Viol

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Pendant des décennies, la Société Watch Tower a enseigné en rapport avec le viol qu'une personne ayant subi ce genre d'agression était considérée comme ayant commis la fornication si elle n'avait pas crié afin de résister à son agresseur, argumentation basée sur un passage tiré du Deutéronome. En accord avec ce point de vue, la majorité des articles sur le viol parus dans les publications jéhovistes présentèrent le point de vue selon lequel une femme qui n'avait pas tout fait pour résister, y compris sous une menace de mort, avait commis la fornication et perdait sa position devant Dieu. En 1993, un article sembla abandonner la politique traditionnelle sur ce sujet, reconnaissant implicitement que la fait de ne pas crier n'était pas un signe de consentement et donc que la victime ne pouvait pas être considérée comme coupable de fornication. Toutefois, un article de 2003 revint à la position antérieure, quoique de façon un peu plus édulcorée.

Présentation générale

La Watch Tower base son argumentation sur Deutéronome 22:23-27 qui précise qu'une vierge devait crier face à son agresseur. Le problème est que l'organisation ne tient pas compte du contexte dans lequel ces versets s'inscrivent: en effet, le point principal de ce passage est de souligner un possible adultère de la part d'une femme fiancée à un homme, et non de donner une conduite à tenir lors d'une tentative de viol. Par ailleurs, les versets 28 et 29 indiquent clairement que si la fille n'était pas fiancée et que l'acte sexuel avait été surpris, alors elle et l'homme devaient se marier, et le mari ne pouvait pas divorcer d'avec sa femme. On peut se demander pourquoi la Watch Tower décide-t-elle que les versets 23 à 27 doivent s'appliquer strictement pour les chrétiens de notre époque et pas les versets suivants. D'une manière générale, pourquoi applique-t-elle ici une règle en particulier de l'antique Israël aux adeptes Témoins de Jéhovah alors qu'elle reconnaît que les prescriptions de l'Ancien Testament ne sont plus en vigueur pour les chrétiens?

S'il est tout fait convenable de fournir des conseils aux femmes afin de les aider en cas de viol, il est par contre totalement abusif de présenter ces conseils comme étant des commandements divins dont le non-respect peut compromettre tout espoir de vie future.

En effet, les avis de la Watch Tower sur la résistance en cas de viol dans les articles suivants sont terriblement inquiétants, compte tenu du fait qu'ils contribuent à "décupler le sentiment de culpabilité ressenti par beaucoup de victimes, voire même à l'engendrer", comme l'estime l'ex-membre Dominique Dott,[1] à quoi s'ajoute la menace d'exclusion qui plane sur la tête des victimes. Un lecteur ne peut s'empêcher de se demander si les hommes qui ont rédigé ces articles se rendent vraiment compte de la réalité de la situation qu'ils décrivent. D'ailleurs, la Watch Tower prouve qu'elle méconnaît la réalité de ce crime, puisqu'elle estime qu'une absence de cris constituerait une forme de consentement, et ceci alors qu'un viol n'est, par définition, jamais consenti. Il est à noter que sur cette question, l'Église primitive n'était pas dogmatique et ne se souciait pas de savoir si la victime avait crié ou pas, enseignant que le viol ne pouvait pas atteindre la chasteté des chrétiennes puisque l'acte était accompli sous le contrainte.[2]

Concrètement, les directives jéhovistes ont eu des conséquences désastreuses, en Afrique par exemple, car des jeunes filles, mettant en pratique les conseils de la Watch Tower afin de ne pas être exclues de la congrégation, se sont retrouvées mutilées ou ont été mises à mort par l'agresseur pour avoir crié,[3] et ceci alors que l'organisation elle-même a reconnu dans un périodique de 1993 que l'absence de cris en cas de tentative de viol n'était pas la preuve d'un consentement.

Publications sur le viol

Publication et date Description du contenu
Non.png La Tour de Garde, 1er octobre 1964, pp. 607,608, article "Questions des lecteurs"[3] "D'après la loi de Dieu, une jeune Israélite était tenue de crier. (...) Il dit clairement qu'elle devait crier, donc résister à l'agression, peu importent les circonstances [même en cas de menaces]. (...) Si une chrétienne ne crie pas et ne fait pas tout son possible pour fuir, on peut considérer qu'elle s'est prêtée au viol. Lorsqu'une chrétienne se trouve devant une telle situation, elle doit crier et faire preuve de courage pour agir selon le conseil des Écritures, afin de rester pure et d'obéir aux commandements de Dieu. (...) Si elle se soumettait aux désirs passionnés de l'homme, non seulement elle se prêterait complaisamment à la fornication ou à l'adultère, mais encore elle se couvrirait de honte. Elle n'aurait pas seulement été victime d'un acte ignoble mais elle aurait aussi violé la loi de Dieu en ayant eu des relations sexuelles avec un autre que son conjoint légal. (...) Une chrétienne a le droit de défendre sa virginité ou sa fidélité conjugale jusqu'à la mort."

=> L'article reconnaît que le fait de crier peut amener l'agresseur à tuer sa victime.

Non.png La Tour de Garde (anglais), 1er juin 1968, pp. 345-50, article "The Christian's View of Self-Defense"[4] "En tant que chrétienne, vous êtes dans l'obligation de résister. Cette résistance comprend le fait de hurler et de créer des perturbations autant que possible pour essayer d'effrayer l'agresseur et d'attirer de l'aide. (...) Une question de l'intégrité des lois de Jéhovah est en cause ici. Donc en aucun cas il ne serait bon de se soumettre calmement à un viol, ce qui serait consenti à la fornication. (...) Le principe est comme celui énoncé dans Deutéronome chapitre 22 [sont cités les versets 23 à 27]. Serait-il en être autrement si l'homme avait une arme et avait menacé de vous tuer si vous ne soumettiez pas? Non, les Écritures affirment clairement que les chrétiens sont dans l'obligation de "fuir la fornication." (1 Cornithiens 6:18) Il est vrai que vous faites face à la possibilité de mort dans cette affaire. Mais vous n'avez aucune garantie que si vous vous soumettez humblement votre agresseur ne vous tuera pas de toute façon."

=> L'article assimile clairement le fait de ne pas crier à la fornication.

Non.png Réveillez-vous!, 8 juillet 1974, pp. 13-16, article "Que peut faire une femme menacée de viol ?" L'article relate le cas d'une Témoin agressée qui chercha à s'expliquer avec son agresseur. "Elle expliqua que le mariage est une chose honorable devant Dieu, qu'elle était mariée et que ce qu'il voulait faire n'était pas honorable. En outre, si elle ne criait pas, elle rompait ses relations avec Jéhovah Dieu et la congrégation chrétienne; elle serait alors exclue de la congrégation et, pour elle, c'était pire que d'être tuée." À l'inverse, le cas d'une autre Témoin ayant été violée est présenté ainsi: "Elle fut attaquée par un homme qui la menaça avec un couteau. Elle ne cria pas et fut violée."

=> La Watch Tower semble ainsi vouloir démontrer l'efficacité des méthodes qu'elle préconise; toutefois, s'il est vrai qu'elles peuvent s'avérer efficaces dans certains cas, elles peuvent aussi se révéler désastreuses dans d'autres circonstances ou suivant la personnalité du violeur, ce que l'organisation omet de préciser.

Non.png Réveillez-vous!, 8 octobre 1980, pp. 5,6, article "Un danger grandissant: le viol" L'article reconnaît que "la peur", "la perplexité et la confusion mentale" sont des réactions courante des femmes devant une tentative de viol à leur encontre, ajoutant: "Face à la menace, les femmes sont saisies de terreur et deviennent sans défense". Une jeune fille violée avoue: "Je n'arrivais pas à rassembler mes idées, incapable que j'étais de me défendre devant une attaque aussi soudaine".

=> Puisque le rédacteur reconnaît que l'absence de cris est une réaction normale dans le cas d'un viol, la femme étant pétrifiée, comment le périodique peut-il régulièrement demander une résistance active, amenant ainsi bon nombre de femmes violées à se culpabiliser si elles ne le faisaient pas?

Non.png La Tour de Garde, 15 janvier 1981, pp. 3-7 Rappelant le Réveillez-vous! de 1974, l'article rapporte le cas de la femme ayant crié, déclarant: "Elle lui dit que s'il la touchait, elle crierait comme il n'avait jamais entendu crier, puis elle lui expliqua que si elle n’agissait pas ainsi, elle ruinerait ses relations avec Jéhovah Dieu et avec la congrégation chrétienne (voir Deutéronome 22:22-29). (...) Cette femme fit ce qu'il convenait [l'italique est dans l'original] bibliquement de faire et ce qui était en réalité la meilleure chose à faire. Une chrétienne est tenue de résister, car c'est une question d’obéissance à la loi divine qui nous ordonne de 'fuir la fornication'. (I Cor. 6:18.) Il ne conviendrait en aucun cas qu'elle se soumette volontairement au viol."
Non.png La Tour de Garde, 15 juin 1983, p. 30, article "Honorez le mariage chrétien" Note en bas de page: "Un homme ou une femme violé de force n'est pas coupable de pornéïa."

=> L'article éprouve le besoin de préciser "violé de force", ce qui peut paraître comme un pléonasme, puisque par définition, un viol s'effectue toujours sous la contrainte.

Non.png Réveillez-vous!, 8 mai 1984, pp. 24-27, article "Elles ont résisté à des violeurs" "Dans un tel cas [celui d'un vol], une femme agira sagement en abandonnant ses biens à son agresseur. Mais il en va différemment quand ce dernier veut la forcer à enfreindre la loi de Dieu en commettant la fornication. Dans ce cas, une chrétienne est obligée de résister. (...) La femme qui fait l'objet d'une tentative de viol devrait se rappeler que son agresseur est un être humain. Nul doute que des circonstances ont amené celui-ci à se conduire de cette façon. C'est pourquoi si une femme ne doit pas se laisser intimider, elle doit néanmoins faire preuve de compréhension."

=> Dans cet article, la Watch Tower recommande donc de témoigner du respect à son agresseur.

Non.png Réveillez-vous!, 8 septembre 1984, p. 28, article "Nos lecteurs nous écrivent" Le périodique cite plusieurs courriers en réaction avec l'article précédent. L'un d'eux déclare: "J'ai été profondément troublée par l'article "Elles ont résisté à des violeurs". Je suis bouleversée à l'idée que quelqu'un puisse considérer que la victime d'un viol est coupable de fornication." Un autre disait: "Votre article "Elles ont résisté à des violeurs" m'a beaucoup troublée. J'ai été violée par un homme qui m'a attaquée avec un couteau. Je n'ai pu crier qu'une fois, parce que j'ai été étouffée par une grande main appuyée sur ma bouche. Je me suis battue jusqu'au moment où je me suis évanouie. Comme j'ai survécu, cela me trouble de penser que j'ai commis la fornication. Vous conseillez de montrer du respect aux violeurs. Ces hommes, eux, ne montrent aucun respect pour leur victime..."

À cela, la Watch Tower répond notamment: "Pour que la victime soit considérée comme coupable de fornication, il faudrait prouver qu'elle était consentante. Apparemment, le texte de Deutéronome 22:25-27 exige que la femme résiste en criant afin qu'on ne puisse pas la soupçonner d'avoir été consentante. L'importance de résister a été soulignée par une sociologue de l'université de l'Illinois."

=> Comme le prouvent ces lettres, les consignes de la Watch Tower, en réalité érigées en commandements, ont provoqué de la culpabilité chez certaines femmes violées qui n'avaient pas crié. Par ailleurs, et comme bien souvent, le recours aux profanes "du monde" par la Watch Tower n'a lieu que lorsque le point de vue de ces derniers est susceptible de corroborer le sien.

Non.png Réveillez-vous!, 22 mai 1986, p. 23, article “Maintenant tu vas mourir!” Une femme qui a crié lors d'une tentative de viol et qui finalement n'a pas été outragée s'exclame: "Ma conscience était pure, mon honneur et ma dignité intacts. En outre, j'étais demeurée intègre devant Jéhovah, le Dieu Tout-Puissant! (...) Face à un danger que je n'avais pas vu venir, j'ai simplement appliqué ce que la Bible m'avait appris, ce qui m'a sauvée. [Les paroles contenues en Deutéronome 22:23-27] m'avaient appris quel était mon devoir moral (...). Je m'étais fiée aux instructions de la Bible, et j'ai pu constater qu'elles sont infaillibles."

De plus, à la question "Pourquoi vous devriez résister dès le début à votre agresser", l'article liste six raisons, la cinquième étant celle-ci: "Vous aurez la conscience nette. (Même si vous êtes violée, vous n’aurez pas sacrifié votre dignité et votre pureté aux yeux de Dieu.)"

=> Ainsi, cette femme associe son intégrité au fait qu'elle a crié lorsqu'on a tenté de la violer. De ce fait, crier n'était plus seulement un conseil donné par la Watch Tower, mais une obligation divine. S'il est vrai que dans ce cas l'issue fut heureuse, on peut se demander combien d'autres ont abouti à la mort de la femme qui n'a cessé de crier pour respecter les instructions de l'organisation.

Non.png Réveillez-vous!, 22 août 1989, p. 24, article "Protégée du viol par ce qu’elle avait lu" Quant à savoir quel comportement adopter face à un violeur, l'article répond que "la Bible, quant à elle, prône la résistance (Deutéronome 22:23-27)." Puis est relaté le cas d'une femme qu'on a tenté de violer qui explique: “C’est alors que m’est revenu à la pensée le passage du Deutéronome, au chapitre 22, qui dit qu’en ne criant pas lorsqu’elle est attaquée une femme montre qu’elle se soumet à son agresseur et pèche alors contre Jéhovah Dieu. Je me suis également rappelé ce que j’avais lu dans un article de Réveillez-vous! intitulé ‘Le viol — Comment s’en protéger?’. — 8 octobre 1980."

=> Comme le prouve cet exemple, les articles sur le sujet du viol parus dans les publications de la Société Watch Tower eurent une influence sur le comportement des femmes en cas d'agression sexuelle, se sentant tenues de respecter Deutéronome 22:23 à 27.

Non.png La Tour de Garde (anglais), 22 septembre 1986, p. 28, article "From Our Readers" "La Bible soutient qu'une femme agressée par un violeur doit crier et résister."

=> Voilà qui a le mérite d'être explicite...

Non.png Réveillez-vous!, 8 mars 1990, p. 30, article "Nos lecteurs nous écrivent" "Dieu nous indique dans sa Parole une ligne de conduite qui, si nous nous y conformons, peut se révéler bénéfique. De fait, le conseil biblique sur la façon de résister au viol s’est avéré une protection pour cette femme. C’est donc à juste titre qu’elle remercie Dieu de lui avoir fourni ces renseignements utiles."

=> Donc, pour la Watch Tower, le passage de Deutéronome constitue bel et bien une "ligne de conduite" tout autant valable pour les chrétiens de notre époque.

Yes.png Réveillez-vous!, 8 mars 1993, dossier sur le viol "Idée reçue: La victime d'un viol porte une part de responsabilité si elle ne fait rien pour résister. Fait: On définit le viol comme l'action d'avoir des relations sexuelles, quelle qu'en soit la nature, commise par usage de la force ou sous la menace, contre la volonté de la victime. C'est donc l'usage de la force envers une victime non consentante qui fait de l'agresseur un violeur. Par conséquent, la personne violée n'est pas coupable de fornication. (...) Ce n’est pas parce qu'une femme est obligée de se soumettre à un violeur sous l'effet de la terreur ou de l'affolement qu’elle consent à l'acte. Le consentement repose sur la possibilité de choisir en dehors de toute menace; il est actif, et non passif."

"Il serait déplacé et peu charitable de la part d’amis de douter de la bonne foi de la victime ou de juger arbitrairement de la réalité du viol. Ne laissez jamais entendre que la victime y a pris plaisir ou qu’elle a eu une conduite immorale."

=> Ainsi, cet article constitue un revirement de la Watch Tower qui reconnaît que la position qu'elle imposait jusque là en cas de viol reposait sur une "idée reçue"! Par ailleurs, la Watch Tower s'est comportée, selon ses propres mots, de façon "déplacée et peu charitable" puisqu'elle laissait clairement entendre qu'une femme qui ne criait pas était coupable de fornication.

Yes.png La Tour de Garde, 1er avril 1995, p. 20, § 18, article "Comment nous inciter à l'amour et aux belles œuvres?" En se basant sur Deutéronome 22:25-27 qui ne prévoyait pas de sacrifices propitiatoires pour la femme violée, il est dit: "Si aujourd'hui une chrétienne était attaquée et violée, et que cela lui donne le sentiment d'être sale et indigne, serait-il approprié d'insister sur la nécessité de la rançon pour être purifiée de ce péché? Certainement pas. Elle n'a pas commis de péché en étant attaquée."

=> La question de crier ou pas n'est pas abordée dans cette publication. Toutefois, ce que la Watch Tower affirme ici est toujours basé sur les mêmes versets du Deutéronome. De plus, on peut se demander si ce n'est pas précisément la Société elle-même qui a, dans bon nombre de ses publications, "insist[é] sur la nécessité de la rançon [pour la victime] pour être purifiée de ce péché" en laissant entendre que cette dernière était coupable de fornication si elle n'avait pas crié, attitude qu'elle considère ici comme inappropriée...

Non.png La Tour de Garde, 1er février 2003, pp. 30,31, article "Question des lecteurs" L'article explique que la Bible "conseille aussi des moyens de défense. Les recommandations de la Loi se trouvent en Deutéronome 22:23-27. (...) Bien que les chrétiens ne soient plus sous la Loi mosaïque, les principes qu'elle contient leur fournissent des lignes directrices. Le passage ci-dessus souligne l'importance de résister et d'appeler au secours à grands cris. (...) [Même si la femme a été violée mais a crié], sa conscience est nette, sa dignité intacte, et elle peut être certaine qu'elle est pure aux yeux de Dieu."

=> Cet article revient donc à la position antérieure à l'article de 1993, quoique de façon moins catégorique puisque, si le fait de crier est présenté comme ayant une base scripturaire et comme un avantage indéniable, en revanche il n'est pas dit que la femme qui s'est abstenu de le faire soit coupable de fornication.

Légende:

  • Non.png: La femme est coupable si elle n'a pas crié.
  • Yes.png: La femme n'est pas coupable si elle n'a pas crié.

Voir aussi

Ressources sur le sujet

Référenes

  1. Arrowup.png Dott, 2009, p. 351
  2. Arrowup.png Dott, 2009, pp. 352,353
  3. 3,0 et 3,1 Luc
  4. Arrowup.png Grundy