Sang

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Définition et données médicales

  • sang n. m. 1. PHYSIOL et cour. Liquide rouge, visqueux, qui circule dans tout l’organisme par un système de vaisseaux et y remplit de multiples fonctions essentielles (nutritive, respiratoire, excrétoire, immunisante, etc.).

Le sang, rouge chez l’homme et les vertébrés, diversement coloré chez les autres animaux, circule dans un système de vaisseaux et se distribue à tous les organes. L’homme en possède 4 à 5 l, soit 7 à 9 % du poids du corps. Le sang assure les fonctions: de respiration; de nutrition: il apporte aux cellules les substances nutritives absorbées par l’intestin au terme de la digestion ou élaborées par l’organisme lui-même; d’excrétion: il entraîne les déchets du métabolisme cellulaire jusqu’aux organes excréteurs (rein, peau, notamment); de protection et de défense: il contient de nombreuses cellules qui interviennent dans la lutte contre les infections et dans les réactions immunologiques; de corrélation humorale: il transporte, notamment, les hormones et les enzymes; de régulation de l’équilibre hydrominéral (eau et électrolytes) et chimique (acide-base); de régulation de la pression (dite couramment «tension») artérielle. D’un point de vue pathologique, le sang peut véhiculer de nombreux agents pathogènes: infectieux, parasitaires, toxiques.

Le sang est composé de plasma et d’éléments figurés (en suspension dans le plasma). I. Le plasma est la partie liquide du sang (env. 55 % du volume total). Il contient: 1. des éléments nutritifs: sels minéraux, protéines (albumine et globulines), lipides, glucose; 2. des substances issues du catabolisme: urée, acide urique; 3. la prothrombine et le fibrinogène; 4. des enzymes et des hormones. Le pH normal du sang est 7,4; le maintien de ce taux est assuré par l’élimination (pulmonaire) du dioxyde de carbone (CO2) et par l’excrétion rénale; sa perturbation a des conséquences pathologiques très graves. II. Les éléments figurés se divisent en 3 grands groupes: les hématies, dites aussi érythrocytes ou globules rouges (4,5 à 5 millions par mm³ de sang); les leucocytes, ou globules blancs; les thrombocytes, ou plaquettes. 1. Les hématies (4,5 à 5 millions par mm³ de sang) sont des disques biconcaves dépourvus de noyau; leur volume est en moyenne de 90 µm³; elles contiennent l’hémoglobine, qui donne sa couleur rouge au sang; leur durée de vie est de 120 jours dans l’espèce humaine. 2. Les leucocytes (5000 à 8000 par mm³ de sang) se répartissent en deux grands groupes, suivant la forme de leur noyau: les mononucléaires et les polynucléaires. a) Les mononucléaires comprennent notamment les lymphocytes, présents également dans la lymphe vasculaire; les lymphocytes (lymphocytes «mémoire» à la vie extrêmement longue: plusieurs années, contrairement aux autres globules blancs, dont la vie est de quelques heures) ont une importante fonction immunologique: les lymphocytes B participent à l’immunité humorale et les lymphocytes T à l’immunité tissulaire. Autres mononucléaires, les monocytes (parmi lesquels on trouve les macrophages) ont une fonction phagocytaire. b) Les polynucléaires, ou granulocytes, ont un noyau muni de plusieurs lobes; selon leurs granulations protoplasmiques, on distingue les neutrophiles, les basophiles et les éosinophiles; capables de traverser les espaces intercellulaires, ils s’attaquent aux germes pathogènes. V. leucocyte. 3. Les thrombocytes (200000 à 400000 par mm³ de sang), petits éléments anucléés de 2 à 4 micromètres de diamètre, sont des facteurs d’hémostase. V. immunologie. La moelle osseuse produit la plupart des éléments sanguins.

La moelle osseuse produit la plupart des éléments sanguins. Les hématies ont pour précurseurs les érythroblastes, cellules qui perdent leur noyau et dont le cytoplasme se charge d’hémoglobine. Parmi les leucocytes, les polynucléaires sont issus des myéloblastes, dont le cytoplasme se charge de granulations spécifiques, alors que le noyau se segmente; les monocytes et les myéloblastes ont une souche commune. Les plaquettes naissent de cellules très volumineuses au noyau muni de plusieurs lobes; elles se détachent du bord du cytoplasme (par une sorte de desquamation). Les lymphocytes (leucocytes mononucléaires) constituent un cas particulier: on considérait qu’ils étaient sécrétés par des ganglions et des formations lymphoïdes de la rate; en fait, ils proviendraient en partie de la moelle et du thymus.

Les hématies de tout individu sont porteuses d’antigènes héréditaires. Chaque individu a, dans ses hématies, soit des antigènes A, soit des antigènes B, soit à la fois des antigènes A et B, soit aucun antigène. En outre, il possède dans son plasma un anticorps (dit agglutinine) qui détruit les antigènes qu’il ne possède pas. Ainsi, un individu porteur de l’antigène A, uniquement, et donc de l’agglutinine anti-B, individu qui appartient donc au groupe A, ne peut recevoir du sang du groupe B; une telle transfusion entraînerait l’hémolyse. Toutes ces données définissent le système ABO. Le système ABO détermine les modalités de transfusion d’un individu (donc d’un groupe) à un autre; les antigènes étant héréditaires, la détermination de la non-paternité repose sur ces données. La proportion des groupes, au sein d’une population donnée, varie extrêmement suivant les ethnies. V. greffe et histocompatibilité.

Les hématies contiennent de nombreux antigènes autres que les antigènes A ou B, de sorte que d’autres systèmes que le système ABO existent, notamment le système Rhésus. 85 % des Blancs possèdent l’antigène Rhésus; de tels individus sont dits rhésus positif (Rh+). Les autres, dits Rh-, développent un anticorps Rh+ si du sang Rh+ leur est administré; aussi des transfusions ultérieures de sang Rh+ auraient-elles de graves conséquences. Une telle incompatibilité est à l’origine de la maladie hémolytique du nouveau-né qui se produit lorsque la mère est Rh- alors que le père et le fœtus sont Rh+; les dépistages actuels rendent rarissime cet accident.

Les leucocytes et plaquettes sont porteurs de mêmes facteurs de groupe que les hématies; en outre, ils sont porteurs des antigènes tissulaires, déterminants pour le choix des donneurs de greffons dans le cas de greffes d’organes ou de moelle osseuse. V. greffe, histocompatibilité, HL-A, immunité.

L’hématologie est la science biologico-médicale qui étudie le sang et traite ses maladies. La pathologie sanguine consiste en une altération quantitative et qualitative des éléments figurés. 1. Diminution du nombre des hématies (anémie), des leucocytes (leucopénie, dont la forme la plus courante est l’agranulocytose), des plaquettes. 2. Augmentation du nombre des hématies (polyglobulie), des leucocytes (leucocytose, bénigne, et leucémie). 3. Maladies ganglionnaires, telles que la maladie de Hodgkin (ou lymphogranulomatose). 4. Maladies hémorragiques (hémophilie, par ex.). © Hachette Livre, 1997

Le sang et la Bible

les fondements de la doctrine des Témoins de Jéhovah

La Bible évoque le sang à de très nombreuses reprises.

Citons particulièrement :

  • L'avertissement donné à Noé : ne pas verser le sang de l'homme - Genèse 9:5-6
  • La limitation de l'usage du sang imposée par la Loi mosaïque - Lévitique 17:14
  • L'interdiction de l'usage du sang donnée à l'époque apostolique - Actes 15:28-29

Ces versets notables fondent la position des Témoins de Jéhovah qui prescrit un rejet total de l'usage du sang total ou de l'un de ses principaux constituants : le plasma, les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes. Par contre l'usage des fractions des constituants sanguins est laissé à l'appréciation de la conscience individuelle - w15/6/04 23,24

Une autre vision de la Bible

  • La Bible ne répond pas à ces questions. Elle précise juste que nous ne devons pas :
    • « manger la viande qui contient encore la vie » Genèse IX, 4 ;
    • « manger ni viandes provenant de sacrifices offerts aux idoles, ni sang, ni chair d’animaux étranglés » Acte XXI, 25.
  • Par contre la Bible explique
    • l’origine de la vie temporelle : « C’est dans le sang que réside la vie » Lévitique XVII, 11
    • mais aussi spirituelle selon Jean VI, 54 : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang possède la vie éternelle et je le relèverai de la mort au dernier jour ».
  • Or, d’une manière ou d’une autre, une transfusion n’est pas un apport alimentaire, ne correspond à un sacrifice animal ! C’est un homme qui offre son sang à un autre homme et de son vivant de surcroît : il n’y a pas mort l’hommes pour une transfusion!
  • La Bible, à aucun moment, n’interdit cette pratique (et pourtant, des interdits y sont légions). Selon la nouvelle alliance : « Je vous laisse un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Il faut que vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés. » Jean XIII, 34 ; le Christ nous a donné l'exemple à suivre : donner notre vie pour autrui, et comme le sang est la vie, rien ne s’oppose au don du sang !

L'interdiction de l'usage du sang est-elle véritablement permanente et absolue ?

La question doit nécessairement être posée dans le cadre d'une mise en perspective de la directive donnée par les apôtres et les anciens de Jérusalem en Actes 15:28-29. Avançons tout d'abord que la nécessité de reformuler une interdiction concernant le sang devant la congrégation chrétienne est une preuve implicite que les interdictions antérieures (Noé, Moïse) sont devenues caduques et inapplicables sur les disciples. Mais l'interdiction donnée dans le livre des Actes a t'elle une portée universelle et plus durable ?

Reprenant le contexte historique du décret apostolique, voici ce que précise l'édition de la Tour de Garde du 15 juin 2004 p.20 :

Les non-Juifs désireux de recevoir les bienfaits rattachés au sang de Christ devaient-ils se faire circoncire, comme s’ils étaient toujours sous la Loi ? En 49 de notre ère, le collège central chrétien a examiné la question (Actes, chapitre 15). Avec l’aide de l’esprit de Dieu, les apôtres et les anciens sont parvenus à la conclusion que l’obligation d’être circoncis avait pris fin en même temps que la Loi. Néanmoins, les chrétiens devaient toujours respecter certaines exigences divines. Dans une lettre adressée aux congrégations, le collège central a écrit : “ L’esprit saint et nous-mêmes avons jugé bon de ne pas vous ajouter d’autre fardeau, si ce n’est ces choses-ci qui sont nécessaires : vous abstenir des choses qui ont été sacrifiées aux idoles, et du sang, et de ce qui est étouffé, et de la fornication. Si vous vous gardez soigneusement de ces choses, vous prospérerez. - Actes 15:28, 29. (w04 15/6 p. 20 § 6).


L’apôtre Paul qui a largement contribué à la diffusion de cette décision auprès des congrégations (Ac 16:1, 2) écrivit plus tard aux disciples de Corinthe :

(1 Corinthiens 8:1-13) Or, en ce qui concerne les aliments offerts aux idoles : nous savons que tous nous avons la connaissance. La connaissance gonfle, mais l’amour bâtit. 2 Si quelqu’un pense avoir appris quelque chose, il ne sait pas encore [cela] comme il devrait [le] savoir. 3 Mais si quelqu’un aime Dieu, celui-là est connu de lui. 4 Or, pour ce qui est de manger des aliments offerts aux idoles, nous savons qu’une idole n’est rien dans le monde et qu’il n’y a de Dieu qu’un seul. 5 Car, bien qu’il y ait ceux qu’on appelle “ dieux ”, soit au ciel, soit sur la terre, tout comme il y a beaucoup de “ dieux ” et beaucoup de “ seigneurs ”, 6 pour nous il y a réellement un seul Dieu le Père, de qui toutes choses sont, et nous pour lui ; et il y a un seul Seigneur, Jésus Christ, par l’intermédiaire de qui toutes choses sont, et nous par son intermédiaire. 7 Toutefois, cette connaissance n’est pas en tous ; mais quelques-uns, habitués jusqu’à maintenant à l’idole, mangent un aliment comme quelque chose qui a été sacrifié à une idole, et leur conscience, qui est faible, est souillée. 8 Mais un aliment ne nous recommandera pas à Dieu ; si nous ne mangeons pas, nous ne manquons de rien, et si nous mangeons, nous n’avons aucun mérite. 9 Mais prenez toujours garde que ce droit que vous avez ne devienne d’une manière ou d’une autre pour ceux qui sont faibles un obstacle qui fait trébucher. 10 Car si quelqu’un te voit, toi qui as de la connaissance, étendu devant un repas dans le temple d’une idole, est-ce que la conscience de celui-là qui est faible ne sera pas bâtie au point de manger des aliments offerts aux idoles ? 11 Ainsi, par ta connaissance, l’homme qui est faible est en train de se perdre, [ton] frère pour qui Christ est mort. 12 Mais lorsque vous péchez de cette façon contre vos frères et que vous blessez leur conscience qui est faible, vous péchez contre Christ. 13 C’est pourquoi, si un aliment fait trébucher mon frère, non, jamais plus je ne mangerai de viande, pour ne pas faire trébucher mon frère.

Ce texte biblique est daté selon la chronologie jéhoviste de 55 de notre ère, soient 6 années après le décret précité.

Vous semble t’il cohérent et logique que Paul s’interroge encore sur les choses sacrifiées aux idoles ?

Si le décret qui statue sur les choses sacrifiées aux idoles et le sang était véritablement absolu, pourquoi remettre le couvert et invoquer la conscience individuelle ?

N’aurait-il pas été si simple de faire une simple référence au décret autoritaire et de clore le débat ?

Si le décret apostolique n’avait plus de force et d’intérêt normatif à l'époque de Paul, pour quelle raison faudrait-il lui donner à notre époque une dimension législative qu’il n’a probablement jamais eu ?

S’abstenir des choses sacrifiées aux idoles, ou du sang, étaient-elles des choses absolument nécessaires ?


Pourquoi le sang est-il dangereux ?

Le refus des transfusions sanguines par les Témoins de Jéhovah est purement doctrinal.

Pourtant les dangers médicaux de l'usage du sang sont régulièrement dénoncés par l'organisation : incompatibilité transfusionnelle et risques infectieux.

Mais il est du devoir de l'encyclopédie de rapporter un risque encore plus sournois. Le voici rapporté par un extrait d'article de la Tour de Garde du 15 janvier 1962 (p.25 §16) :

« ...Les commentaires bibliques de Soncino (édités par la Jewish Publication Society) portent, au sujet de l’expression : "afin que tu sois heureux", une note qui dit :"Ibn Esdras pense que la consommation du sang a un effet corrupteur sur la nature morale et la nature physique et transmet une tare héréditaire aux générations futures". Voilà une remarque intéressante, qui peut aussi s’appliquer à la transfusion sanguine, comme cela est attesté par des médecins. Par exemple, dans son livre Who is Your Doctor and Why ? (Qui est votre médecin et pourquoi ?), le docteur Alonzo Jay Shadman déclare : "Le sang d’une personne est en fait la personne elle-même. Il renferme tous les traits distinctifs de l’individu qui en est le donneur. Cela comprend les tares héréditaires, les prédispositions aux maladies, les poisons imputables à ses habitudes particulières de manger, de boire et de vivre...Les poisons qui poussent au suicide, au meurtre, au vol, sont dans le sang". C’est ce que confirme aussi Américo Valério, médecin brésilien et chirurgien depuis plus de quarante ans. Voici ce qu déclare ce praticien : "L’aliénation mentale, les perversions sexuelles, le refoulement, les complexes d’infériorité, les délits simples, tout cela forme souvent le cortège de la transfusion sanguine". Pourtant, ainsi que l’admet la presse, les organismes ayant un stock de sang déclaré sans danger, vont collecter du sang chez les criminels qui possèdent ces traits caractéristiques. Est-il besoin de dire qu’aucun de ceux qui veulent renoncer aux œuvres de la chair et employer leur vie selon la manière prescrite par la Parole de Dieu n’est disposé à se préparer un pareil avenir ? »

Selon la Tour de Garde, il vaut mieux refuser les transfusions sanguines, ou tout le moins s'assurer de l'origine du sang reçu, sinon c'est un aller simple vers la prison ou l'asile d'aliénés.