait les principes francs-maçons (point 5). L'article se termine en évoquant le fait que beaucoup de Protestants, de Catholiques et de Juifs avaient perçu ces déclarations comme une "vaste plaisanterie". [3] Il est intéressant de noter que la façon de procéder et les arguments de Mahoney sont très similaires à ceux utilisés par la Société Watch Tower à l’encontre de ses critiques: négation totale de celles-ci (même si pourtant elles sont largement connues et peuvent être démontrées par la littérature du groupe), faute imputée à la désinformation de la presse et des opposants, recherche de terrains d’entente par la référence à des valeurs communes, etc.

En octobre de la même année, le périodique reprocha aux catholiques d’une ville de Perth Amboy, New Jersey, d’avoir battu et lapidé des membres du KKK qui étaient engagés dans le "passe-temps innocent de parader dans les rues" et qu’ils avaient "autant le droit de défiler que tout le monde". Ensuite il était dit: "Le Klan a alors demandé la protection de la loi, une chose à laquelle ils ont droit, et qui aurait dû être le sien sans la demande. Les membres du Klan ont été attaqués récemment à Binghamton et à Stenbenville, et un autre a été tué à Pittsburgh. Nous ne sommes pas membres du Klan, mais nous exigeons pour les membres du Klan tous les droits dans ce pays que les catholiques romains et d'autres bénéficient. (…) Nous sommes fatigués de voir que 15% de catholiques de la population de ce pays tentant de contrôler les autres 85% par tous les moyens en leur pouvoir, politiquement et juridiquement, et recourant à l'anarchie quand ils ne peuvent parvenir à leurs fins d’une quelconque autre manière. »[4]

Années 1930

L'Âge d'Or (anglais), 11 octobre 1933, p. 4, "Sending Forth the Truth unot the Clouds"

En 1933, dans un article, il fut dit que si le KKK avait existé du temps de Moïse, celui-ci n’aurait pas pu épouser Zipporah, relatant le fait que des membres cagoulés du KKK aient tenté d’empêché un mariage entre un homme noir et une femme blanche. Pour cela, ils furent condamnés à une amende, et le périodique se réjouit de cette condamnation, estimant que de telles manières d’agir du KKK ne peuvent pas être tolérées.[5] De façon surprenante, et alors que les méfaits du KKK étaient largement connus par les rédacteurs des publications de la Watch Tower comme en témoignent les extraits mentionnés plus haut, on peut constater que ceux-ci en vinrent même à citer le Ku Klux Klan de façon positive lorsque celui-ci, profondément anticatholique, prit la défense de Rutherford dont les programmes en radios avait été censurés par l’Église catholique. En effet, en 1933, L'Âge d'Or cita pour sa défense le numéro de septembre 1933 de The Kourier, publié à Atlanta par les Chevaliers de Ku Klux Klan qui disait:

"Les journaux catholiques romains du pays entier ont éclaté dans une vague de critiques de ce qu'ils nomment des émissions de radio anticatholiques. Ils sont en train de supplier en particulier la Federal Radio Commission de mettre une interdiction sur les programmes de la "Watchtower" du Juge Joseph F. Rutherford. (...) L'attaque catholique sur les programmes de Rutherford est l'un des plus brûlantes qu'ils aient récemment lancé sur n'importe quel projet protestant. Certaines stations sans caractère ont déjà éliminé les caractéristiques sur lesquelles les catholiques objectent, tandis que d'autres, avec plus de fermeté, ont dit à leurs détracteurs catholiques d'aller se mettre la tête dans un seau d'eau bénite."[6]

Ainsi, la Watch Tower a choisi d'utiliser une citation d'une organisation terroriste parce que celle-ci lui est favorable, ce qui témoigne d'un certain opportunisme, la même année où elle envoya la Déclaration de Faits à Adolphe Hitler. En 1936, il fut rapporté que des hommes habillés comme des membres du KKK avaient essayé d’intimider des Témoins qui prêchaient à Griffin, Georgie.[7] De plus, des articles sur la Black Legion, un groupe dissident du KKK encore plus violent dont les membres étaient vêtus en pirates, et les investigations entreprises à son égard, furent publiés, se faisant l’écho de théories de conspiration selon lesquelles ses membres seraient en fait des catholiques déguisés (donc l’incendie du sanctuaire catholique de Buckpasser à Detroit par les membres camouflés des Chevaliers de Colomb se faisant passer pour des protestants serait en fait une stratégie visant à "susciter l'indignation de toutes les personnes mal informées et dupées", "donn[ant] apparemment à la Hiérarchie le droit d'accuser les protestants de "persécution religieuse", ce qui est précisément la chose dont la Hiérarchie a été reconnue coupable pendant plus de quinze siècles).[8]

En 1937, le KKK fut décrit comme étant "lâche",[9] et perçu comme étant de mèche avec l’Eglise catholique. Selon le périodique, il n’avait jamais rien fait d’autre que "vendre des chemises de nuit et de l'immobilier", avait même vendu "le soi-disant "Palais impérial" à l'église catholique, qui a transformé une partie du bâtiment en chapelle et utilisera le solde pour un couvent. Une grande église catholique et l'école paroissiale seront construites sur le terrain. A la lumière de ces informations, la persécution des Témoins de Jéhovah par le Ku Klux d'Atlanta est parfaitement compréhensible. Les grands prêtres juifs savaient parfaitement ce qu'ils faisaient quand ils ont offert à Judas ses trente pièces d'argent."[10]

L’année suivante, le périodique évoqua un "belle victoire à Atlanta, Gérogie. Gagné par le Ku Klux Klan. Les membres du Klan ont défilé devant le magasin de chaussures et de nettoyage de chapeaux de George Leoles jusqu'à ce qu'ils l'aient conduit hors de son magasin. Leoles aime Dieu, et il en va de même pour son enfant. Ils croient qu’Exode 20:3-5 signifie ce qu'il dit. Pour cette raison, bien que Leoles ait été un Américain respectueux des lois depuis trente ans, le Ku Klux le chassa, de sorte que lorsque le moment critique vient enfin ils peuvent plaider avec la hiérarchie catholique qu'au fond ils étaient toujours du côté du pape et contre la liberté religieuse n’importe où. Courageux Ku Kluxers!"[11]

Années 1940

En 1942, il fut rapporté qu’à Van Nuys, en Californie, Fred Route, membre du KKK, avait maudit et insulté un Témoin de Jéhovah infirme, et appelé la police ; toutefois, en justice, il perdit face au procureur de la ville.[12] La même année, sous le sous-titre "The Ku Kluxers also Pro-Hitler", on pouvait lire que la hiérarchie de l’Église catholique avait obtenu que le siège du Ku Klux Klan soit utilisé comme monastère, puis il était dit : "Il est certain que le Klan montre de plus en plus qu'il est sous le contrôle de ceux qui pensent que la domination de ce pays par le pape serait une bonne chose. Une preuve de ce qui est considéré comme la fête d'amour entre le Klan et le Bund [une organisation américaine nazie] s'est tenue à Andover, à la fin de 1940. A l'époque, un effort a été fait pour changer complètement le Klan d'un sentiment anticatholique à l'antijudaïsme. Il y eut la menace d'une scission, mais le Klan n'a pas beaucoup occupé les médias depuis. À Atlanta, en Géorgie, cependant, il a montré son opposition complète à la Théocratie dans la persécution de la famille d'une petite fille, parce qu'elle ne se livrait pas au salut du drapeau. C'était quelque temps après que le Klan ait perdu ses quartiers généraux à la faveur de son pire ennemi. Mais c'était en Géorgie. C'était dans le New Jersey qu'il a montré son affinité spirituelle pour le totalitarisme. La façon dont la hiérarchie [catholique] a mis à bas le Klan et l’a amené de façon mesurable sous son contrôle est une illustration de ses méthodes."[13]

A la fin des années 1940, le KKK fut décrit comme un groupe de lâches qui colporte la haine[14] et un article de fond décrivit cette organisation comme étant une menace, une plaie, une maladie, qui tentait de corrompre les garanties constitutionnelles, d’exploiter et de multiplier la haine, la terreur, le crime, et évoque sa naissance, les méthodes employées par le Klan originel et par le Klan moderne, ses activités et son influence dans les différents états, ses liens avec nazisme qui faisaient douter de son attitude anticatholique, et termine en affirmant que Jéhovah démolirait ces "développements non-chrétiens comme le Ku Klux Klan" à Har-Maguédôn.[15]

Années ultérieures

Ultérieurement, un Annuaire déplora qu’un correspondant d’un un journal irlandais ait comparé les Témoins de Jéhovah "au tristement célèbre Ku Klux Klan et à la mafia".[16] Il fut cité parmi les "groupes haineux" qui "font appel à tout un folklore ésotérique pour attirer de nouveaux membres et mieux les dominer ensuite",[17] et dont les cibles sont les jeunes influençables issus de familles déstructurées et "ceux qui éprouvent des sentiments d’insécurité ou d’infériorité [qui] peuvent avoir l’impression que ces groupes combleront leur besoin d’appartenance" (on peut se demander, sans établir un comparaison entre les méthodes des deux groupes, si ceux qui entrent chez les Témoins n’y vont pas pour les mêmes raisons).[18]

De plus, régulièrement, depuis les années 1920, les publications firent paraître des brèves sur le développement du KKK.[19][20][21][22][23][24][25][26][27][28]

Références

  1. Arrowup.png L’Âge d’Or (anglais), 14 février 1923, p. 305, "Ku Klux Klan in Boston", A.D. Bulman
  2. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 4 janvier 1923, pp. 206-08, "A Ku Klux Kick", John Baker
  3. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 14 février 1923, pp. 305-07, "Ku Klux Klan in Boston", A.D. Bulman
  4. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 24 octobre 1923, p. 45, "Items of Current Interest"
  5. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 6 août 1930, p. 717, "Events in Canada"
  6. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 11 octobre 1933, p. 4, "Sending Forth the Truth unot the Clouds"
  7. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 6 mai 1936, p. 496, "For Proclaiming the Truth at Brownsville, Pa.", T.A. MacKnight
  8. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 4 novembre 1936, pp. 74-75, "Catholic Action Now and Previously"
  9. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 7 avril 1937, p. 430, "The Hierarchy's Crusades II"
  10. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 21 avril 1937, p. 453, "Judging the Hierarchy by Its Fruits (Part 2)"
  11. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 19 mai 1937, p. 535, "Georgia Ku Klux Klan Very Proud", aussi p. 716
  12. Arrowup.png Consolation (anglais), 22 juillet 1942, p. 22, "A Miscalculation in California"
  13. Arrowup.png Consolation (anglais), 2 septembre 1942, p. 7, "Acts of the Theocracy in New Jersey"
  14. Arrowup.png Réveillez-vous! (anglais), 22 novembre 1948, p. 3-4, "Democracy Backslides on the Racial Front"
  15. Arrowup.png Réveillez-vous! (anglais), 8 décembre 1949, pp. 3-8, "The Ku Klux Klan – Symptom of Fear"
  16. Arrowup.png Annuaire des Témoins de Jéhovah, 1988, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 110
  17. Arrowup.png Réveillez-vous!, 8 décembre 1993, p. 29, "Coup d’œil sur le monde"
  18. Arrowup.png Réveillez-vous!, 8 août 2001, p. 6, "La racine de la haine"
  19. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 20 mai 1925, p. 521, "Ku Klux Klan Enters Kanada"
  20. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 3 novembre 1926, p. 78, "Events in Canada"
  21. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 23 novembre 1932, p. 117, "Hardships among Coal Minors"
  22. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 24 mai 1933, pp. 532,533
  23. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 16 décembre 1936, p. 173, "Public Education - The Bulwark of Liberty"
  24. Arrowup.png Réveillez-vous! (anglais), 8 septembre 1949, p. 30, "Watching the World"
  25. Arrowup.png Réveillez-vous! (anglais), 22 juin 1952, p. 30, "Watching the World"
  26. Arrowup.png Réveillez-vous! (anglais), 22 septembre 1952, p. 29, "Watching the World"
  27. Arrowup.png Réveillez-vous! (anglais), 8 mars 1958, p. 31, "Watching the World"
  28. Arrowup.png La Tour de Garde’’, 15 avril 1976, p. 247, "Regard sur l’actualité"