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La publication consacre un article à Richard Whitney, ancien président de la Bourse de New York, présenté comme une figure emblématique de la corruption financière. Whitney, décrit comme « bien connecté » en raison des liens de son frère avec la firme J.P. Morgan & Company, est dépeint comme un symbole de l'élitisme et de l'opacité du système boursier. L'article souligne son rôle dans la régulation des pratiques boursières et son discours sur l'honnêteté, contrastant avec sa condamnation ultérieure pour détournement de fonds. Whitney aurait utilisé 624 000 dollars appartenant à des clients, dont sa propre épouse, pour spéculer, allant jusqu'à engager les titres de la Bourse elle-même. Cette affaire est présentée comme une illustration des dérives d'un système où les « chevaliers » autoproclamés de la finance trahissent la confiance publique<ref>''Consolation du 24 août 1938'', p. 20.</ref>. | La publication consacre un article à Richard Whitney, ancien président de la Bourse de New York, présenté comme une figure emblématique de la corruption financière. Whitney, décrit comme « bien connecté » en raison des liens de son frère avec la firme J.P. Morgan & Company, est dépeint comme un symbole de l'élitisme et de l'opacité du système boursier. L'article souligne son rôle dans la régulation des pratiques boursières et son discours sur l'honnêteté, contrastant avec sa condamnation ultérieure pour détournement de fonds. Whitney aurait utilisé 624 000 dollars appartenant à des clients, dont sa propre épouse, pour spéculer, allant jusqu'à engager les titres de la Bourse elle-même. Cette affaire est présentée comme une illustration des dérives d'un système où les « chevaliers » autoproclamés de la finance trahissent la confiance publique<ref>''Consolation du 24 août 1938'', p. 20.</ref>. | ||
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-24-août-1938-en-ocr.pdf|page=20|label=Préparatifs pour le fascisme|citation=Preparing | === {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-24-août-1938-en-ocr.pdf|page=20|label=Préparatifs pour le fascisme|citation=Preparing}} === | ||
Un article dénonce les préparatifs du monde des affaires américain en faveur d'un régime fasciste. Lors d'un banquet organisé à l'hôtel Waldorf Astoria de New York, Virgil Jordan, président du National Industrial Conference Board, aurait déclaré que les États-Unis se dirigeaient vers une forme de collectivisme, soit fasciste, soit communiste, en utilisant les mécanismes étatiques existants. La publication interprète ces propos comme une preuve de la collusion entre les industriels et les partisans d'un État autoritaire, soulignant que le fascisme est présenté comme une alternative crédible à la démocratie<ref>''Consolation du 24 août 1938'', p. 20.</ref>. | Un article dénonce les préparatifs du monde des affaires américain en faveur d'un régime fasciste. Lors d'un banquet organisé à l'hôtel Waldorf Astoria de New York, Virgil Jordan, président du National Industrial Conference Board, aurait déclaré que les États-Unis se dirigeaient vers une forme de collectivisme, soit fasciste, soit communiste, en utilisant les mécanismes étatiques existants. La publication interprète ces propos comme une preuve de la collusion entre les industriels et les partisans d'un État autoritaire, soulignant que le fascisme est présenté comme une alternative crédible à la démocratie<ref>''Consolation du 24 août 1938'', p. 20.</ref>. | ||
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Cet article annonce la disparition progressive des emplois dans les laminoirs à plaques, remplacés par des machines automatisées. Les nouveaux laminoirs continus, capables de produire des bandes d'acier de 100 pouces de large et 250 pieds de long, réduisent drastiquement le besoin de main-d'œuvre. La publication y voit un signe avant-coureur d'un avenir où les travailleurs seraient massivement mis au chômage, une situation présentée comme inéluctable avec le progrès technologique<ref>''Consolation du 24 août 1938'', p. 20.</ref>. | Cet article annonce la disparition progressive des emplois dans les laminoirs à plaques, remplacés par des machines automatisées. Les nouveaux laminoirs continus, capables de produire des bandes d'acier de 100 pouces de large et 250 pieds de long, réduisent drastiquement le besoin de main-d'œuvre. La publication y voit un signe avant-coureur d'un avenir où les travailleurs seraient massivement mis au chômage, une situation présentée comme inéluctable avec le progrès technologique<ref>''Consolation du 24 août 1938'', p. 20.</ref>. | ||
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-24-août-1938-en-ocr.pdf|page=20|label=Où se concentre la richesse|citation= | === {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-24-août-1938-en-ocr.pdf|page=20|label=Où se concentre la richesse|citation=Centered}} === | ||
La publication dresse une liste des familles les plus riches des États-Unis, parmi lesquelles figurent les Rockefeller, Morgan, Ford, Vanderbilt, Du Pont et Astor. Cette concentration de la richesse est présentée comme une preuve de l'inégalité économique et de la domination d'une élite financière sur la société. L'article souligne que ces fortunes sont souvent associées à des pratiques monopolistiques ou à des secteurs clés de l'économie, comme la finance ou l'industrie<ref>''Consolation du 24 août 1938'', p. 20.</ref>. | La publication dresse une liste des familles les plus riches des États-Unis, parmi lesquelles figurent les Rockefeller, Morgan, Ford, Vanderbilt, Du Pont et Astor. Cette concentration de la richesse est présentée comme une preuve de l'inégalité économique et de la domination d'une élite financière sur la société. L'article souligne que ces fortunes sont souvent associées à des pratiques monopolistiques ou à des secteurs clés de l'économie, comme la finance ou l'industrie<ref>''Consolation du 24 août 1938'', p. 20.</ref>. | ||
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Un court article dénonce le profit tiré par la famille Du Pont de la vente de poudre à canon au Japon, utilisée lors de l'invasion de la Chine. La publication estime que les Du Pont ont bénéficié de 900 000 dollars grâce à cette transaction, illustrant ainsi les liens entre les industriels américains et les régimes militaristes étrangers. Ce commerce est présenté comme une complicité avec des « meurtriers internationaux »<ref>''Consolation du 24 août 1938'', p. 20.</ref>. | Un court article dénonce le profit tiré par la famille Du Pont de la vente de poudre à canon au Japon, utilisée lors de l'invasion de la Chine. La publication estime que les Du Pont ont bénéficié de 900 000 dollars grâce à cette transaction, illustrant ainsi les liens entre les industriels américains et les régimes militaristes étrangers. Ce commerce est présenté comme une complicité avec des « meurtriers internationaux »<ref>''Consolation du 24 août 1938'', p. 20.</ref>. | ||
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=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-24-août-1938-en-ocr.pdf|page=26|label=La « patriotisme » de Mitchell Palmer|citation=Mitchell Palmer’s}} === | === {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-24-août-1938-en-ocr.pdf|page=26|label=La « patriotisme » de Mitchell Palmer|citation=Mitchell Palmer’s}} === | ||
L'article revient sur les actions de Mitchell Palmer, procureur général sous la présidence de Woodrow Wilson, connu pour ses campagnes anti-communistes dans les années 1920<ref>''Consolation du 24 août 1938'', p. 26.</ref>. La publication critique son « patriotisme » et le compare à celui de William Randolph Hearst, le présentant comme un exemple d'hypocrisie et de bigoterie. Elle souligne que ses méthodes, qui ont conduit à l'arrestation et à la déportation de nombreux Américains accusés d'être « rouges », ont été remises en cause par le juge Jos. C. Hutcheson, Jr., qui les qualifie de « Pecksniffian righteousness » (droiture hypocrite). L' | L'article revient sur les actions de Mitchell Palmer, procureur général sous la présidence de Woodrow Wilson, connu pour ses campagnes anti-communistes dans les années 1920<ref>''Consolation du 24 août 1938'', p. 26.</ref>. La publication critique son « patriotisme » et le compare à celui de William Randolph Hearst, le présentant comme un exemple d'hypocrisie et de bigoterie. Elle souligne que ses méthodes, qui ont conduit à l'arrestation et à la déportation de nombreux Américains accusés d'être « rouges », ont été remises en cause par le juge Jos. C. Hutcheson, Jr., qui les qualifie de « Pecksniffian righteousness » (droiture hypocrite). L'Association Juridique Internationale est citée pour demander l'abrogation des lois inspirées par Palmer. | ||
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Enfin, sur la question de l'immigration italienne en Australie, la revue présente l'afflux d'immigrants italiens comme une « invasion » catholique orchestrée depuis Rome, le tout attribué à un geste de déférence du Premier ministre australien Joseph Lyons envers le pape<ref>''Consolation du 24 août 1938'', p. 10.</ref>. Cette caricature passe sous silence le cadre légal réel : depuis 1928, un accord diplomatique entre l'Australie et l'Italie limitait strictement les arrivées italiennes à 2 % des arrivées britanniques, soit un maximum de 3 000 personnes par an, chiffre maintenu sous contrôle tout au long des années 1930.<ref>Wikipedia, [https://en.wikipedia.org/wiki/Italian_Australians « Italian Australians »], consulté en 2024.</ref> Loin d'une invasion incontrôlée, l'immigration italienne en Australie obéissait à des quotas précis et à des conditions financières d'entrée strictement réglementées. La revue déforme ainsi un phénomène migratoire ordinaire et encadré pour l'inscrire dans son anticléricalisme systématique, en faisant du pape le véritable agent d'une colonisation religieuse de l'Australie. | Enfin, sur la question de l'immigration italienne en Australie, la revue présente l'afflux d'immigrants italiens comme une « invasion » catholique orchestrée depuis Rome, le tout attribué à un geste de déférence du Premier ministre australien Joseph Lyons envers le pape<ref>''Consolation du 24 août 1938'', p. 10.</ref>. Cette caricature passe sous silence le cadre légal réel : depuis 1928, un accord diplomatique entre l'Australie et l'Italie limitait strictement les arrivées italiennes à 2 % des arrivées britanniques, soit un maximum de 3 000 personnes par an, chiffre maintenu sous contrôle tout au long des années 1930.<ref>Wikipedia, [https://en.wikipedia.org/wiki/Italian_Australians « Italian Australians »], consulté en 2024.</ref> Loin d'une invasion incontrôlée, l'immigration italienne en Australie obéissait à des quotas précis et à des conditions financières d'entrée strictement réglementées. La revue déforme ainsi un phénomène migratoire ordinaire et encadré pour l'inscrire dans son anticléricalisme systématique, en faisant du pape le véritable agent d'une colonisation religieuse de l'Australie. | ||
=== Autres points === | |||
La recension des ''Les femmes oubliées'' (''Forgotten Women'') d'[[Helen Conroy]] occupe plusieurs colonnes du numéro.<ref>''Consolation'', 24 août 1938, p. 21-22.</ref> Si la rédaction reconnaît que l'ouvrage est « bien documenté par référence à des ouvrages catholiques officiels »,<ref>''Ibid.''</ref> elle en opère un détournement significatif : là où Conroy appelait à une réforme législative dans le cadre constitutionnel américain — formulant onze propositions concrètes de protection des religieuses — et espérait même le soutien de catholiques de bonne volonté,<ref>Helen Conroy, ''Les femmes oubliées dans les couvents'' (''Forgotten Women in Convents''), Agora Publishing Co., New York, 1946, p. 120.</ref> ''Consolation'' concluait que « rien ne peut guérir la civilisation du Diable », et que le système catholique n'était « qu'un vase destiné à la destruction ».<ref>''Consolation'', 24 août 1938, op. cit.</ref> La rédaction ne citait par ailleurs que quatre des onze propositions de réforme, omettant les plus concrètement protectrices des femmes, et passait entièrement sous silence la dimension ouvrière et syndicale du livre — sa dédicace aux travailleurs et son label d'imprimerie syndiqué. La mention que [[Joseph Rutherford]] avait personnellement écrit à l'auteure pour lui exprimer son appréciation<ref>''Consolation'', 24 août 1938, op. cit.</ref> reste invérifiable, aucune source indépendante ne la confirmant. | |||
== Illustrations du numéro == | == Illustrations du numéro == | ||
Dernière version du 7 juillet 2026 à 15:35
| Consolation du 24 août 1938 | |
|---|---|
| Revue | Consolation |
| Date | 1938 |
| Année | 1938 |
| Éditeur | Watch Tower Bible and Tract Society |
Ce numéro de la revue Consolation place au cœur de son propos la question du corps humain et de sa préservation, en s'appuyant notamment sur un article du médecin John Harvey Kellogg qui développe la notion de « facteur de sécurité » propre aux organes vitaux. Cette réflexion médicale, adossée à une critique ferme du tabac et de l'alcool, illustre l'intérêt constant de la publication pour les questions de santé pratique et de mode de vie, dans une perspective que le texte présente comme conforme à l'ordre naturel voulu par le Créateur.
Le numéro s'étend également sur des réalités géographiques et sociales éloignées du monde occidental, consacrant un espace notable à l'Australasie et à l'île de Bali, décrite comme une terre préservée des influences religieuses corrompues. Ces descriptions de sociétés perçues comme plus « naturelles » ou pacifiques servent de contrepoint implicite aux tensions que la publication associe à la civilisation moderne et aux institutions religieuses établies.
Contenu
Le facteur de sécurité dans le corps humain
La publication s'ouvre sur un article intitulé « Le facteur de sécurité dans le corps humain »[1]. Ce texte, signé par le médecin John Harvey Kellogg, compare le corps humain à une machine dotée d'une marge de sécurité bien supérieure à celle des constructions architecturales. L'auteur explique que les organes vitaux, comme les poumons, les reins ou les glandes surrénales, fonctionnent souvent par paires, chacune étant capable d'assurer seule le travail normalement dévolu aux deux[2]. Par exemple, le cœur peut augmenter son activité jusqu'à cinq fois sa capacité de repos sans subir de dommages, et les reins peuvent éliminer des quantités de liquide bien supérieures à la normale sans dommage apparent[3].
La publication affirme que « cette marge de sécurité est essentielle pour faire face aux urgences et compenser la détérioration naturelle liée à l'âge » [4]. Elle souligne également que cette marge permet de prolonger la longévité et d'assurer une meilleure endurance face aux efforts physiques ou aux maladies. Cependant, l'article met en garde contre les comportements qui épuisent cette réserve vitale, comme le tabagisme, la consommation d'alcool, une alimentation déséquilibrée ou le manque de sommeil[5].
Un exemple concret est donné pour illustrer les dangers du tabac : un fumeur est invité à courir après avoir fumé, puis à répéter l'expérience après quelques jours d'abstinence. La différence de performance et de sensation d'épuisement révélerait l'impact du tabac sur la marge de sécurité[6]. La publication conclut en insistant sur l'importance de préserver cette marge par un mode de vie « naturel », citant notamment l'exercice physique, une alimentation saine et un sommeil suffisant[7].
Santé et foyer
Cette rubrique regroupe plusieurs articles courts axés sur des conseils pratiques et des réflexions sur la santé et le bien-être. Parmi eux, un texte intitulé « Consolez les malades »[8] aborde la manière d'apporter du réconfort aux personnes souffrantes. La publication souligne l'importance d'une attitude empathique et encourage les lecteurs à éviter les discours moralisateurs ou culpabilisants envers les malades.
Un autre article, intitulé « J'en ai assez »[9], adopte un ton humoristique pour critiquer les clichés littéraires et cinématographiques, notamment ceux qui décrivent de manière exagérée les expressions faciales des héroïnes. L'auteur ironise sur les descriptions répétitives des « yeux levés au ciel » ou des « regards lancés à travers les couloirs », qu'il juge lassantes et peu originales[10].
La rubrique inclut également des « Études de géographie »[11], présentées sous forme de dialogues humoristiques entre un enseignant et ses élèves. Ces échanges, inspirés d'un magazine londonien, illustrent avec ironie les lacunes géographiques de certains élèves, comme celui qui confond l'Autriche avec un arbre ou celui qui ignore la capitale de l'Espagne[12]. Enfin, une brève anecdote intitulée « Une blague sale »[13] rapporte une conversation entre un journaliste et un ténor, où ce dernier admet n'avoir jamais fumé de sa vie malgré une déclaration antérieure suggérant le contraire.
Consolation pour les malades
La rubrique s'ouvre sur un récit mettant en scène un médecin, le « Dr. X », qui observe une jeune fille mal vêtue pour la saison hivernale. Il note que celle-ci porte des vêtements légers aux pieds et des bas ajourés, tout en enveloppant excessivement son cou et sa tête de fourrure. Cette tenue, jugée inadaptée, lui inspire une réflexion sur les principes de thermorégulation corporelle. Le médecin explique que le corps humain, dont la température interne est de 37°C, perd sa chaleur lorsqu'il est en contact prolongé avec des surfaces froides comme le ciment, la pierre ou la glace. Cette déperdition thermique affecte en premier lieu les organes inférieurs, notamment les reins, dont la fonction essentielle est de filtrer les déchets urinaires. Si les reins sont refroidis, leur capacité à éliminer les toxines diminue, entraînant une accumulation de substances nocives dans le sang. Ces toxines, selon le texte, sont responsables de multiples affections : catarrhe, inflammations oculaires, douleurs auriculaires, maux de tête, insomnies, troubles pulmonaires, asthme, problèmes gastriques, arthrite, rhumatismes, névralgies, goutte, calculs biliaires, varices, maladies cutanées, et même des troubles mentaux. La publication recommande de réchauffer les reins par des bains chauds, des cataplasmes ou des onguents chauffants pour rétablir leur fonctionnement normal et éliminer les déchets accumulés[14].

Rouleaux à pâtisserie et bouteilles de bière !
Un court article propose une astuce domestique pour soulager les pieds fatigués. Une femme témoigne utiliser un rouleau à pâtisserie pour masser la voûte plantaire avant de se coucher, affirmant que cette pratique renforce ses arches. L'article suggère qu'un homme pourrait obtenir un effet similaire en remplissant une bouteille de bière vide d'eau chaude et en la roulant sous ses pieds. Cette recommandation s'inscrit dans une approche pratique et peu coûteuse des soins corporels[15].
Comment nettoyer les ustensiles en émail
Une lectrice partage une méthode pour entretenir les ustensiles en émail. Elle recommande d'utiliser une lame de rasoir à dos émoussé pour gratter les résidus alimentaires, évitant ainsi d'abîmer l'émail comme le feraient les produits de nettoyage abrasifs. Pour redonner de l'éclat aux casseroles ternies, elle préconise d'appliquer une cuillère à soupe de Purex (un produit de blanchiment) avant de laver à l'eau savonneuse. Cette astuce reflète les préoccupations domestiques de l'époque et l'importance accordée à l'économie domestique[16].
Le dépôt de suie
Un encadré statistique révèle que dans les grandes villes, le dépôt annuel de suie varie entre 100 tonnes par mile carré dans les zones peu polluées et plusieurs milliers de tonnes dans les zones industrielles. Ce phénomène engendre des coûts estimés à 20 dollars par citoyen, liés au nettoyage à sec, à la dégradation des bâtiments, aux dommages causés aux marchandises, aux atteintes à la végétation et à la perte de lumière ultraviolette[17].
Un million de bègues en Amérique
Une brève note indique qu'environ un million de personnes bèguent aux États-Unis, principalement des hommes issus de foyers bilingues. Le texte souligne que tout le monde bégaye occasionnellement, mais que le trouble s'aggrave dès que la personne en prend conscience. Cette observation s'inscrit dans une approche médicale et sociale des troubles du langage[18].
Dit la cigarette
Un court texte humoristique attribue à une cigarette un discours ironique sur ses effets néfastes. Elle affirme contribuer aux troubles nerveux, réduire l'énergie physique, multiplier les douleurs, diviser les capacités mentales, détourner l'intérêt du travail et diminuer les chances de succès. Ce ton moralisateur reflète l'opposition des Témoins de Jéhovah aux substances addictives, dont le tabac[19].
Australasie
Écoles sectaires en Nouvelle-Zélande
La publication dénonce une décision des autorités néo-zélandaises autorisant les élèves des écoles paroissiales à emprunter les bus scolaires publics lorsque ceux-ci ont de la place. Elle critique cette mesure, estimant qu'elle favorise les institutions religieuses au détriment des écoles publiques. Selon le texte, cette pratique conduit à remplir les bus avec des élèves d'écoles sectaires, obligeant les derniers élèves des écoles publiques à marcher. De plus, elle affaiblit les écoles locales, entraînant parfois le licenciement d'enseignants. La publication y voit une preuve du coût social du sectarisme et de l'absence d'esprit public chez les groupes religieux[20].
Le phare le plus haut
Un encadré présente le phare de Deal Island, en Tasmanie, comme le plus haut du monde, culminant à 957 pieds (environ 292 mètres) au-dessus du niveau de la mer. Doté d'une puissance d'un million de bougies, il projette sa lumière à plus de soixante miles. Les provisions destinées au gardien et à sa famille sont hissées le long de la falaise, tandis qu'un chariot chargé de terre descend en contrepoids. Cette description met en avant les prouesses techniques et les défis logistiques liés à l'entretien d'un tel ouvrage[21].
Précipitations en Australie
Un article souligne que l'Australie bénéficie de vastes zones recevant plus de vingt pouces (50 cm) de précipitations annuelles, soit huit fois la superficie des îles britanniques. Les régions les plus productives pour la culture du blé se situent dans les zones recevant seize pouces de pluie, et une partie importante du blé est cultivée dans des zones ne recevant que dix pouces. Le texte note également que les Italiens s'adaptent bien à l'Australie, tandis que les Britanniques, après une tentative, retournent souvent en Angleterre. Les conditions d'immigration sont mentionnées : les couples mariés doivent posséder 300 livres sterling ou un revenu annuel de 100 livres, tandis que les célibataires doivent disposer de 50 livres à leur arrivée[22].
Chasse au buffle en Australie
Un encadré rapporte que la chasse au buffle est pratiquée à grande échelle en Australie. Sur une seule exploitation, 2 500 buffles ont été abattus l'année précédente, dont 1 000 par le gérant lui-même. Ces animaux, importés d'Asie (Timor) il y a un siècle, se sont bien adaptés à l'Australie et se sont multipliés. Le texte souligne leur agressivité lorsqu'ils sont blessés, reflétant les dangers de cette activité[23].
Pas besoin de canonnières
L'île de Pitcairn, dans le Pacifique Sud, est présentée comme un exemple de communauté pacifique. Ses 200 habitants, descendants des mutins du Bounty, n'ont vu qu'un seul navire de guerre en 24 ans et ignorent presque leur appartenance à l'Empire britannique. Le texte souligne que les insulaires vivent en harmonie sans moyens de violence, affirmant que « personne ne cherche à tuer son prochain ». Cette description idéalisée sert à illustrer les bienfaits d'une société sans conflit, en contraste avec les tensions internationales de l'époque[24].
Bali, la terre heureuse
Un long article décrit Bali comme une terre préservée de la civilisation moderne, qualifiée d'« utopie » par les voyageurs. Située près de l'équateur, l'île est présentée comme un paradis terrestre, où les habitants vivent en harmonie avec la nature et entre eux. Bien que la religion locale soit critiquée, le texte souligne l'absence d'influence de « la prostituée de l'Apocalypse » (allusion à Babylone la Grande, symbole des religions corrompues dans l'eschatologie des Témoins de Jéhovah) et des missionnaires. Les Balinais sont décrits comme des gens « naturels », vivant en plein air, vêtus simplement d'un sarong (une pièce de tissu enroulée autour de la taille) et portant des charges sur la tête, ce qui leur confère une posture droite et gracieuse. Leur alimentation, principalement à base de riz, est abondante grâce à la fertilité du sol, permettant jusqu'à quatre récoltes par an. Les Balinais ignorent la pauvreté, le chômage et les conflits, et leur société est présentée comme égalitaire, sans accumulation de richesses. Le texte compare leur mode de vie aux idéaux exposés par le médecin et biologiste Alexis Carrel dans son ouvrage Man, the Unknown (1935), soulignant leur philosophie de vie, leur régime alimentaire équilibré et leur absence de cupidité. Bien que les femmes soient plus nombreuses que les hommes et assument la majorité des tâches, elles ne cherchent pas à dominer les hommes, qui s'occupent des travaux agricoles et de l'irrigation. Les enfants sont encouragés à développer leurs talents dès l'âge de quatre ou cinq ans, suivant une approche éducative proche de la méthode Montessori. Le texte conclut en affirmant que la paix et le bonheur dont jouissent les Balinais ne sont rien comparés à ceux que le Royaume de Jéhovah apportera à l'humanité, invitant les lecteurs à se ranger du côté de Dieu plutôt qu'à chercher refuge à Bali[25].
Soixante-dix ans en Australie
Mary Gilmore, dans un article publié dans le Sydney Daily Telegraph, témoigne des violences commises contre les Aborigènes d'Australie au cours des soixante-dix dernières années. Elle décrit avoir vu des centaines d'Aborigènes morts après avoir bu dans des points d'eau empoisonnés, des expéditions de Blancs organisées pour les chasser, et des enfants aborigènes morts en si grand nombre qu'ils étaient confondus avec des moutons. Elle évoque également des murs de huttes couverts de scalps d'Aborigènes, collectés comme des trophées, et rapporte avoir trouvé un sac rempli d'oreilles d'Aborigènes, coupées pour toucher des primes, comme le faisaient les chasseurs de dingos. Ces récits, bien que qualifiés de « presque incroyables », sont présentés comme véridiques par la personne transmettant l'information. Ce témoignage reflète une critique des exactions coloniales et du traitement réservé aux populations autochtones[26].
Une boisson à base de levure australienne
Un lecteur australien partage une recette de boisson à base de levure, présentée comme stimulante pour l'appétit. La préparation consiste à faire bouillir pendant une heure trois tasses de sucre dans trois gallons et demi d'eau, avec un sachet en mousseline contenant une tasse de houblon, une demi-tasse de blé et une demi-tasse de gingembre vert (ou une cuillère à café de gingembre moulu). Après refroidissement, une tasse de levure est ajoutée, puis la boisson est mise en bouteille et bouchée. Après deux jours (ou plus par temps froid), elle est prête à être consommée. Le contributeur affirme ne pas avoir détecté d'alcool dans cette boisson, bien qu'une faible teneur puisse exister. Le coût de production est estimé à moins d'un demi-penny par bouteille[27].
Colons de luxe
Le gouvernement des États-Unis a installé sept jeunes colons sur l'île de Canton et quatre sur l'île d'Enderbury, toutes deux revendiquées par la Grande-Bretagne. Chaque colon reçoit le gîte et trois dollars par jour. Ces îles sont destinées à servir de relais sur la route aérienne reliant Hawaï à la Nouvelle-Zélande. Cette initiative reflète les enjeux géopolitiques et les rivalités coloniales de l'époque[28].
Maisons en paille
Un encadré présente une innovation architecturale en Australie : des maisons construites en paille compressée sous forme de panneaux. Ces habitations, qualifiées de « chaudes en hiver et fraîches en été », sont également résistantes aux parasites. La paille utilisée peut être de n'importe quel type, et le matériau ne se déforme pas. Cette solution économique et écologique illustre les adaptations locales aux conditions climatiques[29].
Afflux d'Italiens
Le texte critique l'augmentation de l'immigration italienne en Australie, attribuée à un geste symbolique du Premier ministre australien, Joseph Lyons, qui aurait embrassé le pied du pape. Cette action est présentée comme un encouragement à l'arrivée massive de catholiques italiens, jugée excessive et difficile à assimiler par le pays. Cette remarque reflète les tensions religieuses et xénophobes de l'époque[30].
Élevage animal : un animal utile
Ce long article met en avant le rôle économique et historique des moutons dans le développement de l'Angleterre et de l'Australie[31]. La publication souligne que la richesse de l'Angleterre s'est construite sur la laine de ses moutons, comme en témoigne le "Woolsack", ce siège en laine sur lequel siège le Lord Chancelier au Parlement britannique. Le terme "staple", désignant à l'origine le commerce de la laine, illustre cette importance historique. L'article rappelle que les villes "staples" étaient des centres obligés pour l'exportation de la laine, où les taxes étaient prélevées, et que Calais fut pendant des siècles le principal port d'exportation vers l'Europe continentale.
L'élevage ovin est présenté comme une activité majeure, avec une production mondiale annuelle de 1,75 million de tonnes de laine. L'Australie, avec 114 millions de moutons, fournit un quart de la production mondiale. La publication décrit également des usages innovants de la laine et de ses sous-produits : la graisse de laine, autrefois considérée comme un déchet, est désormais transformée en lanoline, utilisée dans l'industrie cosmétique et comme agent de protection contre la rouille pour les métaux. Les intestins de mouton servent à la fabrication de boyaux pour saucisses et de "catgut" pour la chirurgie ou les instruments de musique. Les sabots sont employés dans la production de nitroglycérine, et la viande ovine, notamment le mouton congelé en provenance de Nouvelle-Zélande, est devenue accessible aux classes populaires britanniques.
Enfin, l'article établit un lien spirituel entre les moutons et les serviteurs de Jéhovah, citant Abel, Abraham, Isaac, Jacob et David comme figures bibliques associées à l'élevage ovin. Il rappelle que Jésus-Christ est désigné comme le "Bon Berger" et que ses disciples sont comparés à des brebis, annonçant le rassemblement d'un autre groupe, les "autres brebis", dans le même bercail[32]. La publication encourage les lecteurs à suivre cet exemple en prenant position pour Jéhovah et son Royaume.
Nouvelles méthodes de marquage du bétail
Cette brève rubrique annonce l'abandon des méthodes traditionnelles de marquage au fer rouge pour le bétail, au profit d'une technique utilisant de l'acide, présentée comme plus "miséricordieuse"[33].
Les cercles de buffles
Ce court article décrit une stratégie de défense collective utilisée par les buffles face aux attaques de loups. Les animaux les plus forts forment un cercle protecteur autour des plus faibles et des jeunes, galopant sans relâche pour empêcher les prédateurs de pénétrer dans le groupe. Cette tactique est présentée comme un exemple de solidarité animale[34].
Fécondation à distance
La publication relate des expériences de fécondation artificielle à longue distance menées en Russie, en Angleterre et en Pologne. Elle évoque la possibilité d'utiliser des avions et des bouteilles isothermes pour transporter du matériel génétique sur des milliers de kilomètres, révolutionnant ainsi l'élevage bovin[35].
Laissez les chiens tranquilles
Cet article met en garde contre les perturbations causées aux chiens guides d'aveugles. Il explique que lorsque des passants s'adressent au chien plutôt qu'à son maître, l'animal transmet le mouvement à la personne malvoyante, risquant de la faire trébucher. La publication insiste sur la nécessité de respecter le travail de ces chiens et d'éviter de les distraire[36].
La vie sauvage aime être sauvage
Un visiteur d'un parc national relate une expérience où un cerf a réagi agressivement à une offre de nourriture, infligeant des blessures sérieuses. L'article en conclut que les animaux sauvages préfèrent rester libres et ne pas être approchés par les humains[37].
La vache récupère l'écorce
Cette rubrique explique comment les écorces de pamplemousse, autrefois jetées, sont désormais séchées, salées et broyées pour servir d'aliment riche en nutriments pour le bétail. Ce nouveau type d'alimentation augmenterait la production laitière et améliorerait la qualité de la viande[38].
Galoches pour vaches
La publication signale la fabrication de galoches en caoutchouc pour vaches en Tchécoslovaquie. Ces chaussures, disponibles en quatre tailles, sont conçues pour protéger les sabots des animaux contre la fièvre aphteuse et d'autres maladies[39].
Le nouveau gouvernement : une convention mondiale
Cet article annonce une convention internationale des Témoins de Jéhovah prévue les 10 et 11 septembre 1938, synchronisée dans cinquante villes à travers le monde[40]. Pour la première fois dans l'histoire, des discours prononcés depuis la Royal Albert Hall de Londres seront transmis en direct par fil téléphonique (et non par radio) vers des auditoriums sélectionnés, où des haut-parleurs permettront à des milliers de personnes d'écouter simultanément les mêmes interventions. Cette organisation est présentée comme un témoignage sans précédent de l'unité et de l'efficacité du mouvement.
Le principal orateur sera Joseph Rutherford, qui s'adressera aux participants le samedi 10 septembre à 20h (heure de Londres) sur un thème destiné aux Témoins de Jéhovah et à leurs compagnons "Jonadabs", ces "autres brebis" qui espèrent survivre à la bataille d'Harmaguédon. Le dimanche 11 septembre, son discours portera sur le thème "Facez les faits", invitant les auditeurs à prendre position pour Jéhovah avant qu'il ne soit trop tard. La publication insiste sur l'urgence de cette décision, citant le choix biblique entre suivre Jéhovah ou Baal[41].
L'article souligne l'importance historique de cet événement, le décrivant comme la plus grande convention jamais organisée par le mouvement, surpassant celles de Sydney (25 000 participants en avril 1938), Seattle (10 000 en juin 1938) et Columbus (30 000 à l'automne 1937). Vingt-trois villes américaines sont listées comme sites de sous-conventions, chacune équipée d'auditoriums de grande capacité, de cafétérias, de salles de livres, de parkings, de campings pour caravanes, de piscines pour les baptêmes, et d'hébergements hôteliers. Les horaires des discours sont précisés pour chaque fuseau horaire des États-Unis, afin que tous puissent assister aux retransmissions en direct depuis Londres.
La publication encourage vivement les lecteurs à assister à ces conventions, les présentant comme une occasion unique de participer à un témoignage mondial en l'honneur de Jéhovah et de se préparer pour le travail qui les attend. Elle insiste sur le fait que chaque Témoin de Jéhovah devrait y assister, y compris les 100 000 nouveaux abonnés recrutés au cours des trois derniers mois. L'article conclut en invitant les lecteurs à informer leurs voisins et amis honnêtes et épris de vérité et de liberté, soulignant que la seule condition pour participer est le désir de faire ce qui est juste[42].
À chaque sous-convention
Cette section fournit une liste détaillée des villes américaines où se tiendront les sous-conventions, accompagnées des noms et adresses des responsables locaux des Témoins de Jéhovah à contacter pour obtenir des informations supplémentaires[43]. Les villes mentionnées incluent Birmingham (Alabama), Charlotte (Caroline du Nord), Chicago (Illinois), Cincinnati (Ohio), Cleveland (Ohio), Dallas (Texas), Denver (Colorado), Détroit (Michigan), Hartford (Connecticut), Houston (Texas), Jacksonville (Floride), Kansas City (Missouri), Little Rock (Arkansas), Los Angeles (Californie), Minneapolis et Saint Paul (Minnesota), La Nouvelle-Orléans (Louisiane), Omaha (Nebraska), Philadelphie (Pennsylvanie), Pittsburgh (Pennsylvanie), Rochester (New York), San Francisco-Oakland (Californie), Tacoma (Washington) et Washington D.C.
« L'air frais de la liberté »
Cet article commente une décision de la Cour suprême des États-Unis dans l'affaire Lovell v. Griffin, qui a invalidé une ordonnance municipale interdisant la distribution de tracts sans autorisation préalable. La publication cite le magazine Time, qui avait ironisé sur "l'odeur étrange" de liberté ressentie à Jersey City après cette décision, soulignant que la ville était soumise depuis vingt-deux ans à une loi muselant la distribution de tout matériel imprimé. L'article salue cette victoire juridique comme une avancée pour la liberté d'expression, mentionnant que divers groupes (syndicats, organisations de défense des libertés civiles, ligues de consommateurs) ont saisi cette opportunité pour diffuser massivement des tracts[44].
La Cour suprême contredite par Newcorn
La publication relate les réactions de responsables municipaux et judiciaires face à l'arrêt de la Cour suprême des États-Unis dans l'affaire Lovell v. City of Griffin, qui invalide les ordonnances locales exigeant des permis pour la distribution de tracts[45]. À Plainfield (New Jersey), le procureur Newcorn affirme que la décision ne s'applique pas à son État, déclarant : « Ce qui peut être illégal dans un État peut être légal dans un autre ». À La Grange (Géorgie), l'avocat municipal J.T. Thomason adopte une position similaire, refusant de reconnaître l'autorité de la Cour suprême sur les lois locales[46].
La publication souligne que ces réactions illustrent une résistance des autorités locales à appliquer les principes constitutionnels, notamment la liberté de la presse. Elle note que les Témoins de Jéhovah, ayant subi des persécutions sous ces ordonnances, peuvent désormais exercer leur activité sans entraves à Jersey City, où le conseiller municipal a finalement conseillé au maire Frank Hague de se conformer à la décision judiciaire[47]. L'article conclut en saluant cette victoire comme un progrès pour la liberté d'expression, tout en ironisant sur la réticence des responsables à admettre leurs erreurs passées.
Hoboken reconnaît sa défaite
La ville de Hoboken (New Jersey), décrite comme corrompue et soumise à l'arbitraire politique, a levé son interdiction de distribution de tracts après la décision de la Cour suprême[48]. Le chef de la police, McFeely, a ordonné à ses agents de cesser les arrestations, bien que la publication note avec sarcasme que la ville reste réticente à embrasser pleinement les valeurs démocratiques. Une parenthèse mentionne un possible retour en arrière (« Relapse in Hoboken, since »), suggérant une instabilité dans l'application des droits constitutionnels[49].
Edgewater résiste
La municipalité d'Edgewater (New Jersey) a adopté en 1937 une ordonnance restrictive visant explicitement les Témoins de Jéhovah, selon la presse locale[50]. Cette mesure, jugée inconstitutionnelle par la Cour suprême du New Jersey, a été invalidée par la décision fédérale de 1938. Malgré cela, les autorités locales continuent d'arrêter des distributeurs de tracts, comme Nancy Cox, qui diffusait des exemplaires de la Constitution américaine devant l'hôtel de ville. La publication critique cette obstination, qualifiant les responsables d'« entêtés et rebelles », tout en prédisant qu'ils finiront par accepter la primauté de la Constitution[51].

Où se trouve le jardin d'Éden ?
L'article propose une interprétation géologique et biblique de la localisation du jardin d'Éden, en s'appuyant sur le récit de la Genèse 2:10-14[52]. Selon la publication, le fleuve Euphrate mentionné dans le texte biblique correspondrait à une ancienne extension du fleuve actuel, dont le cours se prolongeait autrefois jusqu'au golfe d'Oman, avant que la région du golfe Persique ne soit inondée.
L'auteur, identifié comme C.E.V. Craufurd (officier de la marine britannique), affirme que le fleuve Gihon, décrit comme encerclant l'Éthiopie biblique (actuels territoires d'Hasa et de Muscat), serait en réalité un cours d'eau souterrain alimentant les bancs de perles de Bahreïn[53]. Ces perles, réputées pour leur qualité, seraient nourries par des infiltrations d'eau douce provenant de ce fleuve perdu. La publication suggère que le déluge biblique, causé par un tremblement de terre et un raz-de-marée, aurait submergé cette région, ne laissant émerger que Noé et sa famille.
Quezon fait preuve de courage
Le président des Philippines, Manuel Quezon, est présenté comme un exemple de probité politique pour avoir critiqué un juge refusant d'accorder une compensation de 500 dollars à une veuve dont le mari est décédé en service commandé[54]. Bien que taxé de « Mussolini » pour ses remarques, Quezon a répondu qu'il ne souhaitait pas devenir un dictateur, mais refusait de se taire face à une injustice flagrante. La publication salue cette prise de position, la qualifiant de modèle pour d'autres dirigeants, sans pour autant développer davantage les implications politiques de cet épisode.
La « Tour de la Religion »
L'article dénonce un projet de « Temple de la Religion » prévu pour l'Exposition universelle de New York en 1939, interprété comme une tentative de promouvoir une religion unifiée sous l'égide de la hiérarchie catholique[55]. La publication cite des déclarations de M. Whalen, un catholique actif dans l'« Action catholique », qui présente ce projet comme un moyen de « projeter l'héritage religieux de l'Amérique dans son avenir ». L'article établit un parallèle avec la tour de Babel (Genèse 11:4), symbole de rébellion contre Dieu, et qualifie cette initiative de « abomination » destinée à échouer, comme son ancêtre biblique.
La publication met en garde contre les dangers d'une telle entreprise, qu'elle associe à une stratégie satanique visant à imposer un gouvernement totalitaire et à violer les lois divines[56]. Elle souligne l'absence de référence explicite à Dieu ou au Christ dans les discours des promoteurs du projet, insistant sur le caractère purement religieux et politique de cette « tour ».
Les blessés en Chine
Un reportage décrit les conditions dramatiques des blessés de guerre en Chine, victimes des bombardements japonais[57]. Dans un hôpital, 500 patients, dont de nombreuses femmes et enfants, sont soignés par seulement trois médecins. Les blessures par balles ou éclats d'obus sont fréquentes, et les moyens médicaux (pansements, nourriture) sont insuffisants. Un autre établissement accueille 381 patients atteints de pneumonie, choléra et typhoïde, avec seulement cinq médecins et dix-huit infirmières. La publication attribue ces souffrances à l'action du Diable, sans approfondir les causes géopolitiques du conflit.
La Chine perd foi en l'humanité
Le Dr C.T. Wang, ambassadeur de Chine aux États-Unis, est cité pour déplorer la perte de foi des jeunes Chinois dans les principes de justice et de droiture, face à l'inaction des démocraties occidentales[58]. La publication reprend ses propos pour illustrer l'effondrement des valeurs morales dans un contexte de montée des dictatures et de passivité internationale, sans analyser les enjeux stratégiques ou économiques du conflit sino-japonais.
Les idoles disparaissent
L'article relate une campagne des autorités de Canton (Chine) contre les idoles, qui sont systématiquement collectées et brûlées[59]. La publication y voit un signe de déclin des croyances traditionnelles, qu'elle associe aux efforts des Témoins de Jéhovah pour dénoncer des doctrines comme le purgatoire ou la Trinité. Elle conclut avec ironie que « l'Enfer bâille pour son principal protagoniste », suggérant une victoire symbolique contre les fausses religions.
Épidémie de typhus en Chine
La publication alerte sur le risque d'une épidémie de typhus en Chine, due à l'absence de stations de désinfection pour les soldats infestés de poux[60]. Elle prédit que cette épidémie pourrait décimer les populations chinoise et japonaise, sans préciser les sources médicales ou les mesures préventives envisagées.
Acte courageux des Chinois
Un épisode militaire est relaté : les Chinois, découvrant une attaque japonaise via un pont de bateaux, font sauter les digues du fleuve Jaune, noyant 900 soldats ennemis et leurs 20 chars[61]. La publication présente cet acte comme une riposte héroïque, sans contextualiser les conséquences humanitaires ou stratégiques de cette décision.
Une erreur coûteuse
L'attaque du navire américain Panay par le Japon en 1937 est évoquée pour souligner le coût financier de l'incident[62]. Les États-Unis ont envoyé une facture de 2 214 007,36 dollars à Tokyo, couvrant les pertes matérielles et les indemnités pour les morts et blessés. La publication note que cette somme n'inclut pas de dommages punitifs, sans commenter les implications diplomatiques de l'événement.
Les financiers royaux
Un article détaille les fortunes personnelles de plusieurs monarques européens, souvent méconnues du public[63]. L'ex-roi Alphonse XIII d'Espagne est cité pour ses investissements dans le pétrole, qui auraient contribué à la chute de Primo de Rivera et à sa propre destitution. La reine Wilhelmine des Pays-Bas est présentée comme une actionnaire majeure d'une compagnie pétrolière et caoutchoutière opérant en Orient.
Le roi Alexandre Ier de Yougoslavie, parti de presque rien, est décrit comme ayant amassé 20 millions de dollars grâce à des investissements dans le vin, le ciment et les terres forestières, bénéficiant de la complicité des commerçants locaux[64]. La publication ironise sur son assassinat à Marseille en 1934, malgré sa flotte de 25 Packard blindées laissées à Belgrade.
Le roi Carol II de Roumanie est dépeint comme un épargnant avisé, mettant de côté 100 000 dollars par an sur sa liste civile de 375 000 dollars, tandis que le roi Boris III de Bulgarie et le roi Zog d'Albanie sont présentés comme des monarques « pauvres », avec des revenus annuels respectifs de 120 000 et 20 000 dollars. L'ancien roi Édouard VIII (duc de Windsor) est décrit comme le plus riche, avec une fortune personnelle et des revenus annuels dépassant 2,5 millions de dollars.
La Bourse elle-même
La publication consacre un article à Richard Whitney, ancien président de la Bourse de New York, présenté comme une figure emblématique de la corruption financière. Whitney, décrit comme « bien connecté » en raison des liens de son frère avec la firme J.P. Morgan & Company, est dépeint comme un symbole de l'élitisme et de l'opacité du système boursier. L'article souligne son rôle dans la régulation des pratiques boursières et son discours sur l'honnêteté, contrastant avec sa condamnation ultérieure pour détournement de fonds. Whitney aurait utilisé 624 000 dollars appartenant à des clients, dont sa propre épouse, pour spéculer, allant jusqu'à engager les titres de la Bourse elle-même. Cette affaire est présentée comme une illustration des dérives d'un système où les « chevaliers » autoproclamés de la finance trahissent la confiance publique[65].
Préparatifs pour le fascisme
Un article dénonce les préparatifs du monde des affaires américain en faveur d'un régime fasciste. Lors d'un banquet organisé à l'hôtel Waldorf Astoria de New York, Virgil Jordan, président du National Industrial Conference Board, aurait déclaré que les États-Unis se dirigeaient vers une forme de collectivisme, soit fasciste, soit communiste, en utilisant les mécanismes étatiques existants. La publication interprète ces propos comme une preuve de la collusion entre les industriels et les partisans d'un État autoritaire, soulignant que le fascisme est présenté comme une alternative crédible à la démocratie[66].
Travailleurs des laminoirs au chômage
Cet article annonce la disparition progressive des emplois dans les laminoirs à plaques, remplacés par des machines automatisées. Les nouveaux laminoirs continus, capables de produire des bandes d'acier de 100 pouces de large et 250 pieds de long, réduisent drastiquement le besoin de main-d'œuvre. La publication y voit un signe avant-coureur d'un avenir où les travailleurs seraient massivement mis au chômage, une situation présentée comme inéluctable avec le progrès technologique[67].
Où se concentre la richesse
La publication dresse une liste des familles les plus riches des États-Unis, parmi lesquelles figurent les Rockefeller, Morgan, Ford, Vanderbilt, Du Pont et Astor. Cette concentration de la richesse est présentée comme une preuve de l'inégalité économique et de la domination d'une élite financière sur la société. L'article souligne que ces fortunes sont souvent associées à des pratiques monopolistiques ou à des secteurs clés de l'économie, comme la finance ou l'industrie[68].
Amis des meurtriers internationaux
Un court article dénonce le profit tiré par la famille Du Pont de la vente de poudre à canon au Japon, utilisée lors de l'invasion de la Chine. La publication estime que les Du Pont ont bénéficié de 900 000 dollars grâce à cette transaction, illustrant ainsi les liens entre les industriels américains et les régimes militaristes étrangers. Ce commerce est présenté comme une complicité avec des « meurtriers internationaux »[69].
Vérifiez que votre montre est neuve
La publication met en garde contre la revente de montres anciennes comme neuves par certains bijoutiers. Elle affirme que plus d'un million de montres anciennes sont écoulées chaque année aux États-Unis sous de fausses apparences. L'article conseille aux acheteurs de s'assurer de l'authenticité de leur acquisition, soulignant que certaines de ces montres datent de plus de cinquante ans[70].
Sous le drapeau fasciste
Cette rubrique introduit une série d'articles consacrés à la critique du système catholique romain, présenté comme une forme de fascisme religieux. La publication utilise le témoignage de Sister Mary Ethel, une ancienne religieuse, pour illustrer les abus et l'exploitation au sein des couvents et monastères. Son livre, Forgotten Women (« Femmes oubliées »), est cité comme une dénonciation des conditions de vie des religieuses, décrites comme des « esclaves volontaires » de la hiérarchie catholique[71].
La plus grande escroquerie sur Terre
L'article présente le système catholique romain comme « la plus grande escroquerie sur Terre », accusé de contrôler les bénédictions terrestres et spirituelles tout en exploitant ses fidèles. La publication dénonce plusieurs pratiques, notamment l'utilisation de main-d'œuvre non rémunérée, l'interception du courrier des religieuses, la censure de leurs communications, et l'interdiction des contacts familiaux. Le système est comparé à un « racket » qui prive ses membres de leur liberté et de leurs biens, tout en échappant à l'impôt. Cette critique s'appuie sur des extraits du livre de Sister Mary Ethel, qui décrit les couvents comme des lieux de servitude[72].
Le plus grand déshonneur à Dieu
La publication accuse l'Église catholique de déshonorer Dieu en plaçant ses prêtres au-dessus du Créateur. Elle cite le théologien catholique Liguori, qui affirme que les ordres d'un supérieur religieux doivent être obéis comme s'ils émanaient de Dieu lui-même. Sister Mary Ethel est présentée comme une victime de ce système, ayant finalement quitté les ordres après avoir pris conscience de son caractère oppressif. L'article souligne que les religieuses sont contraintes de renoncer à leur identité, à leur famille et à leurs biens, tout en étant soumises à une discipline stricte et à une surveillance constante[73].
L'argent, le grand objectif
La publication dénonce l'exploitation financière des religieuses par l'Église catholique. Elle explique que les novices doivent apporter une somme d'argent déterminée par l'institution avant de prononcer leurs vœux, et que cet argent est ensuite placé dans les coffres de l'Église. Les biens personnels des religieuses, y compris les héritages, sont confisqués au profit de la hiérarchie. L'article cite des extraits du livre de Sister Mary Ethel pour illustrer cette spoliation, notamment le cas des novices contraintes de demander de l'argent à leurs familles pour financer leur « mariage avec le Seigneur »[74].
Autres paragraphes intéressants
Plusieurs extraits du livre de Sister Mary Ethel sont reproduits pour illustrer les méthodes de recrutement et les conditions de vie dans les couvents. La publication souligne que les jeunes filles sont souvent manipulées dès l'enfance par les prêtres, qui les poussent à entrer en religion sous prétexte d'un « appel divin ». Les parents sont présentés comme des obstacles à contourner, et les novices sont décrites comme des victimes d'un système qui les prive de leur libre arbitre. L'article mentionne également des cas extrêmes, comme celui d'une religieuse née dans un couvent, ou celui de jeunes enfants vêtus en moines et nonnes avant même de comprendre leur sexualité[75].
La liberté de partir
La publication remet en cause l'affirmation de l'Église catholique selon laquelle les religieuses peuvent quitter les couvents librement. Elle cite Sister Mary Ethel, qui décrit les obstacles administratifs et psychologiques imposés aux religieuses souhaitant partir. Avant de pouvoir quitter les ordres, une religieuse doit obtenir un « indult de sécularisation » du pape, un processus long et humiliant. Une fois libérée, elle est souvent renvoyée sans ses affaires, sans pouvoir dire au revoir à ses compagnes, et traitée comme une « déserteuse ». L'article souligne que les vêtements et biens personnels des religieuses restent la propriété de l'Église, même après leur départ[76].
Le seul remède
Sister Mary Ethel propose plusieurs réformes pour améliorer les conditions de vie des religieuses, bien que la publication insiste sur le fait que seule la destruction complète du système catholique pourrait mettre fin à ces abus. Parmi ses suggestions figurent l'interdiction d'accepter des novices avant l'âge de 18 ans, l'obligation de déclarer les effectifs des couvents et monastères, l'interdiction du port d'habits religieux en public, et la supervision des institutions par des autorités sanitaires indépendantes. Elle demande également que les religieuses soient autorisées à voter et à disposer de leurs biens. La publication conclut en présentant le livre de Sister Mary Ethel comme un témoignage essentiel pour quiconque risquerait d'être « pris au piège » par le système conventuel[77].
Allemagne : Arrestations massives à Hambourg
La rubrique consacrée à l'Allemagne rapporte une série de procès intentés contre 39 membres des Étudiants de la Bible (désignés comme « Témoins de Jéhovah » dans le texte) devant le tribunal spécial de Hambourg, accusés de haute trahison pour avoir maintenu l'organisation interdite depuis 1933[78]. Les inculpés sont accusés d'avoir produit, distribué et acheté des publications interdites, notamment le magazine Der Wacht-Turm, malgré les persécutions continues depuis 1933, incluant emprisonnements et internements en camps de concentration. La publication souligne que les accusés sont présentés comme des « ennemis dangereux de l'État » en raison de leur refus de servir dans l'armée, de travailler dans l'industrie de l'armement, ou de soutenir les autorités étatiques, qualifiées de « représentants de Satan »[79].
Les peines prononcées sont lourdes : Max Grote est condamné à 4 ans de prison, Fritz H. à 3 ans et demi, F. Hell et W. Hej à 3 ans chacun, tandis que d'autres écopent de peines variant de 2 ans à 3 mois. La publication commente avec ironie le contraste entre le soutien massif de la population allemande au régime hitlérien (99,08 % de votes favorables) et la répression disproportionnée contre une minorité religieuse perçue comme insignifiante[80]. Une traduction d'un article du journal suédois Social-Demokraten est citée pour illustrer la persécution en cours.

Les Témoins de Jéhovah, victimes des pires persécutions
Un article du Manchester Guardian est cité pour dénoncer le sort réservé aux Témoins de Jéhovah en Allemagne nazie, décrits comme les « prisonniers politiques » les plus nombreux[81]. La publication souligne que les détenus, hommes et femmes, sont systématiquement envoyés en camps de concentration après leur libération, sans possibilité de retrouver leur liberté. Elle note que les prisonniers préfèrent purger de longues peines de prison plutôt que de subir les conditions des camps, et interprète ces persécutions comme la réalisation des prophéties bibliques sur les « armées de Gog » en marche[82].
Disparition des libertés à Dantzig
Le 18 mars 1938, trente Témoins de Jéhovah actifs sont arrêtés par la police nazie dans la ville libre de Dantzig, marquant une nouvelle étape dans la répression des libertés religieuses dans la région[83].
Espagne : Les cris des bébés assassinés
La rubrique sur l'Espagne dénonce les exactions commises par les forces franquistes, en particulier les bombardements sur Barcelone qui ont entraîné la mort de civils, dont des nourrissons[84]. La publication cite le journaliste Heywood Broun, qui interpelle directement Francisco Franco sur son incapacité à « faire taire les cris des bébés assassinés », et souligne l'ironie du titre de « Défenseur de la Foi » attribué à Franco, alors que ses actions sont en contradiction totale avec les enseignements chrétiens[85]. Elle critique également l'Église catholique pour son soutien à Franco, rappelant que les bombardements ont notamment détruit des hôpitaux, y compris des sections pédiatriques et psychiatriques.

Un encadré ironique cite le cardinal Hayes, qui prie pour la victoire de Franco, et établit un parallèle entre ce dernier et le pape, présentés comme des figures partageant une même « paternité »[86].
Les avions allemands depuis Majorque
La publication accuse les avions allemands stationnés à Majorque de mener des raids meurtriers contre les populations civiles espagnoles, notamment en bombardant la ville de Castellón et en détruisant un hôpital provincial, incluant des sections dédiées aux enfants et aux malades mentaux[87]. Elle interprète ces actes comme une tentative de « déshonorer le nom de Jéhovah Dieu », en soulignant que ces exactions sont commises au nom de la religion et avec la bénédiction du pape.
Ce que représente Franco
Un extrait du journal franquiste Correo de España est cité pour illustrer l'idéologie du régime, qui attribue les troubles en Espagne à l'alphabétisation de la population, présentée comme une source de « poisons » pour le pays[88]. La publication dénonce cette vision, qu'elle associe à la hiérarchie catholique, et critique l'idée de maintenir la population dans l'ignorance pour mieux la contrôler.
La « patriotisme » de Mitchell Palmer
L'article revient sur les actions de Mitchell Palmer, procureur général sous la présidence de Woodrow Wilson, connu pour ses campagnes anti-communistes dans les années 1920[89]. La publication critique son « patriotisme » et le compare à celui de William Randolph Hearst, le présentant comme un exemple d'hypocrisie et de bigoterie. Elle souligne que ses méthodes, qui ont conduit à l'arrestation et à la déportation de nombreux Américains accusés d'être « rouges », ont été remises en cause par le juge Jos. C. Hutcheson, Jr., qui les qualifie de « Pecksniffian righteousness » (droiture hypocrite). L'Association Juridique Internationale est citée pour demander l'abrogation des lois inspirées par Palmer.
L'Amérique défend la liberté d'expression
La publication cite une décision unanime de la Cour suprême des États-Unis, rendue par le juge en chef Hughes, qui réaffirme l'importance de la liberté d'expression, de la presse et de réunion pour préserver la démocratie[90]. La décision souligne que ces libertés sont essentielles pour permettre un débat politique libre et éviter que le gouvernement ne devienne irresponsable face à la volonté du peuple.
Les contrats de « closed shop » illégaux
Un arrêt de la Cour suprême des États-Unis de 1892 est cité pour rappeler que les contrats de « closed shop » (obligation d'adhérer à un syndicat pour obtenir un emploi) sont illégaux et inapplicables[91]. La décision affirme que chaque propriétaire a le droit de gérer son entreprise comme il l'entend, et que chaque travailleur a la liberté de choisir pour qui travailler, sans que l'un ou l'autre ne puisse imposer ses conditions.
Le racket des mises sous séquestre
Le sénateur Harry S. Truman dénonce les pratiques frauduleuses de certains juges et avocats dans le cadre de mises sous séquestre, en prenant l'exemple de la Chicago, Milwaukee and St. Paul Railway Company[92]. Il accuse notamment le juge Wilkerson d'avoir favorisé son ancien associé en lui versant 75 000 dollars et en lui permettant de participer à des détournements de fonds s'élevant à 400 000 dollars, tout en bénéficiant lui-même d'avantages, comme un wagon privé pour ses déplacements.
Apprendre à « lever les mains »
Un article ironique suggère que les Américains devraient apprendre à « lever les mains » (comme dans un braquage) en signe de soumission aux autorités gouvernementales[93]. La publication cite une proposition humoristique d'Ed Lambert, qui propose une loi obligeant les citoyens à saluer les officiels en levant les deux mains au-dessus de la tête, un geste présenté comme une « reddition complète de tous les droits ».
La patrie avant Dieu
Un juge fédéral de Tacoma, dans l'État de Washington, refuse d'accorder la citoyenneté américaine à un homme qui place Dieu au-dessus de la patrie[94]. L'homme, interrogé sur sa volonté de porter les armes en cas de guerre, répond « Si Dieu le veut », ce qui est jugé incompatible avec les valeurs américaines. La publication souligne l'ironie de cette décision, alors que la devise « In God we trust » figure sur les pièces de monnaie américaines.
Analyse
Croyances
Le numéro du 24 août 1938 mobilise à deux reprises distinctes le concept de Babylone la Grande comme qualificatif générique des religions jugées fausses ou corrompues, sans pour autant en proposer une définition doctrinale explicite. Dans l'article sur Bali, l'expression « prostituée de l'Apocalypse » est appliquée aux religions présentes dans les pays chrétiens, dont l'absence à Bali est présentée comme une vertu de l'île. Dans l'article consacré au projet de « Temple de la Religion » de l'Exposition universelle de New York, le parallèle avec la tour de Babel (Genèse 11:4) sert à disqualifier l'œcuménisme catholique comme une entreprise satanique.[95] Ces deux usages reflètent une position encore en transition dans l'enseignement de la Watch Tower : à cette date, le terme « Babylone » était encore appliqué prioritairement à l'Église catholique romaine — comme en témoigne le livre Enemies de Rutherford, qui réservait ce nom à « l'organisation catholique »[96] — avant que la définition ne soit ultérieurement élargie à l'ensemble de « l'empire mondial de la fausse religion ».[97]
La doctrine du Royaume de Jéhovah comme unique solution aux maux du monde structure l'ensemble du numéro selon une logique eschatologique cohérente. L'article sur Bali s'achève sur l'affirmation que la paix balinaise ne saurait rivaliser avec celle que le Royaume apportera à l'humanité entière, tandis que l'annonce de la convention mondiale des 10 et 11 septembre 1938 présente le discours de Joseph Rutherford comme un appel urgent à « prendre position pour Jéhovah » avant la bataille d'Harmaguédon.[98] Le choix entre Jéhovah et Baal (1 Rois 18:21) est invoqué pour dramatiser l'urgence de cette décision, procédé rhétorique récurrent dans les publications de l'époque. Les reportages sur la guerre sino-japonaise, les bombardements en Espagne et les persécutions en Allemagne sont systématiquement lus à travers ce prisme : les souffrances du monde sont présentées comme la preuve que le Royaume est la seule issue, sans que les causes géopolitiques des conflits ne soient analysées.[99]
La doctrine dite des « autres brebis », fondée sur Jean 10:16, est présente dans ce numéro à la fois dans l'article sur les moutons — où l'expression est citée directement à propos du « rassemblement d'un autre groupe dans le même bercail » — et dans l'annonce de la convention, où les « Jonadabs » sont explicitement désignés comme les destinataires du premier discours de Rutherford.[100] Cette dénomination renvoie à une identification doctrinale établie lors de la convention de Washington D.C. en 1935, où Rutherford avait présenté la preuve scripturaire que les « autres brebis » modernes correspondent à la grande foule de Apocalypse 7:9.[101] En 1938, la distinction entre les 144 000 « oints » à vocation céleste et la classe des Jonadabs destinés à survivre à Harmaguédon sur la terre est donc déjà pleinement opérationnelle : les chiffres de participation à la commémoration de 1938 (36 732 preneurs d'emblèmes sur 59 047 Témoins actifs dans le monde) illustrent que la classe des Jonadabs constituait déjà à cette date la majorité numérique du mouvement.[102]
L'interprétation prophétique des persécutions nazies représente le quatrième axe doctrinal de ce numéro. La rubrique sur l'Allemagne lit les arrestations de Hambourg et de Dantzig non comme des faits criminels relevant du droit international, mais comme l'accomplissement des prophéties bibliques sur les « armées de Gog ».[103] Cette lecture, qui s'inscrit dans la doctrine eschatologique tirée du livre d'Ézéchiel (Ézéchiel 38:2), transforme la persécution en validation doctrinale : plus la répression est sévère, plus elle est interprétée comme la preuve que l'organisation se trouve du bon côté de la frontière entre le vrai culte et le monde de Satan. Ce schème interprétatif — la persécution comme signe de la faveur divine — est une constante de la pensée rutherfordienne que ce numéro illustre avec une précision particulière, puisqu'il documente des peines allant jusqu'à quatre ans de prison prononcées contre des membres ordinaires pour simple possession du Wacht-Turm.[104]
Organisation et histoire
Le numéro du 24 août 1938 de Consolation annonce, sur deux pages, une convention internationale synchronisée prévue les 10 et 11 septembre 1938, décrite par la publication comme l'événement organisationnel le plus important jamais organisé par le mouvement jusqu'alors[105]. Pour la première fois dans l'histoire du mouvement, des discours prononcés à la Royal Albert Hall de Londres par Joseph Rutherford devaient être retransmis en direct, non par radio mais par liaison téléphonique, vers une cinquantaine de villes à travers le monde anglophone[106]. Les sources historiques confirment que le 11 septembre 1938, le discours « Face the Facts » fut effectivement transmis depuis la Royal Albert Hall vers quelque cinquante villes de convention réparties sur l'ensemble du globe[107]. Cette logistique inédite, reposant sur des fils téléphoniques et des haut-parleurs installés dans des auditoriums de grande capacité, illustre la centralisation croissante de la direction du mouvement autour de la figure de Rutherford, qui s'adressait à l'ensemble des membres dispersés dans le monde depuis un unique lieu.
La désignation des membres du mouvement dans ce numéro reflète la situation terminologique propre aux années 1930. L'article consacré aux procès de Hambourg désigne les inculpés tantôt comme « Étudiants de la Bible », expression historique héritée de l'ère de Charles Taze Russell, tantôt comme « Témoins de Jéhovah », nom adopté officiellement lors de la convention de Columbus en 1931[108]. Cette coexistence des deux appellations dans un même numéro, sept ans après l'adoption officielle du nouveau nom, témoigne de la lenteur avec laquelle la terminologie nouvelle s'est imposée, notamment dans les comptes rendus de procédures judiciaires qui reprenaient les désignations utilisées par les autorités.
La persécution institutionnelle des membres du mouvement en Allemagne nazie, documentée dans ce numéro avec des noms, des peines précises et des références à la presse suédoise, s'inscrit dans un contexte de répression continue depuis l'interdiction de l'organisation en 1933. Le numéro documente que des membres continuaient d'être jugés pour haute trahison devant des tribunaux spéciaux, non pour des actes de violence, mais pour la détention ou la diffusion de publications religieuses interdites, notamment Der Wacht-Turm[109]. Cette situation était connue du public international grâce aux correspondants de presse étrangers, comme en témoigne la citation du Manchester Guardian reproduite dans ce numéro[110].
La victoire juridique représentée par l'arrêt Lovell v. City of Griffin, rendu à l'unanimité par la Cour suprême des États-Unis en 1938, occupe plusieurs articles de ce numéro. Alma Lovell, membre des Témoins de Jéhovah, avait été condamnée par le Recorder's Court de Griffin, en Géorgie, pour avoir distribué des pamphlets sans l'autorisation écrite du directeur municipal ; elle n'avait pas sollicité ce permis, estimant que son activité de prédication relevait d'un commandement divin[111]. La Cour suprême invalida cette ordonnance au nom du Premier Amendement, ouvrant la voie à une série de décisions ultérieures favorables aux activités de colportage des Témoins[112]. Ce numéro documente précisément la résistance de plusieurs municipalités du New Jersey — Plainfield, Hoboken, Edgewater — à appliquer cette décision, fournissant ainsi un tableau détaillé des tensions entre l'autorité constitutionnelle fédérale et les pouvoirs locaux à cette date précise[113].
Science et médecine
Ce numéro mobilise à plusieurs reprises le registre scientifique ou médical pour appuyer une argumentation d'ordre moral ou doctrinal, à des degrés d'exactitude très variables au regard de l'état des connaissances de l'époque.
L'article principal, signé par John Harvey Kellogg, convoque une figure médicale réelle pour condamner le tabac. Kellogg, médecin adventiste du septième jour, était en 1938 une autorité antitabac reconnue depuis plusieurs décennies : il avait publié dès 1922 un ouvrage intitulé Tobaccoism, or How Tobacco Kills, s'appuyant sur les travaux de Claude Bernard sur la contraction des vaisseaux sanguins par la nicotine, ainsi que sur des études de Bruce, Miller, Hooker et Hirschfelder.[114] Dans les années 1930, le consensus scientifique s'orientait effectivement vers la reconnaissance des effets nocifs du tabac sur la longévité et les capacités physiques.[115] Sur ce point, la publication ne déforme pas les données disponibles à l'époque. Cependant, sa démarche présente un biais caractéristique : en choisissant Kellogg comme auteur, la revue mobilise une autorité médicale dont les convictions antitabac s'inscrivent dans un hygiénisme religieux adventiste très proche des positions des Témoins de Jéhovah sur les substances addictives,[116] brouillant ainsi la frontière entre constat médical et prescription morale. L'argument du « facteur de sécurité » — la marge de réserve physiologique que le tabac éroderait — est présenté comme un fait scientifique neutre, alors qu'il sert directement à légitimer l'abstinence tabagique au nom d'un « mode de vie naturel » explicitement valorisé par la revue sur une base théologique.[117]
L'article de la rubrique « Maison et Santé » consacré à la thermorégulation repose sur un raisonnement physiologique bien plus contestable. Le texte établit un lien causal direct entre le port de vêtements trop légers aux pieds en hiver et une liste extrêmement étendue d'affections : catarrhe, inflammations oculaires, douleurs auriculaires, maux de tête, insomnies, asthme, troubles gastriques, arthrite, rhumatismes, névralgies, goutte, calculs biliaires, varices, maladies cutanées et même troubles mentaux, le mécanisme invoqué étant le refroidissement des reins entraînant une accumulation de toxines dans le sang.[118] Ce modèle pathologique, fondé sur la notion de « refroidissement rénal » comme source d'une quasi-totalité des maladies chroniques, relevait en 1938 d'un hygiénisme populaire sans base établie dans la médecine académique de l'époque, qui ne reconnaissait pas un tel mécanisme causal. La liste des affections attribuées à cette seule cause est si étendue qu'elle constitue, d'un point de vue clinique, un amalgame non étayé. La publication la présente néanmoins comme un enseignement médical fondé, sans citer de source, et conclut par des recommandations thérapeutiques — bains chauds, cataplasmes, onguents chauffants — présentées comme des remèdes suffisants pour « rétablir le fonctionnement normal » des reins et éliminer les toxines.[119] Ce type de discours hygiéniste moralisateur, associant tenue vestimentaire inadaptée et accumulation de « poisons » organiques, appartient à une tradition médico-populaire que la revue mobilise régulièrement pour légitimer un modèle de conduite corporelle conforme à ses prescriptions éthiques, sans que cela corresponde au savoir médical contemporain.
Enfin, la description du mode de vie balinais dans l'article « Bali, la terre heureuse » procède d'une instrumentalisation pseudo-scientifique de données anthropologiques. La publication présente le régime alimentaire, la posture corporelle et les habitudes de vie des Balinais comme des preuves empiriques des bienfaits d'un mode de vie « naturel », en s'appuyant notamment sur une comparaison avec les thèses du médecin et biologiste Alexis Carrel exposées dans Man, the Unknown (1935).[120] Dans les années 1930, Bali faisait effectivement l'objet d'une fascination occidentale entretenue par des artistes et anthropologues comme Walter Spies et Miguel Covarrubias, puis par Margaret Mead, qui contribuèrent à construire une image de l'île comme « paradis naturel » préservé de la modernité.[121] La publication s'inscrit dans ce courant orientaliste, mais en détourne la visée : les qualités physiques prêtées aux Balinais — posture droite, santé robuste, longévité, équilibre mental — y sont présentées comme la démonstration naturelle que le « mode de vie simple » prescrit par les valeurs du mouvement est médicalement supérieur à la civilisation occidentale. Cette instrumentalisation du discours anthropologique au service de la rhétorique eschatologique de la revue — la paix balinaise n'étant qu'une pâle préfiguration de ce que le Royaume de Jéhovah apportera — constitue un glissement idéologique significatif, en ce qu'il prétend ancrer une promesse théologique dans une observation scientifique que la publication n'est pas en mesure de documenter rigoureusement.[122]
Économie et société
La revue du 24 août 1938 présente plusieurs affirmations à fort enjeu idéologique sur la situation économique et sociale américaine, qu'il convient d'examiner à la lumière des données disponibles à l'époque.
Sur la question de la concentration des richesses, la publication dresse une liste des grandes familles américaines — Rockefeller, Morgan, Ford, Vanderbilt, Du Pont, Astor — en présentant leur fortune comme un symptôme évident de la décadence du « système de ce monde »[123]. Cette rhétorique de l'indignation sélective s'inscrit pleinement dans la stratégie eschatologique de la revue, qui cherche à démontrer l'imminence de l'effondrement du capitalisme sous le jugement divin. Or si la concentration des richesses aux États-Unis était un phénomène réel et documenté dans les années 1930, notamment à la suite de la Grande Dépression, la revue omet soigneusement tout élément de nuance : elle ne mentionne ni le New Deal rooseveltien, ni les réformes fiscales progressives déjà en vigueur, ni les enquêtes congressionnelles qui avaient, dès le milieu des années 1930, commencé à rogner les monopoles. Présenter la richesse de ces familles comme un fait scandaleux absolu, sans contexte historique ni évolution en cours, constitue une déformation par omission qui sert directement la thèse d'un monde condamné sans remède.
L'article sur l'automatisation des laminoirs à plaques prédit l'extinction inéluctable des emplois industriels sous l'effet des nouvelles machines[124]. La publication affirme que les nouveaux laminoirs continus rendent la main-d'œuvre massivement obsolète, une affirmation qui, présentée comme certitude historique, servait à alimenter la rhétorique de l'effondrement prochain du « système de ce monde ». Si la mécanisation de la sidérurgie américaine était un phénomène réel dans les années 1930, les économistes de l'époque débattaient de ses effets nets sur l'emploi : la mécanisation avait certes supprimé certains postes, mais le secteur de l'acier connaissait également une expansion de la demande liée au programme de travaux publics et à la remontée de la production industrielle après 1933. Présenter la disparition des emplois comme un destin inéluctable et généralisé, sans mentionner ces facteurs compensateurs, relève d'une dramatisation orientée par l'agenda eschatologique de la revue.
La revue accuse nommément la famille Du Pont d'avoir tiré 900 000 dollars de la vente de poudre à canon au Japon, utilisée lors de l'invasion de la Chine, qualifiant ces industriels de « meurtriers internationaux »[125]. Ce chiffre précis de 900 000 dollars n'apparaît dans aucune source journalistique ou académique disponible de l'époque — ni dans les travaux de la Commission Nye (1934-1936), qui avait pourtant enquêté exhaustivement sur les ventes d'armes américaines et leur rôle dans les conflits internationaux, ni dans la presse économique de l'époque.[126] Si les Du Pont portaient bien, depuis la Première Guerre mondiale, l'étiquette de « marchands de mort » forgée par la presse américaine après que leurs profits de guerre furent rendus publics, la revue s'empare de cette réputation préexistante pour avancer un chiffre non sourcé comme s'il s'agissait d'un fait établi. Cette technique — greffer une accusation chiffrée précise sur un contexte de suspicion légitime — amplifie la charge morale de l'affirmation tout en la rendant invérifiable.
Enfin, sur la question de l'immigration italienne en Australie, la revue présente l'afflux d'immigrants italiens comme une « invasion » catholique orchestrée depuis Rome, le tout attribué à un geste de déférence du Premier ministre australien Joseph Lyons envers le pape[127]. Cette caricature passe sous silence le cadre légal réel : depuis 1928, un accord diplomatique entre l'Australie et l'Italie limitait strictement les arrivées italiennes à 2 % des arrivées britanniques, soit un maximum de 3 000 personnes par an, chiffre maintenu sous contrôle tout au long des années 1930.[128] Loin d'une invasion incontrôlée, l'immigration italienne en Australie obéissait à des quotas précis et à des conditions financières d'entrée strictement réglementées. La revue déforme ainsi un phénomène migratoire ordinaire et encadré pour l'inscrire dans son anticléricalisme systématique, en faisant du pape le véritable agent d'une colonisation religieuse de l'Australie.
Autres points
La recension des Les femmes oubliées (Forgotten Women) d'Helen Conroy occupe plusieurs colonnes du numéro.[129] Si la rédaction reconnaît que l'ouvrage est « bien documenté par référence à des ouvrages catholiques officiels »,[130] elle en opère un détournement significatif : là où Conroy appelait à une réforme législative dans le cadre constitutionnel américain — formulant onze propositions concrètes de protection des religieuses — et espérait même le soutien de catholiques de bonne volonté,[131] Consolation concluait que « rien ne peut guérir la civilisation du Diable », et que le système catholique n'était « qu'un vase destiné à la destruction ».[132] La rédaction ne citait par ailleurs que quatre des onze propositions de réforme, omettant les plus concrètement protectrices des femmes, et passait entièrement sous silence la dimension ouvrière et syndicale du livre — sa dédicace aux travailleurs et son label d'imprimerie syndiqué. La mention que Joseph Rutherford avait personnellement écrit à l'auteure pour lui exprimer son appréciation[133] reste invérifiable, aucune source indépendante ne la confirmant.
Illustrations du numéro
Références
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- ↑ Consolation du 24 août 1938, p. 11.
- ↑ Consolation du 24 août 1938, p. 11. Voir aussi Jean 10:16.
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- ↑ Consolation du 24 août 1938, p. 13. Voir aussi 1 Rois 18:21.
- ↑ Consolation du 24 août 1938, p. 13-14.
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