Olin Moyle

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Olin Richmond Moyle (1887—1966) a été l'avocat-conseil de la Société Watch Tower de 1935 à 1939. Il représenta les Témoins de Jéhovah devant la Cour Suprême des États-Unis dans des affaires.

Biographie

Moyle commença d'abord à s'associer aux Étudiants de la Bible. Puis, en 1935, avec sa famille, il quitta sa maison à Wauwatosa, dans le sud du Wisconsin, et emménagea à Brooklyn, New York, au siège de la Société Watch Tower afin de servir comme conseiller juridique de l'organisation. Cette fonction avait spécialement été établie par Rutherford afin d'aider en justice les Témoins de Jéhovah à travers les États-Unis pour se défendre face à l'opposition croissante à leur prosélytisme et leur position sur saluer drapeau. Rutherford et Moyle représentèrent parfois conjointement la Société dans diverses poursuites.[1] En 1938, Moyle gagna le procès Lovell v. City of Griffin devant la Cour suprême des États-Unis,[2], il en résuma l'affaire dans une brochure intitulée Liberty to preach. La même année, il envoya une lettre au président Franklin D. Roosevelt, condamnant son soutien aux catholicisme "fasciste".[3]

Il avait une femme nommée Phoebe qui travailla comme femme de chambre au Béthel, et un fils, nommé Peter, qui fut d'abord assigné à la cafétéria, puis à la salle de presse. Son épouse se prénommait Edna.

Toutefois, au bout d'un moment, il fut profondément déçu et choqué par le comportement de Joseph Franklin Rutherford, et particulièrement en rapport avec le langage grossier, la discrimination, les mauvais traitements et l'abus d'alcool au Béthel de Brooklyn. Dans une lettre en date du 21 juillet 1939 destinée au président de la Société, il exprima ce qu'il lui reprochait, ce qui lui valu une expulsion du Béthel. Il continua toutefois d'être Témoin de Jéhovah et servit dans une congrégation de Milwaukee. Toutefois, sur les ordres de Rutherford, Moyle fut exclu par sa congrégation locale et critiqué dans les publication. Son propre fils se rangea du côté de la Société Watch Tower.

Suite à son retrait du travail au Béthel et à l'expulsion de Moyle des Témoins de Jéhovah par la suite, il poursuivit la société Watchtower et Rutherford pour diffamation. La lettre qu'il avait écrite fut jointe au transcript du procès. Bien que son fils pris d'abord le parti de la Société, Moyle remporta le procès.

Procès contre la Société Watch Tower

En effet, le 11 octobre 1940, Moyle présenta une demande de dommages-intérêts de 50 000 $ pour chaque chef d'accusation, ce qui correspond à un total de 100 000 $. Le procès dura jusqu'au 27 mai et finalement le jury rendit un verdict de dix à deux, accordant à Moyle 15 000 $ pour chaque chef d'accusation. Lors de l'appel de cette décision devant la Cour d'appel composée de cinq juges, l'indemnisation fut réduite de moitié, soit 15 000 $. La Société Watch Tower a encore interjeté appel, mais cette fois avec le plus haut tribunal de l'État, la Cour d'appel à Albany, capitale de l'État de New York. Après deux autres débats et délibérations, le 22 novembre 1944, le tribunal composé de sept juges a confirmé la décisions du tribunaux inférieur, et Moyle reçu les sommes prévues, majorée des intérêts. Mais Rutherford mourut avant d'entendre ce dernier jugement qui était définitif.[4]

Moyle fit don de ses documents, dont des journaux personnels et un manuscrit non publié, à l'Université de Princeton.[5]

Dans les années 1930, Moyle rejoignit l'Institut Biblique Pastoral qui était une branche des Étudiants de la Bible.[6]

Par la suite, son fils Peter quitta la Société Watch Tower, se convertit au Judaïsme, puis devint agnostique. Dans le livre Les Témoins de Jéhovah et le Troisième Reich de James Penton, il déclara : « C'est bien connu, même si c'est « tenu secrètement caché », que Rutherford aimait les femmes et le whisky. »

Moyle dans les publications

À l'époque

Plusieurs Watchtower de l'époque le critiquèrent grandement (1 septembre 1939, p. 258 ; 15 octobre 1939, pp. 316-17).

Watchtower, 15/10/1939, p. 316
Watchtower, 15/10/1939, p. 317 (suite)

Dans la Watchtower du 15 octobre 1939 figure une résolution adoptée à l'unanimité par les membres de la direction de la Société Watch Tower, le 8 août précédent. Dans celle-ci, la lettre de Moyle est considérée comme une méchante calomnie, une diffamation, remplie de mensonges, qui est « contre les intérêts du gouvernement Théocratique » et faite pour plaire au Diable et à ses agents. Moyle lui-même est accusé d'être devenu l'instrument du Diable et de ressembler à Judas Iscariote. On y apprend que Moyle aurait demandé à ce que sa lettre soit publiée dans Consolation, ce qui lui a été refusé ; néanmoins, affirmant que la lettre circulait parmi les "frères", Moyle est accusé de causer des divisions, d'être quelqu'un qui murmure et se plaint. Rutherford ne réfute pas les allégations figurant dans la lettre de Moyle, mais plutôt esquive les faits en affirmant que les accusations portées contre lui personnellement doivent être considérées comme des allégations faites contre « la Société tout entière », et puisque celle-ci était censée être celle du Seigneur, Moyle aurait donc parlé contre le "Seigneur" lui-même. De plus, il est précisé que ceux qui voudraient s'associer à lui rejoindraient en fait le mauvais esclave de Matthieu 24:48-51 et en paieraient les conséquences. Les autres membres de la direction — Franz, Knorr, Suiter, Sullivan, Heath, Reimer, Van Amburgh, Goux, Wide et Woodworth — approuvèrent et apposèrent leur signature aux articles.[7][8]

Actuellement

Toutefois, dans les publications actuelles, Olin Moyle n'est absolument plus mentionné, ce qui évite bien entendu d'avoir à s'expliquer sur le procès perdu par la Société Watch Tower.

À ce sujet, Barbara Anderson, qui travailla au Comité de Rédaction de la Société Watch Tower, exprima sa surprise de constater que le procès ne figure pas dans les publications actuelles, et notamment qu'aucune mention ne soit faite dans le livre Les Témoins de Jéhovah — Prédicateurs du Royaume. Elle déclare :[9]

« À la bibliothèque du service juridique, j'ai découvert deux volumes contenant la retranscription du procès-verbal du procès pour diffamation intenté en octobre 1940 par Olin R. Moyle contre douze cadres de la Watchtower, ainsi que la Watchtower Bible and Tract Society, Inc. of Pennsylvania et la Watchtower Bible and Tract Society, Inc., of New York. En parcourant les livres je m'aperçus que Moyle gagna son procès et la cour lui attribua trente mille dollars de dommages. J'ai apporté les volumes à Karl Adams qui a manifesté de la surprise en voyant ma découverte. Il a déclaré n'avoir pas eu connaissance du procès Moyle, jugé en 1943. J'ai eu de la peine à croire que Karl n'a pas entendu parlé de cette affaire, car au moment des faits il avait 14 ans, et il a rejoint le personnel de la Watchtower quelques années après alors que le verdict, à propos de Moyle, était encore un sujet, délicat, bien présent dans les mémoires des Témoins. Compte tenu de l'importance que joua le procès Moyle dans l'histoire des Témoins de Jéhovah, je n'ai pas de réponse permettant d'expliquer l'absence de mention de ce procès dans le livre retraçant l'histoire des Témoins. Peu après mon départ du Béthel, deux Témoins, des anciens très en vue, ainsi que leurs épouses m'ont posé la même question alors que je visitais Burbank, en Californie. La raison qui leur avait fait accepter l'invitation à dîner tenait dans le fait de pouvoir s'entretenir de mon travail, important, de recherches qui les fascinait tant. Ce soir-là, j'ai rencontré George Kelly, témoin de longue date, qui avait été le secrétaire personnel, au Béthel, de l'avocat très connu des Témoins, Hayden C. Covington. (Sur 138 cas présentés devant la cour suprême des États-Unis, au nom des Témoins, Covington en a défendu cent onze.) Olin Moyle a été l'avocat de la société Watchtower depuis 1935 jusqu'à ce que Rutherford l'évince en 1939. Il a été remplacé par Covington qui est intervenu en qualité d'avocat représentant la société, en 1940, dans le procès opposant Minersville School District contre Gobitis, suite au refus d'obtempérer à l'obligation, dans les écoles publiques, de saluer le drapeau. L'autre homme accompagnant Kelly, Lyle Reusch était lui aussi un ancien bien en vue à Burbank, représentant spécial pendant de longues années, aux Etats-Unis, de la société Watchtower, ministre à temps plein en juin 1935 lors de son entrée au Béthel. Les deux hommes ont fait part de leur étonnement et mécontentement de ne pas voir figuré le procès de Moyle dans le livre, édité en 1993, sur l'histoire des Témoins. Avant et à l'époque du procès de Moyle, Kelly et Reusch étaient étroitement associés avec la société Watchtower. Ils m'ont dit qu'ils étaient curieux de savoir comment l'auteur du livre aurait présenté l'épisode, peu reluisant, des responsables de la Watchtower, spécialement Rutherford diffamant leur propre avocat Témoin dans le magazine La Tour de Garde. Selon la transcription du procès, les problèmes de Moyle ont commencé peu après que ce dernier ait écrit une lettre personnelle à Rutherford afin de lui exprimer son aversion quant à sa consommation excessive d'alcool et son comportement extrêmement abusif envers autrui, comportement dont il a été témoin oculaire, sans compter les plaintes entendues ici et là. Arthur Worsley, membre du Béthel pendant de longues années et bien connu de Kelly et Reusch, était l'une de ces personnes qui se sont plaintes auprès de Moyle des humiliations infligées par Rutherford. Ce dernier a été si outré par les critiques de Moyle qu'il a chassé celui-ci et son épouse du Béthel et fait placer leurs effets personnels sur le trottoir. Moyle a été choqué par le traitement, mais les faits démontrent qu'il n'a en tout cas pas réagi. Non content d'avoir expulsé Moyle du Béthel, Rutherford et ses associés ont calomnié de façon vicieuse le caractère de Moyle dans le magazine La Tour de Garde, amenant Moyle à déposer une plainte pour diffamation contre toutes les parties responsables. Je mentionnais par la suite, à Kelly et Reusch, le nom d'Arthur Worsley. Nous avons parlé de la part prise par Arthur dans le procès Moyle, et tout deux ont admis qu'il avait présenté un faux témoignage lors de son interrogatoire. Je leur ai dit qu'après avoir lu la transcription de Moyle, j'ai parlé avec Arthur, un bon ami, à propos de son témoignage défendant la Watchtower. Olin Moyle a raconté, qu'un matin, dans la salle à manger du Béthel, Rutherford a publiquement et de façon injustifiée accusé Arthur. Plus tard Arthur s'en est plaint auprès de Moyle et lui a dit combien l'incident l'avait humilié. Cependant, devant la cour Arthur a déclaré que Rutherford avait vraisemblablement raison en le reprenant. Il indiqua également que la remarque n'était pas hors de propos, et au plus grand étonnement de Moyle, il rajouta qu'il n'avait de ce fait aucune plainte à émettre. Pourtant lorsque Arthur nous a parlé de l'incident survenu, à la salle à manger, il a critiqué Rutherford de l'avoir humilié. Nous lui avons demandé pour quelle raison il a témoigné, sous serment, n'avoir jamais entendu de langage ordurier à la table du Béthel, ou pourquoi il a nié que les liqueurs occupaient la place d'honneur, alors qu'en fait il nous a dit le contraire. Apparemment contrarié, Arthur répliqua que Rutherford l'aurait chassé du Béthel si son témoignage avait corroboré les déclarations de Moyle. Et comme il ne savait pas ou aller, il a mentit à la cour. Mais cela ne servit à rien, car après avoir entendu les divers témoignages, la cour condamna Rutherford et les autres responsables de la Watchtower pour diffamation. Arthur nous a dit que les responsables ont été tellement en colère contre Moyle, qu'ils ont payé les trente mille dollars de dommage, au moyen de pièces en argent, le traitant de "Judas". En taisant volontairement l'affaire Moyle, la Watchtower a occulté un épisode particulièrement choquant et déplaisant, dont elle ne ressort pas blanchie, offrant une image salie, et non celle que le livre historique tente de laisser, à savoir, d'une organisation sans taches. En des termes dépourvus de toute ambiguïté, les Témoins présents, ce soir-là, firent part de leur désapprobation quant, à l'omission, dans l'ouvrage cité, de l'affaire Moyle, et au travail de révisionnisme initié par les responsables actuels de la Watchtower, afin de présenter une histoire non ternie par des scandales, des erreurs, mais, comme son avant-propos le déclare, "objective et quelque peu candide". »

Voir aussi

Références

  1. Arrowup.png (en) "SCHNEIDER v. NEW JERSEY, 308 U.S. 147 (1939)", sur Case Law Consulté le 7 décembre 2009
  2. Arrowup.png (en) Lettre de Rutherford à Moyle Consulté le 7 décembre 2009
  3. Arrowup.png (en) Lettre de Moyle au Président Roosevelt, 1938 Consulté le 7 décembre 2009
  4. Arrowup.png (it) "Un popolo per il suo nome", Timothy White, p. 225 Consulté le 7 décembre 2009
  5. Arrowup.png (en) Princeton University Library, DEPARTMENT OF RARE BOOKS AND SPECIAL COLLECTION, Manuscripts Division Consulté le 7 décembre 2009
  6. Arrowup.png (en) "The Curious Case of Olin R. Moyle", sur Jehovahs-witnesses.net Consulté le 4 décembre 2009
  7. Arrowup.png Apocalypse Delayed : The Story of the Jehovah's Witnesses, James Penton, Toronto : University of Toronto Press, 1997, pp. 80-83
  8. Arrowup.png (en) "WTBTS and Olin R. Moyle", commentaires sur l'article, sur Corior.blogspot Consulté le 13 décembre 2009
  9. Arrowup.png "Ce que Barbara Anderson a découvert", sur Aggelia, format PDF Consulté le 8 décembre 2009