Les Témoins de Jéhovah: Pour un christianisme original

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Les Témoins de Jéhovah: Pour un christianisme original est un livre publié en 2003 par Philippe Barbey aux Éditions l'Harmattan.

Présentation de l'auteur par lui-même

Cette présentation est tirée de ses différents sites Web, données rendues publiques par l'auteur:

Barbey est diplômé de la Vème section de l'École Pratique des Hautes Etudes (EPHE), et doctorant en Sciences humaines et sociale.[1] Il a publié sa thèse sous forme de livre aux Éditions l'Harmattan intitulée Les Témoins de Jéhovah: Pour un christianisme original, thèse qui ne reprend ni ne rapporte aucune critique faite par les opposants aux Témoins de Jéhovah mais en appelle à la tolérance envers les Témoins de Jéhovah.[2] Il a aussi participé au livre publié par les Éditions Harmattan Pour en finir avec les camps, qui est la compilation des actes d'un colloque organisé à Strasbourg par le CETJAD (Cercle Européen des Témoins de Jéhovah Anciens Déportés et Internés). Expliquant la situation des Témoins de Jéhovah en Allemagne sous l'ère nazie, il finit par faire un parallèle entre notre époque et l'époque nazi, et la crainte qu'auraient les Témoins de Jéhovah anciens déportés et internés de revivre la même chose que sous l'ère nazi, il en appelle à la tolérance envers les Témoins de Jéhovah.

Avis critique d'Arnaud Blanchard

Le sociologue Blanchard a autorisé la reproduction de ses propos ci-dessous à propos du livre de Barbey:

Les Témoins de Jéhovah. Pour un christianisme original. Paris, L’Harmattan, 2003, 271 p. (bibliogr., index) (coll. « Religion et sciences humaines »).

"L’ouvrage aborde le mouvement des Témoins de Jéhovah sous un angle historique (en l’inscrivant dans la lignée des groupes antitrinitaires) et descriptif, en présentant notamment leur organisation et leur situation dans plusieurs pays européens. Le livre apporte peu d’éléments nouveaux sur le mouvement de la Tour de Garde et souffre d’insuffisances de style notables, telle la surabondance de citations non référencées. En outre, la démarche globale du document est ambiguë dans la mesure où – à défaut d’avoir construit sociologiquement son objet – l’auteur ne manifeste pas de distance critique à l’égard des croyances et des argumentaires énoncés par le groupe étudié.

À de multiples reprises, il reproduit et avalise sans examen les propositions (théologiques en particulier) des Témoins de Jéhovah de telle manière que l’analyse est éclipsée par le travail de persuasion. "[3]

(La mise en gras est de notre fait)

Analyse critique

Introduction

Barbey prétend dans cette introduction que son livre aura pour but "d'analyser le christianisme antitrinitaire français" (page 7) , or comme le titre l'indique ce sont les seuls Témoins de Jéhovah, l'objet de son analyse, seront laissés de côtés bien qu'évoqués rapidement dans cette introduction, les Unitariens et les mouvement issus du schisme de 1918 au sein de la Société Watch Tower comme le M.M.I.L. De plus, les christadelphiens ne sont évoqués nulle part dans le livre !

Les Étudiants de la Bible issus de l'adventisme?

Barbey affirme page 8 que Blandre se trompe en ce qui concerne l'origine adventiste des Témoins de Jéhovah. Pour cela, il cite Massimo Introvigne qui déclare que les adventistes du septième Jour ne sont pas à l'origine des Témoins de Jéhovah. Confondre le mouvement plus ou moins inorganisé au départ qu'était l'adventisme né en 1844 sous l'impulsion de William Miller d'avec la branche particulière de l'adventisme né plus tardivement que sont les adventistes du septième jour sous l'impulsion d'Ellen White est une des premières erreurs historiques de Barbey. Cette erreur permet curieusement à Barbey de rejoindre les Témoins de Jéhovah qui refusent toute origine à leur mouvement en dehors de Russell, qui aurait, selon eux, pris dans toutes les dénominations chrétiennes de son époque des "parcelles" de vérité. En réalité, la doctrine de Russell était un adventisme revu et corrigé, fortement influencé par Georges Storrs (antitrinitaire et anti-immortalité de l'âme), lui-même adventiste de la première heure. Barbey prétend que Russell "ne fut jamais ni de près ni de loin adventiste, même s'il s'intéressa à ce mouvement comme à d'autres d'ailleurs" (Page 9), outre que c'est la reprise exacte de la vision des Témoins de Jéhovah sur Russell, on peut la comparer à la réalité historique tirée de l'article sur Charles Taze Russell.

"C'est en 1869 qu'il pousse la porte d'une assemblée adventiste de Allegheny, dirigée par Jonas Wendell. De 1869 à 1873, il écrira régulièrement ainsi que son père au journal adventiste "The Advent Christian Time" pour leur poser des questions, démontrant qu'il en est un lecteur assidu (3/28/1871 p. 244, 4/1/1871 p. 260,4/18/1871 p. 268,6/6/1871 p. 324,7/25/1871 p. 372,2/25/1873,6/24/1873) . En même temps, par Georges Stetson qui sera pasteur de la communauté adventiste (1871-1873), il entrera en contact avec les idées de Georges Storr et sa revue Herald of Life, idées qui différaient sur le déroulement de la fin du monde. Enfin en 1874 d'après sa sœur, il s'est fait baptisé par Georges Storr qui n'étant pas membre de l'Advent Christian Church, mais plutôt un second adventiste indépendant de la première heure, cette dernière précision a permis à Russell de prétendre qu'il n'a jamais été techniquement un adventiste."

On peut ajouter à cela que pendant des années, les proches collaborateurs de Russell furent des adventistes, qui vécurent leur association avec Russell comme n'étant pas un abandon de leur foi adventiste, certains comme par exemple les proches collaborateurs de Russell John Paton ou Nelson Barbour, s'étant fâchés avec lui ou ayant pris leur distance comme le premier président de la Société Watch Tower William Conley, retournèrent dans la mouvance adventiste, si on peut appeler cela réellement un retour!

Dès lors l'affirmation de Barbey dès l'introduction suscite deux remarques:

  • Il ne connait pas son sujet, et l'erreur grossière du début laisse présager un livre à l'emporte-pièce ou
  • Il connait bien le sujet, mais il préfère valider la croyance des Témoins de Jéhovah sur leur passé: Nous sortons d'un livre de sociologie ou d'histoire des Témoins de Jéhovah pour entrer dans un livre purement apologétique. Nous tenterons de valider cette hypothèse par la suite de ses propos page 9: "L'analyse du corpus théologique chrétien des Témoins de Jéhovah permet de comprendre clairement leur trait adventiste, mais aussi leur non-affiliation avec les mouvements adventistes du XIXème siècle."

En fait, il est tout à fait d'accord avec Blandre qui ne disait pas autre chose, ainsi Blandre a tort en ayant raison. Quand Blandre disait que les Étudiants de la Bible étaient issus de l'adventisme, il parlait bien du terreau sur lequel sont nés quasiment en même temps des mouvements comme les adventistes du 7ème jour et les Témoins de Jéhovah. Ce terreau était composé d'une multitude de petites églises adventistes, de penseurs indépendants comme Georges Storrs, de directeurs de revues comme Nelson Barbour et même parfois encore de chrétiens qui n'avaient pas abandonné leur église plus traditionnelle tout en nourrissant des idées adventistes. C'est de là que sont nés les Témoins de Jéhovah, ainsi que les adventistes du 7ème jour, l'un ne découle pas de l'autre, mais les deux sont cousins.

Les Témoins de Jéhovah: Étudiants de la Bible ou rameau des Étudiants de la Bible?

En continuant dans cette page 9, Barbey veut contredire une autre affirmation de Blandre, celle que les Témoins de Jéhovah seraient un rameau du mouvement des Étudiants de la Bible et que Joseph Rutherford en serait le véritable fondateur: "Les Témoins de Jéhovah de 2001 sont les Étudiants de la Bible de 1870". (Page 9) Il évoque le fait que le corpus théologique est fondamentalement le même et que les structures légales des Étudiants de la Bible appartiennent actuellement aux Témoins de Jéhovah.

Ironiquement, c'est justement sur le corpus théologique que les Témoins de Jéhovah ont été identifiés à un rameau des Étudiants de la Bible, car on peut affirmer exactement le contraire de Barbey, Rutherford a changé beaucoup plus de doctrines du mouvement de Russell que ne l'ont fait les autres mouvements nés du schisme de 1917. De plus, quand il y a explosion en plusieurs mouvements d'un mouvement principal, le tronc, on est bien obligé d'utiliser l'image de l'arbre. Prétendre que les Témoins de Jéhovah sont encore le tronc revient à nier les autres mouvements nés du schisme: un curieux parti-pris.

Pour justifier encore son point de vue, il affirme encore une grossière erreur: "Il ne fait aucun doute que, si Joseph Rutherford avait rompu avec les bases théologiques de son mouvement, il aurait été abandonné par les proches de Russell". Et Barbey de citer William Van Amburgh et Alexandre Macmillan comme des proches de Russell ayant soutenu jusqu'au bout Rutherford. Malheureusement en 1928, Macmillan lui-même reconnaissait que quasiment tous les anciens collaborateurs de Russell avait abandonné un par un Rutherford, et que plus des 3/4 des membres originels avaient quitté la Watch Tower, la chance de Rutherford a résidé dans la progressivité des départs compensés par de nouveaux convertis, et l'aura de martyr qu'il a obtenu par son emprisonnement de 1918. Encore une fois, on ne remet pas en cause, un consensus historique sur les Témoins de Jéhovah par des arguments lapidaires. Barbey, en dehors d'arguments rapides, ne reprend pas pour les contredire les arguments étayés de Blandre sur l'histoire des Témoins de Jéhovah et largement partagés par la communauté scientifique. Il affirme le contraire et présente des demi-arguments facilement réfutables.

Ironiquement, Barbey partage son avis avec les dirigeants Témoins de Jéhovah eux-même sur ces sujets.

Origines juives du christianisme

Sur les 11 pages consacrées à ce sujet, pas moins de 6 le sont sur l'utilisation et même la vocalisation du nom de Dieu par les premiers chrétiens. Outre que cette théorie fait encore exactement écho aux croyances des Témoins de Jéhovah, elle n'est pas validée actuellement par aucune recherche en dehors de celle de Gérard Gertoux que Barbey cite abondamment et de travers.

Oubliant les autres mouvements antitrinitaires, Barbey prétend que pour les chrétiens antitrinitaires, "Dieu a un nom personnel qui le différencie très clairement de son fils".

Critiques contre ce site

Monsieur Barbey a demandé au webmaster de tj-encyclopedie de retirer certaines informations y compris une page à son nom, que nous considérions comme ayant été rendue publiques par lui auprès des autorités françaises (préfectures) et consultables par tout citoyen (déclarations d'associations), devant ses plaintes répétées sur ce site et auprès de la CNIL par deux fois et dans l'attente d'une réponse de la CNIL nous les avons supprimées. Il a néanmoins accepté (mais pour combien de temps) que nous puissions critiquer son livre.

Droit de réponse accordé à M. Barbey

"Monsieur Chasson ne supporte pas d'écouter l'auteur du livre qu'il prétend critiquer alors qu'il n'a aucune compétence universitaire en sciences des religions. De plus, son manque d'objectivité est flagrant. Par exemple, il ne laisse pas l'auteur lui-même faire les remarques suivantes, ce qui explique qu'il préfère bloquer la modification de sa page, page qu'il ne signe pas d'ailleurs:

A propos d'une critique émanant d'Arnaud Blanchard, non spécialiste de la question, voici ce que dit madame Danièle HERVIEU-LEGER, rédactrice en chef des ASSR: "Une recension n'est pas un acte d'évaluation académique. L'excellente évaluation de votre travail par vos professeurs doit vous rassurer. Cordialement." (message du 14/10/2004 13:25 adressé à l'auteur).

Parmi les excellents témoignages d'universitaires sur cet ouvrage, Monsieur le professeur Freddy RAPHAËL de la Faculté des Sciences sociales (Pratiques sociales et développement) de Strasbourg (Université Marc Bloch) écrit: "Je tiens à vous remercier de m'avoir adressé votre travail sur les Témoins de Jéhovah. Vous avez fait oeuvre utile en faisant connaître leur résistance acharnée face à l'emprise totalitaire. Je respecte profondément ce courage qui a amené nombre d'entre eux à affronter la mort. Votre approche assume la tension entre l'empathie et la nécessaire distance; elle permettra de mieux comprendre leurs normes et leurs comportements." (Lettre du 13/04/2004 adressée à l'auteur.)

Monsieur CHASSON, administrateur de son site sur lequel il écrit, omet en outre de signaler que les lecteurs du livre peuvent écrire directement à l'auteur qui leur répondra lui-même sur le site de son éditeur."

Réponse de M. Chasson

"Monsieur Barbey oublie curieusement que je lui accorde le droit de participer à ce site, du moment qu'il n'efface pas les contributions des autres, ce qu'il a fait, à moins qu'il les modifie en argumentant, ce qu'il n'a pas fait, et du moment qu'il ne manifeste pas sa colère, en effacant totalement cette page ce qu'il a fait à deux reprises, et ce qui m'a obligé de mettre en protection cette page. Néanmoins je déprotège cette page pour qu'il puisse modifier son droit de réponse comme il le veut, en étant bien entendu que je la protégerai de nouveau s'il recommence ses vandalisations.

Je rajouterai seulement que Monsieur Arnaud Blanchard est bien spécialiste de la question des Témoins de Jéhovah et que c'est à ce sujet qu'il a pu faire cette critique du livre de Monsieur Barbey, de plus si je ne suis pas universitaire, il en est de même pour Monsieur Barbey, être diplômé de l'EPHE ne signifie pas qu'on soit universitaire.

Charles Chasson

Lien critique