Maria Russell

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Maria Russell
Nom complet Maria Ackley Russell
Naissance 10 avril 1850
Décès 12 mars 1938
St. Petersburg, Floride
Nationalité Etats-Unis.jpg Américaine
Occupation prédicatrice religieuse, écrivain
Connu(e) pour aide dans la gestion du magazine La Tour de Garde
Œuvres célèbres The Twain One
Procès célèbres Russell v. Russell (séparation légale)
Parents Mahlon Foster Ackley
Selena Ann Ackley
Frères et sœurs Laura, Edward, Selena, Emma, Lemuel
Conjoint Charles Taze Russell

Maria Frances Ackley (10 avril 1850 - 12 mars 1938) fut l'épouse de Charles Taze Russell avec qui elle vécut jusqu'en 1897, et était aussi la sœur de l'épouse du père de Russell, Joseph. Elle fut sa fidèle collaboratrice jusqu'au milieu des années 1890, l'assistant dans la rédaction du journal La Tour de Garde. En 1894, lorsqu'un schisme au sein du mouvement amena certains Étudiants de la Bible à critiquer Russell, Maria prit entièrement la défense de son mari. Toutefois, peu après, de nombreuses discordes, parmi lesquelles figurèrent des querelles familiales, une abstinence sexuelle, et une différence de points de vue sur le rôle de la femme, finirent par briser le couple qui se sépara définitivement en 1897. Devenue une farouche opposante à son mari, Maria demanda légalement un divorce en 1903, et obtint de la part du tribunal une séparation de corps et de biens et une pension alimentaire, jugement qui fut confirmé en appel et devant la cour suprême. Plusieurs versions extrêmes continuent de circuler sur la responsabilité du pasteur dans leur rupture.

Famille

Maria avait pour père Mahlon Foster Ackley (env. 1807, New Jersey - 13 décembre 1873, Pittsburgh), qui fut charpentier entre 1850 et 1860, puis constructeur automobile à partir de juin 1870. Elle avait pour mère Selena Ann Ackley née Hammond (15 ou 18 décembre 1815, Philadelphie - 3 octobre 1901, Allegheny), originaire de Baltimore et membre de l'Église méthodiste épiscopale d'abord de Arch Street, puis de North Avenue; celle-ci décéda d'une pneumonie à la résidence de Russell, au 1004 Cedar Avenue, Allegheny.

Maria eut plusieurs frères et sœurs: Laura J., Edward, Selena A., Emma H. et Lemuel Malon.

Vers 1879, Emma (6 octobre 1854 - 5 février 1929, Saint Petersbourg) épousa Joseph Lytle Russell, le père de Charles Taze Russell, avec qui elle eut une fille vers 1881: Mabel, qui par la suite épousa Richard Packard. Ainsi, lorsqu'Emma se maria avec Charles, Maria devint la sœur de la belle-mère de celui-ci.

Laura, épouse Raynor (née 1839, Pennsylvanie) fut mère de trois enfants: Salina (née 1866), Hannah (née 1867) et Maria (née 1873).

Selina (née 1848, Pennsylvanie) fut enseignante à Allegheny et épouse du révérend Charles Edmund Barto avec qui elle eu au moins un enfant.

La famille Ackley fit la connaissance de Russell par le moyen d'Emma qui commença à assister à son cercle d'étude de la Bible en décembre 1878. Elle convainquit son père et sa mère, puis sa sœur Maria, d'y assister à leur tour. Ceux-ci furent convaincus par la théologie de Russell, alors qu'ils s'étaient précédemment intéressés, selon certains, à l'Adventisme et à la Science chrétienne sans rejoindre ces mouvements.[1]

Sources de cette section:[2][3]

Personnalité

Maria était plus instruite que son mari, Charles. Elle était diplômée et avait assisté à la Curry Normal School, un institut de formation des enseignants, et devint professeur le 18 juin 1870. À propos de Maria, Joseph Zygmunt déclara: "Elle était versée à fond dans la doctrine du groupe et l'Écriture et possédait des compétences pour l'écriture que celles de Russell lui-même pouvaient difficilement égaler, elle fut amplement digne de confiance pour agir comme porte-parole et rédactrice en chef sur les questions doctrinales et morales."[4]

La Société Watch Tower reconnaît que Maria était une "femme instruite et intelligente".[5] Selon le sociologue Massimo Introvigne, "les études les plus récentes [en 1990] font apparaître que Maria Russell peut être considérée comme une féministe avant la lettre, favorable aux droits des femmes d'accéder à des fonctions importantes dans l'Église et de prêcher à égalité avec les hommes".[6] Le révérend canadien J. J. Ross fit de nombreuses éloges sur Maria: il la décrivit comme "une femme chrétienne modeste, intelligente, charmante", qui possédait "une intelligence et une personnalité très supérieure à celle de M. Russell", affirma que "tous ceux qui connaiss[ai]ent Mme Russell parl[ai]ent d'elle dans les meilleurs termes" et qu'il avait une totale confiance en elle.[7]

En dépit des affirmations répétées selon lesquelles elle était une féministe, rien ne vient prouver que c'était effectivement le cas avant qu'elle ne se sépare de son mari en 1897. Par exemple, dans les années 1880, elle écrivit plusieurs articles sur la soumission de la femme dans la congrégation et dans le cadre familial, articles qui ne démontrent aucun désir de libération de la femme.[8] Ainsi, il est possible que ses écrits féministes ultérieurs, dont The Twain One (1906), ne soient que la conséquence de sa mauvaise expérience conjugale.

Mariage

1879-1892: Années d'entente et de coopération

Charles et Maria se marièrent en mars 1879, moins de trois mois après leur rencontre. John Henry Paton célébra leur union qui parut dans la Gazette de Pittsburgh du 14 mars 1879.[3] Dès le départ, il fut prévu que le mariage ne serait pas consommé et qu'ils ne vivraient pas nécessairement ensemble — bien que certains aient affirmé le contraire en se basant sur les correspondances que le couple échangeait.[9] En novembre 1880, le couple visita plusieurs ecclesias de l'État de New York, incluant Dansville, Honeoye et Brockport. [10]

Durant les premières années de leur mariage, Maria fut la secrétaire-trésorière de la Watchtower Bible and Tract Society et la secrétaire particulière de Charles. Toutefois, elle affirma plus tard "ne jamais avoir vu les livres [de comptes] de la Société, jamais fait n'importe quel travail qui appartenait à une secrétaire ou une trésorière".[11]

Elle signa à peu près 90 articles de La Tour de Garde et resta éditrice associée du magazine jusqu'en 1896. Elle co-écrit également les trois premiers livres de Charles Russell. Avant même leur mariage elle rédigeait déjà des ouvrages. Selon son témoignage lors de sa demande de séparation, elle aurait écrit plus de la moitié des premiers ouvrages composant la série des Milennial Dawn, que ce soit au niveau du plan et de l'écriture, ce que Russell contesta.

En 1890-91, elle publia un recueil de poèmes distribué par la Société Watch Tower intitulé The Wonderful Story.

Le couple n'eut jamais d'enfant. Selon Russell, les treize premières années de leur mariage furent heureuses, et c'est donc en 1891 que des troubles conjugaux survinrent.

1892-1895: Rumeurs de difficultés conjugales récusées

Leur conception de la place de la femme et de la sexualité différaient grandement, et cela fut une source de tension entre eux, bien que publiquement ils tentèrent de la dissimuler. Plus tard, lors de la séparation officielle, Maria déclara dans sa déposition que Russell lui déjà avait proposé une séparation vers 1893 parce qu'elle désapprouvait certaines des fréquentations épistolaires de son mari.[12] Selon lui, Maria aurait subi l'attrait de quelques mauvaises influences dès 1891, alors que Charles était en voyage en terre sainte cette année-là.[13]

Toutefois, même pendant cette période, Maria fut toutefois la plus fidèle supportrice de Charles et prit même sa défense publiquement quand, en 1894, il y eut une dissension au sein des Étudiants de la Bible; en effet, des disciples en virent à contester l'autorité du pasteur et essayèrent de rallier Maria à leur cause, mais sans succès.[14]

En effet, en réponse aux accusations proférées contre son mari, Maria effectua un voyage afin de prendre la défense de son mari au sujet des accusations proférées à son encontre par certains Étudiants de la Bible. Sur une durée de 18 jours, elle se rendit dans dix congrégations (Brooklyn et New York le 13 mai 1894, Chicago, Londres), prononça un total de neuf discours et chercha à confondre les accusateurs qui avaient voulu la rallier à leur cause - bien que ceux-ci n'étaient pas forcément tendres avec elle. Constatant qu'elle se rangeait résolument du côté de son mari, de nombreux Étudiants de la Bible délaissèrent également les liens qu'ils avaient jusque-là avec elle.

Elle voulut publier une lettre qui figura dans la Zion's Watch Tower du 25 avril 1894, sous le titre "A conspiracy exposed". Voici quelques extraits:

« Je saisis cette occasion de parler pour défendre mon mari contre l'attaque audacieuse de nos ennemis qui calomnient son caractère et dénaturent nos relations privées. Notre foyer est composé uniquement de nous-mêmes et nos estimés et aimés collaborateurs du bureau la WATCH TOWER, qui ont tous un plaisir de témoigner de la tranquillité et le bonheur de notre maison, à l'exception des intrusions de faux frères et intrigants qui parfois le dérangent. »

« Notre maison, loin d'être discordante, est tout le contraire, - des plus heureuses. Je ne pourrais pas, en effet, prier pour de plus grandes bénédictions terrestres à tous les saints bien-aimés que leur vie domestique puisse être aussi paisible et heureuse que la nôtre. La liberté avec laquelle le Christ rend libre est appréciée par tous ceux qui sont de notre famille ou d'une quelconque façon en lien avec l'œuvre, non pas la liberté de l'anarchie, cependant, mais de soumission à l'Esprit et la Parole de Dieu. »

« Au sujet des réponses ci-dessus de mon mari bien-aimé aux accusations de ses détracteurs, je donne mon approbation sans réserve en tout point. Bien que de telles calomnies soient graves, et doublement difficiles à supporter quand elles viennent de ceux que nous avions supposé être des amis, mais qui, nous nous en rendons compte maintenant, ont tramé ces mauvaises actions depuis plusieurs années, je vous assure tous que Dieu nous a soutenus et nous a donné sa paix à travers tout cela. Au début, cela est survenu avec à peu près la force et la soudaineté d'une avalanche, à la fois sur nous et sur l'Église d'Allegheny, et bien que nous ayons craint pour la stabilité de certains, nous pouvions être sûrs que cela était permis par le Seigneur dans le but d'un criblage nécessaires. Mais, Dieu merci, l'Église a ici bien résisté à la tempête, et maintenant des lettres de certains des plus forts qui sont à l'étranger, qui reçurent les circulaires diffamatoires, en viennent à exprimer une confiance renouvelée et à démontrer que les arts de Satan sont reconnus, et ceux-ci sont une source d'encouragement supplémentaire à nos cœurs et une réponse à nos prières, bien que nous soyons toujours soucieux des nombreuses personnes qui sont encore jeunes dans la Vérité, et qui peuvent être mal préparés pour résister à un tel choc, car nous savons bien que le laps de temps entre la réception du rapport calomnieux et la présente réponse est l'une des incertitudes et une rude épreuve pour tout le monde. »

« Cependant, nous tenons compte du fait que "le Seigneur connaît ceux qui sont les siens", et qu'il est capable et disposé à les empêcher de tomber, et que, comme avec l'armée de Gédéon, certains ont besoin d'être refoulés. Qui est du côté du Seigneur? (...) "Qui pourra monter à la colline [le Royaume] du Seigneur ou qui se tiendra dans son lieu saint?" "Celui qui a les mains propres, et un cœur pur;. Qui ne livre pas son âme à ce qui est vain, qui ne jure pas [une alliance solennelle] trompeusement?" »

[Puis Maria termine en citant un passage des Psaumes.]

Elle prit également la défense de son mari à propos de déclarations d'Étudiants de la Bible qui pouvaient sembler défavorables. Voici un extrait de sa lettre ouverte à l'Église, publiée dans Zion's Watch Tower de juin 1894:

« M. Adamson a également dit que mon mari interdit aux gens de se marier, et comme preuve de cela, il raconta comment il envoya une fois M. Bryan en voyage de trois jours dans le pays à une dépense de douze dollars, afin d'empêcher un mariage. J'ai répondu que cette affirmation est aussi fausse que les autres; que M. Russell n'a jamais interdit à personne de se marier, et que pas un être vivant ne peut honnêtement dire qu'il ou elle avait été interdit de la faire, mais que je savais que si son avis avait été spécialement demandé, il donna les conseils de l'Apôtre Paul, et, autant que cela soit possible dans ses paroles, de les citer (1 Cor. 7:25-35). Et quand j'ai donné une véritable explication de sa preuve, ci-dessus mentionnée, tous virent qu'elle était au crédit de mon mari et qu'il n'a épargné ni peine ni dépens pour laisser une sœur en Christ savoir quelque chose de ce qu'il savait du caractère de l'homme qu'elle allait épouser; qu'ainsi informée, elle pourrait être le meilleur juge pour elle-même si oui ou non il ferait un mari souhaitable. M. Bryan, qui prit cette lettre, et qui la apporta non livrée parce que trop tard pour servir à la sœur, connaît la vérité sur cette question, tout en connivence avec M. A. sur sa présentation inexacte du caractère et des enseignements de mon mari. Tout ce qui peut diminuer l'influence de M. Russell - semble être leur devise. »

« Dans le même contexte, M. Adamson est en train de dire que M. Russell a écrit pour lui peu de temps après qu'il soit marié, lui disant qu'il devrait faire son testament de façon à donner l'argent qu'il avait à la Tract Fund, et d'être sûr de ne pas le laisser à Mme A. (voir cette lettre). Ils affirmèrent cette histoire en ma présence, et dirent qu'ils avaient la lettre en main. Je dénié cela catégoriquement, sachant bien que la disposition de mon mari était le contraire. Je leur ai demandé de lire la lettre à haute voix à nous tous, mais ils refusèrent de le faire, et cela montra clairement à toutes les personnes présentes que la déclaration n'était pas digne de foi. Seulement depuis mon retour à la maison ai-je appris la vérité sur le sujet, comme suit: »

« Peu de temps après le mariage de M. A., Mme A., il semble, a déclaré qu'elle "ne va pas courir à travers le pays après lui, comme un chien enragé". En écrivant à M. Russell sur le sujet, M. A. dit en substance: "Que l'argent que j'ai soit entièrement consacré au Seigneur avant de me marier; et dans le cas de ma mort, je n'ai pas l'intention que quoi que ce soit aille à Mme Adamson ou ses gens: tout doit aller à la Tract Fund. »

« Dans sa réponse à cette lettre, mon mari insista pour que Mme Adamson ne soit pas ignorée; qu'en tant qu'épouse, elle avait une demande juste à son sujet; que sur les principes généraux n'importe quelle femme qu'il appellerait son "épouse" mériterait de la considération en tant que telle, même en cas de désaccord sur des sujets religieux, ce qui était alors le cas pour Mme A., suivant l'image que son mari en avait donnée. Mais il indiqua que si M. A. décidait de donner une partie de ses biens à la Tract Fund, il serait sage, étant donné les circonstances qu'il décrit, et dans l'intérêt de son bonheur conjugal, de ne pas informer Mme A. de cela. Cela était sans doute le contenu de la lettre qu'ils avaient en main, et qu'ils ont eut peur de lire de crainte que leurs fausses informations ne soient révélées. Ainsi les mensonges obligent-ils la vérité à s'afficher. -- Matt. 10:26. »

« Comme illustrant la profondeur de la méchanceté de ces hommes qui s'abaisseraient sous l'influence de l'envie et l'ambition. J'ai dit à l'Église comment M. Adamson avait écrit à Frère Wright (et nous ne savons pas à combien d'autres), citant 1 Cor. 5:1-6 sans commentaire, comme étant applicable à mon mari. M. Adamson ne pouvait pas nier le fait, étant donné la preuve, mais protesta qu'il n'avait pas l'intention d'une quelconque réflexion sur le caractère moral de M. Russell. Quelques-uns des frères présents firent remarquer qu'une telle accusation n'aurait aucun poids auprès de ceux qui connaissaient M. Russell (...). En racontant quelle conclusion il souhaitait donner de la citation, M. Adamson a répondu qu'il voulait dire que M. Russell est un "railleur". Mais étant donné que les railleurs ne sont pas du tout mentionnés dans la citation, mais cinq versets plus loin dans ce chapitre, j'ai montré que ce n'est là qu'une des nombreuses méthodes de fausses déclarations utilisées par ces méchants hommes - parce qu'ils ne connaissent aucun véritable crime à mettre à sa charge. Je mentionne ces points ici, parce qu'ils ont sans doute été rapportés de la même façon incorrecte par voie orale ou par lettre à d'autres; et de montrer que le même esprit qui incita les fausses déclarations de leur première attaque continuent de les contrôler, et que la réconciliation avec ces personnes, dans de telles conditions, ne serait ni possible ni souhaitable, ni bonne, ni scripturaire. »

Toutefois, comme le note Barbara Harrison, les arguments présentés par Maria dans ses lettres pour défendre son mari "peuvent avoir été passionnés, [mais] ils étaient difficilement concluants". Elle note toutefois que n'importe quel fidèle du mouvement russelliste un tant soit peu investi dans celui-ci était prêt à croire que Russell était vraiment irréprochable, peu importe les faits, d'autant qu'une aura entourait le pasteur et que le sentiment de "persécution" les confortait dans l'idée qu'ils étaient dans la "vérité". Par ailleurs, Maria compara son mari à un "vaisseau humain imparfait", ce qui laissait entendre qu'il n'était pas totalement exempt de faute, et précisa qu'elle prenait sa défense sans qu'il l'ait forcée à le faire.[15]

1895-1897: Proposition de séparation

Malgré la défense que Maria affichait publiquement envers son mari, le couple se disputait fréquemment en raison de points de vue qui les opposaient durablement (voir section "Motifs de séparation"). Maria expliqua l'initiative que pris son mari en 1895, déclarant: "Il me proposa que pour motif d'incompatibilité, nous nous mettions d'accord pour nous séparer, et si j'acceptais de le faire, il me donnerait cette maison où nous vivions... il déclara que si par contre je n'était pas d'accord, je ne recevrai rien".[16] Maria refusa, et les deux époux allèrent vivre à la Maison de la Bible d'Allegheny.[17]

De son côté, Russell accusa sa femme de s'être mise sous de mauvaises influences à son retour d'un voyage, de s'être laissée séduire par les idées mises en avant dans la littérature féministe et d'avoir été flattée par des éloges qui aurait avivé son orgueil. De ce fait, il affirma qu'elle souhaitait tout régenter dans la publication des articles de The Watchtower, demandant avec succès d'être considérée comme rédacteur-chef adjointe et utilisant les discours de son mari pour écrire des articles. Par ailleurs, elle modifia l'application de la doctrine de l'"esclave fidèle et avisé" dont elle était elle-même à l'origine: en effet, en décembre 1895, elle appliqua ouvertement les termes bibliques d'"esclave fidèle et avisé" à son mari, mais le considéra comme l'"esclave méchant" dès l'année suivante.

Rapidement, Russell refusa ses articles, non seulement parce qu'il y voyait là le signe qu'elle souhaitait devenir rédactrice principale, mais aussi parce qu'il n'était pas d'accord d'un point de vue doctrinal. En réaction, elle ne lui donna que deux articles pour le numéro de février 1897, articles que Russell refusa, et le nom de sa femme disparut du périodique cette même année. Puis, après avoir souffert d'une maladie, elle convoqua un comité formé de deux frères afin de faire état, devant deux témoins, de ses griefs contre son mari: 1/ un testament qu'il aurait rédigé pour son père, Joseph Russell, et qui déplaisait à Emma et à elle-même, testament qui, selon Russell, avait déjà été complètement révisé; 2/ un manque d'égards lors d'une réunion où il l'interrompit alors qu'elle exprimait son opinion sur une question doctrinale, et que Russell considérait comme non biblique. Les deux témoins refusèrent que Maria obtienne davantage de droit sur le magazine, ce qui aurait énervé cette dernière. Toutefois, lors d'une réunion biblique, elle aurait consentie à se réconcilier publiquement avec son mari.

Par la suite, Maria prit la tête d'un groupe de femmes, incluant ses trois sœurs, au sein de l'Église d'Allegheny qu'elle présidait, et selon Russell, elles prévoyaient toutes une action contre lui qui aurait atteint son paroxysme le 12 septembre 1897, sans toutefois préciser de quoi il s'agissait. Russell riposta en convoquant, le 4 septembre, une cinquantaine de frères pour une réunion afin de les informer du complot. Le lendemain, une réunion fut prévue afin qu'un groupe d'anciens auditionne les deux sœurs qui propageaient l'idée que Russell traitait honteusement sa femme. Cette dernière et ses sœurs charnelles furent exclues de l'Église d'Allegheny ce jour-là, bien que Maria nia par la suite être à l'origine des critiques sur son mari.

Puis, pensant que sa femme était sous une influence mauvaise en fréquentant sa famille, Russell leur écrivit des lettres pleines de colère, leur ordonnant de couper tout contact avec sa femme, et fit venir à la maison sœur Jones, une amie de Maria, pour qu'elle lui tienne compagnie. Il rédigea une lettre de réconciliation qui fut signée par le couple, par deux des sœurs de Maria et par l'une des sœurs auditionnée le 4 septembre, et cela fut annoncé publiquement aux congrégations le 13 septembre 1897. Toutefois, Maria refusa de serrer la main à certains frères, et Russell ne fit rien pour qu'elle assiste aux réunions.

1897-1903: Abandon du domicile conjugal

Selon Russell, il fit en sorte qu'une Étudiante de la Bible tienne compagnie à sa femme pendant son absence. Il envoya des lettres à des amies de sa femme pour leur avertir de rompre tout contact avec elle, et en avisa cette dernière par courrier, lui donnant la même consigne.

Toutefois, le 9 novembre 1897, après environ deux mois de réconciliation, celle-ci quitta définitivement le domicile conjugal et se rendit à Chicago afin de faire campagne contre son mari. Puis en janvier 1898 et pendant un an et demi elle vécut avec sa sœur Emma à Allegheny. Par la suite, elle vécut quatre années seule dans une maison donnée par son mari et pourvut à ses besoins en louant les chambres garnies.[18] Russell vint la voir à cinq reprises le jeudi soir jusqu'à ce qu'il comprit que sa femme ne souhaitait plus le recevoir.

Puis, à partir de 1899, elle prépara un tract intitulé Readers of Zion Watchtower à destination du maximum de membres de la Société Watch Tower comportant des extraits de lettres qu'ils lui envoyaient afin de révéler des traits inconnus de sa personnalité selon elle, à savoir la méchanceté, l'égoïsme et le caractère autoritaire. Elle souhaitait que ce tract soit lu lors des réunions des Étudiants de la Bible.

Le 16 avril 1903, Russell réagit en la chassant, elle et ses locataires, de l'appartement où elle vivait, et mit sa propre sœur, Margaret Land, à la place. Celle-ci avait précédemment vécu avec le couple Russell et ne s'entendait pas bien avec Maria puisque, selon l'avocat de cette dernière, elle fut "une constante source de troubles" entre eux.[19] Maria déclara: "[Ils] sont venus et ont pris possession de la maison, il m'a chassée de la maison; il garda le mobilier et conserva même mon livre de poche dans lequel était stocké l'argent que j'avais reçu de la location des chambres".[20] Finalement, Margaret dut fait appel à la police en réponse à l'agitation causée par Maria et son entourage. Deux des locataires poursuivirent Russell en justice à cause de leur éviction et gagnèrent dans leur procès; l'un d'eux l'accusa d'agression, mais n'obtint pas gain de cause sur ce point.[21]

1903-1909: Séparation de corps et de biens

Voir articles détaillés Séparation légale des époux Russell et Rose J. Ball

À partir de cette date, Maria fut particulièrement vindicative envers son mari. En juin 1903, elle intenta un procès en séparation légale devant la Cour de Common Pleas de Pittsburgh. Elle lui reprocha de lui refuser les relations sexuelles, d'avoir eu une attitude ambigües avec d'autres femmes dont Rose J. Ball (bien qu'elle ne pensait pas qu'il fut coupable d'adultère), de s'être comporté méchamment à son égard, de ne lui avoir adressé la parole pendant des semaines et d'avoir forcer ses amis et sa famille à rompre tout contact avec elle.

Russell répondit à chacune de ses accusations, et nia toutes les accusations relatives à une supposée attitude immorale de sa part.

Finalement, le jury accorda une séparation légale à Maria Russell assortie d'une pension alimentaire. Les jugement en appel ainsi que devant la Cour Suprême, tous deux en 1908, confirmèrent la sentence. Toutefois, Russell, qui avait entre-temps transféré sa fortune à la Société Watch Tower, ne paya pas l'intégralité de la pension alimentaire, ce que la Cour condamna, et s'en acquitta par le biais d'une collecte au sein des Étudiants de la Bible.

Deux versions de cette histoire furent et continuent d'être rapportées: celle de Russell, qui fut relatée dans La Tour de Garde du 15 juillet 1906, et celle publiée dans la presse et diffusée par le clergé pour nuire à Russell et à son mouvement, et qui basait son argumentation sur la supposée inconduite sexuelle du pasteur. Néanmoins, aucune de ces deux versions n'est exacte car trop extrêmes d'un côté comme de l'autre, et elles ne prennent pas en compte les vraies raisons de la controverse.

Après la séparation légale

The Evening Independance, du 14 mars 1938, consacra un petit article à la mort de Maria Russell

Après qu'elle ait obtenu sa séparation, Maria publia deux livres de théologie: This Gospel of the Kingdom et The Twain One.[22] La chercheuse Barbara Anderson propose sur son site un manuscrit inédit d'un livre en cours de rédaction de Maria Russell dont le titre aurait dû être The Eternal Purpose.

Le 24 janvier 1913, Maria fut appelée comme témoin de la défense lors du procès intenté par Russell contre le Brooklyn Daily Eagle, ce dernier ayant présenté le pasteur comme un escroc dans le cadre de la vente du "blé miraculeux".[23] Elle témoigna aussi contre son mari dans le cadre d'un procès pour diffamation intenté par son mari contre le révérend J.J. Ross. De plus, dans une lettre adressée au révérend DeWitt Cobb de la deuxième Église Méthodiste Épiscopale de Ashbury Park et parue le Brooklyn Daily Eagle du 6 juillet 1914, Maria dénia les rumeurs selon lesquelles elle s'était réconciliée avec son mari, et les attribua à l'imagination de certains disciples de celui-ci.[24]

Le 1er novembre 1916, lors des funérailles de son mari, Maria aurait déposé, selon les publications officielles des Témoins de Jéhovah, du muguet sur son cercueil avec un ruban accroché sur lequel était inscrit la phrase : "À mon mari bien-aimé".[25] Or, compte tenu des relations difficiles que les époux entretenaient peu avant le décès du pasteur, ce récit, rapporté par Sara Kaelin, colporteur réputé à Pittsburgh,[26] peut sembler assez improbable. Certains ont donc estimé que cette anecdote n'était d'autre qu'une tentative de révision de l'histoire; d'autres ont jugé que Maria était bel et bien présente, mais pour déposer les fleurs provenant d'un ami ou associé; d'autres encore ont simplement pensé qu'elle était venue afin de rendre hommage à celui qui avait été son mari.[27] Toutefois, l'Étudiant de la Bible Charles F. Redeker rapporta qu'un journal hebdomadaire favorable à Russell, le St. Paul Enterprise, consacra son numéro du 14 novembre 1916 au décès de Russell; un récit personnel du service funèbre fut rapporté par l'éditeur du journal, William L. Abbott, dans lequel il indiqua que Maria et une autre dame voilée, peut-être sa sœur Emma, chacune dans les bras de fidèles — frère Pyles de Washington et, selon ses souvenirs, frère Driscoll — suivirent le cercueil jusqu'à son dernier lieu. L'auteur estime donc que la présence de Maria aux funérailles de son mari était déjà établie à l'époque par ce compte-rendu de l'événement.[28] De même, l'auteur Fredrick Zydek rapporte que George M. Wilson, un témoin oculaire de l'époque, avait rapporté l'anecdote, et ajoute que Maria n'aurait pas assisté à l'éloge funèbre.[27]

À l'âge de 72 ans, elle déménagea en Floride et vécut très près de sa nièce Mabel, la sœur de Russell, et ses trois enfants. Elle assista à quelques réunions des Étudiants de la Bible en compagnie d'anciens amis qui avaient quitté l'organisation sous la présidence de Rutherford. Compte tenu de ses démêlés avec son mari, elle s'y rendait peut-être par curiosité, étant donné qu'elle-même avait participé à l'élaboration de la théologie, et apparemment s'accrochait à son système de croyances passées. Les livres religieux qu'elle écrivit alors témoignent que Maria n'avait pas renoncé à ses anciennes croyances.

Maria décéda à l'âge de 88 ans à St. Petersburg, en Floride, le 12 mars 1938, des suites de la maladie de Hodgkin.[29] C'est le révérend E. R. Bernard, pasteur de la West Central Presbyterian Church à St. Petersburg, qui présida ses funérailles. Elle fut enterrée au cimetière Royal Palm.

Récit publié dans La Tour de Garde

Voir aussi Séparation légale des époux Russell: Récit publié dans La Tour de Garde pour connaître le contexte dans lequel ce numéro du journal a été écrit, ainsi que le récit directement en rapport avec le procès

Dans La Tour de Garde (anglais) du 15 juillet 1906, Russell expliqua en détail les tribulations conjugales qui l'amenèrent jusqu'à sa séparation légale. Ce récit fut écrit dans l'espoir de réhabiliter la réputation du pasteur, alors vivement critiqué dans la presse. Voici le contenu de la publication:

1879-1892

« Des multitudes considérables furent mis en contact avec la Vérité en ce moment. Parmi les autres était une certaine Maria Frances Ackley, qui est devenue ma femme dans les trois mois de sa première participation à ces réunions, qui a été le début de notre connaissance. La Vérité avait apparemment lancé un appel à son cœur, et elle m'a assuré que c'était ce qu'elle cherchait depuis de nombreuses années, la solution à des perplexités de longue date. Pendant treize ans, elle fut une femme très dévouée et fidèle dans tous les sens du terme. »

1892-1895

« C'était peu de temps après notre retour d'un voyage en Terre Sainte et des pyramides, en passant par la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Italie, la Suisse et la France, qui fut une expérience des plus agréables et profitables pour nous deux, que Mme Russell sembla se placer sous une influence néfaste dont je n'avais aucune connaissance à l'époque. Pendant notre absence, lors de ce voyage, l'Adversaire sembla avoir suscité un esprit de lutte, d'ambition et de vaine gloire chez certains qui avaient déjà donné tous les preuves de leur fidélité à la Vérité. Il semble que la littérature sur "les droits de la femme" et les idées anarchistes furent en lien avec cette affaire. Le mauvais fruit ne se montre pas lui-même en une seule fois. Le levain fit son œuvre, et donna lieu, comme certains des lecteurs les plus âgés se souviennent, dans une conspiration de la part de plusieurs afin de nuire à l'œuvre, à la renverser - apparemment dans l'espoir de recueillir de l'épave quelques fragments - à "entraîner les disciples à leur suite". Toute la question est venu sur moi comme une explosion, étant soigneusement planifiée à cette fin. Je n'étais pas au courant à l'époque, mais j'appris par la suite que les conspirateurs avaient cherché à semer la discorde dans le cœur de ma femme par la flatterie, par des arguments relatifs aux "droits de la femme", etc. Toutefois, lorsque le choc se produisit, dans la providence du Seigneur je fus épargné de l'humiliation de voir ma femme parmi les conspirateurs. En effet, quand elle obtint une vue correcte de la situation, leur perfidie accéléra une grande partie de la loyauté qu'elle avait éprouvée au cours des treize dernières années. Elle était excitée et elle se montra une héroïne dans sa défense de son mari et de la Vérité, comme beaucoup d'entre vous se souviendront. »

1895-1897

« Comme des problèmes ont commencé à s'installer, les idées sur les "droits de la femme" et l'ambition personnelle ont commencé à nouveau à venir vers le haut, et je m'aperçus que la campagne active de Mme Russell dans ma défense, et l'accueil très chaleureux que lui donnait ses chers amis à cette époque tout au long d'un voyage (auquel elle participa bénévolement à l'époque, précisément dans le but de me défendre et de me faire valoir parmi les amis qui avaient été perturbés par les calomnies diffusées par ceux qui étaient impliqués dans la conspiration), avait fait sa blessure en augmentant son auto-satisfaction. Au lieu de considérer les gentilles expressions des amis comme s'appliquant à elle en tant que représentant de la Watch Tower, un représentant des vérités qu'elle promulgue, et un représentant de son mari, ainsi que pour sa valeur personnelle, la dame en vint à créditer toutes les manifestations de ces derniers - comme étant la reconnaissance de ses capacités personnelles. Peu à peu, elle semblait en arriver à la conclusion que rien n'était bon pour les colonnes de La Tour de Garde excepté ce qu'elle avait écrit, et j'ai été continuellement harcelé par des suggestions de modifications de mes écrits. J'ai été peiné de noter que cet état d'esprit grandissait, si étrangère à l'esprit humble qui la caractérisait pour les treize premières années de bonheur. »

« Peu à peu, son interprétation de "ce serviteur" travailla dans sa tête. D'abord, elle suggéra que, tout comme dans le corps humain il y a deux yeux, deux oreilles, deux mains, deux pieds, etc, cela pourrait assez bien représenter [?] - elle et moi comme étant nécessairement un dans le mariage et dans l'esprit du Seigneur. Mais l'ambition ne s'arrête pas là (...). En moins d'une année, Mme Russell conclut que la dernière partie de la déclaration (à savoir, Matthieu 24:48-51) n'était pas seulement un avertissement, mais qu'il aurait eu un accomplissement effectif - que cela signifiait que son mari aurait correspondu à cette description, et qu'en conséquence elle prendrait sa place comme "ce serviteur" dans la distribution de nourriture en temps voulu. C'était en 1896. En harmonie avec cette pensée, elle conclut que son indépendance n'était pas suffisamment importante dans les parutions de La Tour de Garde dont elle a été le rédacteur-chef adjoint. Elle demanda que son nom, par la suite, apparaisse dans chaque article qu'elle avait écrit. Je lui ai dit que cela impliquerait l'effacement de son nom en tant que rédacteur-chef adjoint. Elle y consentit, disant que cela ne changeait pas grand-chose de toute façon, puisque personne ne connaissait ses articles. Elle m'a également avisé à ce moment-là que ses articles devaient apparaître exactement comme elle les aurait écrits, sans corrections ou refontes de ma part. »

« J'ai accepté toutes ces demandes en lui disant, toutefois, que j'avais peur de les lecteurs de La Tour de Garde considèrent que j'ai été humiliant envers ma femme en la rabaissant de son rôle de rédacteur-chef adjoint, en la plaçant plutôt comme une simple correspondante. En outre, j'ai suggéré que si je ne pouvais faire aucune correction de rédaction à ses articles, cela impliquerait que certains d'entre eux ne figureraient pas dans La Tour de Garde, parce que là où de nombreuses corrections seraient nécessaires, il serait plus facile d'écrire l'article moi-même. Ceux possédant un grand nombre de Tour de Garde verront, en les examinant, que le nom de Mme Russell en tant que rédacteur-chef adjoint disparut premièrement de la deuxième page du journal dans le numéro du 1er novembre 1896. Craignant que cela ne puisse être interprété comme une indignité envers ma femme, j'ai parlé de la question dans le numéro du 15 décembre, page 301, le "Tract Society's Annual Report", en ces termes: "Le retrait de notre 'rédacteur-chef adjoint' a été noté par certains, donc nous expliquons à présent à tous que cela lui a été accordé à sa propre demande expresse. Elle préfère se présenter comme un correspondant avec sa propre signature, MRS. MF RUSSELL." »

« Avant cette date, mes sujets de dimanche constitue une partie considérable de la matière pour La Tour de Garde. Mme Russell prit des notes de mes discours du dimanche après-midi et plus tard les écrivit comme des articles de La Tour de Garde. Ce fut, bien sûr, une grande économie de mon temps, et m'a permis d'assister à d'autres parties de l'œuvre, et justifie mon appellation de "rédacteur-chef adjoint" du journal. Elle m'informa que je ne devais pas m'attendre à une telle aide par la suite, que tout ce qu'elle écrit serait publié sous son propre nom. Apparemment, son idée fut d'entraver le travail, et de me forcer à faire appel à elle pour de plus grandes et encore plus encore plus grandes contributions dans les colonnes du journal - les contributions qu'elle avait déjà prévu devaient être prises telles qu'elle les avait écrites, sans la modification d'un mot. Ce programme aurait été réalisé comme elle avait pour but évident qu'il lui aurait fait pratiquement devenir le rédacteur en chef de Zion's Watch Tower, et aurait ouvert ses colonnes à de la matière que je n'aurais pas pu sanctionnée. En outre, j'ai vu que cela serait encourager ma femme dans une ambition qui tôt ou tard participerait à sa très grave blessure très grave et peut-être à la cause entière de "Vérité Présente". »

« Après avoir fait de la question un sujet de prière, j'ai adopté la méthode consistant à dicter mes articles directement à un sténographe, et agrandi la taille de La Tour de Garde de 12 pages à 16 pages. La tournure des événements m'amena à voir que, dans au moins un cas dans le passé, cédant à l'importunité Mme Russell, j'avais manqué à mon devoir en autorisant un article qu'elle avait écrit, article avec lequel je n'étais pas d'accord, à paraître dans La Tour de Garde, pensant qu'il ne causerait pas de mal et en même temps satisferait ses désirs. Dans La Tour de Garde du 1er février 1897, page 38, j'ai corrigé l'erreur dans la "Colonne Question et Réponse", sur le sujet "En ce qui concerne l'épître de Jacques". Je cite ma réponse comme suit: "L'article auquel vous faites allusion en dernier, comme étant en conflit avec nos présentations générales, n'était pas un article éditorial; et pourtant l'éditeur ne prétend pas que sa négligence en la matière est une excuse suffisante. Une partie de son devoir est d'être critique, et d'exclure tout jugement qu'il n'approuve pas, et il promet maintenant que par la grâce du Seigneur, il sera par la suite encore plus attentif à sa direction, afin que la Zion's Watch Tower puisse toujours s'exprimer comme un "oracle de Dieu"." »

« Malgré cette situation déplorable de l'antagonisme venant de ma femme, le travail continua de progresser. Le coup suivant de Mme Russell fut de me harceler au point de me rendre presque impossible la poursuite de mes travaux. J'ai désigné un tiroir dans lequel j'ai demandé qu'elle place tous les articles qu'elle avait à me proposer. À partir de là, je fis des sélections. Que je n'ai pas le choix dans la sélection de ses articles, en témoigne le numéro de février 1897 dans lequel elle enleva tous ces articles, sauf deux. Aucun de ces deux n'étant acceptables, aucun article d'elle n'apparut dans les éditions du 15 février et du 1er mars. Mme Russell fut indigné, mais j'ai expliqué la situation. »

« C'est à ce moment-là qu'elle tomba malade d'une maladie pénible et exigea beaucoup de mon attention, qui fut gaiement donné au détriment de toute autre préoccupation, avec l'espoir que ce que je croyais être une discipline du Seigneur pourrait se présenter pour son profit. J'ai pensé aussi que mes attentions gentilles et incessantes toucheraient son cœur et lui redonneraient sa première condition, douce et aimante. Je me trompais, cependant. Dès qu'elle recouvrit la santé, elle appela un comité suivant Matthieu 18:15-17, spécialement dans le but d'avoir des frères pour m'instruire qu'elle avait un droit égal à moi-même dans les colonnes de La Tour de Garde, et que je lui faisais du tort en ne lui accordant pas les libertés qu'elle désirait. »

« Le comité était composé de Frère W. E. Page, de Milwaukee, Wisconsin, et de Frère M. M. Tuttle, de Pittsburgh, Pennsylvanie. Mme Russell, avec eux en tant que comité, m'a rencontré dans mon bureau. Tout cette affaire fut une grande surprise pour moi, car j'avais gardé mes troubles secrets même de ceux qui m'étaient les plus proches dans la maison. J'ai assuré Mme Russell et les frères que j'étais très heureux que les problèmes aient pris cette tournure, et que mon souhait était que cela puisse résoudre certaines de mes difficultés, parce que je n'avais aucun doute quant à ce que leurs conseils seraient. la difficulté n'étant pas exclusivement centrée sur la question de La Tour de Garde, Mme Russell a eu deux autres accusations portées contre moi qui ont été lues en premier. L'une était que le testament que j'avais établi pour mon père à sa demande, et avec lequel il exprima toutes ses volontés, n'était pas acceptable pour ma femme et sa sœur. »

« J'ai expliqué aux frères le genre de testament que j'avais établi, et ils ont dit à Mme Russell que c'était le genre de testament que la plupart des gens considérerait comme excellent. Elle ne fut pas d'accord avec eux. J'ai expliqué en outre que j'avais conseillé à mon père de détruire le testament et d'en faire un autre qui conviendrait aux idées de sa femme, afin que ses dernières années puissent être aussi paisibles que possible. Les frères furent surpris du fait qu'ils auraient été invités à discuter d'un testament qui n'existait plus, et le style de celui-ci fut jugé excellent. »

« Le deuxième chef d'accusation de Mme Russell était que je ne l'avais pas traité avec suffisamment d'attentions lors d'une certaine réunion dans la Bible House Chapel. J'ai expliqué cette affaire à tous: que la leçon pour l'étude de la Bible ce soir-là était sur Jude, sur la seconde mort (...); qu'il fut accordé à Mme Russell beaucoup plus de temps qu'à n'importe quelle autre personne à la réunion pour exprimer son point de vue sur le texte, mais qu'elle s'offensa parce que je lui ai indiqué qu'elle prenait plus que sa part du temps. Je lui ai avoué qu'au cœur j'étais soucieux de peur qu'elle doive réussir à faire comprendre son point de vue sur le sujet, que je considère comme non biblique, et auquel je craignais qu'elle n'aurait adhéré plus que jamais après avoir exprimé son opinion, mais que je n'avais aucune intention méchante sur ce sujet. Je leur ai dit comment Mme Russell avait parue de mauvaise humeur après la réunion, et je me suis renseigné sur sa peine et ai constaté qu'elle se sentait offensée, et que je puis lui assurer que je n'avais aucune intention méchante dans l'affaire, et que j'étais désolé si je l'avais offensée, et que si elle préférait le prendre ainsi je ferai la même expression à la classe le dimanche soir suivant. Je lui ai expliqué qu'elle finirait par pardonner quoi qu'il ait pu y avoir d'injuste sur le sujet ce soir-là, mais qu'elle l'avait rapporté jusqu'à quatre fois par la suite, et j'ai dit: "Maintenant, mes frères, c'est la sixième fois que Mme Russell a soulevé cette question, ayant pardonné à cinq reprises: Je vais maintenant lui demander, en votre présence, pour la sixième fois, de pardonner tout ce qu'elle considérait injuste en rapport avec cette affaire". Les frères regardèrent Mme Russell dans la stupéfaction, et de nouveau elle dit qu'elle pardonnait sur cette question. »

« Puis vint la vraie question pour laquelle on avaient fait appel à eux, l'un d'eux ayant effectué un voyage de près de 1 200 miles. Lorsque les frères comprirent l'idée de l'objet réel de leur visite, ils furent étonnés, et dirent à Mme Russell gentiment, mais très clairement que ni eux, ni personne d'autre dans le monde n'avaient le droit d'interférer dans la gestion de La Tour de Garde par Frère Russell: que c'était son intendance à lui seulement, et que lui seul était responsable devant le Seigneur pour sa gestion. En outre, ils insinuèrent qu'ils considéraient que Mme Russell avait la plus grandiose de toutes les opportunités dans le monde en étant mon associée et ma co-ouvrière dans le travail de la moisson; ils lui dirent que, personnellement, ils ne pourraient pas penser à un plus grand honneur, et lui conseillèrent d'adopter ce même point de vue, point de vue qui fut évidemment à un moment donné sa propre vision de la situation. »

« Mme Russell fut chagrinée, se mit à pleurer, et quitta la pièce. Par la suite elle fut persuadée que, étant donné que le Comité était venu à sa demande, il était de son devoir de les traiter avec plus de respect et d'accorder au moins une certaine attention à leur conseil. Elle retourna à l'étude et là, dit en substance qu'elle ne pouvait pas être d'accord avec leur décision, qu'elle conservait encore son propre point de vue, mais que par déférence pour leurs conseils, elle s'efforcerait d'examiner ces questions de leur point de vue. Je lui ai alors demandé en leur présence si elle voulait serrer ma main. Elle hésita, mais finalement, me tendit la main. Je dis alors: "Maintenant, allez-vous m'embrasser, ma bien-aimée, comme signe de l'ampleur du changement d'esprit que vous avez indiqué?" Encore une fois, elle hésita, mais finalement m'embrassa et par ailleurs manifesta un regain d'affection, en présence de son Comité. On espérait que ce serait la fin de ce problème. La crise avait été atteinte aux environs de l'époque du Mémorial, mais apparemment grâce à de sages conseils, la tempête était passée sans rupture d'une manière publique. »

« Suite à cette conférence, les articles de Mme Russell apparurent à nouveau dans La Tour de Garde du 15 mars 1897, indiquant ma propre bonne foi dans l'ajustement des difficultés, et le désir sincère d'utiliser la coopération de ma femme aussi pleinement que possible. Certains membres de la famille de Mme Russell étaient à l'évidence de « mauvais conseillers », et le fruit a rapidement commencé à se manifester. À la demande de Mme Russell, j'ai nommé une réunion hebdomadaire de "Les Sœurs de l'Église Allegheny," avec elle-même comme dirigeante, en pensant peu que ce devait être une nouvelle méthode de m'attaquer moi et les intérêts de l'œuvre que je représentais. Un effort systématique fut déployé alors pour préparer le terrain à un esprit d'opposition à moi parmi les sœurs de l'Église. Pendant des mois ultérieurs, j'ai pu voir qu'une influence mauvaise était à l'œuvre, mais ne voyait pas de façon honorable de la corriger, puisque tout était fait secrètement. »

« Dans l'intervalle, j'ai eu quelques expériences très difficiles avec ma femme qui avait beaucoup changé. J'ai pu voir qu'elle et les membres de sa famille étaient en train de préparer le terrain à une sorte de "bombe" figurée destinée à ma destruction. Ma confiance était dans le Seigneur, cependant, et je n'ai rien dit aux autres jusqu'à ce que, le 30 août, j'appris qu'il y avait certainement une action sur pied au milieu du parti de Mme Russell, qui devait aboutir à une sorte d'explosion le 12 septembre. J'ai agi rapidement, mais discrètement, de sorte que dans la nuit du samedi 4 septembre, environ 50 frères furent réunis dans la Bible House Chapel, aucun d'eux ne sachant à l'avance qu'une réunion devait avoir lieu. J'ai expliqué la situation à tous et ai constaté que certains d'entre eux avaient davantage de connaissances sur l'affaire que je n'en possédais. Comme le problème était passé d'une affaire individuelle à une affaire d'Église, j'ai suggéré qu'il serait du devoir des anciens de l'Église d'agir, et que j'étais trop étroitement identifié à l'affaire pour prendre une part active à l'enquête. À l'unanimité de toutes les personnes présentes, il fut décidé que la procédure appropriée serait qu'une réunion privée des croyants consacrés de l'Église devrait être annoncée pour le lendemain soir, le dimanche 5 septembre, au cours de laquelle les deux sœurs qui avaient fait circulé des déclarations diffamatoires et fausses (probablement reçues de Mme Russell) devraient être accusées de diffamation et de faux témoignage et interrogées pour se disculper en justifiant leurs déclarations si elles le pouvaient. »

« L'une de ces sœurs avaient déclaré qu'ils avaient des femmes de la congrégation qui étaient déjà engagées, et recherchaient maintenant quelques hommes pour cette question, de sorte que celle-ci ne semblait pas tellement une affaire de femmes. Son récit était que Frère Russell traitait Sœur Russell honteusement. L'autre sœur inculpée avait formulé des accusations similaires. Sans entrer dans les détails, elles avaient donné la plus forte sorte de conclusion, et les anciens de l'Église déterminèrent qu'il était temps de mettre fin à ces calomnies, ou que, si elles continuaient toute la congrégation devrait savoir qu'elles étaient totalement sans fondement ou justification. »

« Lors de la réunion de l'Église le soir, Frère M.M. Tuttle présida, et le conseil d'anciens de l'Église servit de jury. On demanda spécifiquement aux sœurs accusés si oui ou non elles avaient dit de telles choses. Au début, elles étaient décidé à nier la question en bloc, mais des témoins à qui elles avaient parlé étaient présents et, appelés, donnèrent leur témoignage. Aucune ne pu offrir une explication ou une défense - ni n'eut une quelconque base pour les accusations. »

« C'est à cette réunion que Mme Russell et ses sœurs furent exclues - parce qu'elles avaient ignoré l'Église, avaient déclaré qu'elles n'en faisaient pas partie, et n'avaient pas assisté à ses réunions pendant plusieurs mois avant cette réunion. Ce fut une réunion strictement privée des croyants consacrés de l'Église, et donc elles n'avaient aucun droit d'être présentes. Elles furent exclues parce que les anciens de l'Église reconnurent que si elles avaient été présentes, elles auraient fait une scène et auraient entravé l'enquête pour laquelle la réunion avait été prévue. Les deux sœurs qui, à cette réunion, se sont révélées coupables de faux témoignages et de diffamation comme accusées ne furent pas condamnées, à ma demande; le conseil des anciens traitant le problème en attente de possibles excuses ultérieures à l'Église pour leur mauvais comportement. Je saisis cette occasion pour expliquer brièvement à la congrégation présente un peu de la peine qui m'entoura, comme explication de la calomnie que je savais avoir circulé. Je pris un soin particulier de protéger ma femme autant que possible, rejetant la responsabilité principale sur l'une de ses sœurs, dont j'avais pu constater l'influence mauvaise à chaque changement de mes affaires. »

« Après cela, je cherchai à séparer ma femme de ses mauvais conseillers dans l'espoir de la récupérer. J'envoyai des lettres à ces faux amis, les avertissant de ne pas venir voir ma femme, etc, et donna à ma femme la lettre suivante qu'elle mit dans le dossier judiciaire de l'affaire: »

ALLEGHENY 6 septembre 1897.
« Ma chère femme: - Je vous envoie une copie de chacun des trois lettres qui viennent d'être envoyées comme notification juridique. [Ci-joints les notifications à M. J.L. Russell, Mme J.L. Russell et Mme L.J. Raynor, "de ne pas recevoir, héberger ou divertir ma femme sous votre toit, sous quelque prétexte que ce soit".] »
« Je voudrais, ma chère, que vous sachiez que ces mesures sont actuellement prises dans votre intérêt ainsi que dans l'intérêt de la cause du Seigneur. Je désire vous protéger de ce que je crois avoir été une influence très pernicieuse sur vous depuis quelque temps. Je le fais dans l'espoir que sous des influences favorables, et par la bénédiction divine, vous puissiez libérer votre cœur de la boue de fausses déclarations que d'autres ont déversé, et donc que, soulagée, vous puissiez prendre conscience de votre premier amour pour moi, et que personne sur terre ne vous aime autant, ou ne désire si véritablement votre progression dans toutes les grâces de l'esprit du Christ et dans le service de notre cher Rédempteur. »
« Revenez vers moi, ma chère! Je vous promets que je ferai tout en mon pouvoir pour vous rendre aussi heureux que vous avez jamais été (...). Pensez, ma chère, que Dieu vous a déjà gratifiée d'une position comme étant ma reine et associée et aide qui, à certains égards au moins, est le second à celui d'aucune dame dans le monde. Et, ma chère, rappelez-vous que l'ambition est l'un des ennemis du peuple de Dieu, qui a pris au piège davantage ceux qui brillaient que peut-être qui que ce soit d'autre. Considérez, je vous prie, dans le temps, avant qu'il ne soit trop tard pour revenir sur vos pas (...). La situation n'est-elle pas assez critique pour vous faire aller avec beaucoup de prudence et par la prière? Arrêtez, je vous en supplie, et joignez-vous à moi dans un cœur humble pour chercher de nouveau à connaître la volonté de notre Seigneur et Maître. Rappelez-vous comment Satan est tombé et comment notre Seigneur se montra digne de sa haute exaltation, et souvenez-vous des mots de l'Apôtre: "Humiliez-vous donc, mes frères, sous la main puissante de Dieu, afin qu'il vous élève au temps convenable". Souvenez-vous de Miriam, et de Coré, et n'oubliez pas les divers conspirateurs, et comment tous laissèrent non seulement Frère Russell, mais aussi le Seigneur et la Vérité. Rappelez-vous que la présente affaire est aussi humiliante pour moi comme pour vous, parce que si une femme est la gloire de son mari, alors toute réflexion, même contre elle, est à sa blessure et à sa honte. Rappelez-vous aussi, que je serai impatient de relever votre tête et votre influence de toutes les manières appropriées, et que je ne me glorifierai pas sur vous comme un ennemi, mais comme quelqu'un qui a récupéré un trésor perdu et très prisé. »
« Et maintenant, ma chère femme, tout ce que je pouvais souhaiter en ce qui concerne ma vie terrestre, c'est que je puisse servir le Seigneur, sa cause et son peuple, parmi lesquels personne ne peut tenir une place si proche et si chère que celle que vous avez occupée et que vous pouvez à nouveau occuper si vous le voulez. Et à côté de mon effort pour servir et satisfaire le Seigneur il y aura mon effort pour vous servir et vous satisfaire comme ma femme, si vous le permettez et si vous coopérez à cette fin. »
« Enfin, non dans la colère, ni dans un autre esprit que celui de l'amour, en tant que dernier pas en votre faveur, et pour vous aider à sortir de l'incendie de la présente épreuve, je donne cette notice juridique et officielle, que je ne serai que trop heureux d'annuler complètement. Fait dans l'amour, et comme un effort désespéré de vous séparer de mauvaises influences, et avec un espoir de réconciliation rapide et d'annulation de cette limitation, Allegheny, en Pennsylvanie, 6 septembre 1897. »
C. T. RUSSELL.

« En conséquence, toute la conspiration s'est dissoute comme une bulle piquée. Les sœurs de la congrégation et d'autres réalisèrent à quel point ils avaient été tristement trompés au nom du Seigneur et au nom de la justice. Mme Russell fut complètement dépassée par la défaite de son plan. J'espérais la crise avait été atteinte et que la marée pourrait tourner en sa faveur, en ma faveur, et en faveur de la Vérité. Je fis remarquer à ma femme l'erreur de son parcours avec soin, avec bonté, avec douceur. Je lui dis combien c'était mal pour elle de comploter dans le but de me faire du mal, et je fis remarquer que si, comme elle le pensait, le Seigneur voulait qu'elle me remplace en tant que rédacteur en chef de La Tour de Garde et de surveillant général dans ce travail de moisson, il étais largement en mesure de s'acquitter de ses buts et n'avait pas besoin d'une aide mauvaise de sa part [à Maria]. J'ai suggéré qu'il pourrait facilement me permettre d'être mutilé ou tué dans un accident; qu'il pouvait me frapper d'une paralysie ou d'une autre maladie; ou par le moindre contact avec mon cerveau, il pourrait déranger mon esprit; et qu'ainsi il pourrait faire en sorte que tout ce qui en lien avec son travail tombe dans ses mains, car, comme je ai assuré Mme Russell, ma confiance en elle avait été si grande que, dans mon testament, tout avait été laissé à ses soins et à sa surveillance (Ce n'est plus le cas. J'ai déjà transféré tout ce que je possède, sauf mes vêtements personnels, à la Watch Tower Bible and Tract Society). »

« Par la suite, Mme Russell nia qu'elle ait autorisé n'importe laquelle de ces calomnies ou qu'elles furent proférées; mais j'ai fait remarquer que les calomniatrices avaient avoué; et que si elle était vraiment de mon côté, au lieu d'être en colère contre le fait de leur dévoilement, elle aurait manifesté une juste indignation pour ces fausses accusations. Mais mon espoir fut encore de rétablir mon épouse à son état antérieur, et en conséquence je défendis à sa famille de lui rendre visite, en espérant qu'elle en tirerait un bénéfice. J'ai invité à la maison une certain sœur Jones, son amie, une femme d'une grande bonté et d'une grande expérience, dont l'influence, je le savais, serait favorable. J'ai ouvert à l'esprit de Mme Russell une porte d'espoir en laissant entendre que si je pouvais en venir à accepter sa déclaration selon laquelle elle n'avait pas de sympathie pour les calomnies, je saurais bien comment mettre de l'ordre hors de la confusion et la rendre à l'amour et la fraternité de ses chers amis. Elle objecta que, depuis la dénonciation dans la nuit du dimanche 5 septembre, il serait impossible de combler le fossé. Je lui ai dit qu'il était seulement nécessaire pour elle de me convaincre, et que je pouvais faire le reste; mais que tout ce que nous ferions devait être fait avant le dimanche, de sorte que si l'harmonie avait été réalisée, nous pourrions, lors de la réunion du dimanche suivant, faire l'annonce de cet événement à nos chers amis de l'Église, qui avaient au cœur le repos. »

« Vendredi soir, j'ai rédigé un document attestant de l'harmonie rétablie, l'écrivant aussi favorablement que possible pour Mme Russell et ses amis égarés. Le samedi matin, elle et Mme Jones, son ami, étaient très enthousiastes à propos du document. Nous avons obtenu plusieurs copies dactylographiées et Mme Russell et moi-même avons signé le papier, et elle et sœur Jones partirent et obtenirent les autres signatures. Deux sœurs de Mme Russell et l'une des deux personnes qui, dans la nuit du dimanche précédent, avait été reconnues coupables de diffamation et de faux témoignage, le signa avec nous, et dimanche après-midi, j'ai demandé à ceux qui étaient consacrés de rester pour un service spécial, et je leur lus ladite lettre, leur demandant que le plus grand nombre souhaitant faire ainsi signifierait leur participation dans l'esprit de la lettre par un vote à la main levée. Les chers amis étaient fous de joie et se levèrent comme un seul homme, louant Dieu pour sa miséricorde en ce qu'il nous sortait ainsi de la confusion. Voici une copie de ladite lettre: »

À l'Église d'Allegheny, Maison de la Bible.
« Chers Frères et Sœurs: - C'est avec louange à Dieu et avec la gratitude du cœur que nous nous unissons dans une note commune à tous. Depuis dimanche dernier, nous avons cherché ardemment de l'aide à travers la prière divine concernant certaines questions qui nous désolèrent tous, et nous avons obtenu de l'aide en temps de besoin. »
« L'enquête révéla le fait que nos problèmes ont surgi en grande partie par une utilisation trop libre de la langue et la négligence de la règle biblique de Matt. 18:15. Beaucoup de choses avaient grandi hors de toute ressemblance avec leurs originaux, et, après enquêtes, beaucoup d'originaux se sont avérés de simples craintes qui n'avaient pas de fondement dans les faits. Nous sommes heureux de vous dire que toutes les inexactitudes et les malentendus sont mutuellement annulés et pardonnés, et que les supposés griefs sont tous éternellement effacé, tandis que l'amour mutuel remplit tout notre cœur pour notre Seigneur et de toute son Église. »
« Bien que l'épreuve fut rude, nous sommes convaincus que son actuel résultat heureux peut s'avérer éternel, et que nous avons tous tiré certaines leçons sur la nécessité de la charité, et de suivre de près la règle de l'Écriture prévue en Matt. 18:15 par notre Maître. »
« Nous espérons (D.V.) vous rencontrer dimanche prochain, et sont tous résolus par la grâce de Dieu de nous efforcer avec plus de zèle d'agir et de parler gentiment à tout un chacun, surtout pour aux enfants de Dieu; et si nous n'avons rien de favorable à raconter à propos de quelqu'un d'autre, nous nous abstiendrons complètement de telles personnes. »
(L'original était signé par)
CHARLES T. RUSSELL,
MARIA F. RUSSELL,
LENA GUIBERT,
EMMA H. RUSSELL,
LAURA J. RAYNOR.

« Le lendemain, le 13 septembre 1897, une copie de cette lettre fut envoyée à des amis venant des villes voisines qui avaient été présents à la réunion du 4 septembre, avec la lettre suivante: »

Aux amis qui ont bien voulu nous a rendu visite à Allegheny les 4 et 5 septembre,
« Salutations: - Il nous fait grand plaisir de vous informer que notre Père céleste a très gracieusement entendu vos prières et les nôtres dans l'intérêt de toutes les parties concernées dans les domaines qui nous ont causé tant de détresse. Il semble que certaines caractéristiques de difficulté dans le cas, qui échappèrent à tous nos efforts pour le saisir, se révélèrent à bien des égards avoir été dans la peur et les malentendus et les conséquences de ceux-ci. D'une manière tout à fait inattendue, le Seigneur a redressé ces troubles. La suite de la lettre est une copie de celle dans laquelle les différentes parties intéressées ont adhéré de tout cœur et avec joie. Je vous l'envoie pour que vous réalisiez que cela aidera à apporter le repos et la paix dans vos cœurs, comme cela a été fait aux nôtres à Allegheny. L'Église tout entière ici a été très troublé, non seulement pendant la semaine passée, mais auparavant, et après la lecture de la lettre à eux hier, tous leurs cœurs se réjouirent, et ils ont unanimement adhéré en tant que parties à la lettre en tant que congrégation. Beaucoup exprimèrent le sentiment que la question, bien que très grave, se révélera une leçon de grande valeur pour nous tous. "Dieu pousse en avant d'une manière mystérieuse Ses merveilles à se réaliser". Personnellement, je me sens comme si j'avais reçu une grande fortune, et apprécie chacune des signatures plus que je ne voudrais 5 000 $ (...). Joignez-vous à nous tous en rendant grâce à notre Père céleste pour nous avoir délivrés d'une si grande épreuve. »
Votre frère et serviteur en Lui,
CHARLES T. RUSSELL.

« Notre espoir fut de courte durée. Le dimanche suivant, quand tout avait été harmonieux, la tempête éclata à nouveau. L'une des sœurs de Mme Russell arriva en retard et partit de bonne heure, et Mme Russell se présenta comme une innocente blessée, refusant de serrer la main à certains, appelant d'autres des 'traîtres', etc. Je ne fis aucun effort supplémentaire pour assurer sa participation aux réunions, estimant qu'il serait mieux pour tous ceux qui sont concernés qu'elle soit absente. »

1897-1903

LE DÉPART le 9 novembre 1897

« Je mis en deux mois davantage d'efforts dans tous les sens pour rétablir ma femme à son état antérieur. Le 9 novembre, étant appelée à partir de la ville, je pris des dispositions pour elle afin qu'elle puisse avoir la compagnie d'une sœur jusqu'à mon retour. Elle accepta, mais par la suite elle partit pour Chicago sans me laisser la moindre information. Je n'eus aucune connaissance de ses allées et venues pendant deux semaines. »

« Chicago avait alors la plus grande congrégation dans la "Vérité Présente" en dehors d'Allegheny, et Mme Russell chercha par tous les moyens à mobiliser les amis là-bas par des déclarations diffamatoires. Pour autant que nous en soyons avertis, seuls trois tombèrent sous l'influence, comme environ huit l'avaient fait dans l'Église d'Allegheny. »

« Plus tard, voyant qu'elle rien accompli là-bas, elle proposa de revenir vers moi à Allegheny. J'ai refusé d'accepter qu'elle revienne, à moins qu'elle n'admette l'erreur de son ancien parcours et qu'elle ne s'engage à une raisonnable et bonne conduite d'épouse. Je lui ai écrit que, dans son départ, le Seigneur m'avait accordé une grande délivrance, et que je ressentais que je devais exiger cette garantie pour l'avenir, sinon il semblerait être une Providence tentante. En janvier 1898, Mme Russell retourna à Allegheny, à la maison de sa sœur, et elle-même, sœurs et amis ont commencé une campagne de dénigrement de toute sorte, quelle que fut la vérité, allant çà et là partout où ils/elles pouvaient trouver quelqu'un prêt à les entendre, déterminé à me nuire d'une certaine manière. »

« Cela dura environ un an, et à la fin de ce temps, ma femme m'a donné son assurance solennelle qu'elle avait cessé de porter un faux témoignage contre moi devant d'autres, après quoi je lui ai donné une maison que je possédais en face de parcs, et le meubla pour elle dans un bon style - une meilleure maison que ce qu'elle avait jamais eu - pensant en moi-même que j'allais surmonter son mal par le bien; elle devait déjà voir le mal de son parcours et apprécier mes intentions aimantes. Elle exprima une certaine appréciation, s'assit sur mes genoux et m'embrassa, et se mit à genoux avec moi en prière dans cette maison. La maison contient dix chambres, et elle [Maria] avait des revenus considérables provenant de la location de certains de ces pensionnaires. Dans l'espoir qu'un changement de sentiment puisse être en vue, je lui rendis visite chaque jeudi soir pendant quelques cinq fois, quand elle dit: "Mon mari, j'ai peur que les voisins et les locataires ne pensent que c'est étrange de vous voir venir ici tous les jeudis." L'allusion était suffisante; j'ai cessé mes attentions. La puérilité de la situation était ridicule. Les voisins verraient les locataires, des hommes, allant et venant dans la maison tous les jours, sans cesse, mais ils seraient surpris de voir le mari de la femme venir une fois par semaine. Je m'aperçus qu'une recherche supplémentaire de son affection était inutile. Ensuite, elle se contenta de me demander de venir la voir quand elle voulait des réparations ou des meubles supplémentaires. »

1903

UNE NOUVELLE ATTAQUE EN 1903

« En 1903, Mme Russell fit provision par la banque d'une petite somme d'argent qui, évidemment, fut consacrée à causer du tort à son mari. Le moment opportun pour son utilisation était venu, et avec lui, elle publia une nouvelle sorte de tract - non pas pour attiser l'esprit pur du peuple de Dieu, mais l'inverse même. Il constituait une tentative pour me présenter sous un faux jour, pour me calomnier. Il visait à fournir des lettres que j'avais écrites à Mme Russell et des copies de ses réponses. Il était dit dedans que je l'avais maltraitée, que je ne voulais pas lui parler, et lui écrivais des lettres désagréables. Je me souvenais bien du temps où elle était avec moi et qu'elle ne parlerait pas malgré tous mes efforts, et je me suis souvenu d'un autre temps où elle a tout fait pour entraver mon travail, lorsque j'avais été obligé de lui dire que mon temps ne pouvait pas être utilisé en permanence pour "discuter affaires". Pour gagner du temps, je lui écrivais plusieurs réponses sur mon papier manuscrit ordinaire. »

« Le tract dans son ensemble était une grossière perversion des faits, et écrit expressément pour nuire aux intérêts de la cause que je représentais. Ils furent envoyés à toutes les adresses de la Watch Tower qu'elle pu obtenir, et des paquets de tracts furent envoyés aux ministres dans les différentes villes où les services des Pèlerins étaient annoncés dans les colonnes de La Tour de Garde, et une lettre accompagnant chaque paquet demandait aux ministres la recevant d'obtenir les tracts, de rechercher la réunion des gens du Millennial Dawn, et d'avoir une personne distribuant ces tracts lors de ces réunions. Il était prévu que les ministres des diverses confessions soient tellement antagonistes au Millennial Dawn et à leur auteur qu'ils prendraient plaisir à ce travail calomnieux; mais à leur crédit que ce soit noté que peu d'entre eux acceptèrent la proposition. Certains écrivirent en retour pour décliner le service et définir la demande comme étant méchante, méprisable, insultante à leur virilité. »

« Cela eut lieu au début de 1903, et m'amena à conclure que mes efforts pour aider ma femme était mis à profit par l'adversaire comme un moyen de faire du mal à la vérité à laquelle j'ai consacré la vie et tout. J'ai conclu que mon aide devait cesser, et mis ma sœur en charge de la résidence, réservant toutefois une chambre pour Mme Russell et l'arrangeant pour son habitation. Le résultat fut une révolte, Mme Russell, sa famille et locataires, créèrent une telle perturbation que ma sœur fut obligée de faire appel à la protection de la police, tandis que Mme Russell et ses amis déformèrent ces questions dans la presse écrite dans la mesure du leur capacité. »

« Depuis lors, sous la direction de la cour, Mme Russell a reçu de moi 40.00 $ par mois pour ses besoins, et son action en divorce de corps avec pension alimentaire vient juste de se terminer. Elle fut aussi séparée de moi que l'on puisse imaginer pendant des années. Aucun avantage ne pourrait s'accroître à elle d'un point de vue monétaire qu'elle ne possède pas déjà. Je doit donc présumer que le motif caché de ce procès, c'est la vengeance: avoir l'occasion de me diffamer et d'indigner la Vérité, en représailles de mon refus de lui permettre toutes les libertés qu'elle désirait dans les colonnes de Zion's Watch Tower. »

Le procès

Voir article détaillé Séparation légale des époux Russell

Maria dans les écrits jéhovistes

  • Dans Le Mystère Accompli, Georges H. Fisher explique en commentant Ezechiel 24:15-16, que Dieu a retiré Maria à son mari par le moyen de l'erreur doctrinale. Tout comme Ezéchiel avec la mort de sa femme, Russell a continué son travail malgré sa souffrance en la considérant comme morte.[30] Ce qui est arrivé à Russell typifie ce qui arrive à la chrétienté depuis 1878 et lors de la grande tribulation, proche pour l'auteur (1918), la chrétienté sera détruite et avec elle des milliers de personnes trouveront la mort mais les vivants n'auront pas le temps de la pleurer tellement ils seront tourmentés.[31]

Voir aussi

Ressources sur le sujet

Livres et brochures
Sites web
Presse

Références

  1. Arrowup.png Zydek, 2010, pp. 61,62
  2. Arrowup.png Geocities, page généalogique
  3. 3,0 et 3,1 Truth history
  4. Arrowup.png Zygmunt, Joseph (1967) (anglais) Jehovah's Witnesses: A study of symbolic and structural elements in the development and institutionalization of a sectarian sect, p. 384
  5. Arrowup.png WTBTS (1975) (français), Annuaire des Témoins de Jéhovah, 1975, p. 68
  6. Arrowup.png Introvigne, 1990, pp. 37,38
  7. Arrowup.png Ross, 1913, pp. 15,16,31
  8. Arrowup.png WTBTS (1885) (anglais), The Watchtower, juin 1885, p. 7 R 766
  9. Arrowup.png Zydek, 2010, p. 64
  10. Arrowup.png Zydek, 2010, p. 73
  11. Arrowup.png Russell v. Russell, jugement de 1907, pp. 122-23
  12. Arrowup.png Hébert, 1960, p. 293
  13. Arrowup.png Blandre, 1988, p. 19
  14. Arrowup.png Tucker, 2004, pp. 120-23
  15. Arrowup.png Harrison, 1978, pp. 55,56
  16. Arrowup.png Russell v. Russell, jugement de 1907, p. 130
  17. Arrowup.png Gruss, 2003, p. 15
  18. Arrowup.png Russell v. Russell, jugement de 1907, pp. 127-30
  19. Arrowup.png Russell v. Russell, jugement de 1907, p. 228-29
  20. Arrowup.png Russell v. Russell, jugement de 1907, p. 128
  21. Arrowup.png Russell v. Russell, jugement de 1907, pp. 210-11, 225-28
  22. Arrowup.png Site de Barbara Anderson qui fournit moyennant finance le scan de ces deux livres. Consulté le 18 novembre 2009
  23. Arrowup.png (en) "Call "Pastor"'s wife in Russell Trial", Brooklyn Daily Eagle, 25 janvier 1913
  24. Arrowup.png Wills, 2006, pp. 31,32
  25. Arrowup.png WTBTS (1993) (français), Les Témoins de Jéhovah: Prédicateurs du Royaume de Dieu, p. 646
  26. Arrowup.png WTBTS (1994) (français), La Tour de Garde, 1 août 1994, p. 22
  27. 27,0 et 27,1 Zydek, 2010, p. 421
  28. Arrowup.png Redeker, Charles F. (vers 2000) (anglais), Pastor C.T. Russell: Messenger of Millennial Hope, pp. 210,211. Il cite dans cette note en source: St. Paul Enterprise, une compilation des éditions spéciales des mardis 7, 14, 21 et 28 novembre 1916, p. 10, publié par Brian Kutscher, Bible Students' Archives, février 1995
  29. Arrowup.png The Evening Independent, 1938
  30. Arrowup.png Le Mystère Accompli, 1917, pp. 483,484
  31. Arrowup.png Selon Ezechiel 24:20-25 dans Le Mystère Accompli, 1917, pp. 484,485