Peine de mort

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Application de la peine de mort dans le monde

Alors qu'elle affirme être neutre politiquement, la Société Watch Tower a adoptée un point de vue variable au sujet de la peine de mort au fil des décennies: en effet, si maintenant elle se contente de reconnaître aux autorités séculières le droit de prononcer des sanctions pouvant aller jusqu'à la peine capitale, elle a clairement pris position en faveur de celle-ci en pleine controverse sur le sujet aux États-Unis dans les années 70. De plus, elle n'a pas toujours été constante sur les raisons justifiant un tel châtiment, ni sur le caractère bibliquement obligatoire pour un tribunal de le prononcer. (NB: Cette page parle uniquement de la peine de mort pratiquée à l'époque contemporaine par les autorités humaines, et non de la sentence religieuse découlant du péché adamique ou de celle qui était en vigueur sous la loi mosaïque. De plus, il ne s'agit pas ici de se prononcer pour ou contre la peine de mort, mais d'analyser le raisonnement de la Watch Tower sur ce sujet.)

Historique

Sous la présidence de Charles Taze Russell, la peine de mort n'était pas un sujet de préoccupation majeure dans les publications. Elle était toutefois justifiée dans les cas de meurtres selon le principe biblique d'équivalence ("âme pour âme"), et s'opposer à cette peine dans ce cas était une forme de "faiblesse" qui revenait à méconnaître la volonté divine. Il n'y avait pas lieu de refuser cette sanction, puisque le meurtrier n'allait pas connaître de tourments éternels en enfer. En revanche, elle devenait un traitement à l'opposé du christianisme si elle était appliquée pour d'autres péchés tels que l'hérésie, et Russell ne se priva pas de dénoncer un membre du clergé qui souhaitait étendre la peine de mort à l'hérésie, laissant entendre que cela ne correspondait pas à l'amour chrétien.

Quand Joseph Rutherford fut à la tête de l'organisation, la peine de mort fut toujours soutenue dans La Tour de Garde, non plus d'un point de vue biblique — il était reconnu que la loi mosaïque n'était plus en vigueur —, mais simplement d'un point de vue pratique: son but n'était pas de venger, mais d'empêcher le malfaiteur de commettre d'autres actes malveillants, actes qui, de surcroît, ne semblaient plus se limiter seulement au crime. L'essentiel était que la méthode d'exécution ne fasse pas souffrir le condamné à mort. Ainsi, les raisons alors mises en avant pour justifier cette pratique par les gouvernements étaient bien différentes de celles de Russell. Toutefois, dès 1929, L'Âge d'Or défendit vigoureusement la peine de mort sur la base d'arguments bibliques et rapporta l'évolution de cette sanction à travers le monde.[1][2][3][4]

Sous la présidence de Nathan Knorr, le thème de la peine de mort fut un sujet largement débattu dans les publications, et Réveillez-vous! continua de rapporter des nouvelles relatives à l'application de cette peine dans certains pays.[5][6][7][8] De 1972 à 1977, plusieurs articles spécialement dédiés à cette question parurent dans les périodiques et développèrent cette question de façon approfondie. Ces articles étaient clairement favorables à la peine de mort: celle-ci était considérée comme ayant un fondement biblique, et un gouvernement qui la refusait dans un cas où elle était méritée faisait preuve d'un mépris pour la loi de Dieu; agir ainsi dans le cas d'un meurtre revenait à considérer la vie de la personne assassinée comme ayant peu de valeur. Les opposants à la peine de mort étaient critiqués comme des personnes incohérentes et hypocrites dans leurs mobiles et leur vision permissive était considérée comme étant un facteur à l'origine de l'augmentation des récidives des malfaiteurs. Il est à noter que ces nombreux articles dans les publications jéhovistes sont apparus à une période où la peine de mort était sérieusement remise en question aux États-Unis: en effet, de 1967 à 1977, la Cour Suprême avait bloqué l'application de cette sanction dans tout le pays, considérant qu'il s'agissait d'un châtiment cruel et exceptionnel, interdit par le VIIIe amendement à la Constitution.

Toutefois, dès le début des années 1990, ce point de vue changea à nouveau: certes, les gouvernements humains sont toujours habilités à prononcer la peine de mort et celle-ci est bibliquement justifiable, mais s'ils ne le font pas, ce n'est plus un manque de respect vis-à-vis de la volonté divine; c'est simplement l'expression de leur choix. Autrement dit, l'application de la peine de mort par les autorités humaines est devenue, non plus une obligation au regard des normes bibliques, mais une prérogative qu'elle peuvent choisir d'exercer ou non. Quant à l'adepte Témoin de Jéhovah, il ne doit pas se prononcer en faveur ou contre la peine de mort ni entrer dans un débat sur cette question.

Le sociologue George D. Chryssides nota que, contrairement à l'avortement, la peine capitale n'est pas interdite dans les publications jéhovistes, bien qu'il s'agisse d'une sanction présentée uniquement dans l'Ancien Testament, et non dans le Nouveau.[9]

Incohérences

Dans les faits, la position de neutralité actuellement requise de la part des adeptes n'a pas toujours été respectée par la Watch Tower elle-même: en effet, quand elle fit paraître plusieurs articles dénonçant les opposants à la peine de mort et soutenant cette sentence comme étant bibliquement justifiée, n'a-t-elle pas exprimé publiquement son point de vue sur la question, quitte à être en désaccord avec la politique étatique (notamment des États-Unis de 1972 à 1977)? N'a-t-elle pas tenté d'influencer la politique de la nation, sachant qu'elle distribuait massivement ses périodiques favorables à la peine de mort dans tout le pays? De plus, même si c'est beaucoup plus anecdotique, il est à noter que, lors d'un fait divers de 2003 dans lequel trois personnes avaient été assassinées, Eugenio Muriel, un ancien d'une congrégation qui a découvert les corps des victimes alors qu'il venait chez eux pour étudier la Bible, a déclaré qu'il était satisfait de la décision du procureur de demander la peine de mort, ajoutant que ce n'était que justice, et que lorsque quelqu'un ne respectait pas la loi, il devait le payer.[10]

En outre, la Watch Tower a auparavant soutenu la peine de mort en avançant l'argument que celle-ci mettait définitivement le criminel hors d'état de nuire, sachant qu'il y avait de fortes chances qu'il se livre à nouveau à ses méfaits en prison ou une fois libéré. Ainsi, elle estimait que les opposants à la peine de mort portaient une part de responsabilité dans les cas de récidives, du fait de leur clémence mal placée. Or, de façon similaire, en refusant pendant des décennies de rapporter à la police des cas de pédophilie — qu'ils soient reconnus ou présumés —, la Watch Tower n'a-t-elle pas elle aussi contribué à la récidive de délinquants sexuels, ce pour quoi elle a été précisément condamnée par un tribunal américain à une peine d'environ 24 millions de dollars en juin 2012?

Enfin, la Watch Tower a indiqué que le principe d'équivalence d'âme pour âme avait été énoncé bien avant la loi mosaïque, en Genèse 9:5,6, ce qui, selon elle, prouverait que cette loi est immuable et donc également en vigueur à notre époque (elle utilise le même argument dans le cas du refus du sang). Toutefois, elle n'est pas cohérente dans son raisonnement: en effet, elle affirme que l'ordre divin de procréation en Genèse 9:1 ("Soyez féconds, et devenez nombreux, et remplissez la terre") donné au même moment que cette loi, ne s'applique pas aux chrétiens, affirmant sans détours:[11]

"Les serviteurs de Dieu ont-ils aujourd'hui la responsabilité de suivre personnellement le commandement que Dieu donna à Noé et à ses fils, disant: "Soyez féconds, multipliez, et remplissez la terre"? — Gen. 9:1. Non, la Bible ne dit pas que nous avons aujourd'hui cette obligation."

Dans les publications

Publication Contenu et commentaire
La Tour de Garde (anglais), 1er décembre 1907, R4094, p 355, "Rev. Dr. Patterson's Christian Love" "Il y eut un épisode passionnant lors de la réunion de lundi des ministres de Philadelphie, et le Révérend Dr. R.M. Patterson, pasteur émérite, fut le centre de celui-ci. Sa mission était un discours sur Jean Calvin. Il a donné aux ministres une surprise en préconisant la peine capitale pour les crimes autres que l'assassinat - et l'hérésie flagrante. Selon un journaliste, il a dit: "Ceux qui répandent des doctrines blasphématoires et immorales devraient également être mis à mort". Selon un autre journaliste, il a ajouté que le bûcher était trop bon pour eux". Le rédacteur en chef du Philadelphia Inquirer, en réponse à une requête sur les mots mêmes du gentleman révérend, répondit (18 octobre): "Nous sommes désolés que vous deviez nous demander d'imprimer les mots mêmes utilisés par le Révérend Dr R.M. Patterson dans son récent emportement. Ils ont été rapportés comme suit: "Si j'avais mon mot à dire à ce sujet, je voudrais avoir un bourreau appelé à s'occuper de tous les hérétiques et les blasphémateurs. Le bûcher serait trop bon pour ceux qui décrient la religion et prennent le nom du Seigneur en vain. La croissance de l'hérésie est telle aujourd'hui que rien, sinon des mesures comme celle-ci, ne peuvent l'arrêter". Tous les presbytériens, cependant, ne se sentent pas si amers vers les hérétiques non-élus, car nous lisons plus loin: "Le révérend Henry C. McCook, a répondu au révérend Dr. Patterson. "Mon sang bout", dit-il, "à ce que je viens d'entendre, et m'étonne de penser qu'un ministre du culte presbytérien puisse proférer de tels sentiments".
La Tour de Garde (anglais), 15 décembre 1912, R5150, p. 392, "The Mark of Cain" "Ainsi, les lois des hommes, dans le traitement de toutes les formes de vice et le crime, y compris le meurtre, devraient être aussi promptes que le juste jugement le permettra et aussi sévère que cela semble nécessaire dans l'intérêt de la société, mais ces lois ne devraient jamais être vindicatives. Elles doivent toujours tenir compte du fait que toute l'humanité est née dans le péché. (...) La vengeance de la loi contre le criminel doit, par conséquent, être appliquée de façon sympathique, en vue d'avertir les autres usagers contre les mauvaises actions et, autant que raisonnablement possible, pour l'amendement du coupable. C'est avec une grande satisfaction que nous notons que de nos jours cet esprit humain est de plus en plus répandu. Nos prisons sont de plus en plus en train d'être transformées en de grandes maisons de redressements, en net contraste avec le traitement accordé aux personnes méchantes dans un sombre passé. Les responsabilités des juges à prononcer la sentence contre les criminels, en particulier contre les meurtriers, sont souvent paternelles et tendres. Il y a même un danger à trop de clémence. Le sentiment qu'une terrible responsabilité est associée à la prise de la vie humaine, même de façon judiciaire, est juste, mais ce sentiment — une certaine faiblesse, en fait — se manifeste dans l'opposition à la peine capitale. Cela, nous croyons, est généralement le résultat d'un malentendu sur la Parole Divine." Après avoir fait remarquer que la loi donnée à Moïse indiquait: "Celui qui verse le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé", l'article poursuit: "Sans doute le malentendu général de la personnalité et du plan divins a conduit à la faiblesse que nous mentionnions, qui s'oppose à la peine capitale. Ce point de vue erroné, que ceux qui étudient la Bible sont progressivement en train de se rendre compte qu'il n'est pas appuyé par la Parole de Dieu, nous a conduit à croire que le meurtrier, comme l'un des non-élus, passerait dans la mort dans les tortures horribles et sans fin. Naturellement et bien, avec cela à l'esprit, nous hésiterions à plonger l'un de nos semblables dans une telle misère."
La Tour de Garde (anglais), 15 octobre 1917, p. 307, "Proper and Improper Judgment of Ourselves and Others" "Les gouvernements accordent des degrés différents de peine pour des crimes différents, non comme une compensation pour le crime, mais dans le but de contenir les méchants. En conséquence, l'auteur de mauvaises actions est souvent mis en prison pour une durée de plusieurs années et parfois pour la vie, afin qu'il ne puisse pas commettre d'autres actes mauvais et peut-être qu'il réforme son caractère. Même dans le cas d'une peine capitale, l'idée n'est pas que la peine est proportionnelle à la gravité du crime, mais que supprimer la vie est un acte permettant d'empêcher des actes répréhensibles. Ainsi, diverses méthodes de peine capitale ont été inventées afin que cela puisse être fait d'une manière aussi indolore que possible. Certains prétendent que la rupture du cou par pendaison ne maintient pas le criminel dans la souffrance. D'autres déclarent que la chaise électrique est conçue de telle sorte que la personne ne sera plus consciente après que le courant électrique lui soit parvenu. Nous voyons donc que la tentative a été simplement de limiter le malfaiteur pour ce qui est de ses privilèges et libertés de la vie, conformément à la décision de ceux qui siègent en tant que législateurs sur quel serait le dispositif approprié pour empêcher les actes mauvais."
L'Âge d'Or (anglais), 25 mars 1925, pp. 396,397, "Sequel to Leopold-Loeb Verdict" Alors que "la loi divine prévoit la peine de mort pour les meurtriers", de jeunes assassins de Chicago furent condamnés à la prison à perpétuité. Le mois suivant, la ville connut la plus grande orgie meurtrière de l'histoire et depuis, enregistre une moyenne d'un meurtre par jour.
L'Âge d'Or (anglais), 17 juin 1925, p. 590, "The South African Native at Home" "À Chicago il y a une chance sur 365 qu'[un homme] ait pu être électrocuté. Ils sont de grands amateurs de la justice à Chicago. Pour 365 meurtres qu'ils ont à Chicago, un homme paye la peine de mort. La majesté de la loi doit être respectée à Chicago."
L'Âge d'Or, 4 septembre 1929, pp. 789,790, "Capital Punishment" L'auteur, Fred Scruton d'Angleterre, admet que la sentence de peine de mort provoque souvent un tollé général et se demande donc si cette sanction est juste ou pas. Puis est cité Lord Buckmaster, un juge britannique opposé à la peine de mort, pour qui il est douteux que la vie soit plus sûre ailleurs que dans des pays qui n'ont pas prononcé de peine de mort durant les dernières décennies (Norvège, Pays-Bas). Selon lui, si cette sanction devait être conservée, elle ne devait plus l'être sur une base biblique; de plus, l'exécution était une chose révoltante à contempler et elle n'était utile que si elle avait un effet dissuasif sur la répétition ou l'imitation du crime. Mais selon Scruton, ce raisonnement est fautif: tout d'abord, c'est Jéhovah qui doit déterminer la justice, et celle-ci doit être basée sur la Bible, laquelle réclame la peine de mort pour certains actes. Donc, qualifier celle-ci de "cruelle, barbare et futile" revient "à insulter Jéhovah et à obscurcir les plus hauts intérêts de l'homme". Ce n'est pas forcément la mise à mort qui est une chose révoltante, mais plutôt le péché. C'est Satan qui exploite cette idée, ayant refusé la peine de mort à Adam et Ève après leur péché. Des versets tels que Genèse 9:6 et Matthieu 5:22 sont cités pour soutenir la sainteté de la vie et donc la peine de mort qui "est très nécessaire, sinon elle n'aurait pas été ordonnée". L'absence de sentence capitale en Norvège et dans les Pays-Bas ne prouve rien, sinon le comportement exemplaire des gens dans ces pays. Si la peine de mort ne parvient pas à dissuader le crime, alors à plus forte raison la prison qui, de surcroît, a un effet dégradant sur le prisonnier — d'ailleurs, l'emprisonnement n'était pas prévu dans la loi mosaïque. L'article conclut: "L'abolition de la peine capitale sous prétexte que c'est injuste et inutile remettrait en question le plan de salut de Jéhovah, qui englobe la peine de mort à un degré plus marqué. Ce serait une violation de la loi de Dieu, et donc injuste à l'homme et méprisant envers Dieu. Elle mettrait une valeur erronée à la vie humaine. Les hommes seraient moins susceptibles de contenir leurs passions, en sachant qu'ils pourraient tuer avec une impunité comparative. (...) Le seul et unique remède est la peine capitale. L'exécution est dans les intérêts supérieurs du criminel en ce que son crime est ainsi expié. À la résurrection, il peut faire face à sa ou ses anciennes victimes sans aucune dette. De cette façon, leur réconciliation peut être effectuée correctement et un redressement rapidement fait. C'est la vraie miséricorde. Toutes les dispositions de Dieu sont miséricordieuses."
L'Âge d'Or (anglais), 9 juin 1930, pp. 663,664, "Bible Question and Answer: Does the Bible Teach Capital Punishment?" Ceux qui s'opposent à la peine de mort prétendent que cette sentence est "cruelle et barbare" et que Dieu est trop aimant pour priver quelqu'un de sa vie. D'un autre côté, certains défendent la peine de mort du point de vue de la vengeance, affirmant que le coupable a ce qu'il mérite. Or, la justice ne doit pas être guidée par les sentiments ou la vengeance. Toutefois, la Bible enseigne la peine de mort tout au long de ses pages. Tandis que Dieu a décrété la peine de mort dans certains cas, la justice humaine échoue parfois à l'appliquer ou bien l'applique à tort, car les humains sont "injustes, malavisés, cruels, égoïstes et méchants". Il en résulte que le coupable échappe à sa punition et l'innocent en souffre. Ces injustices ne constituent pas un argument contre la peine de mort, mais souligne la nécessité du Royaume de Dieu.
La Tour de Garde (anglais), 1er mai 1931, p. 138, "The Sabbath" Satan fait croire que les lois données aux Israélites au Sinaï sont toujours en vigueur; par exemple, le clergé cite la peine de mort figurant dans la loi mosaïque en cas de non-respect du sabbat afin que leurs adeptes ne fasse aucun travail ce jour-là.

=> Ainsi, Rutherford reconnaissait que la peine de morte prescrite par la loi mosaïque n'est plus en vigueur.

L'Âge d'Or (anglais), 8 mai 1935, p. 498, "The Day After the Memorial of the Lord's Death" Les lecteurs des publications de Rutherford devraient être "ravis, réconfortés et bénis" d'apprendre que, selon le New York Times du 20 avril 1935, l'Allemagne Nazie allait appliquer la peine de mort aux pacifistes.
La Tour de Garde, 1952, p. 309,351 (non consultée)
Réveillez-vous! (anglais), 8 janvier 1959, p. 4, "Appreciating Human Life" L'article reconnaît que certains délits mineurs ne méritent pas la peine de mort, puis évoque une émission de télévision, commentée dans le New York Times du 27 octobre 1958, qui avait tout fait pour discréditer la peine de mort, ainsi que la position de Wilbur G. Katz, professeur de la University of Law Shool de Chicago, pour qui la peine capitale ne servait à rien, et n'agissait pas comme un moyen de dissuasion, affirmant qu'"il n'y a aucune justification à cette forme de châtiment, que ce soit d'un point de vue scientifique ou théologique". Or, la logique veut que quand un homme prive irrévocablement un autre de sa vie, un tel homme ne devrait pas être autorisé à faire la même chose à toute autre créature humaine, et la seule façon de l'en empêcher est de lui prendre ce qu'il a pris à l'autre, sa vie. De plus, trouver à redire à la peine de mort dans le cas d'un meurtre revient à trouver à redire à Dieu lui-même (Genèse 9:6). En conclusion, il faut trouver le "bon équilibre entre notre justice et l'amour du prochain".
Réveillez-vous! (anglais), 22 mars 1961, pp. 27,28, "Is Capital Punishment Right or Wrong?" L'article reconnaît que la question de la peine de mort fait l'objet d'arguments passionnés destinés à l'interdire. Toutefois, au lieu d'écouter ses sentiments sur ce sujet, il vaut mieux se tourner vers ce qu'en pense le Créateur. Sont donc cités en faveur de la peine de mort les passages de Genèse 9:6; 19:29 et de la loi mosaïque qui sanctionnaient de mort le crime mais aussi d'autres méfaits, dont l'idolâtrie. Bien que Jésus ait mis fin à la loi, il n'a "pas exprimé de désapprobation sur la peine capitale", et l'a même évoquée dans certaines de ses paraboles; de plus, la Bible parle de la mort des méchants comme punition pour leurs péchés. À ceux qui utilisent le 6è des 10 commandements "Tu ne dois pas assassiner" pour décourager la peine de mort, l'auteur fait remarquer que cela s'appliquait aux individus, et non à la nation dans son ensemble. En conclusion, il est dit: "Il n'y a pas de motifs bibliques pour dire qu[e les gouvernements] n'ont pas le droit d'exécuter les personnes coupables de violer la loi divine contre le meurtre" et que "de la Genèse à la Révélation, la Parole de Dieu témoigne de la justice de la peine capitale".
La Tour de Garde, 1964, p. 575 (non consultée)
Réveillez-vous! (anglais), 8 février 1965, pp. 11,12, "Prisons — Are They Really Beneficial?" La loi mosaïque donnée par Dieu prévoyait la peine de mort pour un certain nombres d'offenses. Même si le meurtrier avait réformé son cœur, sa mort était nécessaire pour montrer la valeur de la vie qu'il a ôtée (Exode 21:23). De ce fait, en exécutant les malfaiteurs, la nation d'Israël se portait très bien, et cela sans prison. Aujourd'hui, certains trouvent à redire à cette sentence, mais cette mesure permet de protéger la société des malfaiteurs en les mettant hors de nuire. L'extermination de certains criminels pour le bien de la société a d'ailleurs été reconnue, notamment en Colombie.
La Tour de Garde, 15 novembre 1972, p. 702, "Questions des lecteurs: Comment les témoins considèrent-ils la peine de mort ?" Les "témoins chrétiens de Jéhovah" adhèrent au point de vue biblique selon lequel celui qui enlève une vie humaine doit mourir. Or, en appliquant la peine de mort lors d'un acte que la Bible désigne comme requérant le châtiment capital, les gouvernements humains remplissent leur rôle définit en Romains 13:4. L'article conclut: "Il n'y a aucune raison biblique de dire que les gouvernements sont condamnés pour avoir appliqué la peine de mort aux meurtriers. (...) Cependant, de nombreux gouvernements rejettent aujourd'hui le point de vue de Dieu sur la peine capitale, et cela contribue sans aucun doute à l'accroissement de la criminalité et de la violence."
Réveillez-vous!, 22 novembre 1974, pp. 27,28, "Que dit la Bible? La peine de mort est-elle une loi de Dieu?" Les opposants à la peine de mort sont "influencés par la sentimentalité, peut-être par une certaine presse à sensation", et en viennent ainsi à ignorer la douleur des personnes endeuillées. Or, exemples bibliques à l'appui, il est dit: "On ne peut pas dire que Jéhovah est opposé à la peine de mort proprement dite, bien qu’il n'approuve certainement pas toutes les exécutions capitales". Il a énoncé une "loi immuable sur le meurtre et la peine de mort" (Genèse 9:1,5,6) et a autorisé les autorités humaines à mettre à mort les meurtriers. (Romains 13:1,3,4) Cela décourageait le crime et évitait les récidives. Dans le cas où les autorités exécutent des personnes qui ne le méritaient pas, elles en portent la responsabilité devant Dieu. Mais au final, il est dit: "Nous devons donc en conclure que la peine de mort prévue pour le meurtrier volontaire était incluse dans la loi de Dieu qui concerne tous les hommes."
Réveillez-vous!, 8 mars, 1976, p. 10, "La bataille perdue contre le crime" Un lecteur, à l'origine de l'article, écrit: "Mais si le meurtrier volontaire était promptement exécuté, selon le conseil biblique, je vous assure qu'il y aurait beaucoup moins de meurtres (Nombres 35:30,31)."
Réveillez-vous!, 8 mars 1976, p. 27, "Que dit la Bible? Le caractère sacré de la vie" Que ce soit juste après le déluge tout comme dans la Loi mosaïque, Dieu a révélé combien la vie était précieuse, réclamant la peine de mort en cas de meurtre, et l'autorité établie légalement devait faire appliquer cette sentence. À la question "Est-ce le point de vue chrétien?", la réponse donnée est "oui", les versets de Romains 13:3,4 et d'Actes 25:10,11 étant cités à l'appui de cette réponse affirmative.
Réveillez-vous!, 22 août 1977, p. 12, "Quelle est la solution?" Après avoir reconnu que la peine de mort était appliquée dans l'Israël antique, l'article déplore: "Aujourd'hui encore, si elle était appliquée rapidement et raisonnablement, elle pourrait contribuer à décourager la criminalité, ce qui simplifierait considérablement le problème des prisons. Bien sûr, beaucoup de personnes, qui refusent d'accepter la sagesse de Dieu sur ce sujet, vont crier à la "cruauté". Et pourtant, où leurs méthodes nous ont-elles menés? Une cruauté plus grande encore s'exerce actuellement à l'encontre non des malfaiteurs, mais de leurs victimes."
Réveillez-vous!, 22 novembre 1977, pp. 5-8, "La peine de mort et le respect de la vie" Plusieurs arguments sont développés en faveur de la peine de mort:
  • Caractère précieux de la vie de la victime: Les opposants à la peine de mort se soucient davantage de la vie de l'assassin et veulent appliquer à l'assassin une sanction semblable à celle d'un voleur (en l'occurrence, la prison), réduisant la vie de de la victime à une simple chose. Or, "le prix que nous sommes prêts à payer pour acquérir un objet indique la valeur que nous lui accordons"; de plus la Bible montre que le meurtre appelle dans la sanction un principe d'équivalence (Deutéronome 19:21; Genèse 9:6). L'État qui n'applique pas la peine de mort indique qu'il "mépris[e] la vie humaine".
  • Incohérence des opposants: Les opposants à la peine de mort font preuve d'un "manque de jugement et d'équilibre", car bien souvent, dans le même temps, ils approuvent l'avortement et les guerres, montrant clairement que le "caractère sacré de la vie" n'est pas leur motivation première.
  • État habilité à l'appliquer: Les versets de Romains 13:1,4; 1 Pierre 2:13,14 et Actes 25:11 indiquent que les gouvernements humains sont bibliquement en charge de faire appliquer la justice.
  • Effet dissuasif: Dieu estimait que, dans l'antique Israël, ceux qui auraient connaissance d'un individu mis à mort "l'entendr[aie]nt et aur[aie]nt peur" (Deutéronome 19:16-21; 13:6-11). Or, trop souvent les meurtriers récidivent, et cela a engendré une augmentation des assassinats.
  • Principe divin: Dieu est la source de la vraie sagesse et les humains n'ont pas le droit de mépriser ses principes.
La Tour de Garde, 1er octobre 1990, p. 20, §15, "Le rôle des autorités supérieures" "Dans certains pays, ce châtiment peut aller jusqu'à la peine de mort. De nombreuses nations, par contre, ont aboli la peine de mort, ce qui est également leur droit."
Réveillez-vous!, 8 mars 1996, pp. 22,23, D'après la Bible... Un chrétien peut-il se prononcer en faveur de la peine de mort?" Dieu a énoncé le principe de la peine de mort, par exemple en Genèse 9:6 et Lévitique 18:29, pourvu que celle-ci soit appliquée de façon juste. Or, Romains 13:1-4 indique "le droit que possèdent les gouvernements de punir les criminels, y compris par la mort. Les chrétiens acceptent cette disposition". Toutefois, comme ceux-ci 1/ savent que les gouvernements font parfois un mauvais usage de la peine de mort (exécution de Témoins) et 2/ doivent se tenir séparés du monde (Jean 15:19; 17:16) à l'exemple de Jésus, ils "ne se prononceront pas en faveur de la peine capitale ni ne demanderont son abolition".
La Tour de Garde, 15 juin 1997, pp. 30,31, "Questions des lecteurs: Que dit la Bible sur la peine capitale, c'est-à-dire la peine de mort?" Le périodique dit que, "pour dire les choses comme elles sont, dans sa Parole écrite Dieu ne présente pas la peine de mort comme quelque chose de mauvais", et cite à cet égard Genèse 9:5,6 et Nombres 15:30. À la question: "Les gouvernements sont[-ils] autorisés à aller jusqu'à prendre la vie des individus coupables de graves méfaits?", la réponse est: "C'est effectivement la conclusion à laquelle nous amène 1 Pierre 4:15", et aussi Actes chapitre 25. Toutefois l'article conclut: "Maintenant, pour ce qui est de savoir si tel ou tel gouvernement de ce monde doit ou non exercer son droit d'exécuter les meurtriers, les vrais chrétiens se gardent bien de prendre parti sur cette question controversée. Contrairement aux ecclésiastiques de la chrétienté, ils restent à l'écart de tout débat sur le sujet."

Références

  1. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 8 janvier 1930, p. 236, "Chile's New Penal Code"
  2. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 30 avril 1930, p. 493, "Few Murderers Pay Death Penalty"
  3. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 30 septembre 1931, p. 840, "Italy Restores the Death Penalty"
  4. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 12 février 1936, p. 299, "Murderers Must Pay for Meals":
    "La peine de mort pour les meurtriers est une disposition divine qui est ignorée dans l'État du Michigan."
  5. Arrowup.png Réveillez-vous! (anglais), 8 mai 1961, p. 29, "Capital Punishment"
  6. Arrowup.png Réveillez-vous! (anglais), 22 décembre 1964, p. 30, "Death Penalty for Eight"
  7. Arrowup.png Réveillez-vous! (anglais), 22 mai 1969, p. 30, "Death-Penalty Test"
  8. Arrowup.png Réveillez-vous! (anglais), 22 novembre 1969, p. 30, "Return of Death Penalty"
  9. Arrowup.png Chryssides, George D. (20-23 juin 2002) (anglais), "New Light, Conscience and Jehovah’s Witnesses", conférence 'Minority Religions, Social Change and Freedom of Conscience', Salt Lake City et Provo, CESNUR. Consulté le 7 juillet 2012
  10. Arrowup.png The Associated Press (16 décembre 2003) (anglais), "Prosecutor to seek death penalty in Orange City family slayings", jacksonville.com. Consulté le 7 juillet 2012:
    "Eugenio Muriel, a Jehovah's Witnesses elder who found the bodies when he arrived at the house for Bible study, said he was satisfied with the prosecutor's decision Monday to seek the death penalty. "That's what justice is all about," he said. "When somebody fails to live up to society (and) follow the law ... then you should pay according to justice.""
  11. Arrowup.png La Tour de Garde, 1er août 1970, p. 478, "Questions de lecteurs"