Compromis sur le service militaire au Mexique

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Pendant des décennies, les dirigeants de la Société Watch Tower ont accepté que les Témoins de Jéhovah masculins du Mexique paient des pots-de-vin aux fonctionnaires mexicains afin d'obtenir une fausse carte appelée cartilla indiquant qu'ils avaient effectué leur service militaire et qu'ils étaient réservistes de l'armée. Bien que cela était illégal, beaucoup de ces adeptes ont été nommés par l'organisation en tant qu'anciens, surveillants de circonscription ou représentants de filiale, et l'accusation de "vivre dans le mensonge" ne leur a jamais été appliquée.[1] Cette situation constitua un compromis qui, de surcroît, fait l'objet d'une critique de la part d'anciens membres puisqu'au même moment, les adeptes du Malawi connaissaient une situation similaire, mais devaient strictement refuser l'achat d'une carte obligatoire pour un parti politique, et cela même au prix de leur vie.

Historique

Une lettre datée du 4 février 1960 adressée à Nathan Knorr faisait part de la préoccupation de la filiale du Mexique concernant une situation répandue par les Témoins, ayant trait à l'obtention illégale de cartillas:[2]

"Une autre difficulté avec laquelle nous sommes aux prises ici concerne la loi de conscription et le programme d'entraînement militaire qui en découle. À la fin de l'année pendant laquelle le conscrit a suivi l'entrainement militaire, son certificat ou cartilla lui est définitivement attribué, prouvant qu'il a été assidu à cette instruction d'une année. Ce document essentiel lui permet de se procurer un passeport et un permis de conduire et, en fait, de mener à bien de nombreuses opérations légales. Les frères comprennent la position chrétienne de neutralité au regard de telles circonstances, mais beaucoup d'entre eux donnent de l'argent à certains fonctionnaires, s'arrangeant ainsi pour faire légaliser leur carte. Cette façon de faire est-elle juste? (...) Nous rencontrons la situation où des frères qui, étant soit anciens soit surveillants itinérants, possèdent une carte et la font périodiquement mettre à jour pour pouvoir l'utiliser de temps en temps lors d'opérations légales, ceci sans toutefois s'être soumis à l'instruction militaire. Qu'est-ce qui est correct à cet égard? Cela a été et est toujours la coutume parmi les frères de donner une somme d'argent pour faire valider leur carte, et beaucoup d'entre eux sont maintenant surveillants itinérants ou anciens et serviteurs dans les congrégations. Vivent-ils dans le mensonge? Ou bien n'est-ce qu'une de ces choses inévitables que l'on rencontre dans ce système de choses malhonnête? Devons-nous passer sur ces pratiques ou quelque chose doit-il être fait à cet égard? Il y a tant d'irrégularités dans ce pays. (...) [La malhonnêteté] est une habitude ici, une pratique courante. La question de la carte de conscription est-elle de même nature?"

Dans une lettre datée du 2 juin 1960, la Watch Tower répondit ceci:[3]

"En ce qui concerne les personnes qui se retrouvent dégagées de l'instruction militaire grâce à une transaction financière impliquant des fonctionnaires, cela va de paire avec ce qui est pratiqué dans d'autres pays d'Amérique latine où les frères paient des responsables militaires afin d'être relevés de leurs obligations, ceci en vue de garder leur liberté pour les activités théocratiques. Si certains membres des institutions militaires souhaitent accepter de tels arrangements reposant sur le versement d'une taxe, alors ceci relève de la responsabilité de ces représentants de la structure nationale. En de tels cas, l'argent versé ne va pas aux institutions militaires mais il est conservé par les personnes qui s'engagent dans cette transaction. Si la conscience de certains frères leur permet d'accepter de tels arrangements pour conserver leur liberté, nous n'y voyons aucune objection. Bien sûr, si cette façon d'agir leur suscitait des problèmes, ces frères auraient à assumer eux-mêmes de tels problèmes, nous ne pourrions leur accorder aucune aide. Mais si cette sorte d'arrangement est fréquent là-bas et qu'il soit connu par les inspecteurs, ceux-ci ne procédant à aucune enquête quant à la véracité des affaires, alors on peut passer sur de telles choses au regard de tous les avantages qui en résultent. S'il survenait une crise militaire qui place les frères possesseurs de la carte de conscription dans une situation délicate, cela les obligerait à faire un choix qu'ils ne pourraient cette fois-ci éviter par le paiement d'argent, leur courage serait mis à l'épreuve."

Le comité de filiale du Mexique suivit ces directives, comme le prouve son rapport ultérieur:[4]

"Normalement, la cartilla d'identité du service militaire ne devrait être obtenue qu'après avoir satisfait à un service militaire d'un an. Ceux qui possèdent une cartilla ont l'obligation de se présenter quand la nation les appelle, que ce soit lors d'une mobilisation des forces ou simplement pour faire acte de présence.

"Cependant, bien que la loi interdise à tout responsable militaire ainsi qu'aux employés des Bureaux de circonscription de délivrer des cartillas en usant de pratiques illégales telles que celles qui consiste à accepter le versement d'un dessous de table, l'immense majorité des officiels violent cette loi.

"Pratiquement tout le monde peut, sous un prétexte quelconque, éviter le service militaire. Il suffit pour cela de soudoyer un fonctionnaire qui inscrira de supposées présences à l'instruction hebdomadaire (donnant ainsi l'apparence d'une assiduité sans faille), ce versement permet donc à l'intéressé de recevoir son document correctement validé. Au Mexique, cela est très répandu. Le gouvernement mexicain fait des efforts pour empêcher les agents administratifs de délivrer des certificats de service militaire aux personnes qui n'ont pas réellement effectué leur instruction, quand n'existe aucune justification légale. Récemment, le 5 mai 1978, lors d'une cérémonie d'allégeance au drapeau à laquelle assistait le président de la République José Lopez Portillo, un général a dit devant 100 000 jeunes conscrits: "L'armée ne tolérera pas les pratiques illégales qui permettent d'obtenir la cartilla du service militaire." (...)

"Les jeunes proclamateurs du Mexique n'avaient connu jusqu'alors aucun souci particulier vis-à-vis du service militaire. (...) Si un proclamateur qui arrive à l'âge militaire ne se présente pas spontanément devant un Comité de conscription, on ne va pas le chercher. Par ailleurs, ceux qui ont déjà leur cartilla et qui font partie d'un contingent de réserve n'ont jamais été appelés à faire face à une crise militaire. Ils doivent simplement faire périodiquement tamponner leur cartilla. (...)

"Les proclamateurs qui souhaitent obtenir une cartilla vont dans l'un des bureaux de conscription pour se faire enregistrer et ils reçoivent immédiatement leur cartilla (...) Afin de la faire légaliser, soit ils vont trouver quelqu'un qui a de l'influence, soit ils s'adressent directement à un fonctionnaire. Pour ce service, ils doivent payer une certaine somme d'argent (cela dépend de ce qui est demandé). De cette manière, les proclamateurs peuvent faire légaliser leur cartilla, en tout cas c'est comme ça que procède la majorité de ceux qui veulent l'obtenir."

Toutefois, en 1969, une autre lettre fut envoyée par la filiale du Mexique au Béthel de Brooklyn pour obtenir des précisions, notant un fait non rapporté dans la lettre précédente, à savoir que non seulement la corruption était requise, mais aussi que le fait de détenir une cartilla plaçait obligatoirement leur détenteur sous le statut de réserviste de l'armée mexicaine, une situation qui devait normalement se traduire par une exclusion du mouvement. Voici ce que déclarait la lettre de la filiale du Mexique, datée du 27 août 1969:[5]

"(...) Quand ce document [la cartilla] est obtenu, il place celui qui l'a reçu dans les rangs de la première réserve militaire devant être appelée en cas de crise que l'armée régulière ne pourrait pas affronter seule. Ainsi, notre question est celle-ci: cela change-t-il la politique définie dans votre lettre du 2 juin 1960 page 2, qui répondait à notre lettre mentionnée plus haut? (...) Les recommandations que transmettait votre lettre ont été suivies, mais il semble que certains modifications à cela pourraient intervenir quand on considère que ces frères font partie des premières réserves. (...) Un changement devrait-il être envisagé ou non? (...) Si un changement est effectué, quelle sera la position de ceux qui sont dans la première réserve? (...)"

La Watch Tower confirma qu'il était encore acceptable d'obtenir et conserver la carte cartilla. Voici sa réponse dans une lettre datée du 5 septembre 1969:[6]

"(...) Ce sont ces frères qui porteront la responsabilité de leur éventuelle mobilisation, et selon la décision qu'ils prendront, il sera toujours assez tôt, le cas échéant, pour prendre des mesures. En attendant, ces frères qui se sont fait enregistrer et qui ont versé de l'argent sont libres d'aller de l'avant dans le service. (...) Si leur conscience leur permet de faire ce qu'ils ont fait et qu'ils n'acceptent aucun compromis, alors ne vous préoccupez plus de cette question. (...) Il n'appartient pas au Bureau de la Société de se tourmenter à ce sujet. (...) Nous ne voyons aucune raison de se substituer à la conscience des personnes. (...)"

Un compte-rendu ultérieur du Comité de filiale faisait état de la situation qui prévalait alors dans le pays en rapport avec cette question:[7]

"Comme il était conseillé dans la dernière lettre venant de Brooklyn, les frères font usage de leur conscience vis-à-vis de cette question. (...) La pratique qui consiste à obtenir la cartilla grâce au versement d'argent est devenue réellement très répandue dans l'organisation au Mexique. Si l'on ne possède pas la cartilla, on se trouve devant l'inconvénient de ne pas pouvoir quitter le pays (ce que les frères du Mexique font fréquemment pour assister aux assemblées des États-Unis) et l'on rencontre également quelque difficulté à obtenir du travail quand ce document est exigé. À l'exception de ces choses, les jeunes hommes n'auraient aucune raison véritable d'essayer de se procurer ce document. Mais il est vraiment facile de l'acquérir et d'être informé par d'autres jeunes hommes qui l'ont déjà obtenu, ces derniers expliquent comment il faut faire et les jeunes ne se posent même pas la question de savoir s'il est en soi bon pour eux de se procurer la carte de cette manière."

En quoi est-ce critiquable

Bien sûr, on ne peut que se réjouir de constater que des adeptes aient pu échapper à des épreuves en recourant à un compromis; toutefois, la politique de la Watch Tower sur ce sujet est critiquable pour les raisons suivantes:

  • Deux situations similaires, deux politiques différentes: Alors que dans le cas du Mexique, la Watch Tower estima qu'il fallait laisser l'obtention frauduleuse de la cartilla à la conscience de chaque individu, elle ordonna le contraire dans le cas du Malawi (à partir du milieu des années 1960), pays dans lequel le gouvernement obligeait les citoyens à acheter la carte du parti unique, ce que les adeptes devaient donc absolument refuser. Qu'est-ce qui peut justifier une telle différence de traitement?
  • Pas de situation vitale: Comme cela ressort tout particulièrement du dernier compte rendu de la filiale du Mexique, il n'y avait pas de véritable nécessité d'obtenir la cartilla, puisque celle-ci ne permettait que de voyager hors du pays et de réduire certaines difficultés en rapport avec la situation professionnelle, mais ne constituait pas un enjeu de nature à compromettre la vie des adeptes mexicains; pourtant, tout le monde s'y pliait de manière quasi automatique. À l'inverse, dans le cas du Malawi, le refus de la carte politique obligatoire eut des répercussions dramatiques sur la vie des Témoins: tortures, viols, pillages des biens...
  • Excuses invoquées pour poursuivre cette acte illégal: Dans le cas du Mexique, la pratique de corrompre les fonctionnaires était justifiée, dans les courriers, par le fait qu'elle permettait aux adeptes de poursuivre leurs "activités théocratiques"; pourtant, l'obtention légale d'une carte politique au Malawi, qui aurait permis les mêmes libertés, était jugée inacceptable. De plus, l'idée selon laquelle la corruption était répandue n'est pas une excuse valable de la part d'une organisation qui affirme être honnête et se tenir séparée du "monde". Il est à noter que, selon Raymond Franz, certains Témoins mexicains ont exprimé un certain malaise face à cette autorisation de soudoyer les fonctionnaires, alors qu'ils avaient connaissance des persécutions des fidèles du Malawi suite à leur intransigeance.[8]
  • Minimisation du compromis: Le vocabulaire employé dans la réponse de la Watch Tower vise à affaiblir le propos général de la lettre afin de rendre la fraude plus acceptable: ainsi, les expressions a priori honorables "versement d'une taxe" et "transaction financière" sont des euphémismes pour désigner le paiement de "pots-de-vin"; de plus, il est dit que l'argent donné n'allait pas aux institutions militaires — comme si cela rendait la pratique plus acceptable —, et que l'acceptation de la "transaction" relevait de la responsabilité du fonctionnaire — et donc apparemment pas de l'adepte qui la proposait. En finalité, afin de faire référence à la fermeté, la Watch Tower insista sur la possibilité qu'avaient les adeptes de prouver leur intégrité ultérieurement, en cas d'un hypothétique appel à venir combattre dans l'armée.[9]
  • Fraude: La pratique de versement du pot-de-vin était illégal, et d'ailleurs, comme le prouve l'un des courriers de la filiale mexicaine, le gouvernement du pays était désireux de mettre un terme à cet acte frauduleux. Résumant cette situation, la sociologue Pauline Côté estime qu'à cette époque, au Mexique, "les dirigeants ont permis aux membres mâles d'éviter le service militaire en ayant recours à la corruption".[10] Ainsi, en estimant que cela relevait d'une question de conscience, la Watch Tower jugeait que la transgression d'une loi n'était pas un acte répréhensible et que, tant que les inspecteurs ne s'inquiétaient pas de l'authenticité de la cartilla, il fallait laisser courir. Il est à noter que l'obtention de la carte au Malawi était, elle, tout à fait légale, et pourtant interdite par la Watch Tower car considérée comme étant un compromis violant la neutralité chrétienne.
  • Mensonge: Ceux qui obtenaient illégalement leur cartilla n'étaient ni exclus, ni repris, ni ne perdaient leurs fonctions dans la congrégation, et ceci alors qu'ils vivaient dans le mensonge en trompant les autorités (il est à noter qu'à l'inverse, tout Témoin clandestin aux États-Unis devaient régulariser sa situation, même si cela signifiait pour lui l'expulsion du pays, s'il souhaitait prétendre à des privilèges de service dans le mouvement).
  • Inconsistance avec la politique sur le service militaire: Durant les années où les adeptes mexicains pouvaient acheter leur cartilla, la Watch Tower interdisait le service civil comme substitut au service militaire, et ceci même lorsque c'était une obligation du gouvernement. De ce fait, tandis que des dizaines de milliers de jeunes hommes Témoins passaient des années en prison pour avoir refusé d'effectué leur service alternatif, les Témoins du Mexique étaient autorisés à choisir la malhonnêteté et la corruption comme moyen pour contourner cette obligation.
  • Raison probable de cette politique: Il est probable que les membres de la direction de la Société Watch Tower aient accepté ce compromis parce qu'au Mexique, la Constitution de 1917 prévoyait la nationalisation de tous les biens d'un mouvement religieux, ce qui n'empêchait pas ce dernier de les utiliser pour le culte. De ce fait, pendant des décennies au Mexique, le siège de l'organisation accepta que la filiale mexicaine soit enregistrée comme "association culturelle" (et non "association cultuelle"), que les cantiques et les prières soient supprimés durant les réunions, que les adeptes n'utilisent pas la Bible dans le cadre de la prédication, etc, en fait, que toute référence religieuse soit supprimée afin de ne pas être identifié à une religion car cela aurait signifié que la Constitution de 1917 devait s'appliquer. Or, le refus du service militaire aurait pu être un indicateur de la nature religieuse du mouvement.[11] Ainsi, la motivation de cette politique était probablement liée au désir pour la Watch Tower de rester propriétaire de ses biens, donc relevait d'une simple question matérielle — alors que dans le même temps, c'était la vie des adeptes qui était en jeu au Malawi... Faut-il en déduire que pour la Watch Tower les biens immobiliers sont plus importants?
  • Dissimulation de ces faits: Comme beaucoup d'autres sujets peu glorieux, la Watch Tower n'a jamais présenté ces faits publiquement à la communauté des adeptes en dehors du Mexique. De plus, quand Don Cameron, un ex-ancien, apporta des copies des réponses de la Watch Tower expliquant que les adeptes mexicains pouvaient soudoyer les fonctionnaires pour obtenir leur cartilla, lettres publiées dans le livre Crise de conscience de Raymond Franz, les anciens de la congrégation de Cameron refusèrent d'écrire au Collège Central pour avoir des explications à ce sujet. Leur seule préoccupation fut de demander à Cameron où est-ce qu'il avait obtenu ces lettres, et lorsqu'il leur répondit que c'était dans le livre de Franz, ils lui dirent pour toute justification que c'était un livre "apostat".[12]

Voir aussi

Ressources sur le sujet

  • Dott, Dominique (2009), Les Témoins de Jéhovah, théocratie apocalyptique, Biarritz: Altantica, pp. 233,234 (ISBN 978-2-7588-0271-6)
  • Franz, Raymond (2003), Crise de conscience, Atlanta: Commentary Press, pp. 170-211

Références

  1. Arrowup.png Franz, Raymond (2002), À la recherche de la liberté chrétienne, Atlanta: Commentary Press, format pdf, p. 224
  2. Arrowup.png Franz, 2003, pp. 182,183
  3. Arrowup.png Franz, 2003, p. 184
  4. Arrowup.png Franz, 2003, pp. 178-80
  5. Arrowup.png Franz, 2003, pp. 188-91
  6. Arrowup.png Franz, 2003, p. 192-94
  7. Arrowup.png Franz, 2003, p. 195
  8. Arrowup.png Franz, 2003, p. 181
  9. Arrowup.png Franz, 2003, p. 185
  10. Arrowup.png Côté, Pauline (1993), Les transactions politiques des croyants: Charismatiques et Témoins de Jéhovah dans le Québec des années 1970 et 1980, University of Ottawa Press, p. 84 (ISBN 978-2-7603-0350-8)
  11. Arrowup.png Penton, James A. (1997, 2è éd.) (anglais), Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, Toronto: University of Toronto Press, pp. 150,151 (ISBN 978-0-8020-7973-3)
  12. Arrowup.png Cameron, Don (2008) (anglais), Captives of a Concept: Understanding the Illusionary Concept that Holds Jehovah's Witnesses Captive, Morrisville: Lulu, pp. 115,116 (ISBN 978-1-4116-2210-4)