Sexualité

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La sexualité des Témoins de Jéhovah est régie par un code de règles strictes, édictées par la Société Watch Tower. Selon les publications des Témoins de Jéhovah, la "fornication" (grec pornéïa) désigne toutes les relations sexuelles qui se pratiquent en dehors du mariage, englobant l'adultère, la prostitution, les relations sexuelles entre personnes non mariées, y compris les relations bucco-génitales, la sodomie ou la manipulation des organes génitaux,[1] l'homosexualité, la zoophilie et la pédophilie. C'est est le seul motif de divorce qui peut mettre fin aux liens du mariage et qui permet un remariage. La masturbation est également interdite, bien que non passible d'exclusion. Il fut un temps où même la sexualité dans le cadre du mariage fut régentée par l'organisation, ce qui n'est toutefois plus d'actualité. Un Témoin de Jéhovah qui pratique la fornication sans se repentir est passible d'exclusion.

Dans le cadre du mariage

Influence des présidents

L'attitude des quatre premiers présidents de la Société Watch Tower sur les questions sexuelles ont grandement influencé l'ensemble de des fidèles de la communauté sur ce sujet.

Ainsi, Charles Taze Russell, le fondateur du mouvement religieux, semblait comprendre les besoins sexuels des fidèles membres des Étudiants de la Bible. Il considérait toutefois que le sexe était de nature non-spirituelle et plutôt animale. Du fait de ses problèmes conjugaux (il a été séparé légalement de son épouse Maria Russell avec laquelle il n'avait pas de relations sexuelles), il est devenu très sensible aux relations hommes-femmes, mais la plupart de ses disciples vivant en couple n'avaient pas de relations sexuelles.[2]

En 1908, Russell mit en place un "vœu" adressé au Seigneur concernant le comportement à adopter envers le sexe opposé, vœu en sept points qui déclarait notamment: "De plus, je fais le vœu que, avec les exceptions ci-dessous, je me comporterai en privé en tout temps et en tous lieux envers ceux du sexe opposé exactement comme je le ferais en public — en présence d'une congrégation du peuple du Seigneur, et pour autant que cela est raisonnablement possible, je vais éviter d'être dans une pièce avec toute femme seule, à moins que la porte de la salle ne reste grande ouverte — épouse, enfants, mère et sœurs exceptées."[3] Au cours de l'année, Russell demanda aux pèlerins de prononcer ce vœu en mars 1908, puis aux colporteurs, anciens et diacres en juin, puis à tous les associés de l'International Bible Students Association;[4] ceux-ci devaient en informer Russell par écrit afin qu'il publie une liste. Certains Étudiants de la Bible critiquèrent cette disposition de Russell, lui rappelant que dans des écrits antérieurs il avait exprimé des points de vue négatifs sur la pratique du vœu. Russell accepta de ne plus publier la liste des fidèles ayant prononcé ce vœu, mais continua à promouvoir celui-ci.[3] Cela provoqua un conflit qui dura plusieurs mois, divisant les fidèles en deux camps. Simon Blunden, l'un des premiers membres du bureau des directeurs, s'opposa à ce vœu qu'il considérait comme une prescription sectaire liant le fidèle à la Watch Tower, et fut soutenu par Ernest Henninges, tandis que le schisme de la nouvelle alliance était sur le point de se produire.[5]

Sous la présidence de Joseph Franklin Rutherford, les rapports sexuels ont été condamnés avec une grande sévérité dans les publications de la Société Watch Tower, en conséquence de quoi les rapports sexuels des fidèles mariés ont été affectés de façon défavorable.[2]

Nathan Homer Knorr, le troisième président, a été affecté par le point de vue de son prédécesseur sur les questions sexuelles ; aussi, il a adopté un point de vue très différent sur celles-ci. L'amour romantique a été réhabilité, mais les rapports sexuels ont été soumis à une stricte moralité.[2]

Selon un témoin anonyme, Frederick Franz, le quatrième président qui lui-même ne s'est jamais marié, avait même précisé où il était possible d'embrasser son/sa compagnon/compagne et où il ne fallait pas ; cette attitude a été considérée par des critiques du mouvement comme une volonté de régenter chaque détail de la vie des fidèles.[6]

Évolution de la position de la Société Watch Tower

Chez les Témoins de Jéhovah, les relations sexuelles ne sont autorisées que dans le cadre du mariage. Selon eux, Dieu a prévu que la vie se transmette par les relations sexuelles dans ce cadre (Genèse 1:26-28) et les organes sexuels ont un lien étroit avec la vie, qui est sacrée. De ce fait, au fil du temps, la société Watch Tower s'est immiscée dans la vie sexuelle des couples Témoins de Jéhovah en fixant des règles délimitant les pratiques sexuelles convenables ou pas, allant jusqu'à menacer d'exclusion les contrevenants.

1970

Un article dans La Tour de Garde du 1er août 1970, pp. 476,477, attira pour la première fois l'attention des Témoins de Jéhovah sur certaines pratiques sexuelles dans le cadre des relations conjugales. Plusieurs personnes ayant écrit à la Société Watch Tower pour lui demander son avis concernant ces pratiques, celle-ci a trouvé utile de faire une mise au point.

Le périodique explique que les organes sexuels mâle et femelle ont été créés par Dieu pour être utilisés dans le but de procréer et qu'il n'est pas nécessaire de décrire la manière dont ces organes doivent coopérer pour réaliser ce dessein. Il ajoute que leur rôle est tout à fait évident et que les personnes mariées savent "de quelle façon l'organe de l'homme s'adapte à celui de sa femme dans le but très sérieux de procréer". Puis en s'appuyant sur Romains 1:24-32, il indique que Dieu n’approuve pas ceux qui font un usage perverti des organes de reproduction, afin de satisfaire leurs désirs avides de sensations d’ordre sexuel et que cela est également vrai pour les couples mariés qui ne doivent pas pervertir "l'usage naturel de la femme'.

L'article conclut toutefois en disant qu'il "appartient aux conjoints de décider avec amour, respect et générosité de la conduite à tenir en gardant à l’esprit l’importance de la maîtrise de soi".

1972-1973

La Tour de Garde du 1er mars 1973, pp. 158-160 (éd. angl. du 1er décembre 1972, pp. 734-36) va encore plus loin en rendant passible d'exclusion les Témoins de Jéhovah qui pratiquent la copulation orale ou annale, qu'elle qualifie de pratiques obscènes et "contre nature":

« Les aînés pas plus que les autres membres de la congrégation chrétienne n’ont la responsabilité de se mêler de la vie privée des couples mariés. Cependant, à l'avenir, si des cas de conduite contre nature, tels que la pratique de la copulation orale ou anale, sont portés à leur attention, les aînés devront agir pour s'efforcer de corriger la situation avant qu’il en résulte des difficultés plus grandes, comme ils le feraient pour toute autre faute grave. Leur désir est évidemment d’aider ceux qui se sont égarés et qui sont tombés dans le "piège du Diable". (II Tim. 2:26.) Cependant, si des chrétiens méprisent volontairement les principes d’ordre sexuel établis par Jéhovah Dieu, il faudra alors les exclure de la congrégation, car ils constituent un dangereux "levain" qui risque de contaminer les autres chrétiens. — I Cor. 5:6, 11-13. »

De plus, estimant qu'il ne lui appartient pas "d'établir une ligne de démarcation précise indiquant où s'arrête ce qui est "naturel" et où commence ce qui est "contre nature"", la Société Watch Tower ajoute qu'en réfléchissant aux principes bibliques, un chrétien doit pouvoir discerner ce qui est grossièrement contre nature, notamment lors "des caresses et des “préliminaires amoureux” précédant la copulation". Celui-ci doit faire "preuve de sagesse en rejetant toute pratique qui serait voisine d’une forme de copulation contre nature ou qui pourrait l'amener à s'y livrer".

Enfin, le périodique explique qu'une femme Témoin mariée à un "non-croyant" doit aussi refuser de se livrer à des "actes aussi indécents et contre nature", même si elle risque de s'attirer des "difficultés, voire des persécutions".

1978

Dans La Tour de Garde du 15 mai 1978, pp. 30-32, la Watch Tower fit cependant marche-arrière en ce qui concerne sa politique d'exclusion dans le cadre de certaines pratiques sexuelles des couples mariés:

« Dans le passé, notre périodique a fait paraître plusieurs commentaires à propos de certaines pratiques sexuelles particulières, telles que la copulation orale, et cela dans le cadre du mariage. Ces pratiques furent mises au même rang que les actes de la plus grave immoralité. On en a conclu que ceux qui se livraient à de telles pratiques étaient passibles d’exclusion, à moins de se repentir. On considérait en effet qu'il entrait dans les attributions des anciens de la congrégation de s'informer de telles pratiques conjugales et d’utiliser leur pouvoir judiciaire dans ces cas. Cependant, un réexamen attentif de la question nous apporte la conviction qu’en l'absence d'instructions bibliques précises, c'est au couple lui-même d’assumer sa responsabilité devant Dieu dans ce domaine, et qu’il ne revient pas aux anciens de la congrégation d’essayer de régenter les pratiques sexuelles entre conjoints ni de prendre des mesures d’exclusion pour ce seul motif

Suite à un réexamen de la question, elle estime maintenant que "les Écritures ne contiennent aucune information qui permettrait de définir avec certitude quelles pratiques conjugales sont ou ne sont pas de la "fornication" (pornéïa en grec) et elle explique que c'est pour obéir à "un sens aigu des responsabilités" qu'elle s'abstient "d'adopter une attitude dogmatique dans un domaine où les critères nécessaires semblent manquer". Toutefois, elle précise qu'il ne faut surtout pas comprendre qu'elle excuse les différentes pratiques sexuelles en question. Elle explique qu'il est possible, sinon probable, que certaines des pratiques auxquelles se livrent aujourd'hui des couples mariés étaient, à l’origine, caractéristiques des mœurs homosexuelles et aurait donc une origine "choquante". Pour cette raison, un Témoin de Jéhovah sincère ne doit pas écarter une réflexion sur le sujet. Le périodique ajoute que si les anciens de la congrégation laissent à leurs frères et sœurs le droit d’agir selon leur propre conscience dans des domaines où les Écritures sont imprécises, ils ont en contrepartie le droit de suivre également la voix de leur conscience dans leur attitude vis-à-vis de ceux qui se mettent dans des situations litigieuses. S'ils pensent sincèrement que le comportement d'un membre de la congrégation dans le domaine des relations intimes est tel qu'ils ne peuvent le recommander en toute bonne conscience pour un quelconque privilège de service dans la congrégation, ils ont le droit d’agir ainsi.

On remarquera que si la Watch Tower reconnaît la parution, dans son périodique, de plusieurs commentaires à propos de certaines pratiques sexuelles , elle utilise le "on", pronom personnel indéfini, pour désigner ceux qui en ont tiré de mauvaises conclusions. Alors qu'elle utilise bien le "nous", pour s'identifier à ceux qui ont maintenant la bonne compréhension des versets bibliques. Pourtant, c'est bien elle qui avait établi, et cela très clairement, que les Témoins de Jéhovah pratiquants la copulation orale et annale étaient passibles d'exclusion.

1983

Dans La Tour de Garde du 15 juin 1983, pp. 27-31, la Watch Tower explique que le terme "fornication" (pornéïa en grec), quand il est pris dans son sens large ainsi qu’en Matthieu 5:32 et 19:9, désigne une grande diversité de pratiques sexuelles extraconjugales et illicites. Dès lors, même si l’un des époux impose "des perversions sexuelles, comme la sodomie ou la copulation orale", dans le cadre du mariage, cela ne constitue pas un motif biblique de divorce. Toutefois, la Watch Tower revient sur sa prise de position de 1978, car elle indique que ces pratiques sexuelles, dans le cadre des relations conjugales, peuvent à nouveau être passible d'exclusion:

« Comme nous l'avons déjà dit, les anciens ne sont pas des "policiers"; il ne leur appartient pas de surveiller les affaires conjugales des couples de la congrégation. Cependant, s'il devient notoire qu'un membre de la congrégation pratique ou recommande ouvertement des relations conjugales contre nature, cet individu ne serait assurément plus irrépréhensible, et partant, il ne pourrait assumer aucun privilège spécial, comme la fonction d’ancien, de serviteur ministériel ou de pionnier. En pratiquant et en encourageant de pareils actes, une telle personne pourrait même devenir passible d'exclusion. Pourquoi? En Galates 5:19-21, il est question de nombreux vices qui, s'ils ne sont pas compris dans les acceptions du terme pornéïa, peuvent néanmoins conduire celui qui les pratique à se voir refuser l’entrée dans le Royaume de Dieu. Parmi ceux-ci figurent l'"impureté" (en grec akatharsia, mot qui désigne la malpropreté, la dépravation et la lubricité) ainsi que l'"inconduite" (en grec asélgéïa, terme qui évoque la licence, le dévergondage et l'impudence). Tout comme la pornéïa, ces défauts, lorsqu’ils deviennent graves, peuvent constituer pour la congrégation chrétienne autant de motifs d’exclusion. »

Témoignage de Raymond Franz

Raymond Franz, ancien membre du Collège Central, témoigne des évènements liés à cette période, dans son livre Crise de conscience, pages 52 à 60:

« La décision du Collège Central en 1972[7] conduisit à un nombre impressionnant "d'auditions judiciaires", car les anciens donnaient suite à tous les rapports ou confessions de pratiques sexuelles en question. Les femmes vécurent des moments embarrassants et difficiles au cours de ces auditions où elles devaient répondre aux questions des anciens sur les relations intimes dans leur couple. Nombre de ménages où l'un des conjoints n'était pas Témoin connurent une période turbulente, le conjoint non-Témoin s'opposant énergiquement à ce qu’il ou elle considérait comme une intrusion injustifiée dans leur intimité. Certains mariages furent brisés et finirent par un divorce. »
« Dans un mémorandum au Collège Central, daté du 9 août 1976, un membre de l'équipe du siège mondial affecté à la correspondance déclara : "Maints et maints problèmes ont surgi à cause de la décision prise, le plus souvent quand le mari est incroyant [comprenez non-Témoin]. Les femmes n'ont pas permis à leur mari de les stimuler de cette façon ou ont refusé de stimuler leur mari de cette façon. Résultat: des mariages brisés." »
« Pendant une période de cinq ans, nous reçûmes un volume de courrier sans précédent, la plupart questionnant où dans la Bible, se trouvait ce qui pouvait bien autoriser les membres du Collège Central à s'ingérer dans la vie privée des autres, et exprimant l'impossibilité de discerner la validité des arguments avancés dans la littérature pour soutenir une telle position. (...) D'autres lettres, écrites principalement par des femmes mariées, exprimaient simplement la confusion et l'angoisse qu'elles ressentaient, car elles étaient incertaines si leurs "préludes sexuels" étaient convenables ou non. (...) Finalement, lorsque cinq ans plus tard, le sujet revint à l’ordre du jour, la politique d’exclusion fut supprimée et le Collège Central cessa de s'ingérer dans ce domaine intime de la vie des autres. (...) Je savais que, quoiqu’on puisse dire, rien ne pourrait jamais compenser ou réparer les dégâts causés par la gêne, le désarroi mental, la détresse émotionnelle, les tourments de culpabilité et les mariages brisés, causés par la décision antérieure (...) Rien de tout cela n’aurait dû arriver. »

Il précise que c'est quelques années après sa démission du Collège Central que l'organisation remit en place les éléments de base de sa première décision sur les "pratiques sexuelles impures", dans La Tour de Garde du 15 juin 1983 , sous l'impulsion probable de Lloyd Barry. Toutefois, selon lui, l'article de 1983 ne suscita pas beaucoup d’auditions judiciaires, comme ce fut le cas en 1972, peut-être parce que la première expérience avait suscité tant de mauvais fruits que les anciens ont dû se montrer moins zélés pour enquêter.

Hors mariage

Fornication

Les relations sexuelles préconjugales vont à l'encontre des normes morales établies par la Watch Tower. Selon elle, avoir des relations sexuelles avant le mariage revient à commettre l'adultère et à encourir la condamnation divine. Le Témoin de Jéhovah doit donc préserver son esprit des pensées immorales en fuyant la pornographie, la lecture de récits faisant la part belle aux relations sexuelles et en évitant d' écouter des "chansons suggestives".[8].

Les Témoins de Jéhovah ayant eu des rapports sexuels avant le mariage peuvent être exclus s'ils ne montrent pas de repentir. Si des fiancés se sont livrés à de nombreuses reprises "à des caresses érotiques qui attisent le désir sexuel", les anciens peuvent aussi former un comité de discipline religieuse s'ils estiment qu'il y a eu impureté grave.[9]

Adultère

Dans sa définition actuelle, le terme adultère désigne des personnes mariées qui ont de plein gré des rapports sexuels avec quelqu'un de l'autre sexe qui n’est pas légalement leur conjoint. S'ils ne se repentent pas, les Témoins de Jéhovah adultères peuvent être exclus de la congrégation. Le conjoint "innocent" est en droit de demander le divorce pour un motif biblique et de se remarier. Il peut aussi pardonner à son conjoint s'il estime que le repentir de celui-ci est sincère. S'il a de nouveau des relations sexuelles avec son conjoint, il montre qu’il a décidé de se réconcilier avec le fautif et annule ainsi tout motif biblique de divorce.[10]

Homosexualité

Voir article détaillé : Homosexualité

Selon le point de vue des Témoins de Jéhovah, les textes bibliques sont très explicites sur ce sujet, certains passages condamnant ouvertement les pratiques homosexuelles. Dans leurs publications, les Témoins citent plusieurs versets tels que ceux-ci:

  • Lévitique 20:13 (Traduction du Monde Nouveau): « Lorsqu'un homme couche avec un mâle comme on couche avec une femme, tous deux ont fait une chose détestable. Ils doivent absolument être mis à mort. Leur sang est sur eux. »
  • Romains 1:24-27 (Traduction du Monde Nouveau): « C'est pourquoi Dieu les a livrés, selon les désirs de leur cœur, à l’impureté, pour que leurs corps soient déshonorés chez eux, oui ceux qui ont troqué la vérité de Dieu contre le mensonge et qui ont vénéré la création — lui offrant un service sacré — plutôt que Celui qui a créé, lequel est béni pour toujours. Amen. Voilà pourquoi Dieu les a livrés à des désirs sexuels honteux, car leurs femelles ont changé l’usage naturel de leur corps en celui contre nature ; et pareillement les mâles aussi ont laissé l'usage naturel de la femelle et se sont enflammés dans leur passion les uns pour les autres, mâles avec mâles, faisant ce qui est obscène et recevant en eux-mêmes le plein salaire que méritait leur égarement. »
  • Jude 7 (Traduction du Monde Nouveau): « Pareillement Sodome et Gomorrhe et les villes d'alentour, après qu’elles eurent commis, de la même manière que ceux-là, la fornication avec excès et furent allées après la chair pour un usage contre nature, sont placées devant nous comme un exemple qui est un avertissement en subissant la punition judiciaire d'un feu éternel. »

Pour l'organisation des Témoins de Jéhovah, l'homosexualité fait partie de ce que la Bible appelle de la pornéia en grec, rendue souvent par 'fornication', c'est-à-dire un usage foncièrement immoral, naturel ou non, des organes génitaux d'un homme ou d'une femme, impliquant la présence d'un partenaire.

Du fait que dans la société environnante l'homosexualité semble être de plus en plus pratiquée librement, la Société Watch Tower a réaffirmé à de nombreuses reprises sa position sur l'homosexualité dans ses publications. Elle déclare par exemple:[11]

« Les Témoins n'ont jamais eu de doute quant à la façon de considérer l’homosexualité. Pourquoi ? Parce qu’ils ne traitent pas les exigences bibliques comme de simples opinions humaines d'un autre temps (1 Thessaloniciens 2:13). Ils sont heureux de diriger des études de la Bible avec des homosexuels, afin de leur faire connaître les exigences de Jéhovah, et ceux-ci peuvent assister aux réunions des Témoins en auditeurs. Cependant, si quelqu’un continue à pratiquer l’homosexualité, il ne peut pas devenir Témoin de Jéhovah. — 1 Corinthiens 6:9-11;Jude 7 »

Selon les Témoins de Jéhovah, l'homosexualité, tant masculine que féminine, est une pratique désapprouvée par Dieu et considérée comme une perversion, moralement mauvaise et contre-nature. Pratiquer des actes sexuels entre personnes de même sexe revient selon eux à se rabaisser au niveau de la bête,[12] et un fidèle qui s'y adonnerait risque l'exclusion s'il ne se repent pas :

« En revanche, ce qui, d'après la Bible, est condamné par Dieu et constitue un motif d'exclusion, c'est la "conduite", le "comportement" ou la "perversion" de l'homosexuel à l'égard des individus de son propre sexe. Prise dans ce sens, l'homosexualité ne suppose pas forcément la pratique de la sodomie. Tout acte impliquant au moins l'usage des organes génitaux de l'un des partenaires, qu’il consiste à embrasser, à caresser les parties sexuelles de l'autre, à frotter ses propres organes génitaux contre son corps, ou à se livrer à quelque autre pratique semblable pour se procurer une jouissance sexuelle avec une personne du même sexe est une forme d’homosexualité. Lorsqu'on parle d’homosexuels, la plupart des gens pensent aux hommes. Toutefois, ce terme désigne également les femmes qui se livrent à des pratiques analogues, bien qu’on les qualifie communément de lesbiennes.» (La Tour de Garde, 1er septembre 1983, p. 26)

Pédophilie

Voir article détaillé Liste des affaires de pédophilie

La pédophilie est contraire aux valeurs morales des Témoins de Jéhovah. Selon les publications de la Société Watch Tower, cette pratique relève aussi de ce que la Bible appelle la pornéia en grec. La pédophilie est donc un péché grave susceptible de tomber sous le coup d'une exclusion:

« Les lois bibliques ont-elles un effet sur votre vie de famille? Par exemple, on lit en Lévitique 18:6: "Vous ne devrez vous approcher, nul homme d'entre vous, d'aucune proche parente charnelle, pour en découvrir la nudité. Je suis Jéhovah." Pareillement aujourd'hui, la congrégation chrétienne fait respecter des lois strictes contre toute forme d'agressions sexuelles. Quiconque se rend coupable d'attentat aux moeurs sur un enfant risque d'être exclu, chassé de la congrégation. - 1 Corinthiens 6:9, 10.» — Réveillez-vous !, 8 octobre 1993

Le traitement de la pédophilie au sein du mouvement a toutefois suscité de nombreuses polémiques, il leur est reproché d'avoir pendant longtemps traité en interne les affaires de pédophilie, sans en avoir averti les autorités judiciaires de ces pays, pour "ne pas jeter l'opprobre sur l'Organisation de Jéhovah".

Zoophilie

La zoophilie, appelée bestialité dans les publications des Témoins de Jéhovah est condamnée par le mouvement et passible d'exclusion:

« Rapports sexuels contre nature entre un homme ou une femme et un animal. La Loi mosaïque réprouvait expressément cette pratique perverse: elle condamnait à mort la personne coupable et la bête. "Lorsqu'un homme donne son émission séminale à une bête, il doit absolument être mis à mort, et vous tuerez la bête. Lorsqu'une femme s'approche d'une bête quelconque pour s’accoupler avec elle, tu dois tuer la femme et la bête." — Lv 20:15, 16 ; 18:23 ; Ex 22:19 ; Dt 27:21.(...) Cette pratique dépravée, la bestialité, est concernée par le mot grec pornéïa qui est rendu par "fornication". Quiconque se livre à cette pratique immonde est moralement impur, et si un membre de la congrégation chrétienne le faisait, il serait passible de l'exclusion. — Ép 5:3 ; Col 3:5, 6. » — Étude perspicace des Écritures, vol 1, p. 304

Viol

Voir article détaillé Viol

Les publications des Témoins de Jéhovah définissent le viol comme un « rapport sexuel illicite sans consentement de la femme, imposé par la force, la violence, l'intimidation ou la tromperie quant à la nature de l'acte ».[13]

De 1964 à 1993, la Société Watch Tower a enseigné que si une femme (ou un homme) ne criait pas, ne se débattait pas, ou ne fuyait pas lors d'une tentative de viol, elle (il) devenait en réalité complice de son agresseur. Ainsi, une femme qui ne criait pas commettait la fornication et était donc passible de l'excommunication. Voici ce qu'on pouvait lire dans ses publications:

« Mais supposez que l'homme, brandissant une arme, ait menacé de rouer la jeune fille si elle refusait de coucher avec lui. (...) Si une chrétienne ne crie pas et ne fait pas tout son possible pour fuir, on peut considérer qu'elle s'est prêtée au viol. (...) Si elle se soumettait aux désirs passionnés de l'homme, non seulement elle se prêterait complaisamment à la fornication ou à l'adultère, mais encore elle se couvrirait de honte. Elle n'aurait pas seulement été victime d'un acte ignoble mais elle aurait aussi violé la loi de Dieu en ayant eu des relations sexuelles avec un autre que son conjoint légal, ce qui serait aussi une cause de honte. » — La Tour de Garde, 1er octobre 1964, pp. 607-08
« On définit le viol comme l'action d'avoir des relations sexuelles, quelle qu'en soit la nature, commise par usage de la force ou sous la menace, contre la volonté de la victime. C'est donc l'usage de la force envers une victime non consentante qui fait de l'agresseur un violeur. Par conséquent, la personne violée n'est pas coupable de fornication. À l'instar d'une victime de l'inceste, elle subit la contrainte de son agresseur, ce qui peut l'amener à se soumettre. Ce n'est pas parce qu'une femme est obligée de se soumettre à un violeur sous l'effet de la terreur ou de l'affolement qu'elle consent à l'acte. Le consentement repose sur la possibilité de choisir en dehors de toute menace; il est actif, et non passif. » — Réveillez-vous !, 8 mars 1993, pp. 4,5

Ce point de vue a été critiqué par des opposants au mouvement religieux qui lui reproche d'avoir causé la mort de nombreuses jeunes femmes violées (en Afrique notamment) qui avaient suivi les consignes données par la Société Watch Tower.[14][15] Toutefois, depuis 1993, un(e) Témoin de Jéhovah violé(e) et qui n'a pas crié n'est plus coupable de fornication et en conséquence n'est plus passible d'une excommunication. Ce point de vue fut à nouveau invalidé par une publication parue en 2003.

Masturbation

Voir article détaillé Masturbation

Selon la Watch Tower, la masturbation est indiscutablement une pratique impure. C’est, à ses dires, ce que montre clairement le fait que selon la Loi de Moïse, même une émission involontaire de semence rendait un homme impur jusqu’au soir. Eu égard à cela, elle estime qu’une émission de semence provoquée délibérément par la masturbation est une impureté plus grande encore. Cependant, elle considère qu’elle n'est pas aussi grave que les actes sexuels "grossièrement impurs" désignés par le mot grec pornéïa, comme l'adultère, l'homosexualité et la bestialité qui étaient des transgressions de la Loi méritant la mort. Elle reconnaît d'ailleurs que la Bible ne mentionne pas la masturbation. Toutefois, elle ajoute que la Bible condamne fortement les pratiques impures et par conséquent, les Témoins de Jéhovah doivent faire de grands efforts pour rejeter toute habitude impure, y compris la masturbation.[16] Voici ce qu'on peut lire dans ses publications :

« D'autre part, il est reconnu que les gens anormaux, à l'esprit dérangé, se livrent à la masturbation, ce qui prouve le caractère anormal et contre nature de cette pratique. D'une manière quelque peu similaire, le Bremerton Sun (Washington) déclare que nombre de prêtres et de religieuses à l’esprit dérangé sont esclaves d'habitudes masturbatoires. » — La Tour de Garde, 1er janvier 1974, p. 23
« Celui qui se livre à la masturbation cherche donc à se procurer ce plaisir sans en payer le prix, c'est-à-dire sans assumer les responsabilités qui découlent du mariage. » — Votre Jeunesse... Comment en tirer le meilleur parti, chapitre 5, p. 36

Plus récemment, les publications des Témoins de Jéhovah ont expliqué que la masturbation exerce une lente influence corruptrice sur l'esprit, car cette habitude amènerait celui qui la pratique à ne plus voir en son corps qu’un objet réservé au plaisir sexuel. Celui-ci s'absorberait dans les sensations que lui procure son corps, montrant un total égocentrisme et le sexe deviendrait alors étranger à toute notion d’amour. Par la suite, il pourrait développer "une mauvaise attitude vis-à-vis des personnes de l’autre sexe, les considérant davantage comme des objets sexuels que comme des êtres humains avec leur sensibilité".[17] Par conséquent, la masturbation pourrait être nuisible à un mariage ultérieur (la personne se masturbant risquant de ne pas chercher à satisfaire les besoins de son conjoint),[18] et pourrait contribuer à des fantasmes de nature homosexuelle,[19] ou conduire à l'homosexualité.[20]

Enfin, les publications des Témoins de Jéhovah ajoutent que bien que la masturbation puisse engendrer un fort sentiment de culpabilité, celui qui y a recours peut avoir une conscience nette en demandant pardon à Dieu dans la prière et en luttant vigoureusement contre cette pratique.[17] Il est recommandé aux jeunes de combattre cette habitude en étant bien occupés dans les activités cultuelles proposées par le mouvement (prédication, prière...) et en demandant conseil auprès d'un ancien.[21]

La masturbation n'est cependant pas passible d'exclusion.

Selon des critiques du mouvement, cette condamnation sévère d'une pratique aussi courante, dans la littérature jéhoviste, peut entraîner chez ses jeunes adeptes un fort sentiment de culpabilité. Dans son livre, Nicolas Jacquette relate que la condamnation de cette pratique par le mouvement a entraîné chez lui une forte culpabilisation, qui l'a amené à se confesser à ses parents Témoins de Jéhovah, ceci en vue de recevoir une aide spirituelle et de mettre un terme à cette pratique.[22]

Contraception

Selon les publications des Témoins de Jéhovah, la Bible ne condamne pas la contraception qui est laissée à l'appréciation des couples. La décision d’avoir beaucoup ou peu d'enfants, voire de ne pas en avoir du tout, ne regarde qu'eux. Toutefois, pour "respecter le caractère sacré de la vie', ils doivent écarter les méthodes contraceptives abortives, qui interrompent la vie de l’enfant en développement.[23]

Conséquences

En 2011, une étude menée auprès de 14 500 personnes par deux psychologues à la Kansas University révéla que ceux qui ont été élevés Témoins de Jéhovah sont particulièrement frustrés dans leur vie sexuelle. Lorsqu'ils quittaient les Témoins, ils estimaient que leur vie sexuelle s'en trouvait grandement améliorée.[24]

Voir aussi

Liens externes

Références

  1. Arrowup.png La Tour de Garde, 15 juillet 2006, p. 29
  2. 2,0, 2,1 et 2,2 Penton, James (1997, 2è éd.) (anglais), Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, Toronto: University of Toronto Press, pp. 262,266
  3. 3,0 et 3,1 Penton, James (1997, 2è éd.) (anglais), Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, Toronto: University of Toronto Press, p. 41
  4. Arrowup.png Parkinson, James (1999, 3è éd.) (anglais), The Bible Student Movement in the Days of CT Russell, format pdf, p. 41
  5. Arrowup.png Zydek, Fredrick (2010, 2è éd.) (anglais), Charles Taze Russell: His Life and Time. The Man, the Millennium and the Message, Winthrop Press, pp. 247-49 (ISBN 978-1-4499-5157-3)
  6. Arrowup.png Gruss, Edmond C. (16 décembre 2003) (anglais), The Four Presidents of The Watch Tower Society, Xulon Press, p. 27 (ISBN 978-1594671319)
  7. Arrowup.png La Tour de Garde, 1er mars 1973, pp. 158-160 (éd. angl.: 1er décembre 1972, pp. 734-36); La Tour de Garde, 15 février 1973, pp. 127,128 (éd. angl.: 15 novembre 1972, pp. 703,704)
  8. Arrowup.png La Tour de Garde, 15 novembre 2006, p. 6
  9. Arrowup.png La Tour de Garde, 15 juillet 2006, p. 30
  10. Arrowup.png Réveillez-vous !, 8 août 1995, p. 11
  11. Arrowup.png WTBTS (1993), Les Témoins de Jéhovah - Prédicateurs du Royaume de Dieu, p. 175
  12. Arrowup.png Étude perspicace des Écritures, vol. 2, p. 378, article "L'usage naturel du corps":
    « De telles personnes s'abaissent au niveau de la bête (Rm 1:26, 27 ; 2P 2:12). Elles vont après les choses mauvaises de la chair parce que, comme les animaux, elles sont dépourvues de raison, n'ayant aucune spiritualité. — Jude 7,10. »
  13. Arrowup.png Étude perspicace des Écritures, vol. 2, p. 1161, article "Viol"
  14. Arrowup.png Luc, Jacques, "Criez, filles africaines!", aggelia.be. Consulté le 11 août 2011
  15. Arrowup.png Wilson, Diane (26 juillet 1994) (anglais), "Rape and Jehovah's Witnesses", freeminds.org. Consulté le 11 août 2011
  16. Arrowup.png La Tour de Garde, 15 juin 1974, p. 384
  17. 17,0 et 17,1 Réveillez-vous !, 8 septembre 1987, pp. 19-21
  18. Arrowup.png Réveillez-vous !, 8 septembre 1987, pp. 20,21
  19. Arrowup.png Réveillez-vous !, 8 avril 1989, pp. 22,23
  20. Arrowup.png La Tour de Garde, 1er janvier 1974, p. 23
  21. Arrowup.png Les jeunes s'interrogent — Réponses pratiques, 1989, pp. 206-10
  22. Arrowup.png Jacquette, Nicolas (2007), Nicolas, 25 ans, rescapé des Témoins de Jéhovah, éditions Balland, p. 131
  23. Arrowup.png Réveillez-vous !, 22 février 1993, pp. 8,9
  24. Arrowup.png IPC Press, (24 may 2011) (anglais), "Sex and Secularism - Sex Improves Dramatically After Leaving Religion", format pdf, p. 3. Consulté le 20 juillet 2011