Suicide

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La Société Watch Tower a toujours condamné le suicide qu'elle considère être un meurtre et un péché contre soi-même et contre Dieu; malgré cela, plusieurs critiques affirment que l'appartenance au mouvement augmenterait l'éventualité de se suicider. Défendant l'organisation sur ce point, un représentant des Témoins en Russie a déclaré que "l'incitation au suicide ne fait pas partie de nos pratiques ni de nos préceptes",[1] — alors que dans le même temps, le mouvement demande aux Témoins de refuser une transfusion sanguine salvatrice, même si dans ce cas de figure il n'y a pas une volonté de mourir. De plus, les prescriptions de la Watch Tower au sujet des funérailles d'adeptes ayant mis fin à leurs jours ont parfois fait l'objet de critiques du fait de leur manque de compassion et d'amour. D'une manière générale, bien que l'on ne puisse pas déterminer précisément le taux de suicide chez les Témoins, on peut affirmer que certains règles propres à la Watch Tower peuvent favoriser des états d'esprit ou des comportements qui peuvent mener au suicide.

Dans les publications

Point de vue doctrinal

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La Tour de Garde (anglais), 1er avril 1903, R3176, p. 111, "Interesting Questions Answered. How Shall We View Suicide?" À la question: "Comment allons-nous considérer le suicide? Quelle est la gravité de cette question? Faut-il le considérer comme un crime?", le périodique répond: "Le suicide doit être considéré comme un crime très grave, à moins qu'il ne soit l'acte d'un esprit dérangé dont la responsabilité du point de vue de Dieu et des hommes serait, de ce fait, considérablement amoindrie." Puis il montre l'importance de la vie, et explique que "toute tentative de notre part pour couper court à nos propres privilèges, signifierait non seulement une rébellion contre la volonté divine, mais une folie en ce qui concerne nos propres intérêts, incompréhensibles, comme nous venons de dire, sauf en vertu de quelque illusion mentale."
La Tour de Garde, (anglais) 15 septembre 1913, R5318, p. 287, "Are Suicides Morally Responsible?", repris dans Livre de questions, par L.W. Jones, Mouvement Missionnaire Intérieur Laïque, pp. 774,775 À la question: "Pourriez-vous donner la pensée correcte quant au sort de celui qui commet un suicide. En sera-t-il puni? Ou sa punition est-elle la mort?", Charles Taze Russell répondit: "La théorie que les suicidés sont irrémédiablement perdus a été formulée durant les Âges des Ténèbres. La pensée était que le meurtre personnel étant un péché commis en tant que dernier acte, indiquait un cœur et un esprit en désaccord avec l'arrangement de Dieu jusqu'au dernier moment de la vie. La pensée que la mort met fin à toute espérance consolidait la théorie que le tourment éternel est le salaire du suicidé. Nous croyons que ceci est tout à fait faux en tout point." Puis il développe 8 points pour soutenir son point de vue, le dernier exprimant ceci: "Nous ne serions pas enclins à espérer qu'un suicidé fasse partie de l'Église glorifiée de Christ mais, au plus, qu'il fasse partie du monde — qu'il aura une épreuve pour la vie ou la mort éternelle sous les conditions favorables du Royaume du Messie avec le reste du monde. Cependant, nous ne devons même pas être dogmatiques sur ce point, nous souvenant que le Seigneur a permis à certains, apparemment saints, de perdre la raison dans une mesure plus grande que certains dans le monde qui se sont suicidés."
La Tour de Garde (anglais), 15 mars 1925, p. 91, "Interesting Questions" "Personne n'est justifié à commettre un suicide, que ce soit directement ou indirectement, et si l'on veut délibérément négliger sa santé physique avec l'idée de mourir et d'aller au ciel, ceci serait une voie insensée et ne serait sûrement pas agréable au Seigneur."
La Tour de Garde, 1er novembre 1975, p. 671, "Questions des lecteurs" Il est dit que le suicide est "condamné par la Bible", car c'est "un meurtre", et que les suicidés rapportés dans la Bible sont ceux d'infidèles (Saül, Ahithophel, Zimri, Judas Iscariote). Le suicidé qui n'est pas fou "méprise à l'évidence le caractère sacré de la vie", "révèle qu'elle n'avait ni principes, ni foi, ni crainte de Dieu", a accompli une "manifestation d'égoïsme extrême" et un "acte de lâcheté" dans le but de "refuse[r] de faire face à ses problèmes et d'assumer ses responsabilités". "Son geste a mis fin brusquement à ses relations avec Jéhovah", et cette personne a démontré qu'elle n'avait aucun amour pour tout son entourage, car par son acte il "les afflige et jette l'opprobre sur eux". Le suicidé a peut-être été poussé par les démons.

=> Quel jugement à l'emporte-pièce totalement dépourvu de compassion envers le suicidé! De plus, une question se pose: si ce sont les démons qui poussent au suicide, alors comment la personne qui met fin à ses jours peut-elle être considérée comme responsable de son geste?

Réveillez-vous!, 8 décembre 1975, p. 25, "Pourquoi l'augmentation des suicides?" Ce qu'a fait le suicidé "est mal". "Pour beaucoup de personnes c'est difficile à comprendre". Il faut désormais s'en remettre à la "miséricorde de Dieu et [à] sa compréhension", car il "connaît tous les facteurs personnels et sociaux qui ont pu tourmenter une personne, par ailleurs saine d'esprit, au point de l'amener à croire qu'elle devait se suicider".

=> Comme souvent à cette époque, il est fait une distinction entre le suicide d'une personne aliénée mentalement et celui d'une personne dépressive.

Réveillez-vous!, 8 septembre 1990, p. 23, "D'après la Bible... Les suicidés ressusciteront-ils?" C'est Dieu qui jugera si un suicidé sera ressuscité ou pas, car lui seul "peut comprendre pleinement le rôle des troubles mentaux, des tensions extrêmes, voire des tares génétiques, dans une "crise suicidaire"". De plus, le suicidé n'est plus en mesure de se repentir, alors qu'il l'aurait peut-être fait s'il était encore en vie. En conclusion, "nous ne pouvons dire de quelqu'un qui décide brusquement de mettre fin à ses jours s'il sera ressuscité ou non".

=> Le suicide est toujours condamné, mais davantage de compassion est désormais manifesté, y compris envers les suicidés qui n'étaient pas aliénés mentalement.

Réveillez-vous!, 22 février 2000, p. 6, "Des raisons de vivre" La résurrection "concerne[ra] vraisemblablement aussi nos chers disparus qui, à cause d'une dépression, d'une maladie mentale ou du désespoir, ont mis fin à leurs jours". Il est dit que Dieu "comprend parfaitement que nos faiblesses et notre fragilité puissent nous conduire à un tel acte de désespoir".

=> Désormais, la dépression est davantage reconnue et prise en compte comme facteur à l'origine d'une tentative de suicide.

Service funéraire

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La Tour de Garde, 1er novembre 1975, pp. 671,672 Dans le cas d'une mort accidentelle ou d'une maladie mentale de la part du suicidé, "la conscience de certains membres de la congrégation leur permettra peut-être d'assister à l'enterrement" (la formulation équivaut à une autorisation). S'il est clairement établi qu'il s'agit d'un suicide, "les membres de la congrégation et les aînés ne voudront peut-être pas participer aux funérailles", cela d'autant encore plus valable si celui qui préside le service funèbre n'est pas Témoin. Dans cette situation, c'est la famille qui enterrera dans son coin le suicidé. "La congrégation pourra préférer ne pas apporter son soutien public à un tel enterrement ni permettre que le service funéraire ait lieu à la Salle du Royaume à cause des conséquences que cela pourrait avoir auprès des gens mal informés du voisinage."

=> On notera toute la subtilité du langage qui ne surprendra pas celui qui est habitué aux tournures de phrases de la Watch Tower: ainsi "leur conscience leur permettra" et "la congrégation pourra préférer" signifie ni plus ni moins que c'est la Société qui autorise ou interdit tout en se retranchant derrière la "conscience" de l'adepte et des verbes de volonté au futur. Quant à la "maladie mentale", elle désignait à l'époque, non pas la dépression nerveuse, mais bien la folie au sens clinique du terme.

Commentant de telles consignes, l'auteur Barbara Grizzuti Harrison ironise sur ce que l'organisation affirme être "un point de vue équilibré" et déclare: "Il est difficile d'imaginer une façon plus froide et dépourvue d'amour dans la manière de traiter l'issue du désespéré et de ses proches. Le désespéré n'est en fait pas du tout considéré — il est enterré avec les morts, par les règles des morts des Témoins."[2]

Dans son second ouvrage, Raymond Franz rapporte le cas d'une Témoin de 34 ans qui s'est suicidée par suite des pressions de l'organisation pour faire plus et de la culpabilité qu'elle lui avait générée. Son mari demanda à obtenir un service funéraire pour sa femme, mais les anciens refusèrent sur la base de cette Tour de Garde, préférant protéger la bonne réputation de la congrégation. Choqué, le mari écrivit à la Société pour expliquer que c'était précisément la pression de la Société Watch Tower qui avait poussé son épouse à mettre un terme à sa vie et exprima son chagrin que sa femme n'ait pas eu un discours. Pour toute réponse, il reçut un courrier dépourvu de compassion dans lequel l'organisation n'a pas du tout cherché à consolé le mari endeuillé, mais à se justifier et à le reprendre d'avoir osé exprimer de telles idées. Le mari rencontra un garde qui avait vu sa femme en dernier avant qu'elle ne se tue, et tandis qu'il lui expliquait que les Témoins refusaient l'armée parce qu'ils ne voulaient pas tuer, le garde lui répondit: "Parfois nous tuons aussi avec des mots".[3]

La Tour de Garde, 1er septembre 1977, p. 538 L'article montrait que le but des funérailles était, non d'exalter le défunt, mais de soutenir la famille endeuillée, de donner le témoignage sur la condition des morts et l'espérance de la résurrection et d'inviter l'auditoire à méditer sur la brièveté de la vie. De ce fait, "il semble qu'un ministre chrétien doive se sentir libre de présider un service funèbre à l'occasion du décès d'un parent non croyant de l'un de ses frères, et ce même si cette personne a attenté à sa propre vie dans un moment d’extrême découragement ou d’aberration mentale."

=> Le changement n'est motivé par aucune argumentation biblique; c'est simplement le point de vue du Collège Central qui avait alors changé.

La Tour de Garde, 15 juin 2002, pp. 30,31 Pour ce qui est de prononcer un discours funéraire à une personne qui s'était suicidée, le périodique dit que c'est à chaque Témoin de se demander s'il peut le faire "en toute bonne conscience". Après avoir rapporté le cas de la mort de Saül et des événements qui l'entourèrent, il est précisé que les buts du service funèbre sont les trois mêmes que ceux mentionnés dans La Tour de Garde de 1977. L'orateur potentiel doit examiner si à son avis, le suicidé a agi sur un coup de tête et si son geste était lié à la dépression; "il se montrera prudent [dans son discours] en ne faisant aucune affirmation au sujet de l'éventualité d'une résurrection".

Dans tous les cas, il est précisé que c'est "à titre personnel" qu'un Témoin prononcera un discours et, de surcroît, il est dit que la façon dont l'entourage considère le suicide et les faits entourant la mort peuvent amener les anciens à ne pas participer au service funéraire. "Comment le suicide et la mort de la personne sont-ils considérés dans la localité ? Dans leur volonté de préserver la réputation des Témoins de Jéhovah, les anciens s'en préoccuperont. En fonction de l’opinion qui prévaut sur le suicide, et particulièrement dans le cas qui se présente à eux, les anciens préféreront peut-être ne pas apporter leur soutien en public à ce genre de funérailles ni permettre qu'elles aient lieu à la Salle du Royaume."

=> Ainsi, afin de bénéficier d'une meilleure réputation — celle d'un groupe de personnes heureuses comme cela ressort systématiquement de ses publications —, l'organisation semble bel et bien abandonner le suicidé qui, dans le meilleur des cas, ne bénéficiera d'un discours mais simplement dans un but prosélyte, non réellement à sa mémoire. De tels manques d'égards furent également manifestes à une époque dans des cas de pédophilie dans lesquels l'affaire n'était pas ébruitée pour ne pas salir la réputation de la congrégation.

Prenez garde à vous-mêmes et à tout le troupeau, p. 91 "Lorsqu’une personne fait une tentative de suicide, c’est parfois parce qu’elle est profondément déprimée ou souffre d’une dépression grave; traitez-la avec égards et compassion. Dans la plupart des cas, il n'y a pas lieu de procéder à une audition judiciaire."

=> La formulation signifie qu'il y aura malgré tout des auditions judiciaires dans certains cas, mais sans préciser lesquels.

Taux de suicides

Il est difficile de savoir si le taux de suicide au sein de la Watch Tower est élevé ou pas. En effet, le mystère entourant le suicide d'un adepte afin de conserver une bonne réputation ne permet pas d'établir une liste complète et fiable des adeptes ayant mis fin à leurs jours. Les institutions tels que les hôpitaux ou les départements de police ont parfois eu connaissance de Témoins s'étant suicidés, mais ils ne peuvent pas systématiquement révéler publiquement ce genre d'informations.[4] Voilà pourquoi, probablement, les déclarations sur ce sujet ont été parfois contradictoires.

Le 3 novembre 1998, lors d'une procès en diffamation contre le député Jean-Pierre Brard devant la Cour d'appel de Versailles, il a été signalé trois suicides sur 120 000 Témoins de Jéhovah, soit un taux de 0.0025% contre 0.0162% pour la moyenne nationale française.[5] Ce nombre correspond probablement aux cas qui étaient connus par la personne qui s'est exprimée, et ne représente sans doute pas l'ensemble des suicides de Témoins en France, vu la façon dont l'organisation peut dissimuler de tels drames (voir les extraits de publications plus haut); de plus, on ne sait pas sur quelle période ce chiffre portait, et ni les tentatives échouées ni les suicides de la part d'exclus n'ont été pris en compte.

Selon un site pro-TJ, le conférencier en sociologie James A. Beckford déclara: "Je ne connais aucune statistique démontrant [...] que 'beaucoup' de membres ou ex-membres de la Watchtower se soient suicidés. Au contraire, des études psychologiques et psychiatriques ont démontré que l'appartenance à une religion enthousiaste réduit les risques de suicide. Il y eu très peu d'études fiables concernant des ex-membres de la Watch Tower; et aucune de ces études ne suggère que ces personnes sont plus que les autres enclines au suicide."[6] Il faut préciser que ce sociologue répondait aux accusations formulées par le théologien orthodoxe Alexander Dvorkin, anti-sectes notoire qui cherchait à faire interdire les Témoins de Jéhovah en Russie — comme tout groupe qu'il considérait comme secte —, et pour cela était prêt à toutes les déclarations les plus farfelues et extrémistes. Il ne faut donc pas s'étonner si la réponse du sociologue prend l'accusation à contre-pied.

De son côté, Raymond Franz écrivit: "Je connais de la même façon plusieurs suicides parmi les Témoins, incluant celui s'étant produit alors que j'étais au siège central international où un membre du personnel a sauté et s'est tué du haut d'un des bâtiments de l'usine de la Société, un autre en 1990 où un membre de longue date du personnel et ancien membre du Comité de l'usine a sauté et s'est tué du troisième étage d'une des résidences de la Société. Et j'ai une correspondance faisant la liste d'un nombre encore plus grand de suicides connus de ceux qui les écrivirent. Le compte de leur nombre dans d'autres pays, particulièrement dans les nations industrialisées, serait sans doute considérable, bien que ces faits soient généralement tus et jamais publiés."[3] En décembre 2011, la presse rapporta qu'un Témoin de 48 ans s'était jeté du haut d'un immeuble de Brooklyn.[7]

Edmond C. Gruss rapporte le cas d'une jeune fille thaïlandaise qui était venue à New York pour assister à l'École de Guiléad et qui était alors très dépressive. Les membres du personnel demandèrent au président Nathan Knorr de la renvoyer à son domicile par avion et sous surveillance, mais celui-ci préféra qu'elle rentre chez elle seule et par le moyen "le moins cher possible". Or, à bord du navire qui la ramenait en Thaïlande, elle sauta par dessus bord, et on ne retrouva pas son corps dans ces eaux infestées de requins. Le capitaine envoya un radiogramme au siège de Brooklyn qui fut réceptionné par Arthur Barnett et Russell Kurzen; ceux-ci parlèrent ensuite de l'incident à plusieurs membres du personnel. Lorsque Knorr sut que la nouvelle s'était répandue parmi le personnel, il fut furieux, réprimanda les deux hommes et les démirent de leurs fonctions. Il n'y eu plus jamais la moindre mention de la jeune fille suicidée, et aucune annonce de sa mort à Guiléad ou au siège du Béthel.[8]

Une étude prétend que le taux de suicides chez les Témoins serait de cinq à dix fois supérieur à la normale.[4] Les média révèlent parfois des suicides commis par des Témoins de Jéhovah,[9][10] et parfois la Watch Tower dénie publiquement avoir un quelconque lien avec certaines affaires lorsque celles-ci sont fortement médiatisées.[11][1] Un site dresse une liste partielle de Témoins qui se sont donné la mort.[12] En Italie, Adriano Fontana, président du Comité national des sortants des Témoins de Jéhovah, a affirmé que les troubles psychologiques peuvent mener à des "suicides, malheureusement nombreux", et cite un cas de tentative qui s'est déroulé à Rome en 2001.[13]

Raisons du suicide

S'il n'est pas possible de déterminer le taux de suicides chez les Témoins, en revanche il est véridique d'affirmer que les règles de fonctionnement de la Société Watch Tower peuvent générer des déséquilibres psychologiques et mener au suicide. Par exemple, l'organisation enseigne aux fidèles que ceux qui meurent avant Har-Maguédôn seront ressuscités, tandis que ceux qui seront tués à ce moment-là périront pour toujours; dès lors certains adeptes, craignant d'encourir la défaveur de Dieu au moment d'Har-Maguédôn et d'être détruits, peuvent souhaiter mourir avant, même si beaucoup d'entre eux n'iront pas jusqu'au geste fatal.[14]

Le Réveillez-vous! du 1er novembre 1983, page 4, déclarait: "Une chrétienne qui était profondément déprimée (...) croyait que Dieu ne lui accordait plus son esprit saint, car elle avait perdu la joie et la paix de l’esprit (...) Beaucoup sont passés par de telles épreuves, certains allant même jusqu'à imaginer qu'ils avaient commis le péché impardonnable. Avec des idées aussi lugubres, on comprendra sans doute aisément que quelques-uns finissent par se demander s'il est encore utile de persévérer." Or, l'auto-dépréciation est fréquente chez les Témoins du fait des incitations à la culpabilité qui imprègnent la littérature du mouvement, et ainsi des fidèles peuvent tomber en dépression et vouloir se suicider, étant convaincus que leur manque de joie est synonyme de péché contre l'esprit saint.

Dans l'un de ses périodiques, la Watch Tower a dressé une liste de signaux indiquant qu'une personne pouvait être suicidaire, liste elle-même tirée d'ouvrages spécialisés sur le sujet. Or, plusieurs des comportements pointés sont précisément ceux que l'on retrouve à l'intérieur du mouvement:[15]

  • Isolement volontaire: le TJ doit se tenir séparé du monde.
  • Fait de parler de la mort: le TJ croit en l'imminence d'un génocide planétaire et étudie en permanence les crimes de l'Ancien Testament.
  • Sentiment de culpabilité: par le biais des publications et des discours, le TJ est constamment culpabilisé de ne pas faire plus pour l'organisation.
  • Désespoir, angoisse, dépression, crises de larmes: le TJ en proie aux doutes ou vivant des situations difficiles liées à son appartenance religieuse (persécutions à l'école, moqueries au travail, etc) peut connaître ces sentiments.
  • Fait de faire cadeau de ses affaires personnelles: le TJ est encouragé à faire don de tous ses biens pour l'œuvre du Royaume, par exemple en devant missionnaire ou Béthel et ainsi de renoncer à ses biens qui lui sont les plus chers, comme son propre domicile.
  • Désintérêt nouveau pour des activités agréables: le TJ doit considérer ses passe-temps et hobbies comme inutiles et futiles.
  • Autocritique: le TJ doit régulièrement "s'examiner dans la prière" afin de lutter contre ses travers, réels ou supposés.
  • Affiliation à une secte: le TJ appartient à une organisation qui comporte des aspects sectaires.

Voir aussi

Références

  1. 1,0 et 1,1 "World: Europe Sects deny involvement in suicides", BBC News, euaggelion2414.com. Consulté le 24 août 2011
  2. Arrowup.png Harrison, Barbara Grizzuti (1978) (anglais), Visions of Glory: A History and a Memory of Jehovah's Witnesses, New York: Simon & Schuster, p. 245 (ISBN 0-671-25101-5)
  3. 3,0 et 3,1 Franz, Raymond (2002), À la recherche de la liberté chrétienne, Atlanta: Commentary Press, format pdf, p. 319-23
  4. 4,0 et 4,1 Peper, Christian (1er juillet 2007), (anglais) "Jehovahs Witnesses suicide rate 5 to 10 times above average", culthelp.info. Consulté le 24 août 2011
  5. Arrowup.png Le Parisien, 30 mai 1998, édition de Seine-Saint-Denis, France
  6. Arrowup.png Thierry (TJ), "Les Témoins de Jéhovah constituent-ils "une secte, l'une des plus dangereuses, qui a à son bilan un grand nombre de suicides"?", euaggelion2414.com. Consulté le 24 août 2011
  7. Arrowup.png Bruke, Kerry; Armaghan, Sarah (28 décembre 2011) (anglais), "Brooklyn man leaps 15 stories to his death", New York Daily News. Consulté le 19 janvier 2012
  8. Arrowup.png Gruss, Edmond C. (2003) (anglais), The Four Presidents of the Watch Tower Society, Xulon Press, p. 96 (ISBN 1-594671-31-1)
  9. Arrowup.png Watchtower Information Service (2 novembre 2005) (anglais), "Jehovah's Witness commits suicide after shooting his estranged wife", watchtowerinformationservice.org. Consulté le 24 août 2011
  10. Arrowup.png Dugan, Bobbi (22 janvier 1999) (anglais), "Jehovah's Witnesses speak out", Echo Magazine, rickross.com. Consulté le 24 août 2011
  11. Arrowup.png Medetsky, Anatoly (anglais), "Jehovah's Witnesses decry 'smear campaign' in wake of suicide", watchtowernews.org. Consulté le 24 août 2011
  12. Arrowup.png Emerson, Joe (9 janvier 2009) (anglais), "Suicides among Jehovah's Witnesses", christianwitnesses.com, version archivée du 5 septembre 2012. Consulté le 28 août 2014
  13. Arrowup.png Boschetti, Caterina (2007) (italien), Il libro nero delle sette in Italia, Newton & Compton, p. 299
  14. Arrowup.png JW Info Line (anglais), "Part 1: Why do Jehovah's Witnesses contemplate suicide?", jwinfoline.com. Consulté le 24 août 2011
  15. Arrowup.png Réveillez-vous!, 8 septembre 1998, p. 6