Personnalité de Russell

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La personnalité de Charles Taze Russell a été présentée de façon très diverse suivant l'identité des personnes qui émettaient leur jugement: en effet, tandis que la Société Watch Tower et les différents mouvements issus des Étudiants de la Bible présentent Russell comme étant un homme quasi-parfait dont le portrait s'apparente beaucoup à un saint, les adversaires religieux de Russell ainsi que les critiques les plus virulents des Témoins de Jéhovah l'ont fréquemment présenté comme un homme vil, menteur et infidèle; enfin, les sociologues ou historiens reconnaissent globalement sa bonne foi et son honnêteté sans pour autant l'absoudre de tout comportement fautif.

Partisans

La Société Watch Tower, tout comme les autres groupes issus de l’enseignement de Russell, a eu tendance, à produire un véritable panégyrique au sujet du pasteur, surtout du vivant de son fondateur. De même, selon le Mouvement missionnaire intérieur laïque, Russell "manifesta avec beaucoup de sensibilité un esprit fortement religieux", faisant preuve de "modestie" et d'"humilité", précisant que "la presse publique et de nombreux chrétiens reconnaissent maintenant que le Pasteur Russell était un érudit capable en matière biblique, et un exégète sérieux s'appuyant rigoureusement sur les Saintes Écritures. Ses ouvrages sont de plus en plus redemandés".[1]

Adversaires et critiques

Dans son ouvrage Les Témoins de Jéhovah. Essai critique d'histoire et de doctrine, le catholique Gérard Hébert présenta systématiquement Russell comme un homme méchant, ce que l'historien Timothy White lui reprocha dans la mesure où il n'offrait qu'une version des faits sans présenter la défense de Russell.[2]

Actuellement, les auteurs chrétiens qui luttent contre les sectes présentent presque systématiquement Russell comme un individu peu scrupuleux, utilisant souvent de façon caricaturale les controverses habituelles relatives au pasteur. Par exemple, en 2007, Robert E. Herndon Sr dit que Russell connut des scandales tout comme Joseph Smith, le fondateur des mormons, et que dans ses procès il se parjura (ce qui n’est pas exact).[3] En 2011, l'auteur Steven H. Propp écrivit que "Russell était un personnage étrange et même un peu louche".[4] L’auteure Barbara Grizzuti Harrison présente Russell comme un homme misogyne qui refusait les courtoisies minimales à sa femme, manifestant un certain dédain, et fait preuve d’un certain racisme.[5] Ces affirmations sont nettement exagérées, comme l’a reconnu l’historien James Penton.

Sociologues et historiens

L'historien James Penton estima que, dans le cas de ses différents procès et notamment ses tribulations maritales, son procès dans le cadre du blé miraculeux et celui dans lequel il fut accusé de parjure, que Russell était "fondamentalement honnête même quand il était profondément dans l'erreur. En fait, sa vie personnelle fut généralement exempte de défaut. De plus, il fut généralement un homme attrayant, plein de bonté, qui était complètement dévoué à son intendance qu'il pensait être la sienne. Mais il ne fait aucun doute qu'il avait un trait de fierté arrogante et qu'il était parfois candide au point de naïveté. Dans une relation majeure — son mariage — il manqua de sensibilité et d'affection normale. (...) Mais en dépit de ces réelles imperfections, en le comparant avec les autres dirigeants religieux des XVIIIe et XIXe siècles (...), la personnalité de Russell réussit plutôt bien."[6]

L’historien Bernard Blandre présente Russell comme un "mystique" et un "chef religieux charismatique" au "caractère complexe" et à l’"extraordinaire dynamisme" capable de s’illustrer avec succès dans un grand nombre de domaines: affaires commerciales, écriture d’ouvrages, art oratoire, etc. Il affirme qu’"il est difficile de douter de mettre en doute la sincérité de sa démarche religieuse: sa recherche de la vérité pendant l’adolescence puis son acharnement à la divulguer attestent l’authenticité de sa motivation". Il justifie les péripéties judiciaires du pasteur telles que l’affaire relative au blé miraculeux par sa crédulité et récuse toute malhonnêteté de sa part. Concernant son caractère, il dit qu’il conjuguait "intransigeance" et "amabilité" ; l’intransigeance se manifestait par "des comportements radicaux", notamment des prises de position fermes contre ceux qu’il jugeait infidèles (Nelson Barbour, Albert Jones, les églises de la chrétienté, etc.) mais savait aussi faire preuve de "diplomatie en acceptant de publier des opinions qu’il ne partageait pas". L’historien ajoute également: "Ceux qui l’ont connu ont évoqué sa conversation agréable. Mais il critiquait aussi vertement les Églises, poussait ses contradicteurs au schisme et sa femme au divorce".[7][8] Alan Rogerson dit que les ennemis de Russell le critiquait notamment pour son égotisme, ajoutant: Russell se comparait aussi à une "combinaison de serrure du temps" ("Combination Timelock") qui ouvre les secrets divins - seulement en son temps et par lui-même; et il a fait référence à ses écrits comme la lumière divinement fournie sur la parole de Dieu. Nous sommes donc obligés de conclure que Russell n'a pas été personnellement prétentieux mais les prétentions sincères qu'il a faites au sujet de ses convictions étaient tout sauf modeste".[9]

Le sociologue Herbert Stroup écrivit au sujet de Russell: "Son charme naturel, son apparente ouverture d'esprit, son dévouement à la Bible, ses prétentions extrêmes, tout lui a valu des dévots dans les premières années. Russell était toujours prêt à rencontrer les gens et à parler avec eux. Lors de ses tournées de conférences interminables du pays il a volontairement posé pour les photographes, et donc a laissé derrière lui un groupe de photographies qui datent les différentes étapes de sa vie et sa carrière. Il était un homme plutôt petit, mince et saint en apparence. Son comportement, selon tous les rapports disponibles, était ascétique. Plus tard dans sa vie, ses longs cheveux blancs lui donnèrent l'apparence d'un patriarche moderne. Dans le discours, à la fois public et privé, son style professionnalisé le marqua comme un "spell-binder"."[10] Pour sa part, le sociologue Massimo Introvigne considéra que Russell, tout comme ses deux successeurs à la tête de la Watch Tower, avait un "caractère très autoritaire",[11] ce qui d'ailleurs avait fait l'objet de critiques de la part d'adeptes lors du schisme de 1894.

Références

  1. Arrowup.png Chevalier, J.; Roussell, H.; Lefèvre J.; Riegler, E. (1922), "Redressement Nécessaire", Mouvement missionnaire intérieur laïque. Consulté le 9 juin 2013
  2. Arrowup.png Will, Tony (2006, 2e éd.) (anglais), A People for His Name: A History of Jehovah's Witnesses and an Evaluation, Morrisville: Lulu Enterprises, p. 273 (ISBN 978-1-4303-0100-4)
  3. Arrowup.png Herndon Sr, Robert E. (2007) (anglais), Shadow Forces, Xulon Press, p. 213 (ISBN 978-1-6003-4970-6)
  4. Arrowup.png Propp, Steven H. (2011) (anglais), Another Jesus, a Different Spirit, a Different Gospel: A Novel About Christian Sects, Universe, p. 249 (ISBN 978-1-4620-5992-8)
  5. Arrowup.png Harrison, Barbara Grizzuti (1978) (anglais), Visions of Glory: A History and a Memory of Jehovah's Witnesses, New York: Simon and Schuster, pp. 63-64, 73-74, 81, 255 (ISBN 0-671-25101-5)
  6. Arrowup.png Penton, James M. (1997, 2e éd.) (anglais), Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, Toronto: University of Toronto Press, pp. 43,44 (ISBN 0-8020-7973-3)
  7. Arrowup.png Blandre, Bernard (1991), Les Témoins de Jéhovah, Belgique : Brepols, pp. 14-15 (ISBN 2-503-50063-3)
  8. Arrowup.png Blandre, Bernard (1987), [[Les Témoins de Jéhovah, un siècle d’histoire, Paris: Desclée de Brouwer, pp. 21-23 (ISBN 2-2200-2640-4)
  9. Arrowup.png Rogerson, Alan (1969) (anglais), Millions Now Living Will Never Die, Londres: Constable, p. 11 (ISBN 0094559406)
  10. Arrowup.png Stroup, Herbert H. (1945) (anglais), The Jehovah's Witnesses, Columbia University Press, p. 7, cité dans Rogerson, Alan (1969) (anglais), Millions Now Living Will Never Die, Londres: Constable, P. 15 (ISBN 0094559406)
  11. Arrowup.png Introvigne, Massimo (1990), Les Témoins de Jéhovah, Les Éditions Fides, p. 53 (ISBN 2-2040-4099-1)