Persécution sous l'Allemagne nazie : Différence entre versions

Un article de Témoins de Jéhovah: TJ-Encyclopedie, l'encyclopédie libre sur les Témoins de Jéhovah.
Aller à : navigation, rechercher
(Page créée avec « Les Témoins de Jéhovah a souffert de '''persécution religieuse dans l'Allemagne nazie''' entre 1933 et 1945 après avoir refusé d'effectuer leur service militaire,... »)
 
(Développements législatifs)
Ligne 16: Ligne 16:
  
 
Les autorités nazies dénoncèrent les Témoins de Jéhovah pour leurs liens avec les États-Unis et tournèrent en dérision le millénarisme apparemment révolutionnaire de leur prédication comme quoi une bataille d'[[Har-Maguédôn]] précéderait le règne du Christ sur ​​la terre. Ils relièrent les Témoins de Jéhovah à la "juiverie internationale" en mettant en évidence la confiance du mouvement à l'égard de certains textes de l'Ancien Testament. Les nazis avaient des griefs sur la plupart des petits groupes protestants en rapport avec ces questions, mais seuls les Témoins de Jéhovah et les [[christadelphiens]] refusaient de porter les armes ou de prêter serment de loyauté à l'État.
 
Les autorités nazies dénoncèrent les Témoins de Jéhovah pour leurs liens avec les États-Unis et tournèrent en dérision le millénarisme apparemment révolutionnaire de leur prédication comme quoi une bataille d'[[Har-Maguédôn]] précéderait le règne du Christ sur ​​la terre. Ils relièrent les Témoins de Jéhovah à la "juiverie internationale" en mettant en évidence la confiance du mouvement à l'égard de certains textes de l'Ancien Testament. Les nazis avaient des griefs sur la plupart des petits groupes protestants en rapport avec ces questions, mais seuls les Témoins de Jéhovah et les [[christadelphiens]] refusaient de porter les armes ou de prêter serment de loyauté à l'État.
 +
 +
(à continuer)
 +
 +
==Ressources sur le sujet==
 +
{{Refbegin}}
 +
* <cite id=Garbe></cite>{{plume}} Garbe, Detlef (2008) (anglais), ''Between Resistance and Martyrdom: Jehovah's Witnesses in the Third Reich'', Madison, Wisconsin: University of Wisconsin Press (ISBN 0-299-20794-3)
 +
{{Refend}}
 +
 +
==Références==
 +
{{Reflist}}

Version du 21 septembre 2012 à 23:32

Les Témoins de Jéhovah a souffert de persécution religieuse dans l'Allemagne nazie entre 1933 et 1945 après avoir refusé d'effectuer leur service militaire, de rejoindre les organisations nazie ou de faire allégeance au régime d'Hitler. On estime que 10 000 Témoins — la moitié du nombre de membres en Allemagne durant cette période — ont été emprisonnés, dont 2 000 qui ont été envoyés dans les camps de concentration. On estime que 1 200 sont morts en détention, dont 250 par exécution. Ils étaient la première dénomination chrétienne interdite sous le Troisième Reich et celle qui fut la plus persécutée. Contrairement aux Juifs et aux Tsiganes qui ont été persécutés sur la base de leur appartenance ethnique, les Témoins de Jéhovah pouvaient échapper à la persécution et à la souffrance personnelle en renonçant à leurs convictions religieuses, ce qui se traduisait par le fait de signer un document indiquant le renoncement de leur foi, la soumission à l'autorité étatique, et le soutien de l'armée allemande. L'historienne Sybil Milton conclut que "leur courage et leur mépris face à la torture et à la mort crève le mythe d'une décision d'un État nazi monolithique sur des sujets dociles et soumis".

Le groupe connut une persécution publique et gouvernementale grandissante à partir de 1933, nombre d'entre eux ayant été renvoyés de leur emploi ou de leur écoles, privés de revenus et supportant les coups et l'emprisonnement, en dépit de tentatives initiales de la part du mouvement jéhoviste pour démontrer des objectifs communs avec le régime national-socialiste. Les historiens sont divisés quant à savoir si les nazis avaient l'intention de les exterminer, mais plusieurs auteurs ont avancé l'idée que l'activisme des Témoins de Jéhovah et leur condamnation ouverte des Nazis ont contribué à leur niveau de persécution.

Ère pré-nazie

Les Témoins de Jéhovah constituent un schisme des Étudiants de la Bible internationaux, qui ont commencé leur œuvre missionnaire en Europe dans les années 1890. Une filiale allemande de la Société Watch Tower ouvrit à Elberfeld en 1902. En 1933, près de 20 000 Témoins ont été comptés comme prédicateurs actifs, et leur commémoration annuelle du Mémorial attirait alors près de 25 000 personnes. À Dresde, il y avait davantage d'Étudiants de la Bible qu'à New York, où la Société Watch Tower avait son siège.

Les membres de la religion, qui étaient connus sous le nom de Ernste Bibelforscher ou Premiers Étudiants de la Bible, avaient suscité l'opposition depuis la fin de la Première Guerre mondiale, et des accusations avaient été lancés contre eux comme quoi ils étaient bolcheviks, communistes et juifs en secret. À partir de 1920, l'Église évangélique allemande demanda l'interdiction des publications de la Watch Tower qui contenaient alors beaucoup de contenus polémiques à caractère anti-religieux, puis dans la fin de la décennie, l'opposition fut le fruit d'une association entre l'Église et le Mouvement völkisch, et des campagnes de brochures. Les Nazis commencèrent à harceler les Étudiants de la Bible, et les membres SA perturbèrent les réunions.

À partir de 1922, les Étudiants de la Bible d'Allemagne furent arrêtés au motif de colportage illégal lors de leur distributions publiques de littérature de la Watch Tower. Entre 1927 et 1930, près de 5 000 accusations furent portées contre des membres du mouvement, et bien que la plupart se soient terminées par un acquittement, des "peines sévères" furent également prononcées.

À partir de 1930, les appels pour l'intervention de l'État contre les Étudiants de la Bible augmentèrent et le 28 mars 1931, le président du Reich, Paul von Hindenburg, publia le Décret pour la Résistance des Actes Politiques de Violence, qui prévoyait les mesures à prendre dans les cas où les organisations religieuses, les institutions ou les douanes étaient "maltraitées ou malicieusement décriées". La Bavière devient le premier État ​​allemand où le décret fut utilisé contre les Étudiants de la Bible, avec un ordre de la police publié le 18 novembre interdisant et confisquant toutes les publications des Étudiants de la Bible dans l'État. Un second décret, en 1932, étendit l'interdiction à d'autres États allemands. À la fin de cette année-là, plus de 2 300 accusations portées contre Étudiants de la Bible étaient en instance.

Développements législatifs

Adolf Hitler fut nommé chancelier d'Allemagne le 30 janvier 1933, et à partir de ce moment la persécution des Témoins de Jéhovah s'intensifia. Se déclarant politiquement neutres, les Témoins refusèrent de jurer fidélité au régime nazi. Initialement, l'indifférence des Témoins face à l'État nazi se manifesta dans le refus d'effectuer les salut nazi en levant le bras, de rejoindre le Deutsche Arbeitsfront (Front allemand du Travail), de participer à des collectes d'aide sociale aux nazis, d'effectuer des tâches de raid aérien ou de participer à des rassemblements et des défilés nazis. Les Sturmtruppen SA du parti nazi attaquèrent les maisons des Témoins qui n'avaient pas voté en novembre 1933 dans le cadre d'un plébiscite sur le retrait allemand de la Société des Nations et les firent sortir pour les amener aux urnes. Certains furent battus ou forcés de marcher tout en brandissant des pancartes qui exprimaient leur "trahison" à la patrie; dans une ville un panneau d'affichage fut mis sur la place le marché listant les "traîtres" parmi les Étudiants de la Bible qui n'avaient pas voté, et des foules se rassemblaient devant les maisons des Témoins pour jeter des pierres ou chanter. Une action similaire fut prise lors des élections ultérieures de l'État à parti unique.

Les autorités nazies dénoncèrent les Témoins de Jéhovah pour leurs liens avec les États-Unis et tournèrent en dérision le millénarisme apparemment révolutionnaire de leur prédication comme quoi une bataille d'Har-Maguédôn précéderait le règne du Christ sur ​​la terre. Ils relièrent les Témoins de Jéhovah à la "juiverie internationale" en mettant en évidence la confiance du mouvement à l'égard de certains textes de l'Ancien Testament. Les nazis avaient des griefs sur la plupart des petits groupes protestants en rapport avec ces questions, mais seuls les Témoins de Jéhovah et les christadelphiens refusaient de porter les armes ou de prêter serment de loyauté à l'État.

(à continuer)

Ressources sur le sujet

  • Garbe, Detlef (2008) (anglais), Between Resistance and Martyrdom: Jehovah's Witnesses in the Third Reich, Madison, Wisconsin: University of Wisconsin Press (ISBN 0-299-20794-3)

Références