Paradis

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Introduction

Selon la WT, Jéhovah réalisera dans un avenir très proche son dessein originel consistant à faire vivre les humains dans un paradis terrestre, juste après la grande bataille d’ Har-maguédon.

Suivant la doctrine des Témoins de Jéhovah, cette "nouvelle terre" sera une société d’hommes justes qui vivront sur terre éternellement, gouvernée par un royaume céleste parfait, ayant pour Roi Jésus Christ et cela durant 1000 ans.

Dans ce paradis terrestre les humains cohabiteront en paix, la terre sera transformée en un jardin paradisiaque où les relations pacifiques censées exister dans le jardin d’Eden entre les animaux et les humains seront rétablies ; les famines, les infirmités et les maladies seront à jamais éliminées de la surface du globe terrestre.

Pour accéder à ce paradis, il faut d’après la WT, apprendre à connaître la volonté de Jéhovah et de son fils Jésus Christ, au travers de l’enseignement de son esclave fidèle et avisé : lui-même. Seul le baptême, démontrant une adhésion totale a ses idées, et une vie respectueuse de son enseignement, permettent d’éviter la destruction le jour d’Har-maguédon et l’obtention de la vie éternelle dans ce paradis.

Le paradis de la Bible 

La notion de paradis que l'on retrouve dans l'Ecriture ne coïncide pas véritablement avec notre conception moderne d'un lieu enchanté. Au sein du "récit des origines", il nous est relaté que Dieu "planta un jardin en Eden, du côté de l'est, et il y mit l'homme" (Gn 2,8 NBS), ce nom se dit en hébreu gan (Eden), et désigne un jardin. L'équivalent qui sera choisi dans la LXX est le grec paradeïsos dont A.Bailly p.653 donne comme définition : parc, lieu planté d'arbres où l'on entretient des animaux.

Personne aujourd'hui ne conteste l'étymologie de ce terme grec, qui est en fait un terme perse, et les Témoins de Jéhovah en sont bien conscients : "Déjà à l'époque de Xénophon (vers 431-352 av. n. è.), les auteurs grecs utilisaient ce mot, dont Pollux disait qu'il était d'origine perse (pairidaeza) (Cyropédie, I, [3], 14; Anabase, I, ii, 7; Onomatiscon, IX, 13)." it 2 p.486. Cependant, il n'est pas recommandé de transcrire ce terme grec par le françaisparadis pour définir cette partie de la création. Le texte biblique nous dit qu'il s'agit d'un jardin dans lequel foisonne une flore luxuriante. Pour désigner la conception de ce jardin la LXX utilisera le verbe grec phuteuô qui signifie : planter. Plutarque l'utilisera pour désigner un pays couvert de plantation. A.Bailly p.946. Et le manque de fait historique ne peut confirmer l'hypothèse Jéhoviste qui veut que : "Il est appelé un gan (jardin) en hébreu, mais sa taille et sa végétation étaient manifestement celles d'un parc" it 2 p.486. Cette hypothèse ne peut prendre forme que si l'on oppose l'hébreu (jardin) au grec (parc), mais n'a pas de fondement historique.

Il est intéressant de noter que le récit de la Bible fait bien une différence entre le jardin et Eden. A.Cohen confirme cette différence dans son ouvrage sur Le Talmud p.626 où il écrit : "On le considérait habituellement comme distinct du séjour du même nom qui autrefois avait été préparé pour Adam. "Que signifie ces mots : 'Aucun oeil n'a vu ce que Dieu, et toi seul (ô Dieu!) fera pour quiconque s'attend à lui' (sic Esaïe 64,4) ? Ces mots s'appliquent à Eden, où ne s'est posé le regard d'aucune créature. Peut-être direz-vous que le jardin et Eden ne font qu'un ? Mais écoutez cet autre texte : 'Un fleuve sortait d'Eden pour arroser le jardin' (Genèse 2,10). Donc Eden et le jardin font deux." (34 b.)".

Au delà de cette différence entre le jardin et l'Eden, le Talmud établit clairement une différence entre le jardin terrestre "planté par Dieu en Eden" et le paradis des justes qui pour les rabbins est localisé dans le ciel (Ibid p.626). Jésus et les premiers chrétiens étant tous issus et imprégnés de ce judaïsme rabbinique, nous pouvons penser que les trois fois ou le grec paradeïsos est employé dans le N.T (Lc 23,43; 2 Co 12,4; Ap 2,7) il fait référence à la conception rabbinique d'un paradis des justes céleste et non du jardin terrestre retrouvé.

Le paradis terrestre