Les Témoins de Jéhovah: Prédicateurs du Royaume de Dieu

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Les Témoins de Jéhovah : Prédicateurs du Royaume de Dieu est un livre publié lors des assemblée d'été de 1993 par la Société Watch Tower. Ce livre grand format de 752 pages se propose de retracer l'histoire de l'organisation depuis l'époque de Charles Taze Russell jusqu'à aujourd'hui[1]. Il remplace ainsi le livre de 1959 Les témoins de Jéhovah dans les desseins divins. Toutefois, certains observateurs ont relevé des omissions ou des arrangements avec la réalité dans cet ouvrage, bien que celui-ci affirme présenter les faits de façon objective[2].

Le livre est généralement bien écrit et bien illustré, mais il se résume principalement à une collection d'anecdotes et de fragments d'histoires ayant peu de continuité. Comme à son habitude, la Société Watch Tower donne peu de références, ce qui rend difficile pour le lecteur de vérifier ce qui est dit. Lorsqu'il fut présenté à l'assemblée, le livre fut décrit comme retraçant de façon franche et honnête l'histoire des Témoins de Jéhovah. Bien qu'il y a quelques discussions relativement franches sur des points autrefois généralement dissimulés, beaucoup d'informations ont été omises, ce qui aurait toutefois pu donner une image plus précise de leur histoire. La Société veut visiblement toujours cacher certaines informations dérangeantes. Dans d'autres cas, l'information est présentée par petits morceaux, pour que le lecteur ne voit aucune continuité de pensée. Beaucoup de choses ne seront pas portées à l'attention du lecteur occasionnel. L'Église catholique et particulièrement son clergé, est violemment critiquée à travers tout l'ouvrage.

Points particuliers

  • p. 45 : George Stetson était probablement adventiste[3], mais cela n'est pas mentionné.
  • p. 46 § 2 : On essaie de donner l'impression que Russell avait cru en la doctrine de présence invisible pendant quelques temps avant 1874, bien que rien ne soit explicitement exposé. La réalité est que Russell n'en est pas venu à croire cela avant que les espérances de Nelson Horatio Barbour et quelques adventistes à propos d'octobre 1874 ne soient déçues[4]. Il est peu probable que Russell n'ait pas eu connaissance de la prédiction de Barbour. Il était certainement au courant des prévisions adventistes.
  • p. 46 § 3 : Première mention dans le livre de la croyance en la présence de Christ à partir de 1874.
  • p. 47 § 2 : Admet que The Object and Manner of Our Lord’s Return [Le but et la manière du retour de notre Seigneur][5] a d'abord été publié en 1877, et non en 1873 comme Les témoins de Jéhovah dans les desseins divins l'avait prétendu (voir pp. 557, 575)[6].
  • p. 47 § 5 : Ne mentionne pas du tout la prédiction de Barbour et Russell faite dans Three Worlds, and the Harvest of This World [Les trois mondes, et la moisson du monde d’à présent] comme quoi la résurrection aurait lieu en 1878. Cela est toutefois mentionné plus tard dans le livre (voir p. 632). De plus, dans toute la discussion du chapitre 5, qui traite des croyances qu'ont eues les fidèles entre 1870 et 1914, rien du tout n'est dit en rapport avec les détails du calcul aboutissant à 1914. La date de -606 n'est même pas mentionnée. Cela a été probablement fait afin d'éviter que des fidèles commencent à se demander pourquoi 606 a été changé par 607 av. J.-C pour le début des temps des Gentils, autrement dit pourquoi la destruction de Jérusalem a été avancée d'un an. Cette dernière date est totalement injustifiable, comme le prouvent les discussions à la page 239 du livre The Truth Shall Make You Free et à la page 171 de The Kingdom Is at Hand.
  • p. 60 § 5 : Formulation typique ayant pour but de réduire au minimum les prétentions de Russell : "tout ce qu’ils attendaient n’avait pas été directement énoncé dans les Écritures". La vérité est que rien de ce qu'ils ont attendu n'était mentionné dans les Écritures, puisque toutes les attentes ont échoué.
  • pp. 67-68 : Déformation habituelle du schisme de 1917[7].
  • p. 69 § 3-5 : Essaie de donner l'impression que Le Mystère Accompli est un livre véridique, alors que plus rien de ce qu'il contient n'est encore en vigueur.
  • p. 76 (encadré) : Description trompeuse de Beth-Sarim. Ne mentionne absolument pas que Beth-Sarim avait pour finalité, comme l'expose le livre Salut et d'autres publications, de devenir une résidence pour "les princes". Ne mentionne jamais que l'acte notarié de Beth-Sarim était un fidéicommis à l'intention des "princes". Le véritable but de la construction de ce pavillon était, comme indiqué dans le livre[8], d'en faire une résidence pour Rutherford. Mais puisque c'était une luxueuse villa, il a fallu donner une explication "scripturale" plausible, compte tenu de la grande crise économique de l'époque. Cela fait penser à la décision de remettre gracieusement les publications de la Société Watch Tower au public. La véritable raison de la distribution gratuite est d'éviter le paiement de taxes, mais l'explication officielle présentée aux fidèles est restée pendant longtemps "vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement" (Matthieu 10:8).
  • p. 78 § 2-3 : Deux petits paragraphes induisant complètement en erreur pour expliquer le fiasco de 1925. Il est incroyable que l'auteur de ces paragraphes manifeste si peu de respect pour l'intelligence du lecteur. Celui qui a écrit ce livre est un maître du double langage euphémique.
  • p. 85 § 4 : Rutherford dénonce la censure pratiquée par l'Église catholique, alors que lui-même la pratiquait et a institué des attitudes qui persistent aujourd'hui.
  • p. 104 § 3-5 : Description minimale du fiasco de 1975. La phrase "certaines [déclarations] ont été probablement plus catégoriques qu'il n'aurait fallu" est assez incroyable...
  • pp. 106-109 : Réorganisation du Collège Central. A comparer avec Crise de Conscience de Raymond Franz[9].
  • p. 111 § 1: La version de la Watch Tower des troubles de 1980 est déformée. Il est intéressant de noter que ce passage figure sous l'intertitre "Des publications bibliques pour combler les besoins spirituels" (p. 110).
  • pp. 132-137 : Première discussion détaillée dans le livre des croyances sur le but et la manière du retour du Christ et les temps des Gentils
  • p. 132 § 4, 5 : Ne mentionne pas que c'est probablement l'échec des prédictions de Barbour à propos du retour visible de Christ qui a mené Barbour et Russell à parler d'un retour invisible.
  • p. 133 § 4 : Autre mention de 1874 comme le commencement de la présence de Christ. La note en bas de la page induit tout à fait en erreur.
  • p. 134 § 1 : Autre déclaration tentant de minimiser les erreurs à propos des attentes du retour de Christ : "ils n’en discernaient pas encore clairement tous les détails."
  • p. 134 § 3 : Affirme que John Aquila Brown a relié les "sept temps" de Daniel avec les temps des Gentils. Cette déclaration contredit directement ce qui est dit dans Les "Temps des Gentils" reconsidérés[10]. Où la Société Watch Tower a-t-elle obtenu ses informations ?
Les travaux de Edward Bishop Elliot mentionnant 1914 comme date possible de la fin des temps des Gentils semblent trouver leur source dans la 1ère édition d' Horae Apocalypticae (1844), selon Jim Parkinson, un Étudiant de la Bible de Glendale (Californie). Le calcul a été abandonné lorsque la 4ème édition a été imprimée en 1851. Il semble qu'aucune bibliothèque des États-Unis ne possède la 1ère édition mais il se peut qu'elle soit conservée à la bibliothèque du British Museum.
Robert Seeley semble être associé à Elliot, étant donné que "Seeley" est le nom d'un des éditeurs des 4ème et 5ème éditions d' Horae Apocalypticae.
On peut se demander ce que Joseph Seiss a en réalité dit. Le livre note que la chronologie de Seiss fut plus tard rejetée par Russell. Les auteurs ne savent-ils pas qu'un résultat correct obtenu par un faux raisonnement est sans valeur ?
  • p. 134 § 4 : Herald of the Morning mentionné pour la première fois. Où les auteurs ont-ils obtenu l'information ? Ont-ils des copies ?
  • p. 134 § 5 : La discussion ne précise pas que 1914 et la fin des temps des Gentils furent prévus comme la fin d'une série d'événements importants qui devaient avoir commencé en 1874.
  • p. 135 § 1-3 : Nouvelle tentative d'induire en erreur concernant les espérances sur 1914. La première phrase du paragraphe 1 est fausse[11] : Russell a pendant plusieurs années prétendu savoir exactement ce qui arriverait en 1914 et n'a pas épargné ses efforts pour publier ces prétentions. Il appela même sa chronologie "les dates de Dieu"[12]. Le paragraphe 3 est remarquable pour ce qui est de minimiser : "Ils ont essayé, en y parvenant plus ou moins bien, d'éviter d'être dogmatiques sur des détails que la Bible elle-même ne donnait pas."
  • p. 137 § 1 : Discute des changements qui sont arrivés en ce qui concerne 1914. Toutefois, le lecteur n'est pas averti qu'en 1922 le temps du début du règne du Christ fut reporté de 1878 à 1914. On ne lui dit pas non plus que ce n'est pas avant 1943 que la Société Watch Tower a finalement adopté la doctrine selon laquelle la présence du Christ a commencé en 1914, et non en 1874. L'impression qui se dégage du livre est que ces changements sont venus rapidement et non tout au long des 29 années suivantes.
  • p. 140 § 1, 2 : Laisse entendre que la description d'Har-Maguédôn fournie par Russell devait être future, alors qu'il prétendait qu'il avait commencé en 1874. Ce n'est qu'autour de 1910-1913 que Russell en reporta le début à 1914.
  • pp. 142, 143 : Description généralement correcte du point de vue de Russell à propos de "l'esclave fidèle et avisé" (Matthieu 24:45), mais le paragraphe 1 de la page 143 n'est pas tout à fait exact en déclarant que Russell a évité pour sa part de s'identifier à ce "serviteur fidèle". En effet, la Watch Tower du 1er décembre 1916 déclarait : « Des milliers de lecteurs des écrits du Pasteur Russell croient qu'il a rempli la charge du "serviteur fidèle et prudent". [...] Sa modestie et son humilité l'empêchèrent de revendiquer ouvertement ce titre, mais il l'a effectivement admis en conversation privée.[13] »
  • p. 146 § 3 : Commentaire-clé sur Proverbes 4:18 à propos des nouvelles lumières, de la compréhension progressive des prophéties, etc. Les auteurs ne semblent pas se rendre compte que ce concept peut être appliqué par n'importe qui à presque n'importe quel système de croyance imaginable et, de ce fait, est sans valeur.
  • p. 147 § 1-3 : Aucune mention n'est faite à propos de la conception antérieure à 1929 sur les "autorités supérieures". Toutefois, cela est indiqué plus loin dans le livre (voir p. 190 § 1). En conséquence, ces revirements complets ne sont pas mentionnés en un seul endroit dans le livre. Le lecteur occasionnel ne s'en rend donc même pas compte.
  • p. 147 § 3 : Essaie de simplifier le plus possible les volte-face sur l'identification des "autorités supérieures", et laisse sous-entendre que les fidèles n'ont connu le principe de soumission relative qu'à partir de 1962.
  • p. 157 § 1 : « Tout groupe ou tout individu qui parle au nom de Jéhovah se fait un devoir de transmettre sa parole avec véracité. »
  • p. 163 § 1 : Obscurcissement complet des croyances réelles à propos de 1925. Le paragraphe laisse entendre que les Étudiants de la Bible avaient compris qu'Har-Maguédôn était proche et que des millions de personnes pouvaient ne jamais mourir, mais sans indiquer qu'ils pensaient que cela se passerait précisément en 1925.
  • p. 178 § 4 : « Les Témoins de Jéhovah reconnaissent qu'ils doivent être honnêtes en toutes choses. [...] Il n'existe aucun domaine de la vie dans lequel les Témoins de Jéhovah peuvent à bon droit appliquer un autre système de valeurs. » Hypocrisie de la part de la Société Watch Tower qui ne respecte pas toujours ce principe.
  • p. 190 § 1 : Aveu tardif que l'expression "autorités supérieures" s'appliquait aux autorités séculaires. Pourquoi cela n'est-il pas admis avant dans le livre, par exemple à la page 147 ? Tout simplement parce qu'ainsi les références sont séparées, et le lecteur a peu de chances de se rendre compte du revirement.
  • p. 201 (encadré) : Timide aveu des croyances relatives à la pyramidologie.
  • pp. 205-6 : Évocation des changements de Russell sur la conception d'une organisation. Il s'agit en fait d'une tentative de réponse aux critiques qui relèvent la grande différence entre les premières idées de Russell sur cette question et le point de vue actuel.
  • p. 206 § 2 : Évoque la mise en place par Russell des anciens électifs en 1895, déclarant que c'était la façon de suivre un "sage conseil biblique." Mais l'ouvrage évite soigneusement d'employer le terme "ancien électif" et dit plutôt que les anciens étaient "choisis", étant donné que plus tard dans le livre les pages 212-219 déclarent que la fonction d'ancien électif fut supprimée dans les années 1930 parce qu'elle était non scripturale. Comment cette mesure pouvait-elle être bibliquement sage en 1895, et non biblique dans les années 1930 ?
La discussion des pages 213 et 214 et 217 à 219 explique comment les anciens électifs ont été complètement éliminés, mais ne dit jamais explicitement qui ils étaient. La discussion donne l'impression qu'il y avait toujours un collège d'anciens après cela. Il serait étonnant que quelqu'un ayant été Témoin de Jéhovah avant la mise en place de l'actuel système du collège d'anciens accepte cette description comme un reflet authentique du passé.
  • p. 219 § 1 : La phrase "l'histoire moderne des Témoins de Jéhovah considérée jusqu'ici ayant montré que cet "esclave" utilise la Société Watch Tower comme un instrument juridique" est totalement fausse. Les faits déjà considérés ne montrent pas cela du tout.
  • p. 219 § 2 : Anachronisme. En 1938, il n'y avait aucun Collège Central. Rutherford était le seul à diriger l'organisation et les directeurs de la Société Watch Tower n'avaient pas du tout le rôle des membres du Collège Central actuel. Voir Crise de Conscience de Raymond Franz.
  • p. 220 § 2 : Les commentaires de Karl Klein sur Rutherford sont très révélateurs sur chacun d'eux. Rutherford agissait comme s'il était Dieu lui-même, bien qu'il était un alcoolique et probablement un adultère[14]. L'approbation de Klein à son sujet montre son vrai visage. Mais venant de l'homme qui a écrit l'article infâme de La Tour de Garde comparant "la nouvelle lumière" au louvoiement d'un bateau à voiles[15], cela se comprend.
  • p. 222 § 1 : Profonde déformation d'Actes 15.
  • p. 248 § 4 : Déclare que les publications de la Société Watch Tower sont accessibles à tous, ce qui n'est pas vrai. La Société, par l'intermédiaire des anciens locaux, dénie parfois ce droit aux personnes qu'ils n'aiment pas.
  • p. 466 § 3 : Déclaration sur le statut d'organisation culturelle des Témoins de Jéhovah au Mexique, sans toutefois apporter d'éclaircissement sur ce sujet. Voir Crise de Conscience, de Raymond Franz.
  • p. 509 § 2 : Comparer la dernière phrase du paragraphe ("une moisson spirituelle de grande ampleur se déroule actuellement dans ce vaste territoire [la Russie] que le monde a longtemps considéré comme le bastion de l'athéisme") avec les prédictions de la Société Watch Tower en rapport avec les prophéties de Daniel sur le roi du nord, etc.
  • p. 528 § 2 : Commentaire intéressant de la Société Watch Tower qui se présente comme vivement concernée par les besoins spirituels de personnes insignifiantes, à tel point qu'elle envoie un missionnaire juste parce que l'une de ces personnes a écrit une lettre. On peut mettre cette affirmation en contraste avec le refus de la Société de répondre, ou même d'avoir connaissance, des lettres provenant de personnes qui ne sont pas d'accord avec ses enseignements. La Société Watch Tower est-elle vraiment méritante quand elle répond à des gens intéressés par son message, mais qu'elle ignore les courriers de ceux qui la critiquent à bon droit ?
  • p. 560 (coupure de presse figurant en haut de la page) : Il est à noter comment est présenté le livre Le Mystère Accompli : "dernière grande œuvre" de Russell, il jette un flot complémentaire de lumière sur les conditions actuelles". En réalité, non seulement le livre n'a pas été écrit par Russell, mais en plus il contenait de très nombreuses prophéties et spéculations totalement abandonnées quelques années après[16].
  • p. 568 § 2 : Autre prétention des Témoins de Jéhovah comme quoi "l'esprit de Dieu était sur eux et qu'Il [Dieu] avait mis sa parole dans leur bouche".
  • p. 571 § 1, 2 : Ne mentionne pas les autres significations de l'expression grecque "de maison en maison"[17].
  • p. 602 : Commentaire intéressant sur la conception de la Société Watch Tower pour qui la Traduction du monde nouveau en anglais est si précise et fiable qu'elle peut être employée comme base pour la traduction dans d'autres langues. Cela implique que le grec original et l'hébreu ne sont pas vraiment nécessaires. La discussion indique par ailleurs que la Société a beaucoup de ses publications disponibles dans des fichiers sur ordinateur.
  • p. 603 § 2 : En déclarant être "convaincu[e] que la Bible est la Parole sacrée de Dieu", la Société s'engage à la suivre au plus près plutôt que ses propres idées. Les faits ne permettent pas toujours d'arriver à cette conclusion.
  • p. 610 § 3 : Vante les qualités de la Kingdom Interlinear Translation of the Greek Scriptures qui apporterait la signification originale du texte grec. Cependant, comparez la façon dont le mot grec melle (à propos de) est rendu en Marc 13:4 et Luc 21:7 avec la façon dont il est traduit en Apocalypse 10:7 dans la Traduction du monde nouveau.
  • p. 620 § 3 : Discussion des livres de John Paton plutôt confuse. Il a écrit deux versions de Day Dawn [L'aurore du jour] : le premier a été approuvé par Russell et distribué largement. Le deuxième a été écrit après leur séparation[18].
  • p. 621 § 1 : La citation de Russell montre combien son ego était grand alors qu'il n'avait que 29 ans à l'époque. Il était si intimement confiant que ses propres interprétations et croyances étaient précisément celles de Dieu qu'il considérait les divergences sur celles-ci comme des déviations des doctrines divines, pas de ses propres avis.
  • p. 621 § 3 : Déclaration ambiguë attribuant l'approbation de Dieu à Russell : "Dieu ne se serait pas servi de Charles Russell si celui-ci n'avait pas fidèlement adhéré à sa Parole". Par le même raisonnement, tous ceux qui prétendent adhérer à la Parole de Dieu pourraient prétendre être utilisés par Dieu d'une façon spéciale. Tout cela signifie que Dieu n'emploie pas les gens mauvais pour le représenter. Pourtant, indubitablement Russell n'était pas en accord avec la Bible, tant au niveau des doctrines (pyramidologie, chronologie totalement fausse, très nombreux dogmes aujourd'hui abandonnés...) que des comportements (comportement envers sa femme condamné par un tribunal, ego surdimensionné...). Il suffit en fait de mettre derrière l'expression "suivre fidèlement la Parole de Dieu" le sens qui nous arrange pour la faire cadrer à la conclusion à laquelle on désire arriver.
  • p. 621 § 5, 622 § 1 : Prétend implicitement que Russell aurait été le canal visible du Dieu parce qu'il a défendu la rançon et a rejeté certains crédos de la chrétienté (trinité, immortalité de l'âme). Curieusement, l'attitude vis-à-vis de ces doctrines-là précisément serait l'indice déterminant que Russell était ce canal, alors que bon nombre d'autres doctrines qu'il acceptait était erronées. Si l'on s'était basé sur ces doctrines-là, on n'aurait évidemment pas obtenu le même résultat. Comme bien souvent, la Société Watch Tower fait un tri sélectif pour retenir uniquement ce qui l'arrange et lui permet d'arriver à une conclusion préétablie.
  • p. 622 § 2 : Il est dit que Russell était éclectique dans son utilisation de doctrines diverses et enthousiaste pour ce qui était de propager ses points de vue, notamment sur le retour de Christ. Le paragraphe néglige de mentionner que la thèse de Russell au sujet du retour du Christ pour 1874 était fausse et donc non biblique, que son calcul pour parvenir à 1914 combinait plusieurs erreurs, que ce n'était qu'un calcul parmi tant d'autres et qu'il attendait plusieurs choses pour cette année-là qui ne se sont pas du tout produites (le livre ne mentionne que la fin des Temps des Gentils, étant donné que c'est le seul point toujours en vigueur). Comment des enseignements si faux peuvent-ils être présentés comme la preuve évidente que Dieu employait celui qui les prêchait ? Le livre oublie que Russell a eu la fâcheuse tendance à confondre sa propre interprétation de la Bible avec la révélation directe du Dieu. N'importe quel Témoin de Jéhovah qui agirait aujourd'hui comme Russell serait immédiatement excommunié et dénoncé comme un apostat.
  • p. 623 § 3 : Déclare : "À l'approche de sa mort, il ne pensait pas qu'il ne restait plus rien à apprendre, qu'il ne restait plus rien à faire." Cela est vrai si l'on se base sur des Watchtower de 1914 à 1916. Cependant, comparez cette revendication avec une déclaration de Russell dans la Watchtower du 15 septembre 1910, qui disait que Dieu avait déjà révélé tout ce que Russell avait besoin de savoir et que, quand Dieu voudrait qu'il en sache plus, il le lui aurait fait savoir.
  • p. 623 § 3 : Russell "était conscient" qu'il y avait plus de travail qui devait être fait seulement après l'écroulement total de ses suppositions chronologiques. La deuxième phrase essaye de calquer la doctrine actuelle de la Société au sujet des chrétiens "oints d'esprit" sur ce que Russell déclarait à propos de tous les vrais chrétiens. La citation devrait être replacée dans son contexte.
  • p. 624 § 4 : La déclaration "la franchise extrême avec laquelle les nouveaux articles d'études de la Bible dévoilaient la fausse religion" semble faire référence au livre Le Mystère Accompli.
  • p. 626 § 2 : Aveu que la Watchtower elle-même avait qualifié Russell de "serviteur fidèle et prudent" (Matthieu 24:45-47). La Société doit être félicitée sur ce premier aveu clair et ouvert d'une casserole sur son histoire, mais malheureusement le reste du livre est loin d'être aussi honnête. Cela devrait soulever quelques questions dans les esprits des Témoins de Jéhovah sur les revendications de la Société au sujet de "l'esclave fidèle et avisé" choisi en 1919 seulement. Mais il est fort probable qu'ils ne réagiront pas.
  • p. 629 § 5 : Exemple de raisonnement totalement circulaire : le fait que nous observons un changement prouve que ce changement devait avoir lieu ; puisque le changement doit avoir lieu, il doit être attendu que nous observerons un changement. C'est un bateau à voiles louvoyant dans des cercles.
  • p. 629 § 6 : Fausse analogie. Selon le récit biblique, les fidèles de Dieu de l'époque préchrétienne et au Ier siècle n'ont certes pas tout compris, mais ils n'ont pas spéculé sur ce que Dieu n'avait pas révélé, ni exigé ensuite que les autres fidèles de Dieu acceptent leurs spéculations sous peine d'excommunication.[19]
  • p. 629 § 7 : L'argument présenté est raisonnable ; malheureusement, il annule la prétention de la Société Watch Tower selon laquelle elle bénéficie de la direction de Dieu. Le fait de "louvoyer" dans les deux sens pour parvenir à une compréhension correcte de la Bible est la preuve qu'on utilise uniquement son propre discernement, non que l'on est dirigé par l'esprit saint de Dieu. La Société devrait être assez humble pour le reconnaître.
  • p. 630 § 2 : Argumentation totalement circulaire à nouveau : la grande foule ne pouvait pas être clairement identifiée avant qu'elle n'ait commencé à se manifester. Elle ne se manifestait elle-même qu'à partir du moment où elle devenait clairement visible. Il est assez étonnant de dire ensuite : "Ceux qui critiquaient durement frère Russell ne comprenaient pas non plus ces questions."
  • p. 630 § 3 : Déclare que certaines personnes qui avaient quitté le groupe de Russell avaient raison sur certains points, mais que le Seigneur ne les as pas bénies car leurs groupes ont disparu par la suite. Pourtant, comment Dieu a-t-il pu bénir un groupe de personne qui enseignaient des erreurs et rejetter des gens qui étaient davantage dans la vérité ? Ainsi, alors que la Société Watch Tower enseigne qu'il faut quitter une organisation dès lors qu'il y a des erreurs doctrinales afin d'obtenir l'approbation de Dieu, elle tient ici le raisonnement inverse quand il y va de son propre intérêt. Toute son argumentation part du principe qu'elle est la seule vraie organisation.

Liens externes

Références

  1. Arrowup.png La Tour de Garde du 1er mai 1994, p. 16
  2. Arrowup.png Les Témoins de Jéhovah : Prédicateurs du Royaume de Dieu, avant-propos, p. 5 : "Les rédacteurs de ce livre se sont efforcés de relater les faits avec franchise et objectivité."
  3. Arrowup.png http://www.heraldmag.org/olb/contents/history/stetsonolb.htm
  4. Arrowup.png James Penton, Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, University of Toronto Press, 2ème édition, 1997, p. 310 ; Carl Olof Jonsson, Les "Temps des Gentils" reconsidérés, Commentary Press, Atlanta, traduction française de 2008 d'après la 4ème édition revue et mise à jour de 2004, pp. 48-54
  5. Arrowup.png Charles Russell, The Object and Manner of Our Lord’s Return
  6. Arrowup.png James Penton, Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, University of Toronto Press, 2ème édition, 1997, p. 17 ; Voir l' Index des publications de la Société Watch Tower sous "Publications Watch Tower, brochures". L' Index 1986-1990 ne le mentionne pas, celui de 1930-1985 l'inscrit comme ayant paru en 1873, et celui de 1930-1960 donne la date de 1877.
  7. Arrowup.png James Penton, Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, University of Toronto Press, 2ème édition, 1997, pp. 48-55
  8. Arrowup.png Les Témoins de Jéhovah : Prédicateurs du Royaume de Dieu, page 76 : "À partir de 1929, frère Rutherford travaillait l’hiver dans une maison de San Diego qu’il avait nommée Beth-Sarim. Beth-Sarim avait été construite grâce à un don fait spécialement dans ce but. L’acte, publié intégralement dans “L’Âge d’Or” du 19 mars 1930 (en anglais), faisait de Joseph Rutherford le propriétaire de cette maison, et après lui la Société Watch Tower."
  9. Arrowup.png Raymond Franz, Crise de conscience, Commentary Press, Atlanta, pp. 86-120
  10. Arrowup.png Carl Olof Jonsson, Les "Temps des Gentils" reconsidérés, Commentary Press, Atlanta, 2008, p. 39 : "Brown calcula que les 2520 ans allaient de 604 av. n. è. [...] à 1917. [...] Lui-même n'associa pas cette période aux temps des Gentils de Luc 21.24."
  11. Arrowup.png Les Témoins de Jéhovah : Prédicateurs du Royaume de Dieu, p. 135 : "Les Étudiants de la Bible n’étaient pas absolument sûrs de ce qui se passerait."
  12. Arrowup.png Zion's Watch Tower du 15 juillet 1894, p. 226 (réimpression p. 1677) : "We see no reason for changing the figures — nor could we change them if we would. They are, we believe, God's dates, not ours. But bear in mind that the end of 1914 is not the date for the beginning, but for the end of the time of trouble." ("Nous ne voyons aucune raison de changer les chiffres, et nous ne pourrions pas les changer même si nous le voulions. Nous pensons que ce sont les dates de Dieu, et pas les nôtres. Mais rappelez-vous que la fin de 1914 n'est pas la date du commencement, mais de la fin du temps de détresse.")
  13. Arrowup.png The Watch Tower and Herald of Christ’s Presence du 1er décembre 1916, p. 357 (réimpression p. 5998) : "Thousands of the readers of Pastor Russell's writings believe that he filled the office of ‘that faithful and wise servant,’ and that his great work was giving to the Household of Faith meat in due season. His modesty and humility precluded him from openly claiming this title, but he admitted as much in private conversation."
  14. Arrowup.png http://www.aggelia.be/rutherford.html
  15. Arrowup.png La Tour de Garde du 15 mars 1982, p. 27
  16. Arrowup.png Le Mystère accompli, p. 64 : "Notre proposition est que la glorification du petit troupeau au printemps en 1918 sera à mi-chemin (trois ans et demi chacun) entre la fin des temps des Gentils et la fin de l'espérance céleste, en 1921."
    Le Mystère accompli, p. 258 : "Même les républiques disparaîtront à l'automne 1920. […] Chaque gouvernement terrestre mourra, englouti dans l'anarchie."
    Le Mystère accompli, pp. 398-9 : "Les gens qui constituent la force de la chrétienté seront supprimés mais une période terriblement mouvementée commencera en 1918. Une troisième partie « sera brûlée par le feu au milieu de la ville ». Le feu symbolise la destruction... Après 1918, les personnes soutenant la chrétienté cesseront d'être ses défenseurs, seront détruits en tant qu'adhérents, par la peste spirituelle des erreurs, et par la famine de la Parole de Dieu en leur sein."
    Le Mystère accompli, p. 485 : "En outre, en 1918, quand Dieu détruira les Églises en gros et les membres des Églises par millions, il en sera que n'importe quelle fuite viendra des travaux du pasteur Russell pour apprendre la signification de la chute du 'christianisme'."
  17. Arrowup.png James Penton, Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, University of Toronto Press, 2ème édition, 1997, pp. 114-116
    Augustin Delmas, Recherches relatives à l'expression "de maison en maison"
  18. Arrowup.png James Penton, Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, University of Toronto Press, 2ème édition, 1997, p. 23
  19. Arrowup.png Voir la déclaration de Russell, à la page 188 de la Zion's Watch Tower de février 1881 :
    « If we were following a man undoubtedly it would be different with us; undoubtedly one human idea would contradict another and that which was light one or two or six years ago would be regarded as darkness now: But with God there is no variableness, neither shadow of turning, and so it is with truth; any knowledge or light coming from God must be like its author. A new view of truth never can contradict a former truth. "New light" never extinguishes older "light," but adds to it. If you were lighting up a building containing seven gas jets you would not extinguish one every time you lighted another, but would add one light to another and they would be in harmony and thus give increase of light: So is it with the light of truth; the true increase is by adding, not by substituting one for another. »