La Tour de Garde du 1er avril 1940
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| La Tour de Garde du 1er avril 1940 | |
|---|---|
| Revue | La Tour de Garde |
| Date | 1940 |
| Année | 1940 |
| Éditeur | Watch Tower Bible and Tract Society |
Ce numéro est dominé par une longue étude de la prophétie de Sophonie, présentée comme une clé d'interprétation de l'histoire du mouvement depuis 1914. L'article principal, intitulé « Instruction », occupe la majeure partie du numéro et développe l'idée que Jéhovah instruit directement son peuple fidèle par l'intermédiaire des Écritures, en révélant progressivement le sens des prophéties bibliques à mesure que ses serviteurs en vivent l'accomplissement.
L'analyse du livre de Sophonie est conduite selon une méthode typologique caractéristique des publications de la période : les noms propres du texte biblique, ceux des ancêtres du prophète comme ceux des rois judéens, sont déchiffrés comme autant de désignations symboliques du reste fidèle des Témoins de Jéhovah et de son expérience collective depuis 1918. Le règne du roi Josias sert de cadre de référence pour interpréter les étapes successives de réforme doctrinale et d'intensification du témoignage public vécues par le mouvement dans les décennies précédentes.
Analyse
Croyances
La prophétie de Sophonie occupe dans ce numéro une position herméneutique centrale : elle n'est pas traitée comme un texte historique relatif à l'Israël antique, mais comme un programme eschatologique en cours d'accomplissement depuis 1918. L'interprétation des noms des ancêtres du prophète — Cushi, Guedalia, Amaria, Ézéchias — en autant de portraits successifs du « reste fidèle » contemporain constitue une application typiquement rutherfordienne de l'onomastique hébraïque à la situation du mouvement. Chacun de ces noms est lu comme une étape de la carrière spirituelle du reste : naissance dans le péché, libération de Babylone en 1919, proclamation du message divin, puis force puisée en Jéhovah.[1] Cette méthode — décoder les noms propres de personnages bibliques secondaires pour y lire le destin du mouvement contemporain — est caractéristique des publications de l'ère Rutherford, qui multiplient les lectures codées des Écritures hébraïques comme autant de photographies prophétiques du présent.
Le parallèle typologique établi entre le règne de Josias et le règne du Christ depuis 1914 mérite une attention particulière. Sur le plan historique, Josias fut effectivement un roi de Juda dont le règne est daté d'environ 640 à 609 av. J.-C., monté sur le trône à l'âge de huit ans après l'assassinat de son père Amon, et qui entreprit ses premières réformes religieuses en sa douzième année, détruisant les autels de Baal et profanant leurs hauts lieux.[2] En sa dix-huitième année, la découverte du Livre de la Loi dans le Temple lors de travaux de rénovation ordonnés par le grand prêtre Hilkija déclencha une purification d'une ampleur sans précédent, allant de Beer-Chéba au nord jusqu'aux anciens territoires de Samarie.[3] Ce contexte historique est directement mobilisé dans le numéro, qui aligne point par point les réformes de Josias sur les événements doctrinaux du mouvement entre 1914 et 1932 : la douzième année de Josias correspond à 1926, sa dix-huitième année à 1932, année présentée comme celle de la « purification du sanctuaire » mentionnée dans Daniel 8:14.[4] Ce type de construction typologique — une année antique équivaut à une année moderne par simple translation arithmétique depuis 1914 — est cohérent avec la méthode employée dans d'autres publications de la même période, notamment la série Vindication.[5]
La doctrine relative à 1914 comme point de départ de l'intronisation du Christ fonctionne dans ce numéro comme axiome structurant de l'ensemble du dispositif interprétatif. La publication n'argumente pas cette date : elle la pose comme acquise, toutes les prophéties analysées — Sophonie, Daniel, Josias — étant lues à partir d'elle comme d'un point zéro.[6] La venue du Christ au temple en 1918 est présentée comme un second événement distinct de l'intronisation de 1914 : c'est la date de purification du reste fidèle, base à partir de laquelle les noms des ancêtres de Sophonie décrivent la condition de ce reste.[7] Cette articulation 1914/1918 comme deux moments distincts d'un même processus — inauguration du règne céleste, puis purification du peuple terrestre — est une constante doctrinale de la période Rutherford.
L'assimilation de la religion organisée au baalisme constitue le fil antireligieux du numéro. La publication identifie la hiérarchie catholique romaine comme la principale manifestation contemporaine du culte de Baal, en s'appuyant sur Sophonie 1:4 qui annonce la destruction des « restes de Baal ».[8] Cette équivalence n'est pas construite de manière exégétique, mais posée comme une évidence : Baal est défini comme « seigneur, propriétaire et époux » de l'organisation de Satan, et la religion organisée revendiquant une alliance avec le monde est donc ipso facto du baalisme.[9] Historiquement, le culte de Baal désignait en Canaan les divinités locales associées à la fertilité, dont l'importation dans le royaume de Juda est documentée notamment sous le règne de Manassé et d'Amon, père et grand-père de Josias, qui avaient introduit des idoles dans le Temple même de Jérusalem.[10] Le numéro exploite ce contexte historique en présentant Manassé et Amon comme les antitypes des dirigeants religieux modernes qui ont introduit des pratiques idolâtres dans la « chrétienté ».[11] La mention des mouvements « Christian Front » et « Christian Mobilizers » comme instruments de la hiérarchie catholique romaine ancre l'argumentation dans le contexte américain de 1940, mais sans jamais abandonner la grille typologique.[12]
L'interprétation du nombre 666 proposée dans ce numéro est doctrinalement originale par rapport aux lectures traditionnelles de l'exégèse chrétienne, qui identifient généralement ce nombre à une figure individuelle — empereurs romains, pape ou antéchrist personnel. La publication rejette explicitement l'identification papale, défendue par certains milieux anti-catholiques de l'époque, en fondant son refus sur la formule biblique elle-même : « c'est un nombre d'homme », soit d'une organisation humaine, non d'un individu.[13] La lecture structurelle proposée — 600 désignant les chefs religieux, 60 les commerçants, 6 les politiciens — reprend le schéma tripartite religion-commerce-politique qui est au cœur de l'ecclésiologie rutherfordienne depuis la série Lumière (1930) et Vindication (1931-1932). Le classement hiérarchique de la répréhensibilité — les chefs religieux cent fois plus coupables que les politiciens — est cohérent avec la priorité que toutes les publications de la période accordent à la critique des institutions religieuses sur celle des institutions politiques.[14]
L'article sur les « fils de Dieu » de Genèse 6:1-2 développe une interprétation angélique de cet épisode — les « fils de Dieu » seraient des anges fidèles séduits par les filles des hommes — et l'articule à la doctrine des esprits en prison de 1 Pierre 3:18-20. La thèse selon laquelle ces anges sont désormais emprisonnés non par Jéhovah mais par Satan lui-même est une proposition théologique propre à ce numéro, qui vise à résoudre une tension logique : si Jéhovah les avait emprisonnés, pourquoi le Christ leur aurait-il prêché ? La réponse proposée — que la prédication du Christ ressuscité à ces esprits fut indirecte, par sa conduite fidèle sur terre — est une lecture non conforme à l'exégèse traditionnelle du passage de 1 Pierre 3:18-20, mais cohérente avec la théologie rutherfordienne qui tend à résoudre les tensions scripturaires par des distinctions entre l'organisation visible et invisible de Satan.[15]
La doctrine de la « théocratie de Jéhovah » est affirmée dans ce numéro à la fois dans la rubrique de mission de la revue et dans l'article sur le 666, où elle est explicitement opposée à tout arrangement humain religieux, politique ou commercial.[16] La désignation de l'organisation du mouvement comme « Sion » — et non par une dénomination institutionnelle — est cohérente avec le refus de toute étiquette confessionnelle que la période Rutherford affiche systématiquement. L'identification de la « classe du mauvais serviteur » et de « l'homme de péché » comme apostats internes coopérant avec la hiérarchie catholique romaine introduit une catégorie eschatologique de l'ennemi interne, distincte de l'ennemi extérieur que constituent les religionistes.[17] Cette double catégorisation — ennemis de l'extérieur et traîtres de l'intérieur — est un dispositif rhétorique récurrent dans les publications de la période, qui sert à délégitimer à la fois la critique externe et la dissidence interne en les présentant comme des manifestations d'une même influence satanique.
Organisation et histoire
La convention générale de Columbus (Ohio), annoncée dans ce numéro pour le 24 au 28 juillet 1940, constitue l'un des faits organisationnels les plus saillants de ce numéro. La publication la présente comme un rassemblement auquel le président de la Watch Tower Society doit assister personnellement, et dont les « indications manifestes du Seigneur » justifient la tenue, selon la rhétorique institutionnelle habituelle qui attribue à chaque décision organisationnelle majeure une origine divine.[18] Columbus occupe une place symbolique forte dans la mémoire collective des Témoins de Jéhovah : c'est dans cette même ville que, lors de la convention générale du 26 juillet 1931, Rutherford avait proposé l'adoption du nom « Témoins de Jéhovah », fondé sur Ésaïe 43:10, résolution adoptée à l'unanimité et retransmise par radiodiffusion internationale.[19] Le choix de Columbus comme lieu de rassemblement en 1940 mobilise donc implicitement cette mémoire fondatrice, en inscrivant la nouvelle assemblée dans la continuité d'un événement identitaire majeur.
Ce numéro de La Tour de Garde ancre sa chronologie institutionnelle dans plusieurs événements organisationnels dont il se réclame explicitement. La convention de Cedar Point (Ohio) de septembre 1922 y est citée comme le tournant décisif ayant relancé l'effort de témoignage public : c'est lors de cette convention, présidée par Rutherford, que fut lancé le programme international de prédication publique sous le mot d'ordre « Annoncez le Roi et le Royaume ».[20] Le numéro associe cet événement au début d'un processus de purification doctrinale analogue aux réformes du roi Josias, inaugurant une série de jalons institutionnels que la publication s'attache à dater avec précision.
La convention de Toronto (Canada) de 1927 constitue un deuxième jalon explicitement cité. La résolution intitulée « Aux peuples de la chrétienté », adoptée lors de cette assemblée, fut lue par Rutherford devant quelque 15 000 étudiants de la Bible et retransmise par un réseau historique de 53 stations de radiodiffusion à un auditoire international.[21] Cette résolution dénonçait la coalition financière, politique et religieuse qui opprime l'humanité, et appelait les peuples à placer leur confiance en Jéhovah et en son Royaume. Le numéro du 1er avril 1940 présente cette convention comme l'équivalent moderne de la grande Pâque célébrée par Josias la dix-huitième année de son règne, établissant ainsi un parallèle typologique entre un événement biblique daté et une décision institutionnelle précise de l'organisation.[22]
L'année 1932 est présentée dans ce numéro comme une troisième étape institutionnelle majeure. Les articles des numéros des 15 août et 1er septembre 1932 de La Tour de Garde, consacrés à « L'organisation de Jéhovah », y sont cités pour leur rôle dans l'exposition du caractère non scripturaire du système des « anciens électifs » dans les congrégations. Cette décision, qui supprima le vote des membres pour l'élection de leurs responsables locaux au profit d'un système de nominations centralisées, est présentée dans le numéro du 1er avril 1940 comme une purification du temple spirituel, analogue à l'élimination des prêtres idolâtres par Josias.[23] La même année virent également paraître les volumes 2 et 3 de Vindication, exposant le tableau prophétique de Jéhu et Jonadab ainsi que le temple de la vision d'Ézéchiel, puis le livre Préparation en novembre, jalons éditoriaux dont le numéro fait état comme preuves de l'accomplissement prophétique.[24]
L'article du 1er mai 1926 de La Tour de Garde, consacré à la réfutation de la théorie du « développement du caractère » — selon laquelle les hommes pourraient se perfectionner par leurs propres efforts pour mériter le ciel —, est présenté dans ce numéro comme un tournant dans la purification des croyances internes de l'organisation, équivalent à la destruction des autels de Baal par Josias en la douzième année de son règne.[25] Cette intervention doctrinale est mise en parallèle avec un événement précisément daté de l'histoire du roi Josias : vers l'âge de vingt ans (la douzième année de son règne, soit environ 631 av. J.-C.), Josias avait entrepris de purger Juda et Jérusalem de l'idolâtrie, détruisant les hauts lieux, les autels de Baal et les idoles, et brûlant les ossements des prêtres idolâtres sur leurs propres autels.[26] La publication s'appuie sur ce précédent historique pour valider rétrospectivment ses propres décisions doctrinales et organisationnelles.
L'année 1918 est présentée dans ce numéro comme la pierre angulaire de toute la chronologie institutionnelle interne : c'est à cette date que Christ Jésus serait venu au temple pour juger et purifier son peuple, identifiant les fidèles et commençant l'œuvre de purification de l'organisation. Ce cadre interprétatif justifie l'ensemble des réformes successives décrites dans le numéro — purification doctrinale en 1926, réforme de la gouvernance congrégationelle en 1932, intensification du témoignage depuis 1922 — en les présentant non comme des décisions humaines, mais comme les étapes d'un plan divin en cours d'accomplissement.[27]
Le numéro définit également une catégorie institutionnelle spécifique d'anciens membres ayant quitté l'organisation : la « classe du mauvais serviteur » ou « l'homme de péché », désignant ceux qui, après avoir appartenu à l'organisation de Jéhovah, ont abandonné la vérité pour rejoindre « l'organisation de Satan » et coopérer avec la hiérarchie catholique romaine dans la persécution des serviteurs de Dieu. Ces individus sont qualifiés de « fils de perdition » voués à la destruction lors d'Armageddon.[28] Cette définition institutionnelle d'une catégorie de dissidents internes, associée à la menace de destruction divine, constitue un outil rhétorique de contrôle organisationnel caractéristique de la période rutherfordienne.
Enfin, les témoignages de terrain rassemblés en fin de numéro — rapports d'activité de pionniers à Oakland, en Utah, en Alberta, à Porto Rico et à New York — illustrent les pratiques institutionnelles concrètes de prosélytisme en vigueur en 1940 : recours aux enregistrements phonographiques de discours de Rutherford lors du porte-à-porte, diffusion par haut-parleurs lors d'enterrements publics, organisation de « routes de magazines » confiées à des enfants dès l'âge de onze ans, et distribution ciblée de publications comme Salvation et Enemies auprès de personnes identifiées comme critiques envers l'Église catholique.[29] Ces rapports témoignent de la structuration croissante du prosélytisme jéhoviste en activités planifiées, segmentées et rapportées hiérarchiquement, dans le cadre de la campagne mondiale « Siège de la bataille » lancée le 23 mars 1940.[30]
Contenu
Sa mission
La publication présente la revue La Tour de Garde comme un outil destiné à faire connaître Jéhovah Dieu et ses desseins tels qu'exprimés dans la Bible. Elle affirme que cette revue fournit une instruction biblique spécifiquement conçue pour aider les Témoins de Jéhovah et toutes les personnes de bonne volonté. Elle organise des études bibliques systématiques pour ses lecteurs et fournit d'autres publications pour soutenir ces études. La revue est également utilisée pour diffuser des matériaux adaptés à la radiodiffusion et à d'autres moyens d'instruction publique des Écritures. Elle se déclare entièrement indépendante de toute religion, parti politique, secte ou autre organisation mondiale, et se consacre exclusivement au royaume de Jéhovah Dieu sous la direction de Christ Jésus. Elle invite ses lecteurs à examiner soigneusement son contenu à la lumière des Écritures et évite les controverses, tout en refusant d'accueillir des attaques personnelles dans ses colonnes[31].
La publication résume également les croyances fondamentales des Témoins de Jéhovah, telles que la reconnaissance de Jéhovah comme le seul vrai Dieu, créateur de l'univers et source de vie. Elle affirme que le Logos, identifié comme Jésus-Christ glorifié, est l'agent actif de la création et le chef exécutif de Jéhovah. Elle enseigne que Dieu a créé la terre pour l'homme, que l'homme a désobéi et a été condamné à mort, et que tous les humains naissent pécheurs. La rédemption est possible grâce à la mort de Jésus, qui a fourni le prix de rachat pour les obéissants. La publication souligne que l'organisation de Jéhovah est une théocratie appelée Sion, avec Christ Jésus comme chef, et que ses fidèles sont ses témoins, chargés de proclamer sa suprématie et ses desseins[32].
Elle affirme que le monde actuel a pris fin et que Jésus-Christ a été placé sur son trône d'autorité par Jéhovah, chassant Satan du ciel et œuvrant à l'établissement du royaume de Dieu sur terre. Les bénédictions et le soulagement pour l'humanité ne peuvent venir que par ce royaume, et la prochaine grande action de Dieu sera la destruction de l'organisation de Satan et l'établissement de la justice sur terre. Ceux qui survivront à Armageddon devront accomplir le mandat divin de peupler la terre d'une race juste[33].
Convention théocratique
La publication annonce une convention générale des Témoins de Jéhovah prévue pour l'année 1940 à Columbus, dans l'Ohio, du 24 au 28 juillet inclus. Elle souligne que les indications manifestes du Seigneur suggèrent que tous les amateurs du gouvernement théocratique de Jéhovah devraient s'y rassembler. La ville de Columbus a été choisie comme ville clé pour cette convention de cinq jours. Le président de la Société Watch Tower sera présent en personne à cette assemblée. Des détails supplémentaires seront publiés ultérieurement[34].
Études de « La Tour de Garde »
La revue propose un programme d'études pour les semaines à venir. Pour la semaine du 5 mai, l'étude portera sur la première partie de l'article intitulé « Instruction », couvrant les paragraphes 1 à 17 de La Tour de Garde du 1er avril 1940. Pour la semaine du 12 mai, l'étude se poursuivra avec la première partie de « Instruction », couvrant les paragraphes 18 à 32 du même numéro[35].
Période de témoignage « Siège de la bataille »
La publication annonce le début de la période de témoignage « Siège de la bataille », qui se déroulera pendant tout le mois d'avril. Cette campagne vise à intensifier l'effort de prosélytisme en augmentant la liste des abonnés à La Tour de Garde. Une offre spéciale est proposée durant cette campagne : un abonnement d'un an à la revue, accompagné d'un livre relié et d'un livre à couverture souple au choix, pour une contribution d'un dollar (1,50 dollar pour les pays étrangers). Cette période de témoignage, qui est mondiale, marque le début d'une campagne de trois mois centrée sur La Tour de Garde. Elle a été lancée le 23 mars, date de la célébration du Mémorial. La publication encourage les lecteurs à s'organiser pour participer à cette campagne, en se procurant du matériel, en planifiant leur temps et en se coordonnant avec les autres distributeurs locaux[36].
Instruction (Première partie)
Cet article souligne l'importance de l'instruction pour ceux qui sont disposés à apprendre. Il affirme que Jéhovah offre un enseignement complet à ceux qui cherchent à connaître sa volonté et ses desseins. Une personne humble et désireuse d'apprendre est décrite comme quelqu'un qui craint Jéhovah, c'est-à-dire qui cherche à obtenir son approbation et redoute de ne pas l'obtenir. La publication cite plusieurs versets bibliques pour appuyer cette idée, notamment Psaume 25:12-13 et Proverbes 4:13, qui encouragent à s'attacher fermement à l'instruction, car elle est source de vie[37].
L'article affirme que la véritable instruction ne provient pas des hommes, mais de Jéhovah, le Dieu tout-puissant. Il critique les enseignements humains, les qualifiant de folie aux yeux de Dieu, en s'appuyant sur 1 Corinthiens 1:20-27. Jéhovah est présenté comme la source de vie et le Père de tous ceux qui aspirent à la vie éternelle. Son organisation, appelée Sion, est décrite comme une entité qui nourrit les enfants de la vie, avec Christ Jésus comme chef exécutif. La publication souligne que tous les enfants de Sion sont enseignés par Jéhovah, comme le promet Ésaïe 54:13. Les enseignants véritables sont Jéhovah et Christ Jésus, et le temps présent est décrit comme l'époque où ces grands enseignants instruisent ceux qui cherchent la voie juste[38].
Jéhovah donne son instruction par l'intermédiaire de sa Parole, la Bible, qui a été écrite sous sa direction et son inspiration par ses serviteurs fidèles. La publication cite 2 Timothée 3:16-17 pour souligner que toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, convaincre, corriger et instruire dans la justice. Elle affirme que la mission de La Tour de Garde est de publier l'instruction biblique pour aider toutes les personnes de bonne volonté à comprendre le dessein de Jéhovah et les dispositions qu'il a prises pour ceux qui l'aiment. La connaissance de Jéhovah et de Jésus-Christ est présentée comme la vie éternelle, selon Jean 17:3. La publication explique que Jéhovah révèle le sens de ses prophéties en permettant à ses fidèles de vivre certaines expériences qui contribuent à leur accomplissement. Elle annonce le début de l'étude de la prophétie de Sophonie dans ce numéro, une prophétie qui, selon elle, a commencé à s'accomplir à partir de 1914, année où Jéhovah a intronisé Christ Jésus comme Roi. Tous ceux qui sont consacrés à faire la volonté de Dieu, y compris le reste et la classe de Jonathan, sont encouragés à suivre cette série d'études avec le plus grand intérêt, car ils sont impliqués dans l'accomplissement de cette prophétie[39].
Signification des noms
L'article poursuit l'analyse de la prophétie de Sophonie en examinant la signification symbolique des noms des ancêtres du prophète. La publication affirme que ces noms, choisis par Jéhovah, décrivent les conditions et le rôle des témoins fidèles sur terre à partir de 1918, année où Christ Jésus est apparu au temple pour juger et purifier son peuple. Le nom « Sophonie » (« caché de Jéhovah ») est interprété comme une référence au reste fidèle, protégé par Dieu durant la période de persécution et de confusion qui a suivi la Première Guerre mondiale. La publication cite plusieurs textes pour appuyer cette interprétation, notamment Psaume 83:3, Psaume 27:5 et Psaume 31:20, qui évoquent la protection divine accordée aux fidèles cachés en temps de trouble, ainsi que Apocalypse 12:5-6 et Apocalypse 12:13-17, décrivant la femme — symbolisant Sion — et le reste de sa descendance[40].
Le nom « Cushi » (père de Sophonie) est interprété symboliquement comme désignant ceux qui, bien que « nés dans le péché » et couverts de ténèbres spirituelles, ont été appelés à sortir de la confusion pour entrer dans la lumière du Royaume. La publication cite Éphésiens 2:3 pour rappeler que tous les humains étaient par nature « enfants de colère », mais que les témoins de Jéhovah, après avoir été engendrés par l'esprit, ont dû se purifier des souillures accumulées durant la guerre[41]. Le nom « Guedalia » (grand-père), signifiant « que Jéhovah a rendu grand (ou puissant) », est appliqué au reste fidèle après sa libération de « Babylone » en 1919, période durant laquelle Jéhovah a accompli de « grandes choses » pour ses serviteurs, comme le souligne Psaume 126:2-3. La publication insiste sur le fait que cette grandeur ne vient pas des hommes, mais de Dieu, qui a utilisé ses témoins pour proclamer un message puissant contre les forces religieuses et hypocrites de l'époque[42]. Le nom « Amaria » (arrière-grand-père), signifiant « dit par Jéhovah » ou « promis par Jéhovah », est associé au rôle du reste en tant que porte-parole visible de Dieu sur terre. Les témoins fidèles sont décrits comme ceux qui proclament les promesses divines sans s'attribuer aucun mérite, en citant systématiquement leur autorité : « Ainsi parle Jéhovah »[43]. Le nom « Ézéchias » (arrière-arrière-grand-père), signifiant « force de Jéhovah », est appliqué au reste qui, bien que dépourvu de force propre, puise sa puissance dans le Seigneur. La publication cite Éphésiens 6:10 et Psaume 18:1 pour illustrer cette dépendance totale envers Dieu[44].
L'article conclut que ces noms prophétiques, combinés à celui de Sophonie, décrivent parfaitement le rôle et la condition du reste fidèle depuis 1918, année marquée par l'intronisation de Christ Jésus comme Roi et le début de la purification du temple spirituel. La publication encourage les lecteurs à méditer sur ces significations pour renforcer leur foi et leur compréhension des desseins divins[45].

Parallèle entre le règne de Josias et celui de Christ Jésus
Cet article établit un parallèle détaillé entre les événements survenus durant le règne du roi Josias (640–609 av. J.-C.) et ceux qui ont marqué le règne de Christ Jésus depuis son intronisation en 1914. La publication affirme que ces correspondances ne sont pas fortuites, mais qu'elles ont été orchestrées par Jéhovah pour accomplir ses desseins, guidant son peuple à travers des étapes similaires de réforme, de purification et de témoignage[46].
Josias est monté sur le trône à l'âge de huit ans en 640 av. J.-C., tandis que Christ Jésus a été intronisé comme Roi en 1914. Durant les huit premières années du règne de Josias, la situation en Juda était spirituellement dégradée, tout comme les témoins de Jéhovah, avant 1918, étaient entachés de pratiques religieuses et de compromis avec le monde. La publication souligne que, dans les deux cas, Jéhovah a envoyé des messagers pour annoncer sa volonté et initier une réforme : Sophonie pour Josias, et Christ Jésus lui-même pour le reste fidèle[47].
En 631 av. J.-C., Josias a commencé à « chercher Jéhovah » et, la douzième année de son règne, à purger Juda et Jérusalem de l'idolâtrie. De manière similaire, en 1922, les témoins de Jéhovah ont reçu une impulsion décisive lors de la convention de Cedar Point, où ils ont été encouragés à intensifier leur témoignage public. La publication cite l'article principal de La Tour de Garde du 1er mai 1926, qui a exposé les fausses doctrines du « développement du caractère », une théorie selon laquelle les hommes pourraient se perfectionner par leurs propres efforts pour mériter le ciel. Cet article est présenté comme un tournant dans la purification des croyances des témoins, marquant le début d'une réforme doctrinale[48].
En 621 av. J.-C., le livre de la Loi a été retrouvé dans le temple et lu à Josias, qui a alors célébré la plus grande Pâque de l'histoire juive. La publication établit un parallèle avec l'année 1927, où plusieurs publications clés ont été diffusées pour éclairer le reste fidèle sur les vérités bibliques. Lors de la convention de Toronto cette année-là, les témoins ont adopté une résolution intitulée « Aux peuples de la 'chrétienté' » et diffusé des conférences radiophoniques à grande échelle, dont « La fin des puissances mondiales » et « Liberté pour les peuples ». Le numéro du 15 décembre de La Tour de Garde a publié l'article « Une raison pour la vengeance de Dieu », soulignant la rupture du pacte éternel concernant la sainteté du sang de la vie. Ces initiatives sont présentées comme l'équivalent moderne des réformes de Josias[49].
En 1932, correspondant à la dix-huitième année du règne de Josias — où fut célébrée la plus grande Pâque et où le livre de la Loi fut retrouvé dans le temple —, la publication signale le 20 mars comme la journée mémorielle des témoins de Jéhovah, marquant le début de la première Période internationale de témoignage d'action de grâce, qui dura huit jours. En juillet de la même année, les livres Vindication volumes 2 et 3 furent publiés, expliquant le tableau prophétique de Jéhu et Jonadab, ainsi qu'une explication du temple de la vision d'Ézéchiel. Les numéros des 15 août et 1er septembre de La Tour de Garde publièrent des articles sur « L'organisation de Jéhovah », exposant le caractère non scripturaire des « anciens électifs » dans le temple de Dieu. Le 15 octobre, La Tour de Garde indiqua que « le sanctuaire a été purifié » (Daniel 8:14), et en novembre fut publié le livre Préparation[50].
L'article conclut en affirmant que ces parallèles historiques démontrent la direction divine dans les affaires des témoins de Jéhovah. Il encourage les lecteurs à reconnaître que les événements survenus depuis 1914 ne sont pas le fruit du hasard, mais qu'ils s'inscrivent dans un plan prophétique précis, orchestré par Jéhovah pour accomplir sa volonté[51].

« Je retrancherai »
La publication poursuit son analyse de la prophétie de Sophonie en abordant la purification radicale que Jéhovah opérera sur la terre lors de la bataille d'Armageddon. Elle affirme que cette destruction ne se limitera pas aux êtres humains, mais s'étendra à l'ensemble des éléments de l'organisation de Satan, y compris les animaux, les oiseaux et les poissons. Cette interprétation s'appuie sur une lecture littérale de Sophonie 1:2-3, où Jéhovah déclare qu'il « retranchera » ou « enlèvera » toute chose de la surface de la terre. La publication précise que cette destruction ne signifie pas l'anéantissement physique de chaque créature vivante, mais plutôt l'élimination de tout ce qui appartient à l'organisation visible et invisible de Satan, afin de préparer la terre pour une humanité juste[52].
Avant 1918, les Témoins de Jéhovah croyaient qu'Armageddon serait un conflit entre les éléments radicaux et conservateurs des nations. Cependant, depuis que Christ Jésus est venu au temple pour juger et instruire son peuple, ils ont compris que cette bataille opposera l'organisation de Satan — tant visible qu'invisible — à Christ et à ses armées célestes. La publication cite Osée 4:3 pour illustrer cette idée, affirmant que même les poissons de la mer seront « enlevés », symbolisant la destruction totale de l'organisation satanique. Elle souligne que cette compréhension a été progressivement révélée aux fidèles depuis 1918, leur permettant de saisir pleinement le sens des prophéties bibliques[53].
L'article insiste sur le fait que cette destruction est nécessaire pour purifier la terre et la rendre habitable pour une humanité obéissante à Jéhovah. Il cite 2 Pierre 3:10, où l'apôtre Pierre décrit le jour du Seigneur comme un événement où « les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre avec les œuvres qu'elle renferme sera consumée ». La publication interprète cette prophétie comme une référence à la destruction de l'organisation de Satan sur terre, et non à la planète elle-même. Elle rappelle que Jéhovah a créé la terre pour l'homme et que, après Armageddon, une « grande foule » de survivants remplira la terre d'une race juste, louant et servant Dieu éternellement[54].
Les « pierres d'achoppement » et les méchants
La publication identifie les « pierres d'achoppement » mentionnées dans Sophonie 1:3 comme étant principalement les systèmes religieux et les objets associés à l'idolâtrie, qui ont égaré les peuples depuis l'époque de Nimrod. Elle affirme que ces obstacles, placés par Satan en violation des commandements divins (Exode 20:3-5), atteignent leur apogée dans la religion idolâtre pratiquée par la hiérarchie catholique romaine. Cette dernière est présentée comme la principale responsable de la chute de millions de personnes dans le piège de Satan, les maintenant sous l'emprise des esprits méchants qui influencent leurs pensées et leurs actions[55].
L'article décrit comment ces personnes, bien que se réclamant du christianisme, exhibent en réalité l'esprit de Satan plutôt que celui de Christ. Il cite des exemples contemporains, comme les mouvements « Christian Front » et « Christian Mobilizers », qui, bien que portant des noms chrétiens, agissent sous l'influence du Diable. La publication souligne que ces groupes sont les victimes de la hiérarchie catholique romaine, qui, par le biais de l'« Action catholique », a répandu la peur et la confusion parmi les masses, les poussant à tomber dans le piège de Satan. Elle affirme que Jéhovah détruira ces pierres d'achoppement par l'intermédiaire de Christ Jésus avant ou pendant Armageddon[56].
La publication aborde ensuite un autre type de pierre d'achoppement : l'amour de l'argent et le commercialisme. Elle cite Ézéchiel 7:19, où Jéhovah déclare que l'argent et l'or ne pourront sauver les hommes au jour de sa colère, car ils constituent « la pierre d'achoppement de leur iniquité ». L'article explique que ceux qui placent leur confiance dans l'argent et les biens matériels trébuchent sur ces idoles, tombent dans le piège de Satan et seront détruits lors d'Armageddon. Il met en garde contre les « géants commerciaux » qui, en cette période de péril, s'allient avec les leaders religieux pour égarer davantage les peuples, en insistant sur la nécessité d'une forme quelconque de religion pour sauver la nation de la ruine[57].
L'article cite un rapport publié en 1939 par la Chambre de commerce de l'État de New York, qui recommande d'intégrer la religion dans l'éducation publique pour préserver les fondements moraux de la nation. La publication critique ce rapport pour son omission délibérée du nom de Jéhovah et de Christ Jésus, ainsi que pour son insistance sur « n'importe quelle religion » plutôt que sur le Royaume de Dieu. Elle souligne que les États-Unis, bien que se déclarant une nation chrétienne, ont oublié Dieu et ignorent les enseignements du Christ, notamment la prière pour l'avènement du Royaume de Dieu (Matthieu 6:10). L'article conclut en citant Psaume 9:17, qui annonce que les nations qui oublient Dieu seront précipitées en enfer, c'est-à-dire complètement détruites[58].
Les « anciens » et les dirigeants idolâtres
La publication poursuit sa critique des pierres d'achoppement en ciblant spécifiquement les dirigeants religieux et commerciaux, qu'elle assimile aux « anciens » et aux « principaux du troupeau » mentionnés dans Ézéchiel 14:3-5. Elle affirme que ces dirigeants, en plaçant des idoles dans leur cœur et en posant des pierres d'achoppement devant le peuple, se sont rendus coupables d'idolâtrie et ont égaré les nations. La publication souligne que ces hommes, bien qu'ayant reçu une certaine connaissance de la vérité, ont refusé de suivre les instructions divines et ont persisté dans leurs pratiques contraires à la volonté de Dieu. Elle les classe parmi les « méchants » que Jéhovah détruira, citant Matthieu 13:41-42, où Christ annonce que ses anges « enlèveront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l'iniquité »[59].
L'article s'attaque particulièrement à la hiérarchie catholique romaine, qu'elle accuse d'avoir eu l'opportunité de connaître les desseins de Jéhovah, mais d'avoir choisi de persister dans la fraude, la tromperie et le racket religieux. Il mentionne également ceux qui, après avoir servi au sein de l'organisation de Jéhovah, ont abandonné la vérité pour rejoindre l'organisation de Satan, devenant ainsi des membres de la classe du « mauvais serviteur » ou de « l'homme de péché ». Ces individus, en coopérant avec la hiérarchie catholique et en persécutant les serviteurs de Dieu, sont décrits comme des « fils de perdition » qui seront détruits lors d'Armageddon[60].
La publication établit un parallèle entre l'idolâtrie pratiquée par le peuple de Juda et de Jérusalem sous les rois Manassé et Amon, et les pratiques religieuses contemporaines. Elle rappelle que Juda et Jérusalem, bien que bénéficiaires de l'alliance et de la faveur de Jéhovah, se sont détournés du culte pur pour pratiquer la religion de Baal, introduite par Satan. Cette idolâtrie, qui a persisté jusqu'à la douzième année du règne de Josias, est comparée aux pratiques des religionistes modernes, qui se réclament du christianisme tout en déshonorant le nom de Dieu. La publication cite 2 Chroniques 34:3-5 pour illustrer les efforts de Josias pour purger Juda et Jérusalem de l'idolâtrie, et souligne que ces réformes préfigurent l'œuvre de purification menée par Christ Jésus depuis son intronisation comme Roi en 1914[61].
L'article conclut en affirmant que Jéhovah étendra sa main pour détruire les restes de Baal et les « Kémarim » (prêtres idolâtres) en Juda et à Jérusalem, comme annoncé dans Sophonie 1:4. Cette destruction est comparée à celle opérée par Dieu lors du passage de la mer Rouge (Exode 15:12) et à la chute de Tyr et de Babylone, symbolisant la fin de toutes les organisations commerciales et religieuses qui s'opposent à la Théocratie. La publication insiste sur le fait que cette purification est inévitable et que ceux qui persistent dans l'idolâtrie seront retranchés de la vie lors d'Armageddon[62].
La publication conclut cet article par une référence au présent : à l'époque de la rédaction, Christ Jésus, en tant que Roi, a purifié le temple de Dieu de tout ce qui correspond au baalism moderne, et Jéhovah déclare par la bouche de Sophonie qu'il retranchera les restes de Baal. L'article souligne que la purification du temple spirituel, amorcée depuis 1914, se poursuit et que les fidèles témoins de Jéhovah sont appelés à continuer de proclamer l'avertissement divin jusqu'à ce que Jéhovah ordonne de cesser, après quoi tout être humain n'ayant pas quitté l'organisation de Satan sera retranché de la vie lors d'Armageddon[63].
La religion et le culte de Baal (suite)
La publication poursuit sa critique du culte de Baal, qu'elle assimile à la religion organisée en général, et plus particulièrement aux systèmes religieux de la « chrétienté ». Elle affirme que le baalisme, ou religion, revendique ouvertement son amitié et son alliance avec le monde, qui est présenté comme l'organisation de Satan. Ce dernier est désigné comme le grand Baal, seigneur, propriétaire et époux de cette organisation. La publication souligne que Jéhovah révèle clairement à ceux qui acceptent son instruction ce qui constitue son organisation et ce qui constitue la « chrétienté ». Les adorateurs de Baal, ou pratiquants de la religion, non seulement se détournent de la vérité, mais s'opposent activement à l'organisation de Dieu et persécutent ceux qui diffusent le message de Jéhovah[64].
L'article décrit comment, dans la « chrétienté », les religionistes continuent d'adorer avec une grande admiration les religions de Satan. Les dirigeants religieux incitent la jeune génération à embrasser ces mêmes croyances, conduisant ainsi tous vers la destruction. La publication cite le cas des mouvements comme le « Christian Front » et les « Christian Mobilizers », qui, bien que portant des noms chrétiens, agissent sous l'influence du Diable. Elle affirme que ces groupes sont les victimes de la hiérarchie catholique romaine, qui, par le biais de l'« Action catholique », a répandu la peur et la confusion parmi les masses[65].
La publication annonce également que Jéhovah retranchera « le nom des Kémarim », terme traduit par « prêtres idolâtres » ou « prêtres noirs » (selon la marge de la traduction de Rotherham). Ces prêtres sont décrits comme ceux qui portent des vêtements noirs et tristes, symbolisant leur rôle dans l'idolâtrie. Dans le récit biblique, le roi Josias a supprimé ces prêtres idolâtres (2 Rois 23:5), et la publication affirme que, dans l'accomplissement prophétique, Jéhovah les retranchera par l'intermédiaire de Christ Jésus. Elle souligne que ces prêtres, en particulier ceux de la hiérarchie catholique romaine, sont les principaux responsables de l'égarement des peuples, les maintenant sous l'emprise des esprits méchants. La publication mentionne que ces prêtres, ainsi que la classe du « mauvais serviteur », seront retranchés lors d'Armageddon, car ils ont choisi de persister dans la fraude et la tromperie plutôt que de suivre les enseignements divins[66].
L'article conclut en encourageant ceux qui aiment Jéhovah à continuer de recevoir son instruction, tout en avertissant que tout ce qui appartient à ces pratiques religieuses hypocrites sera retranché lors d'Armageddon[67].
Tentative erronée de « peupler la terre »
Cet article examine le récit biblique de Genèse 6:1-2, qui décrit comment les « fils de Dieu » ont pris pour femmes les « filles des hommes » avant le Déluge. La publication affirme que ces « fils de Dieu » étaient des anges fidèles à Jéhovah, créés avant la fondation de la terre et présents lors de sa création, comme le souligne Job 38:4-7. Elle précise que ces anges n'ont pas participé à la rébellion de Lucifer (Satan) et qu'ils sont restés fidèles à Jéhovah, d'où leur désignation comme « fils de Dieu »[68].
L'article explique que, environ 1 500 ans après la rébellion d'Éden, la race humaine avait considérablement augmenté, mais s'était aussi profondément corrompue. À cette époque, les « fils de Dieu » ont observé que les « filles des hommes » étaient belles et les ont prises pour femmes. La publication souligne que ces anges avaient le pouvoir de se matérialiser sous une forme humaine, comme ils l'ont fait plus tard à l'époque d'Abraham (Genèse 18-19). Elle affirme que leur matérialisation en tant qu'hommes beaux et attirants n'était pas en soi une violation de la loi divine, mais que leur mariage avec les filles des hommes a conduit à une augmentation de la méchanceté sur la terre, prouvant ainsi que Satan était à l'origine de cette corruption[69].
La publication décrit comment Satan, cherchant à empêcher l'accomplissement du dessein de Jéhovah de peupler la terre d'une race juste, a utilisé la ruse pour séduire les « fils de Dieu ». Elle compare cette séduction à celle d'Ève par Satan, qui a ensuite servi d'excuse à Adam pour rejoindre l'organisation du Diable. L'article affirme que les « filles des hommes », belles et attirantes, ont été utilisées par Satan pour piéger les anges, les incitant à quitter leur service auprès de Jéhovah pour s'unir à des femmes humaines. La publication souligne que les pères de ces femmes ont probablement consenti à ces mariages, espérant ainsi améliorer la condition humaine et obtenir une meilleure position auprès de Dieu[70].
L'article mentionne également la présence des « Nephilim » (« géants » ou « tombés ») sur la terre à cette époque. Ces Nephilim, décrits comme des anges déchus ayant abandonné Dieu, ont joué un rôle dans la séduction des « fils de Dieu », les incitant à quitter le service de Jéhovah pour s'unir aux filles des hommes. La publication explique que les enfants issus de ces unions étaient appelés « hommes puissants » (Gibborim) et qu'ils étaient renommés. Elle souligne que le dessein de Satan était de corrompre toute la race humaine, empêchant ainsi l'accomplissement du mandat divin de peupler la terre d'une race juste. Cependant, Noé, qui avait maintenu son intégrité envers Dieu, et sa famille étaient les seuls fidèles sur terre à cette époque. La publication conclut que le Déluge a été nécessaire pour éliminer les méchants et permettre à la terre d'être repeuplée par une race juste[71].
L'article aborde ensuite le sort des « fils de Dieu » après le Déluge. Il cite 1 Pierre 3:18-20, où il est mentionné que Christ Jésus a prêché aux « esprits en prison », identifiés comme les « fils de Dieu » qui avaient été désobéissants à l'époque de Noé. La publication explique que ces esprits n'ont pas été détruits lors du Déluge, mais emprisonnés. Elle souligne que leur désobéissance a consisté à quitter leur service auprès de Jéhovah pour s'unir aux filles des hommes, et que leur emprisonnement a été une conséquence de leur refus d'écouter la prédication de Noé, « prédicateur de justice »[72].
La publication affirme que ces esprits sont toujours vivants, mais sous la contrainte ou en prison. Elle se demande qui les a emprisonnés et conclut que ce n'est pas Jéhovah, car il n'aurait pas de raison de les emprisonner s'ils avaient voulu revenir à lui. Elle suggère plutôt que Satan est celui qui les a emprisonnés, afin de les empêcher de retourner au service de Dieu. L'article explique que Satan, après le Déluge, a retenu ces esprits pour les empêcher de quitter son organisation et de revenir à Jéhovah. Il souligne que ces anges, en refusant d'écouter la prédication de Noé et en ne profitant pas de la longanimité de Dieu pendant 120 ans, ont été abandonnés à leur sort et n'ont reçu aucune protection divine lors du Déluge[73].
La publication décrit comment Christ Jésus a prêché à ces esprits en prison après sa résurrection. Elle explique que Jésus, en tant qu'esprit divin doté de tout pouvoir et de toute autorité, a pu se rendre dans le « pays de Magog » (mentionné dans Ézéchiel 38:1-2), où ces anges sont emprisonnés. La prédication de Jésus n'a pas nécessairement été verbale, mais s'est manifestée par sa conduite fidèle et son dévouement inébranlable à Jéhovah pendant son séjour sur terre. En refusant de céder aux tentations de Satan et en restant fidèle à Dieu malgré les persécutions, Jésus a montré à ces esprits emprisonnés ce qu'ils auraient dû faire pour rester dans la faveur divine. La publication conclut que cette prédication indirecte laisse espérer une délivrance pour ces esprits s'ils choisissent de se ranger du côté de Jéhovah lors du jour du jugement[74].
L'article termine en soulignant que, lors de la bataille d'Armageddon, ceux qui prendront une position claire et sans équivoque en faveur de Jéhovah pourraient être rétablis dans son organisation universelle, bien qu'ils ne soient pas autorisés à « peupler la terre ». Cette tâche sera réservée aux « hommes de bonne volonté » qui survivront à Armageddon[75].
« Comptez le nombre de la bête »
La publication aborde l'interprétation du nombre 666, mentionné dans Apocalypse 13:18, en rejetant l'idée répandue parmi certains anti-catholiques selon laquelle ce nombre désignerait le pape de la hiérarchie catholique romaine. Elle affirme que cette interprétation est incorrecte, car le nombre ne se réfère pas à une personne individuelle, mais à la « bête » elle-même, qui symbolise une organisation humaine anti-théocratique. La publication souligne que le texte biblique précise que « c'est un nombre d'homme », et non le nombre d'un individu ou d'une fonction spécifique comme celle du pape[76].
L'article explique que, depuis l'époque de Nimrod à Babel, les gouvernements humains ont toujours été composés de trois éléments : religieux, politique et commercial. Ces éléments, lorsqu'ils s'unissent pour exercer le pouvoir par la force et la violence afin d'atteindre un objectif commun, forment ce que la Bible désigne comme la « bête ». La publication précise que cette bête représente l'organisation visible de Satan, dont les dirigeants sont des hommes imparfaits. Le nombre 666, selon elle, symbolise cette organisation imparfaite, car le chiffre six, dans la symbolique biblique, représente l'imperfection. Ainsi, six multiplié par cent (600) désigne les chefs religieux, six multiplié par dix (60) les géants financiers ou commerçants, et six (6) les politiciens professionnels[77].
La publication souligne que ces trois éléments — religieux, commercial et politique — sont classés selon leur degré de répréhensibilité aux yeux de Dieu. Les chefs religieux, symbolisés par 600, sont considérés comme cent fois plus répréhensibles que les politiciens, car leur devoir était d'enseigner la vérité concernant le gouvernement théocratique de Jéhovah par Christ Jésus, plutôt que de s'allier à l'« abomination de la désolation », c'est-à-dire le substitut satanique de ce gouvernement. Les commerçants, symbolisés par 60, sont jugés dix fois plus répréhensibles que les politiciens, car l'argent est un pouvoir qui influence et corrompt. La publication décrit cette combinaison comme une « triple alliance impie » de l'imperfection, résultant en une chose abominable aux yeux de Dieu[78].
L'article affirme que le nombre 666 ne désigne pas un individu, mais l'arrangement humain qui s'oppose au gouvernement théocratique de Jéhovah. Il cite plusieurs exemples bibliques pour illustrer cette symbolique : le revenu annuel du roi Salomon était de 666 talents d'or (1 Rois 10:14), le géant de Gath avait six doigts à chaque main et à chaque pied (1 Chroniques 20:6), et les dimensions de l'idole d'or de Nabuchodonosor étaient de soixante coudées de haut sur six coudées de large (Daniel 3:1). Ces exemples montrent que le nombre six représente une complétude séculière, c'est-à-dire une complétude selon les critères humains, en opposition à la complétude divine symbolisée par le nombre sept[79].
La publication conclut en opposant la « bête » au gouvernement théocratique de Jéhovah. Elle décrit une guerre en cours entre la bête et l'Agneau, Christ Jésus, qui représente le gouvernement théocratique. Ceux qui se rangent du côté de l'Agneau chantent les louanges de Jéhovah et de sa Théocratie, tandis que ceux qui soutiennent la bête s'opposent à ce gouvernement divin. L'article pose une question aux lecteurs : de quel côté se tiennent-ils, et quelles louanges chanteront-ils ?[80].
La publication relate plusieurs témoignages de prédication sur le terrain, illustrant les réactions variées des personnes rencontrées, notamment des membres du clergé et des laïcs, face au message des Témoins de Jéhovah. Ces récits, présentés sous la rubrique « Expériences de terrain », mettent en lumière à la fois l'hostilité et l'ouverture rencontrées lors des activités de prosélytisme.
Un premier récit décrit la réaction d'un prêtre à Oakland, en Californie, lors d'une assemblée de convention. Après avoir entendu un discours de Rutherford, ce prêtre aurait abandonné son habit religieux, déclaré publiquement son rejet de ce qu'il qualifie de « racket religieux », et exprimé son adhésion au message des Témoins de Jéhovah. Lors d'une séance de porte-à-porte, ce même prêtre, initialement hostile, aurait écouté un enregistrement du discours et engagé une discussion sur la condition des morts, acceptant finalement de lire une brochure pour approfondir sa compréhension[81].
Un autre témoignage provient d'un pionnier en Utah, qui relate la visite d'un recenseur commercial. Ce dernier, après avoir écouté un enregistrement et reçu des publications comme Salvation et Enemies, aurait manifesté un vif intérêt pour le message biblique et exprimé son intention d'assister à des réunions avec sa famille. Le pionnier souligne l'importance de diffuser la « bonne nouvelle du Royaume » auprès des Mormons, qui, selon lui, se réfèrent à leurs propres prophètes plutôt qu'à la Bible[82].
Un incident survenu lors d'un enterrement à Tawatina, en Alberta, est également rapporté. Un homme travaillant à proximité aurait entendu un discours diffusé par haut-parleur et, impressionné par le message, aurait écouté l'intégralité de l'intervention sans oser en parler à quiconque par crainte d'être pris pour un fou. Ce récit illustre l'impact que peut avoir la prédication publique, même sur des auditeurs inattendus[83].
Ensuite, la publication évoque des « singeries ecclésiastiques » à Porto Rico, où un prêtre, furieux après avoir entendu un Témoin de Jéhovah témoigner, aurait tenté d'intimider ce dernier en exigeant des preuves bibliques. Le pionnier, refusant de se laisser entraîner dans une dispute, aurait poursuivi son travail de prédication, mettant en garde les habitants contre les possibles représailles du clergé. Ce récit souligne la persécution subie par les Témoins de Jéhovah dans certaines régions, ainsi que leur détermination à continuer leur œuvre malgré l'hostilité[84].
Enfin, la rubrique se termine par des rapports de distribution de magazines. Un jeune garçon de 13 ans et sa sœur de 11 ans, engagés dans une « route de magazines », rapportent avoir distribué 90 exemplaires en décembre, profitant des vacances scolaires pour intensifier leur activité. Un pionnier de New York mentionne également la distribution régulière de 50 magazines sur une route, ainsi que la diffusion de livres comme Enemies auprès de personnes critiques envers l'Église catholique. Ces témoignages illustrent l'engagement des jeunes et des pionniers dans l'œuvre de prédication, ainsi que l'efficacité de la diffusion des publications pour toucher un large public[85].
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Illustrations du numéro
Références
- ↑ La Tour de Garde du 1er avril 1940, p. 100-101.
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- ↑ The Biblical Story of Josiah, the King Who Abolished Idolatry, TheCollector (en anglais), consulté en 2024.
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- ↑ Les Témoins de Jéhovah — Prédicateurs du Royaume de Dieu, Watch Tower Bible and Tract Society, Brooklyn, 1993, p. 155-158.
- ↑ La Tour de Garde du 1er avril 1940, p. 102-103.
- ↑ La Tour de Garde, 15 juin 1940, p. 103 — voir aussi les références croisées internes à la Watch Tower : w40 p. 103 ; w39 pp. 300-301, 363.
- ↑ La Tour de Garde du 1er avril 1940, p. 103.
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Voir aussi la liste des publications de 1940.