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La Tour de Garde du 1er août 1930

De Tj-encyclopédie
La Tour de Garde du 1er août 1930
Revue La Tour de Garde
Date 1930
Année 1930
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society

Ce numéro est dominé par une relecture entièrement nouvelle de la prophétie de Daniel 2 : la « terrible image » rêvée par Nebucadnetsar n'est plus interprétée comme une succession d'empires mondiaux antiques, mais comme la représentation simultanée et actuelle de l'organisation de Satan dans son ensemble, visible et invisible. Cette rupture herméneutique est présentée comme une révélation rendue possible seulement après la venue du Seigneur à son temple en 1918, signe d'un approfondissement doctrinal que la revue situe dans un processus progressif de compréhension prophétique.

Ce numéro s'inscrit dans un moment de consolidation théologique caractéristique de l'ère Rutherford, où la vision dualiste des deux organisations — celle de Jéhovah et celle de Satan — s'impose comme grille de lecture centrale de l'ensemble des Écritures et de l'actualité. La réinterprétation de Daniel 2 y joue un rôle structurant, en offrant un cadre cosmologique cohérent à la mission que le mouvement s'assigne face au monde contemporain.

Contenu

Une grande image (Partie 1)

Cet article constitue la pièce maîtresse du numéro. Il s'ouvre sur la citation de Daniel 2:31 relative à la « grande et terrible image » apparue en rêve à Nebucadnetsar, roi de Babylone. La publication entend présenter une interprétation entièrement renouvelée de cette prophétie, en rupture explicite avec les lectures antérieures.[1]

La rédaction commence par rappeler que la fabrication d'images est condamnée par la loi divine transmise aux Israélites (Exode 20:4 ; Deutéronome 27:15). Une image, selon l'article, est une imitation d'une chose réelle, destinée à en mimer une autre plus grande. L'idolâtrie est ainsi présentée comme un instrument par lequel les créatures sont détournées de leur Créateur au profit de son ennemi.[2]

La publication insiste sur la destruction inéluctable des ennemis de Jéhovah, en citant abondamment les Psaumes et les prophètes (Psaumes 92:8-9 ; Michée 5:9 ; Psaumes 68:1-2). Christ Jésus est désigné comme « son Chef Exécutif en chef pour toujours », instrument principal de Jéhovah dans la destruction de ses ennemis. Le début de son règne en 1914 est présenté comme le commencement de ce grand travail.[3]

La « terrible image »

L'article rapporte en détail le texte de Daniel 2:31-45, décrivant l'image composée d'une tête d'or, d'une poitrine et de bras d'argent, d'un ventre et de cuisses d'airain, de jambes de fer et de pieds en partie de fer et en partie d'argile. La pierre taillée sans mains, qui brise l'image et devient une grande montagne, est présentée comme le symbole du royaume de Dieu.[4]

La publication rejette explicitement l'interprétation adventiste antérieure qui identifiait les différentes parties de l'image aux puissances mondiales successives — Babylone, Médo-Perse, Grèce et Rome — en avançant plusieurs arguments. Premièrement, « la vraie signification de la terrible image ne pouvait être comprise par aucun de ceux que Daniel représentait avant la venue du Seigneur à son temple », venue que la revue situe en 1918.[5] Deuxièmement, la prophétie indique que l'image est brisée en un seul et même moment, ce qui implique que toutes ses parties doivent coexister simultanément ; or les empires babylonien, médo-perse, grec et romain ont depuis longtemps disparu.[6] Troisièmement, la publication conteste que Nebucadnetsar ait réellement exercé le pouvoir sur « les bêtes des champs et les oiseaux du ciel » au sens littéral, et conteste de même que des caractéristiques distinctives propres à l'argent ou au cuivre aient pu symboliser respectivement la Médo-Perse et la Grèce.[7]

L'organisation de Jéhovah

En rupture avec les interprétations précédentes, la revue pose en prémisse que la terrible image représente l'organisation de Satan, à la fois visible et invisible. Pour établir ce cadre, elle décrit d'abord l'organisation universelle de Jéhovah telle qu'elle apparaît dans les Écritures, notamment à travers le symbole de la « montagne » (Psaumes 78:54 ; Psaumes 48:1-2 ; Ésaïe 2:2).[8]

La publication s'appuie longuement sur la vision d'Ézéchiel (Ézéchiel 1:3-28) pour illustrer la structure de cette organisation divine : quatre êtres vivants ayant l'apparence d'un homme, chacun pourvu de quatre faces et de quatre ailes, se déplaçant avec une parfaite unité de direction. La description se prolonge par celle d'une roue dans une roue, et d'un trône saphirin surmonté d'une figure dont la gloire représente celle de Jéhovah.[9] L'ensemble est interprété comme la représentation d'une organisation comparable à un puissant char de guerre, présidé par Jéhovah lui-même, dont le Chef Exécutif est le Fils bien-aimé, entouré de chérubins, de séraphins, d'une armée d'anges et des membres du corps du Christ.[10]

L'organisation de Lucifer

Après avoir décrit l'organisation divine, l'article expose celle de Lucifer. L'homme parfait, placé dans le jardin d'Éden, était sous la supervision directe de Lucifer, lui-même officier désigné dans l'organisation de Jéhovah (Ézéchiel 28:14). La publication explique que le mot hébreu traduit par « couvre » signifie qu'il assure protection, défense et surveillance en tant que superviseur.[11] Lucifer était investi d'une autorité sur Adam et, par extension, sur les bêtes des champs et les oiseaux de l'air qui lui étaient soumis (Genèse 1:28 ; Genèse 2:19-20). Il occupait la tête de sa propre division de l'organisation universelle de Dieu, comparable à une roue dans la grande roue.[12]

L'article décrit Lucifer comme « le plus beau d'apparence de toutes les créatures de son organisation immédiate », revêtu de pierres précieuses et d'or lors de son installation dans ses fonctions (Ézéchiel 28:13). Les symboles arborescents d'Ézéchiel 31 sont ensuite mobilisés pour illustrer la supériorité hiérarchique de Lucifer sur les autres créatures spirituelles qui l'entouraient.[13]

Les métaux

L'article consacre un développement à la signification des métaux mentionnés dans la description de l'image de Daniel : l'or, l'argent et le cuivre (improprement traduit « airain » dans la version Autorisée) ainsi que le fer. La publication signale que le terme « brass » de la version King James est une erreur de traduction et que le métal visé est le cuivre.[14] L'or symbolise le divin, ayant servi à recouvrir le Très-Saint du tabernacle et du temple, ainsi qu'à fabriquer les chérubins (Exode 25:17-19 ; 1 Rois 6:22-28). L'argent, métal précieux de moindre valeur, était utilisé dans le service du tabernacle (Exode 26:19). Le cuivre, encore moins précieux, entrait lui aussi dans la construction du tabernacle (Exode 38:3). Ces trois métaux sont qualifiés de « nobles » et classés selon leur valeur décroissante, tandis que le fer, métal vulgaire, complète le tableau.[15]

L'Ennemi

La rébellion de Lucifer est présentée comme la conséquence de sa convoitise malgré la beauté et l'autorité qui lui avaient été accordées. La publication affirme que « Tu étais parfait dans tes voies depuis le jour de ta création, jusqu'à ce que l'iniquité ait été trouvée en toi » (Ézéchiel 28:15). Depuis ce jour, il porte le nom de Satan, qui signifie « opposant » ou « adversaire ».[16]

La publication soutient que Satan a induit Judas à trahir Jésus, qu'il a pris le contrôle du clergé de l'époque de Jésus pour le faire mettre à mort, et qu'il porte également le nom de Serpent, signifiant le grand trompeur. L'article affirme que « ce n'est qu'en 1924 que les preuves scripturaires ont établi clairement que Satan n'est pas lié », et qu'après cette date seulement l'organisation puissante de Satan fut reconnue pour la première fois par le peuple fidèle de Dieu.[17]

La compréhension

L'article conclut cette première partie en situant le moment de la compréhension nouvelle. C'est lorsque le Seigneur est venu à son temple en 1918 qu'une lumière plus grande commença à éclairer l'esprit des oints. Vers 1925, les fidèles discernèrent que le royaume avait commencé et que Satan avait été chassé du ciel et confiné sur la terre. La publication souligne que « il semble donc impossible que même les oints du Seigneur aient pu avoir une conception correcte de la 'terrible image' de Daniel avant la venue du Seigneur à son temple ».[18] L'article s'interrompt sur cette note, annonçant une suite dans le numéro suivant.

La paix mondiale : quand ?

Présenté comme une conférence radiophonique de quinze minutes, cet article aborde la question de la paix mondiale. La publication affirme que la majorité des gens désirent la paix et que ce sont toujours des minorités qui imposent la guerre. Elle cite le général W. T. Sherman : « La guerre, c'est l'enfer », formule dont elle souligne la confirmation apportée par la Grande Guerre.[19]

La publication critique les conférences de paix, dont elle affirme que les délégués sont invariablement des militaristes ou de grands industriels profitant de la guerre, jamais des pacifistes véritables. Elle cite Luc 21:25-26 pour présenter la « détresse des nations » contemporaine comme l'accomplissement d'une prophétie de Jésus.[20] Tous les espoirs humains — préparation militaire, conférences de paix, socialisme, communisme — sont qualifiés de vains, car « L'auteur et promoteur des guerres et de la confusion sur la terre est Satan, et tant qu'il ne sera pas enchaîné il n'y aura pas de paix ».[21]

La revue présente Jésus comme le « Prince de la Paix » et le « Prince de la vie », citant Ésaïe 9:6-7, et enseigne que son règne millénaire apportera une paix permanente. Elle rappelle l'accusation portée par Pierre contre les responsables religieux de son temps, les tenant pour complices du meurtre de Jésus (Actes 3:14-15 ; Actes 5:30-31). L'article se conclut par une évocation du combat d'Armageddon et de la destruction prochaine de l'organisation de Satan, avec l'assurance que « La paix ne peut jamais être établie par l'effort humain ».[22]

Le destin de l'homme

Également présenté comme une conférence radiophonique de quinze minutes, cet article traite de l'état des morts et du destin de l'humanité. La publication commence par observer que la plupart des gens meurent sans certitude quant à leur sort éternel, oscillant entre l'espoir du ciel et la crainte de l'enfer, parce qu'ils reconnaissent que les enseignements des crédo n'ont jamais été prouvés.[23]

La revue rejette catégoriquement la doctrine du tourment éternel comme une création humaine sans fondement biblique. Elle affirme que, selon la Bible, « chaque membre de la race humaine passera l'éternité en l'un de trois endroits : au ciel, sur la terre ou dans la destruction éternelle (appelée seconde mort) ».[24] En s'appuyant sur Genèse 1:28, elle souligne que Dieu n'avait pas prévu qu'Adam irait au ciel, mais que sa demeure serait la terre, et qu'aucune mention d'un tourment éternel ne figure dans la sentence divine prononcée après sa désobéissance.[25]

L'article établit une distinction entre trois destinées : une petite portion de l'humanité, composée de 144 000 personnes fidèles jusqu'à la mort, obtiendra la résurrection céleste et régnera avec Jésus pendant le millénaire ; la grande majorité de la race humaine sera ressuscitée sur la terre et y vivra éternellement si elle obéit aux lois du royaume ; enfin, un nombre relativement restreint sera détruit pour toujours en tant que rebelles contre Dieu, dans ce que la publication désigne comme la « seconde mort » ou la « destruction éternelle » (2 Thessaloniciens 1:9).[26] L'article se conclut par la formule : « Dieu merci, aucun être humain n'est destiné à passer l'éternité dans un tourment atroce, comme le clergé l'a égoïstement enseigné ! » [27]

Le formalisme dans la prière

Cet article prend son point de départ dans une lettre reçue par la rédaction, dont l'auteur s'interroge sur la question du formalisme dans la prière en réunion — notamment l'habitude de s'agenouiller, de fermer les yeux ou de joindre les mains, que certains membres commencent à refuser en arguant du formalisme.[28] La publication condamne les deux excours : d'un côté le formalisme ostentatoire des Pharisées qui priaient debout aux coins des rues pour être vus des hommes, de l'autre l'attitude effrontée et désinvolte qui trahit un manque total de révérence envers Dieu. Elle enseigne que la tenue du chrétien doit refléter sa conscience de la grandeur du Créateur et de sa propre dépendance totale à l'égard de Lui.

Analyse

Croyances

Le numéro du 1er août 1930 s'inscrit dans une période charnière de la théologie rutherfordienne, marquée par une restructuration radicale des fondements épistémiques de l'autorité doctrinale. La doctrine de la guidance angélique, telle qu'elle est exposée dans ce numéro, ne constitue pas un développement isolé : elle s'intègre dans un corpus doctrinal cohérent que Joseph Rutherford construit tout au long des années 1920–1930, en rupture délibérée avec l'héritage de Charles Taze Russell. Une publication de 1930 affirmait que Dieu utilisait des « députés invisibles » et des « anges invisibles » pour transmettre ses « messages » à La Tour de Garde, et indiquait aux membres qu'il ne leur était pas nécessaire de comprendre comment ce processus s'opérait. Cette posture épistémologique — croire sans chercher à comprendre le mécanisme — renforce structurellement l'autorité de l'organisation au détriment du jugement individuel du lecteur.

La même période voit s'articuler une tension doctrinale significative autour du rôle de l'Esprit Saint. Il semble que les anges aient, selon la logique rutherfordienne, remplacé ou pris en charge l'œuvre de l'Esprit Saint, telle qu'elle s'exerçait dans l'Église primitive, l'Esprit Saint ne devant plus diriger comme il l'avait autrefois fait. Ce déplacement théologique — de l'Esprit Saint aux anges comme vecteurs de révélation — contraste nettement avec la position ultérieure de l'organisation, qui, après l'ère Rutherford, revendiquera précisément la guidance de l'Esprit Saint pour justifier l'autorité du Collège central.[29] Il est en effet difficile de concilier les affirmations actuelles selon lesquelles l'Esprit Saint guiderait et dirigerait le Collège central avec le fait que l'organisation avait soutenu dans les années 1930 que cette œuvre avait cessé.

La conception de la révélation progressive, dont ce numéro constitue une illustration, s'inscrit dans un cadre plus large théorisé sous l'expression de « lumière croissante ». Les publications de la Watch Tower affirment que les changements doctrinaux et les affinements résultent d'un processus de révélation progressive dans lequel Dieu révèle graduellement sa volonté, un éclairage qui proviendrait de l'application de la raison et de l'étude, de la guidance de l'esprit saint et de la direction de Jésus-Christ et des anges. Or, en 1930, la priorité est donnée aux anges au détriment de l'Esprit Saint, ce qui constitue une variation interne à ce schème général — une nuance que l'organisation n'a pas maintenue uniformément au fil des décennies. La littérature des Témoins a décrit les changements soudains de doctrine comme des « éclairs de lumière » donnés par Dieu à travers son Esprit Saint. L'emploi de cette métaphore lumineuse, récurrente depuis Russell, sert ici à légitimer des révisions doctrinales qui, sans cela, pourraient apparaître comme des contradictions.[30]

Sur le plan eschatologique, la position de 1930 doit être replacée dans le contexte de la réorientation doctrinale majeure des années 1930–1935. En 1930, La Tour de Garde affirmait que le terme « chrétien » ne pouvait s'appliquer qu'aux fidèles oints du Christ. Cette restriction, qui exclut de la désignation de « chrétiens » l'ensemble des membres sans espoir céleste, préfigure la problématique doctrinale qui sera résolue seulement en 1935, quand Joseph Rutherford identifiera la « grande foule » comme une classe terrestre distincte. En plus de la croyance préexistante selon laquelle 144 000 personnes survivraient à l'Harmaguédon et régneraient avec Jésus dans les cieux, une classe séparée — la « grande foule » — fut introduite ; ce groupe vivrait dans un paradis restauré sur terre, et à partir de 1935, les nouveaux convertis furent considérés comme appartenant à cette classe. Le numéro du 1er août 1930 s'inscrit donc dans l'intervalle doctrinal où cette distinction n'est pas encore formalisée, mais où les prémisses théologiques qui la rendront possible sont déjà à l'œuvre.[31]

Enfin, la rhétorique anti-institutionnelle déployée dans ce numéro — notamment la dénonciation des Églises établies et du clergé comme instruments de Satan — s'inscrit dans la ligne éditoriale systématique de Joseph Rutherford pour cette décennie. Rutherford opéra des changements organisationnels et doctrinaux significatifs, dont l'adoption en 1931 du nom de « Témoins de Jéhovah » pour distinguer le groupe des autres courants issus des étudiants de la Bible et symboliser une rupture avec l'héritage des traditions de Russell. La virulence du discours contre le clergé, lisible dans ce numéro, est donc non seulement une position théologique mais aussi un marqueur identitaire fort dans le processus de distinction confessionnelle que Rutherford entreprend méthodiquement entre 1925 et 1931.[32]

Organisation et histoire

La livraison du 1er août 1930 s'inscrit dans une période de remaniement doctrinal et institutionnel particulièrement intense pour la Watch Tower Society. Après l'échec de 1925, Rutherford avait entrepris une révision systématique de l'héritage chronologique russellien : la pyramidologie avait été abandonnée dès 1928, et dès 1929 le début des « derniers jours » avait été déplacé de 1799 à 1914 ; en 1930, la « présence » du Christ fut à son tour déplacée de 1874 à 1914. Ce numéro paraît donc au cœur d'un tournant doctrinal majeur, et les articles qu'il contient participent directement à cette refonte de la chronologie prophétique.[33]

Ce réalignement de la date de 1914 comme pivot de toute l'eschatologie ne fut pas une décision isolée : le jugement de « Babylone la Grande » fut lui aussi daté de 1919 avec la publication du livre Light en 1930, ouvrage dont ce numéro de périodique constitue en quelque sorte le support de diffusion populaire. Rutherford continua néanmoins à promouvoir certaines interprétations russelliennes de dates antérieures jusqu'aux années 1930, et la majorité des prophéties chronologiques furent réexpliquées entre 1930 et 1932, le reste étant ajusté en 1943. Le numéro du 1er août 1930 se situe ainsi en plein milieu de cette fenêtre de transition, pendant laquelle l'organisation n'avait pas encore achevé de liquider l'ensemble du calendrier prophétique hérité de Charles Taze Russell.[34]

Sur le plan institutionnel, ce numéro paraît un an avant l'adoption du nom « Témoins de Jéhovah ». Sous Joseph Rutherford, la Watch Tower Society centralisait l'autorité organisationnelle, élargissait la prédication publique et introduisait des changements doctrinaux et structurels majeurs qui distinguaient ses fidèles des autres groupes d'étudiants de la Bible ; c'est en 1931 que l'organisation adopta le nom de « Témoins de Jéhovah », marquant une séparation formelle avec l'ensemble du mouvement des étudiants de la Bible. La revue de l'été 1930 constitue donc l'un des derniers numéros publiés avant cette rupture nominale et identitaire, à un moment où l'organisation se trouvait encore dans une phase d'affirmation de son autorité centralisée.[35]

Une publication de 1930 affirmait que Dieu utilisait des « députés invisibles » et des « anges invisibles » pour transmettre ses « messages » à La Tour de Garde, et la revue indiquait à ses lecteurs qu'il n'était pas nécessaire pour eux de comprendre comment ce processus s'opérait. Cette revendication d'une médiation céleste directe, formulée précisément au moment où les révisions doctrinales se multipliaient, témoigne de la stratégie rhétorique de Joseph Rutherford pour légitimer des changements de cap répétés sans les présenter comme des erreurs humaines.[36] Dans ce contexte, le numéro du 1er août 1930 s'inscrit dans la dynamique plus large d'une organisation qui cherchait simultanément à se défaire de l'héritage du fondateur, à imposer un nouveau système interprétatif centré sur 1914, et à consolider l'autorité de son président au moyen d'une rhétorique de révélation progressive.


Illustrations du numéro

Références

  1. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 227.
  2. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 227.
  3. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 228.
  4. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 229.
  5. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 229.
  6. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 230.
  7. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 230.
  8. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 230.
  9. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 230–231.
  10. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 231.
  11. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 231.
  12. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 231.
  13. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 231–232.
  14. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 232.
  15. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 232.
  16. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 232.
  17. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 232.
  18. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 233.
  19. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 233.
  20. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 234.
  21. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 234.
  22. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 235.
  23. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 235.
  24. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 236.
  25. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 236.
  26. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 237.
  27. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 237.
  28. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 237.
  29. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 229–232.
  30. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 225–240.
  31. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 232–235.
  32. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 226–228.
  33. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 225-240.
  34. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 225-240.
  35. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 225-240.
  36. La Tour de Garde du 1er août 1930, p. 225-240.