Science chrétienne

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Mary Baker Eddy, fondatrice de la Science chrétienne

La Science chrétienne (en anglais: Christian Science), également connue sous le nom d'Église du Christ, Scientiste est une église chrétienne fondée en 1879 à Boston par Mary Baker Eddy. Celle-ci affirme avoir redécouvert en 1866, à l'occasion d'un grave problème de santé, les principes de guérison qui permettaient au Christ de guérir, et selon elle, ces principes pouvaient toujours être expérimentés aujourd'hui. Elle écrivit en 1875 l'ouvrage Science et santé avec la clef des Écritures sur lequel repose, en partie avec la Bible qu'il est censé expliquer, la doctrine de la religion qu'elle a établie. Un examen de cette église révèle quelques similitudes avec le mouvement des Étudiants de la Bible/Témoins de Jéhovah, permettant de mettre en perspective et ainsi de relativiser les revendications de ces derniers de constituer une organisation unique. De plus, la Science chrétienne a fait l'objet d'un très grand nombre d'articles dans la littérature des Étudiants de la Bible des premières décennies, ce qui permet non seulement de souligner l'évolution de la Société Watch Tower au fil des décennies dans sa critique des religions, mais aussi de constater les limites des reproches adressés qui, souvent, peuvent tout aussi bien s'appliquer à la Watch Tower.

Ressemblances et différences

Fondée par Mary Baker Eddy, cette église est née aux États-Unis en 1879, c'est-à-dire sensiblement au même moment et dans le même contexte que les Étudiants de la Bible. Elle a pour emblème le même symbole que celui des Étudiants de la Bible de l'époque de Russell, à savoir la croix et la couronne. Toutefois, si la Science chrétienne est très connue dans son pays d'origine, elle n'a toutefois pas réussi à se développer dans le monde entier de façon aussi spectaculaire que les Témoins de Jéhovah, son audience se limitant à environ 400 000 membres actuellement. Elle possède une abondante littérature qui n'atteint cependant pas la masse de celle produite par la Watch Tower, même si certains de ses médias grand public sont très connus et appréciés (par exemple, le journal The Christian Science Monitor, qui se vit décerner le prix Pulitzer à sept reprises).[1]

Tout comme les Témoins, la Science chrétienne a fait l'objet de vives controverses à cause des risques que sa doctrine guérisseuse peut faire courir à ses adeptes, pouvant conduire au rejet des soins médicaux, ce qui amène de nombreux critiques à associer les deux mouvements sur cette question.[2]

En effet, la Science chrétienne enseigne que la maladie est une illusion, et préconise la guérison par la foi seule, ce qui a conduit à des décès, notamment d'enfants. En effet, les bons fidèles sont censés "supprimer tous les traitements chirurgicaux ou médicaux quelconques que la science a inventés" et "ne doivent pas non plus apprendre un mot de pharmacie ou d'hygiène",[3] rejetant en particulier les médicaments, même si dans les faits, cette église a fait de nombreuses concessions dans ce domaine pour se conformer aux lois du pays; de plus, le recours à la médecine n'engendre pas de sanction (contrairement à l'acceptation d'une transfusion qui rend l'adepte passible d'exclusion chez les Témoins). Concrètement, un premier procès contre une praticienne scientiste chrétienne eut lieu aux États-Unis en 1888 lorsqu'elle laissa mourir sa fille d'une hémorragie.[4] En 1988, le procès retentissant Commonwealth v. Twitchell condamna pour homicide involontaire des parents adeptes qui laissèrent mourir leur enfant de deux ans, atteint d'une péritonite.[5] L'association Children's Healthcare Is a Legal Duty présente la biographie de sept enfants de scientistes chrétiens décédés aux États-Unis, faute de soins médicaux.[6] L'auteur Caroline Fraser estime que "le refus de nombreux parents scientistes chrétiens de demander l'aide de médecins pour leurs enfants gravement malades a provoqué de nombreuses morts douloureuses et inutiles et à un nombre croissant d'actions en justice devenues onéreuses pour l'Église et ses membres".[7]

Mary Baker Eddy eut également de nombreux points communs avec Charles Taze Russell dans sa personnalité et son parcours de vie. Elle vécut une enfance marquée par une éducation religieuse très rigide dans le calvinisme, tout en ayant un vif intérêt pour les questions spirituelles; toutefois, elle remit en cause des dogmes de sa religion, notamment la prédestination et, expérimentant toutes sortes de difficultés, fit la découverte d'un système de guérison qui devint une nouvelle voie religieuse. Or, sous bien des aspects, la jeunesse de Russell témoigne d'un cheminement religieux similaire. De plus, le psychologue Jean-Claude Maes, qui se base sur l'ouvrage La guérison par l'esprit, estime qu'elle regroupait plusieurs critères qui permettent de l'identifier comme un "gourou" ayant imposé ses idées: une tendance à la monomanie, l'existence d'une biographie officielle valorisante et d'une autre, officieuse, qui la présente sous un jour moins favorable, une séparation de l'intérieur et de l’extérieur (ceux qui sont pour ou contre elle), une propagande intense pour faire connaître ses idées, la mise en place progressive d'une structure pyramidale, une critique de ceux qui l'ont abandonnée, etc.[8] Tout ceci n'est pas sans rappeler Russell.

Église mère de la Science chrétienne, à Boston, Massachusetts

De plus, tout comme chez les Témoins où le pouvoir est centralisé, la Science chrétienne est dirigé au niveau mondial par l'Église mère de Boston, et son influence concerne tous les aspects de l'existence. Selon la sociologue Anne-Cécile Bégot, l'affiliation à ce mouvement a un caractère exclusif: dans toute sa vie, le fidèle doit constamment se référer aux enseignements de son église. Ces enseignements sont "incontournables", "imprescriptibles", et "personne ne peut les modifier mais surtout personne ne peut les contester ou les critiquer". Les réunions ne constituent pas des débats publics; "les églises locales n'ont aucune autonomie en matière doctrinale" et "la cérémonie dominicale ne laisse place à aucune improvisation", tout étant prévu par la direction de Boston.[9] Toutefois, de nombreuses religions fonctionnent sur un tel mode d'organisation, et cela ne constitue pas en soi un indice de sectarisme, pour autant que la direction d'un mouvement ne soit pas particulièrement coercitive sur l'adepte (par exemple, en recourant à des sanctions étendues).

L'engagement au sein de la Science chrétienne est moins poussé que chez les Témoins de Jéhovah: il n'y a pas de participation requise au prosélytisme (ce qui explique en partie son déclin), et la communauté est moins forte, et il n'y a pas d'activités prévues en dehors des deux réunions hebdomadaires. Elle ne demande pas à ses adhérents de ne plus fréquenter les non-membres.[1] Par rapport à la Watch Tower, la Science chrétienne a davantage développé une culture qui lui est propre (importants relais médiatiques, bâtiments historiques, librairies) et participe au dialogue avec d'autres religions. Du point de vue sociologique, la Science chrétienne s'apparente davantage à une dénomination qu'à une secte: la soumission à l'autorité et la rupture avec l'environnement sont loin d'être aussi marquées que dans les écrits eddyiques; le mouvement protestataire des premiers temps s'est nettement assagi.[10] Selon le sociologue James A. Beckford, la Science chrétienne est un mouvement de type "individualiste" (à la limite du type "activiste"), caractérisé par un assez haut degré de consensus parmi les membres sur les objectifs du groupe, une faible structure de la direction, un désintérêt pour le côté organisationnel, un faible degré d'activisme collectif, une faible emprise sur les membres, une conception fluide de l'adeptat, de bonnes relations avec les pouvoirs séculiers et la conformité aux valeurs de la société; quant à la Watch Tower, Beckford la classe dans les groupes de type "totalisant", dont les caractéristiques sont presque toutes à l'opposé et typiques des sectes pures et dures.[11]

La Science chrétienne n'est généralement plus contestée socialement (les rapports parlementaires belges et français ne la mentionnent pas), bien que les églises majoritaires la considèrent comme une secte d'un point de vue théologique sur des points doctrinaux parfois similaires aux Témoins: mise en place d'un intermédiaire entre le fidèle et Dieu (le mouvement/un livre), suppression des sacrements, rejet de la Trinité telle qu'elle est traditionnellement comprise, etc.[12][13][14]

Dans les publications

Présentation générale

Si toutes les dénominations du christianisme furent critiquées dans les écrits de Russell, la Science chrétienne fit l'objet d'une dénonciation bien plus récurrente et précise dans les publications des Étudiants de la Bible. Parmi les raisons de cette dénonciation si prononcée figure notamment le fait que la Science chrétienne rejette l'idée d'un monde matériel bien réel, ce qui, pour Russell, contrevenait à Romains 1:20.[15] De plus, cette église, par son rejet de la matière et de la maladie, relativisait voire niait la doctrine de la rançon, ce qui suscitait la colère de Russell, étant donné l'importance qu'il accordait à cette doctrine (qui l'avait séparé de nombre de ses anciens collaborateurs dont Nelson Barbour, Albert Jones et John Paton). En effet, selon Russell, "les scientistes chrétiens répudient tout péché, et, par conséquent, tout rédemption du péché, et donc montrent clairement qu'ils n'ont ni part ni lot avec le Christ ou avec son message ou sa puissance".[16]

En outre, Russell estimait que les guérisons de cette église trouvaient leur origine dans les forces occultes, donc dans le spiritisme. Enfin, la Science chrétienne alors naissante se dispersait rapidement et était selon Russell d'autant plus dangereuse que son nom était trompeur, pouvant induire en erreur les personnes recherchant le vrai christianisme. Une édition spéciale de La Tour de Garde datée du 1er mai 1903 fut consacrée à la Science chrétienne, et dans les années suivantes il était recommandé aux lecteurs de demander gratuitement autant des copies que possible de ce numéro et de les donner à leurs amis.[17][18]

Outre dans La Tour de Garde où il ne se passait pas environ trois mois sans critiques de la Science chrétienne, Russell fit des mentions défavorables de celle-ci dans les volumes 5 et 6 des Études dans les Écritures, lui consacrant même un sous-titre dans La Nouvelle Création.[19] En 1897, la brochure What Say the Scriptures about Spiritualism critiqua également la Science chrétienne.[20] L.W. Jones, un disciple qui compila de façon thématique les réponses de Russell sur des questions bien particulières en se basant notamment sur les rapports de convention, rapporta qu'en 1912, on demanda au pasteur s'il avait été un élève de Mary Baker Eddy, ce qui provoqua des rires, et bien sûr une réponse négative suivie d'applaudissements. En 1908, une question sur les miracles effectués au nom de Jésus fut l'occasion de critiquer la Science chrétienne, et en 1910, à une question de savoir s'il était convenable d'assister à un culte d'une autre confession, Russell déclara: "Je ne pense pas que nous puissions retirer du bien ou même être utile lors d'une réunion de la Science chrétienne".[21] En 1914, le livret du Photo-Drame de la Création (p. 87) présenta une photographie d'une église de la Science chrétienne.

Cette critique se poursuivit sous la présidence de Joseph Rutherford, qui fit republier certains articles dans les Tour de Garde ultérieures. En 1919, il publia un tract intitulé "Christian Science". On trouve également quelques mentions défavorables dans Le Mystère Accompli, publié en 1917, ainsi que dans Justification III où la Science chrétienne est considérée comme l'une des plus subtiles formes de l'adoration satanique,[22] et dans Le chemin du paradis de William Van Amburgh, publié en 1925.[23] Le périodique L'Âge d'Or fit paraître de nombreux articles critiques sur cette religion. Toutefois, au fil du temps, la Science chrétienne fut de moins en moins associée à la théosophie et au spiritisme comme Russell avait l'habitude de le faire, mais désormais mise au même rang que le catholicisme, le protestantisme et le judaïsme. De plus, le périodique commença à citer à plusieurs reprises le journal The Christian Science Monitor.

Dans les années 1950, Réveillez-vous! associa les guérisons de la Science chrétienne à celles dans les lieux saints de l'Église catholique,[24][25][26][27] et d'une manière générale, le flot d'articles critiques se tarit. Dans le même temps, la Science chrétienne fut citée dans le périodique dans le cadre des refus de soins médicaux (en l'occurrence, les Témoins refusaient les transfusions sanguines depuis 1945).[28] Désormais présentée comme un exemple justifiant la tolérance vis-à-vis du refus des transfusions, la Science chrétienne, qui fut longtemps vilipendée dans les publications, devenait donc un alibi pour les propres interdits de l'organisation jéhoviste.

En 1964, Mary Baker Eddy fut le sujet d'un article de sept pages dans La Tour de Garde.[29]

Actuellement, la Science chrétienne ne fait plus l'objet d'une dénonciation particulière dans les publications jéhovistes; si elle est de temps à autre mentionnée (ce qui arrive très rarement), elle n'est plus vilipendée, mais simplement citée afin d'illustrer un point de doctrine — généralement, la négation du mal — qui est réfuté dans la suite de l'article, mais sans exprimer une quelconque condamnation de cette église. Désormais, le mouvement se contente de critiquer globalement "Babylone de Grande", sans mettre en avant une religion en particulier. Par exemple, dans les années 1980, la doctrine de Mary Baker Eddy fut considérée comme une tentative "visant à laver Dieu" de l'accusation de tolérer le mal,[30][31] et l'Église de la Science chrétienne fut présentée comme l'un des "derniers enfants de la Réforme", sans critique: il est simplement dit qu'Eddy "enseigne que le spirituel prévaut sur le physique, et que le péché, la maladie, la mort, ainsi que d’autres maux, sont des illusions qu'il est possible de vaincre grâce à la connaissance de la vérité et en adoptant un état d’esprit optimiste en harmonie avec l'Entendement, c'est-à-dire Dieu".[32]

À noter toutefois que le Mouvement Missionnaire Intérieur Laïque, fidèle aux idées de Russell, continue de critiquer nommément la Science chrétienne.[33]

Courtes mentions

En juillet 1886, un premier article classa la doctrine de la Science chrétienne parmi les dispositifs du Diable dont le but est de nier la rançon du Christ. À partir de ce moment, la dénonciation de la Science chrétienne fut récurrente à un niveau sans doute bien plus élevée que celle d'autres religions. En janvier 1889, une lettre rapporte qu'"une amie très chère" de l'auteur était "en train de se remettre de ce piège terrible de la Science chrétienne, qui avait été sous son pouvoir jusqu'à ce que son cœur et son esprit soient presque détournés du Christ".[34]

Voici quelques mentions de la Science chrétienne dans La Tour de Garde, jusqu'en 1916, sachant que cette liste est incomplète:

Régulièrement classée dans la même catégorie que la théosophie, l'évolution, la haute critique, l'universalisme, la Science chrétienne fut présentée comme un "bel exemple" de théories diverses utilisées par le Diable,[35] une "tromperie", qui a "une identité commune" avec d'autres, à savoir la négation de la rançon,[36] une "peste spirituelle de fausse doctrine, avec une sophistique subtile, [qui] détruit la foi",[37] qui "rejette Jésus comme son racheteur",[38] "qui prend le nom de Dieu et du Christ en vain", utilisant le nom de chrétien comme un "manteau" et "dont les doctrines trompeuses sapent les fondations mêmes du christianisme",[39] qui fait partie des "lueurs phosphorescentes de l'erreur",[40] une "tromperie",[41] un des "mouvements anti-chrétiens"[42] dont les bergers sont des "loups" afin de "dissuader les brebis de toute foi dans l'inspiration des Saintes Écritures",[43] une "vaine philosophie et une science appelée ainsi à tort",[44] dont les praticiens sont "les propres docteurs de Satan",[45] qui "n'a rien de chrétien ni de scientifique", l'une des manifestations du Diable contre lesquelles les chrétiens ont été mis en garde,[46] qui n'est pas la voix mentionnée en Esaïe 30:21,[47] un des "écueils de l'erreur",[48] un "piège",[49] faisant partie des "sectes pernicieuses, reniant le Maître qui les a rachetés", déformant les Écritures, les pervertissant, portant atteinte à leur enseignement, et les remplaçant par des philosophies humaines",[50] étant "en opposition subtile avec le Seigneur et sa Parole de Vérité" qui constitue l'un des "efforts de Satan pour compenser le pouvoir de Dieu",[51] faisant partie des "méthodes de guérison non bibliques",[52] qui "utilise le nom du Christ de manière trompeuse",[53] une attaque de Satan présentée sous forme de découverte scientifique,[54] l'une des formes par lesquelles opèrent "les esprits menteurs et séducteurs",[55] un moyen de Satan pour piéger,[56] une secte guidée par le même esprit que d'autres, Satan,[57] reliée au spiritisme, et "par l'absurdité même de ses revendications, attire les curieux, et par son innocuité apparente et ses "bonnes œuvres", piège ceux qui ne sont pas mis en garde et les ignorants, qui ne connaissent pas "les profondeurs de Satan",[58] une "théorie qui déforme les Écritures",[59] et dans laquelle il faut aider les gens à "empêcher de trébucher",[60] faisant partie de ces "voix fausses" ou "faux bergers",[61] comptant parmi les formes d'"incrédulité subversive",[62] parmi les "faux arguments et sophismes", la plus "subtile" et "soutenue par la puissance de l'adversaire",[63] une "influence satanique pour tromper",[64] un nouveau dispositif utilisé par "les esprits déchus [pour] induire en erreur un grand nombre",[65] un "nouvel évangile",[66] qui nie l'existence de Satan et de ce fait rend les personnes vulnérables à ses tromperies,[67] une "œuvre formidable" destinée à égarer même les élus,[68] l'une des derniers modes de Satan, qui, "sous le couvert de la morale, cherche à détruire à la fois le sens commun et le christianisme parmi les gens du Seigneur",[69] utilisée par le Diable pour "flageller le ministère" et y mettre fin,[70] une "déformation" de notre époque[71] dans laquelle "les chrétiens peuvent y reconnaître l'œuvre des démons",[72] qui "dénatur[e] sans cesse les faits jusqu'à ce que le sens de la vérité sur tous les sujets semble être perverti",[73] une forte illusion qui, avec d'autres, se produisent afin de tester ce qui correspondait alors à la congrégation de Laodicée (Apocalypse 3:14),[74] une "plaie",[75] une "absurdité"[76] qui enivre et intoxique,[77] une vaine philosophie de tradition humaine,[78] qui tord tout, faisant que deux et deux font neuf,[79] une œuvre des ténèbres.[80]

La Tour de Garde relève que Marc 16:15 ne figure pas dans les plus vieux manuscrits grecs, et qu'ainsi la base du système de la Science chrétienne s'effondre.[81] En 1916, il est fait référence à "nos amis scientistes chrétiens", étant précisé que "beaucoup d'entre eux sont des gens très nobles, des gens estimables, à certains égards, et pourtant, à notre avis ils soutiennent certaines doctrines qui ne sont pas des questions de foi, mais de la crédulité", et que cela est aussi valable pour les mormons et les adventistes du septième jour.[82]

Dans L'Âge d'Or, il fut affirmé que les scientistes chrétiens étaient dans "un brouillard qui les empêch[aient] de voir les réalités", [83] que la Science chrétienne était "la secte la plus populaire de la Nouvelle Pensée", "fondée sur une chaîne de faux raisonnements", attirant surtout les femmes car elle fait appel à "[leur] curiosité innée en rapport avec les mystères occultes, [leur] soif secrète pour les pouvoirs illégitimes", persuadant "ses dupes qu'elles posséd[ent] en eux-mêmes des pouvoirs psychiques latents destinés finalement à débarrasser le monde de la maladie",[84] qu'elle a complètement perverti le caractère sain d'une compréhension correcte des Saintes Écritures",[85] et que l'essayer revient à "aller au Diable pour de l'aide".[86]

À partir des années 1950, la Science chrétienne fut citée en exemple dans Réveillez-vous! afin de justifier la tolérance vis-à-vis du refus des transfusions: "Pourquoi faire toute cette agitation quand un Témoin de Jéhovah refuse une transfusion sanguine?", se demande un article, notant que les scientistes chrétiens qui, face aux pires maladies, dénient la preuve des sens, ne sont pourtant "pas ridiculisés dans la presse", et "des moyens de pression ne sont pas employés pour les forcer à recourir à des méthodes de traitement plus réalistes des cancers ou d'autres maladies".[87] De même, dans les années 1960, la Science chrétienne fut mentionnée en lien avec les soins médicaux impliquant des enfants dans le but de défendre les droits des Témoins, disant notamment: "D'autres groupes religieux sont en désaccord avec la pratique médicale depuis des années et personne n'a jamais été très perturbé à ce sujet. S'il est approprié de s'emparer comme étant "négligés" des enfants des Témoins de Jéhovah quand ils sont en désaccord avec un médecin, il doit être tout aussi approprié de s'emparer sans procès des enfants des catholiques romains et des scientistes chrétiens ou de toute autre personne qui ose avoir une opinion différente de n'importe quel médecin";[88] "D'autres groupes, tels que la Science chrétienne, ne croient pas dans le fait d'accepter un traitement médical. Est-ce que les tribunaux sont préparés à déclarer tous ces gens des citoyens de seconde classe et à les placer dans l'asservissement à un médecin?",[89] ou encore: "Là encore, il y avait discrimination; un tribunal respectant les scrupules d'un scientiste chrétien, mais refusant de respecter les scrupules de l'un des témoins de Jéhovah."[90]

Articles de fond

Époque de Russell

Publication Contenu
La Tour de Garde (anglais), juillet 1886, R867, p. 4, "Other Devices" Considérée comme un "piège", la Science chrétienne est présentée comme affirmant que "toute maladie du corps peut et doit être guérie par la puissance de l'esprit, la volonté", que les soins sont accomplis par la puissance de la volonté, et non par la foi en la puissance de Dieu. Dans ce genre de cas, quand le recouvrement de la santé n'arrive pas, le patient est mis en cause avec un manque de la détermination. Sous l'impulsion de Satan, "les soi-disant "scientistes chrétiens" (sans Jésus-Christ), et leurs soi-disant "séances" ne sont qu'une étape dans la direction du spiritisme".
La Tour de Garde (anglais), octobre 1886, R894,895, pp. 5,6, "Christian Science and Mind Cure" L'article dit que certains lecteurs désiraient que le sujet soit réexaminé, affirmant que, contrairement aux guérisseurs de l'esprit, les scientistes chrétiens ne nient pas Dieu et le Christ et reconnaissent leurs mérites dans les soins. L'article affirme à nouveau que les guérisseurs de l'esprit et les scientistes chrétiens fonctionnent sur le même schéma, mais que ces derniers sont plus prudents en s'appelant chrétiens, afin d'être populaires, et en citant la Bible tout en la reliant à leur "science". La fondatrice, Mary Baker Eddy, enseigne sa "science" pour 300 dollars et six leçons de théologie pour 200 dollars: "si le prix est un bon critère pour jauger la valeur de cette "autre évangile" et de son professeur, il est certainement très en avance sur celle de Jésus et les apôtres et leur message". La doctrine de la Science chrétienne enseigne que l'humain est un être immatériel et que la maladie n'est qu'illusion, faisant de cette religion le vrai Sauveur amenant à la perfection. Mary Baker Eddy est présentée comme supérieure à Jésus. Des citations du Christian Science Journal de juillet 1886 sont ensuite reproduites; il en est conclu que la Science chrétienne est "anti-chrétienne — en opposition au Christ, le remplaçant lui et ses paroles par les faux enseignements de cette femme et sa science faussement nommée ainsi, ce qui rend caduques les paroles de Dieu sur le péché, la mort, la rançon, le mode de délivrance du Libérateur", et que Dieu "n'est pas considéré comme un être personnel, mais comme un principe du bien". Il est dit que "la soi-disant "Science chrétienne" est en soi indigne de tant d'attention de notre part", car ce "système est un mélange de très peu de vérité avec beaucoup de théories, et comme un tout, est directement opposée à la vérité".
La Tour de Garde (anglais), juillet 1888, R1048, p. 5, ""Mind Healing" and "Christian Science"" La Science chrétienne est présentée comme étant un système "frauduleux et trompeur", à l'image de son nom. Elle est "carrément anti-chrétienne", "contre le Christ et contre les vérités que le Christ et ses apôtres ont enseignées", niant l'œuvre de Jésus en faveur des humains. Elle cite la Bible de la même manière que le Diable lorsqu'il tenta Jésus, c'est-à-dire en utilisant des citations hors contexte. "Ainsi, ne connaissent pas le sens général des passages cités, trop de gens souvent ne prennent pas le temps de bien examiner le contexte, mais avalent leur théorie en entier, en supposant que leurs enseignants sont honnêtes, et que les passages cités sont correctement appliqués." Alors que la matière est jugée illusoire, l'argent ne l'est pas dans ce culte qui fait payer ses services. Ce mouvement est jugé dangereux parce qu'il ne renie pas la Bible ouvertement, mais en sous-main.
La Tour de Garde (anglais), mai 1891, R1304, pp. 71-76, "A Seasonable Word on Christian Science", W.E. Page + réponse; repris dans La Tour de Garde (anglais), 1er mai 1903, pp. 132-36 W.E. Page déclara avoir souvent été au contact de la Science chrétienne et la considérer comme étant une "mauvaise herbe la plus nocive". En écho à cette lettre, Russell (?) explique qu'il n'est pas difficile de savoir quelle position adopter vis-à-vis des vieilles sectes qui présentent leurs enseignements de façon explicite; en revanche, il convient de démasquer cette "nouvelle forme d'erreur subtile" qu'est la Science chrétienne. Cela est d'autant plus grave que "beaucoup de ses adeptes sont aimables, des gens bien intentionnés, mais ils sont complètement aveuglés par les perversions du système", et il faut donc les "libérer de cette domination du diable" qui les maintient par les "chaînes de l'ignorance et du préjugé". L'auteur estime donc qu'il est nécessaire d'examiner le sujet en profondeur à partir des écrits mêmes du mouvement qu'il nomme "hérésie".

Mary Baker Eddy est accusée, exemples à l'appui, d'utiliser un néo-langage trompeur, ayant "très habilement jeté les bases de son chef-d'œuvre pour ce qui est de jongler avec les mots"; "sûrement n'importe quel enseignement qui doit reposer sur des significations particulières placées sur des "termes d'usage courant" devrait susciter des soupçons", Jésus n'ayant pas procédé ainsi. Puis sont examinées quelques "vérités" qu'Eddy "a perverties":

Elle a redéfini Dieu comme étant un principe, mot qu'elle définit comme "vie, vérité, amour, substance et intelligence", et réduisant ainsi Dieu à la simple somme de qualités des êtres vivants et le détrônant de ses qualités de Créateur. "Ceux qui sont induits en erreur par ces enseignements sont rapidement embrumés de telle sorte qu'ils soient complètement incapables de discerner entre le traitement honnête des Écritures et cette perversion lamentable."

Ensuite, Eddy a déifié l'homme en tordant le sens du mot "entité" qu'elle redéfinit comme "la nature particulière de l'être, et Dieu, sans l'image et la ressemblance de lui-même, à savoir l'homme, serait néant". Citations à l'appui, Russell estime que "sûrement la fierté et la vantardise ne peuvent supposer davantage que ce qui est revendiqué ici. Aucun des "doux" ne s'arrogerait une telle position et de la vertu à eux-mêmes"; une "telle exaltation de l'homme" constitue une "folie" qui "nécessite une perversion de l'enseignement biblique tout entier". Selon Russell, "pour dissiper les soupçons qui pourraient surgir si ces travaux étaient réalisés trop brusquement, l'approche sa fait très progressivement, et l'erreur est introduite en vertu de hautes prétentions à la spiritualité et à l'enseignement". De ce fait, le récit de Genèse 3:1-5 est redéfinit de façon allégorique, la chute de l'homme étant spiritualisée. Il s'ensuit que l'homme n'aurait pas vraiment besoin de la rançon de Jésus, ni de la résurrection physique, ce qui amènerait de nouvelles redéfinitions de ces termes.

L'article conclut ainsi: "Nous n'hésitons pas à marquer ce système tout entier de la soi-disant Science chrétienne comme une autre forme de spiritualisme mis en avant par le père du mensonge, qui est un menteur dès le commencement. Qu'il y ait un pouvoir, même surhumain, en elle, nous l'admettons, mais nous croyons qu'il est la puissance de Satan, le grand séducteur des hommes, qui sera utilisé uniquement pour la destruction de l'homme".

La Tour de Garde (anglais), 1er août 1892, R1643,1644, pp. 120-22, "Christian Science, Theosophy, etc" "La Science chrétienne est un nom tout à fait impropre, car il est dépourvu d'éléments scientifiques, et se contente d'utiliser le préfixe du nom chrétien afin de détruire et de tromper le peuple de Dieu, car pour eux, le Christ n'était pas un Sauveur, ni un sauveur nécessaire: il était simplement un homme bon, un scientiste chrétien qui comprit imparfaitement la nouvelle science qu'il présenta, mais qui dans ces derniers temps a été perfectionné et entièrement mis en avant par Mme le docteur Eddy de Boston, Massachusetts. Comme exposé par ses diverses écoles, elle enseigne l'immortalité de toutes choses, et a pour devise, pour ainsi dire, l'expression, "tout est vie, la mort n'existe pas!" Ainsi, ils parlent le mensonge de Satan, "Vous ne mourrez point.""
La Tour de Garde (anglais), 15 avril 1895, R1792, p. 92, "View from the Tower" "La Science chrétienne se développe rapidement. L'enseignement des partisans de cette secte non biblique les amène à des positions particulières. À Burlington, en Iowa, les disciples de cette théorie ont demandé que les autorités excusent leurs enfants de fréquenter les cours de physiologie, en soutenant qu'il n'y a pas de telles choses comme un corps matériel: ils ne veulent pas que leurs enfants soient instruits à croire que les poumons, le foie et l'estomac comme existant réellement. De tous les modes stupides que les gens intelligents se sont rendus coupables de prôner, cet engouement de la Science chrétienne semble le plus idiot: son nom même est un terme impropre, car ils nient le Christ. S'ils n'ont pas d'organisme corporel, il semble que c'est un gaspillage aveugle d'argent pour acheter des aliments — ils pourraient mieux utiliser leur argent pour la propagation de leurs doctrines... Sonnez l'alarme!"
La Tour de Garde (anglais), 1er août 1896, R2013, p. 177, ""Mind Healing" and "Christian Science"" La Science chrétienne est présentée comme un système aussi "frauduleux et trompeur que son nom, si l'on admet que quelques âmes honnêtes sont peut-être parmi ses avocats, ayant été trompées et induites en erreur par elle". Il n'y a rien de chrétien dans ce mouvement qui est considéré comme "anti-chrétien", et s'il est vrai qu'il parle du Christ, il le fait au même titre que les spirites qui le considèrent comme une éminent médium. Il dénie la rançon et le péché originel, et ne cite les Écritures qu'afin de "tromper quelques-uns des enfants de la lumière", comme le fit Satan en Matthieu 4. Il diffère de l'assistance mentale pour la guérison, n'étant ni en accord avec la raison ni avec les Écritures. "En fait, nous estimons que les théories de ces scientistes (?) ne peut pas avoir émané d'un cerveau sain". De plus, si la matière n'est qu'illusion selon la Science chrétienne, en revanche l'argent qu'elle demande pour ses prestations est, lui, bien réel. Le but de Satan à travers ce mouvement et d'autres est d'amener au reniement de la rançon, fondement de la foi chrétienne.
La Tour de Garde (anglais), 15 novembre 1898, R2384, p. 332, "The Influences of Evil Passions" "Quand la dernière fois nous avons parlé du sujet de l'influence de l'esprit sur le corps pour la santé ou pour la maladie, certains semblent avoir l'impression que c'était une concession de notre part pour les théories de la soi-disant "Science chrétienne", qui prétend être une "cure de l'esprit" pure et simple. Mais nous répondons non, il n'y a pas la moindre sympathie entre le point de vue que nous venons d'exprimer et la théorie de la "Science chrétienne". Les deux théories sont exactement contraires. La "Science chrétienne" enseigne qu'il n'y a pas de douleur, pas de maladie, pas de souffrance, pas de mort, sinon que les gens les imaginent. Leur système de guérison, c'est que les gens devraient se mentir à eux-mêmes et s'en tenir à ces mensonges jusqu'à ce que par l'anti-suggestion, l'auto-hypnotisation soit effectuée et qu'ils croient au mensonge."
La Tour de Garde (anglais), 15 février 1899, R2240, pp. 61,62, puis 15 juillet 1900, R2669, pp. 222,223, "Christian Science Misbeliefs" "Parmi les diverses fausses doctrines d'aujourd'hui, aucune ne semble plus incompatible du point de vue de la science et du christianisme que le système qui effrontément, avec un air de défi et dans la perversion de la vérité et de conscience, unit ces deux mots, comme son nom." La Science chrétienne abuse de l'ignorance des gens en leur faisant croire qu'elle est basée sur la Bible alors qu'elle est en opposition avec elle; d'ailleurs, "un scientiste chrétien en plein développement ne peut pas être un chrétien, dans tous les sens scripturaires du mot", car: 1/ il dénie l'existence de Dieu et donc de son Fils, et Mary Baker Eddy se pose comme étant plus grande que Jésus, "comme un éléphant est supérieure à une souris, bien qu'il y ait certaines ressemblances"; 2/ il nie le péché et ses conséquences, et donc, logiquement, la rançon. Seuls ceux qui sont "bibliquement ignorants ou mentalement faibles" peuvent être attirés par ces "absurdités". Les attraits de la Science chrétienne sont: 1/ "comme un vêtement de lumière", elle se pare "de douceur et de gentillesse dans ses paroles et ses manières", alors qu'elle est motivée par l'ambition et l'amour de l'argent, ce qui permet de juger l'arbre à ces fruits; d'ailleurs, "très peu de pauvres de ce monde ont été trompés par les doctrines de la Science chrétienne, ou guéri de la maladie par son traitement"; 2/ la guérison de la maladie sans médicament, et parfois presque par miracle, qui attirent les gens qui souffrent; or, ces guérisons viennent du Diable, puisque le mouvement répudie les principes du christianisme. À la question de savoir pourquoi le Diable effectue une telle œuvre, la réponse est qu'il "prend ainsi le vêtement d'un ange de lumière et de miséricorde, afin de ne pas conduire à la Lumière du monde — de ne pas les conduire à la croix du Christ — de ne pas les conduire à la Bible — mais de les en éloigner, à un autre espoir de salut, à un autre enseignant: à tromper, si possible, même les élus".
La Tour de Garde (anglais), 1er mai 1900, R2629, p. 142, "Questions and Answers: About Magnetic, Hypnotic Cures, Etc" En réponse à une question, il est dit que la Science chrétienne demande "à se mentir à soi-même et de croire au mensonge, et donc peu à peu devenir un menteur, auto-trompé et trompant les autres en ce qui concerne toutes les affaires de la vie. Nous ne pouvons pas croire qu'un quelconque cours si opposé à ce que les Écritures désigne puisse être de Dieu". En conclusion, "nous demandons instamment à tous les peuples du Seigneur d'être sur leurs gardes contre les guérisseurs de l'esprit, les guérisseurs magnétiques, etc, en particulier lorsque, comme dans le cas de la Science chrétienne, l'esprit doit être abandonné et croire un mensonge".
La Tour de Garde (anglais), 15 octobre 1902, R3095, p. 315, "We Are Not Ignorant of His Devices" Une lettre d'une adepte est reproduite, dans laquelle elle raconte sa tentation de l'adversaire" de faire confiance à la Science chrétienne, alors que sa mère était très malade. Toutefois, l'Étudiante de la Bible admet que "de toutes les bêtises, la Science chrétienne est la pire", et que ses adeptes "doivent avoir un ramollissement du cerveau".
La Tour de Garde (anglais), 1er mai 1903, R3187, p. 136, "A Christian Science Prayer" et "A United Presbyterian View" Russell critique vigoureusement un ministre presbytérien qui, ayant examiné la Science chrétienne pendant cinq années, estime que son erreur principale réside dans sa négation de la médecine, mais conclut par une note positive sur ce mouvement. Russell est scandalisé qu'il n'ait pas relevé la négation du péché, de la chute des humains, de la rançon, etc, et estime donc que ce "berger" est "ignorant des doctrines du Christ".
La Tour de Garde (anglais), 1er septembre 1904, R3422, p. 266, "A Doctor's Examination of Christian Science" Le Dr John W. Churchman, de l'hôpital Johns Hopkins de Baltimore, contribua à ce qui fut considéré alors comme étant "peut-être l'examen le plus complet et fiable jamais réalisé sur la Science chrétienne". Il dit présenter quatre séries de preuves démontrant la "fausseté fondamentale" de la Science chrétienne: 1/ d'un point de vue historique, elle "défie les canons de l'histoire, quand elle clame une origine révélée", car "le système ne parvient pas à s'aligner sur le passé"; 2/ d'un point de vue philosophique, l'"idéalisme intransigeant" d'Eddy "se présente comme une explication", mais est en réalité "une fraude totale": nier l'existence de la matière et affirmer que c'est une illusion n'est qu'une autre façon d'affirmer son existence; "vous êtes libérés par votre suggestion d'en expliquer le fait, mais contraint par elle à expliquer l'illusion". "Si tous les phénomènes psychiques sont des rêves, pourquoi dois-je reconnaître certains phénomènes psychiques comme des rêves?" Les grands philosophes reconnurent cette insuffisance; or, selon Eddy, le "témoignage des sens est tout à fait inacceptable: non pas parce qu'il ne parvient pas à être définitif, mais parce qu'il est essentiellement faux"; 3/ d'un point de vue scientifique, Eddy est incapable de prouver à l'aide de statistiques, contrairement à ce qu'elle affirme, que la longévité humaine s'est accrue comme preuve de la vérité; son point de vue sur l'action des médicaments est infondé; 4/ d'un point de vue religieux, la doctrine d'Eddy est "blasphématoire", notamment parce qu'elle nie la souffrance.
La Tour de Garde (anglais), 1er septembre 1908, R4231, pp. 260,261, "Mrs Eddy's Absurd Ideas of the Bible" Une critique des enseignements de Mary Baker Eddy par l'écrivain Georgine Milmine est présentée, celle-ci citant abondamment Science et Santé. Selon elle, "Eddy dit que sa théorie de l'univers est fondée non pas sur la sagesse humaine, mais sur la Bible", mais qu'elle "utilise à la fois l'addition et la soustraction de façon très libérale pour obtenir la corroboration de la Bible". Eddy affirme que "la Bible peut être interprétée de deux façons", à savoir "littéralement et spirituellement", et qu'elle présente l'interprétation spirituelle. Partant du principe que tout est Dieu et qu'il n'y a pas de matière, elle "reconstruit la Bible pour qu'elle s'accorde avec ces déclarations". Si Eddy insiste sur le fait que la Bible est le récit de la vérité, une étude de son exégèse montre qu'elle n'accepte que les éléments venant à l'appui de sa théorie, le reste étant "jeté comme masse de transcription erronée". Elle réécrit le récit de la Création, donnant une interprétation spirituelle de chaque événement pour les faire cadrer avec sa théologie. Elle affirme que "le Christ n'est pas venu pour sauver l'humanité du péché, mais pour nous montrer que le péché est une chose imaginée par l'esprit mortel et que c'est une illusion qui peut être surmontée, comme la maladie et la mort"; elle rejette la Trinité et redéfinit le Saint-Esprit comme étant la Science chrétienne. Elle a révisé plusieurs fois la prière du Seigneur, la nouvelle version apparaissant à Milmine davantage comme une "énumération un peu sèche des propriétés de la Divinité plutôt qu'une supplication". Milmine reproche également à Eddy d'avoir redéfinit bon nombre de termes bibliques, dont les mots "époux", "mort", "mère", etc.
La Tour de Garde (anglais), 1er octobre 1908, R4250, p. 292, "Churches Plunging into Hypnotism" Deux ministres de la Nouvelle Angleterre décident d'utiliser des méthodes analogues à celles des spirites, des Eddyists, des mormons et des hypnotiseurs concernant les soins, et ont rencontré un certains succès. Sont reproduits de extraits d'un long article paru dans le Kansas City Star, expliquant que le révérend A.T. Osbron s'efforçait d'utiliser l'hypnotisme pour retrouver son emprise sur sa congrégation méthodiste alors sur le déclin. Dans cet article, il était dit notamment: "La raison pour laquelle la Science chrétienne compte ses convertis par milliers alors que l'église orthodoxe se plaint d'une chute de ses effectifs est la suivante: la Science chrétienne tend à offrir de l'aide aux affligés, du repos pour ceux qui peinent et la santé, la richesse et la prospérité pour tous. Son coup de main est étendue maintenant. Sa promesse de bonheur est dans cette vie. (...) Personne ne peut nier que, dans la pratique, les scientistes chrétiens font beaucoup de bien — qu'ils soulagent la douleur et guérissent certaines maladies! Ce sont des faits indubitables. (...) Ma méthode n'est en aucun cas celle de la Science chrétienne. Les scientistes nient la réalité de la douleur, de la maladie et du péché. Je crois qu'ils sont très réels. Mais je sais aussi que beaucoup de souffrance peut être soulagée et de nombreux maux physiques guéris par la suggestion et la prière."
La Tour de Garde (anglais), 15 septembre 1909, R4171, p. 275, "The Roman Catholic Reply to Christian Science" Le révérend L.A. Lambert, un catholique, explique que la conception de Dieu dans la Science chrétienne est différente de celle du christianisme, qu'elle nie la réalité de la matière, qu'il s'agit d'un panthéisme pur, qui nie la création, qui explique que l'esprit humain est une expression de l'esprit divin, dont les théories de guérison n'ont aucune base dans le Nouveau Testament, dont les témoignages de guérison ne peuvent être pris au sérieux puisqu'elle dénie le fait que les sens soient des témoins fiables. Lambert conclut que la Science chrétienne est "l'antithèse du christianisme"; elle est "une révolte contre le matérialisme brut. Elle en est l'extrême opposé. Le matérialisme nie l'existence de tout ce qui n'est pas de la matière: la Science chrétienne nie l'existence de tout ce qui n'est pas l'esprit. Tous deux sont des erreurs, à égale distance de la vérité, qui est que les êtres matériels et spirituels existent tous deux".
La Tour de Garde (anglais), 15 janvier 1911, R4743, p. 19, "New Danger in Christian Science" Puisque la Science chrétienne enseigne que "la mort est une erreur mortelle", il faut en conclure que ses adeptes, aussi bien que Mary Baker Eddy, n'ont pas été fidèles, suivant leur propre théorie, puisqu'ils sont morts ou mourront, indiquant qu'ils ont fait naufrage pour ce qui est de leur foi. Si les scientistes chrétiens ne sont pas "sciemment ligués avec Satan et prêts à propager ses mensonges", en revanche "l'illusion de la Science chrétienne vient de Satan", et non de Dieu, contredisant sa Parole. Satan se servit encore davantage d'Eddy après la mort qu'avant celle-ci, asservissant des gens bien intentionnés mais trompés, citant à l'appui de cette affirmation une déclaration de l'une des disciples d'Eddy les plus éminentes, Augusta E. Stetson: selon elle, Eddy se manifestera prochainement dans le monde tout comme Jésus fut ressuscité sur terre, ce qui signifie pour Russell que ce sont des "anges déchus" qui la personnifieront; de plus, les enseignements de la Science chrétienne vont davantage se modeler sur l'idée d'un millénium très proche puisqu'Eddy a incarné le retour du Christ qui précéderait cette période de mille ans, ce qui, selon Russell, trompera encore un peu plus.
La Tour de Garde (anglais), 1er juin 1913, R5247, p. 165, "Influence of Thought upon Health" Les scientistes chrétiens disent: "Comme un homme pense dans son cœur, ainsi il est", et "ils tirent un certain bénéfice de ce point de vue. Ils disent que si quelqu'un réfléchit à des choses bonnes, nobles, il sera influencé ainsi. Nous pensons que nos amis scientistes chrétiens ont en partie raison et en partie tort. Ils soutiennent que si quelqu'un croit aller bien, il ira bien; que si quelqu'un croit être malade, il sera malade. Il y une part la vérité dans ce point de vue". Si "l'esprit a quelque chose à voir avec notre état", il n'empêche que "l'erreur commise par nos amis scientistes chrétiens est qu'ils soutiennent ce principe de façon trop étendue".

=> C'est la première fois qu'un article se montre si mesuré dans son approche de la Science chrétienne et de ces partisans. Peut-être certains d'entre eux étaient-ils alors intéressés par les Étudiants de la Bible ("nos amis")...

La Tour de Garde (anglais), 1er avril 1914, pp. 105,106, "The Photo-Drama of Creation" Une femme ayant visionné le Photo-Drame de la Création déclara avoir été guérie par la Science chrétienne et avoir reçu le pouvoir de guérison des autres. De ce fait, elle donna librement de l'argent pour construction d'églises à Boston et à New York, de sorte qu'elle n'avait presque plus rien matériellement, sinon son revenu de guérisseur. Toutefois, elle déclara ne pas avoir été satisfaite, et retomba malade de la même maladie que celle dont elle avait été précédemment guérie. Elle dit avoir trouvé la vérité grâce au Photo-Drame et, avec son père, rendit visite à Russell.
La Tour de Garde (anglais), 15 novembre 1915, R5800, p. 342, "Delusions of Christian Science and Theosophy" La Science chrétienne est citée, avec la théosophie, "parmi les dispositifs populaires les plus raffinés du grand adversaire, et de tous les pouvoirs des ténèbres", participant à "déchirer en lambeaux toute la Vérité", portant "tous les signes distinctifs du "père du mensonge" (Jean 8:44)". Le nom "Christian Science" est "impropre" pour désigner les enseignements d'Eddy, car ceux-ci sont "dépourvus d'éléments scientifiques, et le mot 'chrétien' lié comme partie du nom donné à ses théories n'est qu'un calcul de Satan pour tromper et de détruire le peuple de Dieu". La Science chrétienne enseigne que "le Christ n'est pas un sauveur, ni un sauveur nécessaire. Christ était seulement un homme bon, un scientiste chrétien", qui ne comprit qu'imparfaitement la nouvelle science qu'il présenta et qu'Eddy expliqua pleinement. Selon elle, "tout est vie, il n'y a pas de mort!", tout comme Satan le fit croire en Éden.

Époque de Rutherford

NB: Le dernier article fut écrit sous la présidence de Nathan Knorr.

Publication Contenu
L'Âge d'Or (anglais), 1er mars 1922, pp. 345-48, "Christian Science", par O.R. Rosenkrans Jr. La mal nommée Science chrétienne est "l'une des nombreuses tentatives similaires cherchant à concilier le christianisme au mysticisme païen. Il n'y a pas de nouvelle pensée en elle, ni révélation spéciale, car les principes fondamentaux ont été intégrés dans toutes les croyances païennes, de Baal à Bouddha". Eddy "ignore le témoignage direct des deux Testaments", mais elle "prétend justifier sa doctrine mystérieuse en citant des textes isolés, qu'elle pervertit grossièrement et en fait une application erronée pour appuyer de ses prétentions". Elle fait croire que la seule vérité est l'esprit, la matière étant entièrement le reflet de l'esprit, niant ainsi les mauvaises pensées, le péché, la mort. La Science chrétienne est rapprochée du yoga, des fakirs hindous, des ermites bouddhistes et des magiciens taoïstes. Puis l'article développe l'idée que le physique a aussi une influence sur l'esprit et qu'Eddy est inconséquente quand elle affirme que le mal n'existe pas. L'esprit de son enseignement, "c'est l'égoïsme au énième degré"; c'est "un système d'erreur subtil, habilement conçu pour déconcerter la compréhension, confondre le sens du bien et du mal, exalter l'amour-propre, et empêtrer le jugement. Ses sectateurs principaux sont des femmes, à qui il semble faire un appel particulier", comme dans les sectes ésotériques du passé, sans doute parce qu'Eddy semble donner la priorité au côté féminin de Dieu; or, ceci est "la ruse subtile du Serpent", "une caractéristique de notre époque que les femmes se battent pour l'égalité parfaite avec les hommes à tous les égards", car "l'opinion publique, à travers un sens mal compris de "chevalerie", approuve le féminisme par la flatterie stupide, leurrant les femmes dans une conviction secrète de leur supériorité innée". La Science chrétienne "flatte, réconforte et console en les rassurant que ce qu'elles veulent croire est ainsi". En conclusion, Eddy n'a rien fait d'autre que de plagier librement l'Hindouisme, étant elle-même une imitatrice superficielle qui a récité par cœur, se trompant elle-même en croyant qu'elle était sage. Sa croyance trouve un écho chez ceux qui sont mentalement superficiels, les égoïstes obstinés, ceux qui possèdent naturellement de médiocres talents, ceux qui n'ont pas la faculté de raisonner et ceux qui sont dénués de scrupules. Quant à Eddy, elle fut un "fidèle serviteur" de Satan.
L'Âge d'Or (anglais), 21 juin 1922, pp. 602,603, "Christian Science vs. Bible Science", par H.E. Coffey (repris 19 juillet 1922, pp. 668,669) La Science chrétienne est un mélange de vérité et d'erreur, ce qui la rend très subtile, puisque pour celui qui "devient empêtré dans la toile d'une telle fausse science, la vérité devient impossible à distinguer de l'erreur". Or, le mot "vérité", c'est-à-dire la Parole de Dieu, signifie "science". Donc, il n'est pas faux de dire, comme le font les scientistes chrétiens, que Jésus Christ était le plus grand des scientistes, que ses enseignements sont bibliquement scientifiques et que Dieu est bon. Toutefois, les scientistes chrétiens dénient toute efficacité à la rançon du Christ et donc l'expiation des péchés, en contradiction avec ce que dit la Bible (Jean 1:7; 2:2); cela est jugé "suffisant pour convaincre toute personne ouverte que la Science chrétienne est diamétralement opposée à la science biblique". En revanche, elle s'accorde avec la théologie de Satan, celui-ci ayant fait croire à Adam et Ève qu'ils ne mourraient pas. Se guérir soi-même, comme cela est préconisé par la Science chrétienne, est à l'opposé des méthodes de Jésus. Le passage de Marc 16:15-20 utilisé en Science chrétienne est une interpolation faite durant l'âge des ténèbres de la domination papale, et il est omis dans les plus vieux manuscrits; de plus, "aucune personne saine et rationnelle qui réfléchit ne chercherait à renforcer la foi sur une telle fausseté non inspirée" et, "de toute évidence, boire un poison mortel serait suicidaire".
L'Âge d'Or (anglais), 5 juillet 1922, p. 629, "Let Us Be Just to All", par John T. Read Son épouse étant scientiste chrétienne depuis 20 ans, le correspondant réagit à l'article du 1er mars 1922 écrit par O.R. Rosenkrans Jr. Il estime que ce dernier "n'a pas été tout à fait juste dans certaines de ses déclarations", notamment concernant le fait que les adeptes de la Science chrétienne seraient dépourvus de caractère moral. Son expérience et son observation l'ont convaincu que les adeptes sont consciencieux et moralement sains et que certaines déclarations du périodique sont "une insulte à un grand nombre d'hommes et de femmes honnêtes et droits". Il conclut: "Ma femme a naturellement joué un grand rôle dans l'éducation de nos trois fils, et je dois dire que je ne trouve rien à redire à la norme morale à laquelle elle leur apprend à se conformer."
L'Âge d'Or (anglais), 20 décembre 1922, pp. 185,186, "Christian Science Morality", par un "Chrétien scientifique" L'article constitue une réponse à la lettre du 5 juillet. L'auteur estime que celle-ci contient une partie de vérité, mais que l'article de Rosenkrans est "tendre et bon, disant la vérité à ce sujet du point de vue de Dieu". Les membres de la Science chrétienne, en tant que partie de la chrétienté, "vivent à la lumière qu'ils ont acceptée", mais "ont perdu de vue la vraie lumière". Or, celui qui ne voit pas la vraie perfection et la vraie moralité mène une vie immorale. Le rédacteur de la présente lettre est lui-même un ancien scientiste chrétien et dit pouvoir témoigner que cette religion détourne de Dieu, que sa plus grande bénédiction est d'avoir été délivré de ce "plat de lentilles".
L'Âge d'Or (anglais), 17 janvier 1923, p. 245, "The Bible Is the Textbook" L'article, écrit par un jeune homme de 16 ans, présente la Science chrétienne comme étant synonyme de non-sens et qui voit la Bible comme un autre Coran. Il est recommandé de ne pas se laisser faire si "une personne souffrant de cette affection mentale de la Science chrétienne vous attaque": il ne faut pas laisser un "ami scientiste commencer à débiter", afin de ne pas avoir un "mal de tête pendant deux semaines à l'écoute de ses phrases" et de sauver [se]s tympans".
L'Âge d'Or (anglais), 1er février 1925, pp. 312,313, "Eruption in Christian Science" Certains scientistes chrétiens ont décidé de dire tout haut ce qu'ils pensaient les uns des autres, et notamment des dirigeants de l'organisation, par le moyen d'un procès (Eustace vs. Dickey). La circulation des journaux de l'église ainsi que finances pour l'année 1921 étaient alors en chute libre. Ironiquement, il est dit que "M. Eustace et les autres messieurs qui sont engagés dans la direction de la fin de publication de l'entreprise" ne veulent pas renoncer à leur gloire et ont rendu un affidavit devant la Cour suprême de la magistrature du Massachusetts qui disait: "Il est difficile de prendre au sérieux votre accusation selon laquelle les pertes de la circulation dans les périodiques de la Société d'édition sont dues à une mauvaise gestion par les fiduciaires. (...) Le dommage causé aux splendides publications de nos dirigeants (...) a été causé par la propagande insidieuse que vous avez entièrement inspirée et approuvée". Pour sa part, John V. Dittemore, un ex-administrateur de la Première Église du Christ, Scientiste, de Boston, aborde de façon critique les finances de l'organisation, ajoutant: "L'amertume sectaire, la fierté de l'autorité, l'idolâtrie personnelle superstitieuse et la crainte directe et indirecte de la perte des moyens de subsistance sont parmi les croyances (...) et les craintes qui sont à l'origine de la paralysie, aujourd'hui si évidente dans tous les départements de l'organisation de l'église de la Science chrétienne." Il critique également la hiérarchie, évoquant celle-ci comme une "petite principauté, dans laquelle l'adulation personnelle, la flatterie, l'intrigue, la politique, et l'auto-mesmérisme prédominent". Puis est publié un questionnaire composé de six questions que les fidèles devaient remplir, qui leur demandait si leur loyauté allait à l'actuel bureau des directeur de l'église, sachant que toute personne ne répondant pas ou répondant d'une manière insatisfaisante ferait l'objet d'un rapport à l'église mère. Un ex-membre rapporte que la Science chrétienne décourage ses adeptes de lire quoi que ce soit de critique sur ses dirigeants; selon le périodique, elle intimiderait les éditeurs de publications indépendantes afin qu'ils ne publient rien de défavorable sur el​​le, et elle maintiendrait "une censure dans les bibliothèques un peu comme celle exercée par les jésuites, visant à empêcher la lecture de la littérature qu'ils n'approuvent pas". Puis un certain M. Putnam rapporte que les directeurs de l'organisation augmentent leur salaire annuel, et ceci en violation des volontés de Mme Eddy et tandis que tout changement dans les By-Laws était interdit.
L'Âge d'Or (anglais), 5 mars 1930, "Christian Scientists Seek to Suppress the Truth", par R.H. Barber, pp. 371-73 "Le droit de discuter pleinement et librement des doctrines, des croyances, et des points de vue et croyances des hommes publics, lorsque ces doctrines, ces croyances ou ces convictions ont été rendues publiques, est un droit reconnu par les Écritures, et par les lois fondamentales de toutes les nations civilisées, à l'exception des nations telles que celles qui sont gouvernées par des tyrans. La Constitution des États-Unis garantit ces droits à tous ses citoyens, et ces droits sont reconnus aux termes des phrases souvent répétées, "la liberté de la presse", "la liberté d'expression", et le droit de "réunion publique". Toute personne qui refuse ou tente de restreindre de tels droits est une menace pour les libertés du peuple et n'est pas un citoyen américain à 100%." Ces droits de démasquer les opposants comme des enfants du Diable furent utilisés par Jésus et Paul (Jean 8:44; Actes 13:10). "Ainsi nous pouvons voir qu'il peut devenir parfois nécessaire de mettre en garde ceux qui sont trompés en servant le diable, en appelant leur attention sur le fait. Cela devrait être fait, cependant, avec un désir d'aider les abusés afin qu'ils voient le danger, et non avec un désir de ridiculiser ou de se moquer de leurs doctrines. Ce dernier point de vue serait erroné et non chrétien. Toute tyrannie, oppression, persécution, suppression de la vérité, déni de la liberté d'expression et de réunion publique, ou la tentative d'abroger les libertés d'autrui, viennent du Diable, et de ceux qui appartiennent à l'organisation de Satan, qu'ils le sachent ou non. S'ils ne le savent pas, alors nous sommes justifiés dans la publication de ces faits pour leur éclaircissement et la bénédiction. Il y a toujours eu des éléments religieux qui ont fait usage de cette arme de la persécution, l'intolérance et la répression. Ils l'ont fait au temps de Jésus; ils l'ont fait pendant les "âges sombres", et ils le font encore."

Le 29 septembre 1929, un discours intitulé "Pourquoi tant de dénominations religieuses?" fut diffusé sur le réseau de la Watch Tower, discours qui critiquait notamment les religions de guérison comme venant du Diable. À l'issue du discours, Ralph B. Textor, l'un des dirigeants de la Science chrétienne de l'État de l'Ohio, protesta par téléphone auprès de A.W. Ostrander, vice-président de la station de WHK qui était l'une des stations du réseau. Le 4 octobre, Textor confirma sa protestation par lettre, laquelle il contestait la déclaration selon laquelle "les scientistes chrétiens [étaient] des anges du diable", estimant qu'il n'y a pas de bonne finalité chrétienne dans le fait de se "jeter des pierres" les uns les autres de cette manière, et demandait donc au vice-président de faire en sorte que de tels propos ne soient plus diffusés sur les ondes de la station de radio. Selon le périodique, "les scientistes chrétiens ont ainsi pris position du côté de la suppression de la liberté, du refus de la liberté d'expression, et de l'opposition au fait d'annoncer ce que la Bible enseigne". En réponse, R.H. Barber, auteur du discours, envoya une lettre à Textor, affirmant ne pas avoir cité nommément la Science chrétienne, que son discours relevait de sa liberté d'expression garantie à la fois par le droit constitutionnel et par Jésus, et que sa critique de son discours était "totalement injustifiée et incorrecte".

L'Âge d'Or (anglais), 5 mars 1930, "Scribner's Versus Christian Science", p. 373 Le deuxième article rapporte que qu'"un membre de cette église [la Science chrétienne] ne doit pas fréquenter une maison d'édition ou une librairie qui vend des livres odieux", ce qui est assimilé à de la bigoterie. Il est rapporté que le livre critique Mrs. Eddy de Edwin Franden Dakin était en vente chez certains libraires, et que ceux-ci ont été intimidés par des lettres provenant des églises de la Science chrétienne, les informant, qu'ils cesseraient de les fréquenter à moins que le livre ne soit retiré de la vente. L'article fait le commentaire suivant: "Il est impossible de ressentir autre chose que du mépris pour une oligarchie responsable de telles méthodes". Puis sont données des statistiques indiquant que l'église grossissait le nombre de ses membres.
L'Âge d'Or (anglais), 5 mars 1930, "The Christian Science Espionage Service", pp. 373,374 Le troisième article affirme que le "Christian Science Committee on Publication" est chargé d'"empêcher la libre expression des opinions dans la presse publique au sujet de la fraude dont la Mère Eddy était la sainte patronne". "La blague, c'est que les gens de la Science chrétienne ont eu une merveilleuse dispute entre eux, et une faction d'entre eux ont ou ont eu peur de la destruction éternelle, même s'ils regardaient à l'intérieur de leurs propres documents; pourtant l'effort pour empêcher d'autres gens de dire ce qu'ils pensent va joyeusement, robuste comme jamais." Le périodique se félicite de produire des articles tels que ceux-ci, étant "heureux que mère Eddy n'eut rien à voir avec la préparation de ce document."
L'Âge d'Or (anglais), 16 avril 1930, p. 460, "Mrs. Eddy Mentally Murdered" "Il semble qu'avant sa mort, Mary Baker Eddy ait demandé à Adam H. Dickey d'écrire une récit de ses années de déclin et de dire qu'elle était mentalement assassinée et il convint solennellement avec elle qu'il le ferait, et il l'a fait. Après que le livre ait été publié, la dictature de la Science chrétienne supprima le livre et reprit possession de tous, sauf de deux exemplaires qui sont dans la Bibliothèque du Congrès à Washington, et une photocopie qui est en la possession de la Bibliothèque publique de New York. Précisément ce que c'est que d'être "mentalement assassinée" nous ne savons pas, et si "tout est bon, il n'y a pas de mal", il serait même difficile d'imaginer une telle chose."
L'Âge d'Or (anglais), 6 août 1930, p. 717, "Reason for Change of Name" Une branche de la Science chrétienne a changé son nom en celui d'Église de la Conception Universelle (Church of Universal Design). La raison donnée par cette église fut que le nom Science chrétienne était tombé en disgrâce à cause des récentes découvertes d'importants plagiats par Mary Baker Eddy, son usage secret de drogues alors qu'elle enseignait à ses disciples de s'en débarrasser, et ses prétentions comme quoi les découvertes de guérison métaphysique de P.P. Quimby étaient les siennes.
L'Âge d'Or (anglais), 15 octobre 1930, p. 62, "The Gods of Jesus and Mary Baker Eddy" Quand il fut tenté par le Diable (Matthieu 4), Jésus répondit en citant les Écritures hébraïques se référant à Dieu. Or, Mary Baker Eddy, dans Science et Santé, page 140, dit: "Le tribal juif Jéhovah était un Dieu par l'homme projeté, assujetti à la colère, le repentir et la mutabilité de l'homme. Le Dieu de la Science chrétienne est universel, Amour éternel et divin, qui change pas et elle faisait aucun mal, ni maladie, ni mort". L'article conclut: "Si Jésus a dit la vérité, qu'est-ce que Mary Baker Eddy raconte?"
L'Âge d'Or (anglais), 30 mars 1932, pp. 397-400, "Christian Science Radio Espionage" Plusieurs informations déjà données dans des numéros précédents, en rapport avec la "censure" de la Science chrétienne, sont rapportées à nouveau. Il est dit que le Christian Science Committee (ou Commission) on Publication exerçait sa vigilance afin de censurer toute critique envers l'église, revenant ainsi à des méthodes de l'âge des ténèbres. Il est aussi précisé que la WHAP de New York, une station scientiste chrétienne, a régulièrement lancé les plus sévères attaques contre l'Église catholique dans tous les États-Unis voire même dans le monde, et pourtant cette dernière n'a pas cherché à censurer la station. Le Christian Science Commission on Publication, en la personne d'Edgar McLeod, envoya à une station une lettre de protestation après qu'un discours de Rutherford, critique sur la Science chrétienne, ait été diffusé sur ses ondes le 19 janvier 1932. La lettre rapportait la transcription d'une partie du discours et terminait en indiquant que, si cela se reproduisait, une plainte serait déposée devant la Federal Radio Commission. L'article continue en rapportant les propos exacts de Rutherford dans son discours, notant 13 modifications mineures, puis publie la lettre de réponse de Rutherford à McLeod, datée du 25 du même mois. La lettre disait notamment que "ce serait une condition lamentable en Amérique si la bouche d'un homme était fermée pour qu'il ne dise pas la vérité, simplement parce que quelqu'un pourrait être offensé par la vérité", que le discours portait sur des thèmes d'intérêt public, que tout ce qu'il a dit était conforme à la Bible, et cite comme exemple les partis démocrate et républicain qui se critiquaient mutuellement et avaient le droit de le faire. La lettre se termine ainsi: "Mais je suggère, M. McLeod, que vous agissez par mauvais goût et d'une manière non-américaine, pour dire le moins de cela, pour essayer de mettre le bâillon dans la bouche de qui que ce soit et de les empêcher de dire ce que la Bible enseigne clairement, même si vous pouviez le faire."
L'Âge d'Or (anglais), 26 avril 1933, p. 469, "Help from the Devil in Time of Need" L'article rapporte deux cas de guérison par la Science chrétienne, mais précise: "Contrairement à certains, nous ne doutons pas de la fiabilité de ces illustrations. Nous croyons que les "guérisons" se sont réellement produites, mais qu'elle venaient du diable, et donc à quel prix!"
L'Âge d'Or (anglais), 10 octobre 1934, p. 16, "Christian Scientists Denied of Justice" À Mineola, dans l'État de New York, une scientiste chrétienne ayant subi un accident automobile s'est vue n'a pas pu obtenir des dommages, car la cour les lui a refusés au motif que ses souffrances et ses fractures n'étaient pas réelles, selon ce que lui enseignait sa foi. Le périodique admet toutefois: "Il serait difficile d'imaginer quelque chose de plus injuste. Peu importe ce que la femme croit, elle avait parfaitement le droit de demander du secours".
Réveillez-vous! (anglais), 8 mai 1948, pp. 20,21, "Calling Dr. Satan" Moyennant finances, les praticiens de la Science chrétienne sont prêts à donner des soins, mais ceux-ci peuvent conduire à la mort: à cet égard est cité le cas d'un homme décédé alors qu'une opération aurait pu le sauver. La Science chrétienne enseigne qu'on peut être soigné en lisant le livre de Mary Baker Eddy, Science et santé avec la clef des Écritures, et ceci alors que les leçons dans de nombreuses sciences doivent être mises en pratique pour être efficaces.

Analyse de la présentation dans les publications

En se basant sur les articles traitant en profondeur de la Science chrétienne (cf. tableau ci-dessus) sans relever les jugements de valeur, on peut dresser la liste des reproches adressés par les rédacteurs de La Tour de Garde contre ce mouvement ainsi que les procédés employés.

Reproche Commentaire
Mise en cause du manque de foi du malade s'il ne guérit pas cf. La Tour de Garde, juillet 1886

Or, ce rejet systématique de la faute sur l'adepte plutôt que sur le mouvement qui, de ce fait, se déresponsabilise de tout, est typique des méthodes de la Société Watch Tower: si l'adepte n'est pas heureux, c'est qu'il n'a pas un bon état d'esprit, qu'il a commis un péché caché ou qu'il n'a pas bien appliqué les directives de l'organisation, et non que celles-ci ne sont pas réalistes ou ne contribuent pas toujours au bien-être de l'individu; s'il tombe malade parce qu'il s'est démené dans le service, c'est lui qui n'a pas été raisonnable, et non l'organisation qui pourtant cherche à le culpabiliser en citant des exemples extrêmes d'adeptes zélés; s'il a nourri de faux espoirs par rapport à une date (cf. 1975), c'est lui qui a mal interprété les publications; s'il a des doutes, c'est forcément sa foi qui est faible, et non l'organisation qui se trompe, etc.

Prétention de se baser sur la Bible et de s'identifier comme chrétien; nom trompeur cf. La Tour de Garde, octobre 1886, 1er août 1896, 15 février 1899

La Watch Tower juge ici la Science chrétienne en fonction de sa propre compréhension de la Bible, compréhension qui elle-même ne fait pas l'unanimité parmi les chrétiens. En effet, les Témoins de Jéhovah sont aussi critiqués de la même manière: les églises majoritaires leur reprochent de s'affirmer chrétiens tout en niant ce qu'elles considèrent comme des dogmes essentiels à la foi chrétienne, notamment la Trinité. De plus, la prétention de la Watch Tower de transformer ses adeptes en "Étudiants de la Bible" puis des "Témoins de Jéhovah" après 1931 est également discutable, puisqu'en fait à l'époque de Russell le mouvement examinait la Bible à travers les Études dans les Écritures, et les adeptes actuels sont en fait davantage des Témoins de la Watch Tower, puisque c'est elle qu'ils suivent via son Collège Central.

Côté mercantile de ses activités religieuses cf. La Tour de Garde, octobre 1886, juillet 1888, 15 février 1899

Si la Watch Tower remet ses publications gracieusement, il n'empêche qu'elle est une organisation qui brasse beaucoup d'argent et fait tout pour obtenir le maximum de rentabilité avec le minimum de coût et de temps (cf. le "bénévolat" poussé à l'extrême dans les Béthels, ceux-ci s'apparentant davantage à des entreprises très efficaces qu'à des ordres religieux). De plus, elle fait des profits en plaçant son argent dans diverses sociétés et est très soucieuse de ne pas payer de taxe par exemple sur la vente de sa littérature religieuse au point de s'impliquer dans le procès concernant l'évangélique Jimmy Swaggart (voir Liste de compromis de la Société Watch Tower).

Citations de la Bible hors contexte cf. La Tour de Garde, juillet 1888, L'Âge d'Or, 1er mars 1922

Pourtant, la Watch Tower elle-même base la majorité de son enseignement sur quelques versets totalement décontextualisés auxquels elle fait parfois subir des puissants contre-sens. Ainsi, les applications qu'elle fait de plusieurs versets (Proverbes 4:18; Matthieu 24:45-47; Jean 10:16; Actes 15:28,29, etc) pour soutenir certains de ses dogmes n'ont souvent plus grand chose à voir avec l'idée que le rédacteur voulait exprimer, car le passage est presque systématiquement considéré de façon isolé.

Utilisation d'un néo-langage cf. La Tour de Garde, mai 1891, 1er septembre 1908

Et pourtant, la Watch Tower redéfinit elle aussi certains mots pour les faire cadrer avec sa propre vision: ainsi, des mots tels que "amour", "maturité spirituelle" ou encore "vérité" sont extrêmement malmenés au point d'en venir à signifier pour la Watch Tower parfois le contraire de leur acception usuelle (cf. article détaillé Utilisation d'un néo-langage).

Manifestation d'une certaine vantardise de la part d'Eddy, qui se croirait supérieure à Jésus cf. La Tour de Garde, mai 1891, 15 février 1899

Pourtant, Russell lui-même, et aujourd'hui la Watch Tower, se considèrent comme étant l'esclave fidèle et avisé, étant le seul canal utilisé par Dieu pour faire connaître ses desseins, ce qui n'est pas moins orgueilleux. Elle affirme interpréter correctement la Bible et ses interprétations sont obligatoires — même si elles sont parfois contradictoires au fil du temps —, ce qui signifie qu'en réalité celles-ci ont la priorité sur le texte biblique qui lui, ne change pas. La Watch Tower s'est déjà identifié au Christ, le remplaçant même, en estimant que les paroles contenues en Jean 6:68 ("À qui irions-nous?"), adressées par Pierre à Christ, s'appliquait à elle, allant jusqu'à affirmer ceci: "Nous serons poussés à servir fidèlement Jéhovah avec son organisation [c'est-à-dire la Watch Tower, via son Collège Central] si nous nous souvenons qu'il n'y a pas d'autre endroit où nous pourrions aller pour obtenir la vie éternelle".[91] De plus, tous ceux qui, parmi les rangs des Témoins de Jéhovah, ont tenté de remettre en question ces prétentions, même en apportant des preuves irréfutables, ont dû subir les foudres de l'organisation, exprimées notamment par la mesure d'exclusion.

Caractère sympathique des adeptes qui sont trompés, ce qui constitue un piège cf. La Tour de Garde, mai 1891, 15 février 1899

La Watch Tower sait bien mettre en avant les qualités des adeptes, et notamment l'amour dans ses rangs — que celui-ci soit réel ou fantasmé — pour prétendre être la vraie organisation. Combien de personnes sont entrées chez les Témoins de Jéhovah précisément à cause du caractère a priori chaleureux du groupe, mettant ainsi le côté social en priorité par rapport à la recherche de la "vérité"?

Caractère incongru de certains ses dogmes et incohérence entre les croyances et les actions cf. La Tour de Garde, 15 avril 1895, 1er août 1896, 15 octobre 1902, 15 janvier 1911

Outre le caractère souvent très subjectif dans le fait de considérer comme ridicules certaines croyances ou pratiques d'une autre religion que la sienne, il est à noter que la Watch Tower, elle aussi, soutient des points de vue parfois très inconfortables ou franchement discutables, telle que -607 comme date de destruction de Jérusalem en dépit du consensus général, ou le refus des transfusions sanguines. De plus, agit-elle en conformité avec ses croyances lorsqu'elle enseigne une fin imminente du présent système de choses actuel, et ceci alors qu'elle continue d'établir des projets au niveau immobilier (cf. déplacement des quartier généraux à Warwick pour 2014)?

Obligation à se mentir à soi-même et à vivre dans la mensonge cf. La Tour de Garde, 15 novembre 1898, 1er mai 1900

La Watch Tower a, par ses méthodes radicales de censure du doute et ses exigences d'uniformisation parmi les adeptes, contraint nombre d'entre eux à vivre "dans le mensonge", en étant plus ou moins hypocrites, condamnés à vivre une double vie: d'un côté, publiquement, ils jouent plus ou moins consciemment le rôle du bon adepte convaincu qui feint d'adhérer à l'ensemble des dogmes, et d'un autre côté, dans l'intimité ils s'autorisent quelques infractions aux règles avec lesquelles ils ne sont pas d'accord ou manquent de foi, mais n'expriment rien par peur de perdre leurs amis et leur famille. Certains se mentent à eux-mêmes en feignant d'ignorer leurs propres doutes et peuvent ainsi contribuer à un profond malaise dans leur existence.

Recours uniquement aux passages bibliques susceptibles de soutenir les doctrines cf. La Tour de Garde, 1er septembre 1908

La Watch Tower fait la même chose: par exemple, pour soutenir la croyance en un Paradis terrestre, elle cite des passages de l'Ancien Testament, mais en omet d'autres bien dérangeants tels que Luc 13:28 ou Hébreux 11:16; de même, concernant la date de destruction de Jérusalem, elle ne cite jamais Zacharie 1:7,12;7:1-5 qui contredirait sa théologie. Ces versets ne sont que très rarement expliqués dans ses propres publications. En fait, le néophyte n'a pas conscience que l'"étude biblique" qu'il accepte lorsqu'un adepte se présente à son domicile est en réalité un examen de la théologie jéhoviste par le truchement d'un livre qui a sélectionné les versets pouvant soutenir celle-ci, tout en passant sous silence les autres qui ne vont pas dans son sens.

Dogme fait pour plaire aux gens cf. L'Âge d'Or, 1er mars 1922

En parlant d'un paradis terrestre dans lequel les humains vivront éternellement et goûteront à toutes les joies de l'existence, la Watch Tower ne fait-elle pas appel aux aspirations les plus profondes de l'être humain, et ceci alors que l'espérance d'un paradis terrestre est absente des textes du Nouveau Testament qui évoque immanquablement une félicité céleste?

Récupération d'éléments doctrinaux provenant d'autres religions cf. L'Âge d'Or, 1er mars 1922

Pourtant, si Charles Taze Russell a apporté une touche personnelle a ses enseignements, le fait est qu'il fut grandement influencé plusieurs personnalité adventistes ou proches de ce courant, ainsi que par bon nombre de ses collaborateurs et des théories en vogue à son époque, et probablement par d'autres mouvements religieux, tels les Christadelphiens.

Mauvais comportement de la fondatrice cf. L'Âge d'Or, 6 août 1930

Rutherford, qui a donné à l'organisation des Témoins de Jéhovah son apparence actuelle, fut connu pour ses nombreux travers: alcoolisme, train de vie opulent, probables infidélités conjugales, caractère autoritaire, etc.

Caractère sectaire: allégeance aux dirigeants, dictature et suppression des critiques cf. L'Âge d'Or, 1er février 1925, 5 mars 1930, 16 avril 1930

Sur ce genre de points, la Watch Tower bat largement la Science chrétienne: elle demande une obéissance aveugle envers le Collège Central et interdit à ses adeptes de prendre connaissance de toute information critique à son encontre (censure d'Internet, des "apostats"...), écartant de ses rangs ceux qui seraient susceptibles de révéler des éléments compromettants en les excluant.

Enfin, on peut noter que la Watch Tower n'hésite pas à citer des ministres des religions de la "chrétienté", des journalistes, des ex-membres ou des médecins quand ceux-ci expriment des avis défavorables sur la Science chrétienne (cf. La Tour de Garde, 1er septembre 1904, 1er septembre 1908, 15 septembre 1909), alors qu'elle fustige leurs propos dans le cas où ceux-ci seraient trop sympathiques à son égard (cf. La Tour de Garde, 1er mai 1903).

Références

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  75. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 1er mars 1907, R3949, p. 67, "Concerning Falling Stars"
  76. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 janvier 1909, R4313, p. 20, "The Emmanuel Movement"
  77. Arrowup.png 'La Tour de Garde (anglais), 1er décembre 1908, R4288, p. 359, "They Strumbled in Judgment"
  78. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 juillet 1910, R4648, p. 230, "Not Justified by Philopsophy"
  79. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 1er mai 1912, R5019, p. 147, "Loyalty to God Necessary to Life Everlasting"
  80. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 15 septembre 1912, R5098, p. 288, "Arise and Shine in Light Eternal"
  81. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 1er septembre 1901, R2871, p. 282, "Preach the Gospel to Every Creature"
  82. Arrowup.png La Tour de Garde (anglais), 1er mai 1916, R5892, p. 139, "Faith Distinguished from Credulity"
  83. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 7 décembre 1921, p. 145
  84. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 21 décembre 1921, pp. 170,171
  85. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 13 mai 1931, p. 530
  86. Arrowup.png L'Âge d'Or (anglais), 17 juin 1936, p. 594
  87. Arrowup.png Réveillez-vous! (anglais), 22 septembre 1952, p. 17, "Objections to Blood Transfusions"
  88. Arrowup.png Réveillez-vous! (anglais), 22 juillet 1963, pp. 11,14,15, "Does Your Child Belong to the State?"
  89. Arrowup.png Réveillez-vous! (anglais), 22 janvier 1964, p. 15, "Freedom to Decide Threatened"
  90. Arrowup.png Réveillez-vous! (anglais), 8 mars 1968, p. 23, "Court Decision Deprives Parents of Rights"
  91. Arrowup.png La Tour de Garde, 15 novembre 1992, p. 20, § 12

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