Joseph Rutherford : Différence entre versions

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Rutherford n'a jamais caché ses sentiments guerrier. Il a par exemple clairement signifier lors du procès de 1918, "que son inclinaison individuelle est d'aller à la guerre" car son rêve  "depuis son enfance est de diriger une armée". Il opposait cette inclinaison individuelle avec l'obligation pour un chrétien de ne pas faire la guerre.<ref> Transcription du Procès de Rutherford de 1918 P. 993</ref>. Dès lors, il n'est pas étonnant de voir que sous sa présidence, son mouvement s'est organisé et s'est considéré comme une "armée".
 
=== Le procès Moyle et l'autorité de Rutherford===
 
=== Le procès Moyle et l'autorité de Rutherford===
  

Version du 7 octobre 2010 à 17:18

Joseph Franklin Rutherford à 23 ans

(8 Novembre 1869 - 8 janvier 1942)

Biographie

Né le 8 Novembre 1869 de James Calvin Rutherford, agriculteur de Versailles du comté de Morgan dans le Missouri (USA) et de Lenora Strickland, il fût élevé dans la religion baptiste par ses parents. Second fils d'une fratrie de 8 (3 garçons et 5 filles) il étudia le droit contre l'avis de son père [1], n'y parvenant pas, il devint greffier, et passa deux ans à partir de 1890 sous la tutelle du juge E.L. Edwards, devint le greffier officiel du 14ème district judiciaire du Missouri[2]. En Décembre 1890, il se marit avec Mary Fetzer. En raison de sa connaissance de la loi grâce à son emploi de greffier, il fût admis au barreau de Boonville le 5 Mai 1892 après un examen oral passé devant 5 membres du barreau [3] dans le Missouri.Il servit 4 années comme procureur public à ce même barreau.

Sa probité en tant qu'avocat

Une brochure cite une affaire de 1896, où Rutherford était l'avocat d'une fabrique de caisse enregistreuse. Elle explique comment Rutherford s'est opposé à un huissier venu prendre la caisse-enregistreuse en faisant diversion pour que l'huissier parte demander conseil, en subtilisant la caisse-enregistreuse et en la cachant par la suite dans son bureau, là où l'huissier arrivera à la retrouver alors que Rutherford lui prétendait qu'il l'avait envoyé à la fabrique. La cour d'appel devant laquelle l'affaire a été portée déclarera selon la brochure que l'attitude de Rutherford correspondait à "être futile avec la justice, et que c'était la quintessence de ce qui apparaissait comme une conduite tordue." [4]

La controverse sur son titre de "Juge"

Déposition de Rutherford sur sa fonction de Juge en 1918

Tout au long de sa carrière à la tête des Témoins de Jéhovah, Rutherford va se faire appeler le "Juge" Rutherford, que ce soit dans les livres, revues, annonce de ses discours. Pourtant comme l'ont noté ses détracteurs, il n'a jamais eu de charges de Juge. Certains opposants comme Bill Cetnar, ancien membre du Béthel de Brooklyn, affirment qu'il a été juge temporaire pendant 4 jours, quand le juge titulaire de son barreau a été malade. D'autres comme l'auteur anonyme du livre The Four President of The Watchtower qui prétend que Alexandre MacMillan était l'ami de son père et à ce titre lui a fournit des informations, sont d'accord sur ces 4 jours, mais prétendent que le juge officiel ne voulait pas se mouiller par temps de pluie et a envoyé Rutherford à sa place. Si l'on veut sortir de sources critiques au mouvement, on peut consulter le transcript du jugement opposant l'ancien juriste Olin R. Moyle contre la société Watchtower: Dans ce transcript, on peut lire le témoignage de Frédéric Franz, quatrième président de la société Watchtower et de Hayden Convington , agissant en tant qu'avocat de l'accusé, la société Watchtower, aux pages 841 à 844. Si Franz affirme avoir appelé "Juge" Rutherford, parce que l'interessé se présentait lui-même comme juge, et ne sachant pas s'il l'avait été ou pas, Convington accrédite la thèse du juge temporaire de quatre jours, sans donner d'explication. Néanmoins quand il tente d'affirmer que les juristes du missouri avaient pris l'habitude de nommer Rutherford en le faisant précéder du terme "Juge", le président du tribunal, qui avait été juriste dans le Missouri même et qui prétendait connaître l'affaire, contredira et annulera cette affirmation de Convington. Lors du procès de 1918, Rutherford sans entrer dans les détails donnera à peu près la même version.[5]

Rutherford et la politique

Joseph Franklin Rutherford

Avant de connaître les Etudiants de la Bible et même après, il fut semble-t-il actif en politique. En 1892, il participe à la campagne réussie en vue de la présidence de Grover Cleveland. En 1896, deux ans après sa prise de contact avec les Étudiants de la Bible, il se présenta sous la bannière démocrate à la legislature de l'État du Missouri mais échoua à 100 voix près. En 1896 et 1900, il participa aux campagnes perdues de William Jennings Bryan, démocrate et ardent fondamentaliste religieux qui sera par exemple l'avocat pour la cause créationniste dans le procès Scopes encore une fois perdu en 1925. Notons que Bryan sera opposé à l'entrée en guerre des États-Unis en 1917, tout comme Rutherford.

Rutherford et Russell

C'est en 1894 que Rutherford entra en contact avec le mouvement des Etudiants de la BibleEtudiants de la Bible par l'achat de livres et revues à des colporteurs comme en témoigne une lettre publiée dans La Tour de Garde du 15 Avril de cette année. Néanmoins il se fît baptiser en 1906, année où il publia son premier livre "Le salut de l'homme selon le point de vue d'un homme de loi". Il abandonna son travail d'avocat dans le missouri en 1907 [6]. Peu de temps après, il apparût comme orateur d'une convention des Étudiants de la Bible en Août aux Chutes du Niagara [7] et dans le même temps, il devint le conseiller juridique du mouvement. Il servit dans ce rôle lors des affaires opposant Charles Russell à sa femme Maria en 1908 en vue de leur séparation, et dans l'affaire du Blé miraculeux.

La Tour de Garde du 15 Juin 1908, le signalera comme faisant parti des Pilgrims à cette date.

En 1915, il publia une défense dythirambique du pasteur Russell, appelée Une grande bataille dans les cieux ecclésiastiques, panégérique de Russell dans le rôle de David contre Goliath, représentant tous ses opposants religieux, étendus à la totalité des autorités ecclésiastiques du monde entier ! Si Russell accepta ce cadeau, il ne voulut pas néanmoins être associé au projet tout en acceptant d'en informer les lecteurs de La Tour de garde pour qu'ils le commandent.
Transcript procès Olyn Moyle- Témoignage Isaac Hoskins
Rutherford quitta le Béthel cette année-là pour reprendre son activité d'avocat à Monrovia près de Los Angeles pour une chaîne de magasins. A cette occasion, il demanda une fort dédommagement financier de 1000 $ de l'époque pour ouvrir un cabinet d'avocat à Los Angeles à Russell qui l'accepta; cette demande laisse sous-entendre que c'est donc Russell qui aurait demandé à Rutherford de quitter le Béthel. C'est en raison de cette demande, et des distances de Russell sur le livre de Rutherford que certains opposants ont évoqué à l'époque, le froid qui aurait existé entre Russell et Rutherford, les dernières années de vie du Pasteur. Néanmoins cet avis mérite d'être nuancé par le fait que Russell n'a pas demandé la radiation de Rutherford des directeurs de la Société, ni n'a cherché quelqu'un d'autre pour être son dépositaire testamentaire. De plus, Rutherford participe toujours comme orateur aux assemblées, il est un des orateurs aux côtés de Russell le 15 Juillet 1915 à l'assemblée de Springfield, Massachusetts et il est le président de l'assemblée de Los Angeles du 2 au 10 Septembre 1916. On peut néanmoins se demander si ce n'est pas peu de responsabilités pour un directeur de la Société. De plus à partir de 1913, Russell n'a plus eu la majorité des actions de la Société Watchtower et n'a pas pu à partir de cette date agir à sa guise avec les directeurs comme il reconnaissait le faire dans une Tour de garde de 1890. L'énigme reste donc entière, on peut néanmoins affirmer que Rutherford n'était pas vu par Russell comme son successeur le plus probable.

L'élection de Rutherford à la présidence

Le jour même de la mort de Russell, Alexandre H. Macmillan alors manager général en l'absence de Russell au Béthel de Brooklyn, intercepta un télégramme de Menta Sturgeon, alors secrétaire particulier de Russell, envoyé à sa femme annoncant le décès du Pasteur. Il en avertira immédiatement Rutherford, alors présent à une assemblée à Oakland dans le Marynland, le décidant à partir dans l'urgence pour le Béthel car il était le dépositaire testamentaire du Pasteur Russell.

Deux jours après, le conseil des directeurs élira à la place de Russell, A.N Pierson et nommera un comité exécutif de trois directeurs chargé de l'intérim: A.I. Ritchie, W.E. Van Amburgh et J.F. Rutherford. Ce comité sera lui-même supervisé par le comité des directeurs dans son ensemble.

Très vite le dynamisme et la connaissance de la loi de Rutherford le désigne comme possible candidat à la présidence. La Société Watchtower était à l'époque une société d'édition dont la nomination des dirigeants revenait aux actionnaires. Avait droit à un vote, toute personne donnant 10$. Chaque donation supplémentaire de 10$ donnait droit à un vote supplémentaire.C'est le 6 Janvier 1917 que Rutherford, seul candidat, est élu par les actionnaires comme président, Pierson comme vice-président et Van Amburgh comme secrétaire et trésorier. Un fait parmi bien d'autres montre que Rutherford savait qu'il allait être élu président, avant même cette élection, sa biographie a été envoyée aux journaux éloignés une semaine avant l'élection pour qu'elle paraisse le jour de l'annonce de son élection.

Une brochure publiée par les 4 directeurs exclus en 1918, affirme que Alexandre MacMillan s'est vanté après l'élection d'avoir pris de vitesse ceux qui voulaient présenter leur candidature et ainsi laisser pour seul candidat Rutherford. De ce fait, les votes prévus pour d'autres candidats sur les procurations d'Etudiants de la Bible qui n'avaient pas pu être-là, ont été mécaniquement reportés sur la candidature unique de Rutherford.

Le jour de l'élection, Rutherford propose de nouvelles règles de fonctionnement ou By-Laws pour la société Watchtower, lui donnant tout pouvoir et créant un comité consultatif de trois "frères" pour le Président, comité indépendant du comité des directeurs de la corporation. Il fait examiner ce texte pendant que les actionnaires écoutent des discours, par un comité de trois Etudiants de la Bible [8] qui après examen souhaite le modifier pour donner un droit de regard du conseil des directeurs sur le comité et les actions du Président. Rutherford intercepte le comité ainsi que le texte amendé proposé par celui-ci avant que son porte-parole n'arrive sur le podium, et parlemente pendant une heure avec les membres du comité pour qu'ils laissent inchangé son texte, il les menace de faire un scandale, apeurés les 3 "frères" acceptent. Les actionnaires approuvent le texte. De retour de l'assemblée, Rutherford convoque dans la foulée les directeurs, seuls à même de pouvoir valider légalement ces by-laws, pour les leur faire enteriner [9]. Il semble que ces directeurs ne savent pas que les actionnaires n'ont pas le droit de voter des By-Laws [10], ils valident le texte.

Le schisme de 1917

Il semble que les directeurs qui seront expulsés dans cette affaire, n'étaient pas appréciés pour leur capacité avant même la mort de Russell, par le triumvirat qui prendra le pouvoir (Rutherford, Van Amburgh, Macmillan), témoin l'anecdote rapportée dans Light After Darkness par un de ces directeurs: Pendant la veillée funèbre de Russell, le 6 Novembre 1916, Macmillan aurait approché l'un deux pour lui proposer discrètement de quitter son poste de directeur pour que des personnes plus compétente prennent sa place, menaçant celui-ci d'être mis à la porte s'il ne le faisait pas lui-même [11]

Une fois Rutherford élu et ayant tout pouvoir, Van Amburgh confirmé trésorier de la société Watchtower, il nomme MacMillan représentant spécial de Rutherford au Béthel, le pouvoir est cadenacé. Le seul qui pourrait faire contrepoids, le frère Pierson, nommé vice-président de la société Watchtower, habite à plusieurs jours de trajet du Béthel. On peut se demander si au fond cette prise de pouvoir ne s'est pas réalisée si facilement tant en raison du dynamisme et de l'esprit calculateur d'un Rutherford qu'en raison de la naïveté et de la passivité des directeurs [12].

Les problèmes rencontrés avec l'Angelophone, l'argent "disparu" du Photo-Drame de la Création provoque très vite une rupture entre les trois dirigeants et les autres, d'autant plus rapide que Rutherford ne s'embarrasse pas de dire aux intéressés que ce n'est pas leur affaire et qu'ils n'ont aucun pouvoir de décision, ni même de voir les comptes. Dès Avril, les 4 directeurs prennent des avis extérieurs, notamment auprès Francis H. McGee, un juriste, assistant de l'avocat général de la cour du New Jersey et étudiant de la Bible, pour savoir ce qu'ils peuvent faire avec les By-Laws passés.

l'affaire Paul Léo Johnson éclate à ce moment-là, néanmoins d'après les directeurs expulsés, ce n'est pas la cause des problèmes.

Le 20 Juin une réunion des directeurs a lieu, durant laquelle les 4 directeurs proposent de réécrire les By-Laws, Rutherford est furieux et fait ajournée la réunion jusqu'au 20 Juillet. Pendant ce temps, il part en voyage à Philadelphie pour prendre des conseils juridiques.

Début juillet, en son absence, le conflit arrive à un paroxysme, quand les 4 directeurs apprennent qu'ils n'ont plus le droit de rentrer au Tabernacle de Brooklyn, incrédules, ils décident de s'y rendre, Macmillan qui a été averti de leur venue, leur demande de sortir, face à leur refus, il appelle un policier. Le policier rebrousse chemin, reconnaissant qu'il n'a aucun droit d'intervention dans des affaires privées.

De retour à Brooklyn, Rutherford convoque 3 jours avant la date fatidique une réunion des directeurs, dans laquelle il annonce l'expulsion des 4 directeurs et leur remplacement par 4 autres (dont Macmillan). Son argumentation juridique repose sur le fait que selon la loi, les directeurs de la Société Watchtower doivent être élus annuellement par les actionnaires, ce qui n'est pas le cas, puisqu'ils ont été nommés par Russell ou ont été nommés par les autres directeurs. Rutherford pense que les 3 autres directeurs, qui ont élus officier (Président, Vice-Président et Trésorier) par les actionnaires ne sont pas dans ce cas . "Constatant" la vacance des postes de ces directeurs, il les expulse et les remplace. Plusieurs juristes contactés par les 4 directeurs exclus ne sont pas cet avis. Pour eux, si les 4 directeurs n'étaient pas légaux, les 3 autres (Rutherford, Van Amburgh, Pierson) ne l'étaient pas non plus, car on choisit les officiers du mouvement parmi les directeurs, s'il n'y a plus de directeurs, il n'y a plus d'officiers. De plus, la jurisprudence du comté, démontre que dans ces cas particuliers, on attend simplement la prochaine réunion des actionnaires qui choisiront légalement leurs nouveaux directeurs. Enfin Rutherford avançait l'idée que la Watchtower étant une corporation de Pennsylvanie, une loi obligeait que 3 des administrateurs habitent dans ce comté, les directeurs démontreront que cette loi postérieur à l'incorporation de la société, ne pouvait pas s'appliquer rétroctivement. En dehors de Macmillan, les 3 autres frères nommés, habitent loin du Béthel, tout comme déjà le vice-président Pierson qui habite Cromwell dans le Connecticut. Les frères Spill et Bohnet habitent Pittsburgh, le frère Fischer habite Scranton, tous dans l'état de Pennsylvanie. Ainsi aucun des directeurs autres que Van Amburgh, Rutherford et Macmillan ne peuvent avoir une vue des activités du mouvement.

Le 31 Juillet, Rutherford réunit le conseil d'administration de la Peoples Pulpit Association pour expulser "frères" Hirsh et Hoskins du conseil d'administration. 14 des 40 membres de l'association sont présents. Rutherford déclare que ces directeurs sont opposés au travail de cette association et doivent donc en être exclu. Il n'arrive pas à convaincre la majorité des membres présents, néanmoins Macmillan présente les proxys envoyés et utilisés pour l'élection des directeurs du 10 Janvier et vote avec ceux-ci pour obtenir la majorité. Cette procédure est illégale, un proxy ne servant que pour le vote auxquel il est prévu, certains des membres présents protestent, d'autres le feront plus tard, comme Paul E. Thomson dans une lettre à Macmillan, déclarant que son proxy ne servait que pour le 10 Janvier et qu'il était contre le vote qu'on lui avait fait prendre. [13]

Le respect des dernières volontés de Russell par Rutherford

L'édition de l'Age d'Or

Le comité éditorial

Russell dans ces dernières volontés avait prévu un comité éditorial de 5 membres dont trois au moins devaient être d'accord avant toute publication dans la revue La Tour de Garde ou avant tout nouveau livre. Dès la parution du livre Le Mystère Accompli en 1917, Rutherford n'applique pas ces directives. D'après le transcript du procès de 1918, Rutherford est le seul à avoir lu le livre avant parution et à avoir donner son accord, en dehors de Clayton Woodworth qui ne fait pas parti du comité mais qui est l'instigateur du projet. Si les deux auteurs prétendent avoir eu le feu vert du Comité éditorial, on ne sait pas qui en réalité a donné l'ordre, même si on peut en déduire par l'unique personne qui a lu le livre pour accord, qu'il s'agit bien du seul Rutherford.[14]

Disque de la série "Angélophone" (1916)

En ce qui concerne La Tour de Garde, le comité éditorial travaillera jusqu'en 1925, puisque lors de la parution de l'article "La Naissance d'une Nation", ce comité est en désaccord avec Rutherford, l'auteur de l'article. Néanmoins Rutherford ira contre l'avis du comité, et publiera l'article, dans le même temps il supprimera ce comité à cette date. Il s'en justifiera après coup en 1938. La mention du comité éditorial restera dans La Tour de Garde jusqu'en 1931 pour disparaître après. Dans son témoignage lors du procès Olin Moyle, la sténographe de Rutherford, Bonnie Boyd Heath révélera qu'à partir de 1929, date de son incorporation dans l'équipe de travail de Rutherford, jusqu'à la mort de Rutherford en 1941, le seul auteur des lignes de la Tour de Garde était ce même Rutherford, qui décidait si oui ou non quelqu'un pouvait lire l'article avant tirage pour émettre des suggestions. Même quand il commandait un article par un autre auteur, c'est lui qui avait le dernier mot.

L'Angelophone

Un des derniers projet de Russell appelé Angélophone, consistait en une série de disques de cantiques chantés. Dès sa mort Macmillan annule tous les contrats. Plusieurs directeurs tenteront de ressusciter le projet et s'opposeront à un refus de Rutherford. Ce n'est qu'avec le don de 12 000 dollars d'une "soeur" dans l'Illinois que le projet est relancé, et selon les directeurs expulsés, Rutherford aurait demandé à "frère" Cooke, l'étudiant de la Bible chargé du projet, de vendre les disques aux plus haut prix. [15]

La vie sexuelle de Joseph Rutherford

Le Al Jolson's winter Show

Le Winter Garden (1929) - Bill Morison Collection - Shubert archive

Il est notoire, que dès son accession au poste de président, Rutherford vécu séparé de sa femme et de son fils. La raison officielle de cette séparation avait trait au handicap de la femme de Rutherford. Néanmoins ni elle, ni son fils n'ont assisté aux funérailles du "Juge" laissant entrevoir le bien-fondé des rumeurs de brouille du couple circulant au Béthel d'alors, même si cette dernière vécue un temps avec lui à Beth-Sarim.

Les moeurs de Rutherford furent mis en lumière par exemple dans une lettre adressée à Joseph Rutherford, datée du 27 Avril 1926 et écrite par un des deux auteurs du livre Le Mystère Accompli Georges H. Fisher. L'auteur de la lettre reprochait à Rutherford d'avoir été aperçu par le portier du show appelé "Artists and Models" qui se produisait au Al Jolson's Winter Garden Theater de New-York en 1926, un show du genre Crazy Horse Saloon où dansent des femmes nues ou à moitié dénudées, au bras d'une jeune femme. Le portier, membre des Témoins de Jéhovah avait révélé l'affaire. L'histoire fit assez de bruit pour qu'un écho de la controverse paraisse dans la revue Golden-Age du 4 Mai 1927, le secrétaire général de l'IBSA de l'époque, Brenisen déclarant que Rutherford lui avait certifié n'avoir jamais mis les pieds à ce show. Néanmoins Fischer ne se laissa pas impressionner et contacta plusieurs membre du bureau des directeurs en vue de sanction, par chance pour Rutherford, Fischer décéda trois mois plus tard.

Bonnie Boyd et Bertha Peale

Le "Juge" Rutherford et l'alcool

Rutherford éméché lors d'un apéritif arrosé

Voir article détaillé : Alcoolisme de Rutherford

Plusieurs fois au cours de sa présidence des voix de personnes haut placées dans le mouvement se sont élevées pour dénoncer la promotion et la consommation d'alcool au Béthel en général et désignant particulièrement Rutherford lui-même. Le 1er avril 1937, dans une lettre ouverte, l'ex-Serviteur de filiale du Canada Walter F. Salter déclara qu'en pleine prohibition, Rutherford se faisait livrer des caisses entières de Whisky, Brandy et bières pour des milliers de dollars de l'époque. En Octobre 1939, c'est au tour de l'avocat Olin Moyle, alors l'avocat en chef des Témoins de Jéhovah de dénoncer l'utilisation de l'alcool au Béthel.

Son autorité

Le "chef" d'une armée théocratique

Rutherford n'a jamais caché ses sentiments guerrier. Il a par exemple clairement signifier lors du procès de 1918, "que son inclinaison individuelle est d'aller à la guerre" car son rêve "depuis son enfance est de diriger une armée". Il opposait cette inclinaison individuelle avec l'obligation pour un chrétien de ne pas faire la guerre.[16]. Dès lors, il n'est pas étonnant de voir que sous sa présidence, son mouvement s'est organisé et s'est considéré comme une "armée".

Le procès Moyle et l'autorité de Rutherford

Lors du procès Olin Moyle contre Watchtower en 1942 est évoqué l'autorité qu'exerçait Rutherford de 1935 à 1939, date à laquelle Moyle se trouvait au Béthel de Brooklyn, et où il a été choqué de l'attitude de Rutherford. Le témoignage de Nathan Homer Knorr, alors vice-président du mouvement au moment des faits, et nouveau président du mouvement au moment du procès, est éclairant à plusieurs titres. Par exemple Knorr montre dans ces propos que Rutherford dirigeait tout, y compris l'assignation des travailleurs au Béthel [17]Bien qu'il le présente comme un "témoin de Jéhovah comme les autres", il reconnait que Rutherford écrivait tous les livres et revues [18] et en même temps que sans clamer l'infaillibilité, les écrits du mouvement sont pris comme étant la parole de Dieu [19] que Rutherford pouvait faire ce qu'il veut avec l'argent de la Société sans contrôle des directeurs [20] Enfin que pour la doctrine jéhoviste, la fidélité et la loyalité à l'organisation équivalait à être fidèle et loyal à Dieu [21] tout en déclarant ailleurs qu'il n'y a pas de distinction entre clergé et laïc chez les Témoins de Jéhovah [22]

Mis bout à bout, le témoignage de Knorr montre tout le paradoxe de la doctrine jéhoviste prétendant à l'égalité parfaite de tous les membres du mouvement (pas de clergé, tous frères) et en même temps qu'obéir à un homme, en l'occurence Rutherford, équivaut à obéir à Dieu, donc Rutherford était l'égal de Dieu.

Dans ce même procès Bonnie Boyd Heath témoigne qu'elle appelait Rutherford "Papa"[23]. Matthew Arnold Howlett, un autre proche de Rutherford, révèle que pratiquement tout le monde à l'époque au Béthel, l'appelait "Papa"[24]. Ainsi Rutherford au moins au Béthel de Brooklyn semblait exercé son emprise au point de prendre symboliquement la place du Père.

Sa théologie

La trinité non sainte

Le fondement de la lutte contre le "monde" entamé par Rutherford se nomme dans la théologie de Rutherford, "la trinité non-sainte" composée du Big Business, de la religion, et de la politique. Cette trinité contrôle ou tente de contrôler le monde pour le compte de Satan. Ironiquement, cette vision du monde, Rutherford la partage avec un politique de son époque, le Rep. Louis T. McFadden, le représentant républicain de la Pennsylvanie au Congrès de 1920 à 1934, homme connu pour son profond antisémitisme, il proposera un texte au Congrès pour permettre à la Société Watchtower de continuer à émettre, malgré les protestations. Durant la présentation de ce texte devant le congrès, McFadden donnera la même définition que Rutherford du monde dominé par trois courants destructeurs [25]

La Naissance de la "nouvelle nation" ou "théocratie"

L'affaire de la "Bonus Army"

Décès

Acte officiel de décès de Rutherford
Dans sa soixante-dixième année, Rutherford subit plusieurs traitements médicaux lourds pour lutter contre un cancer de l'intestin. Il dut subir plusieurs opérations chirurgicales en 1941 mais ne s'est jamais remis complètement. Il meurt à San Diego le 8 Janvier 1942 à l'âge de 72 ans. Ses funérailles n'ont été suivies que par quatre personnes, dont aucune n'est de sa famille. Ni sa femme Mary et leur fils Malcom, ni ses successeurs Nathan Knorr ou Frederic Franz n'étaient présents. Les documents officiels du coronaire de l'Etat de Californie font état qu'il était mort depuis plusieurs jours quand son corps a été découvert au pied d'une cage d'escalier de sa propriété de Beth-Sarim et que des morsures de rats ont été constatées sur son visage et sur ses mains.

Son successeur immédiat à la tête de la WatchTower est Nathan Knorr.

Références

  1. Arrowup.png Une brochure de l'époque de Rutherford affirme même qu'on ne trouve pas d trace de Rutherford dans aucun des registres des écoles de loi du Missouri. Rutherford Uncovered Page 21
  2. Arrowup.png Le circuit de Cour de Versailles (Missouri) et le circuit de cour de Boonville (Missouri) Rutherford Uncovered (1940) Révérend Richard Félix Page 21 d'après les livres de cour
  3. Arrowup.png Courts Records, Cooper County, Missouri Book 19 page 84 cited in Rutherford Uncovered page 21
  4. Arrowup.png Missouri Appeal Reports Vol. 68 pp 441 à 447 cited in Rutherford Exposed Page 25
  5. Arrowup.png Procès des 7 administrateurs de la société Watchtower- 1918 Pages 964,965.
  6. Arrowup.png Transcript procès 1918. Page 968
  7. Arrowup.png Tour de Garde du 11 Octobre 1907
  8. Arrowup.png "Frère" Margeson de Boston, "Frère" Bricker de Pittsburgh et "frère" Ostrander de Cleveland- Light after Darkness Page 5
  9. Arrowup.png Light After Darkness Pages 5 et 6
  10. Arrowup.png Lettre du Frère McGee dans Light After Darkness page 16. McGee et Hoskins, un des directeurs expulsés découvrent plusieurs semaines après en étudiant la charte que ce ne sont pas les actionnaires qui peuvent passer des by-laws mais les directeurs
  11. Arrowup.png Light After Darkness Page 9
  12. Arrowup.png Selon la brochure Facts for Shareholder, dès la mort même de Russell, Van Amburgh et Rutherford avaient pris le pouvoir au sein du comité exécutif temporaire, laissant de côté Hirsh sans même que cela dérange aucun des directeurs, ni même l'interessé
  13. Arrowup.png Light After Darkness Page 10
  14. Arrowup.png Transcript du procès des 7 directeurs 1918 -Témoignage de Joseph Rutherford Page 973,974. Il a lu manuscrit en Février et Mars 1917
  15. Arrowup.png Light After Darkness Page 12
  16. Arrowup.png Transcription du Procès de Rutherford de 1918 P. 993
  17. Arrowup.png Page 1446,1491 du transcript
  18. Arrowup.png Page 1484, 1485 du transcript
  19. Arrowup.png Page 1474 du transcript
  20. Arrowup.png Page 1487 du transcript
  21. Arrowup.png Page 1505 du transcript
  22. Arrowup.png Page 1501 du transcript
  23. Arrowup.png Page 1404 transcript procès Moyle
  24. Arrowup.png Page 1200,1201 transcript du procès Moyle
  25. Arrowup.png The three visible elements of men that rule the Nation are the commercial, the political, and the religious, and of these three, the commercial is the most powerful. Among the earlier statesmen of America, there were some God-fearing men who foresaw the advance of a mighty and selfish power and gave warning that the greedy would some day destroy the liberties of the people. That warning was unheeded, and the selfish commercial element, which is otherwise called "Big Business", has stealthily and constantly moved forward to its goal. With grasping arms like the tentacles of a mighty octapus [BTW, this was a frequent antisemitic metaphor at the time] it has laid hold upon practically all of the visible wealth of the Nation...."Big Business" has no regard for the rights of the common people. In 1917, "Big Business", for ultra selfish reasons, needlessly and wantonly forced the American Nation into the World War, which resulted in the greatly increased wealth and power of a few men and made serfs and paupers of many millions of people. Today, "Big Business" owns practically everything visible. By the manipulation of the finances of the Nation, "Big Business" has acquired title to almost all of the real estate, while hundreds of thousands of honest toilers are losing their homes and their land. A few ultra rich men fix the prices of the food products that are reaped by laborers; and, by reason thereof, the farmers are robbed and the laborers are being starved; and that within the borders of the richest Nation of the world. "Big Business" owns the ships that ply the seas, and that fly through the air. It owns and controls the railways and other ways and means of transportation...."Big Business" has in its employ the most astute lawyers of the Nation, who write the contracts always in the interest of their clients, and the common people must take the ragged end. Every branch of government is contaminated and improperly influenced by "Big Business". It controls the two major political parties of America and names and elects at will the public men to office who will best serve its selfish interests. "Big Business" controls the Army and the Navy, the guns and the ammunition, and the police power of the Nation...Practically all of the business corporations of America are owned or controlled by "Big Business". The employees of these mighty corporations have a hook in their nose, so to speak, and they dare not call themselves their own. They must obey the selfish men who are the mighty lords of finance or else lose their jobs... "Big Business" either directly or indirectly owns or controlls almost all of the newspapers and magazines of America, and which agencies serve as propagandists for "Big Business" and their immediate political and religious allies. The same selfish interests own and control the professional clergymen, and these men make merchandise of the Word of God in order to keep the people in ignorance and in subjection to the ruling powers. Thus it is plainly seen that the power of the Government is centralized in the hands of a very few.... "Big Business" and their mouthpieces, namely, the commercialized clergy referred to are represensible before God for hindering the truth concerning the present conditions in America and the means which might provide a remedy for the people, by God's help. There should be some action taken to further stop such intolerance in the use of radio (and that during this session of Congress) to prevent the further entrenchment of such powers. That is the reason why I have introduced this bill and am asking for consideration of it at this time. Pages 9 et 13 des auditions. Tiré de http://www.jehovahs-witness.com/11/142454/2.ashx