Schisme de 1894 : Différence entre versions

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===S.D. Rogers===
 
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Bien qu'étant pèlerin, Rogers, qui s'occupait de la gestions des livres du mouvement des Étudiants de la Bible en Angleterre, décida de remettre en question les méthodes de vente préconisées par Russell, à savoir le porte à porte, et cela sans avoir reçu d'autorisation préalable par le pasteur. Estimant ses propres méthodes plus efficaces, Rogers fit des collectes de dons et proposait des publications dans des grandes salles louées par le mouvement après avoir délivré un discours public. Russell demanda à Rogers de quitter son poste et de revenir aux États-Unis, ce qu'il fit, mais son influence resta forte dans les ''ecclasias'' d'Angleterre.<ref>[[#Zydek|Zydek, 2010]], p. 147</ref>
 
Bien qu'étant pèlerin, Rogers, qui s'occupait de la gestions des livres du mouvement des Étudiants de la Bible en Angleterre, décida de remettre en question les méthodes de vente préconisées par Russell, à savoir le porte à porte, et cela sans avoir reçu d'autorisation préalable par le pasteur. Estimant ses propres méthodes plus efficaces, Rogers fit des collectes de dons et proposait des publications dans des grandes salles louées par le mouvement après avoir délivré un discours public. Russell demanda à Rogers de quitter son poste et de revenir aux États-Unis, ce qu'il fit, mais son influence resta forte dans les ''ecclasias'' d'Angleterre.<ref>[[#Zydek|Zydek, 2010]], p. 147</ref>
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Les désaccords portait aussi sur des questions doctrinales et sur la personnalité de Russell: selon Rogers, le pasteur était "malhonnête, traître, menteur, pêcheur et fornicateur", ce qui, selon lui, rendait son épouse Maria malheureuse; de même, il était considéré comme très autoritaire car il aurait excommunié tous ceux qui n'adoptaient pas strictement son point de vue sur la rançon.<ref>[[#Blandre|Blandre, 1988]], p. 11,12,14</ref>
  
 
Russell affirma avoir entendu en détail Rogers à propos de ce qu'il appelle "son plan de mendiant", et ceci en présence de tous les assistants de bureau des époux Russell, le mardi précédant le 15 avril 1894. Ces derniers lui dirent explicitement qu'il rejetaient sa méthode, Rogers estimant ainsi qu'ainsi Russell "rejet[ait] le message du Seigneur", car d'après Russell, Rogers pensait que le Seigneur lui révélait des choses. Puis, les deux jours suivants, Rogers et Otto Von Zech discutèrent ensemble et acceptèrent mutuellement leurs griefs à propos de Russell.<ref>[[#Russell|Russell, 1894]], p. 7</ref>
 
Russell affirma avoir entendu en détail Rogers à propos de ce qu'il appelle "son plan de mendiant", et ceci en présence de tous les assistants de bureau des époux Russell, le mardi précédant le 15 avril 1894. Ces derniers lui dirent explicitement qu'il rejetaient sa méthode, Rogers estimant ainsi qu'ainsi Russell "rejet[ait] le message du Seigneur", car d'après Russell, Rogers pensait que le Seigneur lui révélait des choses. Puis, les deux jours suivants, Rogers et Otto Von Zech discutèrent ensemble et acceptèrent mutuellement leurs griefs à propos de Russell.<ref>[[#Russell|Russell, 1894]], p. 7</ref>
  
Les désaccords portait aussi sur des questions doctrinales et sur la personnalité de Russell: selon Rogers, le pasteur était "malhonnête, traître, menteur, pêcheur et fornicateur", ce qui, selon lui, rendait son épouse Maria malheureuse; de même, il était considéré comme très autoritaire car il aurait excommunié tous ceux qui n'adoptaient pas strictement son point de vue sur la rançon.<ref>[[#Blandre|Blandre, 1988]], p. 11,12,14</ref>
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Répondant à ses accusations, Russell affirma ne pas lui avoir interdit de prêcher comme il le souhaitait et de déformer ses propos sur ce sujet.<ref>[[#Russell|Russell, 1894]], p. 14</ref> Pour le prouver, il déclara que de grands tableaux d'un coût unitaire de huit dollars destinés avaient été fournis aux adeptes masculins ayant une certaine aisance oratoire et qu'aux environs de février 1894, il avait contacté un peintre à Pittsburg pour préparer cent tableaux en tissu, adaptés aux rencontres en public. Il permit ensuite aux lecteurs de ''La Tour de Garde'' de les obtenir à un tiers de leur prix. Ainsi, selon lui, différents petits groupes avaient commencé, lors de petites réunions, à instruire les personnes de cette façon. Russell dit aussi qu'un adepte du nom de Utley, à qui Rogers avait enseigné ses méthodes de prédication, aurait rapporté que celles-ci étaient douteuses, quoiqu'efficaces au niveau des ventes: Rogers se présenterait directement aux portes en tant que "ministre de l'Évangile", ce qui impressionnerait la maîtresse de maison qui consentirait ainsi à acheter les livres, croyait donner à une bonne œuvre.<ref>[[#Russell|Russell, 1894]], p. 15</ref>
  
 
==Réponse de Russell==
 
==Réponse de Russell==

Version du 3 novembre 2011 à 17:47

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Le schisme de 1894 fut, au sein des Étudiants de la Bible, le résultat d'une contestation de la part de quatre personnes — dont certains de ses proches collaborateurs — qui critiquèrent Charles Taze Russell dès 1892 au sujet de certaines de ses doctrines et de son comportement, notamment sa façon de mener ses affaires et son caractère. En 1893, un document fut rédigé et distribué aux Étudiants de la Bible à Pittsburgh par Otto van Zech, Elmer Bryan, J.B. Adamson, S.D. Rogers, Paul Koetitz, et d'autres, dans lequel Russell était présenté comme un dirigeant religieux dictatorial, un homme d'affaires avisé qui avait eut pour but de collecter de l'argent grâce de la vente des volumes de la série Millennial Dawn, livres qui, par ailleurs, aurait été publiés sous un pseudonyme féminin. Il fut aussi reproché à Russell d'interdire le mariage et d'avoir un comportement personnel répréhensible. Le conflit portait aussi sur des opinions différentes à propos de la rançon. La réaction du pasteur fut de publier une édition spéciale de La Tour de Garde qui dénonçait ses opposants, et Maria effectua une tournée de plusieurs congrégations pour défendre son mari. Finalement, la dissidence s'éteignit rapidement et n'eut pas un impact significatif sur le mouvement de Russell.

Il est à noter que, concernant cet épisode historique, seule la version de Russell est aujourd'hui connue; de ce fait, il n'est pas possible de se forger une opinion balancée sur les responsabilités des uns et des autres, et l'ensemble des informations présentées ici provient des écrits du mouvement des Étudiants de la Bible.

Origine

Selon Russell, il était prévu que la conspiration explosât, telle une "bombe" lors du rassemblement du printemps 1893 — par la suite reporté à Chicago —, et dans tous les cas "dans moins de 18 mois", soit vers l'époque du Mémorial de 1894. Le but était de se libérer de la "servitude de Frère Russell", quitte à utiliser les colonnes du périodique Zion's Watch Tower.[1] Les critiques commencèrent dès janvier 1893 et Russell, comprenant que des rumeurs circulaient sur son compte, convoqua une quarantaine d'Étudiants de la Bible, dont les instigateurs, pour dire que ces rumeurs étaient infondés, ce qui satisfit tout le monde, excepté Mme Zech.[2] Par la suite, à une réunion privée à son domicile, bien qu'il pensât que cela relevait de sa vie privée, Russell donna des détails sur son parcours dans les affaires afin d'éviter que certains ne soient choqués par la circulaire — la fameuse "bombe" — signée Von Zech, Bryan, Adamson et Rogers, des amis du couple Russell, qui avait commencé à se répandre.[3]

À l'origine, Rogers, les Zech et Paul Koetitz assistèrent à une réunion de prière et de témoignage un mercredi soir, et en l'absence de Russell, le critiquèrent en le qualifièrent de "pape", malgré les protestations de Maria qui était présente. Finalement, les mécontents se retirèrent ce soir-là, mais Rogers resta la nuit au domicile des Zech.[4] Le lendemain, après le dîner, Rogers alla chez les Zech, et les Russell lui signifièrent qu'il n'était plus invité chez eux puisqu'il s'entendait mieux avec les Zech. Rogers contacta Adamson pour leur plan, puis, Rogers, Adamson et Bryan et la famille Zech envoyèrent, le mercredi 4 avril des lettres spéciale à l'Église à Allegheny, les invitant à se rassembler chez les Zech le lendemain soir pour parler de Russell. Il y eut quarante ou cinquante fidèles qui assistèrent à la réunion, ayant reçu tous sauf un une invitation spéciale à être présents. Par la suite, Ernest C. Henninges rapporta le déroulement de la réunion:[5]

Selon lui, Adamson fit la prière d'ouverture, dans laquelle il remercia Dieu d'avoir le privilège de participer à "ce grand mouvement de réforme" pour la liberté et l'égalité entre les frères.[6] Puis Bryan parla en premier pendant environ 15 minutes, étant excité et refusant de reconnaître l'autorité du président. Puis Rogers s'exprima pendant près de deux heures,[7] expliquant qu'il avait testé avec succès sa nouvelle méthode de prédication, alors qu'il aurait prétendu, chez les Russell, ne pas l'avoir essayée. Il formula quatre façons dont Russell lui aurait nui: (1) en ayant souligné que la page imprimée était la meilleure façon de prêcher l'Évangile; (2) de ce fait, il eut le sentiment qu'il fallait vendre beaucoup de livres par jour pour payer les dépenses, et cela l'a empêché de faire confiance au Seigneur et l'a laissé dans une grande servitude; (3) en lui disant qu'il avait "aucun talent" d'orateur public; (4) en lui conseillant de changer sa réunion de Londres en une réunion de style classe biblique. Rogers considéra ce dernier point comme étant une "prise de contrôle de [s]es privilèges". Ensuite, jusqu'à minuit, Zech critiqua Russell sur sa trop grande autorité et son manque d'amour pour les frères, ajoutant: "Frère Russell fait de grands péchés; et, si vous ne voulez pas l'entendre, vous participez à ses péchés". Sur motion, la séance fut levée, et Bryan cria qu'ils seraient pleinement entendus dans quelques jours, qu'une salle serait louée et que "cette chose ne tombera pas, nous allons l'imprimer et la publier au monde entier".[6]

Présentations des opposants

S.D. Rogers

Bien qu'étant pèlerin, Rogers, qui s'occupait de la gestions des livres du mouvement des Étudiants de la Bible en Angleterre, décida de remettre en question les méthodes de vente préconisées par Russell, à savoir le porte à porte, et cela sans avoir reçu d'autorisation préalable par le pasteur. Estimant ses propres méthodes plus efficaces, Rogers fit des collectes de dons et proposait des publications dans des grandes salles louées par le mouvement après avoir délivré un discours public. Russell demanda à Rogers de quitter son poste et de revenir aux États-Unis, ce qu'il fit, mais son influence resta forte dans les ecclasias d'Angleterre.[8]

Les désaccords portait aussi sur des questions doctrinales et sur la personnalité de Russell: selon Rogers, le pasteur était "malhonnête, traître, menteur, pêcheur et fornicateur", ce qui, selon lui, rendait son épouse Maria malheureuse; de même, il était considéré comme très autoritaire car il aurait excommunié tous ceux qui n'adoptaient pas strictement son point de vue sur la rançon.[9]

Russell affirma avoir entendu en détail Rogers à propos de ce qu'il appelle "son plan de mendiant", et ceci en présence de tous les assistants de bureau des époux Russell, le mardi précédant le 15 avril 1894. Ces derniers lui dirent explicitement qu'il rejetaient sa méthode, Rogers estimant ainsi qu'ainsi Russell "rejet[ait] le message du Seigneur", car d'après Russell, Rogers pensait que le Seigneur lui révélait des choses. Puis, les deux jours suivants, Rogers et Otto Von Zech discutèrent ensemble et acceptèrent mutuellement leurs griefs à propos de Russell.[10]

Répondant à ses accusations, Russell affirma ne pas lui avoir interdit de prêcher comme il le souhaitait et de déformer ses propos sur ce sujet.[11] Pour le prouver, il déclara que de grands tableaux d'un coût unitaire de huit dollars destinés avaient été fournis aux adeptes masculins ayant une certaine aisance oratoire et qu'aux environs de février 1894, il avait contacté un peintre à Pittsburg pour préparer cent tableaux en tissu, adaptés aux rencontres en public. Il permit ensuite aux lecteurs de La Tour de Garde de les obtenir à un tiers de leur prix. Ainsi, selon lui, différents petits groupes avaient commencé, lors de petites réunions, à instruire les personnes de cette façon. Russell dit aussi qu'un adepte du nom de Utley, à qui Rogers avait enseigné ses méthodes de prédication, aurait rapporté que celles-ci étaient douteuses, quoiqu'efficaces au niveau des ventes: Rogers se présenterait directement aux portes en tant que "ministre de l'Évangile", ce qui impressionnerait la maîtresse de maison qui consentirait ainsi à acheter les livres, croyait donner à une bonne œuvre.[12]

Réponse de Russell

Discours

L'après-midi du dimanche 8 avril 1894, après le discours, la congrégation fut priée de rester, et Russell s'exprima. On apprit qu'Adamson et Rogers ne s'étaient joints au complot qu'au cours des dernières semaines. Selon Russell, les mobiles de ce complot auraient été l'envie, la jalousie et nuire à la cause qu'il défend,[13] et lui-même, de par sa position religieuse, constituerait une cible de choix pour les critiques.[14]

Publications

Dans l'édition du 1er avril 1894, Russell fit paraître un article intitulé "The Work in England", dans lequel étaient fournis les chiffres de la comptabilité de la vente des livres en Angleterre en rapport avec Rogers.[3]

Une brochure intitulée A Conspiracy Exposed and Harvest Siftings fut écrite par Russell et publiée comme supplément du numéro d'avril 1894 du périodique La Tour de Garde (anglais) afin de contrer la circulation du point de vue des critiques parmi les Étudiants de la Bible. Dans cette brochure, Russell reprit séparément les arguments de ses contradicteurs afin d'en démontrer, à son point de vue, la fausseté.

Un numéro spécial du magazine, de juin 1894, fut publié dans le même but.

Tournée de Maria

En 1894, Maria Russell fit une tournée afin de visiter plusieurs congrégations. Lors de ces visites, elle prit la défense de son mari en prononça des discours qui lui étaient favorables. Elle dénia les accusations relatives au fait qu'elle aurait été malheureuse dans sa vie de couple. Elle écrivit des lettres en réponse aux accusations, lettres qui furent imprimées dans La Tour de Garde.

Voir aussi

Ressources sur le sujet

Références

  1. Arrowup.png Russell, 1894, p. 4
  2. Arrowup.png Russell, 1894, p. 5
  3. 3,0 et 3,1 Russell, 1894, p. 6
  4. Arrowup.png Russell, 1894, p. 8
  5. Arrowup.png Russell, 1894, p. 9
  6. 6,0 et 6,1 Russell, 1894, p. 11
  7. Arrowup.png Russell, 1894, p. 10
  8. Arrowup.png Zydek, 2010, p. 147
  9. Arrowup.png Blandre, 1988, p. 11,12,14
  10. Arrowup.png Russell, 1894, p. 7
  11. Arrowup.png Russell, 1894, p. 14
  12. Arrowup.png Russell, 1894, p. 15
  13. Arrowup.png Russell, 1894, p. 12
  14. Arrowup.png Russell, 1894, p. 13