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Consolation du 12 juin 1940

De Tj-encyclopédie
Consolation du 12 juin 1940
Revue Consolation
Date 1940
Année 1940
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society

Ce numéro est dominé par la question du salut obligatoire au drapeau américain, qui fait l'objet d'un long article centré sur l'argumentation de Joseph Franklin Rutherford devant la Cour suprême des États-Unis. La publication présente ce litige comme un enjeu de liberté de conscience touchant directement les enfants des Témoins de Jéhovah, exclus des écoles publiques et victimes de violences dans plusieurs États pour avoir refusé ce geste au nom de leur foi.

En filigrane du numéro court le thème de la persécution organisée, déclinée sur plusieurs continents : arrestations en Grèce, condamnation pour sédition au Canada, pressions sur les objecteurs de conscience au Royaume-Uni, et répression en Allemagne nazie où des milliers de Témoins de Jéhovah sont alors incarcérés. Ces situations sont systématiquement lues par la publication comme autant de confirmations prophétiques de l'imminence du jugement divin.

Analyse

Croyances

L'article sur les « guerriers invisibles » (pages 17-18) constitue le développement théologique le plus élaboré de ce numéro. La doctrine de la protection angélique y est présentée à partir d'Hébreux 1:14, verset qui définit les anges comme des « esprits serviteurs envoyés pour ceux qui doivent hériter du salut ». Cette définition, centrale dans l'exégèse watch-toweriste de l'époque, est mise en œuvre dès 1930 dans la littérature de la Watch Tower, qui affirmait explicitement que des « anges invisibles » transmettaient les révélations doctrinales à l'organisation et dirigeaient ses publications.[1] Ce numéro de juin 1940 prolonge cette ligne en appliquant la même doctrine non plus à la réception des révélations, mais à la protection physique des proclamateurs dans leur activité quotidienne : les anges y sont présentés comme des agents exécutifs de la volonté divine, opérant sur commission céleste, ce qui est cohérent avec le cadre exégétique selon lequel les anges ne répondent pas à une invocation humaine mais agissent conformément aux desseins de Jéhovah.[2]

Le choix de l'épisode d'Élisée à Dothan (2 Rois 6:15-17), cité à la page 17, est révélateur de la méthode typologique de la publication : l'armée de chars et de chevaux de feu protégeant le prophète devient une illustration de la protection dont bénéficient les membres oints et leurs « compagnons de bonne volonté » face aux persécutions contemporaines.[3] Cette analogie entre la situation du prophète assiégé et celle des proclamateurs en activité sous des régimes hostiles est une constante de la rhétorique rutherfordienne, qui consiste à lire l'actualité politique à travers le filtre des récits bibliques de délivrance.

La nuance introduite à la page 18 — selon laquelle la protection angélique ne dispense pas le croyant de sa responsabilité personnelle envers sa propre santé et sa sécurité — mérite d'être distinguée comme un correctif doctrinal explicite. La publication s'appuie sur les exemples de Job et de Jésus pour établir que la protection divine est conditionnelle à la fidélité et à la prudence du bénéficiaire, et que la présomption de compter uniquement sur les anges serait un péché d'orgueil. Ce point est cohérent avec la position de la Watch Tower, qui tout en valorisant la protection surnaturelle, maintient une discipline de responsabilité individuelle chez ses membres.[4]

L'application de Matthieu 18:10 — « leurs anges dans les cieux voient constamment la face de mon Père » — aux « petits » de Dieu, c'est-à-dire aux membres de l'Église et à leurs associés, prolonge la doctrine des anges gardiens individuels. La publication étend explicitement cette protection aux « compagnons de bonne volonté », terme technique désignant alors ceux qui ne font pas partie des 144 000 oints mais gravitent autour du groupe. Ce glissement est significatif : la promesse de protection angélique, initialement réservée dans le vocabulaire watch-toweriste aux seuls membres de l'Église spirituelle, est ici élargie à une catégorie auxiliaire, ce qui reflète l'évolution de l'ecclésiologie de la période.[5]

La suprématie de la loi divine sur la loi humaine, fil conducteur de l'article sur le salut au drapeau (pages 3-4), est articulée à partir du Décalogue (Exode 20:3-5), qui interdit toute allégeance à une image ou à un symbole autre que Dieu. La publication développe ce principe au moyen de trois exemples bibliques paradigmatiques : Mardochée, qui refusa de se prosterner devant Haman ; Daniel, qui poursuivit sa prière malgré le décret royal ; et les trois Hébreux, qui refusèrent de se prosterner devant la statue de Nabucadnetsar. Ces trois cas, régulièrement mobilisés dans la littérature rutherfordienne pour justifier le refus du salut au drapeau, fonctionnent ici comme une grille de lecture de la situation juridique américaine : le refus des enfants témoins de Jéhovah de saluer le drapeau est présenté comme l'équivalent moderne de ces refus antiques, avec la même promesse de délivrance divine à la clé.[6]

La comparaison explicite établie par Joseph Franklin Rutherford entre le salut obligatoire au drapeau dans les États américains et le salut à Hitler dans l'Allemagne nazie constitue un argument rhétorique fort, mais aussi une position théologique : si les deux gestes sont assimilés l'un à l'autre, c'est parce que la publication les range tous deux sous la catégorie biblique de l'idolâtrie, indépendamment du régime politique qui les impose. La démocratie américaine n'est pas exonérée du reproche d'idolâtrie au seul motif qu'elle n'est pas totalitaire : ce qui est en jeu est la nature de l'acte, non l'intention du législateur.[7]

La revendication selon laquelle Abel serait le premier « témoin de Jéhovah », mort il y a plus de cinq mille ans, s'inscrit dans une stratégie de légitimation par l'antiquité, récurrente dans les publications de la période rutherfordienne. En rattachant la communauté à une lignée spirituelle remontant à l'aube de l'humanité, la publication répond implicitement à l'accusation selon laquelle les Témoins de Jéhovah seraient une secte récente. Cette affirmation repose sur une lecture typologique de l'histoire biblique qui fait d'Abel, de Noé, d'Abraham et des prophètes autant de « témoins de Jéhovah » avant la lettre, sans discontinuité entre leur fidélité et celle des proclamateurs de 1940.[8]

L'interprétation de Apocalypse 13:3 proposée à la page 19 — où la « blessure mortelle guérie » de la Bête symbolise la résurgence de l'Allemagne après la défaite de 1918 et l'avènement du nazisme — illustre la méthode propre à la littérature watch-toweriste de l'époque : lire l'Apocalypse comme une prophétie s'accomplissant dans les événements politiques contemporains. La publication renvoie explicitement au livre Lumière (Light) de Joseph Franklin Rutherford comme source de cette interprétation.[9] Cette lecture directement politique de l'Apocalypse est caractéristique de la méthode exégétique du second président de la Watch Tower, qui identifiait régulièrement les puissances mondiales à des figures prophétiques. Ce numéro ne présente pas cette interprétation comme hypothétique mais comme établie, ce qui témoigne du degré de certitude doctrinale avec lequel ces correspondances étaient alors affirmées.

La guerre mondiale en cours est interprétée à plusieurs reprises dans ce numéro comme l'accomplissement des signes des derniers temps annoncés par Jésus. La citation de Luc 21:11 à propos des raids aériens (page 6) et la contradiction soulignée entre la glorification nazie de la guerre et les promesses bibliques du Prince de la Paix (page 23) s'inscrivent dans une eschatologie cohérente : les événements de 1940 ne sont pas lus comme de simples catastrophes humaines, mais comme des jalons prophétiques confirmant l'imminence d'Armageddon. La conclusion de l'article principal de la page 16, qui exhorte les lecteurs à rejoindre la Théocratie comme seul refuge, fait de cette eschatologie un appel pratique immédiat : la Théocratie est présentée non comme une réalité future et abstraite, mais comme une alternative politique et spirituelle concrète, disponible dès maintenant, face à tous les régimes humains — démocratiques, fascistes ou communistes — que la publication dépeint uniformément comme défaillants et condamnés.[10]

Organisation et histoire

L'affaire Minersville School District c. Gobitis, plaidée devant la Cour suprême des États-Unis le 25 avril 1940 et décidée le 3 juin 1940, occupe une place centrale dans ce numéro, publié neuf jours après ce jugement.[11] La Watch Tower Society n'y est pas simplement spectatrice : Joseph Franklin Rutherford, son président, figurait lui-même comme avocat des défendeurs aux côtés de George K. Gardner, représentant la famille Gobitis devant la plus haute juridiction américaine.[12] La Cour statua à 8 voix contre 1 dans une opinion du juge Felix Frankfurter, confirmant la constitutionnalité du salut obligatoire et refusant d'admettre que la clause du libre exercice religieux exemptait les individus des obligations civiques jugées essentielles par l'État.[13] Ce revers judiciaire majeur explique directement pourquoi la publication reproduit et commente aussi longuement l'argumentaire de Rutherford : en republiant ses plaidoiries, la Watch Tower Society entend à la fois consolider sa position doctrinale sur le refus du salut au drapeau et documenter publiquement sa stratégie de défense au moment même où la décision de la Cour vient d'être rendue défavorable.

La directive doctrinale à l'origine de ce conflit juridique remontait à l'été 1935, lorsque Rutherford avait officiellement établi que participer aux cérémonies scolaires de salut au drapeau constituait une forme d'idolâtrie prohibée par le second commandement.[14] Cette décision organisationnelle avait eu des conséquences immédiates et concrètes pour les familles membres : exclusions d'écoles publiques, violences physiques, amendes et procédures judiciaires dans plusieurs États américains.[15] La publication recense ces incidents comme autant de preuves de la persécution institutionnelle du mouvement par les autorités civiles américaines, dans un registre narratif que l'historien Bernard Blandre a qualifié de stratégie délibérée de « provocation-répression-solidarité » caractéristique de la période rutherfordienne.[16]

Au Royaume-Uni, la situation institutionnelle des membres diffère sensiblement. Les tribunaux militaires britanniques chargés d'évaluer les objections de conscience avaient, selon la publication, généralement reconnu la sincérité religieuse des Témoins de Jéhovah et accordé les exemptions correspondantes, à l'exception notable du tribunal de Newcastle.[17] Ce résultat institutionnel concret — l'exemption officielle du service militaire accordée à des membres du mouvement par des juridictions d'un État belligérant — représente une reconnaissance juridique exceptionnelle pour une organisation dont les membres étaient simultanément emprisonnés en masse dans d'autres pays. La publication indique que six mille membres étaient alors détenus dans des prisons et des camps de concentration en Allemagne nazie pour avoir refusé de participer aux rituels de l'État hitlérien, notamment le salut au drapeau nazi.[18]

Au Canada, la distribution des ouvrages officiels de la Watch Tower Society avait conduit à la condamnation pour sédition d'Arthur Titley, membre des Témoins de Jéhovah à Montréal, poursuivi pour avoir diffusé les publications Ennemis et la brochure Face the Facts.[19] Ce précédent judiciaire documentait, pour les lecteurs de la publication, la réalité juridique du terrain au Canada à ce moment précis, indépendamment de l'issue de l'affaire Gobitis aux États-Unis. La publication reproduit par ailleurs une protestation adressée par des membres de la Women's International League for Peace and Freedom au conseil d'éducation de Fort Lee (New Jersey), qui avait expulsé un enfant de Témoin, Roger Morgan, pour refus du salut au drapeau.[20] Cette intervention d'une organisation civile extérieure au mouvement illustre la capacité de la Watch Tower Society à trouver, dans son conflit avec les autorités éducatives américaines, des relais de soutien au-delà de ses propres membres.

Science et médecine

L'article consacré aux jardins, en apparence horticole et récréatif, glisse dans sa dernière partie vers des affirmations relevant de la physiologie végétale qui méritent un examen critique. La publication déclare que des instruments scientifiques capables de multiplier les sensations végétales par cent millions auraient établi que les plantes réagissent au toucher et au passage d'un nuage, qu'elles meurent dans un spasme en émettant une haute tension électrique, que le céleri se fatigue facilement et que la carotte est excitable, et que des sons émis par des fleurs en train de s'ouvrir auraient été diffusés à la radio.[21] Ces affirmations s'inscrivent dans un cadre rhétorique explicitement téléologique : l'article s'ouvre sur la conviction que le Créateur et son « Vindicteur » aiment les jardins, et conclut que le résultat ultime de la création végétale sera un paradis à l'échelle du globe entier.[22] La science végétale est ainsi mobilisée pour accréditer, par analogie, l'idée d'une création intentionnelle et sensible, préparant rhétoriquement les promesses eschatologiques de la publication.

Ces affirmations s'appuient vraisemblablement sur les travaux du physicien et biologiste indien Jagadish Chandra Bose, dont les expériences sur la sensibilité électrique des plantes avaient connu une large diffusion populaire durant les deux premières décennies du XXe siècle. Bose affirmait que les plantes éprouvaient fatigue, excitation et un véritable « spasme de mort » au moment de périr, leurs réponses électriques et mécaniques étant comparables aux signaux nerveux des animaux.[23] Son invention du crescographe, appareil destiné à mesurer les mouvements infimes des plantes, lui valut en 1914 une expérience publique célèbre où une carotte branchée sur un galvanomètre avait enregistré ce qu'un journaliste présent décrivit, sans ironie, comme les « sentiments » d'un légume.[24] En 1926, Bose présenta devant la British Association for the Advancement of Science le « battement de cœur » d'un muflier relié à ses instruments.[25]

Cependant, dès les années 1920, la réception de ces travaux par la communauté scientifique s'était profondément dégradée. Daniel T. MacDougal, secrétaire général de l'American Association for the Advancement of Science, avait mené une campagne organisée contre Bose, l'accusant d'incompétence technique, de fraude et de mysticisme.[26] En 1940, les affirmations selon lesquelles les plantes « se fatiguent », sont « excitables » ou émettent une « haute tension électrique » au moment de mourir constituaient des thèses marginales, rejetées par le consensus physiologique dominant, qui soulignait l'absence de système nerveux central ou de cerveau dans le règne végétal.[27] Présenter de telles formulations — le céleri « fatigué », la carotte « excitable » — comme des acquis établis par la science, sans aucune réserve, outrepassait largement ce que le consensus scientifique de l'époque admettait.

La publication avait un intérêt idéologique manifeste à amplifier ces affirmations : en dotant les plantes d'une quasi-sensibilité et d'une réactivité émotionnelle, elle rendait plus intuitive et plus séduisante l'image d'un paradis terrestre où toute vie, végétale comprise, témoignerait de l'intelligence bienveillante du Créateur. La science de Bose, même contestée, fournissait un langage technique qui conférait une apparence d'objectivité à une démonstration fondamentalement apologétique.

Économie et société

La section consacrée aux conditions de vie des travailleurs en Allemagne nazie constitue l'un des passages à fort enjeu idéologique de ce numéro. La publication affirme que la mortalité des travailleurs allemands a augmenté de 32 % entre 1932 et 1935, que 70 % des jeunes Allemands souffrent de pieds plats ou déformés, que seulement 55 % des hommes appelés sous les drapeaux sont jugés aptes au service militaire contre 89 % en Grande-Bretagne, et que le taux de suicide est trois fois plus élevé qu'aux États-Unis.[28] Ces statistiques, accumulées sans indication de source ni de méthode de collecte, servent à illustrer la thèse centrale de la revue selon laquelle le « système » nazi — et par extension tout système humain — est condamné par Dieu à l'échec. La revue avait un intérêt idéologique évident à dramatiser la dégradation des conditions sanitaires et sociales en Allemagne, celles-ci devant confirmer la prophétie d'effondrement imminent du monde présent. Il est toutefois établi par les historiens que les conditions de vie ouvrières en Allemagne nazie se dégradèrent réellement à compter du milieu des années 1930 sous l'effet de la course à l'armement, des restrictions alimentaires et de l'allongement forcé des horaires de travail, de sorte que la tendance décrite par la revue correspond à une réalité historiquement documentée, même si les chiffres précis avancés restent non vérifiables dans leur formulation exacte.[29]

Le numéro contient également une affirmation à fort enjeu idéologique concernant les milieux d'affaires américains. La publication cite des déclarations attribuées au Fitch Survey, à la Standard Statistics Company et à Goodbody & Company, présentées comme autant de preuves que ces sociétés d'analyse financière souhaitaient que la guerre en Europe se prolonge pour stimuler les marchés boursiers américains.[30] Ces trois entités étaient des acteurs réels et identifiables du marché financier américain à cette époque : la Fitch Publishing Company avait été fondée en 1924, la Standard Statistics Company en 1922, et Goodbody & Co. était un courtier en valeurs mobilières new-yorkais fondé en 1886.[31] Cependant, la revue présente ces citations comme la preuve que l'ensemble de la classe capitaliste américaine instrumentalise la guerre pour ses profits, dans le cadre de sa rhétorique eschatologique selon laquelle le « système Satan » — dont la finance internationale est une composante — court à sa destruction divine. La sélection de ces citations, sans contexte éditorial ni vérification de leur portée réelle, sert à accréditer une lecture conspirationniste et apocalyptique de l'économie de guerre, plutôt qu'à rendre compte fidèlement de la diversité des analyses boursières de l'époque.

Enfin, la publication mentionne, à la rubrique consacrée à l'horticulture, qu'en trois ans plus de 33 000 tracteurs mis en service au Texas ont contraint au moins 60 000 agriculteurs à abandonner leurs exploitations, un seul tracteur pouvant suffire à chasser neuf familles d'une plantation de coton.[32] Le phénomène de déplacement massif de fermiers texans par la mécanisation agricole est historiquement avéré pour la période : sous l'effet combiné du Agricultural Adjustment Act de 1933 et de la mécanisation accélérée, la proportion de fermiers métayers au Texas chuta de près de 61 % en 1930 à environ 37,5 % en 1945, et des centaines de milliers de familles de la Ceinture cotonnière se retrouvèrent sans terre ni revenus.[33] La revue présente cette réalité non pour en analyser les causes complexes — politiques agricoles fédérales, concentration foncière, crise du coton — mais pour illustrer la déshumanisation du capitalisme et renforcer son discours sur l'inéluctable effondrement du système économique mondial, conformément à sa vision eschatologique.

Contenu

La Cour suprême en procès

La publication consacre son premier article à l'affaire du salut obligatoire au drapeau américain, un sujet d'importance nationale aux États-Unis, impliquant les Témoins de Jéhovah. Elle souligne que la Cour suprême des États-Unis, plutôt que le Congrès ou le président, incarne l'autorité ultime du pays, car ses décisions déterminent la validité des lois et des actes administratifs[34]. L'article rappelle que les Témoins de Jéhovah, représentés par Joseph Franklin Rutherford, président de la Watch Tower Bible and Tract Society, ont été impliqués dans des conflits locaux en raison de leur refus de saluer le drapeau, acte qu'ils considèrent comme une violation de leur allégeance exclusive à Dieu[35].

La publication reproduit des extraits de l'argumentaire de Rutherford devant la Cour suprême, publié précédemment dans le numéro 540 de Consolation. Elle insiste sur l'ancienneté des Témoins de Jéhovah, citant Abel comme le premier témoin de Jéhovah, mort il y a plus de cinq mille ans[36]. Rutherford souligne que les Témoins de Jéhovah, en tant que personnes en alliance avec Dieu, placent leur obéissance au Créateur au-dessus de celle de l'État, ce qui en fait des citoyens exemplaires tant que les lois de l'État ne contredisent pas celles de Dieu[37].

L'article met en lumière les persécutions subies par les enfants des Témoins de Jéhovah dans plusieurs États américains, où ils ont été exclus des écoles publiques, battus, étouffés, menacés et privés de droits fondamentaux pour avoir refusé de saluer le drapeau, par fidélité aux commandements bibliques, notamment Exode 20:3-5[38]. Rutherford compare cette situation à celle de l'Allemagne nazie, où les citoyens sont contraints de saluer Hitler sous peine de représailles, et où six mille Témoins de Jéhovah sont emprisonnés pour leur refus de se soumettre à ce culte[39].

L'argumentaire de Rutherford devant la Cour suprême inclut des références bibliques pour illustrer la fidélité des Témoins de Jéhovah à Dieu, même face à des lois totalitaires. Il cite les exemples de Mardochée, Daniel, et les trois Hébreux (Méschac, Schadrac et Abed-Nego) qui ont refusé de se soumettre à des lois contraires à leur foi et ont été miraculeusement délivrés par Dieu[40]. Rutherford souligne également que la Constitution des États-Unis et celle de la Pennsylvanie reconnaissent la suprématie de Dieu et de Sa loi, et que les pères fondateurs du pays étaient eux-mêmes des témoins de Jéhovah[41].

La publication reproduit des extraits de décisions judiciaires antérieures, notamment celles des juges Clark et Maris, qui ont statué en faveur de la liberté de conscience. Le juge Clark a déclaré que le salut obligatoire au drapeau, bien qu'il vise à inculquer l'amour de la patrie, ne doit pas être imposé aux enfants dont la conscience religieuse s'y oppose, car la contrainte est souvent plus nuisible que bénéfique[42]. Le juge Maris a quant à lui souligné l'importance de préserver les libertés garanties par la Constitution, surtout à une époque où l'intolérance religieuse refait surface dans le monde[43].

Commentaires britanniques

Cette rubrique, rédigée par J. Hemery depuis Londres, aborde les répercussions économiques et sociales de la guerre au Royaume-Uni. L'auteur souligne que le coût financier de la guerre, estimé à six millions de livres sterling par jour et devant atteindre sept millions avant la fin de l'année, commence à se faire sentir dans la vie quotidienne des Britanniques[44].

Le budget présenté par le chancelier de l'Échiquier prévoit une augmentation des impôts, notamment l'impôt sur le revenu, qui passe à 7 shillings et 6 pence par livre sterling. Les taxes sur la bière, le whisky, le tabac et les allumettes sont également relevées, tandis que les ventes de produits non alimentaires seront soumises à une nouvelle taxation. Les entreprises sont limitées à un versement de dividendes de 4 % par an, et l'émission d'actions gratuites est interdite, afin de limiter les profits excessifs des grandes sociétés financières et commerciales[45].

L'auteur note que l'augmentation la plus immédiatement perceptible pour les citoyens est celle des tarifs postaux : les lettres passent de 1,5 penny à 2,5 pence, et les cartes postales de 1 penny à 2 pence. Bien que les denrées alimentaires ne soient pas directement taxées, le gouvernement dépense un million de livres sterling par semaine en subventions pour maintenir les prix de détail à un niveau bas. Malgré cela, le coût de la vie augmente globalement, et la valeur de la livre sterling diminue, ce qui affecte particulièrement les ménages modestes[46].

La publication évoque également les « coûts » non financiers de la guerre, notamment les pertes humaines et les blessures infligées aux pères, maris et fils. Bien qu'il n'y ait pas de mécontentement manifeste, les Britanniques prennent conscience que le pays est engagé dans un conflit existentiel qu'il doit mener jusqu'au bout[47].

Sous cette même rubrique, un article traite des objecteurs de conscience au Royaume-Uni. La loi militaire britannique prévoit une exemption du service militaire pour ceux qui, pour des raisons de conscience, s'opposent à porter les armes. Des tribunaux ont été mis en place pour évaluer la sincérité de ces objections. Bien que certains motifs avancés aient été jugés peu convaincants, les Témoins de Jéhovah, à l'exception de ceux du tribunal de Newcastle, ont généralement réussi à démontrer que leur engagement envers Jéhovah était une conviction profonde et sincère. Ils ont ainsi été reconnus comme objecteurs de conscience et exemptés du service militaire, leur permettant de poursuivre leur activité religieuse[48].

Le texte OCR reprend en plein milieu de l'article « Church Council Dishonors Jehovah », déjà entamé dans la tranche précédente. Voici la suite de la section == Contenu ==, sans nouveau titre de rubrique, en continuité directe avec le paragraphe précédent :

Le clergé catholique allemand, en coordination avec les autorités nazies, a exigé la suppression de l'inscription « Holiness unto the Lord Jehovah » sur la tombe d'une Témoin de Jéhovah, considérant cette mention comme une insulte. La publication souligne que cette hostilité envers le nom de Jéhovah rappelle les persécutions subies par les premiers chrétiens, qui refusaient de renier leur foi malgré les pressions des autorités religieuses et politiques de leur époque[49].

Sous la rubrique « Hongrie », la publication relate les difficultés rencontrées par les pionniers dans ce pays, contraints d'adopter des stratégies de dissimulation pour éviter les arrestations. Une pionnière, par exemple, a utilisé un foulard noir pour se fondre dans la population locale, mais a été repérée par un habitant qui a alerté les autorités. Elle a réussi à échapper à l'arrestation en changeant rapidement de foulard et en se déplaçant discrètement dans une rue adjacente. Les policiers, cherchant une femme vêtue de noir, ne l'ont pas reconnue sous son nouveau déguisement[50].

Équipements des proclamateurs du Royaume en Saskatchewan : pratiques et confortables.

Un autre article, intitulé « Jesus 'Found Guilty of Sedition' », dénonce la condamnation d'Arthur Titley, un Témoin de Jéhovah de Montréal, reconnu coupable de sédition pour avoir distribué les ouvrages Ennemis et la brochure Face the Facts. La publication compare cette condamnation à celle de Jésus, également accusé de sédition par les autorités religieuses de son temps. Elle cite le passage biblique Matthieu 10:24-27 pour rappeler que les disciples ne doivent pas s'attendre à être traités mieux que leur maître, et que les persécutions subies par les Témoins de Jéhovah sont une preuve supplémentaire de la validité de leur message[51].

Sous la rubrique « An Unusual Clergyman », la publication relate la visite d'un proclamateur chez un pasteur âgé de 79 ans. Cet homme, au visage bienveillant, a accueilli favorablement le message des Témoins de Jéhovah. Après avoir écouté l'enregistrement « Snare and Racket », il a fait appel à sa femme pour qu'elle l'écoute également, coupant la radio diffusant les nouvelles de guerre. Il a reconnu la véracité des enseignements de Joseph Rutherford, évoqué sa propre carrière d'enseignant, voyageur et conférencier, et mentionné sa dernière conférence portant sur la différence entre la religion et le christianisme. Il a finalement accepté les livres Salvation et Government and Peace en proposant une contribution de 50 cents, et a adressé ses bénédictions aux proclamateurs dans leur service[52].

Deux brefs témoignages encadrent ces récits. Sous la rubrique « Night and Day », une femme catholique canadienne a refusé de lire les publications des Témoins de Jéhovah, affirmant que leurs croyances étaient « aussi éloignées que la nuit et le jour ». Le proclamateur a répondu en soulignant qu'elle était dans les ténèbres tandis que lui apportait la lumière, ce qui a suscité un sourire chez la femme, qui a finalement accepté de prendre de la littérature[53]. Sous la rubrique « Fears of the Associated Press », la publication dénonce la couverture médiatique des arrestations de Témoins de Jéhovah en Grèce par l'Associated Press, qui les avait qualifiés de « Chiliastes » afin de masquer leur véritable identité. Elle souligne que l'agence tente délibérément de discréditer leur message en le présentant comme une propagande illégale[54].

Un récit détaillé , intitulé « Just Before Christmas », décrit une confrontation entre des enfants de Témoins de Jéhovah et les autorités scolaires aux États-Unis. Carl (12 ans), Pearl (10 ans) et Mary Lue (7 ans) ont refusé de participer aux célébrations de Noël et de saluer le drapeau, conformément à leurs convictions religieuses. Après plusieurs visites de membres du conseil d'éducation et des menaces d'expulsion, les enfants ont finalement été autorisés à ne pas participer aux activités scolaires liées à Noël. La publication souligne que cette victoire a permis aux enfants de poursuivre leur activité religieuse sans entrave, et que la plus jeune, Mary Lue, a même participé activement à la prédication en utilisant le phonographe[55].

Un autre témoignage, intitulé « California Experiences », relate les succès de la prédication en Californie. Une femme, initialement intéressée mais confuse par les enseignements d'autres religions, a finalement accepté une étude biblique après avoir écouté l'enregistrement « Government and Peace ». Elle a exprimé son regret d'avoir perdu tant d'années sans connaître la vérité, mais a reconnu qu'elle pouvait encore aider ses enfants à comprendre le message biblique. À la suite de cette étude, elle a souscrit à La Tour de Garde et a manifesté le désir d'assister à toutes les réunions d'étude[56].

Un incident survenu lors d'une campagne de prédication avec des pancartes en Californie est également rapporté. Un homme, irrité par les messages affichés sur les pancartes, a tenté d'arracher les affiches d'un proclamateur et a été arrêté par la police. Le chef de la police, initialement informé de la campagne, a exprimé sa surprise face au nombre de participants, mais a exigé que les banderoles suspendues au-dessus de la rue soient retirées. La publication note que l'homme arrêté a finalement été condamné à une amende de 10 dollars[57].

Témoignage phonographique en milieu rural dans le comté de York (Pennsylvanie) : « La religion est mauvaise et un piège parce qu'elle trompe les gens. »

Un article intitulé « Priest Sticks His Neck Out » critique les attaques d'un prêtre catholique, le père Richard G. Ober, contre les Témoins de Jéhovah dans un journal local. Ce dernier a qualifié les Témoins de Jéhovah de « communistes », de « propagandistes de poison virulent », et de « prophètes de malheur », les accusant de semer la haine de classe et de menacer le christianisme et le gouvernement. La publication répond à ces accusations en soulignant que les Témoins de Jéhovah proclament simplement les vérités bibliques, et que leurs détracteurs, comme ce prêtre, révèlent leur hostilité envers le message du Royaume de Dieu[58].

Un article intitulé « Listening for Air-Raiders » aborde les technologies utilisées pour détecter les avions ennemis lors des raids aériens. La publication cite un livre de A. M. Low, Modern Armaments, qui explique que les détecteurs sonores permettent d'identifier la direction, le nombre, le type et la vitesse des avions approchant. Ces informations sont ensuite transmises aux unités de défense, telles que les projecteurs, les batteries antiaériennes et les avions intercepteurs. La publication souligne que, malgré ces avancées technologiques, les raids aériens continuent de causer des destructions, et que ces événements rappellent les paroles de Jésus dans Luc 21:11, annonçant des « signes effrayants » dans les derniers jours[59].

Un autre article, intitulé « Evacuation Difficulties », critique les échecs des plans d'évacuation des enfants et des mères des zones urbaines vers les campagnes au Royaume-Uni. La publication attribue une partie de cet échec à l'influence de l'Église catholique romaine, qui a entravé la mise en œuvre efficace du programme. Elle cite un article du journal The Economist pour illustrer les conditions précaires dans lesquelles certaines entreprises ont été contraintes de déplacer leurs bureaux, avec des conséquences négatives sur l'efficacité et le bien-être de leurs employés. Certaines entreprises ont dû s'installer dans des locaux inadaptés, comme des garages, tandis que d'autres ont été confrontées à des problèmes de logement pour leurs cadres[60].

Un article intitulé « "Holy Water" » se moque des conseils donnés par un prêtre catholique à ses fidèles pour se protéger des raids aériens. Ce prêtre recommande de vaporiser de l'eau bénite sur les maisons et les meubles lors d'une alerte aérienne, affirmant que cet acte symbolise une prière pour la protection divine. La publication ridiculise cette pratique en la qualifiant de superstition et en soulignant son inefficacité face aux dangers réels des raids aériens[61].

La publication poursuit sa critique acerbe des institutions religieuses, en particulier de l'Église catholique romaine, qu'elle accuse de corruption, d'hypocrisie et de trahison des principes chrétiens. Sous le titre « The Religious Hatred of Religion », l'article dénonce la virulence des attaques d'un prêtre catholique, le père Richard G. Ober, contre les Témoins de Jéhovah. Ce dernier les a qualifiés de « poison virulent », de « provocateurs de haine de classe », et de « vendeurs de livres stupides », tout en les associant à des mouvements subversifs comme le communisme et le Ku Klux Klan. La publication répond en soulignant que ces invectives révèlent davantage l'hostilité du clergé envers le message biblique qu'une quelconque menace posée par les Témoins de Jéhovah. Elle cite ces attaques comme un exemple de la « haine religieuse envers la religion », rappelant que les conflits entre groupes religieux sont monnaie courante et que ces divisions discréditent l'ensemble des institutions religieuses[62].

Un éditorial du journal Riverton Review est également reproduit, dans lequel le rédacteur en chef critique à son tour les propos du père Ober. Il souligne que les accusations portées contre les Témoins de Jéhovah, telles que « propagandistes de poison virulent » ou « hypocrites à plusieurs têtes », reflètent davantage les propres travers du clergé catholique que les pratiques des Témoins de Jéhovah. L'éditorialiste rappelle que ces attaques, loin de discréditer les Témoins de Jéhovah, révèlent l'intolérance et le sectarisme de ceux qui les profèrent, et que de telles diatribes ne font que renforcer le scepticisme envers les institutions religieuses en général[63].

« La religion est le pire ennemi de la religion » : illustrant ce que les ministres religieux pensent les uns des autres

Sous la rubrique « In 'Care of the Reverend Mother' », la publication relate un cas de maltraitance infligé par une religieuse à un jeune orphelin de 15 ans dans un établissement catholique de Bristol, en Angleterre. La sœur Cecilia Quinn, décrite comme « très religieuse », a frappé l'adolescent à plusieurs reprises avec un bâton après l'avoir forcé à se déshabiller et à entrer dans une baignoire d'eau froide. Les coups ont laissé 28 marques sur son dos, quatre sur sa poitrine et une sur chaque bras. Malgré la gravité des faits, la religieuse n'a été condamnée qu'à une peine symbolique : une obligation de « garder la paix » pendant un an. La publication utilise cet exemple pour illustrer les abus commis sous couvert de religion et pour dénoncer l'impunité dont bénéficient souvent les institutions religieuses[64].

Un article intitulé « An Inordinate Love of Money » critique les pratiques financières de l'Église catholique, en particulier l'organisation de jeux de bingo dans ses salles paroissiales. La publication dénonce ces activités comme une forme de « trafic de la misère humaine », soulignant que les gains reviennent presque exclusivement aux organisateurs, tandis que les participants, souvent issus de milieux défavorisés, dépensent des sommes importantes dans l'espoir de remporter un lot. Elle cite le cas d'une salle paroissiale réservée pour des parties de bingo plusieurs fois par semaine, où des femmes en situation de précarité, parfois bénéficiaires de l'aide sociale, viennent jouer en espérant gagner de quoi payer leur loyer. La publication rappelle que ces pratiques, bien que présentées comme « innocentes » par l'Église, sont en réalité une exploitation de la détresse humaine et une violation des principes bibliques, qui condamnent l'amour excessif de l'argent[65].

La publication poursuit sa critique en évoquant la « Vierge de Częstochowa », une icône mariale vénérée en Pologne, à laquelle les évêques américains de la hiérarchie catholique romaine ont demandé d'intervenir pour « apporter la paix et le soulagement aux souffrances de la Pologne ». La publication ironise sur cette démarche, soulignant que la situation en Pologne est le résultat direct des actions d'Adolf Hitler, formé par les Jésuites, et que demander l'intervention d'une icône religieuse revient à ignorer les responsabilités humaines dans le conflit. Elle questionne l'efficacité d'une telle prière, suggérant que si la Vierge de Częstochowa avait réellement un pouvoir d'intervention, elle aurait dû s'adresser directement à Hitler plutôt qu'aux évêques américains[66].

Sous le titre « Supreme Aid to Heathenism », la publication se moque d'un message du pape Pie XII adressé à l'empereur du Japon à l'occasion du 2600e anniversaire de la fondation de l'empire nippon. Le pape y exprime ses vœux pour que les empereurs japonais « jouissent perpétuellement d'années de bonheur », une déclaration que la publication juge en contradiction avec les prophéties bibliques, notamment celles du livre de Sophonie 1:18, qui annoncent la destruction des royaumes terrestres par le feu de la jalousie de Jéhovah. Elle souligne l'ironie de voir le pape prier pour la prospérité d'un empire païen, alors que les Écritures annoncent la fin de tous les royaumes terrestres au profit du Royaume de Dieu[67].

Un article intitulé « Taylor Favors Fascism » critique Myron C. Taylor, représentant personnel du président Roosevelt auprès du pape Pie XII, pour ses déclarations élogieuses envers le régime fasciste italien. La publication cite un discours de Taylor en 1936, dans lequel il a exprimé son admiration pour la « discipline » imposée par Benito Mussolini à l'Italie, ainsi que pour les « progrès » réalisés sous son régime. Elle souligne que ces propos, tenus en présence de l'ambassadeur italien, révèlent une sympathie pour le fascisme qui contraste avec les valeurs démocratiques prétendument défendues par les États-Unis. La publication utilise cet exemple pour illustrer les liens troubles entre les institutions religieuses et les régimes autoritaires[68].

Sous la rubrique « Going Up to Come Down », la publication note l'augmentation significative du nombre de représentants diplomatiques accrédités auprès du Vatican depuis le début de la Première Guerre mondiale. En 1914, le Saint-Siège comptait 2 ambassadeurs et 11 ministres, ainsi que 13 représentants diplomatiques dans des pays étrangers. En 1940, ces chiffres sont passés à 13 ambassadeurs et 23 ministres, avec 38 représentants du Vatican à l'étranger. La publication interprète cette expansion comme une preuve de l'influence croissante de l'Église catholique romaine sur la scène internationale, tout en soulignant que cette influence est souvent utilisée à des fins politiques plutôt que spirituelles[69].

Un extrait d'une chronique de Westbrook Pegler, intitulé « Says the Inimitable Pegler », est reproduit pour dénoncer les pressions exercées sur les citoyens américains pour qu'ils participent à des rituels patriotiques, tels que le salut au drapeau ou le chant de l'hymne national. Pegler critique ces pratiques, les qualifiant de « chasse aux traîtres » et soulignant qu'elles sont caractéristiques des régimes totalitaires plutôt que des démocraties. La publication utilise cette citation pour appuyer son opposition aux rituels patriotiques, qu'elle considère comme une forme d'idolâtrie contraire aux principes bibliques[70].

Un témoignage intitulé « The Mean Thing! » relate une anecdote humoristique dans laquelle l'auteur compare les rituels religieux catholiques à ceux des pratiques vaudou en Inde. Il décrit une scène de film documentaire montrant des fidèles indiens se prosternant et invoquant Allah, qu'il trouve ridicule, avant de faire le parallèle avec sa propre expérience de la messe catholique. Il conclut que les rituels religieux, qu'ils soient chrétiens ou païens, sont essentiellement les mêmes et que leur perception dépend du point de vue de l'observateur. Ce témoignage illustre la critique des Témoins de Jéhovah envers les rituels religieux qu'ils jugent vides de sens et contraires à l'adoration « en esprit et en vérité » prônée par la Bible[71].

Lettre d'un avocat menaçant un paroissien de poursuites judiciaires pour défaut de paiement de ses « contributions » paroissiales

Sous la rubrique « Women Protest to Boneheads », la publication relate une protestation adressée par un groupe de femmes du New Jersey au conseil d'éducation de Fort Lee, qui avait expulsé un enfant de 12 ans, Roger Morgan, pour avoir refusé de saluer le drapeau par conviction religieuse. Les femmes, membres de la branche locale de la Women's International League for Peace and Freedom, ont souligné que cette expulsion violait les principes de liberté de conscience sur lesquels repose la démocratie américaine. Elles ont cité une déclaration de George Washington, selon laquelle les scrupules de conscience des hommes doivent être traités avec « délicatesse et tendresse », et ont accusé le conseil d'éducation d'avoir manqué une occasion de défendre ces principes. La publication salue cette initiative, qu'elle présente comme un exemple de la défense des droits religieux face à l'autoritarisme des institutions[72].

Un article intitulé « Catholic Herald Praises Duke » critique un éditorial du Catholic Herald de Londres, qui a fait l'éloge du discours radiodiffusé du duc de Windsor sur la paix. La publication souligne que cet article mentionne également que les catholiques britanniques sont « profondément suspects » aux yeux de la population, une méfiance qu'elle attribue aux tactiques de l'Église catholique romaine, notamment son soutien à des régimes autoritaires comme celui du duc de Windsor. Elle appelle ce dernier à se désolidariser publiquement de l'Église catholique et de sa presse, afin de dissiper toute ambiguïté sur ses liens avec la hiérarchie religieuse[73].

Enfin, une lettre adressée à un paroissien par l'avocat du père Francis Bolek, pasteur de la paroisse de Saint-Stanislas à Sharon, en Pennsylvanie, est reproduite pour illustrer les méthodes de recouvrement des « contributions » paroissiales. L'avocat y menace le paroissien de poursuites judiciaires s'il ne règle pas une dette de 145 dollars, correspondant à des « contributions mensuelles et dominicales » impayées. La publication utilise cet exemple pour dénoncer l'exploitation financière des fidèles par l'Église catholique, qu'elle compare à des pratiques de racket. Elle souligne que de telles méthodes, bien que présentées comme légitimes, révèlent une obsession de l'argent incompatible avec les enseignements bibliques[74].

Choisissez la vie, afin que vous viviez

Un reportage de Richard K. E. McMillan, correspondant de l'agence United Press, décrivant la reprise d'Arras par les Alliés sur les plaines de Picardie, est reproduit par la publication. Le journaliste relate les destructions massives causées par les bombardements allemands, qui ont réduit la ville en ruines fumantes, détruit des ponts, des routes et la gare, et provoqué des incendies généralisés. Il évoque également la situation à Amiens, prise par les Allemands après avoir été ravagée par les bombes. La publication utilise ce récit pour illustrer les horreurs de la guerre et souligner que ces événements ne sont qu'un avant-goût des destructions à venir lors d'Armageddon. Elle met en garde contre l'alliance entre Eugenio Pacelli (le pape Pie XII) et Adolf Hitler, accusant cette coalition de semer la terreur parmi les nations. Elle cite notamment l'abandon inexpliqué d'un pont stratégique sur la Meuse, qui a permis aux chars allemands de traverser la Belgique et d'envahir la France. La publication dénonce également l'influence des « outils de Pacelli et Hitler » aux États-Unis, qui pourraient, selon elle, soumettre le pays à des mouvements comme le « Christian Front » du père Coughlin. Elle conclut en affirmant que le seul refuge sûr se trouve dans le Royaume de Dieu et exhorte les lecteurs à rejoindre la Théocratie sans plus tarder[75].

Guerriers invisibles protecteurs

La publication évoque le rôle des anges dans la protection des serviteurs de Jéhovah. Elle cite l'exemple du prophète Élisée, protégé par une armée invisible de chars et de chevaux de feu lorsque les Syriens tentèrent de le capturer à Dothan. L'article souligne que cette protection divine, bien qu'invisible, est plus puissante que toute armée humaine. Il rappelle également l'intervention de l'« ange de Jéhovah » qui tua 185 000 Assyriens en une nuit pour protéger Jérusalem, démontrant ainsi la supériorité des forces divines sur les armées terrestres. La publication explique que ces anges, décrits comme des « esprits serviteurs » dans Hébreux 1:14, sont envoyés pour protéger les « héritiers du salut », c'est-à-dire les membres de l'Église du Christ. Elle cite Matthieu 18:10 pour montrer que ces anges veillent constamment sur les « petits » de Dieu, et que leur rôle ne se limite pas à transmettre des messages, mais inclut également des fonctions de protection et de soutien[76].

L'article poursuit en comparant la position exaltée de Jésus-Christ, décrit comme le Roi de la Théocratie et le Chef de l'Église, à celle des anges. Il rappelle que Jésus, après sa résurrection, a reçu « tout pouvoir dans le ciel et sur la terre » (Matthieu 28:18), ce qui signifie que les anges lui sont désormais soumis. La publication cite 1 Pierre 3:21-22 et Hébreux 1:6 pour appuyer cette idée, soulignant que les anges doivent désormais adorer Jésus-Christ. Elle explique que les anges ont joué un rôle crucial dans la vie de Jésus, depuis sa naissance jusqu'à sa résurrection, en passant par sa protection lors de ses tentations et de ses persécutions. L'article insiste sur le fait que les anges continuent de protéger les serviteurs de Dieu sur terre, en particulier les membres oints de l'Église et leurs compagnons de bonne volonté. Il cite Psaume 34:7 pour rappeler que « l'ange de Jéhovah campe autour de ceux qui le craignent et les délivre », et souligne que cette protection s'étend aux Témoins de Jéhovah, engagés dans la proclamation du Royaume de Dieu[77].

La publication met en garde contre une interprétation erronée de cette protection divine, soulignant que les serviteurs de Dieu ne sont pas dispensés de prendre soin d'eux-mêmes. Elle rappelle que chaque personne consacrée à Jéhovah est responsable de sa propre santé et de sa sécurité, et qu'il serait présomptueux de s'exposer délibérément au danger en comptant uniquement sur l'intervention des anges. Elle cite l'exemple de Job, dont la patience et la fidélité ont été récompensées par une protection divine, et celui de Jésus, qui a accompli sa mission jusqu'au bout malgré les tentatives de Satan pour le tuer. La publication conclut en affirmant que Jéhovah accorde une protection complète à ses serviteurs pour leur permettre d'accomplir leur mission, mais que ceux-ci doivent également faire preuve de prudence et de sagesse dans leurs actions[78].

Pius XII et le camarade de Staline

La publication poursuit son analyse des alliances politiques et religieuses en Europe, en se concentrant sur les relations entre le Vatican, l'Allemagne nazie et l'Union soviétique. Elle présente une critique acerbe de la collaboration entre le pape Pie XII (désigné ici comme « Pius XIP ») et les régimes totalitaires, en particulier celui d'Adolf Hitler et de Joseph Staline. L'article souligne que ces régimes, bien qu'apparemment opposés sur le plan idéologique, partagent une hostilité commune envers la démocratie et une volonté de supprimer les libertés individuelles. La publication affirme que le Vatican, par le biais de ses agents secrets comme les Jésuites, joue un rôle clé dans la consolidation des pouvoirs totalitaires, en manipulant les gouvernements pour servir ses propres intérêts[79].

L'article rappelle que l'Allemagne nazie, après sa défaite apparente lors de la Première Guerre mondiale, a réussi à se relever grâce à une alliance avec le Vatican. Il cite le livre de Joseph Franklin Rutherford, Light (Lumière), pour illustrer cette résurgence, en s'appuyant sur une interprétation de Apocalypse 13:3, où il est question d'une « blessure mortelle » guérie, symbolisant la renaissance de l'Allemagne sous le régime nazi. La publication explique que cette alliance a permis à Hitler de consolider son pouvoir et d'étendre son influence sur l'Europe, tout en bénéficiant du soutien tacite du Vatican[80].

La publication met en lumière le rôle ambigu de Hitler, qui entretient des relations amicales à la fois avec le pape et avec Staline, malgré l'opposition apparente entre le communisme et le catholicisme. Elle souligne que cette alliance tripartite sert les intérêts du Vatican, qui cherche à étendre son influence en Russie tout en s'accommodant des régimes totalitaires. L'article critique également les démocraties pour leur naïveté face à ces manœuvres, notant que le Vatican considère la démocratie comme une menace à son autorité et préfère collaborer avec des dictatures, qu'elles soient fascistes ou communistes[81].

Un encadré intitulé « Synopsis » résume les actions de Hitler depuis 1933, en insistant sur ses mensonges, ses violations des traités internationaux et la transformation des pays conquis en « terres d'esclavage et de désespoir ». La publication attribue ces méthodes à l'influence des Jésuites, soulignant que Hitler a consolidé les peuples germanophones en une machine de guerre redoutable, tout en évitant toute attaque directe contre la hiérarchie catholique, qui le soutient dans ses entreprises[82].

« Travaillez plus, mangez moins »

La publication décrit les conditions de vie des travailleurs en Allemagne sous le régime nazi, en insistant sur les conséquences désastreuses de la politique économique et sociale imposée par Hitler. Elle cite un discours de John L. Lewis, dirigeant syndical américain, pour illustrer l'incompatibilité entre le modèle nazi et les valeurs démocratiques. Selon l'article, le slogan nazi « Travaillez plus, mangez moins » est devenu une réalité brutale pour les travailleurs allemands, contraints de subir un régime de famine et une accélération des cadences de travail. Ces conditions ont entraîné une détérioration dramatique de la santé publique, comme en témoignent les statistiques sur la mortalité des travailleurs, qui a augmenté de 32 % entre 1932 et 1935[83].

L'article souligne que la peur règne en Allemagne, où la délation et la terreur sont devenues monnaie courante. Il mentionne que 100 000 personnes ont été envoyées dans des camps de concentration, où la torture est pratiquée systématiquement. Les familles des prisonniers doivent cacher leur chagrin pour éviter des représailles. La publication décrit également la destruction des syndicats et la suppression des droits des travailleurs, remplacés par une « gestion scientifique » du travail. Les grèves et les négociations collectives sont interdites, et les ouvriers sont soumis à une surveillance constante, y compris par des postes de mitrailleuses dans les usines. Les travailleurs n'ont plus le droit de quitter leur emploi, même pour un poste mieux rémunéré, sous peine d'être accusés de sabotage[84].

La publication évoque les efforts désespérés des scientifiques allemands pour trouver des substituts aux produits de première nécessité, en raison des pénuries causées par la guerre. Elle mentionne la production d'huiles comestibles à partir de chardons, de papier journal à partir de fanes de pommes de terre, et de tissus à partir de feuilles de pommes de terre. Les Allemands sont contraints de consommer des ersatz de café, de poivre, de savon et même de crème fouettée, tandis que les saucisses sont standardisées en un mélange de plusieurs variétés. La publication note également que les graisses industrielles sont produites à partir de charbon, et que la glycérine nécessaire pour les rendre comestibles est synthétisée artificiellement[85].

« Sénilité » — Isaïe 29:14

L'article décrit les conséquences sanitaires de ces conditions de vie, avec une augmentation des cas de scarlatine, de diphtérie, de méningite spinale et de paralysie infantile. Le rachitisme est devenu courant, et 70 % des jeunes Allemands souffrent de pieds plats ou déformés. Les accidents du travail ont également augmenté, et le taux de suicide est trois fois plus élevé qu'aux États-Unis. Seuls 55 % des hommes appelés sous les drapeaux sont jugés aptes au service militaire, contre 89 % en Grande-Bretagne. La publication conclut en soulignant que ces conditions ont conduit à une révolte contre la pénurie de charbon lors de l'hiver 1939-1940, où des milliers de Berlinois ont envahi les gares pour tenter de se réchauffer[86].

Dividendes et occupation des Pays-Bas

La publication analyse les conséquences économiques de la guerre pour les grandes entreprises et les actionnaires en Allemagne. Elle explique que le contrôle totalitaire du travail a permis aux capitalistes de maximiser leurs profits, en imposant des salaires plafonnés et des horaires de travail allongés. Les économies réalisées grâce à cette exploitation se sont traduites par une augmentation des dividendes, qui sont passés de 2,80 % en 1932 à 5,70 % en 1937. Le nombre de millionnaires a augmenté de 1 266 durant cette période, et celui des multimillionnaires de 180. Les profits non distribués des entreprises sont passés de 450 millions de marks en 1932 à 2,2 milliards en 1937. La publication cite Hewlett Johnson, doyen de la cathédrale de Canterbury, pour illustrer cette concentration des richesses entre les mains d'une minorité[87].

L'article critique également l'attitude des milieux d'affaires américains, qui considèrent la guerre comme un stimulant économique. Il cite plusieurs déclarations de sociétés de conseil en investissement, comme le Fitch Survey, la Standard Statistics Company et Goodbody & Company, qui estiment que la guerre doit être prolongée suffisamment longtemps pour relancer les marchés boursiers. David Lawrence, porte-parole des grandes entreprises, affirme que le type de guerre en cours tend à déprimer l'économie plutôt qu'à la stimuler, ce qui conduit la publication à conclure que la guerre doit être maintenue « juste assez longtemps » pour servir les intérêts des capitalistes[88].

La publication décrit ensuite l'invasion des Pays-Bas, de la Belgique et du Luxembourg par les troupes allemandes le 10 mai 1940. Elle souligne que les Néerlandais, contrairement aux Allemands, avaient interdit la vente de jouets militaires pour ne pas inculquer à leurs enfants l'idée que la guerre est un sport. Les Néerlandais avaient également préparé des systèmes de défense pour inonder leurs terres en cas d'invasion, mais ces mesures se sont révélées inefficaces face à une attaque aérienne. L'article mentionne que les Belges avaient mobilisé 650 000 hommes et renforcé leurs frontières, mais que ces défenses ont été balayées par les chars allemands. La publication note que les Allemands vivant en France ont été internés dans des camps de concentration, même ceux qui avaient obtenu le statut de réfugiés[89].

Enfin, l'article évoque le sort des Allemands vivant au Canada, qui sont autorisés à poursuivre leurs activités professionnelles sous réserve de se présenter régulièrement à la police et de ne pas quitter le pays. Les Allemands étrangers, en revanche, sont internés et employés à des travaux forestiers ou à la construction de routes, tout en recevant la même nourriture que les soldats et une rémunération de 20 cents par jour. La publication mentionne également que les 900 citoyens allemands de Helsinki ont préféré rester dans la capitale finlandaise, malgré les dangers, plutôt que de retourner en Allemagne[90].

Progrès de la guerre et endoctrinement militaire

La publication décrit l'avancée des troupes allemandes en France, évoquant leur progression vers Abbeville, à seulement 12 miles de la Manche et 70 miles des côtes anglaises. Elle souligne l'incertitude quant à l'issue militaire, tout en notant que les Allemands prétendent avoir coupé l'armée alliée en deux et être en vue de la Tour Eiffel. L'article mentionne également que les femmes allemandes, comme celles d'autres nations touchées par la guerre, pleurent les pertes humaines, tandis que les dirigeants nazis justifient le conflit comme une source de régénération masculine. Le Dr. Ley, dirigeant du Front du Travail nazi, est cité pour avoir déclaré que la guerre était une bénédiction divine, une position en contradiction avec les promesses bibliques de paix éternelle sous le règne du Prince de la Paix[91].

L'article dénonce l'endoctrinement militaire des enfants en Allemagne, où dès l'âge de dix ans, les garçons et les filles sont intégrés aux Jeunesses hitlériennes. Les jeunes de quinze à dix-sept ans encadrent ceux de dix à quatorze ans, accélérant ainsi leur formation militaire. La publication souligne que cette formation précoce vise à inculquer l'esprit de conquête et à préparer les jeunes à la guerre, une démarche qualifiée de diabolique[92].

Un correspondant de l'agence United Press, Peter Rhodes, rapporte que les soldats allemands engagés dans la bataille de Narvik étaient très jeunes, à peine âgés de dix-sept ans, mais déjà bien entraînés. Ces soldats, principalement originaires du Tyrol et d'Autriche, étaient habitués aux déplacements en montagne avec des skis, ce qui leur conférait un avantage tactique[93].

La publication évoque également le retraite du cuirassé allemand Graf Spee à Montevideo. Chargé de provisions la veille de son sabordage, le navire ne put compter que sur soixante membres d'équipage consentants pour affronter les forces britanniques qui l'attendaient en dehors du port. Malgré plusieurs tentatives des officiers pour galvaniser les hommes, ceux-ci refusèrent le combat. Hitler ordonna alors le sabordage plutôt que d'affronter les Britanniques.

L'article mentionne encore qu'à Oslo, après que des personnalités de premier plan eurent visionné le film « Baptême du feu », montrant la destruction de la Pologne, le représentant allemand expliqua qu'il ne s'agissait pas d'un film de guerre mais d'un film de paix illustrant ce qu'une nation pourrait s'épargner en choisissant de s'entendre avec l'Allemagne. La Norvège fut saisie trois jours plus tard. Quant à Hitler, la publication décrit son lieu de retraite : un éperon rocheux à 6 000 pieds d'altitude, accessible uniquement par avion ou par une route de neuf miles taillée dans le roc, fermée par de lourdes portes de bronze derrière lesquelles un ascenseur conduit à son repaire, 339 pieds plus haut. Tout ce site est protégé par des nids de mitrailleuses surveillés jour et nuit.[94]

« Bientôt il ne restera plus personne pour regarder le défilé... »

Répression nazie en Europe occupée

La publication ouvre cette section en décrivant la destruction progressive des portes de bronze de la chancellerie du Reich, remplacées par des portes en bois, le métal étant réquisitionné à des fins militaires, tout comme plusieurs lustres du même bâtiment. La revue y voit l'illustration de la nature éphémère de la gloire que le Diable confère aux siens.[95]

La publication décrit ensuite les méthodes de répression employées par les nazis en Tchécoslovaquie et en Pologne, illustrant la brutalité du régime hitlérien. À Prague, neuf étudiants, dont deux jeunes filles, ont été exécutés par la Gestapo sans procès. Dix-huit autres étudiants ont été fusillés et leurs corps exposés en guise d'avertissement, tandis que 1 200 autres ont été envoyés dans des camps de concentration. Les familles ont été dissuadées de s'informer sur leur sort, sous peine de représailles[96].

À Cracovie, en Pologne, des centaines d'étudiants, y compris des jeunes filles, ont été exécutés pour avoir tenté de s'organiser en groupes de résistance. La Gestapo a abattu sans jugement ceux qu'elle considérait comme les meneurs. La publication souligne que ces méthodes reflètent la barbarie du système nazi, qui réprime avec une violence extrême toute velléité de résistance chez les jeunes[97].

À Bydgoszcz, en Pologne occupée, 134 garçons ont été arrêtés en pleine nuit et fusillés en place publique. Les habitants ont été contraints d'assister à cette exécution massive. À Kladno, un homme a tué un policier allemand pour protéger une femme, ce qui a entraîné des mesures de représailles collectives : couvre-feu, fermeture des lieux publics et arrestation d'un habitant sur huit. Une amende de 500 000 couronnes a été imposée à la ville, dont 80 % ont été payés par la communauté juive locale[98].

La publication aborde également les persécutions des Juifs dans le cadre de l'effort de guerre nazi. Avec une main-d'œuvre absorbée par les préparatifs militaires, le gouvernement hitlérien prit soudainement conscience que les Juifs pouvaient être employés à la construction de routes et à des travaux en usine, allégeant légèrement la pression visant à les expulser du pays. Le consulat allemand d'Anvers invita même les médecins de nationalité allemande, quelle que soit leur race, à retourner dans le Reich — sans que cela signifie pour autant un repentir des nazis. Les Juifs des territoires sous contrôle nazi devaient être rassemblés et déportés dans une section de la Pologne, sans argent, sans biens ni source de revenus. Les revenus des propriétés foncières et immobilières détenues par des Juifs en territoire tchèque étaient versés dans des « comptes bloqués » dans des banques désignées, ce qui revenait à les transférer sous contrôle nazi. Les tribunaux allemands interdisaient toute relation sociale entre Allemands et Juifs, et tout locataire enfreignant cette règle risquait l'expulsion. À Francfort-sur-le-Main, les Juifs devaient rentrer chez eux avant 22 heures. En Autriche, 100 000 des 180 000 Juifs avaient émigré vers d'autres pays en l'espace d'un an.[99]

Persécution des Juifs en Europe et Blitzkrieg en Pologne

La publication détaille les persécutions subies par les Juifs dans les territoires occupés par l'Allemagne nazie. En Pologne, un riche marchand juif d'Ostrowiec, près de Varsovie, a préféré incendier sa propre grange et s'enfuir plutôt que de remettre ses biens aux nazis. En représailles, les troupes allemandes ont rassemblé tous les Juifs de la ville, hommes, femmes et enfants, et les ont forcés à creuser une fosse commune avant de les exécuter à la mitrailleuse[100].

À Varsovie, un Juif accusé d'avoir tué un policier polonais a servi de prétexte à une répression massive. Cinquante-trois habitants d'une maison ont été arrêtés et divisés en trois groupes. Le premier a été contraint de creuser sa propre tombe avant d'être exécuté, le deuxième a dû enterrer les victimes du premier groupe avant d'être abattu à son tour, et le troisième a enterré les victimes des deux premiers groupes avant d'être exécuté par des soldats allemands. Les nazis ont ensuite exigé une rançon de 300 000 zlotys à la communauté juive, tout en annonçant que les otages avaient déjà été exécutés[101].

La publication décrit également la Blitzkrieg en Pologne comme une campagne de destruction méthodique. Le 1er septembre 1939, 400 sites ont été bombardés simultanément par 5 000 avions allemands, détruisant 1 000 ponts en une heure et semant la panique dans tout le pays. La publication rapporte aussi que Hitler aurait approuvé l'exécution de soldats polonais s'avançant les mains levées en signe de reddition. Les nazis ont ensuite pillé les trésors artistiques polonais, confisquant toutes les œuvres d'art datant d'avant 1850, sans aucune compensation pour leurs propriétaires légitimes, sous peine de quinze ans d'emprisonnement pour les contrevenants[102].

Esclavage et répression en Pologne

La publication dénonce l'esclavage imposé aux Polonais par le régime nazi. Le maréchal Hermann Göring a annoncé que 1 000 000 de Polonais avaient été déportés en Allemagne pour travailler comme esclaves, dans des conditions comparables à celles des Africains déportés par les négriers arabes. Ces travailleurs forcés ont été transportés dans des wagons à bestiaux et soumis à des conditions de vie inhumaines, notamment durant l'hiver 1939-1940, où des milliers d'entre eux sont morts de froid ou de faim[103].

Les Polonais restés dans leur pays ont été soumis à des travaux forcés sous surveillance allemande, dans des conditions tout aussi précaires. La publication estime que 3 000 000 de Polonais sont morts de faim, d'exposition aux intempéries ou d'exécutions sommaires durant les cinq premiers mois de l'occupation allemande. Les nazis ont également confisqué les biens des Polonais, les expulsant de leurs maisons et les déplaçant de force vers d'autres régions[104].

Les Juifs en Pologne ont subi des persécutions encore plus brutales. À Bydgoszcz, des prisonniers polonais ont été contraints, par les températures glaciales de l'hiver, de s'allonger face contre le sol de pierre gelé, battus jusqu'à l'inconscience sous la menace permanente de la mort. La publication rapporte que les nazis ont exigé la création de bordels pour leurs officiers et soldats, utilisant des jeunes filles juives comme prostituées forcées. Des milliers de Juifs ont été exécutés dans des camps de concentration, et des familles entières ont été contraintes au suicide pour échapper aux persécutions[105].

La publication rapporte en outre que le Munich Weltkampf déclare que les 3 500 000 Juifs de Pologne « doivent être anéantis ». Un terrible voyage de treize jours dans des wagons à bestiaux pour parcourir 200 miles est évoqué : 2 000 Juifs furent renvoyés à Varsovie en plein cœur du pire hiver depuis cent ans. L'un des éminents chirurgiens de Varsovie, le Dr. Levittoux, dut être amputé des deux mains ; la plupart des autres hommes eurent les pieds ou les mains gelés ; 211 moururent en chemin et tous les survivants arrivèrent à destination dans un état de démence apparente.[106]

Destruction culturelle et répression en Pologne

La publication décrit la destruction systématique de la culture polonaise par les nazis. À Cracovie, l'université, où Nicolas Copernic avait étudié, a été fermée et ses 160 professeurs et scientifiques ont été déportés dans des camps de concentration en Allemagne. Dix d'entre eux sont morts ou ont été assassinés durant leur détention, et les autres ont été libérés sans pouvoir reprendre leur travail. La publication souligne que cette répression a mis fin à l'une des universités les plus respectées au monde[107].

Les Juifs de Pologne ont été soumis à des mesures encore plus draconiennes. Tous les Juifs âgés de 14 à 60 ans ont été contraints de travailler comme esclaves pendant deux ans, sans salaire et dans des conditions extrêmes. La publication rapporte que 2 000 000 de Juifs ont été déportés vers un ghetto en Pologne occupée, où ils ont été privés de tous leurs biens et condamnés à mourir de faim. Ce ghetto est décrit comme l'un des camps de concentration les plus diaboliques de l'histoire[108].

La publication dresse ensuite un tableau accablant des atrocités commises contre les Juifs dans diverses villes polonaises : à Hrubieszhow, 400 Juifs rassemblés sur la place du marché furent contraints de courir avant d'être tous fauchés à la mitrailleuse ; en plein hiver, 1 200 Juifs furent forcés de traverser le Bug et périrent dans la tentative ; à Konim, 1 340 Juifs eurent quinze minutes pour quitter la ville ; à Kola, 217 Juifs furent fouettés publiquement ; 1 700 Juifs furent chargés dans des trains de marchandises à Lodz, leurs wagons verrouillés, et beaucoup moururent de froid et de faim. Des jeunes filles juives se suicidèrent en masse plutôt que d'être contraintes à la prostitution dans des bordels nazis. On dénombra 1 322 suicides juifs à Varsovie, 625 à Lodz, 440 à Cracovie, et des nombres importants dans d'autres villes polonaises ; des familles entières se suicidèrent ; des épouses furent contraintes de creuser les tombes de leurs maris. Plus de 60 000 Juifs polonais furent exécutés dans des camps de concentration en quatre mois.[109]

Enfin, la publication évoque les représailles collectives exercées par les nazis contre les populations civiles. À Wawer, près de Varsovie, deux Polonais ont tué deux soldats allemands lors d'une bagarre dans un bar. En représailles, les nazis ont exécuté soixante paysans des environs et pendu l'aubergiste. Ils ont également arrêté un train, en ont fait descendre les passagers et en ont fusillé un sur cinq[110].

La publication signale enfin que durant les dix-huit jours de destruction de la Pologne, 31 260 soldats juifs furent tués, ce qui, rapporté à la proportion de Juifs dans la population polonaise (environ un dixième), représenterait une perte totale de quelque 300 000 hommes dans l'armée polonaise. Le ministre polonais des finances tenta, durant l'invasion, d'assurer la continuité financière du pays.[111]

Diverses tristesses de Grande-Bretagne =

Cette rubrique regroupe plusieurs brèves d'actualité britannique. La première traite de George Bernard Shaw, qui, bien que notoire incrédule et contempteur de la Bible, fut invité par le chanoine Sheppard de l'église Saint-Martin de Londres à proposer une révision du livre de prières anglais. La publication rapporte que Shaw déclina finalement la tâche, estimant que « la révision est impossible », car le livre est trop imprégné de ce qu'il appelle la superstition infernale de l'expiation par le sacrifice de sang, dont il juge le christianisme incapable de se défaire. La publication observe que l'irréférence de Shaw envers le Créateur et les Écritures est probablement nourrie par sa perception aiguë de l'hypocrisie des religieux.[112]

La seconde brève, intitulée « Châtiment corporel légal des enfants », dénonce la pratique du châtiment par la bouleau ordonnée par les magistrats britanniques. La publication décrit dans le détail la procédure : un garçon de huit ans, ayant depuis longtemps oublié son méfait, est emmené par un policier devant plusieurs vieux juges qui ordonnent qu'on le fouette avec un faisceau de brindilles de bouleau, instrument choisi pour infliger la plus grande douleur sur la plus large surface en laissant le moins de marques possible. L'article cite Lawson Carr, du London Leader, qui dénonce ce rituel comme une horreur répétée des centaines de fois par an dans tout le pays. La publication rapporte que des chiffres officiels montrent que soixante-dix pour cent des garçons fouettés tombent de nouveau entre les mains de la police, ce qui invalide l'argument de la valeur dissuasive du châtiment. Elle rappelle que la Chambre des communes avait adopté à une large majorité une loi dite Charte des enfants abolissant le fouet, mais que la Chambre des Lords insista par une étroite majorité pour maintenir ce droit, et que les Communes, pour ne pas bloquer l'ensemble de la loi, cédèrent provisoirement.[113]

Les jardins

Cet article débute par plusieurs citations bibliques évoquant les jardins : « le Seigneur Dieu planta un jardin à l'est d'Éden » (Genèse 2:8), la voix de Dieu se promenant dans le jardin (Genèse 3:8), et Jésus se retirant avec ses disciples dans un jardin au-delà du Cédron (Jean 18:1-2). La publication en conclut que tant le Créateur que son Vindicteur aiment les jardins, et que l'homme, fait à leur image, partage ce goût, dont le résultat ultime sera un paradis à l'échelle du monde entier.[114]

L'article passe en revue diverses réalisations horticoles remarquables. Les célèbres Jardins suspendus de Babylone, construits par Nabuchodonosor II pour sa reine Amytis afin qu'elle ne souffre pas de la nostalgie des collines de sa Médie natale, couvraient un peu moins d'un acre, soit environ deux cents pieds carrés, et constituent l'une des sept merveilles du monde antique. La publication décrit ensuite un jardin aménagé au onzième étage d'un gratte-ciel new-yorkais, au Rockefeller Center, qui comprend une cascade de quatre pieds se déversant dans un ruisseau sinueux de cent vingt-cinq pieds, trois mille tonnes de terre sélectionnée, cent tonnes de roche naturelle, deux mille arbres pouvant atteindre trente-cinq pieds de hauteur, quatre mille plantes de taille plus modeste et vingt mille bulbes à fleurs, avec des parcelles évoquant l'Angleterre, la France, la Hollande, l'Italie, l'Espagne, la Chine, le Japon et le Grand Désert américain.[115]

L'article aborde ensuite des conseils pratiques de jardinage pour les citadins disposant de peu d'espace, suggérant d'utiliser des tonneaux percés de trous pour cultiver des fraisiers ou des bacs en bois pour les légumes. Il évoque l'exemple d'un jardinier aveugle capable de distinguer les mauvaises herbes au seul toucher, et mentionne diverses réglementations anti-mauvaises herbes au Manitoba, en Saskatchewan et dans l'île de Man, ainsi que l'usage du bisulfure de carbone comme herbicide total.[116]

La rubrique se poursuit par une section consacrée aux algues marines et à la sensibilité des plantes. La publication affirme que les instruments scientifiques capables de multiplier les sensations végétales par cent millions prouvent que les plantes réagissent au toucher et au passage d'un nuage, qu'elles meurent dans un spasme en émettant une haute tension électrique, que le céleri se fatigue facilement et que la carotte est excitable, que les plantes peuvent être stimulées, enivrées ou déprimées par des drogues, et que des sons émis par des fleurs en train de s'ouvrir ont été diffusés à la radio et entendus par des millions de personnes. Elle note également que les plantes privées de repos meurent, et que des plantes en fin de vie peuvent être rajeunies par une manipulation appropriée de l'éclairage artificiel.[117]

L'article se conclut par une section sur les herbes aromatiques et médicinales — menthe, thym, sauge, aneth, romarin, lavande, hysope et marjolaine, entre autres — et par diverses notes en encadrés. L'une signale qu'en trois ans, plus de trente-trois mille tracteurs mis en service au Texas ont contraint au moins soixante mille agriculteurs à abandonner leurs exploitations, un seul tracteur pouvant suffire à chasser neuf familles d'une plantation de coton. Une autre note annonce de nouvelles variétés de raisins issues du croisement de cépages californiens avec des variétés indigènes américaines, dont vingt et un résultats sur mille essais ont été jugés suffisamment excellents pour être commercialisés. Enfin, une dernière note pratique suggère de recycler les vieilles chambres à air de pneus ballon en genouillères pour le jardinage.[118]Je vais vérifier chaque point méthodiquement.


Illustrations du numéro

Références

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  1. Development of Jehovah's Witnesses doctrine, Wikipedia.
  2. Consolation du 12 juin 1940, p. 17-18.
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  4. Consolation du 12 juin 1940, p. 18.
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  6. Consolation du 12 juin 1940, p. 4.
  7. Consolation du 12 juin 1940, p. 3-4.
  8. Consolation du 12 juin 1940, p. 3.
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  11. Justia U.S. Supreme Court, Minersville School District v. Gobitis, 310 U.S. 586 (1940), https://supreme.justia.com/cases/federal/us/310/586/
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  102. Consolation du 12 juin 1940, p. 25.
  103. Consolation du 12 juin 1940, p. 26.
  104. Consolation du 12 juin 1940, p. 26.
  105. Consolation du 12 juin 1940, p. 26.
  106. Consolation du 12 juin 1940, p. 26.
  107. Consolation du 12 juin 1940, p. 27.
  108. Consolation du 12 juin 1940, p. 27.
  109. Consolation du 12 juin 1940, p. 27.
  110. Consolation du 12 juin 1940, p. 27.
  111. Consolation du 12 juin 1940, p. 27.
  112. Consolation du 12 juin 1940, p. 28.
  113. Consolation du 12 juin 1940, p. 29.
  114. Consolation du 12 juin 1940, p. 29.
  115. Consolation du 12 juin 1940, p. 29.
  116. Consolation du 12 juin 1940, p. 30.
  117. Consolation du 12 juin 1940, p. 30.
  118. Consolation du 12 juin 1940, p. 31.

Voir aussi l'article 1940 pour les autres publications de cette année.