Les Temps des Gentils reconsidérés

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Les Temps des Gentils reconsidérés
Auteur Carl Olof Johnsson
Sujet date de destruction de Jérusalem
Titre original The Gentile Times Reconsidered
Pays Canada.jpg Canada (Lethbridge, 1983)
Etats-Unis.jpg États-Unis (La Jolla, 1983; Atlanta, autres éditions)
Langue(s) anglais, français (depuis 2004)
Date de parution originale 1983
Date(s) de réédition 1986, 1998, 2004, 2008
Éditeur
  • Hart Publishers (Canada 1983)
  • Good News Defenders (États-Unis, 1983)
  • Commentary Press (autres éditions)
Format(s) livre, format pdf
Pages 437 (version pdf)
ISBN 978-0-9146-7507-5
Avis professionnels ou de lecteurs
Livre suivant Les Signes des derniers jours: Quand?

Les Temps des Gentils reconsidérés, connu sous son titre en anglais The Gentile Times Reconsidered, est un livre de 1983 de l'ancien Témoin de Jéhovah suédois Carl Olof Johnsson, qui étudie la date de -607 comme date de destruction de Jérusalem, ce qui constitue un enseignement majeur de la Société Watch Tower. Le livre examine en profondeur l'historique du calcul des 2 520 ans, et les preuves bibliques, archéologiques, astronomiques, entre autres.

Contexte et effets

Voir aussi Attitude vis-à-vis des intellectuels

Carl Olof Johnsson a été un Témoin de Jéhovah actif pendant 26 ans. En 1968, tandis qu'il était pionnier au sein du mouvement, un homme avec qui il étudiait dans le cadre du porte à porte le mit au défi de prouver que -607 était la bonne date pour la destruction de Jérusalem, lui faisant remarquer que tous les historiens situent cet événement vingt ans plus tôt. Bien qu'ayant alors pleinement confiance dans la chronologie établie par la Watch Tower, Johnsson promit à l'homme de faire des recherches sur ce sujet. Celles-ci s'étalèrent sur plusieurs années, et devant l'accumulation des preuves, Johnsson dut admettre en 1975 que la Watch Tower avait tort concernant -607. Après avoir montré ses recherches à quelques amis, il décida de les rassembler sous forme de traité afin de les envoyer au Collège Central en 1977 (le dossier en question, qui s'étoffa ultérieurement, fut à l'origine de l'ouvrage). Dans plusieurs courriers que Johnsson reçut de la part du Collège Central, il était promis que son traité serait examiné et que des réponses lui seraient données, mais Johnsson fut sommé de ne pas parler de ses recherches aux autres Témoins car le principe de l'unité de la congrégation était plus important que la véracité de la doctrine (dans une lettre datée du 17 janvier 1978, le Collège Central écrivit: "Il importe peu que l'argumentation en faveur de ces idées [celles soutenant -587 comme date de destruction de Jérusalem] soit puissante".).

Toutefois, dès l'été 1978, Johnsson fut interrogé par deux représentants de la filiale suédoise, sur demande du siège de Brooklyn, suite à quoi il remit ses fonctions d'ancien. Dès ce moment, de nombreuses déclarations désobligeantes furent faites lors des réunions et des assemblées afin de condamner tous ceux qui soutenaient le point de vue de Johnsson sur -607, ceux étant qualifiés de "rebelles", d'"orgueilleux", de "faux prophètes", etc. Johnsson écrivit le 6 décembre 1978 à Albert Schroeder pour se plaindre de la médisance et du dénigrement dont il était victime, et ceci alors qu'il avait envoyé son traité en toute bonne foi. Enfin, en 1980, un représentant de la Watch Tower en Suède, Bengt Hanson, qui avait rencontré Johnsson, demanda à la Société de répondre au contenu du traité, ce qui fut fait dans une lettre datée du 28 février 1980, soit trois ans après l'envoi du traité. Cependant, la lettre ne répondait à rien du tout, et Johnsson écrivit à nouveau au Collège Central une lettre datée du 31 mars 1980 dans laquelle il ajoutait deux nouvelles preuves infirmant la date de -607. Finalement, Johnsson reçut une lettre datée du 4 mai 1982 pour qu'il se présente à un comité judiciaire pour vérifier ce qu'il pensait en rapport avec les doctrines; il ne se présenta pas à cette réunion car l'issue était évidente et les anciens du comité et la filiale lui avaient signifié qu'ils n'examineraient pas les preuves de son traité. Jugé dangereux car en mesure de démontrer l'erreur de la doctrine jéhoviste, Johnsson fut donc exclu par contumace, décision confirmée le 7 juillet 1982 par un comité d'appel, ce qui lui fit perdre quelque 70 membres de sa famille proche et éloignée. Comprenant que sa loyauté envers la Watch Tower avait mal placée, Johnsson publia son ouvrage afin que les Témoins puissent se faire leur propre opinion sur le sujet de la date de destruction de Jérusalem, sachant que la Watch Tower, plus soucieuse de sa doctrine que des faits avérés, ne leur donnerait jamais les arguments contredisant sa doctrine.[1]

Des copies du manuscrit original de Johnsson circulèrent au sein des Témoins dans plusieurs pays, ce qui eut des conséquences fâcheuses pour la Watch Tower: par exemple, en Australie, sa lecture confirma les doutes de bon nombre d'adeptes qui quittèrent le mouvement pour devenir adventistes du 7e jour; au Canada, l'ouvrage fut responsable de départ de l'organisation d'un certain nombre d'adeptes dans l'ouest du pays entre 1979 et 1982, et des schismes virent le jour dans les années 1980.[2]

Réception critique

Donald J. Wiseman, professeur émérite d'assyriologie à l'Université de Londres, considéra cet ouvrage comme étant "d'une grande valeur". Luigi Cagni, professeur d'assyriologie à l'Université de Naples, écrivit dans la préface de la version italienne du livre qu'il s'agissait d'"une étude originale et extrêmement sérieuse", affirmant avoir été "à maintes reprises rempli d'un sentiment d'admiration et de profonde satisfaction de la manière dont l'auteur traite les arguments relatifs à l'assyriologie. (...) Johnsson démontre, au moyen d'arguments irréfutables, l'invalidité de la théorie jéhoviste selon laquelle 607 av. J-C fut l'année en laquelle Nabuchodonosor II, dans sa 18e année de règne, désola Jérusalem".[3] L'historien James Penton trouve intéressant que Johnsson retrace l'historique de la doctrine sur le principe d'"un jour pour une année" (qui sert de base au calcul des 2 520 ans qui sont censés s'étendre, selon la Watch Tower, de -607 à 1914), et estime que ce livre, qu'il qualifie d'"ouvrage extrêmement important", "montre clairement que l'intégralité du calendrier eschatologique des Témoins de Jéhovah est basé sur des hypothèses manifestement fausses".[4]

Table des matières

Avant-propos

Introduction

1. Histoire d'une interprétation

2. Chronologie biblique et chronologie profane

3. Durée des règnes des rois néo-babyloniens

4. La chronologie absolue de la période néo-babylonienne

5. Les 70 ans pour Babylone

6. Les "sept temps" de Daniel 4

7. Tentatives pour venir à bout des preuves

Appendice pour chaque chapitre

Index général

Index biblique

Références

  1. Arrowup.png Johnsson, Carl Olof (2004, 4e éd.), Les Temps des Gentils reconsidérés, Atlanta: Commentary Press, format pdf, pp. 6-21
  2. Arrowup.png Penton, James M. (1997, 2e éd.) (anglais), Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, Toronto: University of Torono Press, pp. 107,360 (ISBN 0-8020-7973-3)
  3. Arrowup.png Quatrième de couverture
  4. Arrowup.png Penton, James M. (1997, 2e éd.) (anglais), Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, Toronto: University of Torono Press, pp. 402-03 (ISBN 0-8020-7973-3)