Les Témoins de Jéhovah. Essai critique d'histoire et de doctrine

Un article de Témoins de Jéhovah: TJ-Encyclopedie, l'encyclopédie libre sur les Témoins de Jéhovah.
Aller à : navigation, rechercher
Les Témoins de Jéhovah. Essai critique d'histoire et de doctrine
Auteur Gérard Hébert
Sujet Analyse critique des Témoins de Jéhovah
Genre Optique catholique
Pays Canada.jpg Montréal, Canada
Langue(s) Français
Date de parution originale 1960
Éditeur Bellarmin
Format(s) livre
Pages 228 (version texte)
341 (version complète)

Les Témoins de Jéhovah. Essai critique d'histoire et de doctrine est un ouvrage de 1960 rédigé par le jésuite catholique canadien Gérard Hébert dans une optique de mise en garde et d'information auprès du public catholique. Deux versions — l'une complète avec un appendice, et l'autre avec le texte seul — ont été éditées dans le but de satisfaire tant les catholiques que les sociologues. De ce fait, le livre présente certaines informations dignes d'intérêt même pour ceux qui ne sont pas dans une optique polémique de nature religieuse.

Contenu

Le livre est écrit par un jésuite avec une partie ayant trait à la doctrine,[1] et notamment une comparaison entre les croyances jéhovistes et catholiques. L'ouvrage débute avec trois chapitres consacrés aux trois premiers présidents de l'organisation, Charles Taze Russell (y compris en abordant les controverses), Joseph Rutherford et Nathan Knorr. Après l'histoire, il décrit dans les chapitres suivants l'organisation, étude les prédications eschatologiques du mouvement, expose la doctrine, puis la confronte au dogme catholique en citant la Bible. Dans l'édition complète, il a un appendice à visée scientifique,[2] contenant notamment de nombreuses notes de références, une bibliographie commentée, des documents assez rares tels que la déposition de Maria Russell lors de sa séparation légale d'avec son mari, l'article du Washington Post qui alléguait que Russell était coupable d'adultère, et les différences entre les éditions originales et ultérieures des livres des Études dans les Écritures (le tout en anglais avec une traduction en français), d'abondants tableaux statistiques, et un index.

Réception critique

Fernand Dumont, de Recherches sociographiques, estime que ce livre "ne se donne pas comme un ouvrage de sociologie" — bien que la dimension sociologique n'est pas absente pour autant —, "mais plutôt comme un essai d'apologétique". Il estime toutefois que l'utilité de l'ouvrage pour les sociologues est "incontestable", et que le livre a "été élaboré avec beaucoup de précision et une très grande honnêteté". Certaines indications de l'auteur, par exemple sur les raisons de la conversion, sont "pleines d'intérêt", mais "un peu courtes".[3]

L'historien Timothy White estime que l'ouvrage est "un curieux mélange d'érudition objective et de propagande anti-Témoins"; il loue le livre pour son chapitre sur Knorr qui est profond et presque sans erreurs, pour l'appendice de valeur, l'exposé de dogmes catholiques et le développement de certaines critiques (Traduction du monde nouveau, incohérences dans certaines doctrines, présentation parfois caricaturale du catholicisme dans la littérature jéhoviste). White note toutefois quelques inexactitudes, qui restent relativement mineures et peu nombreuses par rapport à d'autres ouvrages sur la Watch Tower. Il critique par contre le parti-pris de Hébert qui s'efforce à tout prix de montrer que "Russell avait une personnalité méchante", attribuant systématiquement les plus "basses intentions" aux dirigeants de la Watch Tower.[4] Le sociologue Jean Séguy considère que le livre, bien qu'étant "polémique", "n'en contient pas moins une abondante et sérieuse information";[5] pour lui, l'ouvrage est "très marqué par son approche apologétique (catholique) mais précieux par ses descriptions de l'histoire, des croyances et des structures de la secte".[6] L'historien Bernard Blandre utilisa le livre d'Hébert notamment dans ses travaux relatifs aux tribulations matrimoniales de Russell, mais reprocha à l'auteur de n'avoir publié que la déposition de Maria Russell dans le cadre du procès de sa séparation légale, et pas celle de Charles;[7] il écrivit toutefois qu'il s'agissait d'un ouvrage qui "a fait date".[8] Le sociologue Massimo Introvigne considère Hébert comme l'un des pionniers pour ce qui est de la publication d'étude sur les Témoins, notant que l'ouvrage est certes écrit "dans une optique polémique", mais "avec un louable effort de documentation".[9]

Références

  1. Arrowup.png Introvigne, Massimo (1990), Les Témoins de Jéhovah, Le Cerf/éditions Fides, pp. 123,124 (ISBN 978-2-2040-4099-0)
  2. Arrowup.png Revue dominicaine (1961), volume 67, Couvent des Dominicains
  3. Arrowup.png Dumont, Fernand (1961), "Ouvrage recensé: Gérard Hébert, s.j., Les Témoins de Jéhovah. Essai critique d'histoire et de doctrine", Recherches sociographiques, vol. 2, n° 1, 1961, p. 115
  4. Arrowup.png Wills, Tony (2006, 2è éd.) (anglais), A People for His Name: A History of Jehovah's Witnesses and an Evaluation, Morrisville: Lulu Enterprises, pp. 273,!éè' (ISBN 978-1-4303-0100-4)
  5. Arrowup.png Séguy, Jean (1966), "Messianisme et échec social: les Témoins de Jéhovah", Archives des sciences sociales des religions, N. 21, doi: 10.3406/assr.1966.2589, p. 89. Consulté le 5 mai 2012
  6. Arrowup.png Séguy, Jean (1965), "Le non-conformisme sectaire en France. Problèmes de recherche", Revue française de sociologie, 6-1, doi: 10.2307/3319649, p. 46. Consulté le 5 mai 2012
  7. Arrowup.png Blandre, Bernard (1988), "Aux origines des étudiants de la Bible et des Témoins de Jéhovah — Attentes et débats 1873-1919", Mouvements religieux, Sarreguemines: Association d'étude et d'information sur les mouvements religieux, p. 19
  8. Arrowup.png Blandre, Bernard (1991), Les Témoins de Jéhovah, Belgique: éditions Brepols, p. 175 (ISBN 2-503-50063-3)
  9. Arrowup.png Introvigne, Massimo (1990), Les Témoins de Jéhovah, Le Cerf/éditions Fides, p. 12 (ISBN 978-2-2040-4099-0)