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« Consolation du 4 mai 1938 » : différence entre les versions

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{{Infobox Périodique
| titre          = ''Consolation du 4 mai 1938''
| image          = [[Fichier:consolation-du-4-mai-1938-en_p01_couverture.png|200px]]
| image_légende  =
| revue          = Consolation
| date            = 1938
| annee          = 1938
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| pays            =
| editeur        = Watch Tower Bible and Tract Society
}}
Ce numéro de ''[[Consolation]]'' est dominé par une analyse en deux parties de la situation politique en Allemagne nazie, dans laquelle la publication dénonce la montée d'un culte de la personnalité autour d'Adolf Hitler, présenté comme une figure quasi-divine, et décrit le démantèlement progressif des institutions religieuses traditionnelles au profit d'une idéologie d'État. L'article s'attarde sur les déclarations publiques de dirigeants nazis, les pratiques de déification du *Führer* dans les écoles et les cérémonies civiles, ainsi que sur la militarisation croissante aux frontières de la Tchécoslovaquie.
Une part significative du numéro est consacrée aux relations entre la hiérarchie catholique romaine et le régime nazi, sujet sur lequel la publication adopte une position tranchée : loin de décrire l'Église catholique comme une victime de la persécution nazie, elle avance des chiffres et des témoignages tendant à montrer que cette hiérarchie aurait tiré profit de la période hitlérienne, voire collaboré avec elle contre les [[Étudiants de la Bible]].<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 6-7.</ref>
== Contenu ==
== Contenu ==


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=3|citation=Tragedy of Germany|label=La Tragédie de l'Allemagne (Première partie)}} ===
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=3|citation=Tragedy of Germany|label=La Tragédie de l'Allemagne (Première partie)}} ===
La publication consacre un long article en deux parties à l'analyse de la situation politique en Allemagne sous le régime nazi. Elle affirme que les ambitions expansionnistes des nazis ne visent pas seulement des territoires pour leur population, mais plutôt un espace pour exercer leur ambition démesurée. Le texte souligne que les nazis, comme la hiérarchie catholique romaine, revendiquent une domination mondiale, et que cette arrogance est comparable à celle des puissances religieuses traditionnelles<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 3.</ref>.
La publication consacre un long article en deux parties à l'analyse de la situation politique en Allemagne sous le régime nazi. Elle affirme que les dirigeants nazis, en particulier Adolf Hitler, prétendent incarner la volonté collective du peuple allemand et se présentent comme des figures quasi-divines. Hitler est décrit comme un orateur charismatique dont les discours flattent l'orgueil national allemand, ce qui lui vaut un soutien massif parmi les plus assertifs de la population. La publication souligne que cette exaltation du *Führer* s'accompagne d'une dégradation des valeurs morales et religieuses traditionnelles, remplacées par un culte de la personnalité et une glorification de l'État<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 3.</ref>.


L'article met en cause Adolf Hitler, présenté comme un "maître à penser" guidant les développements politiques en Allemagne, bien que la publication reconnaisse que les effets du nazisme ne peuvent être attribués à un seul homme. Elle note que de nombreux Allemands soutiennent Hitler par nécessité, attendant une désintégration du système due à ses faiblesses internes ou à des événements imprévus. Hitler est décrit comme un orateur charismatique qui interprète la volonté collective du peuple allemand, bien que ses actions reflètent davantage une ambition personnelle que des principes moraux ou religieux<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 3.</ref>.
L'article cite des déclarations de Hitler et de son ministre de la propagande, Joseph Goebbels, selon lesquelles la « race allemande » aurait le droit de dominer le monde. Ces propos sont présentés comme une source de préoccupation pour les autres nations, qui y voient une menace expansionniste. La publication note que toute critique de ces déclarations est interdite en Allemagne, sous peine de représailles sévères, et que même les figures religieuses, y compris des pasteurs protestants, participent à la glorification du régime en lisant des extraits de ''Mein Kampf'' (le livre d'Hitler) à la place des Écritures lors des offices religieux<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 3-4.</ref>.


La publication critique vivement la déification de Hitler, soulignant que son autobiographie, ''Mein Kampf'', est lue dans certaines églises à la place des Écritures saintes. Elle rapporte des exemples de culte rendu à Hitler, comme des avis de décès mentionnant la foi en Adolf Hitler plutôt qu'en Jésus-Christ, ou des déclarations de responsables nazis présentant Hitler comme une figure sacrée. Ces pratiques sont qualifiées de "pauvre consolation" et de dérive vers une forme de paganisme<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 4.</ref>.
Un passage particulièrement critique est consacré à la déification progressive de Hitler, illustrée par des déclarations blasphématoires diffusées à la radio allemande, telles que : *« Nous croyons en notre Führer comme la révélation de Dieu à notre peuple »*. La publication souligne que cette idolâtrie s'étend aux enfants, qui sont encouragés à chanter des hymnes en l'honneur de Hitler dans les écoles, transformées en lieux de culte pour le régime. Parmi ces chants, l'un d'eux affirme : *« Führer, nous te suivons ; Führer, nous jurons une foi éternelle avec toi »*<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 4.</ref>.


L'article dénonce également l'exaltation blasphématoire de Hitler par ses partisans, citant des déclarations radiodiffusées où il est présenté comme une "révélation de Dieu" pour le peuple allemand. Des prières et des chants en l'honneur de Hitler, enseignés aux enfants dans les écoles, sont reproduits pour illustrer cette idolâtrie. La publication souligne que cette adoration de la créature au détriment du Créateur conduit à une dégradation des valeurs morales et à une rupture avec les principes bibliques<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 4.</ref>.
L'article aborde également la militarisation croissante de l'Allemagne, mentionnant l'installation de nouveaux canons à longue portée (50 miles) à la frontière tchécoslovaque, ce qui laisse présager une possible annexion de ce pays, à l'instar de ce qui s'est produit avec l'Autriche. Cette militarisation est présentée comme une conséquence directe de l'idéologie expansionniste nazie<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 4.</ref>.


Enfin, l'article aborde la militarisation de l'Allemagne, mentionnant l'installation de nouveaux canons à la frontière tchécoslovaque, capables d'atteindre des cibles à cinquante miles de distance. Cette escalade militaire est présentée comme une menace directe pour la paix en Europe, suggérant que la Tchécoslovaquie pourrait suivre le sort de l'Autriche dans un avenir proche<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 5.</ref>.
Enfin, la publication dénonce le retour à des pratiques païennes en Allemagne, notamment le culte des ancêtres, qui remplace progressivement les rites chrétiens. Des chapelles inutilisées sont transformées en « salles des ancêtres » (*Ahnenhalle*), où des cérémonies de mariage et de baptême sont organisées sous l'égide de l'État. Ces lieux sont décorés de symboles nazis, comme la svastika, et comportent des bustes de Hitler. Les enfants y sont initiés à des chants nationalistes, et des prières sont adressées à l'Allemagne plutôt quDieu. L'une de ces prières, publiée par la « Société d'édition chrétienne » de Weimar, déclare : *« À l'Allemagne, tu as toujours confié ton propre drapeau, ô Dieu. C'est pourquoi nous sommes haïs de tes ennemis »*<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 5.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=5|citation=Nazi Ancestor Worship|label=Le Culte des ancêtres nazi}} ===
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=2|citation=May Have|label=Les apéritifs : nouvelles brèves}} ===
La publication décrit une tendance croissante en Allemagne : le culte des ancêtres, encouragé par le régime nazi. D'anciennes chapelles catholiques, comme celle dédiée à Sainte Gertrude à Guestrow, sont transformées en lieux de culte païen où sont célébrés les ancêtres et la nation allemande. Ces nouveaux "temples" arborent des symboles nazis, comme la svastika, et remplacent les représentations religieuses traditionnelles par des images de mères allemandes entourées d'enfants, ou des bustes de Hitler. Les noms des ancêtres des familles locales sont inscrits sur les murs, et les cérémonies, comme les mariages ou les baptêmes, sont adaptées pour célébrer la "communauté de tous les Allemands"<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 5.</ref>.
Cette rubrique rassemble plusieurs brèves d'actualité et commentaires satiriques sur des sujets variés. L'une des notes évoque une lettre du père Joseph Klein, un franciscain de Cincinnati, qui se plaint de la baisse des dons pour son œuvre missionnaire. Il explique que seulement une chaussette de Noël sur douze envoyées aux donateurs a été remplie et retournée, ce qui le contraint à envisager des travaux manuels pour subvenir à ses besoins<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 2.</ref>.


La publication cite des exemples de chants et de prières enseignés dans ces nouveaux lieux de culte, où la loyauté envers l'Allemagne et Hitler remplace toute référence religieuse. L'un de ces chants, intitulé "Pourquoi chercher Dieu dans un pays étranger", exalte la manifestation de Dieu à travers les maréchaux allemands et la nation. Ce culte est présenté comme une régression vers le paganisme, où la volonté individuelle ("Je veux") remplace la prière traditionnelle, et où la nation allemande est glorifiée comme éternelle<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 5.</ref>.
Un autre passage critique l'Église catholique romaine, en particulier la campagne menée par des cardinaux et des évêques italiens pour faire reconnaître par le pape l'Assomption de la Vierge Marie (son élévation au ciel corps et âme). La publication ironise sur le fait que le pape n'a aucun pouvoir sur les événements célestes, mais qu'il prétend en avoir, ce qui conduit à des pétitions massives pour influencer sa décision<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 2.</ref>.


L'article souligne également que ces pratiques sont enseignées dans des académies nazies spécialisées, les futurs dirigeants sont formés pour perpétuer l'idéologie hitlérienne. La publication y voit une preuve supplémentaire de la dérive totalitaire et idolâtre du régime nazi<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 5.</ref>.
La rubrique mentionne également le vol du célèbre « anneau du pêcheur » du pape, utilisé pour sceller les bulles pontificales, ainsi que d'autres objets en or, par des voleurs travaillant au Vatican. Seuls quatre des coupables ont été arrêtés, ce qui est présenté comme une preuve de la corruption régnant au sein de l'institution<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 2.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=6|label=La hiérarchie progresse|citation=Hierarchy Makes}} ===
Enfin, un commentaire moqueur est consacré aux « sauveurs » contemporains : Mussolini, qui « sauve » la Méditerranée ; Hitler, qui « sauve » l'Europe ; le pape, qui « sauve » la « chrétienté » ; et le Diable, présenté comme le « prince et dieu » du monde. Cette remarque souligne l'ironie de voir ces figures se présenter comme des bienfaiteurs alors qu'elles sont perçues comme des oppresseurs<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 2.</ref>.


La publication affirme que, malgré les poursuites judiciaires contre des membres de l'organisation catholique romaine, la hiérarchie ecclésiastique a connu des avancées significatives sous le régime nazi. En Allemagne, le nombre d'églises catholiques et de prêtres a augmenté depuis l'arrivée d'Hitler au pouvoir, contrairement aux récits de persécution souvent relayés. En 1919, il existait 210 journaux catholiques en Allemagne, tandis qu'en 1937, ce nombre dépassait 400, avec plus de la moitié des 21 millions de catholiques allemands abonnés à l'un d'eux. Ces chiffres, selon la revue, démontrent que les récits de persécution des catholiques en Allemagne nazie sont exagérés<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 6.</ref>.
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=5|citation=Nazi methods|label=Méthodes nazies de financement}} ===
La publication cite un rapport du *Deutschland Berichte* de décembre 1937, qui décrit les méthodes utilisées par le régime nazi pour lever des fonds. Ces contributions, présentées comme des dons volontaires, sont en réalité des taxes déguisées. Les sommes collectées servent à financer à la fois les dépenses de l'État et celles du Parti nazi, notamment son système de « bien-être social », qui profite principalement aux membres du parti et à leurs proches. Ce système permet au régime d'éviter d'augmenter les impôts officiels, libérant ainsi des ressources pour le réarmement<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 5.</ref>.


La collaboration entre la hiérarchie catholique et le régime nazi est illustrée par plusieurs exemples. Après l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne en 1938, le cardinal Theodor Innitzer, archevêque catholique de Vienne, aurait reçu des assurances d'Hitler concernant l'avenir de l'Église dans l'Autriche germanisée. Par ailleurs, la franc-maçonnerie allemande a été démantelée, ses biens confisqués, et ses membres interdits de communication sous peine d'arrestation, sans que la hiérarchie catholique ne s'y oppose. Plusieurs francs-maçons éminents se seraient suicidés dans ce contexte<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 6.</ref>.
Un autre passage évoque les tensions internes au régime nazi, en particulier la paranoïa de Hitler. La publication mentionne un article du magazine *Liberty* qui révèle l'existence d'une organisation secrète appelée « Les Vengeurs de Röhm » (*Roehm's Revengers*), en référence à Ernst Röhm, un ancien allié de Hitler assassiné lors de la Nuit des Longs Couteaux en 1934. Ces « vengeurs » harcèlent Hitler en apposant les initiales « R.R. » (pour *Roehm's Revengers*) sur son courrier et même sur les murs de sa chambre, malgré la présence de 250 gardes chargés de sa sécurité. Cette situation est présentée comme une illustration de l'instabilité du régime et de la peur constante qui habite ses dirigeants<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 5.</ref>.


Un extrait d'une lettre de Boris Toedtli, un nazi suisse, adressée à son supérieur Fleischhauer en Allemagne, est cité pour démontrer les liens entre les nazis et la machine papale. Toedtli y évoque ses contacts avec des catholiques et son entretien avec le nonce papal, qui lui aurait remis deux lettres de recommandation pour la Suisse. Il propose également la publication d'un journal bimensuel pour informer la presse sur les Étudiants de la Bible (Témoins de Jéhovah), en évitant de mentionner l'Allemagne comme lieu de publication pour préserver une apparence d'impartialité<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 6.</ref>.
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=6|label=La hiérarchie progresse|citation=Hierarchy Makes}} ===
La publication affirme que, malgré les poursuites judiciaires contre des membres de l'organisation catholique romaine, la hiérarchie ecclésiastique a réalisé des progrès substantiels sous le régime nazi. Elle souligne que le nombre d'églises et de prêtres catholiques a augmenté en Allemagne depuis l'arrivée d'Hitler au pouvoir, citant des sources comme le ''New York Times'' et le ''New York Staats Zeitung und Herald'' pour étayer cette affirmation. Par exemple, le nombre de journaux catholiques est passé de 210 à plus de 400 entre 1933 et 1937, et la moitié des 21 millions de catholiques allemands seraient abonnés à l'un d'eux. Ces éléments sont présentés comme une preuve que les récits de persécution des catholiques en Allemagne nazie seraient exagérés<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 6.</ref>.
 
La publication cite également une lettre de Boris Toedtli, un nazi suisse, adressée à son supérieur Fleischhauer, dans laquelle Toedtli évoque ses liens avec des catholiques pour lutter contre les Étudiants de la Bible (Témoins de Jéhovah). Il mentionne avoir été reçu par le nonce papal et avoir obtenu des lettres de recommandation pour renforcer ces collaborations. Toedtli propose la publication d'un journal pour informer la presse sur les Étudiants de la Bible, suggérant de le faire paraître depuis Berne pour éviter d'éveiller des soupçons sur une implication allemande<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 6.</ref>.


[[Fichier:consolation-du-4-mai-1938-en_p08_ill1.png|thumb|250px|right|Illustration accompagnant l'article sur l'intolérance et la persécution en Allemagne nazie.]]
[[Fichier:consolation-du-4-mai-1938-en_p08_ill1.png|thumb|250px|right|Illustration accompagnant l'article sur l'intolérance et la persécution en Allemagne nazie.]]


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=6|label=Subventions à la religion|citation=Subsidies to}} ===
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=6|label=Collaboration entre la hiérarchie catholique et le régime nazi|citation=As further}} ===
La publication met en avant plusieurs exemples de collaboration entre la hiérarchie catholique et le régime nazi. Elle souligne que l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie a renforcé le pouvoir de l'Église catholique romaine dans l'empire allemand, notant que les figures majeures du parti nazi en Allemagne et en Autriche sont majoritairement catholiques. Elle cite également le cas d'Adolf Weinel, un pasteur protestant condamné à trois mois de prison pour avoir révélé que Joseph Goebbels, ministre de la Propagande nazi, avait été éduqué dans une institution jésuite aux frais de la hiérarchie catholique<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 6.</ref>.
 
La publication affirme que les institutions protestantes sont systématiquement détruites, tandis que les jésuites agissent avec une efficacité totale. Elle critique les membres du clergé protestant pour leur trahison envers la vérité, estimant qu'ils ne méritent aucune sympathie de la part de Jéhovah Dieu ou de Ses témoins fidèles<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 7.</ref>.


La revue souligne que le retrait des subventions gouvernementales aux organisations religieuses aurait des conséquences plus désastreuses pour les protestants que pour les catholiques. En Allemagne, l'État versait annuellement 105 millions de marks aux églises, tout en collectant 200 millions de marks supplémentaires via des taxes ecclésiastiques. Le régime nazi envisagerait de supprimer ces financements, laissant aux fidèles le soin de subvenir directement aux besoins des églises. Cette mesure, selon la publication, affaiblirait davantage les protestants, déjà en déclin, tandis que l'Église catholique, plus résiliente, en sortirait renforcée<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 6.</ref>.
Un article du journal nazi ''Der Angriff'' est cité pour illustrer cette collaboration, affirmant que les prélats catholiques ne luttent pas pour la religion ou le christianisme, mais pour des objectifs politiques, prêts à sacrifier la paix de la nation pour les atteindre. La publication conclut que les nazis et la hiérarchie catholique sont en harmonie, tant que les premiers acceptent de soutenir et de reconnaître la seconde<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 7.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=7|label=Intolérance et persécution|citation=Intolerance and}} ===
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=7|label=Intolérance et persécution|citation=Intolerance and}} ===
Cette section dénonce l'intolérance et la persécution exercées par le régime nazi, en particulier à l'encontre des Juifs et des opposants politiques. La publication affirme que les dictatures ne favorisent ni la tolérance ni la libéralité, et que l'Allemagne nazie en est un exemple frappant. Elle décrit une campagne systématique d'exclusion des Juifs de la société allemande, incluant l'interdiction pour les entreprises allemandes d'employer des représentants juifs, même en tant qu'avocats. Les certificats de naissance aryens sont devenus si recherchés qu'un marché noir s'est développé, avec des arrestations pour falsification de documents<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 7.</ref>.


L'article dénonce l'intolérance et la persécution systématique des opposants au régime nazi, en particulier des Juifs et des Témoins de Jéhovah. Les dictatures, selon la publication, ne favorisent ni la tolérance ni la liberté, comme en témoigne la politique allemande. Les Juifs sont exclus de tous les secteurs professionnels, y compris le droit, et les entreprises allemandes sont mises en garde contre l'emploi de représentants juifs. Les certificats de naissance "aryens" sont devenus si recherchés qu'un marché noir s'est développé, avec des cas d'usurpation d'identité de prêtres pour falsifier des documents<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 7.</ref>.
La publication rapporte des cas extrêmes d'antisémitisme, comme celui d'un enseignant berlinois qui aurait qualifié Jésus-Christ de "vaurien juif" devant ses élèves. Elle cite également le journal ''Deutschland Berichte'', qui décrit des méthodes de harcèlement contre les Aryens faisant affaire avec des Juifs, incluant la publication de leurs noms dans des journaux comme ''Der Stürmer''. Des sanctions sont également mentionnées, comme la destitution d'un maire pour avoir vendu une vache à un marchand de bétail juif<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 7.</ref>.
 
La persécution des Juifs est décrite comme méthodique et sans précédent. Après avoir exclu les professions libérales et les commerçants, le régime s'attaque désormais aux employés juifs, remplacés par des Aryens. Environ 40 % de la population juive de Berlin dépendrait de l'aide sociale, et les projections suggèrent que seuls les personnes âgées subsisteront d'ici deux ans. La publication évoque également la possibilité d'une extermination massive des Juifs par les nazis, qualifiés de "courageux" uniquement face aux femmes et aux enfants<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 7.</ref>.


L'antisémitisme est institutionnalisé dans les écoles, où les enfants sont endoctrinés contre les Juifs. Un exemple cité est celui de Julius Streicher, proche d'Hitler, qui aurait demandé à des enfants de Nuremberg d'identifier le diable comme étant "le Juif", avant de leur distribuer un livret illustrant un diable à tête de Juif. La haine atteint des sommets, comme en témoigne un enseignant berlinois ayant qualifié Jésus-Christ de "vaurien juif" devant sa classe, une déclaration qui n'a pas suscité de sanctions<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 7.</ref>.
La publication évoque également la propagande antisémite dans les écoles, où les enfants sont endoctrinés contre les Juifs. Elle cite un exemple à Nuremberg, où Julius Streicher, un proche d'Hitler, aurait demandé à des enfants d'identifier le diable comme étant "le Juif", avant de leur distribuer un livret illustrant un diable à tête de Juif<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 7.</ref>.


La revue rapporte également des cas de dénonciation publique d'Aryens faisant affaire avec des Juifs, via des publications comme ''Der Stürmer'', qui publient les noms et adresses des personnes concernées. Un maire a été destitué pour avoir vendu une vache à un marchand de bétail juif, illustrant la sévérité des mesures discriminatoires<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 7.</ref>.
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=8|label=La condition du peuple|citation=The Condition}} ===
La publication dresse un tableau sombre de la condition des travailleurs et de la population allemande sous le régime nazi. Elle affirme que la situation des travailleurs, en particulier, s'est détériorée. Environ 700 000 petits commerçants ont fait faillite au cours des derniers mois, et leurs dirigeants, qui avaient espéré un soulagement de la part du régime nazi, se retrouvent désormais contraints de chercher des emplois dans les usines. La publication souligne que les grandes entreprises, qui ont soutenu l'ascension d'Hitler, accaparent désormais toutes les ressources du pays<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 8.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=7|label=La condition du peuple|citation=The Condition}} ===
La situation économique est décrite comme critique : les rapports des syndicats indiquent une baisse de 5 % du nombre de wagons de passagers et de 10 % du nombre de wagons de marchandises par rapport à l'année de crise 1932. Les locomotives sont en mauvais état, et la pénurie de matériaux conduit à l'utilisation de substituts de mauvaise qualité, comme des saucisses contenant du poisson, du pain de qualité inférieure à celui de 1914, ou des bottes fabriquées en papier. Des émeutes alimentaires ont éclaté dans plusieurs villes, et les généraux d'Hitler l'auraient averti que la faim pourrait compromettre la victoire, rappelant les effets de la famine sur le moral de l'armée allemande en 1915<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 8.</ref>.


La situation des travailleurs et des classes populaires en Allemagne est décrite comme en régression sous le régime nazi. Environ 700 000 petits commerçants ont fait faillite au cours des derniers mois, malgré les promesses de soutien du régime. Ces entrepreneurs, initialement séduits par les discours nazis contre les grandes entreprises, se retrouvent désormais sans emploi et contraints de chercher du travail dans les usines, tandis que les grands groupes industriels, qui ont soutenu l'ascension d'Hitler, accaparent les richesses du pays<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 8.</ref>.
La publication mentionne également des mesures économiques drastiques, comme le rationnement des graisses depuis le 1er janvier 1938, ou la baisse des salaires. Les soldats ne recevraient qu'une allocation quotidienne dérisoire, et la plupart des achats se feraient à crédit, sans que les gens aient les moyens de rembourser. Les loyers seraient saisis par le gouvernement pour financer l'armement. Raymond Clapper, un correspondant de presse, est cité pour illustrer les conditions de travail difficiles dans les usines, les ouvriers se voient refuser des emplois s'ils ne participent pas à des initiatives approuvées par le régime, comme la création d'un jardin floral<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 8.</ref>.
 
Les rapports des syndicats indiquent une baisse de 5 % du nombre de wagons de passagers et de 10 % du nombre de wagons de marchandises par rapport à l'année de crise 1932. Les locomotives sont en mauvais état, et le réseau ferroviaire montre des signes de détérioration. La pénurie de matériaux et l'utilisation de substituts de mauvaise qualité affectent la vie quotidienne des Allemands : le pain est de moins bonne qualité qu'en 1914, les chaussures sont fabriquées en papier, et les vêtements en textiles de substitution. Des émeutes de la faim ont éclaté dans plusieurs villes, et les généraux nazis auraient averti Hitler que la faim pourrait compromettre les victoires militaires, rappelant les effets de la malnutrition sur l'armée allemande en 1915<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 8.</ref>.
 
La pénurie de cuir a conduit à l'utilisation de "cuir de poisson" pour la fabrication de chaussures, de gants et d'autres articles. Des barres de "chocolat" à base de goudron de houille, ressemblant davantage à du savon, sont produites, tandis que des chimistes hambourgeois travaillent sur la production d'albumine à partir de poisson pour remplacer plus de 400 000 œufs par an. La laine artificielle est devenue si répandue que les importations de laine australienne fine ont chuté de 100 millions à 37 millions de livres en quatre ans, et son prix a été divisé par deux. Cette laine artificielle est même utilisée dans les uniformes de l'armée régulière<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 8.</ref>.


[[Fichier:consolation-du-4-mai-1938-en_p09_ill1.png|thumb|250px|right|Illustration accompagnant l'article sur les conditions de vie en Allemagne nazie.]]
[[Fichier:consolation-du-4-mai-1938-en_p09_ill1.png|thumb|250px|right|Illustration accompagnant l'article sur les conditions de vie en Allemagne nazie.]]


Les Allemands sont désormais tenus d'incorporer au moins 10 % de rayonne dans la composition de leurs sous-vêtements, afin de maintenir l'activité des usines de rayonne en prévision d'une utilisation chimique en cas de guerre. Des tubes de dentifrice en soie et des couronnes dentaires en résine artificielle ont fait leur apparition, tandis qu'une loi récente impose aux fabricants de chemises de raccourcir les pans, limitant leur longueur à 90 centimètres à l'avant et 95 centimètres à l'arrière<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 9.</ref>.
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=9|label=Innovations et pénuries en Allemagne nazie|citation=There is}} ===
 
La publication décrit les conséquences des pénuries de matériaux en Allemagne nazie, qui ont conduit à des innovations douteuses et à une détérioration de la qualité de vie. Par exemple, le cuir se fait rare, et les Allemands utilisent désormais du "cuir de poisson" pour fabriquer des chaussures, des gants et d'autres articles. Des chimistes hambourgeois auraient développé un substitut d'albumine à base de poisson, destiné à remplacer plus de 400 000 œufs par an dans la pâtisserie. La laine australienne fine a été largement remplacée par de la rayonne, moins chère et plus facile à produire, au point d'être utilisée dans les uniformes de l'armée<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 9.</ref>.
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=9|label=Réutilisation des ressources|citation=German hairdressers}} ===


La revue mentionne que les coiffeurs allemands ont reçu pour instruction de collecter les cheveux humains, quelle que soit leur longueur, pour les recycler dans la fabrication de feutre et de tapis. Cette mesure permettrait de récupérer environ un million de livres de cheveux par an, illustrant les efforts du régime pour optimiser l'utilisation des ressources dans un contexte de pénurie<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 9.</ref>.
La publication mentionne également l'apparition de tubes de dentifrice en soie et de couronnes dentaires en résine artificielle, ainsi que la fabrication de barres de "chocolat" à base de goudron de houille, dont le goût rappelle vaguement celui du vrai chocolat. Une loi récente aurait même imposé aux fabricants de chemises de raccourcir les pans, limitant leur longueur à 90 centimètres à l'avant et 95 centimètres à l'arrière<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 9.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=9|label=Réalisations d'hier|citation=YESTERDAY Accomplishments}} ===
Les coiffeurs allemands ont été invités à collecter les cheveux humains, même les plus courts, pour les utiliser dans la fabrication de feutre et de tapis. La publication estime que cette collecte pourrait atteindre un million de livres par an. Elle souligne également l'augmentation des cas de maladies professionnelles, comme la silicose ou l'intoxication au plomb, qui seraient passées de 7 133 cas en 1933 à 13 944 cas en 1936, reflétant le mépris du régime nazi pour la santé des travailleurs<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 9.</ref>.


La publication reconnaît certaines réalisations techniques de l'Allemagne, même sous domination nazie, tout en soulignant qu'elles ne doivent pas être attribuées au régime hitlérien. Parmi ces accomplissements figurent le pont sur l'Elbe, présenté par Hitler comme le plus grand du monde avec une portée de 2 240 pieds, bien que le pont Golden Gate en Californie le dépasse avec une portée de 4 200 pieds. Les autoroutes allemandes, à double voie et sans croisements, sont également citées comme un modèle de sécurité, bien que limitées à huit heures de conduite continue pour les automobilistes<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 9.</ref>.
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=9|label=Réalisations allemandes non attribuables au nazisme|citation=Accomplishments of}} ===
La publication reconnaît certaines réalisations techniques et industrielles de l'Allemagne, mais refuse de les attribuer au régime nazi. Elle cite notamment le pont sur l'Elbe, présenté comme le plus grand du monde par Hitler, bien que d'autres ponts, comme ceux de San Francisco-Oakland, du George Washington ou du Golden Gate, aient des portées plus longues. Elle mentionne également les autoroutes allemandes, décrites comme des routes à double voie sans croisements, conçues pour résister aux bombardements et permettre une circulation fluide<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 9.</ref>.


Le périphone, un dispositif allemand permettant de mesurer les profondeurs et les obstacles par le son, est mentionné comme une innovation technique. La revue conclut que ces réalisations auraient probablement vu le jour même sans le régime nazi<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 9.</ref>.
La publication souligne que ces réalisations auraient eu lieu même sans le régime nazi, et qu'elles ne doivent pas être créditées à Hitler ou à ses partisans. Elle évoque également le périfon, un dispositif allemand permettant de mesurer les profondeurs et les obstacles par le son, comme une innovation notable<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 9.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=10|label=Contrôle des agriculteurs allemands|citation=Control of German}} ===
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=10|label=Contrôle des agriculteurs allemands|citation=Control of German}} ===


La publication dénonce le contrôle strict exercé par le régime nazi sur les agriculteurs allemands. Les inspecteurs agricoles, souvent en uniforme, surveillent les exploitations de manière intrusive, vérifiant la production laitière et interdisant aux paysans de conserver le moindre litre de lait pour leur usage personnel. Le lait écrémé destiné aux porcs doit être racheté à un prix fixé par l’inspecteur. Les paysans sont également contraints d’écouter les discours d’Adolf Hitler ou de se rendre dans des camps de concentration pendant leurs jours de congé. En cas de non-respect des règles, les sanctions sont sévères, allant jusqu’à l’emprisonnement ou l’envoi dans des camps de concentration. La publication souligne que les paysans contournent ces restrictions en cachant des réserves ou en simulant des accidents pour abattre des animaux, une pratique tolérée pour éviter une surpopulation carcérale. Par ailleurs, les exploitants agricoles ne peuvent pas emprunter pour acheter de nouvelles terres, même s’ils sont propriétaires sans dettes<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 10.</ref>.
La publication dénonce le contrôle strict exercé par le régime nazi sur les agriculteurs allemands. Les inspecteurs agricoles, souvent en uniforme, surveillent les fermes de manière intrusive, vérifiant la production laitière et imposant des restrictions draconiennes sur l'usage des ressources. Les agriculteurs ne sont pas autorisés à conserver une seule pinte de lait pour leur propre consommation et doivent racheter du lait écrémé pour nourrir leurs porcs à un prix fixé par les autorités. En cas de non-respect des règles, les sanctions sont sévères, allant jusqu'à l'emprisonnement ou l'envoi dans des camps de concentration. Les agriculteurs sont également contraints d'écouter les discours d'Adolf Hitler pendant leurs jours de congé et peuvent se voir imposer un nouvel exploitant pour leur ferme, qui prend alors le contrôle de leurs livres de comptes et de leur vie quotidienne. Les fermes héritées et sans dettes ne peuvent pas être hypothéquées pour acheter d'autres terres, limitant ainsi toute mobilité économique<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 10.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=10|label=Prospérité des fabricants d’armements|citation=Munition Makers Prosper}} ===
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=10|label=Prospérité des fabricants d'armements|citation=Munition Makers Prosper}} ===


Cet article met en lumière l’enrichissement des fabricants d’armements sous les régimes dictatoriaux, en particulier celui de la famille Krupp en Allemagne. La publication affirme que les usines Krupp, qui n’avaient versé aucun dividende pendant vingt ans, emploient désormais 100 000 ouvriers avec une masse salariale annuelle dépassant 60 millions de dollars. Krupp a fourni des armes aux deux camps pendant la Première Guerre mondiale, y compris à la France via la Suisse, et a également armé à la fois la Chine et le Japon pendant le conflit sino-japonais. La publication souligne l’hypocrisie de ces industriels, qui prospèrent grâce aux guerres tout en alimentant les tensions internationales. Elle note également que les aumôniers et officiers allemands regrettent l’introduction du néo-paganisme dans l’armée, car cela augmente le nombre de suicides et de désertions, contrairement à la religion chrétienne qui, selon eux, formait de « meilleurs meurtriers »<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 10.</ref>.
Cet article met en lumière l'enrichissement des fabricants d'armements sous les régimes dictatoriaux, en particulier celui de la famille Krupp en Allemagne. La société Krupp, qui n'avait pas versé de dividendes pendant vingt ans, emploie désormais 100 000 hommes avec une masse salariale annuelle dépassant 60 millions de dollars. La publication souligne l'hypocrisie de cette entreprise, qui a fourni des armes aux deux camps pendant la Première Guerre mondiale, y compris à la France via la Suisse, tout en armant simultanément la Chine et le Japon pendant le conflit sino-japonais. Le texte mentionne également le suicide de Fritz Krupp, présenté comme un acte symbolique de la duplicité des marchands d'armes. La publication critique ouvertement l'industrie de l'armement, accusée de prospérer grâce aux conflits et à l'oppression<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 10.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=11|label=Phénomènes naturels|citation=Natural Phenomena}} ===
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=11|label=Phénomènes naturels|citation=Natural Phenomena}} ===


Cette rubrique regroupe plusieurs brèves scientifiques et observations sur des phénomènes naturels ou des découvertes astronomiques. La publication rapporte que des truites arc-en-ciel, placées dans de l’eau chlorée similaire à celle distribuée aux habitants de Cleveland, meurent en 44 heures, illustrant les dangers des produits chimiques utilisés pour traiter l’eau potable<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 11.</ref>. Elle mentionne également que 36 000 galaxies ont été photographiées, chacune contenant des milliards d’étoiles, et que le nouveau télescope du mont Palomar permettra d’en observer au moins 500 000<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 11.</ref>. D’autres sujets incluent la consommation annuelle de pétrole, estimée à 28 000 miles de wagons-citernes, et les conséquences potentielles de cette exploitation sur l’orbite terrestre<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 11.</ref>. La rubrique évoque aussi la découverte de la plus grande galaxie connue, située à 100 millions d’années-lumière de la Terre, ainsi que les irrégularités dans la trajectoire de la Lune, qui s’écarte de plus en plus de son orbite calculée sans explication connue<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 11.</ref>.
Cette rubrique regroupe plusieurs brèves sur des phénomènes scientifiques et naturels. Elle commence par une critique des fabricants de chlore, accusés de polluer l'eau potable pour augmenter leurs ventes, au point de rendre l'eau impropre à la consommation et mortelle pour les poissons. Un exemple est donné avec 25 truites arc-en-ciel placées dans de l'eau chlorée similaire à celle de Cleveland (Ohio), dont 12 sont mortes en 44 heures<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 11.</ref>.
 
La rubrique aborde également des sujets astronomiques, comme l'estimation de 36 000 galaxies visibles, chacune contenant des milliards d'étoiles, ou la découverte de la plus grande galaxie connue, située à 100 millions d'années-lumière de la Terre et 50 000 fois plus grande que la Voie lactée. Un autre sujet traite des anomalies dans l'orbite de la Lune, dont les écarts par rapport aux calculs mathématiques restent inexpliqués<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 11.</ref>.
 
Enfin, la publication évoque des études scientifiques soviétiques indiquant un réchauffement des régions arctiques et un refroidissement des tropiques, ainsi qu'une brève sur la consommation mondiale de pétrole, estimée à 28 000 miles de wagons-citernes par an, une quantité jugée insoutenable à long terme<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 11.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=12|label=La secte catholique romaine|citation=The Roman Catholic}} ===
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=12|label=La secte catholique romaine|citation=The Roman Catholic}} ===


Cet article critique l’histoire et les prétentions de l’Église catholique romaine, en particulier son schisme avec l’Église orthodoxe grecque. La publication affirme que l’Église orthodoxe, fondée à Constantinople, a une légitimité historique plus ancienne que celle de Rome. Elle retrace les origines du conflit entre les deux Églises, notamment lorsque l’empereur Maurice favorisa le patriarche de Constantinople, Jean, au détriment du pape Grégoire Ier. Ce dernier, mécontent, aurait soutenu le coup d’État de Phocas, qui assassina Maurice et fut ensuite consacré empereur par Grégoire. En récompense, Phocas accorda à Boniface III, successeur de Grégoire, le titre de « patriarche universel » en 606, marquant ainsi la rupture définitive entre les deux Églises en 1054. La publication souligne que de nombreux termes ecclésiastiques utilisés par l’Église catholique sont d’origine grecque, comme « pape », « patriarche » ou « diocèse », et accuse l’Église romaine d’avoir cherché à obtenir un pouvoir temporel en manipulant des dirigeants politiques, comme Pepin le Bref et Charlemagne<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 12.</ref>.
Cet article propose une analyse historique et critique de l'Église catholique romaine, présentée comme une secte schismatique issue de l'Église orthodoxe grecque. La publication retrace les origines du schisme, notamment le conflit entre les évêques de Constantinople et de Rome au VIIᵉ siècle. Elle souligne que l'Église orthodoxe, malgré ses prétentions initiales, n'a jamais reconnu de chef universel, contrairement à l'Église romaine, qui a obtenu ce titre en 606 sous l'empereur Phocas. Le texte décrit les manœuvres politiques ayant conduit à l'ascension de la papauté, comme l'alliance entre le pape et Pépin le Bref, qui a permis à ce dernier de renverser le roi Childéric III et de céder des terres à l'Église, fondant ainsi son pouvoir temporel<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 12.</ref>.


L’article aborde également les finances du Vatican, notant que l’accord de 1929 avec Mussolini a rapporté à l’Église catholique l’équivalent de 80 millions de dollars. Avec un intérêt annuel de 3 %, cela génère un revenu de 2,4 millions de dollars, soit 506 000 dollars de plus que le coût de fonctionnement du gouvernement du Vatican. La publication suggère que ces fonds permettent au Vatican d’intervenir dans des conflits comme ceux d’Éthiopie ou d’Espagne, où les investissements pourraient rapporter des bénéfices<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 12.</ref>.
La publication critique également les finances du Vatican, mentionnant que l'accord de 1929 avec Mussolini a rapporté à l'Église l'équivalent de 80 millions de dollars, générant un intérêt annuel de 2,4 millions de dollars. Ces fonds sont présentés comme une source de financement pour les interventions du Vatican dans des conflits comme ceux d'Éthiopie ou d'Espagne<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 12.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=13|label=À Terre-Neuve catholique|citation=In Catholic Newfoun}} ===
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=13|label=À Terre-Neuve catholique|citation=In Catholic Newfoun}} ===


Ce témoignage décrit les conditions de vie difficiles à Terre-Neuve, où la population est majoritairement catholique et soumise à l’influence de la hiérarchie religieuse. Les missionnaires des Étudiants de la Bible, arrivés sur place, rapportent que les autorités locales ont tenté de les expulser, mais qu’ils ont pu distribuer de la littérature et témoigner de leur foi. La population est décrite comme extrêmement pauvre, dépendant presque exclusivement de la pêche pour survivre. Les salaires sont très bas : les femmes gagnent entre 5 et 10 dollars par mois pour des travaux domestiques, tandis que les hommes perçoivent entre 20 et 36 dollars par mois pour des travaux manuels. Le coût de la vie est 20 à 30 % plus élevé qu’aux États-Unis, et les missionnaires doivent se nourrir principalement de riz pour économiser<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 13.</ref>.
Un témoignage de missionnaires des Étudiants de la Bible décrit les conditions de vie difficiles à Terre-Neuve, où la population est majoritairement catholique et soumise à l'autorité de la hiérarchie religieuse. Les missionnaires rapportent que les habitants vivent dans une grande pauvreté, dépendant presque exclusivement de la pêche pour leur subsistance. Les salaires sont très bas (8 à 10 dollars par mois pour les femmes, 20 à 36 dollars pour les hommes), et le coût de la vie est 20 à 30 % plus élevé qu'aux États-Unis. Les conditions sanitaires sont précaires, avec peu d'accès à des toilettes ou à des égouts, et une grande partie de la population est illettrée<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 13.</ref>.
 
Les missionnaires expliquent que leur activité de distribution de littérature est entravée par les autorités locales, qui ont saisi des enregistrements et menacent de les expulser. Malgré ces obstacles, ils continuent leur travail, vivant frugalement et se préparant à des "temps sérieux" à venir. Le texte souligne l'emprise de l'Église catholique sur la population et les difficultés rencontrées par les Témoins de Jéhovah pour diffuser leur message dans un tel contexte<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 13.</ref>.
 
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=13|label=Les nations adeptes du salut au drapeau|citation=The Flag-Salutin’ Nations}} ===
 
Une brève critique les régimes totalitaires, notamment ceux de l'Allemagne nazie, de l'Italie fasciste et de l'Union soviétique, où le salut au drapeau est devenu une obligation civique. La publication dénonce cette pratique comme une forme de "culte fétichiste" et met en garde les Américains contre l'adoption de telles coutumes, qui restreignent les libertés individuelles. Le texte souligne que toute déviation de ces rituels, comme un salut mal exécuté ou refusé, peut entraîner des suspicions et des persécutions<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 13.</ref>.


La publication souligne également les conditions sanitaires précaires, avec une absence généralisée de toilettes et un manque d’hygiène. Les rues de Saint-Jean, la principale ville de l’île, sont étroites, sinueuses et mal entretenues. Les missionnaires rapportent que la distribution de littérature est très limitée en raison de la censure et de l’oppression religieuse, mais ils considèrent ces difficultés comme une préparation aux « temps sérieux » à venir, en référence aux persécutions subies par les Témoins de Jéhovah en Allemagne<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 13.</ref>.
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=13|label=Aucune liberté au Québec|citation=No Liberty Left}} ===
 
Un extrait d'un discours de R. Th. Calder, un avocat catholique de Montréal, est cité pour dénoncer la loi du cadenas (Padlock Law) au Québec. Calder affirme qu'il ne reste "plus un vestige de liberté britannique" dans la province, la liberté n'existe que par tolérance. La publication utilise cette déclaration pour illustrer l'oppression exercée par l'Église catholique au Québec, où les libertés individuelles sont restreintes et où les accusations secrètes et les dénonciations anonymes sont monnaie courante<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 13.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=14|label=Le fascisme|citation=Fascism}} ===
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=14|label=Le fascisme|citation=Fascism}} ===


Cette section analyse le fascisme et ses manifestations dans différents pays. La publication définit l’État totalitaire comme un système où le gouvernement exerce un contrôle absolu sur la vie des citoyens, tant sur le plan économique que social. Elle cite Ogden L. Mills, qui affirme que ce type de régime nécessite une administration permanente et que, une fois au pouvoir, les dirigeants fascistes ne peuvent être renversés que par la force, comme en témoigne l’exemple d’Adolf Hitler en Allemagne<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 14.</ref>.
Cette rubrique analyse le concept d'État totalitaire, ou fascisme, tel que décrit par Ogden L. Mills. Selon la publication, le fascisme repose sur une économie planifiée, où le gouvernement contrôle tous les aspects de la vie des citoyens, tant comme producteurs que comme consommateurs. Ce système nécessite un pouvoir autoritaire et permanent, où les dirigeants, une fois élus, ne peuvent être renversés que par la force. La publication souligne que les régimes fascistes, comme ceux de l'Allemagne nazie ou de l'Italie mussolinienne, suppriment les libertés individuelles et instaurent un climat de terreur<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 14.</ref>.


L’article dénonce également les pratiques fascistes, notamment la répression violente des opposants et les attaques contre les civils en temps de paix, comme les bombardements aériens ou les attaques de sous-marins. La publication critique les États-Unis pour leur soutien à des régimes fascistes, citant des personnalités comme Basil Harris, Kelley Graham ou Joseph P. Grace, qui auraient contribué à financer les forces de Franco en Espagne. Elle souligne que le fascisme, sous couvert de lutter contre le communisme, cherche en réalité à supprimer toute forme de liberté dans le monde, avec des pays comme l’Italie, l’Allemagne et le Japon disposant de 2 millions de tonnes de navires de guerre et de 200 millions d’hommes prêts à intervenir<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 14.</ref>.
La rubrique cite également un discours du président américain Franklin D. Roosevelt, qui dénonce les attaques contre les civils et les navires en temps de paix, ainsi que l'ingérence des nations étrangères dans les guerres civiles d'autres pays. La publication interprète ces propos comme une description du fascisme, bien que le terme ne soit pas explicitement mentionné<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 14.</ref>.


Enfin, la publication cite Westbrook Pegler, qui critique les demandes des régimes fascistes visant à limiter la liberté d’expression aux États-Unis. Pegler affirme que les pays libres doivent résister à ces pressions et refuser de se soumettre aux dictateurs, sous peine de perdre leurs droits fondamentaux<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 14.</ref>.
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=14|label=Quelques fascistes éminents aux États-Unis|citation=A Few Prominent}} ===
 
Une liste de personnalités américaines accusées de soutenir le fascisme est présentée, incluant Basil Harris (International Mercantile Marine), Kelley Graham (président de la First National Bank de Jersey City), Ogden Hammond (banquier), Joseph P. Grace (magnat du transport maritime) et Thomas F. Woodlock (du ''Wall Street Journal''). Ces individus sont décrits comme membres d'un comité fasciste dirigé par le pape, chargé de lever des fonds pour soutenir les forces de Franco en Espagne. La publication les présente comme des exemples de l'influence fasciste aux États-Unis<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 14.</ref>.
 
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=14|label=Qu'est-ce que l'américanisme ?|citation=What Is Americanism?}} ===
 
Cet article remet en question la notion d'"américanisme" en critiquant des institutions et des pratiques jugées contraires aux valeurs américaines. La publication interroge si des organisations comme l'American Legion ou les Veterans of Foreign Wars, connues pour leurs revendications financières, incarnent vraiment l'américanisme. Elle critique également l'Université Harvard pour avoir renoncé à sa liberté académique, ainsi que le travail des enfants dans les usines et les conserveries, légalisé par le refus de l'État de New York de ratifier l'amendement sur le travail des enfants. Le texte dénonce aussi les méthodes violentes utilisées pour réprimer les mouvements communistes, comme à Tampa, et la privatisation des ressources naturelles par les administrations successives à Washington<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 14.</ref>.
 
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=14|label=La volonté de contrôler le monde|citation=The Drive te}} ===
 
La publication interprète les actions de la hiérarchie romaine, ainsi que celles de l'Italie, de l'Allemagne et du Japon, comme une tentative de supprimer le communisme pour mieux contrôler le monde. Elle affirme que cette lutte contre le communisme n'est qu'un prétexte pour détruire toute forme de liberté, citant les 2 millions de tonnes de navires de guerre et les 200 millions d'hommes mobilisables dont disposent ces nations. La publication souligne que la définition du communisme utilisée par ces régimes est suffisamment vague pour englober des pays comme la France, la Grande-Bretagne ou les États-Unis, et que quiconque s'oppose à leurs dirigeants est étiqueté comme "communiste"<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 14.</ref>.
 
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=14|label=Pegler sur Hitler et Mussolini|citation=Pegler on Hitler}} ===
 
Un extrait d'un commentaire du journaliste Westbrook Pegler est cité pour dénoncer les exigences des régimes fascistes, qui demandent aux pays libres de restreindre la liberté d'expression pour ne pas les offenser. Pegler affirme que la seule réponse appropriée est de "leur marcher sur les pieds et de leur dire d'aller au diable", sous peine de voir les libertés individuelles réduites à néant. La publication utilise cette citation pour illustrer l'opposition des Témoins de Jéhovah aux régimes totalitaires et leur engagement en faveur de la liberté<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 14.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=15|label=Convention des Témoins de Jéhovah pour le Nord-Ouest|citation=Convention of Jehovah’s}} ===
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=15|label=Convention des Témoins de Jéhovah pour le Nord-Ouest|citation=Convention of Jehovah’s}} ===
La publication annonce une convention des Témoins de Jéhovah prévue à Seattle, dans l'auditorium civique de la ville, du 2 au 5 juin 1938. Cette rencontre est destinée aux fidèles des États du Nord-Ouest américain et de l'Ouest canadien. Joseph Franklin Rutherford, alors président de la Société Watch Tower, est attendu comme orateur principal. Il doit prononcer un discours intitulé « Violence » le dimanche 5 juin à 15 heures, à la fois devant les participants et un large auditoire radiophonique. Les organisateurs anticipent la présence d'environ 16 000 personnes. Les visiteurs sont invités à s'organiser pour leur hébergement, certains prévoyant de camper dans des tentes ou des caravanes, tandis que d'autres réserveront des chambres d'hôtel ou des logements privés. Un comité local, basé au 800 Broadway à Seattle, coordonne les préparatifs et répond aux demandes d'information<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 16.</ref>.
La publication annonce une convention des Témoins de Jéhovah prévue à Seattle, dans l'auditorium civique de la ville, du 2 au 5 juin 1938. Cette convention est destinée aux fidèles résidant dans les États du Nord-Ouest des États-Unis et dans l'Ouest du Canada. Joseph Franklin Rutherford, alors président de la Société Watch Tower, doit y assister et prononcer un discours radiodiffusé intitulé « Violence » le dimanche 5 juin à 15 heures. Les organisateurs anticipent la présence de 16 000 personnes et prévoient des arrangements pour accueillir les visiteurs, notamment en automobile, en caravane ou en tente. Les résidents locaux seront sollicités pour inviter le public à assister à l'assemblée publique du dimanche<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 16.</ref>.


[[Fichier:consolation-du-4-mai-1938-en_p16_ill1.png|thumb|250px|right|Campement de caravanes lors de la convention de Columbus (Ohio) en 1937, évoquant les préparatifs similaires prévus pour Seattle.]]
[[Fichier:consolation-du-4-mai-1938-en_p16_ill1.png|thumb|250px|right|Campement de caravanes lors de la convention de Columbus (Ohio) en 1937, évoqué comme exemple pour Seattle.]]


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=17|label=Conseil biblique : Les « autorités supérieures »|citation=Counsel}} ===
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=17|label=Conseil Les « autorités supérieures » dans Romains 13:1|citation=Counsel}} ===
Un lecteur interroge la publication sur l'interprétation de <CiteBible>Romains 13:1</CiteBible>, qui stipule que « toute âme soit soumise aux autorités supérieures ». La question porte sur la légitimité des régimes autoritaires comme ceux de Mussolini et Hitler, considérés comme des « Césars » modernes, et sur l'obligation éventuelle de leur obéir au nom de ce verset. La réponse de la rédaction rejette cette interprétation, affirmant que ce passage ne s'adresse pas aux nations en général, mais uniquement aux membres de l'organisation divine, c'est-à-dire ceux qui ont conclu une alliance avec Jéhovah pour accomplir sa volonté. Selon la publication, les « autorités supérieures » désignent Jéhovah Dieu et Jésus-Christ, seuls détenteurs du pouvoir légitime. Toute autre interprétation, notamment celle qui attribuerait ce rôle aux gouvernements terrestres, est présentée comme une distorsion des Écritures, incompatible avec l'unité des lois divines<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 17.</ref>.
Cette rubrique répond à une question doctrinale sur l'interprétation de <CiteBible>Romains 13:1</CiteBible>, qui affirme : « Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu ». La publication rejette l'idée que ce verset s'applique aux dirigeants politiques comme Mussolini ou Hitler, ou aux « États » en général. Elle précise que ce passage s'adresse exclusivement aux membres de l'organisation divine, c'est-à-dire ceux qui ont fait alliance avec Jéhovah Dieu pour accomplir sa volonté. Selon l'interprétation présentée, les « autorités supérieures » désignent Jéhovah Dieu lui-même et Jésus-Christ, qui constituent ensemble la seule autorité légitime. Toute personne acceptant de suivre Christ doit se soumettre à cette autorité divine, et non aux lois des nations terrestres, qui varient d'un pays à l'autre et sont jugées incohérentes. La publication souligne que Dieu n'impose cette soumission à personne, mais offre à chacun la possibilité de s'engager volontairement dans cette alliance<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 17.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=17|label=Photographies et instantanés|citation=Photographs and Snapshots}} ===
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=17|label=Photographies et instantanés|citation=Photographs and Snapshots}} ===
La rédaction encourage les lecteurs à envoyer des photographies et instantanés illustrant des scènes intéressantes, des événements marquants ou des activités liées au Royaume de Dieu menées par les Témoins de Jéhovah. Ces images, autrefois difficiles à reproduire, peuvent désormais être publiées grâce à des équipements améliorés, à condition qu'elles soient nettes et de bonne qualité. Les lecteurs sont invités à joindre une description détaillée de chaque cliché, identifié au dos par un numéro écrit à l'encre ou au crayon doux. Bien que tous les envois ne puissent être utilisés, la publication souligne l'intérêt de partager ces documents avec un large public plutôt que de les conserver pour un usage personnel<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 17.</ref>.
La rédaction de ''Consolation'' invite ses lecteurs à envoyer des photographies et instantanés illustrant des scènes intéressantes, des événements inhabituels ou des activités liées au Royaume de Dieu menées par les Témoins de Jéhovah. Ces images pourraient être publiées dans les futurs numéros de la revue. Les lecteurs sont encouragés à joindre une description détaillée de chaque photographie, identifiée au dos par un numéro écrit à l'encre ou au crayon doux. Bien que toutes les images envoyées ne puissent pas être utilisées, ni même retournées ou accusées de réception, la rédaction espère que les lecteurs trouveront une motivation à partager leurs clichés pour le plaisir de milliers de personnes, plutôt que de les conserver pour un usage strictement personnel<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 17.</ref>.
 
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=18|label=Pennsylvanie – Divers articles|citation=Pennsylvania}} ===
Cette rubrique regroupe plusieurs articles courts concernant l'État de Pennsylvanie.
 
Un montagnard nommé John Marsh refuse catégoriquement de faire vacciner son fils de sept ans contre la variole, préférant purger une peine de prison plutôt que de céder à ce qu'il considère comme une superstition. Il s'appuie sur des exemples de pays comme le Japon ou les Philippines, où la vaccination massive n'a pas empêché la propagation de la maladie. Il a déjà été emprisonné pendant huit mois pour le même motif<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 18.</ref>.
 
Andrew Mellon, milliardaire décédé, a organisé sa succession de manière à éviter que les États-Unis ou la Pennsylvanie ne perçoivent une part de son immense fortune, estimée à 500 millions de dollars. Il a tout légué à un trust éducatif et caritatif contrôlé par son fils, son gendre et son avocat. Le gouvernement conteste cependant le statut d'exonération fiscale de ce trust<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 18.</ref>.
 
La Cour d'appel du circuit des États-Unis à Philadelphie a statué que l'occupation illégale d'une usine par des grévistes « assis » (sit-down strike) était illégale. Cette décision concerne 250 grévistes qui avaient pris possession des usines Apex Hosiery pendant six semaines, empêchant les propriétaires d'utiliser leur bien et bloquant le travail de 2 500 autres employés souhaitant reprendre leur activité<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 18.</ref>.
 
Le Dr Lester K. Ade, surintendant de l'instruction publique de Pennsylvanie, exprime son opposition à l'obligation pour les écoliers de saluer le drapeau, une pratique qu'il associe aux régimes autoritaires comme ceux de Hitler ou Mussolini, mais qu'il juge inappropriée pour le public américain<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 18.</ref>.
 
La revue rappelle également que le premier drapeau américain, composé d'étoiles et de bandes, a été conçu par Francis Hopkinson, cousu par Margaret Manny et hissé lors d'une célébration navale le 4 juillet 1777. Betsy Ross n'a joué aucun rôle dans sa création<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 18.</ref>.
 
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=18|label=New York et Philadelphie – Divers articles|citation=New York and Philadelphia}} ===
À New York, les aviateurs russes Gromoff, Yumashef et Danilin, qui ont réalisé un vol record au-dessus du pôle Nord, ont été chaleureusement accueillis par le maire La Guardia. En revanche, le maire de Philadelphie, Davis Wilson, sous l'influence du cardinal Dougherty, a refusé de les recevoir, ce que la publication interprète comme un affront envers Philadelphie<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 18.</ref>.
 
Un employeur philadelphien, J. Harvey Gravell, a remboursé les dettes de ses employés au début de l'année 1937, pour un montant total d'environ 100 000 dollars. Chaque employé a reçu au moins 100 dollars, et l'un d'eux a bénéficié de 7 000 dollars pour rembourser son hypothèque et d'autres dettes<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 18.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=18|label=Pennsylvanie : Actualités locales|citation=Pennsylvania}} ===
Le gouverneur de Pennsylvanie, George Earle, s'est opposé à la projection du film « Spain in Flames », arguant que cela pourrait favoriser la cause de la République espagnole et encourager des partisans de la liberté, comme Lafayette ou Kosciuszko, à prendre position. Cette opposition est présentée comme un rejet des valeurs de liberté, symbolisées par la cloche de la Liberté, toujours présente dans l'État<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 18.</ref>.
Plusieurs brèves relatent des événements et des controverses en Pennsylvanie. Un montagnard, John Marsh, refuse de faire vacciner son fils de sept ans contre la variole, préférant purger une peine de prison plutôt que de céder à une pratique qu'il juge superstitieuse. La publication souligne l'inefficacité de la vaccination dans des pays comme le Japon ou les Philippines, où elle est pourtant largement appliquée. Par ailleurs, Andrew Mellon, magnat décédé, est présenté comme ayant organisé son patrimoine pour échapper aux taxes fédérales et étatiques, léguant l'essentiel de sa fortune à un trust éducatif et caritatif contrôlé par sa famille. La Cour d'appel des États-Unis de Philadelphie déclare illégale la grève sur le tas menée par 250 ouvriers de l'usine Apex Hosiery, bloquant l'accès à leur employeur et empêchant 2 500 autres salariés de travailler. Enfin, le surintendant de l'instruction publique de Pennsylvanie, Lester K. Ade, critique l'obligation pour les écoliers de saluer le drapeau, une pratique qu'il associe aux régimes fascistes plutôt qu'aux valeurs américaines<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 18.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=18|label=New York et Philadelphie|citation=New York and Philadelphia}} ===
À Meadville, une église méthodiste a affiché un panneau annonçant un culte intitulé « Worms for Lark’s Feathers » (Des vers pour les plumes d'alouette), illustrant selon la publication une forme de religiosité déconnectée de la réalité<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 18.</ref>.
La publication compare les réactions des maires de New York et de Philadelphie à l'arrivée des aviateurs soviétiques Gromoff, Yumashef et Danilin, qui avaient réalisé un vol record au-dessus du pôle Nord. Alors que Fiorello La Guardia les accueille chaleureusement à New York, le maire de Philadelphie, Samuel Davis Wilson, proche du cardinal Dougherty, refuse de les recevoir, un geste interprété comme un affront envers la ville. Par ailleurs, un employeur philadelphien, J. Harvey Gravell, rembourse les dettes de ses employés au début de l'année 1937, leur permettant de commencer l'année avec une ardoise vierge. Enfin, le gouverneur de Pennsylvanie, George Earle, s'oppose à la projection du film « Spain in Flames », craignant qu'il ne suscite des sympathies pour la République espagnole et n'encourage des engagements pro-libertaires<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 18.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=19|label=États du Sud-Atlantique : Enjeux politiques et sociaux|citation=South Atlantic States}} ===
Enfin, la tour d'antenne de la station de radio KDKA à Pittsburgh est présentée comme la plus haute structure entièrement soudée au monde, avec une hauteur de 718 pieds pour seulement 5 pieds de largeur<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 18.</ref>.
La publication aborde plusieurs sujets liés aux États du Sud-Atlantique. Un expert en immigration, Thomas Hocati, dénonce les souffrances infligées aux étrangers et à leurs familles par les lois américaines sur la déportation, soulignant l'arbitraire et la cruauté des autorités. Un exemple frappant est celui d'un Écossais, incapable de retourner dans son pays faute de preuve de naissance, qui est emprisonné pour vagabondage. Par ailleurs, la montée en puissance du Congress of Industrial Organizations (C.I.O.) est critiquée, avec des accusations de collusion entre ce syndicat et le gouvernement, notamment en raison d'une contribution de 500 000 dollars au fonds de campagne démocrate. Le représentant Treadway suggère que cette donation explique la politique de « non-intervention » du gouvernement face aux actions du C.I.O. Enfin, des statistiques compilées par Ben E. Adams révèlent que 16,5 millions de citoyens nés à l'étranger, 3,5 millions d'immigrés illégaux et 6 millions de travailleurs non naturalisés vivent aux États-Unis, posant la question des conséquences économiques et sociales d'une éventuelle expulsion massive<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 19.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=20|label=« En terre de Dixie » : Témoignages et anecdotes|citation=In Dixie Land}} ===
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=19|label=États de l'Atlantique Sud – Divers articles|citation=South Atlantic States}} ===
Plusieurs témoignages et anecdotes illustrent la vie dans les États du Sud. Un cultivateur de coton, H. Sillaway, décrit les conditions de travail dans les champs, expliquant que la cueillette du coton, bien que physiquement exigeante, n'est pas considérée comme une corvée par la plupart des travailleurs. Il détaille les techniques de cueillette, les salaires variables selon les régions (de 65 cents à 1 dollar pour 100 livres de coton), et les petits désagréments comme les coupures aux doigts causées par les capsules de coton. Par ailleurs, deux jeunes filles de l'école du Royaume à Atlanta partagent un extrait de leur manuel d'histoire, révélant que les Pères Pèlerins rejetaient les fêtes de Pâques, du 1er mai et de Noël, les considérant comme païennes. Enfin, un récit humoristique raconte comment un vieil homme, invité à une réunion de réveil par sa femme pieuse, refuse de donner de l'argent à une quêteuse en arguant qu'il préfère remettre lui-même sa contribution à Dieu, compte tenu de son âge avancé<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 20.</ref>.
Cette rubrique aborde plusieurs sujets liés aux États du Sud des États-Unis.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=21|label=California, l'incroyable|citation=California sustains}} ===
Thomas Hocati, expert en immigration, décrit les souffrances infligées aux étrangers et à leurs familles par les lois et règlements américains sur la déportation. Il cite des cas extrêmes, comme celui d'un Écossais qui, faute de pouvoir être renvoyé dans son pays d'origine en raison de l'absence de preuve de naissance, a été libéré puis emprisonné pendant six mois pour absence de moyens de subsistance. Un autre exemple concerne un couple marié, l'un américain et l'autre canadien, qui se voit interdire l'entrée dans leurs pays respectifs, ne pouvant se retrouver que lors de traversées en ferry sur la rivière Detroit<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 19.</ref>.


La rubrique met en avant le caractère paradoxal de la Californie, qualifiée d'« incroyable » pour son mélange de répression et de libertés. Le journal souligne une décision judiciaire historique : un juge de Sacramento ordonne la réintégration d'Helen Gabrielli, une Témoin de Jéhovah exclue de son école pour avoir refusé de saluer le drapeau<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 21.</ref>. Cette décision est présentée comme un acte de défense de la démocratie, contrastant avec d'autres pratiques autoritaires observées dans le même État, comme l'emprisonnement prolongé de Tom Mooney et Warren Billings, accusés à tort d'un attentat à la bombe en 1916<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 21.</ref>. La publication critique également la présence de groupes d'extrême droite, comme les *Silver Shirts*, et l'arrestation d'Upton Sinclair pour avoir lu la Constitution en public, tout en célébrant la décision du juge Shields comme un symbole de résistance à l'oppression<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 21.</ref>.
La publication critique également les pratiques religieuses jugées superstitieuses, comme l'utilisation de chapelets, de bougies et d'« eau bénite »<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 19.</ref>.


Un article signé du *Baltimore Evening Sun* est cité pour illustrer ce paradoxe, soulignant que la Californie reste « incroyable » non pas par absurdité, mais par sa capacité à incarner à la fois la répression et la liberté<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 21.</ref>.
Un article dénonce la montée en puissance du Congress of Industrial Organizations (C.I.O.), un syndicat américain, dont le dirigeant, John L. Lewis, est accusé de bénéficier de soutiens politiques pour imposer son influence. Le ''Norfolk Ledger Dispatch'' affirme que les gouvernements fédéral et des États ont capitulé devant le C.I.O., dont les actions sont qualifiées d'illégales<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 19.</ref>.


La rubrique aborde également la mort de Charles M. Fickert, procureur connu pour avoir orchestré la condamnation injuste de Tom Mooney, et celle de Frank Oxman, un témoin clé dont les faux témoignages avaient contribué à cette condamnation. La publication célèbre leur disparition, les associant à des « parjures » et des « défenseurs de parjures », et cite le passage biblique <CiteBible>Romains 1:29-32</CiteBible> pour appuyer son rejet de leurs actions<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 21.</ref>.
Le représentant Treadway, du Massachusetts, suggère que la contribution de 500 000 dollars du C.I.O. au fonds de campagne du Parti démocrate pourrait expliquer la politique de « non-intervention » du gouvernement fédéral envers ce syndicat<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 19.</ref>.


Enfin, un encadré dénonce les croyances religieuses traditionnelles, comme l'idée d'un Dieu infligeant des tourments éternels ou l'efficacité des prières payantes pour réduire les souffrances du purgatoire, les qualifiant d'« incroyables » et de préparatoires à des jugements tout aussi irrationnels, comme celui de la Cour suprême de Californie concernant l'affaire Mooney<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 21.</ref>.
Ben E. Adams, un Américain de Caroline du Sud, présente des statistiques sous forme de comptabilité, montrant que sur 27,5 millions de personnes issues de l'immigration, 16,5 millions sont des citoyens naturalisés, 3,5 millions sont en situation illégale, 6 millions occupent des emplois sans être naturalisés, et 1,5 million dépendent de l'aide sociale. Il conclut que l'expulsion de 10,5 millions d'étrangers causerait un préjudice considérable au pays<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 19.</ref>.


==== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=21|label=Pourquoi, Detjen !|citation=Why, Detjen!}} ====
Enfin, la publication critique l'augmentation de l'utilisation du courrier affranchi par les départements exécutifs du gouvernement américain, qui est passée de 302 millions d'envois en 1930 à 669 millions en 1936. Cette hausse est attribuée à la nomination du président du Comité national démocrate au poste de directeur général des postes, et est présentée comme une des causes du déficit de 72 millions de dollars enregistré par le département des Postes l'année précédente<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 19.</ref>.


Cet article commente une chronique de Detjen, qui souligne l'impact mondial de la résistance des parents d'Helen Gabrielli, tous deux sourds-muets, dans l'affaire du salut au drapeau. La publication salue la portée symbolique de leur victoire, tout en ironisant sur la contradiction d'un président américain, Franklin D. Roosevelt, qui organise un « congrès de la paix » en Argentine tout en lançant la construction de navires de guerre et d'avions de bombardement à son retour<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 21.</ref>.
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=20|label=« En terre de Dixie » – Divers articles|citation=In Dixie Land}} ===
Cette rubrique traite de sujets variés liés aux États du Sud des États-Unis.


==== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=21|label=Fickert est mort|citation=Fickert Is}} ====
Un article décrit les conditions de la cueillette du coton, soulignant que cette culture est plus haute qu'il n'y paraît, avec des plants pouvant atteindre jusqu'à six pieds de hauteur. La cueillette est présentée comme un travail exigeant une certaine dextérité, mais peu pénible pour le dos, et bien rémunéré par rapport aux autres travaux agricoles dans le Sud. Les cueilleurs expérimentés peuvent récolter entre 200 et 250 livres de coton par jour, pour un salaire variant entre 65 cents et un dollar par 100 livres, selon les régions et la demande. La publication mentionne également que les coupures aux doigts, causées par les coques de coton, sont rares et généralement sans gravité<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 20.</ref>.


La mort de Charles M. Fickert, procureur ayant contribué à l'emprisonnement injuste de Tom Mooney, est célébrée comme une victoire morale. La publication exprime sa satisfaction en citant la disparition de Fickert et d'Oxman, un témoin ayant commis un parjure dans cette affaire, et réaffirme que de tels individus « devraient tous être morts »<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 21.</ref>.
Deux jeunes filles de 11 et 12 ans, élèves d'une école du Royaume à Atlanta (Géorgie), partagent un extrait de leur manuel d'histoire intitulé « When We Were Colonies ». Ce passage explique que les Pères pèlerins rejetaient les fêtes païennes comme Pâques, le 1er mai et Noël, qu'ils considéraient comme « non chrétiennes ». La publication souligne que les écoles du Royaume de Jéhovah encouragent les élèves à utiliser leur raison et à rejeter les traditions religieuses imposées<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 20.</ref>.


==== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=21|label=Les travailleurs agricoles de Californie|citation=Vegetable Workers}} ====
Enfin, un récit humoristique raconte l'histoire d'un vieil homme peu intéressé par les églises, mais qui accompagne sa femme à une réunion de réveil pour lui faire plaisir. Lorsqu'une jeune femme lui demande s'il souhaite donner de l'argent au Seigneur, il répond qu'il préfère le faire lui-même, car il s'attend à rencontrer Dieu avant elle, compte tenu de son âge et de sa santé. Cette anecdote est présentée comme une illustration de l'hypocrisie des collectes religieuses<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 20.</ref>.


Cet article dénonce les conditions de travail des ouvriers agricoles en Californie, en particulier ceux récoltant des pois, payés seulement 14 cents par livre. La publication souligne l'injustice de ces salaires, contrastant avec les sommes dépensées par les employeurs pour réprimer les revendications syndicales : une organisation de Salinas aurait versé 49 325 dollars à des détectives privés en 1936 pour maintenir les salaires à un niveau bas<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 21.</ref>.
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=21|label=La Californie, toujours incroyable|citation=California sustains}} ===


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=22|label=Le magistrat Hermes en route vers la sortie|citation=Hermes Misfit}} ===
La Californie est présentée comme un État où, malgré des contradictions politiques marquées, une décision judiciaire récente a rétabli une élève exclue pour avoir refusé de saluer le drapeau, en raison de ses convictions religieuses en tant que Témoin de Jéhovah. Cette décision est qualifiée d'« honnête, décente et américaine » par la publication, qui souligne qu'elle contraste avec des pratiques associées à des régimes autoritaires comme le communisme ou le fascisme. Le texte mentionne également le cas des militants syndicaux Tom Mooney et Warren K. Billings, toujours emprisonnés, ainsi que la présence de groupes extrémistes comme les *Silver Shirts*<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 21.</ref>.


Cette rubrique critique le juge Joseph Hermes de Chicago, accusé d'avoir condamné Mary Schlactka, une Témoin de Jéhovah, à six mois de prison pour son refus de saluer le drapeau. L'*International Juridical Association Monthly Bulletin* est cité pour détailler les accusations portées contre Hermes, notamment des violations des canons éthiques professionnels et judiciaires<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 22.</ref>. La publication dénonce son comportement, incluant des examens publics devant des journalistes, l'expulsion violente d'avocats de la défense, et la manipulation médiatique pour influencer les procès. Hermes est également accusé d'avoir forcé Mary Schlactka à poser pour des photographies avec lui et son huissier, une pratique jugée contraire à l'éthique<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 22.</ref>.
Un éditorial du *Baltimore Evening Sun* est cité pour souligner le paradoxe californien, où la liberté américaine semble à la fois menacée et préservée par des décisions judiciaires progressistes. Le texte ironise sur le fait que la Californie reste « incroyable » dans un sens positif, malgré des affaires comme celle de Mooney, dont la condamnation repose sur des témoignages jugés invraisemblables par la Cour suprême de l'État<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 21.</ref>.


Un autre cas est mentionné, celui d'Eleanor Swimmer, arrêtée pour possession de littérature communiste, où Hermes aurait outrepassé ses pouvoirs en refusant un procès devant jury et en imposant une caution illégale<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 22.</ref>.
La publication critique également l'hypocrisie des croyances religieuses traditionnelles, comme l'idée d'un Dieu infligeant des tourments éternels ou l'efficacité des prières payantes pour réduire les souffrances du purgatoire, qualifiées de « préparations » à des déclarations judiciaires tout aussi invraisemblables<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 21.</ref>.


==== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=22|label=Calendrier de jeûne et d'abstinence|citation=Fast and}} ====
Enfin, le décès de Charles M. Fickert, procureur ayant contribué à l'emprisonnement de Mooney, est salué avec satisfaction, tout comme celui de Francis W. Oxman, un témoin ayant menti sous serment. Le texte cite <CiteBible>Romains 1:29-32</CiteBible> pour justifier l'idée que les menteurs et les persécuteurs méritent la mort, tout en espérant leur disparition future<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 21.</ref>.


La publication ironise sur le « Calendrier de jeûne et d'abstinence » distribué par *The New World*, un organe catholique, qui impose des règles alimentaires strictes selon le statut social, l'âge et le genre des fidèles. Ce calendrier détermine, pour 113 jours de l'année, le nombre de repas autorisés, la consommation de viande, et même l'heure à laquelle elle peut être ingérée<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 22.</ref>. La publication dénonce cette pratique comme une forme de contrôle absurde, soulignant que les travailleurs et leurs familles sont soumis à des restrictions différentes de celles des non-travailleurs, et ridiculise l'idée que les fidèles doivent consulter ce calendrier avant chaque repas<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 22.</ref>.
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==== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=22|label=Enfants espiègles|citation=Playful Little}} ====
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=22|label=Le juge Hermes, un magistrat incompétent|citation=Hermes Misfit}} ===


Cet article critique l'*American Legion*, une organisation d'anciens combattants, présentée comme un groupe d'hommes immatures malgré leur âge moyen de 42 ans. La publication décrit leurs actions lors d'une convention à Springfield, Illinois, où ils auraient perturbé la circulation, agressé des automobilistes, coupé des câbles de trolleybus, et volé des kiosques à journaux pour les utiliser comme obstacles<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 22.</ref>. Elle souligne également que plus de 90 % de ses membres ont été enrôlés de force pendant la Première Guerre mondiale et que la majorité n'a jamais combattu, les qualifiant de « lâches »<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 22.</ref>.
Le juge Joseph Hermes, de Chicago, est critiqué pour avoir condamné une Témoin de Jéhovah à six mois de prison pour son refus de saluer le drapeau, un acte motivé par ses convictions religieuses. La publication le décrit comme un magistrat inapte, dont les méthodes sont dénoncées par l'*International Juridical Association Monthly Bulletin*. Hermes est accusé d'avoir violé les *Canons of Professional Ethics* en orchestrant une publicité médiatique autour d'une affaire en cours, compromettant ainsi l'équité du procès. Il est également reproché d'avoir humilié des avocats en les faisant expulser manu militari de son tribunal, et d'avoir transformé sa salle d'audience en un spectacle pour journalistes et photographes<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 22.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=23|label=Par sentiers et ruisseaux et chemins de jardin (Le pommier)|citation=By Trail}} ===
Un autre cas est mentionné, celui d'Eleanor Swimmer, arrêtée pour possession de littérature communiste et soumise à un examen psychopathologique abusif. Hermes aurait également forcé une accusée, Mary Schlactka, à poser avec lui pour des photographes après l'avoir condamnée à une amende maximale pour son refus de saluer le drapeau. Ces agissements sont présentés comme une preuve supplémentaire de son incompétence et de son mépris pour les droits des justiciables<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 22.</ref>.


[[Fichier:consolation-du-4-mai-1938-en_p24_ill1.png|thumb|250px|right|Maison Bethel des éditeurs du royaume de Jéhovah à Copenhague, Danemark (à gauche) et *Kingdom Hall* à Honolulu, Hawaï (à droite).]]
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Cet article adopte un ton poétique et pédagogique pour expliquer la croissance des pommes à travers un dialogue entre Jane et deux enfants, Buddy et Bunny. Jane décrit la beauté des fleurs de pommier, leur parfum et leur rôle dans la pollinisation, tout en soulignant l'intervention des abeilles et des papillons dans ce processus<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 23.</ref>. Elle explique également la structure des fleurs, incluant les étamines, le pollen et le pistil, et détaille comment les graines se forment lorsque le pollen atteint les ovules. La publication insiste sur l'importance de ne pas cueillir les fleurs sauvages, car cela empêche la formation de graines et menace la survie des plantes<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 23.</ref>.


==== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=23|label=Pourquoi être inventeur ?|citation=Why Be}} ====
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=22|label=Le calendrier de jeûne et d'abstinence catholique|citation=Fast and}} ===


Un court article relate l'histoire d'une femme finlandaise qui, faute de bouillotte, utilise un fer à repasser électrique pour réchauffer son lit. L'incident provoque un incendie, et elle est condamnée à une amende pour gaspillage d'électricité. La publication utilise cet exemple pour ironiser sur les risques et les absurdités de l'innovation domestique<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 23.</ref>.
La publication se moque du *Fast and Abstinence Calendar* distribué par *The New World*, un organe catholique, qui impose des règles alimentaires complexes selon le statut social, l'âge et le sexe des fidèles. Ce calendrier détermine, pour 113 jours de l'année, si une personne peut manger de la viande, combien de repas complets elle est autorisée à prendre, et à quelles heures. Par exemple, les travailleurs et leurs familles sont soumis à des restrictions différentes de celles des non-travailleurs, et les personnes de plus de 59 ans bénéficient de règles spécifiques<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 22.</ref>.
 
Le texte ironise sur l'absurdité de ces règles, qui obligent les fidèles à consulter quotidiennement le calendrier avant de manger, et dénonce l'hypocrisie de l'Église catholique, qui prétend défendre la famille et la maternité tout en imposant des contraintes jugées ridicules. La publication qualifie ces pratiques de « pure bunk » (foutaises) et met en garde contre toute remise en question de ces croyances, sous peine de représailles divines<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 22.</ref>.
 
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=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=22|label=Les "enfants" de l'American Legion|citation=Playful Little}} ===
 
L'*American Legion*, une organisation d'anciens combattants, est critiquée pour son comportement immature et violent lors de sa convention à Springfield, dans l'Illinois. Bien que ses membres aient en moyenne 42 ans, la publication les compare à des enfants turbulents, décrivant leurs agissements comme des farces dangereuses : ils ont obstrué la circulation, frappé des automobilistes qui protestaient, coupé des câbles de trolleybus, et volé des kiosques à journaux pour les utiliser comme barricades. Ces actes sont présentés comme une preuve de leur manque de maturité et de leur irresponsabilité<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 22.</ref>.
 
Le texte souligne également que plus de 90 % de ces membres n'ont jamais combattu volontairement, ayant été enrôlés de force, et que la majorité d'entre eux n'ont jamais été exposés aux combats. Cette remarque vise à discréditer l'organisation, en opposant ses membres aux véritables soldats, qui n'auraient jamais rejoint l'*American Legion*<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 22.</ref>.
 
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=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=23|label=Par les sentiers, les ruisseaux et les jardins (Le pommier)|citation=Trail and}} ===
 
Cet article adopte un ton poétique et pédagogique pour expliquer la croissance des pommes à travers un dialogue entre une mère, Jane, et ses deux enfants, Buddy et Bunny. Jane décrit la beauté des fleurs de pommier, leur parfum et leur rôle dans la nature, tout en soulignant l'ignorance humaine face aux mystères de la création divine. Elle explique ensuite le processus de pollinisation : les étamines, qui produisent le pollen, et le pistil, qui contient les ovules. Les enfants découvrent que les abeilles et les papillons jouent un rôle essentiel en transportant le pollen d'une fleur à l'autre, permettant ainsi la formation des graines et, finalement, des fruits<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 23.</ref>.
 
Jane met en garde contre la cueillette excessive des fleurs sauvages, qui empêche la formation de graines et menace la survie des plantes. Elle explique que, dans le cas des arbres fruitiers, la partie inférieure du pistil se transforme en fruit (comme une pomme ou une pêche) une fois la pollinisation effectuée. Le texte se termine sur une note d'émerveillement face à la complexité et à la fragilité de ce processus naturel<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 23.</ref>.
 
[[Fichier:consolation-du-4-mai-1938-en_p24_ill1.png|thumb|250px|right|Maison Bethel et salle du Royaume à Copenhague (Danemark) et Honolulu (Hawaï)]]
 
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=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=23|label=Pourquoi être inventeur ?|citation=Why Be}} ===
 
Un fait divers humoristique est rapporté pour illustrer les risques de l'inventivité. Une femme finlandaise, à Helsingfors, a utilisé un fer à repasser électrique comme bouillotte pour réchauffer son lit. L'appareil a provoqué un incendie, et elle a été condamnée à une amende pour gaspillage d'électricité. La publication utilise cet exemple pour ironiser sur les dangers de l'innovation, tout en soulignant l'absurdité de certaines réglementations<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 23.</ref>.
 
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=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=24|label=Oslo et les États baltes|citation=Oslo and}} ===
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=24|label=Oslo et les États baltes|citation=Oslo and}} ===


Cette rubrique présente plusieurs brèves sur des sujets variés, principalement liés à l'Europe du Nord et à l'actualité des Témoins de Jéhovah.
Cette rubrique présente plusieurs brèves sur des sujets variés, principalement liés à l'Europe du Nord et aux activités des Témoins de Jéhovah.
 
Un témoignage d'un fidèle de Birmanie est rapporté : il affirme avoir entendu, aux petites heures du matin, le discours prononcé par le juge Rutherford à Columbus (Ohio) le 18 septembre 1937, grâce à une diffusion en ondes courtes. Un autre témoignage, en provenance de Suède, décrit la joie de David Morin, qui a pu écouter le même discours en direct, malgré l'interdiction de se rendre à la convention. Ces récits sont présentés comme des preuves de l'intervention divine, qualifiée d'« ange du Seigneur »<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 24.</ref>.
 
La publication souligne également l'opposition des Néerlandais à la guerre, malgré les tensions internationales. Les Pays-Bas sont décrits comme un pays pacifique, où les agriculteurs travaillent dans des polders situés sous le niveau de la mer, protégés par des digues. Cependant, le gouvernement néerlandais renforce ses fortifications face aux menaces extérieures, notamment en construisant des défenses aux frontières est et sud<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 24.</ref>.


Un premier article relate un témoignage d'un fidèle en Birmanie, qui affirme avoir entendu l'intervention de Joseph Rutherford lors d'une convention à Columbus, Ohio, le 18 septembre 1937, grâce à une diffusion en ondes courtes. La publication attribue cette expérience à une intervention divine, évoquant un « ange du Seigneur »<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 24.</ref>. Un autre témoignage similaire provient de Suède, où David Morin aurait également entendu l'intervention de Rutherford malgré l'interdiction de la secte dans son pays<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 24.</ref>.
Un article évoque la possibilité d'utiliser les volcans islandais pour produire de la nourriture. L'Islande, connue pour ses sources chaudes, envisage de chauffer des serres et de fournir de l'eau chaude à Reykjavik grâce à l'énergie géothermique. Cette initiative est présentée comme une solution innovante pour l'agriculture en climat froid<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 24.</ref>.


Un encadré souligne l'opposition des Néerlandais à la guerre, malgré les tensions internationales. La publication décrit les Pays-Bas comme un pays pacifique, où les agriculteurs travaillent dans des polders situés sous le niveau de la mer, conscients que leur pays pourrait être inondé en cas d'invasion. Malgré cette paix relative, le gouvernement néerlandais renforce ses fortifications aux frontières est et sud, en raison des menaces extérieures<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 24.</ref>.
Le Danemark est cité en exemple pour sa politique agricole : le gouvernement a acheté 11 451 fermes au cours des 25 dernières années, les a rénovées et les a confiées à des agriculteurs compétents. Malgré quelques défauts de paiement, 96,4 % des acheteurs ont honoré leurs engagements, et les pertes financières pour l'État ont été minimes<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 24.</ref>.


Un autre article évoque la pêche à la morue au large du Groenland, où des bancs importants sont exploités par des navires américains, français, britanniques, portugais et danois. La publication souligne la générosité du gouvernement danois envers les pêcheurs étrangers<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 24.</ref>.
Enfin, un article décrit les bancs de morues au large du Groenland, où des pêcheurs portugais ont récemment capturé 48 000 poissons en six jours à l'aide de lignes à main. Ces eaux sont fréquentées par des navires américains, français, britanniques, portugais et danois, et le gouvernement danois est salué pour sa gestion équitable des ressources halieutiques<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 24.</ref>.


Enfin, un encadré mentionne la possibilité d'utiliser les volcans islandais pour produire de la nourriture, en chauffant des serres grâce aux sources chaudes naturelles. Cette innovation permettrait de cultiver des légumes en hiver et de fournir de l'eau chaude à Reykjavik<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 24.</ref>.
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Un autre article rapporte que le Danemark a acheté 11 451 fermes au cours des vingt-cinq dernières années, les a aménagées et les a revendues à des agriculteurs. La publication souligne que seulement 3,6 % des acheteurs n'ont pas respecté leurs obligations de paiement, ce qui représente une perte totale de 9 085 dollars pour l'État<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 24.</ref>.
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=25|label=L'Europe centrale|citation=Central Europe}} ===


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=25|label=Europe centrale|citation=Central Europe}} ===
Cette rubrique se concentre sur les persécutions subies par les Témoins de Jéhovah en Europe centrale et sur les manœuvres politiques de l'Église catholique.


[[Fichier:consolation-du-4-mai-1938-en_p25_ill1.png|thumb|250px|right|Maison Bethel et imprimerie des éditeurs du royaume de Jéhovah à Prague, Tchécoslovaquie.]]
En Yougoslavie, les activités des Témoins de Jéhovah, qualifiés de « Bible Examiners », sont interdites. Malgré cette interdiction, leurs missionnaires utilisent des gramophones pour diffuser des enregistrements de leurs enseignements dans les villages de montagne. Leurs réunions se tiennent dans des caves ou des pièces secrètes, à l'abri des perquisitions policières. La publication suggère que cette répression est orchestrée par l'Église catholique romaine, qui chercherait à étouffer toute concurrence religieuse<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 25.</ref>.
Cette rubrique se concentre sur les persécutions subies par les Témoins de Jéhovah en Europe centrale, en particulier en Yougoslavie et en Autriche.


Un article dénonce les activités des prêtres catholiques en Yougoslavie, accusés de réprimer les Témoins de Jéhovah en utilisant des disques de gramophone pour diffuser leur propagande religieuse dans les villages montagneux. Bien que la secte soit interdite, ses missionnaires contournent cette interdiction en organisant des réunions clandestines dans des caves et des pièces cachées. La publication souligne que les autorités confisquent systématiquement les gramophones, les disques et les brochures des Témoins, et emprisonnent leurs propriétaires<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 25.</ref>.
Un journaliste britannique, Hubert Harrison, correspondant du *New York Times* et de Reuters, a été expulsé de Yougoslavie après avoir révélé des informations sur les dessins animés de *Mickey Mouse* critiquant la dictature catholique romaine. La publication affirme que la véritable raison de son expulsion est d'avoir dénoncé un accord secret visant à placer le pays sous l'influence du pape<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 25.</ref>.


Un autre article relate l'expulsion de Hubert Harrison, un journaliste britannique résidant en Yougoslavie depuis douze ans, correspondant pour le *New York Times* et Reuters. Bien que la raison officielle de son expulsion soit la diffusion d'un article sur des dessins animés de Mickey Mouse critiquant le régime catholique, la publication suggère que la véritable raison est sa révélation de la soumission du pays à l'influence du pape<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 25.</ref>.
En Autriche, les conditions de détention des prisonniers politiques sont décrites comme particulièrement dures. Les détenus n'ont droit à aucune accusation formelle, à aucun avocat, et sont interrogés en secret par la police, qui fixe également leur peine. La publication cite un article du *Manchester Guardian* pour illustrer cette situation, et annonce que les Témoins de Jéhovah en Autriche subiront désormais les mêmes persécutions que leurs coreligionnaires en Allemagne nazie, suite à l'annexion du pays par le Troisième Reich<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 25.</ref>.


Un encadré décrit les conditions de détention des prisonniers politiques en Autriche, où les accusés n'ont droit ni à un acte d'accusation formel, ni à une audience publique, ni à un avocat. Les interrogatoires se déroulent en secret dans les bureaux de la police, et les sentences sont fixées par les mêmes policiers qui mènent l'enquête. La publication annonce que, avec l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie, les Témoins de Jéhovah dans ce pays subiront probablement les mêmes persécutions que leurs coreligionnaires allemands<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 25.</ref>.
La Hongrie est critiquée pour son implication dans des actions catholiques et fascistes. Le pays a participé à une violation de la neutralité américaine en achetant un navire, le *Cayuga*, pour le renommer *Alba* et l'utiliser pour transporter des munitions destinées aux forces franquistes en Espagne. Le gouvernement italien aurait facilité cette opération, ce qui est présenté comme une preuve de la collusion entre le fascisme et l'Église catholique<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 25.</ref>.


Un autre article mentionne que la Hongrie commence à rembourser une dette contractée auprès des États-Unis en 1920 pour l'achat de farine. La publication ironise sur le fait que, alors que l'Europe se prépare à une nouvelle guerre, même les nations en défaut de paiement comme la Grande-Bretagne et la France s'interrogent sur la sagesse de leurs mensonges passés envers les États-Unis<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 25.</ref>.
Enfin, la Hongrie commence à rembourser une partie de sa dette envers les États-Unis pour de la farine achetée en 1920. Bien que les paiements soient modestes (22,8 % des sommes dues), la publication y voit un signe d'espoir pour un règlement plus large des dettes européennes, tout en ironisant sur les conséquences de la course aux armements en Europe<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 25.</ref>.


Enfin, un dernier encadré dénonce la participation de la Hongrie à l'« Action catholique », un mouvement fasciste soutenu par le Vatican. La publication cite l'exemple du consul hongrois à Gênes, qui aurait acheté un navire américain, l'*Alba*, pour le charger d'armes destinées aux forces franquistes en Espagne, en violation de la neutralité américaine<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 25.</ref>.
[[Fichier:consolation-du-4-mai-1938-en_p25_ill1.png|thumb|250px|right|Maison Bethel et imprimerie des éditeurs du Royaume à Prague (Tchécoslovaquie)]]


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=26|label=La Grande-Bretagne|citation=Looking Hitherward}} ===
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=26|label=La Grande-Bretagne|citation=Looking Hitherward}} ===


La rubrique consacrée à la Grande-Bretagne s'ouvre sur une critique acerbe des relations économiques et politiques entre le pays et les États-Unis. La publication dénonce une forme d'hypocrisie des dirigeants britanniques, accusés de chercher à obtenir un soutien financier américain en cas de guerre en Europe, tout en comptant sur le fait que les dettes contractées ne seraient jamais remboursées. Elle souligne que cette attitude est perçue en Europe comme une exploitation cynique des ressources américaines, sans intention réelle de restituer les fonds empruntés. La rhétorique employée compare les États-Unis à un prêteur abusif, évoquant l'image de Shylock pour illustrer le mépris supposé des Européens envers les créanciers américains<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 26.</ref>.
La rubrique consacrée à la Grande-Bretagne s'ouvre sur une critique acerbe des relations économiques et politiques entre le pays et les États-Unis. La publication dénonce une forme d'hypocrisie des dirigeants britanniques, accusés de chercher à soutirer des fonds américains sous prétexte d'une éventuelle guerre en Europe, tout en comptant sur le fait que ces dettes ne seraient jamais remboursées. Elle souligne le mépris perçu en Europe envers les « hommes d'État » américains, décrits comme des proies faciles pour des prêts destinés à financer des armements, sans espoir de remboursement. La publication compare cette dynamique à celle de la Première Guerre mondiale, où les États-Unis avaient été « saignés à blanc » pour soutenir les conflits européens, avant d'être vilipendés dès qu'ils osaient évoquer le remboursement des intérêts<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 26.</ref>.
 
L'article aborde ensuite la position de l'Église anglicane, présentée comme une institution opportuniste et sans principe. La publication critique son refus de se prononcer clairement sur des questions doctrinales, notamment son rejet récent des récits de la création dans la ''Genèse'' au profit d'une interprétation « mythologique ». Elle ironise sur les origines simiesques que les évêques attribuent à l'humanité, suggérant que des « exercices matinaux dans l'étable » pourraient les aider à accepter cette idée. L'Église est décrite comme une entité attachée à ses privilèges financiers (17,5 millions de dollars annuels) et politiques (24 évêques siégeant à la Chambre des Lords), tout en niant l'infaillibilité de la Parole de Dieu, ce qui, selon la publication, la rend nuisible pour le peuple<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 26.</ref>.
 
Un encadré relate une anecdote sur des bergers irlandais de Portadown, dans le comté d'Armagh, qui auraient donné des noms singuliers à leurs moutons, illustrant ainsi le verset <CiteBible>Jean 10:3</CiteBible> (« Il appelle ses propres brebis par leur nom »). La publication cite une liste de noms tels que « Wee Scabby », « Wide Horns » ou « Blackest Lamb », présentés comme une preuve de l'attachement des bergers à leurs bêtes, à l'image de l'amour du Christ pour ses disciples. Cette histoire est utilisée pour souligner la proximité entre les humains et les animaux, en opposition aux positions des évêques anglicans sur l'origine de l'homme<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 26.</ref>.
 
Enfin, la publication établit un parallèle entre deux figures apparemment opposées : Rosa Kennedy, une médium londonienne prétendant guérir les malades en invoquant les esprits de chefs zoulous décédés, et le Dr Arthur Hinsley, archevêque catholique de Westminster, qui accompagne des invalides britanniques à Lourdes pour des miracles. La publication affirme que les deux pratiques puisent leur source dans le même « commerce » démoniaque, dénonçant ainsi l'hypocrisie des institutions religieuses qui rejettent les médiums tout en promouvant des pèlerinages miraculeux<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 26.</ref>.
 
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=27|label=La consommation de bananes en Grande-Bretagne|citation=Eating Bananas}} ===
 
La publication rapporte que les Britanniques ont consommé 20,65 millions de régimes de bananes en 1936, soit un poids total de 413 000 tonnes. Ce chiffre, présenté comme un record, est utilisé pour illustrer l'évolution des habitudes alimentaires du pays, sans commentaire doctrinal particulier<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 27.</ref>.
 
[[Fichier:consolation-du-4-mai-1938-en_p27_ill1.png|thumb|250px|right|Siège de la Société Watch Tower à Berne (Suisse) et à Londres (Angleterre).]]
 
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=27|label=La liberté en déclin en Angleterre|citation=Liberty Slipping}} ===
 
Cet article dénonce une dérive autoritaire de la police britannique, comparée à celle d'autres pays. La publication relate l'arrestation d'une femme pour kleptomanie (qualifiée de « vol » pour les pauvres, tandis que les détournements financiers des riches sont présentés comme de la « finance ») et les tentatives abusives des forces de l'ordre pour séparer ses enfants de leur père, un homme honnête et travailleur. La publication critique l'absence de mandat légal pour ces actions et souligne l'arbitraire des autorités, qui auraient dû être poursuivies pour leur comportement. Elle conclut en suggérant que le mari aurait dû faire arrêter les policiers pour intrusion<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 27.</ref>.
 
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=27|label=Les « actes de Dieu » près de Liverpool|citation=Acts of God}} ===
 
La publication s'attaque à l'interprétation religieuse des catastrophes naturelles, en prenant l'exemple de grêles dévastatrices ayant ruiné des éleveurs de volailles et des arboriculteurs près de Liverpool en 1937. Lorsque ces derniers ont demandé une indemnisation au gouvernement, celui-ci a refusé en invoquant des « actes de Dieu ». La publication rejette cette explication, affirmant que ces tempêtes sont en réalité causées par Satan, et non par Jéhovah. Elle dénonce également l'hypocrisie du gouvernement britannique, qui se prétend « régnant par la grâce de Dieu », tout en agissant comme un instrument du Diable pour discréditer le nom divin. La publication conclut en annonçant que lors d'''[[Harmaguédon]]'', ceux qui auront ignoré les avertissements de Jéhovah n'auront aucune échappatoire<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 27.</ref>.
 
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=27|label=L'Irlande s'incline devant Mussolini et le Pape|citation=Bowing to Mussolini}} ===


Un encadré intitulé *« His Own Sheep by Name »* (Ses propres brebis par leur nom) relate l'histoire d'un jeune berger irlandais, Fred Fisher, décédé prématurément, qui avait l'habitude d'appeler ses moutons par des noms affectueux et originaux, tels que *« Wee Scabby »* (Petit Galeux) ou *« Blackest Lamb »* (Agneau le plus noir). Ce récit est présenté comme une illustration poétique de la relation personnelle que le berger entretenait avec son troupeau, en écho à la parabole du Bon Berger dans l'Évangile selon Jean (<CiteBible>Jean 10:3</CiteBible>)<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 26.</ref>.
La publication critique la décision de l'État libre d'Irlande de reconnaître officiellement l'annexion de l'Éthiopie par l'Italie fasciste, présentée comme un acte de soumission à Mussolini et au pape. Elle ironise sur le fait que l'Irlande, tout en refusant de s'incliner devant la Grande-Bretagne, accepte cette domination étrangère, et prédit que tous les hypocrites devront tôt ou tard se soumettre à cette réalité. Aucune référence doctrinale explicite n'est faite, mais le ton suggère une condamnation des compromis politiques avec les régimes autoritaires<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 27.</ref>.


La rubrique aborde également la position de l'Église anglicane, décrite comme opportuniste et hypocrite. La publication critique son refus de renoncer à ses privilèges financiers, notamment une dotation annuelle de 17,5 millions de dollars héritée de l'époque d'Henri VIII, tout en siégeant au Parlement et en influençant les débats politiques. Les évêques anglicans sont accusés de nier l'infaillibilité de la Parole de Dieu et de propager des idées évolutionnistes, notamment en qualifiant les récits de la Genèse de « mythologiques ». Leur origine est moquée par une comparaison ironique avec des exercices matinaux dans une étable<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 26.</ref>.
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=28|label=Commentaires britanniques|citation=British Comment}} ===


Un autre article, *« In the Same Business »* (Dans le même métier), établit un parallèle entre une médium spirite londonienne, Rosa Kennedy, et l'archevêque catholique de Westminster, Arthur Hinsley. La publication affirme que les deux pratiquent une forme de charlatanisme en prétendant guérir les malades, l'une en invoquant des esprits zoulous, l'autre en organisant des pèlerinages à Lourdes. Elle souligne que les sources de ces « miracles » sont identiques, à savoir des entités démoniaques, et que les coûts financiers pour les fidèles sont comparables<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 26.</ref>.
Sous la plume de J. Hemery (Londres), cette rubrique analyse les préparatifs militaires britanniques après l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie. L'auteur souligne que le discours du Premier ministre britannique, bien que minimisant les risques immédiats de guerre, a révélé l'absence d'alternative à une course aux armements. La publication cite des désaccords sur la politique gouvernementale, mais note un consensus sur la nécessité de se préparer à la violence. Elle évoque les discussions en cours avec les syndicats pour accélérer la production d'armements, tout en dénonçant les profits exorbitants réalisés par les industriels lors de la Première Guerre mondiale (exemple : dividendes de 50 % et bonus de 100 % pour Handley Page, ou profits de 2 millions de livres pour Vickers). La publication critique également l'optimisme naïf de certains, comme l'archevêque de Cantorbéry, qui espère que Hitler, après avoir réalisé son ambition autrichienne, renoncera à de nouvelles aventures militaires<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 28.</ref>.


Enfin, un court article intitulé *« Talking Back to Hitler »* (Répondre à Hitler) décrit les préparatifs militaires britanniques, notamment la construction de dix-neuf usines d'armement et d'aviation en vingt mois. La publication interprète ces efforts comme une tentative de s'allier aux États-Unis en feignant de rembourser une dette de guerre, tout en sachant pertinemment que celle-ci ne sera jamais honorée. Elle suggère que ces manœuvres visent à préparer le pays à une future guerre, qualifiée de *« Great Foolishness »* (Grande Folie)<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 26.</ref>.
L'article aborde ensuite les préparatifs civils face à la menace aérienne, notamment la production de 26 millions de masques à gaz et les exercices de défense passive. La publication souligne la terreur inspirée par les bombardements aériens, comparée à celle des tremblements de terre, et annonce que lors d'''[[Harmaguédon]]'', ceux qui auront rejeté les avertissements de Jéhovah n'auront aucune protection<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 28.</ref>.


[[Fichier:consolation-du-4-mai-1938-en_p27_ill1.png|thumb|250px|right|Siège de la Société Watch Tower à Berne (Suisse) et à Londres (Angleterre), présentés comme des foyers de l'activité des Témoins de Jéhovah.]]
Enfin, la publication critique l'appel à un « retour à la religion » lancé par les autorités religieuses, présenté comme une tentative désespérée de sauver une civilisation en déclin. Elle dénonce l'hypocrisie des clercs, qui ignorent délibérément les prophéties bibliques sur l'établissement du Royaume de Dieu sur Terre, et se concentrent plutôt sur des questions politiques ou morales. La publication affirme que ni la moralité ni la religion ne sauveront cette civilisation, car le jour de Jéhovah est déjà là, et les nations sont jugées selon les prophéties de <CiteBible>Sophonie 3:8</CiteBible><ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 28.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=27|label=Consommation de bananes et déclin des libertés en Angleterre|citation=Eating Bananas}} ===
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=29|label=« La Ligue montre toujours la voie »|citation=The League}} ===


Un article intitulé *« Eating Bananas by the Ton »* (Manger des bananes par tonnes) relève une tendance alimentaire en Grande-Bretagne : en 1936, les Britanniques ont consommé 20,65 millions de régimes de bananes, soit 413 000 tonnes. Ce détail anodin est présenté comme un indicateur des changements culturels et économiques dans le pays<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 27.</ref>.
La publication commente une lettre du secrétaire général du Conseil national des Églises libres, publiée dans un quotidien londonien, qui appelle à une mobilisation contre le « fléau du paganisme » et la dérive vers la « politique de puissance ». L'auteur de la lettre défend la Société des Nations comme une voie de « raison, d'honneur et de sécurité », et réclame une « Bible ouverte ». Cependant, la publication rejette cette interprétation, affirmant que les Églises libres utilisent la Bible non pas pour chercher la volonté de Jéhovah, mais pour justifier leurs propres ambitions politiques. Elle critique également leur soutien aux prophètes bibliques uniquement lorsqu'ils condamnent la tyrannie des agresseurs, tout en ignorant les autres aspects de leur message<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 29.</ref>.


La rubrique se poursuit avec un article plus critique, *« Liberty Slipping in England »* (La liberté glisse en Angleterre), qui dénonce une dérive autoritaire des forces de police britanniques. La publication relate l'arrestation d'une femme pour kleptomanie, un terme jugé hypocrite pour désigner un vol mineur, alors que les fraudes financières à grande échelle sont tolérées. L'article décrit une intervention policière jugée abusive : des agentes de police auraient tenté de retirer les enfants du foyer familial sans mandat, avant d'être chassées par le père. La publication suggère que cette affaire illustre une érosion des libertés individuelles et une tendance croissante à l'arbitraire policier<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 27.</ref>.
Un encadré relate une résolution adoptée lors d'une assemblée des Églises libres, qui se limite à des questions pratiques comme la sécurité routière ou la régulation de la vente d'alcool, sans aucune référence au Royaume de Dieu. La publication ironise sur le fait que cette résolution aurait pu être adoptée par n'importe quelle réunion de citoyens, et conclut que les religieux, s'ils entendaient la parole de Dieu comme le fit Jérémie, seraient traités avec le même mépris que ce prophète par leurs contemporains<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 29.</ref>.


Un autre article, *« “Acts of God” near Liverpool »* (Des « actes de Dieu » près de Liverpool), critique l'attitude des autorités britanniques face aux catastrophes naturelles. La publication rapporte que des agriculteurs et éleveurs de la région de Liverpool, victimes de grêles destructrices en 1937, se sont vu refuser toute indemnisation au motif que ces intempéries seraient des *« actes de Dieu »*. Elle rejette cette interprétation, affirmant que ces événements sont en réalité imputables à Satan, et non à Jéhovah. Elle dénonce également l'hypocrisie d'un gouvernement qui se prétend *« régner par la grâce de Dieu »*, tout en agissant comme un instrument du Diable pour discréditer le nom divin<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 27.</ref>.
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=29|label=Les clercs sont mécontents|citation=The Clerics Are}} ===


Enfin, un court article intitulé *« Bowing to Mussolini and the Pope »* (S'incliner devant Mussolini et le Pape) condamne la reconnaissance officielle par l'État libre d'Irlande de l'annexion de l'Éthiopie par l'Italie fasciste. La publication interprète cette décision comme une soumission aux dictatures et à l'influence du Vatican, tout en soulignant que cette position finira par s'imposer à tous les hypocrites<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 27.</ref>.
La publication rapporte les propos de l'évêque de Chelmsford, qui affirme dans un article que la civilisation est condamnée sans un retour rapide à la moralité et à la religion. Elle souligne l'inconfort de cette déclaration pour les dirigeants religieux, notamment ceux de l'Église anglicane, qui croient que l'Angleterre, en tant que « nation chrétienne », est immunisée contre les crises, même si d'autres pays s'effondrent. La publication dénonce cette illusion, rappelant que les affaires de l'État britannique sont menées sans aucune considération pour Dieu ou la justice, malgré les prières quotidiennes à la Chambre des Communes ou la présence de évêques à la Chambre des Lords. Elle conclut que les clercs, en rejetant les Écritures, ont perdu leur légitimité, et que leur « gestion » leur sera retirée<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 29.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=28|label=Commentaires britanniques sur la guerre et la religion|citation=British Comment}} ===
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=30|label=Heureux au service de Dieu|citation=Happy in God’s}} ===


Un article signé J. Hemery (Londres), intitulé *« War Fears and Preparations »* (Craintes et préparatifs de guerre), analyse les réactions britanniques à l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie. La publication rapporte que le Premier ministre britannique a reconnu, dans un discours au Parlement, que le pays n'avait d'autre choix que de se préparer activement à une guerre imminente. Elle souligne que, bien que certains désapprouvent cette politique, peu contestent la réalité de la violence qui se propage en Europe. Les préparatifs militaires ne sont plus présentés comme défensifs, mais comme potentiellement offensifs, notamment en raison de l'influence croissante de l'Italie fasciste en Méditerranée<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 28.</ref>.
Cet article contraste le malaise des religieux avec la joie des [[Témoins de Jéhovah]] (désignés comme « témoins de Jéhovah »), présentés comme heureux dans leur service divin. La publication décrit les assemblées des Témoins comme des rassemblements joyeux, malgré les difficultés actuelles, et souligne leur conviction que le Royaume du Christ apportera une ère de justice après la tribulation. Elle affirme que ces croyants, en proclamant la vérité malgré la persécution, trouvent leur bonheur dans la certitude que Jéhovah, le « Juge juste », vengera son saint nom lors du jour du jugement<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 30.</ref>.


L'article mentionne également des négociations entre le gouvernement et les syndicats pour accélérer la production d'armements. Les dirigeants syndicaux exigent des garanties, notamment que les profits générés par la guerre ne soient pas accaparés par des intérêts privés, comme cela avait été le cas lors de la Première Guerre mondiale. La publication cite des exemples de dividendes élevés versés par des entreprises d'armement, comme Handley Page (50 % de dividende plus un bonus de 100 %) ou Vickers (2 millions de livres de bénéfices), pour illustrer les enjeux économiques derrière les préparatifs militaires<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 28.</ref>.
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=30|label=La Hiérarchie et Hitler|citation=The Hierarchy and}} ===


Un autre passage aborde les mesures de protection civile, notamment la préparation aux attaques aériennes et aux attaques au gaz. La publication rapporte que 26 millions de masques à gaz ont déjà été distribués, et que des exercices de simulation d'attaques aériennes sont organisés dans tout le pays. Elle souligne l'angoisse suscitée par ces préparatifs, tout en rappelant que les véritables catastrophes, comme Armageddon, ne laisseront aucune échappatoire à ceux qui auront ignoré les avertissements de Jéhovah<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 28.</ref>.
La publication analyse les relations entre le régime nazi et la hiérarchie catholique, en s'appuyant sur une déclaration des cardinaux et évêques autrichiens lue dans toutes les églises catholiques du pays le 27 mars 1938. Ces derniers affirment que le mouvement national-socialiste a accompli un « travail remarquable » dans la réorganisation sociale de l'Autriche, notamment en faveur des plus pauvres, et qu'il a évité le danger du bolchevisme athée. Ils appellent les fidèles à soutenir le Reich allemand lors du plébiscite à venir. La publication interprète cette déclaration comme une confirmation de l'alliance entre Hitler et la hiérarchie catholique, déjà évoquée par [[Joseph Franklin Rutherford|Judge Rutherford]] dans un précédent numéro de ''Consolation''. Elle souligne que les évêques agissent sous le contrôle de la hiérarchie romaine, et que leur objectif réel est de promouvoir les intérêts de cette dernière, plutôt que de sauver l'Autriche de la « déchéance »<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 30.</ref>.


Un article intitulé *« “Call to Religion” »* (Appel à la religion) critique les appels des dirigeants religieux britanniques à un retour à la moralité et à la religion. La publication affirme que ces appels ignorent délibérément la promesse biblique de l'établissement du Royaume de Dieu sur Terre, une perspective absente des discours des archevêques, évêques et autres clercs. Elle souligne que ces derniers cherchent avant tout à influencer la politique, comme en témoigne l'intervention de l'archevêque de Cantorbéry au Parlement, où il a exprimé l'espoir que Hitler, après avoir réalisé son ambition autrichienne, renonce à de nouvelles aventures militaires. La publication dénonce cette approche, qui réduit la religion à un outil de stabilité politique plutôt qu'à une soumission à la volonté divine<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 28.</ref>.
La publication cite également un article du ''Sunday Times'' évoquant un concordat entre le Reich et l'Église catholique, ainsi que la déclaration de quatre surintendants protestants autrichiens saluant l'annexion de l'Autriche comme une « heure bénie par Dieu ». Elle conclut en dénonçant cette collusion entre les institutions religieuses et le régime nazi, présentée comme une trahison des principes chrétiens au profit du pouvoir politique<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 30.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=29|label=La religion face à la crise mondiale|citation=The League}} ===
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=31|label=La Gardienne d'oies|citation=The Goosegirl}} ===


Un article intitulé *« “The League Still Points” »* (La Société des Nations montre encore la voie) rapporte les positions du Conseil national des Églises libres britanniques, qui appelle à une mobilisation contre le *« fléau du paganisme »* et à un retour aux principes chrétiens pour éviter une dérive vers la politique de puissance. La publication critique cette vision, soulignant que ces appels s'appuient sur une interprétation biaisée de la Bible, utilisée non pas pour chercher la volonté de Jéhovah, mais pour justifier des intérêts politiques. Elle dénonce également l'attachement de ces religieux à la Société des Nations, présentée comme une voie de *« raison, d'honneur et de sécurité »*, tout en ignorant les prophéties bibliques sur le jugement divin imminent<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 29.</ref>.
La publication présente une description ethnographique de la figure traditionnelle de la gardienne d'oies en Alsace-Lorraine, région frontalière entre la France et l'Allemagne. Ce personnage, souvent représenté avec un foulard sur la tête, un corsage lacé et un tablier, incarne une pratique rurale où les jeunes filles gardent les oies tout en tricotant des vêtements pour l'hiver. Les oies, considérées comme un luxe et une nécessité dans cette région, sont élevées en grand nombre et jouent un rôle central lors des fêtes familiales, où l'oie farcie est un plat traditionnel. Cependant, le foie des oies est réservé à la fabrication du ''pâté de foie gras'', une spécialité culinaire exportée dans le monde entier et servie dans les grands hôtels et sur les paquebots de luxe. La gardienne d'oies, ou ''Ganseliesel'', est si emblématique de l'Alsace-Lorraine qu'elle est représentée sur des fontaines et célébrée par des poètes locaux comme Lustig et Erckmann-Chatrian<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 31.</ref>.


Un autre article, *« The Clerics Are Unhappy »* (Les clercs sont mécontents), cite les propos du évêque de Chelmsford, qui affirme que la civilisation est condamnée sans un retour rapide à la moralité et à la religion. La publication interprète cette déclaration comme un aveu d'échec, soulignant que les dirigeants religieux, notamment ceux de l'Église d'Angleterre, refusent d'admettre que leur propre hypocrisie contribue à la crise. Elle rappelle que les affaires de l'État britannique sont menées sans aucun égard pour Dieu, malgré les prières rituelles au Parlement, et que les évêques, bien qu'habillés en représentants du *« domaine spirituel »*, ne sont que des acteurs du système politique corrompu<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 29.</ref>.
Une illustration accompagne cet article, montrant une jeune fille en costume traditionnel surveillant un troupeau d'oies.


Un passage intitulé *« “Call to Religion” »* (suite) critique une déclaration d'un autre clerc, qui compare la situation mondiale à des canoës emportés vers les chutes du Niagara, et qui affirme que seul un *« grand réveil religieux »* pourrait restaurer la confiance. La publication rejette cette vision, rappelant que les véritables solutions se trouvent dans l'établissement du Royaume de Dieu, un thème absent des discours religieux dominants. Elle souligne que les clercs, en rejetant les Écritures, ont trahi la vérité pour des gains matériels et une popularité mondaine, et que leur *« gestion »* leur sera retirée<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 29.</ref>.
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=31|label=Campagne d'abonnement à ''Consolation''|citation=We Are}} ===


Enfin, un article intitulé *« Happy in God’s Service »* (Heureux au service de Dieu) contraste l'inquiétude des religieux avec la joie des Témoins de Jéhovah, qui se réjouissent de leur service en dépit des persécutions et des difficultés. La publication décrit les rassemblements des Témoins comme des moments de bonheur, et souligne que leur foi en la venue prochaine du Royaume de Christ les soutient face aux tribulations actuelles. Elle affirme que Jéhovah, en tant que Juge juste, *« vengera son saint nom »* lors du jour du jugement, une perspective qui échappe totalement aux dirigeants religieux<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 29.</ref>.
La revue annonce le lancement d'une campagne massive visant à augmenter son tirage. Depuis le 9 avril, les lecteurs sont encouragés à souscrire de nouveaux abonnements et à distribuer des exemplaires supplémentaires parmi leurs proches. Pour faciliter cette démarche, une offre spéciale est proposée : 40 exemplaires du numéro en cours pour un dollar (1,25 dollar en dehors des États-Unis). La publication se présente comme un média franc et courageux, refusant de minimiser les difficultés du monde contemporain tout en offrant une perspective d'espoir. Elle met en avant deux ouvrages récents de Joseph Franklin Rutherford, ''Enemies'' (un livre relié de 384 pages) et ''Cure'' (une brochure déjà distribuée à des millions d'exemplaires), disponibles avec un abonnement annuel à ''Consolation'' pour une contribution d'un dollar (1,25 dollar pour le Canada et les autres pays)<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 31.</ref>.


=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=30|label=L'Église catholique et l'alliance avec le nazisme|citation=The Hierarchy}} ===
Deux coupons détachable sont insérés à la fin de l'article, permettant aux lecteurs de commander soit 40 exemplaires pour distribution, soit un abonnement annuel accompagné des deux publications mentionnées.


Un article intitulé *« The Hierarchy and Hitler »* (La Hiérarchie et Hitler) analyse les relations entre le régime nazi et l'Église catholique, à la lumière d'une déclaration des cardinaux et évêques autrichiens lue dans toutes les églises catholiques du pays le 27 mars 1938. La publication affirme que cette déclaration, qui salue l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie comme une *« heure bénie par Dieu »*, confirme une alliance entre Hitler et la Hiérarchie catholique. Elle souligne que les évêques autrichiens ont exprimé leur conviction que le mouvement national-socialiste avait sauvé le pays du *« bolchevisme athée et destructeur »*, et qu'ils appellent les fidèles à soutenir le Reich allemand lors du plébiscite organisé par les nazis<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 30.</ref>.
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=32|label=Avons-nous besoin de plus de religion ?|citation=Do We}} ===


La publication interprète cette prise de position comme une preuve supplémentaire de la collusion entre le Vatican et les régimes fascistes, citant un article du *Sunday Times* qui évoque un concordat entre l'Allemagne nazie et l'Église catholique. Elle rapporte que des négociations entre le ministre des Affaires étrangères allemand, Joachim von Ribbentrop, et le nonce apostolique à Berlin, Mgr Orsenigo, ont abouti à un accord, marqué par l'interdiction d'un journal anti-chrétien du mouvement païen nazi. La publication suggère que ces développements montrent une volonté de cesser les attaques contre la religion chrétienne »*, en échange d'un soutien politique de la Hiérarchie au régime hitlérien<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 30.</ref>.
L'article s'ouvre sur une citation attribuée au gouverneur d'un État américain, affirmant que la solution aux problèmes de la nation réside dans un retour à la religion. Cette déclaration est suivie d'une prise de position similaire d'un membre éminent de la hiérarchie catholique, selon lequel l'éducation, la politique, la science et la philanthropie ont échoué à résoudre les crises contemporaines, laissant la religion comme dernier espoir. La publication interroge cette vision en posant la question : « Avons-nous vraiment besoin de plus de religion ? » et renvoie les lecteurs à la brochure ''Cure'' de Joseph Franklin Rutherford pour obtenir une réponse claire. Cette brochure de 32 pages, déjà imprimée à plus de douze millions d'exemplaires, aborde sans détour l'origine de la religion, son rôle dans les troubles actuels et la seule véritable espérance pour l'humanité. Les lecteurs sont invités à contribuer à sa diffusion en remplissant un coupon pour recevoir 60 exemplaires de ''Cure'' et 2 exemplaires de ''Enemies'', moyennant une contribution d'un dollar destinée à financer la publication d'autres ouvrages<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 32.</ref>.


Enfin, l'article mentionne une déclaration de quatre surintendants protestants autrichiens, qui ont également salué l'annexion de l'Autriche comme une *« heure bénie par Dieu »*. La publication conclut en affirmant que ces alliances entre les institutions religieuses et les dictatures illustrent la corruption morale des clercs, qui privilégient leurs intérêts politiques au détriment de la vérité biblique<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 30.</ref>.
Un coupon détachable est inclus à la fin de l'article, permettant aux lecteurs de commander ces publications.


== Analyse ==
== Analyse ==
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=== Croyances ===
=== Croyances ===


L'interprétation de <CiteBible>Romains 13:1</CiteBible> que développe ce numéro du 4 mai 1938 constitue un document de première importance pour l'histoire doctrinale du mouvement. En réponse à un lecteur interrogeant la revue sur l'obligation d'obéir à des régimes comme ceux de Mussolini et de Hitler au nom du verset paulinien, la publication tranche sans ambiguïté : les « autorités supérieures » ne désignent pas les gouvernements terrestres, mais exclusivement Jéhovah et Jésus-Christ.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 17.</ref> Cette position n'était pas nouvelle en 1938 : elle avait été introduite dès juin 1929 par Joseph Rutherford dans ''La Tour de Garde'', où il déclarait que l'application de Romains 13 aux gouvernements humains avait longtemps constitué « la base de la fausse doctrine du droit divin des rois ».<ref>''The Watchtower and Herald of Christ's Presence'', 1er juin 1929, p. 163–170 ; James Penton, « Jehovah's Witnesses and the Secular State: A Historical Analysis of Doctrine », ''Journal of Church and State'', vol. 21, n° 1, 1979, p. 55–72.</ref> La page [[Autorités supérieures]] du présent wiki documente que cette doctrine demeura en vigueur de 1929 à 1962, avant qu'un retour à la compréhension prérutherdordienne ne soit opéré par une série d'articles de ''La Tour de Garde'' à partir de novembre 1962. En 1938, au moment de la parution de ce numéro, la doctrine de 1929 est donc pleinement en vigueur, et ce numéro en constitue une application directe au contexte nazi. La revue désigne la soumission aux pouvoirs terrestres non comme une obligation scripturaire, mais comme une « distorsion des Écritures, incompatible avec l'unité des lois divines »,<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 17.</ref> une formulation qui fait écho aux termes utilisés dès 1932 dans la littérature de la Société, qui qualifiait alors l'ancienne compréhension de «  mauvais point de vue ».<ref>''Préservation'' (angl.), 1932, p. 98, cité dans la page [[Autorités supérieures]] de ce wiki.</ref>
La réinterprétation de <CiteBible>Romains 13:1</CiteBible> publiée dans ce numéro constitue l'intervention doctrinale la plus explicite du périodique. La publication y rejette catégoriquement l'identification traditionnelle des « autorités supérieures » avec les gouvernements terrestres, pour leur substituer exclusivement Jéhovah Dieu et Jésus-Christ.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 17.</ref> Cette lecture repose sur la prémisse que les lois civiles varient d'un pays à l'autre et sont jugées incohérentes, ce qui les disqualifie comme source d'autorité absolue. Un tel rétrécissement de la portée du texte paulinien est cohérent avec la logique théocratique développée par Joseph Franklin Rutherford à cette époque, selon laquelle tous les gouvernements terrestres se trouvent sous l'emprise de Satan, et non sous celle de Jéhovah.<ref>[https://journals.wichita.edu/index.php/ff/article/download/194/200/247 Gobitis and Barnette: The Flag Salute], Wichita University Journal.</ref> La formulation retenue dans ce numéro — la soumission aux « autorités supérieures » comme engagement volontaire d'alliance avec Dieu, et non comme obéissance aux lois nationales — offre une justification scripturaire directe au refus de participer aux obligations civiques que l'organisation réclamait alors de ses membres.
 
Ce cadrage scripturaire s'articule directement avec la position, exposée dans plusieurs rubriques du numéro, selon laquelle le salut au drapeau constitue une forme d'idolâtrie incompatible avec le service de Jéhovah. La publication présente le culte du ''Führer'' en Allemagne — illustré par des déclarations diffusées à la radio allemande telles que {{SourceDoc|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=3|citation=We believe in our Fuehrer|label=« Nous croyons en notre Führer comme la révélation de Dieu à notre peuple »}} — comme le cas le plus flagrant d'idolâtrie d'État, mais elle pose simultanément le problème sur le plan de principe pour toutes les nations, y compris les États-Unis.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 4.</ref> Les régimes totalitaires (Allemagne nazie, Italie fasciste, Union soviétique) et les démocraties sont placés sur le même plan au regard de l'idolâtrie civique : ce qui est dénoncé n'est pas spécifiquement le régime nazi, mais le principe même du serment d'allégeance à un symbole national, quel que soit le régime. La revue relate avec approbation la décision judiciaire californienne ayant rétabli une élève Témoin de Jéhovah exclue pour avoir refusé le salut au drapeau, qualifiée d'« honnête, décente et américaine »,<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 21.</ref> et cite le surintendant scolaire de Pennsylvanie, le Dr Lester K. Ade, qui s'exprime lui-même contre cette obligation.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 18.</ref> Les publications des Témoins de Jéhovah déclaraient que saluer les drapeaux nationaux constituait une forme d'idolâtrie interdite par les Dix Commandements, une position qui avait déjà provoqué des arrestations et des violences dans plusieurs pays.<ref>[https://en.wikipedia.org/wiki/Jehovah%27s_Witnesses Jehovah's Witnesses], Wikipedia.</ref>


Ce positionnement doctrinal sur Romains 13 n'est pas isolé dans le numéro : il s'articule avec un fil conducteur théologique plus large, à savoir la dénonciation de toute forme d'adoration rendue à la créature plutôt qu'au Créateur. La déification d'Hitler, décrite dans les articles sur la tragédie de l'Allemagne et le culte des ancêtres nazi, les prières et chants scolaires présentant le Führer comme une « révélation de Dieu »,<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 4.</ref> la transformation de chapelles catholiques en lieux de culte dédié aux ancêtres germaniques et à la nation,<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 5.</ref> et jusqu'à l'invocation de figures spirites ou de pèlerinages miraculeusement efficaces décrite dans la rubrique sur la Grande-Bretagne<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 26.</ref> : toutes ces réalités sont présentées par la revue comme autant d'illustrations contemporaines d'une prophétie biblique sur le paganisme caractéristique des « derniers jours ». Cette lecture eschatologique unifie des rubriques en apparence disparates — politique allemande, spiritisme londonnien, catholicisme autrichien — en les inscrivant dans un même schéma interprétatif : la substitution de l'autorité divine par des autorités humaines ou démoniaques constitue le signe distinctif d'une ère condamnée.
L'eschatologie immédiate traverse l'ensemble du numéro comme un fil conducteur interprétatif. Les catastrophes naturelles refusées au remboursement gouvernemental en Grande-Bretagne ne sont pas des « actes de Dieu » mais des œuvres de Satan, et ceux qui auront ignoré les avertissements de Jéhovah ne trouveront aucune protection lors d'''[[Harmaguédon]]''.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 27.</ref> La correspondance londonienne de J. Hemery, analysant les préparatifs militaires britanniques après l'annexion de l'Autriche, se conclut par une référence explicite au « jour de Jéhovah » annoncé en <CiteBible>Sophonie 3:8</CiteBible>, présenté comme déjà en cours d'accomplissement dans les tensions internationales observées.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 28.</ref> Ce verset, qui annonce que Jéhovah se lève pour « rassembler les nations » et répandre sur elles « sa fureur ardente », est mobilisé pour donner une signification prophétique précise à la course aux armements et à la montée des dictatures décrites dans les rubriques géopolitiques du numéro. La brochure ''[[Harmaguédon (brochure)|Harmaguédon]]'', publiée par Rutherford l'année précédente en 1937, fournissait le cadre doctrinal développé dont ces rubriques constituent l'application journalistique.<ref>''Armageddon the greatest battle of all time'', 1937.</ref>


La troisième articulation doctrinale majeure du numéro réside dans l'opposition systématique entre le Royaume de Dieu et toutes les solutions humaines à la crise mondiale. Les clercs britanniques appelant à un « grand réveil religieux » pour détourner les nations des chutes du Niagara vers lesquelles elles se précipitent, ou l'archevêque de Cantorbéry espérant qu'Hitler renonce à de nouvelles aventures après l'Anschluss,<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 28.</ref> sont présentés comme des hommes dont la religion se réduit à un outil de stabilisation politique. La publication leur oppose une perspective radicalement différente : {{SourceDoc|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=29|citation=Happy in God's|label=« Heureux au service de Dieu »}} constitue, selon la revue, la seule réponse authentique aux tribulations du moment, fondée sur la certitude de l'établissement imminent du Royaume de Christ. Cette attente eschatologique, qui traverse tout le numéro — des préparatifs militaires britanniques commentés comme une « Grande Folie »<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 26.</ref> aux masques à gaz distribués en masse<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 28.</ref> jusqu'aux avertissements que Jéhovah « vengera son saint nom » lors du jugement<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 29.</ref> — ancre la lecture politique et sociale dans un cadre prophétique. La mention d'Armageddon comme seule issue véritable à une Europe en armes<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 28.</ref> s'inscrit dans la doctrine rutherfordienne selon laquelle les conflits mondiaux depuis 1914 constituent les douleurs de l'enfantement du Royaume, une position constante de la littérature de la Société depuis les années 1920 et qui structure ici l'ensemble de la lecture journalistique proposée au lecteur.
Le rejet de la religion organisée comme œuvre satanique constitue le quatrième axe doctrinal structurant ce numéro. La publication ne distingue pas entre les confessions : le catholicisme romain, l'anglicanisme et le clergé protestant sont traités avec le même refus de légitimité. L'Église anglicane est critiquée pour avoir renié l'infaillibilité des Écritures en adoptant une interprétation « mythologique » de la ''Genèse'',<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 26.</ref> les pasteurs protestants allemands sont accusés de trahison pour avoir participé à la glorification du régime nazi,<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 7.</ref> et les Églises libres britanniques sont dénoncées pour avoir substitué des résolutions civiques au message du Royaume de Dieu.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 29.</ref> La brochure ''Cure'' de Rutherford, dont la diffusion à plus de douze millions d'exemplaires est annoncée dans ce numéro,<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 32.</ref> est présentée comme la réponse directe à l'affirmation — attribuée à la fois à un gouverneur d'État américain et à un prélat catholique — selon laquelle un retour à la religion pourrait résoudre les crises contemporaines. En opposant la « vraie dévotion envers Jéhovah » à la « religion » comme catégorie satanique, ce numéro s'inscrit dans la ligne constante développée par Rutherford depuis les années 1920, qui réservait le terme de « religion » à ce qu'il condamnait, par opposition au terme de « culte pur » ou de « service de Dieu ».<ref>[https://en.wikipedia.org/wiki/History_of_Jehovah%27s_Witnesses History of Jehovah's Witnesses], Wikipedia.</ref>


=== Organisation et histoire ===
=== Organisation et histoire ===


Ce numéro du 4 mai 1938 de ''[[Consolation]]'' annonce formellement une convention des Témoins de Jéhovah prévue à Seattle, dans l'auditorium civique de la ville, du 2 au 5 juin 1938, destinée aux fidèles des États du Nord-Ouest américain et de l'Ouest canadien.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 16.</ref> [[Joseph Rutherford|Joseph Franklin Rutherford]], alors président de la Société Watch Tower, est annoncé comme orateur principal et doit prononcer un discours intitulé « Violence » le dimanche 5 juin, simultanément devant les participants et un large auditoire radiophonique. Les organisateurs anticipent la présence d'environ 16 000 personnes, un chiffre qui témoigne de l'ampleur des rassemblements régionaux organisés par l'organisation à cette époque.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 16.</ref> Un comité local basé au 800 Broadway à Seattle coordonne les préparatifs logistiques, incluant l'hébergement en tentes, caravanes, hôtels ou logements privés.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 16.</ref>
Le numéro du 4 mai 1938 annonce officiellement la tenue d'une convention des [[Témoins de Jéhovah]] à Seattle, dans l'auditorium civique de la ville, prévue du 2 au 5 juin 1938 pour les fidèles des États du Nord-Ouest des États-Unis et de l'Ouest du Canada.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 16.</ref> [[Joseph Franklin Rutherford]], alors président de la [[Société Watch Tower]], doit y prononcer un discours radiodiffusé le dimanche 5 juin. Les organisateurs anticipent la présence de 16 000 personnes et prévoient des dispositifs d'accueil spécifiques pour les visiteurs arrivant en automobile ou en caravane, sur le modèle de la convention de Columbus (Ohio) tenue en septembre 1937.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 16.</ref> La tenue d'une telle convention dans un auditorium civique de grande capacité, avec diffusion radiophonique du discours principal, illustre la pratique établie par Rutherford d'organiser des rassemblements publics de masse servant simultanément de démonstration de l'organisation et de vecteur de diffusion du message.<ref>[https://en.wikipedia.org/wiki/History_of_Jehovah%27s_Witnesses History of Jehovah's Witnesses], Wikipédia (en anglais).</ref>
 
Le numéro aborde directement la situation des Témoins de Jéhovah en Europe centrale à la suite de l'Anschluss. En Yougoslavie, la publication signale l'interdiction des activités des Témoins, désignés localement comme « Bible Examiners », et décrit les conditions clandestines dans lesquelles se poursuivent leurs réunions.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 25.</ref> En Autriche, elle annonce explicitement que les Témoins subiront désormais les mêmes persécutions que leurs coreligionnaires en Allemagne nazie.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 25.</ref> Ce constat est cohérent avec les données historiques établissant qu'avant l'Anschluss le gouvernement catholique autrichien était déjà hostile aux Témoins, et qu'après l'annexion de mars 1938 leurs activités furent immédiatement interdites.<ref>[https://encyclopedia.ushmm.org/content/en/timeline-event/holocaust/1933-1938/ban-on-jehovahs-witness-organizations ''Ban on Jehovah's Witness Organizations''], United States Holocaust Memorial Museum (USHMM).</ref> Le numéro mentionne par ailleurs l'activité missionnaire à Terre-Neuve, où des fidèles décrivent des saisies de matériel et des menaces d'expulsion de la part des autorités locales, soulignant les obstacles rencontrés dans une province canadienne à forte emprise catholique.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 13.</ref>


L'implantation institutionnelle internationale du mouvement est documentée dans ce numéro par la publication de photographies des sièges locaux de l'organisation. Des « maisons Bethel » des éditeurs du Royaume sont présentées à Copenhague (Danemark) et à Prague (Tchécoslovaquie), ainsi que les sièges de Berne (Suisse) et de Londres (Angleterre), accompagnés d'un ''Kingdom Hall'' à Honolulu (Hawaï).<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 24–25, 27.</ref> Ces illustrations témoignent de la structuration internationale du mouvement sous la présidence de Rutherford, qui avait imposé une organisation administrative centralisée dans l'ensemble de ses implantations mondiales.<ref>James M. Penton, ''Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses'', University of Toronto Press, 2e éd., 1997, p. 75.</ref>
Enfin, ce numéro illustre la position de l'organisation sur le refus du salut au drapeau, qui est à cette période l'une des causes directes de poursuites judiciaires contre des Témoins aux États-Unis. La publication rapporte avec approbation une décision judiciaire californienne ayant rétabli une élève exclue pour refus du salut au drapeau, et consacre plusieurs articles à dénoncer des juges ou des gouverneurs qui considèrent ce refus comme un acte d'allégeance à un régime autoritaire.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 21-22.</ref> Rutherford avait établi, à la même époque, une comparaison explicite entre les Témoins allemands refusant le salut hitlérien et les Témoins américains refusant le salut au drapeau, les publications de l'organisation ayant décrété que cette pratique constituait une forme d'idolâtrie contraire au Second Commandement.<ref>[https://historynet.com/jehovahs-witnesses-religion-freedom/ « How Jehovah's Witnesses Became Unlikely Champions of Religious Freedom »], ''HistoryNet''.</ref>


Le numéro publie plusieurs cas de persécutions institutionnelles visant les Témoins de Jéhovah. En Yougoslavie, des missionnaires y organisent des réunions clandestines malgré l'interdiction légale de l'organisation, leurs gramophones, disques et brochures étant systématiquement confisqués par les autorités.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 25.</ref> En Autriche, la publication signale l'absence de garanties procédurales pour les accusés — aucun acte d'accusation formel, aucune audience publique, aucun avocat — et anticipe que l'annexion par l'Allemagne nazie soumettra les Témoins autrichiens aux mêmes persécutions que celles déjà subies par leurs coreligionnaires allemands. Ce pronostic correspond à la réalité documentée : l'organisation avait été officiellement dissoute en Autriche dès juillet 1935 sous le régime du *Ständestaat*, et les Témoins n'étaient plus que 550 environ au moment de l'*Anschluss* de mars 1938.<ref>United States Holocaust Memorial Museum, « Nazi Persecution of Jehovah's Witnesses », [https://encyclopedia.ushmm.org/content/en/article/nazi-persecution-of-jehovahs-witnesses ''Holocaust Encyclopedia''], consulté en 2024.</ref> Aux États-Unis, le juge Joseph Hermes de Chicago est mis en cause pour avoir condamné une Témoin de Jéhovah, Mary Schlactka, à six mois de prison pour refus de saluer le drapeau.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 22.</ref> En Californie, le numéro signale en revanche une décision judiciaire favorable : un juge de Sacramento ordonne la réintégration d'Helen Gabrielli, une élève Témoin de Jéhovah exclue de son école pour le même motif de refus du salut au drapeau.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 21.</ref>
=== Science et médecine ===


Ce numéro publie également un commentaire détaillé sur la déclaration solennelle des cardinaux et évêques catholiques autrichiens lue dans toutes les églises du pays le 27 mars 1938, saluant l'annexion de l'Autriche comme une « heure bénie par Dieu » et appelant les fidèles à soutenir le Reich lors du plébiscite nazi.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 30.</ref> Cette déclaration, signée sous l'impulsion du cardinal Theodor Innitzer, archevêque de Vienne, avait été diffusée par le régime nazi dans tout le Reich sans que les évêques n'y aient consenti explicitement dans ces termes.<ref>Encyclopædia Britannica, « Theodor Innitzer », [https://www.britannica.com/biography/Theodor-Innitzer britannica.com], consulté en 2024.</ref> La Watch Tower s'en saisit pour étayer sa thèse d'une collusion structurelle entre la hiérarchie catholique et les régimes fascistes, un leitmotiv des publications de l'ère Rutherford.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 30.</ref>
La publication aborde plusieurs sujets scientifiques ou médicaux où la revue manifeste un intérêt idéologique à présenter les choses d'une certaine façon, allant parfois au-delà de ce que justifiait l'état des connaissances de l'époque.


Ce numéro traite également de l'interprétation de <CiteBible>Romains 13:1</CiteBible> sur les « autorités supérieures », à travers une rubrique de questions-réponses qui rejette toute soumission aux gouvernements terrestres au nom de ce passage.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 17.</ref> Cette position correspond à la doctrine adoptée par la Watch Tower depuis 1929, lorsque Rutherford avait publié deux articles fondateurs dans ''La Tour de Garde'' des 1er et 15 juin 1929 concluant que les « autorités supérieures » de <CiteBible>Romains 13:1</CiteBible> désignaient exclusivement Jéhovah et Jésus-Christ et non les gouvernements humains.<ref>James Penton, « Jehovah's Witnesses and the Secular State: A Historical Analysis of Doctrine », ''Journal of Church and State'', 21, n° 1, 1979, p. 55–72.</ref> Cette doctrine, maintenue jusqu'en 1962 avant d'être abandonnée au profit du point de vue antérieur à 1929, est présentée dans la [[Consolation]] de mai 1938 comme une évidence scripturale, sans mention de son caractère récent.<ref>[[Autorités supérieures]].</ref>
La chloration de l'eau potable fait l'objet d'une critique virulente dans la rubrique « Phénomènes naturels ». La publication accuse les fabricants de chlore de polluer volontairement l'eau pour augmenter leurs ventes, allant jusqu'à affirmer que l'eau ainsi traitée serait « impropre à la consommation » et mortelle pour les poissons, citant l'exemple de truites arc-en-ciel dont douze seraient mortes en quarante-quatre heures dans une eau chlorée comparable à celle de Cleveland (Ohio).<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 11.</ref> Or, à cette date, la chloration de l'eau potable était une mesure de santé publique largement établie et reconnue, en usage dans les grandes villes américaines depuis 1908, et elle avait entraîné une réduction spectaculaire de la mortalité due aux maladies hydriques telles que le choléra et la fièvre typhoïde.<ref>[https://www.ebsco.com/research-starters/history/chlorination-us-water-supply-begins EBSCO Research Starters, ''Chlorination of the U.S. Water Supply Begins''], consulté en 2025.</ref> Si des débats scientifiques naissants portaient bien sur la présence de sous-produits chlorés dans l'eau à forte concentration, aucun courant médical sérieux de l'époque n'assimilait la chloration à un complot commercial délibérément nocif. La revue instrumentalise ici une méfiance générale envers l'industrie moderne pour accréditer une vision du monde dans laquelle les institutions terrestres, assimilées au « système de Satan », corrompent jusqu'à l'eau que les hommes boivent.


=== Science et médecine ===
L'affaire du montagnard de Pennsylvanie John Marsh, qui refuse de faire vacciner son fils contre la variole et préfère purger une peine de prison, est rapportée sans aucun commentaire critique de la part de la revue.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 18.</ref> Marsh argumente que la vaccination serait inefficace, citant des épidémies dans des pays ayant pratiqué une vaccination massive comme le Japon ou les Philippines. Cette position est présentée comme un exemple de résistance courageuse à une contrainte étatique jugée abusive. Or l'affaire Marsh est une affaire judiciaire précisément documentée : le 9 mars 1938, ce même Marsh fut condamné par un tribunal fédéral du district médian de Pennsylvanie pour violation du Code scolaire de cet État, qui conditionnait l'admission à l'école à la vaccination antivariolique, et il s'agissait d'une série de condamnations répétées pour le même motif.<ref>[https://law.justia.com/cases/federal/district-courts/FSupp/24/385/1682260/ Justia US Law, ''Marsh v. Earle, 24 F. Supp. 385 (M.D. Pa. 1938)''], consulté en 2025.</ref> En 1938, le consensus médical en faveur de la vaccination antivariolique était solidement établi depuis plusieurs décennies, et les exemples de vaccination « massive » dans des pays confrontés à des épidémies ne constituaient pas une réfutation du principe vaccinal. En rapportant le cas Marsh sans le contredire, la revue valide implicitement un refus anti-vaccinal cohérent avec la posture générale de la [[Watch Tower]] de cette période envers la médecine institutionnelle — une posture documentée notamment par la page de ce wiki consacrée à la [[vaccination]], qui établit qu'entre les années 1920 et le début des années 1950, les publications jéhovistes ont régulièrement présenté la vaccination de façon négative, parfois en l'assimilant à une violation de la loi divine sur le sang.


L'édition du 4 mai 1938 contient deux affirmations à caractère scientifique ou sanitaire sur lesquelles la revue avait un intérêt idéologique direct : une mise en cause de la vaccination antivariolique obligatoire et une présentation alarmiste des effets du chlore dans l'eau potable.
Enfin, la publication cite un doublement des maladies professionnelles en Allemagne entre 1933 et 1936 — de 7 133 à 13 944 cas — pour illustrer le « mépris » du régime nazi pour la santé des travailleurs.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 9.</ref> Si cette hausse des chiffres déclarés reflète vraisemblablement une réalité industrielle liée à l'intensification du réarmement, la revue n'en propose aucune analyse : l'augmentation des cas déclarés pouvait aussi refléter, au moins en partie, une amélioration des systèmes de déclaration ou un accroissement du volume de travail industriel. La statistique est mobilisée ici non pour une analyse sanitaire mais comme argument rhétorique à visée prophétique, confirmant l'image d'un régime voué à la destruction dans le cadre eschatologique que la revue développe sur plusieurs articles du même numéro.


Dans la rubrique consacrée à la Pennsylvanie, la revue soutient le refus de John Marsh de faire vacciner son fils contre la variole, en invoquant l'exemple du Japon et des Philippines, où la vaccination serait « largement appliquée » sans empêcher la maladie.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 18.</ref> Cette ligne éditoriale s'inscrit dans une campagne durable de la Watch Tower contre la vaccination, que la [[Vaccination|page de ce wiki sur la vaccination]] documente depuis les années 1920, époque à laquelle ''L'Âge d'Or'' publiait des articles très virulents contre les vaccins sous la direction de [[Clayton Woodworth]].<ref>Chryssides, George D. (2008), ''Historical Dictionary of Jehovah's Witnesses'', The Scarecrow Press, p. 133.</ref> En 1931, la Watch Tower assimilait même la vaccination à une violation de la loi divine sur le sang.<ref>''Vaccination'', Tj-encyclopedie.org.</ref> Or, en 1938, la vaccination antivariolique était une pratique médicale établie de longue date et reconnue efficace par les autorités sanitaires des pays industrialisés. L'argument japonais et philippin avancé par la revue pour discréditer le vaccin antivariolique était rhétoriquement commode mais scientifiquement réducteur : il ignorait les conditions d'application, les souches locales et les contextes épidémiologiques propres à ces pays. La revue n'utilisait pas cet argument pour informer ses lecteurs, mais pour appuyer une position préexistante hostile à l'obligation vaccinale et, plus généralement, à l'intervention de l'État dans la vie privée.
=== Économie et société ===


La rubrique « Phénomènes naturels » rapporte que des truites arc-en-ciel, placées dans de l'eau chlorée {{SourceDoc|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=11|citation=similar to that distributed|label=« similaire à celle distribuée aux habitants de Cleveland »}}, meurent en quarante-quatre heures, présentant ce résultat comme un indice des dangers de l'eau traitée au chlore pour la consommation humaine.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 11.</ref> Il est scientifiquement établi que le chlore est effectivement très toxique pour les poissons à des concentrations bien inférieures à celles qui sont sans danger pour les humains : des recherches du Michigan Department of Natural Resources datant de 1971 établissent qu'une concentration de 0,023 mg/L provoque une mortalité de 50 % chez la truite arc-en-ciel en 96 heures, alors que les réseaux d'eau municipaux nord-américains peuvent atteindre 2,5 mg/L, soit une concentration cent fois supérieure. La mort de truites exposées à de l'eau chlorée municipale était donc un fait réel et reproductible. Cependant, la revue présentait ce fait sans aucune contextualisation, omettant que le chlore est dosé spécifiquement pour être sans danger pour l'organisme humain tout en étant incompatible avec la physiologie des poissons à branchies, dont les mécanismes d'absorption diffèrent fondamentalement de ceux des mammifères. En présentant la mort des truites comme une preuve implicite de la dangerosité de l'eau du robinet pour les humains, la publication opérait un glissement rhétorique, au service d'une méfiance généralisée envers les autorités sanitaires publiques qui traversait plusieurs de ses rubriques.
La description des conditions de vie des travailleurs et de la population allemande sous le régime nazi occupe une place considérable dans ce numéro. La publication affirme que 700 000 petits commerçants ont fait faillite, que les wagons de marchandises ont diminué de 10 % par rapport à la « crise » de 1932, que des émeutes alimentaires ont éclaté dans plusieurs villes, et que les généraux d'Hitler l'auraient mis en garde contre les effets de la faim sur le moral des troupes, rappelant 1915.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 8.</ref> Ces affirmations s'inscrivent dans un cadre idéologique précis : la revue cherche à démontrer que le « présent système mauvais » est en train de s'effondrer, ce qui sert directement son discours eschatologique. Or, les données économiques disponibles pour l'Allemagne nazie d'avant 1938 permettent de nuancer sérieusement ce tableau catastrophiste.


=== Économie et société ===
Les historiens et les statistiques de l'époque confirment certes l'existence de pénuries et d'une austérité alimentaire réelle : la consommation de viande avait baissé de 17 %, celle de lait de 21 % et celle d'œufs de 46 % entre 1927 et 1937, et le rationnement des matières grasses fut instauré dès le 1er janvier 1937.<ref>Voir « Food and agriculture in Nazi Germany », ''Wikipedia'' (en), et « Food Shortages in the Third Reich », ''Literary Digest'', 1937, reproduit sur Old Magazine Articles (http://wp.oldmagazinearticles.com).</ref> Cependant, la présentation de la ''Consolation'' force systématiquement la gravité de ces faits réels : comparer la situation de 1938 défavorablement à celle de 1932, année du creux absolu de la Grande Dépression en Allemagne, et évoquer des émeutes alimentaires généralisées constitue une dramatisation orientée, car la reprise économique allemande entre 1933 et 1938 — fondée sur le réarmement — avait effectivement fait reculer le chômage de manière spectaculaire, même si la consommation des ménages stagnait.<ref>Voir « Economy of Nazi Germany », ''Wikipedia'' (en).</ref> La publication présente ainsi des faits partiellement vrais — les pénuries existaient — mais les ordonne de manière à produire l'image d'un système économique à l'agonie, conformément à la rhétorique de la décadence inéluctable du monde séculier.


Le numéro du 4 mai 1938 accumule un nombre inhabituel d'affirmations à charge sur la dégradation économique et sociale de l'Allemagne nazie, affirmations que la revue a un intérêt idéologique manifeste à présenter sous leur jour le plus sombre, puisqu'elles servent à démontrer l'effondrement inévitable du « système de Satan » et à valider l'imminence d'Armageddon.
La description de la situation à Terre-Neuve, dans le témoignage des missionnaires publiés dans ce numéro, constitue un troisième exemple de déformation à enjeu idéologique. La revue y attribue implicitement la pauvreté extrême de la population — salaires de 8 à 10 dollars par mois pour les femmes, coût de la vie supérieur de 20 à 30 % à celui des États-Unis, illettrisme répandu, absence d'infrastructures sanitaires — à l'emprise de l'Église catholique romaine sur la province.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 13.</ref> Or, la misère de Terre-Neuve dans les années 1930 est un fait historique bien documenté, mais ses causes sont structurelles et économiques : l'effondrement des prix du poisson, la dépendance quasi exclusive à cette ressource, et une dette publique si écrasante qu'en 1934 l'Assemblée de Terre-Neuve s'abolit elle-même pour céder le pouvoir à une commission nommée par Londres, le service de la dette ayant absorbé jusqu63 % des revenus de l'État.<ref>« Le Canada et la Crise économique à Terre-Neuve, 1929-1934 », ''Newfoundland and Labrador Heritage'', https://www.heritage.nf.ca/articles/en-francais/politics/crise-economique-1929-1934.php ; « La crise des années 1930 », Musée McCord, https://collections.musee-mccord.qc.ca/scripts/explore.php?Lang=2&tableid=11.</ref> La revue omet délibérément ces causes structurelles pour imputer la détresse de la population à sa religion, ce qui sert directement sa thèse centrale que la domination catholique appauvrit et abrutit les populations qu'elle contrôle.


L'article sur la situation des travailleurs allemands affirme que le réseau ferroviaire connaît une baisse de 5 % des wagons de passagers et de 10 % des wagons de marchandises par rapport à l'année de crise 1932, que le pain est de moins bonne qualité qu'en 1914, que les chaussures sont fabriquées en papier et les vêtements en textiles de substitution, et que des émeutes de la faim ont éclaté dans plusieurs villes.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 8.</ref> Ces affirmations sur la pénurie de matières premières et le recours massif aux ''Ersatz'' correspondent à une réalité documentée : l'Allemagne nazie poursuivait effectivement une politique d'autarcie économique (''Vierjahresplan'') qui engendra une production intensive de substituts pour le cuir, les textiles et les matières grasses, et la laine artificielle envahit effectivement les uniformes militaires.<ref>[https://en.wikipedia.org/wiki/Ersatz_good Wikipedia, « Ersatz good »]</ref> Cependant, la revue choisit systématiquement les indicateurs les plus défavorables : les historiens notent que le régime nazi était autosuffisant à environ 80 % pour les cultures de base dès les années 1930, et que la production industrielle globale augmentait fortement grâce au réarmement.<ref>[https://en.wikipedia.org/wiki/Food_and_agriculture_in_Nazi_Germany Wikipedia, « Food and agriculture in Nazi Germany »]</ref> La sélection biaisée des faits — misère des paysans, pénuries alimentaires, émeutes — au détriment des données macroéconomiques globalement en hausse reflète une intention rhétorique claire : illustrer l'échec structurel du monde séculier.
== Illustrations du numéro ==
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La publication évoque également la situation de la communauté juive de Berlin, affirmant qu'environ 40 % de la population juive de la capitale dépendrait de l'aide sociale et que {{SourceDoc|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=7|citation=only the aged will remain|label=« seuls les personnes âgées subsisteront d'ici deux ans »}}, les autres étant exclus de toute activité économique.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 7.</ref> Ces affirmations s'inscrivent dans le prolongement d'une réalité historique documentée et sévère : à la suite des lois de Nuremberg de 1935, les Juifs furent systématiquement expulsés des professions libérales, du commerce et de la fonction publique, dans le cadre d'une politique d'exclusion économique délibérée et progressive.<ref>[https://encyclopedia.ushmm.org/content/en/article/nuremberg-laws Holocaust Encyclopedia (USHMM), « Nuremberg Laws »]</ref> Si les chiffres précis avancés par la revue et la prédiction à deux ans ne peuvent être vérifiés, ils témoignent d'une réalité de paupérisation réelle des Juifs allemands sous le nazisme, et non d'une dramatisation sans fondement.
== Références ==


Sur l'enrichissement des fabricants d'armements, la publication affirme que les usines Krupp, qui n'avaient versé aucun dividende pendant vingt ans, emploient désormais 100 000 ouvriers avec une masse salariale annuelle dépassant 60 millions de dollars.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 10.</ref> Cette affirmation est substantiellement exacte : les recherches historiques confirment que Krupp passa de 35 000 à environ 112 000 employés sous le régime nazi, et que la valeur comptable du groupe progressa de 75 millions de marks en 1933 à plus de 237 millions en 1943.<ref>[https://www.globalsecurity.org/military/world/europe/krupp-08.htm GlobalSecurity.org, « 1933–1945 – Krupp Under the Nazis »]</ref> Cependant, la revue présente ce fait comme la preuve de la corruption structurelle inhérente au capitalisme militariste séculier, dans un cadre interprétatif où l'enrichissement des armateurs est signe de la décadence d'un système voué à la destruction divine — usage idéologique d'un fait réel.
<references/>


La section la plus contestable du numéro sur le plan de la véracité économique est celle qui décrit l'évolution de la presse catholique en Allemagne nazie. La publication affirme qu'en 1919 l'Allemagne comptait 210 journaux catholiques, et qu'en 1937 ce nombre dépassait 400, avec plus de la moitié des 21 millions de catholiques allemands abonnés à l'un d'eux, concluant que ces chiffres prouvent l'exagération des récits de persécution catholique.<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 6.</ref> Or les faits historiques documentés contredisent directement cette affirmation : au début de 1933, il existait effectivement plus de 400 quotidiens catholiques en Allemagne, mais dès 1935 il n'en restait aucun, et les périodiques catholiques survivants disparurent progressivement au cours des années suivantes, les nazis fermant les derniers hebdomadaires diocésains en 1941.<ref>[https://encyclopedia.ushmm.org/content/en/article/the-german-churches-and-the-nazi-state Holocaust Encyclopedia (USHMM), « The German Churches and the Nazi State »]</ref> La revue inverse donc la chronologie à son avantage : elle utilise des chiffres vraisemblablement antérieurs à 1933 ou correspondant à une phase transitoire pour accréditer la thèse d'une Église catholique prospérant sous Hitler, ce qui lui permet de présenter la hiérarchie comme complice du nazisme plutôt que comme victime — un axe central de la rhétorique anti-catholique constante de la publication depuis l'ère Rutherford.
[[Catégorie:1938]]
[[Catégorie:Consolation]]

Dernière version du 6 juillet 2026 à 06:52

Consolation du 4 mai 1938
Revue Consolation
Date 1938
Année 1938
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society

Ce numéro de Consolation est dominé par une analyse en deux parties de la situation politique en Allemagne nazie, dans laquelle la publication dénonce la montée d'un culte de la personnalité autour d'Adolf Hitler, présenté comme une figure quasi-divine, et décrit le démantèlement progressif des institutions religieuses traditionnelles au profit d'une idéologie d'État. L'article s'attarde sur les déclarations publiques de dirigeants nazis, les pratiques de déification du *Führer* dans les écoles et les cérémonies civiles, ainsi que sur la militarisation croissante aux frontières de la Tchécoslovaquie.

Une part significative du numéro est consacrée aux relations entre la hiérarchie catholique romaine et le régime nazi, sujet sur lequel la publication adopte une position tranchée : loin de décrire l'Église catholique comme une victime de la persécution nazie, elle avance des chiffres et des témoignages tendant à montrer que cette hiérarchie aurait tiré profit de la période hitlérienne, voire collaboré avec elle contre les Étudiants de la Bible.[1]

Contenu

La Tragédie de l'Allemagne (Première partie)

La publication consacre un long article en deux parties à l'analyse de la situation politique en Allemagne sous le régime nazi. Elle affirme que les dirigeants nazis, en particulier Adolf Hitler, prétendent incarner la volonté collective du peuple allemand et se présentent comme des figures quasi-divines. Hitler est décrit comme un orateur charismatique dont les discours flattent l'orgueil national allemand, ce qui lui vaut un soutien massif parmi les plus assertifs de la population. La publication souligne que cette exaltation du *Führer* s'accompagne d'une dégradation des valeurs morales et religieuses traditionnelles, remplacées par un culte de la personnalité et une glorification de l'État[2].

L'article cite des déclarations de Hitler et de son ministre de la propagande, Joseph Goebbels, selon lesquelles la « race allemande » aurait le droit de dominer le monde. Ces propos sont présentés comme une source de préoccupation pour les autres nations, qui y voient une menace expansionniste. La publication note que toute critique de ces déclarations est interdite en Allemagne, sous peine de représailles sévères, et que même les figures religieuses, y compris des pasteurs protestants, participent à la glorification du régime en lisant des extraits de Mein Kampf (le livre d'Hitler) à la place des Écritures lors des offices religieux[3].

Un passage particulièrement critique est consacré à la déification progressive de Hitler, illustrée par des déclarations blasphématoires diffusées à la radio allemande, telles que : *« Nous croyons en notre Führer comme la révélation de Dieu à notre peuple »*. La publication souligne que cette idolâtrie s'étend aux enfants, qui sont encouragés à chanter des hymnes en l'honneur de Hitler dans les écoles, transformées en lieux de culte pour le régime. Parmi ces chants, l'un d'eux affirme : *« Führer, nous te suivons ; Führer, nous jurons une foi éternelle avec toi »*[4].

L'article aborde également la militarisation croissante de l'Allemagne, mentionnant l'installation de nouveaux canons à longue portée (50 miles) à la frontière tchécoslovaque, ce qui laisse présager une possible annexion de ce pays, à l'instar de ce qui s'est produit avec l'Autriche. Cette militarisation est présentée comme une conséquence directe de l'idéologie expansionniste nazie[5].

Enfin, la publication dénonce le retour à des pratiques païennes en Allemagne, notamment le culte des ancêtres, qui remplace progressivement les rites chrétiens. Des chapelles inutilisées sont transformées en « salles des ancêtres » (*Ahnenhalle*), où des cérémonies de mariage et de baptême sont organisées sous l'égide de l'État. Ces lieux sont décorés de symboles nazis, comme la svastika, et comportent des bustes de Hitler. Les enfants y sont initiés à des chants nationalistes, et des prières sont adressées à l'Allemagne plutôt qu'à Dieu. L'une de ces prières, publiée par la « Société d'édition chrétienne » de Weimar, déclare : *« À l'Allemagne, tu as toujours confié ton propre drapeau, ô Dieu. C'est pourquoi nous sommes haïs de tes ennemis »*[6].

Les apéritifs : nouvelles brèves

Cette rubrique rassemble plusieurs brèves d'actualité et commentaires satiriques sur des sujets variés. L'une des notes évoque une lettre du père Joseph Klein, un franciscain de Cincinnati, qui se plaint de la baisse des dons pour son œuvre missionnaire. Il explique que seulement une chaussette de Noël sur douze envoyées aux donateurs a été remplie et retournée, ce qui le contraint à envisager des travaux manuels pour subvenir à ses besoins[7].

Un autre passage critique l'Église catholique romaine, en particulier la campagne menée par des cardinaux et des évêques italiens pour faire reconnaître par le pape l'Assomption de la Vierge Marie (son élévation au ciel corps et âme). La publication ironise sur le fait que le pape n'a aucun pouvoir sur les événements célestes, mais qu'il prétend en avoir, ce qui conduit à des pétitions massives pour influencer sa décision[8].

La rubrique mentionne également le vol du célèbre « anneau du pêcheur » du pape, utilisé pour sceller les bulles pontificales, ainsi que d'autres objets en or, par des voleurs travaillant au Vatican. Seuls quatre des coupables ont été arrêtés, ce qui est présenté comme une preuve de la corruption régnant au sein de l'institution[9].

Enfin, un commentaire moqueur est consacré aux « sauveurs » contemporains : Mussolini, qui « sauve » la Méditerranée ; Hitler, qui « sauve » l'Europe ; le pape, qui « sauve » la « chrétienté » ; et le Diable, présenté comme le « prince et dieu » du monde. Cette remarque souligne l'ironie de voir ces figures se présenter comme des bienfaiteurs alors qu'elles sont perçues comme des oppresseurs[10].

Méthodes nazies de financement

La publication cite un rapport du *Deutschland Berichte* de décembre 1937, qui décrit les méthodes utilisées par le régime nazi pour lever des fonds. Ces contributions, présentées comme des dons volontaires, sont en réalité des taxes déguisées. Les sommes collectées servent à financer à la fois les dépenses de l'État et celles du Parti nazi, notamment son système de « bien-être social », qui profite principalement aux membres du parti et à leurs proches. Ce système permet au régime d'éviter d'augmenter les impôts officiels, libérant ainsi des ressources pour le réarmement[11].

Un autre passage évoque les tensions internes au régime nazi, en particulier la paranoïa de Hitler. La publication mentionne un article du magazine *Liberty* qui révèle l'existence d'une organisation secrète appelée « Les Vengeurs de Röhm » (*Roehm's Revengers*), en référence à Ernst Röhm, un ancien allié de Hitler assassiné lors de la Nuit des Longs Couteaux en 1934. Ces « vengeurs » harcèlent Hitler en apposant les initiales « R.R. » (pour *Roehm's Revengers*) sur son courrier et même sur les murs de sa chambre, malgré la présence de 250 gardes chargés de sa sécurité. Cette situation est présentée comme une illustration de l'instabilité du régime et de la peur constante qui habite ses dirigeants[12].

La hiérarchie progresse

La publication affirme que, malgré les poursuites judiciaires contre des membres de l'organisation catholique romaine, la hiérarchie ecclésiastique a réalisé des progrès substantiels sous le régime nazi. Elle souligne que le nombre d'églises et de prêtres catholiques a augmenté en Allemagne depuis l'arrivée d'Hitler au pouvoir, citant des sources comme le New York Times et le New York Staats Zeitung und Herald pour étayer cette affirmation. Par exemple, le nombre de journaux catholiques est passé de 210 à plus de 400 entre 1933 et 1937, et la moitié des 21 millions de catholiques allemands seraient abonnés à l'un d'eux. Ces éléments sont présentés comme une preuve que les récits de persécution des catholiques en Allemagne nazie seraient exagérés[13].

La publication cite également une lettre de Boris Toedtli, un nazi suisse, adressée à son supérieur Fleischhauer, dans laquelle Toedtli évoque ses liens avec des catholiques pour lutter contre les Étudiants de la Bible (Témoins de Jéhovah). Il mentionne avoir été reçu par le nonce papal et avoir obtenu des lettres de recommandation pour renforcer ces collaborations. Toedtli propose la publication d'un journal pour informer la presse sur les Étudiants de la Bible, suggérant de le faire paraître depuis Berne pour éviter d'éveiller des soupçons sur une implication allemande[14].

Illustration accompagnant l'article sur l'intolérance et la persécution en Allemagne nazie.

Collaboration entre la hiérarchie catholique et le régime nazi

La publication met en avant plusieurs exemples de collaboration entre la hiérarchie catholique et le régime nazi. Elle souligne que l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie a renforcé le pouvoir de l'Église catholique romaine dans l'empire allemand, notant que les figures majeures du parti nazi en Allemagne et en Autriche sont majoritairement catholiques. Elle cite également le cas d'Adolf Weinel, un pasteur protestant condamné à trois mois de prison pour avoir révélé que Joseph Goebbels, ministre de la Propagande nazi, avait été éduqué dans une institution jésuite aux frais de la hiérarchie catholique[15].

La publication affirme que les institutions protestantes sont systématiquement détruites, tandis que les jésuites agissent avec une efficacité totale. Elle critique les membres du clergé protestant pour leur trahison envers la vérité, estimant qu'ils ne méritent aucune sympathie de la part de Jéhovah Dieu ou de Ses témoins fidèles[16].

Un article du journal nazi Der Angriff est cité pour illustrer cette collaboration, affirmant que les prélats catholiques ne luttent pas pour la religion ou le christianisme, mais pour des objectifs politiques, prêts à sacrifier la paix de la nation pour les atteindre. La publication conclut que les nazis et la hiérarchie catholique sont en harmonie, tant que les premiers acceptent de soutenir et de reconnaître la seconde[17].

Intolérance et persécution

Cette section dénonce l'intolérance et la persécution exercées par le régime nazi, en particulier à l'encontre des Juifs et des opposants politiques. La publication affirme que les dictatures ne favorisent ni la tolérance ni la libéralité, et que l'Allemagne nazie en est un exemple frappant. Elle décrit une campagne systématique d'exclusion des Juifs de la société allemande, incluant l'interdiction pour les entreprises allemandes d'employer des représentants juifs, même en tant qu'avocats. Les certificats de naissance aryens sont devenus si recherchés qu'un marché noir s'est développé, avec des arrestations pour falsification de documents[18].

La publication rapporte des cas extrêmes d'antisémitisme, comme celui d'un enseignant berlinois qui aurait qualifié Jésus-Christ de "vaurien juif" devant ses élèves. Elle cite également le journal Deutschland Berichte, qui décrit des méthodes de harcèlement contre les Aryens faisant affaire avec des Juifs, incluant la publication de leurs noms dans des journaux comme Der Stürmer. Des sanctions sont également mentionnées, comme la destitution d'un maire pour avoir vendu une vache à un marchand de bétail juif[19].

La publication évoque également la propagande antisémite dans les écoles, où les enfants sont endoctrinés contre les Juifs. Elle cite un exemple à Nuremberg, où Julius Streicher, un proche d'Hitler, aurait demandé à des enfants d'identifier le diable comme étant "le Juif", avant de leur distribuer un livret illustrant un diable à tête de Juif[20].

La condition du peuple

La publication dresse un tableau sombre de la condition des travailleurs et de la population allemande sous le régime nazi. Elle affirme que la situation des travailleurs, en particulier, s'est détériorée. Environ 700 000 petits commerçants ont fait faillite au cours des derniers mois, et leurs dirigeants, qui avaient espéré un soulagement de la part du régime nazi, se retrouvent désormais contraints de chercher des emplois dans les usines. La publication souligne que les grandes entreprises, qui ont soutenu l'ascension d'Hitler, accaparent désormais toutes les ressources du pays[21].

La situation économique est décrite comme critique : les rapports des syndicats indiquent une baisse de 5 % du nombre de wagons de passagers et de 10 % du nombre de wagons de marchandises par rapport à l'année de crise 1932. Les locomotives sont en mauvais état, et la pénurie de matériaux conduit à l'utilisation de substituts de mauvaise qualité, comme des saucisses contenant du poisson, du pain de qualité inférieure à celui de 1914, ou des bottes fabriquées en papier. Des émeutes alimentaires ont éclaté dans plusieurs villes, et les généraux d'Hitler l'auraient averti que la faim pourrait compromettre la victoire, rappelant les effets de la famine sur le moral de l'armée allemande en 1915[22].

La publication mentionne également des mesures économiques drastiques, comme le rationnement des graisses depuis le 1er janvier 1938, ou la baisse des salaires. Les soldats ne recevraient qu'une allocation quotidienne dérisoire, et la plupart des achats se feraient à crédit, sans que les gens aient les moyens de rembourser. Les loyers seraient saisis par le gouvernement pour financer l'armement. Raymond Clapper, un correspondant de presse, est cité pour illustrer les conditions de travail difficiles dans les usines, où les ouvriers se voient refuser des emplois s'ils ne participent pas à des initiatives approuvées par le régime, comme la création d'un jardin floral[23].

Illustration accompagnant l'article sur les conditions de vie en Allemagne nazie.

Innovations et pénuries en Allemagne nazie

La publication décrit les conséquences des pénuries de matériaux en Allemagne nazie, qui ont conduit à des innovations douteuses et à une détérioration de la qualité de vie. Par exemple, le cuir se fait rare, et les Allemands utilisent désormais du "cuir de poisson" pour fabriquer des chaussures, des gants et d'autres articles. Des chimistes hambourgeois auraient développé un substitut d'albumine à base de poisson, destiné à remplacer plus de 400 000 œufs par an dans la pâtisserie. La laine australienne fine a été largement remplacée par de la rayonne, moins chère et plus facile à produire, au point d'être utilisée dans les uniformes de l'armée[24].

La publication mentionne également l'apparition de tubes de dentifrice en soie et de couronnes dentaires en résine artificielle, ainsi que la fabrication de barres de "chocolat" à base de goudron de houille, dont le goût rappelle vaguement celui du vrai chocolat. Une loi récente aurait même imposé aux fabricants de chemises de raccourcir les pans, limitant leur longueur à 90 centimètres à l'avant et 95 centimètres à l'arrière[25].

Les coiffeurs allemands ont été invités à collecter les cheveux humains, même les plus courts, pour les utiliser dans la fabrication de feutre et de tapis. La publication estime que cette collecte pourrait atteindre un million de livres par an. Elle souligne également l'augmentation des cas de maladies professionnelles, comme la silicose ou l'intoxication au plomb, qui seraient passées de 7 133 cas en 1933 à 13 944 cas en 1936, reflétant le mépris du régime nazi pour la santé des travailleurs[26].

Réalisations allemandes non attribuables au nazisme

La publication reconnaît certaines réalisations techniques et industrielles de l'Allemagne, mais refuse de les attribuer au régime nazi. Elle cite notamment le pont sur l'Elbe, présenté comme le plus grand du monde par Hitler, bien que d'autres ponts, comme ceux de San Francisco-Oakland, du George Washington ou du Golden Gate, aient des portées plus longues. Elle mentionne également les autoroutes allemandes, décrites comme des routes à double voie sans croisements, conçues pour résister aux bombardements et permettre une circulation fluide[27].

La publication souligne que ces réalisations auraient eu lieu même sans le régime nazi, et qu'elles ne doivent pas être créditées à Hitler ou à ses partisans. Elle évoque également le périfon, un dispositif allemand permettant de mesurer les profondeurs et les obstacles par le son, comme une innovation notable[28].

Contrôle des agriculteurs allemands

La publication dénonce le contrôle strict exercé par le régime nazi sur les agriculteurs allemands. Les inspecteurs agricoles, souvent en uniforme, surveillent les fermes de manière intrusive, vérifiant la production laitière et imposant des restrictions draconiennes sur l'usage des ressources. Les agriculteurs ne sont pas autorisés à conserver une seule pinte de lait pour leur propre consommation et doivent racheter du lait écrémé pour nourrir leurs porcs à un prix fixé par les autorités. En cas de non-respect des règles, les sanctions sont sévères, allant jusqu'à l'emprisonnement ou l'envoi dans des camps de concentration. Les agriculteurs sont également contraints d'écouter les discours d'Adolf Hitler pendant leurs jours de congé et peuvent se voir imposer un nouvel exploitant pour leur ferme, qui prend alors le contrôle de leurs livres de comptes et de leur vie quotidienne. Les fermes héritées et sans dettes ne peuvent pas être hypothéquées pour acheter d'autres terres, limitant ainsi toute mobilité économique[29].

Prospérité des fabricants d'armements

Cet article met en lumière l'enrichissement des fabricants d'armements sous les régimes dictatoriaux, en particulier celui de la famille Krupp en Allemagne. La société Krupp, qui n'avait pas versé de dividendes pendant vingt ans, emploie désormais 100 000 hommes avec une masse salariale annuelle dépassant 60 millions de dollars. La publication souligne l'hypocrisie de cette entreprise, qui a fourni des armes aux deux camps pendant la Première Guerre mondiale, y compris à la France via la Suisse, tout en armant simultanément la Chine et le Japon pendant le conflit sino-japonais. Le texte mentionne également le suicide de Fritz Krupp, présenté comme un acte symbolique de la duplicité des marchands d'armes. La publication critique ouvertement l'industrie de l'armement, accusée de prospérer grâce aux conflits et à l'oppression[30].

Phénomènes naturels

Cette rubrique regroupe plusieurs brèves sur des phénomènes scientifiques et naturels. Elle commence par une critique des fabricants de chlore, accusés de polluer l'eau potable pour augmenter leurs ventes, au point de rendre l'eau impropre à la consommation et mortelle pour les poissons. Un exemple est donné avec 25 truites arc-en-ciel placées dans de l'eau chlorée similaire à celle de Cleveland (Ohio), dont 12 sont mortes en 44 heures[31].

La rubrique aborde également des sujets astronomiques, comme l'estimation de 36 000 galaxies visibles, chacune contenant des milliards d'étoiles, ou la découverte de la plus grande galaxie connue, située à 100 millions d'années-lumière de la Terre et 50 000 fois plus grande que la Voie lactée. Un autre sujet traite des anomalies dans l'orbite de la Lune, dont les écarts par rapport aux calculs mathématiques restent inexpliqués[32].

Enfin, la publication évoque des études scientifiques soviétiques indiquant un réchauffement des régions arctiques et un refroidissement des tropiques, ainsi qu'une brève sur la consommation mondiale de pétrole, estimée à 28 000 miles de wagons-citernes par an, une quantité jugée insoutenable à long terme[33].

La secte catholique romaine

Cet article propose une analyse historique et critique de l'Église catholique romaine, présentée comme une secte schismatique issue de l'Église orthodoxe grecque. La publication retrace les origines du schisme, notamment le conflit entre les évêques de Constantinople et de Rome au VIIᵉ siècle. Elle souligne que l'Église orthodoxe, malgré ses prétentions initiales, n'a jamais reconnu de chef universel, contrairement à l'Église romaine, qui a obtenu ce titre en 606 sous l'empereur Phocas. Le texte décrit les manœuvres politiques ayant conduit à l'ascension de la papauté, comme l'alliance entre le pape et Pépin le Bref, qui a permis à ce dernier de renverser le roi Childéric III et de céder des terres à l'Église, fondant ainsi son pouvoir temporel[34].

La publication critique également les finances du Vatican, mentionnant que l'accord de 1929 avec Mussolini a rapporté à l'Église l'équivalent de 80 millions de dollars, générant un intérêt annuel de 2,4 millions de dollars. Ces fonds sont présentés comme une source de financement pour les interventions du Vatican dans des conflits comme ceux d'Éthiopie ou d'Espagne[35].

À Terre-Neuve catholique

Un témoignage de missionnaires des Étudiants de la Bible décrit les conditions de vie difficiles à Terre-Neuve, où la population est majoritairement catholique et soumise à l'autorité de la hiérarchie religieuse. Les missionnaires rapportent que les habitants vivent dans une grande pauvreté, dépendant presque exclusivement de la pêche pour leur subsistance. Les salaires sont très bas (8 à 10 dollars par mois pour les femmes, 20 à 36 dollars pour les hommes), et le coût de la vie est 20 à 30 % plus élevé qu'aux États-Unis. Les conditions sanitaires sont précaires, avec peu d'accès à des toilettes ou à des égouts, et une grande partie de la population est illettrée[36].

Les missionnaires expliquent que leur activité de distribution de littérature est entravée par les autorités locales, qui ont saisi des enregistrements et menacent de les expulser. Malgré ces obstacles, ils continuent leur travail, vivant frugalement et se préparant à des "temps sérieux" à venir. Le texte souligne l'emprise de l'Église catholique sur la population et les difficultés rencontrées par les Témoins de Jéhovah pour diffuser leur message dans un tel contexte[37].

Les nations adeptes du salut au drapeau

Une brève critique les régimes totalitaires, notamment ceux de l'Allemagne nazie, de l'Italie fasciste et de l'Union soviétique, où le salut au drapeau est devenu une obligation civique. La publication dénonce cette pratique comme une forme de "culte fétichiste" et met en garde les Américains contre l'adoption de telles coutumes, qui restreignent les libertés individuelles. Le texte souligne que toute déviation de ces rituels, comme un salut mal exécuté ou refusé, peut entraîner des suspicions et des persécutions[38].

Aucune liberté au Québec

Un extrait d'un discours de R. Th. Calder, un avocat catholique de Montréal, est cité pour dénoncer la loi du cadenas (Padlock Law) au Québec. Calder affirme qu'il ne reste "plus un vestige de liberté britannique" dans la province, où la liberté n'existe que par tolérance. La publication utilise cette déclaration pour illustrer l'oppression exercée par l'Église catholique au Québec, où les libertés individuelles sont restreintes et où les accusations secrètes et les dénonciations anonymes sont monnaie courante[39].

Le fascisme

Cette rubrique analyse le concept d'État totalitaire, ou fascisme, tel que décrit par Ogden L. Mills. Selon la publication, le fascisme repose sur une économie planifiée, où le gouvernement contrôle tous les aspects de la vie des citoyens, tant comme producteurs que comme consommateurs. Ce système nécessite un pouvoir autoritaire et permanent, où les dirigeants, une fois élus, ne peuvent être renversés que par la force. La publication souligne que les régimes fascistes, comme ceux de l'Allemagne nazie ou de l'Italie mussolinienne, suppriment les libertés individuelles et instaurent un climat de terreur[40].

La rubrique cite également un discours du président américain Franklin D. Roosevelt, qui dénonce les attaques contre les civils et les navires en temps de paix, ainsi que l'ingérence des nations étrangères dans les guerres civiles d'autres pays. La publication interprète ces propos comme une description du fascisme, bien que le terme ne soit pas explicitement mentionné[41].

Quelques fascistes éminents aux États-Unis

Une liste de personnalités américaines accusées de soutenir le fascisme est présentée, incluant Basil Harris (International Mercantile Marine), Kelley Graham (président de la First National Bank de Jersey City), Ogden Hammond (banquier), Joseph P. Grace (magnat du transport maritime) et Thomas F. Woodlock (du Wall Street Journal). Ces individus sont décrits comme membres d'un comité fasciste dirigé par le pape, chargé de lever des fonds pour soutenir les forces de Franco en Espagne. La publication les présente comme des exemples de l'influence fasciste aux États-Unis[42].

Qu'est-ce que l'américanisme ?

Cet article remet en question la notion d'"américanisme" en critiquant des institutions et des pratiques jugées contraires aux valeurs américaines. La publication interroge si des organisations comme l'American Legion ou les Veterans of Foreign Wars, connues pour leurs revendications financières, incarnent vraiment l'américanisme. Elle critique également l'Université Harvard pour avoir renoncé à sa liberté académique, ainsi que le travail des enfants dans les usines et les conserveries, légalisé par le refus de l'État de New York de ratifier l'amendement sur le travail des enfants. Le texte dénonce aussi les méthodes violentes utilisées pour réprimer les mouvements communistes, comme à Tampa, et la privatisation des ressources naturelles par les administrations successives à Washington[43].

La volonté de contrôler le monde

La publication interprète les actions de la hiérarchie romaine, ainsi que celles de l'Italie, de l'Allemagne et du Japon, comme une tentative de supprimer le communisme pour mieux contrôler le monde. Elle affirme que cette lutte contre le communisme n'est qu'un prétexte pour détruire toute forme de liberté, citant les 2 millions de tonnes de navires de guerre et les 200 millions d'hommes mobilisables dont disposent ces nations. La publication souligne que la définition du communisme utilisée par ces régimes est suffisamment vague pour englober des pays comme la France, la Grande-Bretagne ou les États-Unis, et que quiconque s'oppose à leurs dirigeants est étiqueté comme "communiste"[44].

Pegler sur Hitler et Mussolini

Un extrait d'un commentaire du journaliste Westbrook Pegler est cité pour dénoncer les exigences des régimes fascistes, qui demandent aux pays libres de restreindre la liberté d'expression pour ne pas les offenser. Pegler affirme que la seule réponse appropriée est de "leur marcher sur les pieds et de leur dire d'aller au diable", sous peine de voir les libertés individuelles réduites à néant. La publication utilise cette citation pour illustrer l'opposition des Témoins de Jéhovah aux régimes totalitaires et leur engagement en faveur de la liberté[45].

Convention des Témoins de Jéhovah pour le Nord-Ouest

La publication annonce une convention des Témoins de Jéhovah prévue à Seattle, dans l'auditorium civique de la ville, du 2 au 5 juin 1938. Cette convention est destinée aux fidèles résidant dans les États du Nord-Ouest des États-Unis et dans l'Ouest du Canada. Joseph Franklin Rutherford, alors président de la Société Watch Tower, doit y assister et prononcer un discours radiodiffusé intitulé « Violence » le dimanche 5 juin à 15 heures. Les organisateurs anticipent la présence de 16 000 personnes et prévoient des arrangements pour accueillir les visiteurs, notamment en automobile, en caravane ou en tente. Les résidents locaux seront sollicités pour inviter le public à assister à l'assemblée publique du dimanche[46].

Campement de caravanes lors de la convention de Columbus (Ohio) en 1937, évoqué comme exemple pour Seattle.

Conseil – Les « autorités supérieures » dans Romains 13:1

Cette rubrique répond à une question doctrinale sur l'interprétation de Romains 13:1, qui affirme : « Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu ». La publication rejette l'idée que ce verset s'applique aux dirigeants politiques comme Mussolini ou Hitler, ou aux « États » en général. Elle précise que ce passage s'adresse exclusivement aux membres de l'organisation divine, c'est-à-dire ceux qui ont fait alliance avec Jéhovah Dieu pour accomplir sa volonté. Selon l'interprétation présentée, les « autorités supérieures » désignent Jéhovah Dieu lui-même et Jésus-Christ, qui constituent ensemble la seule autorité légitime. Toute personne acceptant de suivre Christ doit se soumettre à cette autorité divine, et non aux lois des nations terrestres, qui varient d'un pays à l'autre et sont jugées incohérentes. La publication souligne que Dieu n'impose cette soumission à personne, mais offre à chacun la possibilité de s'engager volontairement dans cette alliance[47].

Photographies et instantanés

La rédaction de Consolation invite ses lecteurs à envoyer des photographies et instantanés illustrant des scènes intéressantes, des événements inhabituels ou des activités liées au Royaume de Dieu menées par les Témoins de Jéhovah. Ces images pourraient être publiées dans les futurs numéros de la revue. Les lecteurs sont encouragés à joindre une description détaillée de chaque photographie, identifiée au dos par un numéro écrit à l'encre ou au crayon doux. Bien que toutes les images envoyées ne puissent pas être utilisées, ni même retournées ou accusées de réception, la rédaction espère que les lecteurs trouveront une motivation à partager leurs clichés pour le plaisir de milliers de personnes, plutôt que de les conserver pour un usage strictement personnel[48].

Pennsylvanie – Divers articles

Cette rubrique regroupe plusieurs articles courts concernant l'État de Pennsylvanie.

Un montagnard nommé John Marsh refuse catégoriquement de faire vacciner son fils de sept ans contre la variole, préférant purger une peine de prison plutôt que de céder à ce qu'il considère comme une superstition. Il s'appuie sur des exemples de pays comme le Japon ou les Philippines, où la vaccination massive n'a pas empêché la propagation de la maladie. Il a déjà été emprisonné pendant huit mois pour le même motif[49].

Andrew Mellon, milliardaire décédé, a organisé sa succession de manière à éviter que les États-Unis ou la Pennsylvanie ne perçoivent une part de son immense fortune, estimée à 500 millions de dollars. Il a tout légué à un trust éducatif et caritatif contrôlé par son fils, son gendre et son avocat. Le gouvernement conteste cependant le statut d'exonération fiscale de ce trust[50].

La Cour d'appel du circuit des États-Unis à Philadelphie a statué que l'occupation illégale d'une usine par des grévistes « assis » (sit-down strike) était illégale. Cette décision concerne 250 grévistes qui avaient pris possession des usines Apex Hosiery pendant six semaines, empêchant les propriétaires d'utiliser leur bien et bloquant le travail de 2 500 autres employés souhaitant reprendre leur activité[51].

Le Dr Lester K. Ade, surintendant de l'instruction publique de Pennsylvanie, exprime son opposition à l'obligation pour les écoliers de saluer le drapeau, une pratique qu'il associe aux régimes autoritaires comme ceux de Hitler ou Mussolini, mais qu'il juge inappropriée pour le public américain[52].

La revue rappelle également que le premier drapeau américain, composé d'étoiles et de bandes, a été conçu par Francis Hopkinson, cousu par Margaret Manny et hissé lors d'une célébration navale le 4 juillet 1777. Betsy Ross n'a joué aucun rôle dans sa création[53].

New York et Philadelphie – Divers articles

À New York, les aviateurs russes Gromoff, Yumashef et Danilin, qui ont réalisé un vol record au-dessus du pôle Nord, ont été chaleureusement accueillis par le maire La Guardia. En revanche, le maire de Philadelphie, Davis Wilson, sous l'influence du cardinal Dougherty, a refusé de les recevoir, ce que la publication interprète comme un affront envers Philadelphie[54].

Un employeur philadelphien, J. Harvey Gravell, a remboursé les dettes de ses employés au début de l'année 1937, pour un montant total d'environ 100 000 dollars. Chaque employé a reçu au moins 100 dollars, et l'un d'eux a bénéficié de 7 000 dollars pour rembourser son hypothèque et d'autres dettes[55].

Le gouverneur de Pennsylvanie, George Earle, s'est opposé à la projection du film « Spain in Flames », arguant que cela pourrait favoriser la cause de la République espagnole et encourager des partisans de la liberté, comme Lafayette ou Kosciuszko, à prendre position. Cette opposition est présentée comme un rejet des valeurs de liberté, symbolisées par la cloche de la Liberté, toujours présente dans l'État[56].

À Meadville, une église méthodiste a affiché un panneau annonçant un culte intitulé « Worms for Lark’s Feathers » (Des vers pour les plumes d'alouette), illustrant selon la publication une forme de religiosité déconnectée de la réalité[57].

Enfin, la tour d'antenne de la station de radio KDKA à Pittsburgh est présentée comme la plus haute structure entièrement soudée au monde, avec une hauteur de 718 pieds pour seulement 5 pieds de largeur[58].

États de l'Atlantique Sud – Divers articles

Cette rubrique aborde plusieurs sujets liés aux États du Sud des États-Unis.

Thomas Hocati, expert en immigration, décrit les souffrances infligées aux étrangers et à leurs familles par les lois et règlements américains sur la déportation. Il cite des cas extrêmes, comme celui d'un Écossais qui, faute de pouvoir être renvoyé dans son pays d'origine en raison de l'absence de preuve de naissance, a été libéré puis emprisonné pendant six mois pour absence de moyens de subsistance. Un autre exemple concerne un couple marié, l'un américain et l'autre canadien, qui se voit interdire l'entrée dans leurs pays respectifs, ne pouvant se retrouver que lors de traversées en ferry sur la rivière Detroit[59].

La publication critique également les pratiques religieuses jugées superstitieuses, comme l'utilisation de chapelets, de bougies et d'« eau bénite »[60].

Un article dénonce la montée en puissance du Congress of Industrial Organizations (C.I.O.), un syndicat américain, dont le dirigeant, John L. Lewis, est accusé de bénéficier de soutiens politiques pour imposer son influence. Le Norfolk Ledger Dispatch affirme que les gouvernements fédéral et des États ont capitulé devant le C.I.O., dont les actions sont qualifiées d'illégales[61].

Le représentant Treadway, du Massachusetts, suggère que la contribution de 500 000 dollars du C.I.O. au fonds de campagne du Parti démocrate pourrait expliquer la politique de « non-intervention » du gouvernement fédéral envers ce syndicat[62].

Ben E. Adams, un Américain de Caroline du Sud, présente des statistiques sous forme de comptabilité, montrant que sur 27,5 millions de personnes issues de l'immigration, 16,5 millions sont des citoyens naturalisés, 3,5 millions sont en situation illégale, 6 millions occupent des emplois sans être naturalisés, et 1,5 million dépendent de l'aide sociale. Il conclut que l'expulsion de 10,5 millions d'étrangers causerait un préjudice considérable au pays[63].

Enfin, la publication critique l'augmentation de l'utilisation du courrier affranchi par les départements exécutifs du gouvernement américain, qui est passée de 302 millions d'envois en 1930 à 669 millions en 1936. Cette hausse est attribuée à la nomination du président du Comité national démocrate au poste de directeur général des postes, et est présentée comme une des causes du déficit de 72 millions de dollars enregistré par le département des Postes l'année précédente[64].

« En terre de Dixie » – Divers articles

Cette rubrique traite de sujets variés liés aux États du Sud des États-Unis.

Un article décrit les conditions de la cueillette du coton, soulignant que cette culture est plus haute qu'il n'y paraît, avec des plants pouvant atteindre jusqu'à six pieds de hauteur. La cueillette est présentée comme un travail exigeant une certaine dextérité, mais peu pénible pour le dos, et bien rémunéré par rapport aux autres travaux agricoles dans le Sud. Les cueilleurs expérimentés peuvent récolter entre 200 et 250 livres de coton par jour, pour un salaire variant entre 65 cents et un dollar par 100 livres, selon les régions et la demande. La publication mentionne également que les coupures aux doigts, causées par les coques de coton, sont rares et généralement sans gravité[65].

Deux jeunes filles de 11 et 12 ans, élèves d'une école du Royaume à Atlanta (Géorgie), partagent un extrait de leur manuel d'histoire intitulé « When We Were Colonies ». Ce passage explique que les Pères pèlerins rejetaient les fêtes païennes comme Pâques, le 1er mai et Noël, qu'ils considéraient comme « non chrétiennes ». La publication souligne que les écoles du Royaume de Jéhovah encouragent les élèves à utiliser leur raison et à rejeter les traditions religieuses imposées[66].

Enfin, un récit humoristique raconte l'histoire d'un vieil homme peu intéressé par les églises, mais qui accompagne sa femme à une réunion de réveil pour lui faire plaisir. Lorsqu'une jeune femme lui demande s'il souhaite donner de l'argent au Seigneur, il répond qu'il préfère le faire lui-même, car il s'attend à rencontrer Dieu avant elle, compte tenu de son âge et de sa santé. Cette anecdote est présentée comme une illustration de l'hypocrisie des collectes religieuses[67].

La Californie, toujours incroyable

La Californie est présentée comme un État où, malgré des contradictions politiques marquées, une décision judiciaire récente a rétabli une élève exclue pour avoir refusé de saluer le drapeau, en raison de ses convictions religieuses en tant que Témoin de Jéhovah. Cette décision est qualifiée d'« honnête, décente et américaine » par la publication, qui souligne qu'elle contraste avec des pratiques associées à des régimes autoritaires comme le communisme ou le fascisme. Le texte mentionne également le cas des militants syndicaux Tom Mooney et Warren K. Billings, toujours emprisonnés, ainsi que la présence de groupes extrémistes comme les *Silver Shirts*[68].

Un éditorial du *Baltimore Evening Sun* est cité pour souligner le paradoxe californien, où la liberté américaine semble à la fois menacée et préservée par des décisions judiciaires progressistes. Le texte ironise sur le fait que la Californie reste « incroyable » dans un sens positif, malgré des affaires comme celle de Mooney, dont la condamnation repose sur des témoignages jugés invraisemblables par la Cour suprême de l'État[69].

La publication critique également l'hypocrisie des croyances religieuses traditionnelles, comme l'idée d'un Dieu infligeant des tourments éternels ou l'efficacité des prières payantes pour réduire les souffrances du purgatoire, qualifiées de « préparations » à des déclarations judiciaires tout aussi invraisemblables[70].

Enfin, le décès de Charles M. Fickert, procureur ayant contribué à l'emprisonnement de Mooney, est salué avec satisfaction, tout comme celui de Francis W. Oxman, un témoin ayant menti sous serment. Le texte cite Romains 1:29-32 pour justifier l'idée que les menteurs et les persécuteurs méritent la mort, tout en espérant leur disparition future[71].

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Le juge Hermes, un magistrat incompétent

Le juge Joseph Hermes, de Chicago, est critiqué pour avoir condamné une Témoin de Jéhovah à six mois de prison pour son refus de saluer le drapeau, un acte motivé par ses convictions religieuses. La publication le décrit comme un magistrat inapte, dont les méthodes sont dénoncées par l'*International Juridical Association Monthly Bulletin*. Hermes est accusé d'avoir violé les *Canons of Professional Ethics* en orchestrant une publicité médiatique autour d'une affaire en cours, compromettant ainsi l'équité du procès. Il est également reproché d'avoir humilié des avocats en les faisant expulser manu militari de son tribunal, et d'avoir transformé sa salle d'audience en un spectacle pour journalistes et photographes[72].

Un autre cas est mentionné, celui d'Eleanor Swimmer, arrêtée pour possession de littérature communiste et soumise à un examen psychopathologique abusif. Hermes aurait également forcé une accusée, Mary Schlactka, à poser avec lui pour des photographes après l'avoir condamnée à une amende maximale pour son refus de saluer le drapeau. Ces agissements sont présentés comme une preuve supplémentaire de son incompétence et de son mépris pour les droits des justiciables[73].

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Le calendrier de jeûne et d'abstinence catholique

La publication se moque du *Fast and Abstinence Calendar* distribué par *The New World*, un organe catholique, qui impose des règles alimentaires complexes selon le statut social, l'âge et le sexe des fidèles. Ce calendrier détermine, pour 113 jours de l'année, si une personne peut manger de la viande, combien de repas complets elle est autorisée à prendre, et à quelles heures. Par exemple, les travailleurs et leurs familles sont soumis à des restrictions différentes de celles des non-travailleurs, et les personnes de plus de 59 ans bénéficient de règles spécifiques[74].

Le texte ironise sur l'absurdité de ces règles, qui obligent les fidèles à consulter quotidiennement le calendrier avant de manger, et dénonce l'hypocrisie de l'Église catholique, qui prétend défendre la famille et la maternité tout en imposant des contraintes jugées ridicules. La publication qualifie ces pratiques de « pure bunk » (foutaises) et met en garde contre toute remise en question de ces croyances, sous peine de représailles divines[75].

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Les "enfants" de l'American Legion

L'*American Legion*, une organisation d'anciens combattants, est critiquée pour son comportement immature et violent lors de sa convention à Springfield, dans l'Illinois. Bien que ses membres aient en moyenne 42 ans, la publication les compare à des enfants turbulents, décrivant leurs agissements comme des farces dangereuses : ils ont obstrué la circulation, frappé des automobilistes qui protestaient, coupé des câbles de trolleybus, et volé des kiosques à journaux pour les utiliser comme barricades. Ces actes sont présentés comme une preuve de leur manque de maturité et de leur irresponsabilité[76].

Le texte souligne également que plus de 90 % de ces membres n'ont jamais combattu volontairement, ayant été enrôlés de force, et que la majorité d'entre eux n'ont jamais été exposés aux combats. Cette remarque vise à discréditer l'organisation, en opposant ses membres aux véritables soldats, qui n'auraient jamais rejoint l'*American Legion*[77].

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Par les sentiers, les ruisseaux et les jardins (Le pommier)

Cet article adopte un ton poétique et pédagogique pour expliquer la croissance des pommes à travers un dialogue entre une mère, Jane, et ses deux enfants, Buddy et Bunny. Jane décrit la beauté des fleurs de pommier, leur parfum et leur rôle dans la nature, tout en soulignant l'ignorance humaine face aux mystères de la création divine. Elle explique ensuite le processus de pollinisation : les étamines, qui produisent le pollen, et le pistil, qui contient les ovules. Les enfants découvrent que les abeilles et les papillons jouent un rôle essentiel en transportant le pollen d'une fleur à l'autre, permettant ainsi la formation des graines et, finalement, des fruits[78].

Jane met en garde contre la cueillette excessive des fleurs sauvages, qui empêche la formation de graines et menace la survie des plantes. Elle explique que, dans le cas des arbres fruitiers, la partie inférieure du pistil se transforme en fruit (comme une pomme ou une pêche) une fois la pollinisation effectuée. Le texte se termine sur une note d'émerveillement face à la complexité et à la fragilité de ce processus naturel[79].

Maison Bethel et salle du Royaume à Copenhague (Danemark) et Honolulu (Hawaï)

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Pourquoi être inventeur ?

Un fait divers humoristique est rapporté pour illustrer les risques de l'inventivité. Une femme finlandaise, à Helsingfors, a utilisé un fer à repasser électrique comme bouillotte pour réchauffer son lit. L'appareil a provoqué un incendie, et elle a été condamnée à une amende pour gaspillage d'électricité. La publication utilise cet exemple pour ironiser sur les dangers de l'innovation, tout en soulignant l'absurdité de certaines réglementations[80].

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Oslo et les États baltes

Cette rubrique présente plusieurs brèves sur des sujets variés, principalement liés à l'Europe du Nord et aux activités des Témoins de Jéhovah.

Un témoignage d'un fidèle de Birmanie est rapporté : il affirme avoir entendu, aux petites heures du matin, le discours prononcé par le juge Rutherford à Columbus (Ohio) le 18 septembre 1937, grâce à une diffusion en ondes courtes. Un autre témoignage, en provenance de Suède, décrit la joie de David Morin, qui a pu écouter le même discours en direct, malgré l'interdiction de se rendre à la convention. Ces récits sont présentés comme des preuves de l'intervention divine, qualifiée d'« ange du Seigneur »[81].

La publication souligne également l'opposition des Néerlandais à la guerre, malgré les tensions internationales. Les Pays-Bas sont décrits comme un pays pacifique, où les agriculteurs travaillent dans des polders situés sous le niveau de la mer, protégés par des digues. Cependant, le gouvernement néerlandais renforce ses fortifications face aux menaces extérieures, notamment en construisant des défenses aux frontières est et sud[82].

Un article évoque la possibilité d'utiliser les volcans islandais pour produire de la nourriture. L'Islande, connue pour ses sources chaudes, envisage de chauffer des serres et de fournir de l'eau chaude à Reykjavik grâce à l'énergie géothermique. Cette initiative est présentée comme une solution innovante pour l'agriculture en climat froid[83].

Le Danemark est cité en exemple pour sa politique agricole : le gouvernement a acheté 11 451 fermes au cours des 25 dernières années, les a rénovées et les a confiées à des agriculteurs compétents. Malgré quelques défauts de paiement, 96,4 % des acheteurs ont honoré leurs engagements, et les pertes financières pour l'État ont été minimes[84].

Enfin, un article décrit les bancs de morues au large du Groenland, où des pêcheurs portugais ont récemment capturé 48 000 poissons en six jours à l'aide de lignes à main. Ces eaux sont fréquentées par des navires américains, français, britanniques, portugais et danois, et le gouvernement danois est salué pour sa gestion équitable des ressources halieutiques[85].

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L'Europe centrale

Cette rubrique se concentre sur les persécutions subies par les Témoins de Jéhovah en Europe centrale et sur les manœuvres politiques de l'Église catholique.

En Yougoslavie, les activités des Témoins de Jéhovah, qualifiés de « Bible Examiners », sont interdites. Malgré cette interdiction, leurs missionnaires utilisent des gramophones pour diffuser des enregistrements de leurs enseignements dans les villages de montagne. Leurs réunions se tiennent dans des caves ou des pièces secrètes, à l'abri des perquisitions policières. La publication suggère que cette répression est orchestrée par l'Église catholique romaine, qui chercherait à étouffer toute concurrence religieuse[86].

Un journaliste britannique, Hubert Harrison, correspondant du *New York Times* et de Reuters, a été expulsé de Yougoslavie après avoir révélé des informations sur les dessins animés de *Mickey Mouse* critiquant la dictature catholique romaine. La publication affirme que la véritable raison de son expulsion est d'avoir dénoncé un accord secret visant à placer le pays sous l'influence du pape[87].

En Autriche, les conditions de détention des prisonniers politiques sont décrites comme particulièrement dures. Les détenus n'ont droit à aucune accusation formelle, à aucun avocat, et sont interrogés en secret par la police, qui fixe également leur peine. La publication cite un article du *Manchester Guardian* pour illustrer cette situation, et annonce que les Témoins de Jéhovah en Autriche subiront désormais les mêmes persécutions que leurs coreligionnaires en Allemagne nazie, suite à l'annexion du pays par le Troisième Reich[88].

La Hongrie est critiquée pour son implication dans des actions catholiques et fascistes. Le pays a participé à une violation de la neutralité américaine en achetant un navire, le *Cayuga*, pour le renommer *Alba* et l'utiliser pour transporter des munitions destinées aux forces franquistes en Espagne. Le gouvernement italien aurait facilité cette opération, ce qui est présenté comme une preuve de la collusion entre le fascisme et l'Église catholique[89].

Enfin, la Hongrie commence à rembourser une partie de sa dette envers les États-Unis pour de la farine achetée en 1920. Bien que les paiements soient modestes (22,8 % des sommes dues), la publication y voit un signe d'espoir pour un règlement plus large des dettes européennes, tout en ironisant sur les conséquences de la course aux armements en Europe[90].

Maison Bethel et imprimerie des éditeurs du Royaume à Prague (Tchécoslovaquie)

La Grande-Bretagne

La rubrique consacrée à la Grande-Bretagne s'ouvre sur une critique acerbe des relations économiques et politiques entre le pays et les États-Unis. La publication dénonce une forme d'hypocrisie des dirigeants britanniques, accusés de chercher à soutirer des fonds américains sous prétexte d'une éventuelle guerre en Europe, tout en comptant sur le fait que ces dettes ne seraient jamais remboursées. Elle souligne le mépris perçu en Europe envers les « hommes d'État » américains, décrits comme des proies faciles pour des prêts destinés à financer des armements, sans espoir de remboursement. La publication compare cette dynamique à celle de la Première Guerre mondiale, où les États-Unis avaient été « saignés à blanc » pour soutenir les conflits européens, avant d'être vilipendés dès qu'ils osaient évoquer le remboursement des intérêts[91].

L'article aborde ensuite la position de l'Église anglicane, présentée comme une institution opportuniste et sans principe. La publication critique son refus de se prononcer clairement sur des questions doctrinales, notamment son rejet récent des récits de la création dans la Genèse au profit d'une interprétation « mythologique ». Elle ironise sur les origines simiesques que les évêques attribuent à l'humanité, suggérant que des « exercices matinaux dans l'étable » pourraient les aider à accepter cette idée. L'Église est décrite comme une entité attachée à ses privilèges financiers (17,5 millions de dollars annuels) et politiques (24 évêques siégeant à la Chambre des Lords), tout en niant l'infaillibilité de la Parole de Dieu, ce qui, selon la publication, la rend nuisible pour le peuple[92].

Un encadré relate une anecdote sur des bergers irlandais de Portadown, dans le comté d'Armagh, qui auraient donné des noms singuliers à leurs moutons, illustrant ainsi le verset Jean 10:3 (« Il appelle ses propres brebis par leur nom »). La publication cite une liste de noms tels que « Wee Scabby », « Wide Horns » ou « Blackest Lamb », présentés comme une preuve de l'attachement des bergers à leurs bêtes, à l'image de l'amour du Christ pour ses disciples. Cette histoire est utilisée pour souligner la proximité entre les humains et les animaux, en opposition aux positions des évêques anglicans sur l'origine de l'homme[93].

Enfin, la publication établit un parallèle entre deux figures apparemment opposées : Rosa Kennedy, une médium londonienne prétendant guérir les malades en invoquant les esprits de chefs zoulous décédés, et le Dr Arthur Hinsley, archevêque catholique de Westminster, qui accompagne des invalides britanniques à Lourdes pour des miracles. La publication affirme que les deux pratiques puisent leur source dans le même « commerce » démoniaque, dénonçant ainsi l'hypocrisie des institutions religieuses qui rejettent les médiums tout en promouvant des pèlerinages miraculeux[94].

La consommation de bananes en Grande-Bretagne

La publication rapporte que les Britanniques ont consommé 20,65 millions de régimes de bananes en 1936, soit un poids total de 413 000 tonnes. Ce chiffre, présenté comme un record, est utilisé pour illustrer l'évolution des habitudes alimentaires du pays, sans commentaire doctrinal particulier[95].

Siège de la Société Watch Tower à Berne (Suisse) et à Londres (Angleterre).

La liberté en déclin en Angleterre

Cet article dénonce une dérive autoritaire de la police britannique, comparée à celle d'autres pays. La publication relate l'arrestation d'une femme pour kleptomanie (qualifiée de « vol » pour les pauvres, tandis que les détournements financiers des riches sont présentés comme de la « finance ») et les tentatives abusives des forces de l'ordre pour séparer ses enfants de leur père, un homme honnête et travailleur. La publication critique l'absence de mandat légal pour ces actions et souligne l'arbitraire des autorités, qui auraient dû être poursuivies pour leur comportement. Elle conclut en suggérant que le mari aurait dû faire arrêter les policiers pour intrusion[96].

Les « actes de Dieu » près de Liverpool

La publication s'attaque à l'interprétation religieuse des catastrophes naturelles, en prenant l'exemple de grêles dévastatrices ayant ruiné des éleveurs de volailles et des arboriculteurs près de Liverpool en 1937. Lorsque ces derniers ont demandé une indemnisation au gouvernement, celui-ci a refusé en invoquant des « actes de Dieu ». La publication rejette cette explication, affirmant que ces tempêtes sont en réalité causées par Satan, et non par Jéhovah. Elle dénonce également l'hypocrisie du gouvernement britannique, qui se prétend « régnant par la grâce de Dieu », tout en agissant comme un instrument du Diable pour discréditer le nom divin. La publication conclut en annonçant que lors d'Harmaguédon, ceux qui auront ignoré les avertissements de Jéhovah n'auront aucune échappatoire[97].

L'Irlande s'incline devant Mussolini et le Pape

La publication critique la décision de l'État libre d'Irlande de reconnaître officiellement l'annexion de l'Éthiopie par l'Italie fasciste, présentée comme un acte de soumission à Mussolini et au pape. Elle ironise sur le fait que l'Irlande, tout en refusant de s'incliner devant la Grande-Bretagne, accepte cette domination étrangère, et prédit que tous les hypocrites devront tôt ou tard se soumettre à cette réalité. Aucune référence doctrinale explicite n'est faite, mais le ton suggère une condamnation des compromis politiques avec les régimes autoritaires[98].

Commentaires britanniques

Sous la plume de J. Hemery (Londres), cette rubrique analyse les préparatifs militaires britanniques après l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie. L'auteur souligne que le discours du Premier ministre britannique, bien que minimisant les risques immédiats de guerre, a révélé l'absence d'alternative à une course aux armements. La publication cite des désaccords sur la politique gouvernementale, mais note un consensus sur la nécessité de se préparer à la violence. Elle évoque les discussions en cours avec les syndicats pour accélérer la production d'armements, tout en dénonçant les profits exorbitants réalisés par les industriels lors de la Première Guerre mondiale (exemple : dividendes de 50 % et bonus de 100 % pour Handley Page, ou profits de 2 millions de livres pour Vickers). La publication critique également l'optimisme naïf de certains, comme l'archevêque de Cantorbéry, qui espère que Hitler, après avoir réalisé son ambition autrichienne, renoncera à de nouvelles aventures militaires[99].

L'article aborde ensuite les préparatifs civils face à la menace aérienne, notamment la production de 26 millions de masques à gaz et les exercices de défense passive. La publication souligne la terreur inspirée par les bombardements aériens, comparée à celle des tremblements de terre, et annonce que lors d'Harmaguédon, ceux qui auront rejeté les avertissements de Jéhovah n'auront aucune protection[100].

Enfin, la publication critique l'appel à un « retour à la religion » lancé par les autorités religieuses, présenté comme une tentative désespérée de sauver une civilisation en déclin. Elle dénonce l'hypocrisie des clercs, qui ignorent délibérément les prophéties bibliques sur l'établissement du Royaume de Dieu sur Terre, et se concentrent plutôt sur des questions politiques ou morales. La publication affirme que ni la moralité ni la religion ne sauveront cette civilisation, car le jour de Jéhovah est déjà là, et les nations sont jugées selon les prophéties de Sophonie 3:8[101].

« La Ligue montre toujours la voie »

La publication commente une lettre du secrétaire général du Conseil national des Églises libres, publiée dans un quotidien londonien, qui appelle à une mobilisation contre le « fléau du paganisme » et la dérive vers la « politique de puissance ». L'auteur de la lettre défend la Société des Nations comme une voie de « raison, d'honneur et de sécurité », et réclame une « Bible ouverte ». Cependant, la publication rejette cette interprétation, affirmant que les Églises libres utilisent la Bible non pas pour chercher la volonté de Jéhovah, mais pour justifier leurs propres ambitions politiques. Elle critique également leur soutien aux prophètes bibliques uniquement lorsqu'ils condamnent la tyrannie des agresseurs, tout en ignorant les autres aspects de leur message[102].

Un encadré relate une résolution adoptée lors d'une assemblée des Églises libres, qui se limite à des questions pratiques comme la sécurité routière ou la régulation de la vente d'alcool, sans aucune référence au Royaume de Dieu. La publication ironise sur le fait que cette résolution aurait pu être adoptée par n'importe quelle réunion de citoyens, et conclut que les religieux, s'ils entendaient la parole de Dieu comme le fit Jérémie, seraient traités avec le même mépris que ce prophète par leurs contemporains[103].

Les clercs sont mécontents

La publication rapporte les propos de l'évêque de Chelmsford, qui affirme dans un article que la civilisation est condamnée sans un retour rapide à la moralité et à la religion. Elle souligne l'inconfort de cette déclaration pour les dirigeants religieux, notamment ceux de l'Église anglicane, qui croient que l'Angleterre, en tant que « nation chrétienne », est immunisée contre les crises, même si d'autres pays s'effondrent. La publication dénonce cette illusion, rappelant que les affaires de l'État britannique sont menées sans aucune considération pour Dieu ou la justice, malgré les prières quotidiennes à la Chambre des Communes ou la présence de évêques à la Chambre des Lords. Elle conclut que les clercs, en rejetant les Écritures, ont perdu leur légitimité, et que leur « gestion » leur sera retirée[104].

Heureux au service de Dieu

Cet article contraste le malaise des religieux avec la joie des Témoins de Jéhovah (désignés comme « témoins de Jéhovah »), présentés comme heureux dans leur service divin. La publication décrit les assemblées des Témoins comme des rassemblements joyeux, malgré les difficultés actuelles, et souligne leur conviction que le Royaume du Christ apportera une ère de justice après la tribulation. Elle affirme que ces croyants, en proclamant la vérité malgré la persécution, trouvent leur bonheur dans la certitude que Jéhovah, le « Juge juste », vengera son saint nom lors du jour du jugement[105].

La Hiérarchie et Hitler

La publication analyse les relations entre le régime nazi et la hiérarchie catholique, en s'appuyant sur une déclaration des cardinaux et évêques autrichiens lue dans toutes les églises catholiques du pays le 27 mars 1938. Ces derniers affirment que le mouvement national-socialiste a accompli un « travail remarquable » dans la réorganisation sociale de l'Autriche, notamment en faveur des plus pauvres, et qu'il a évité le danger du bolchevisme athée. Ils appellent les fidèles à soutenir le Reich allemand lors du plébiscite à venir. La publication interprète cette déclaration comme une confirmation de l'alliance entre Hitler et la hiérarchie catholique, déjà évoquée par Judge Rutherford dans un précédent numéro de Consolation. Elle souligne que les évêques agissent sous le contrôle de la hiérarchie romaine, et que leur objectif réel est de promouvoir les intérêts de cette dernière, plutôt que de sauver l'Autriche de la « déchéance »[106].

La publication cite également un article du Sunday Times évoquant un concordat entre le Reich et l'Église catholique, ainsi que la déclaration de quatre surintendants protestants autrichiens saluant l'annexion de l'Autriche comme une « heure bénie par Dieu ». Elle conclut en dénonçant cette collusion entre les institutions religieuses et le régime nazi, présentée comme une trahison des principes chrétiens au profit du pouvoir politique[107].

La Gardienne d'oies

La publication présente une description ethnographique de la figure traditionnelle de la gardienne d'oies en Alsace-Lorraine, région frontalière entre la France et l'Allemagne. Ce personnage, souvent représenté avec un foulard sur la tête, un corsage lacé et un tablier, incarne une pratique rurale où les jeunes filles gardent les oies tout en tricotant des vêtements pour l'hiver. Les oies, considérées comme un luxe et une nécessité dans cette région, sont élevées en grand nombre et jouent un rôle central lors des fêtes familiales, où l'oie farcie est un plat traditionnel. Cependant, le foie des oies est réservé à la fabrication du pâté de foie gras, une spécialité culinaire exportée dans le monde entier et servie dans les grands hôtels et sur les paquebots de luxe. La gardienne d'oies, ou Ganseliesel, est si emblématique de l'Alsace-Lorraine qu'elle est représentée sur des fontaines et célébrée par des poètes locaux comme Lustig et Erckmann-Chatrian[108].

Une illustration accompagne cet article, montrant une jeune fille en costume traditionnel surveillant un troupeau d'oies.

Campagne d'abonnement à Consolation

La revue annonce le lancement d'une campagne massive visant à augmenter son tirage. Depuis le 9 avril, les lecteurs sont encouragés à souscrire de nouveaux abonnements et à distribuer des exemplaires supplémentaires parmi leurs proches. Pour faciliter cette démarche, une offre spéciale est proposée : 40 exemplaires du numéro en cours pour un dollar (1,25 dollar en dehors des États-Unis). La publication se présente comme un média franc et courageux, refusant de minimiser les difficultés du monde contemporain tout en offrant une perspective d'espoir. Elle met en avant deux ouvrages récents de Joseph Franklin Rutherford, Enemies (un livre relié de 384 pages) et Cure (une brochure déjà distribuée à des millions d'exemplaires), disponibles avec un abonnement annuel à Consolation pour une contribution d'un dollar (1,25 dollar pour le Canada et les autres pays)[109].

Deux coupons détachable sont insérés à la fin de l'article, permettant aux lecteurs de commander soit 40 exemplaires pour distribution, soit un abonnement annuel accompagné des deux publications mentionnées.

Avons-nous besoin de plus de religion ?

L'article s'ouvre sur une citation attribuée au gouverneur d'un État américain, affirmant que la solution aux problèmes de la nation réside dans un retour à la religion. Cette déclaration est suivie d'une prise de position similaire d'un membre éminent de la hiérarchie catholique, selon lequel l'éducation, la politique, la science et la philanthropie ont échoué à résoudre les crises contemporaines, laissant la religion comme dernier espoir. La publication interroge cette vision en posant la question : « Avons-nous vraiment besoin de plus de religion ? » et renvoie les lecteurs à la brochure Cure de Joseph Franklin Rutherford pour obtenir une réponse claire. Cette brochure de 32 pages, déjà imprimée à plus de douze millions d'exemplaires, aborde sans détour l'origine de la religion, son rôle dans les troubles actuels et la seule véritable espérance pour l'humanité. Les lecteurs sont invités à contribuer à sa diffusion en remplissant un coupon pour recevoir 60 exemplaires de Cure et 2 exemplaires de Enemies, moyennant une contribution d'un dollar destinée à financer la publication d'autres ouvrages[110].

Un coupon détachable est inclus à la fin de l'article, permettant aux lecteurs de commander ces publications.

Analyse

Croyances

La réinterprétation de Romains 13:1 publiée dans ce numéro constitue l'intervention doctrinale la plus explicite du périodique. La publication y rejette catégoriquement l'identification traditionnelle des « autorités supérieures » avec les gouvernements terrestres, pour leur substituer exclusivement Jéhovah Dieu et Jésus-Christ.[111] Cette lecture repose sur la prémisse que les lois civiles varient d'un pays à l'autre et sont jugées incohérentes, ce qui les disqualifie comme source d'autorité absolue. Un tel rétrécissement de la portée du texte paulinien est cohérent avec la logique théocratique développée par Joseph Franklin Rutherford à cette époque, selon laquelle tous les gouvernements terrestres se trouvent sous l'emprise de Satan, et non sous celle de Jéhovah.[112] La formulation retenue dans ce numéro — la soumission aux « autorités supérieures » comme engagement volontaire d'alliance avec Dieu, et non comme obéissance aux lois nationales — offre une justification scripturaire directe au refus de participer aux obligations civiques que l'organisation réclamait alors de ses membres.

Ce cadrage scripturaire s'articule directement avec la position, exposée dans plusieurs rubriques du numéro, selon laquelle le salut au drapeau constitue une forme d'idolâtrie incompatible avec le service de Jéhovah. La publication présente le culte du Führer en Allemagne — illustré par des déclarations diffusées à la radio allemande telles que « Nous croyons en notre Führer comme la révélation de Dieu à notre peuple » — comme le cas le plus flagrant d'idolâtrie d'État, mais elle pose simultanément le problème sur le plan de principe pour toutes les nations, y compris les États-Unis.[113] Les régimes totalitaires (Allemagne nazie, Italie fasciste, Union soviétique) et les démocraties sont placés sur le même plan au regard de l'idolâtrie civique : ce qui est dénoncé n'est pas spécifiquement le régime nazi, mais le principe même du serment d'allégeance à un symbole national, quel que soit le régime. La revue relate avec approbation la décision judiciaire californienne ayant rétabli une élève Témoin de Jéhovah exclue pour avoir refusé le salut au drapeau, qualifiée d'« honnête, décente et américaine »,[114] et cite le surintendant scolaire de Pennsylvanie, le Dr Lester K. Ade, qui s'exprime lui-même contre cette obligation.[115] Les publications des Témoins de Jéhovah déclaraient que saluer les drapeaux nationaux constituait une forme d'idolâtrie interdite par les Dix Commandements, une position qui avait déjà provoqué des arrestations et des violences dans plusieurs pays.[116]

L'eschatologie immédiate traverse l'ensemble du numéro comme un fil conducteur interprétatif. Les catastrophes naturelles refusées au remboursement gouvernemental en Grande-Bretagne ne sont pas des « actes de Dieu » mais des œuvres de Satan, et ceux qui auront ignoré les avertissements de Jéhovah ne trouveront aucune protection lors d'Harmaguédon.[117] La correspondance londonienne de J. Hemery, analysant les préparatifs militaires britanniques après l'annexion de l'Autriche, se conclut par une référence explicite au « jour de Jéhovah » annoncé en Sophonie 3:8, présenté comme déjà en cours d'accomplissement dans les tensions internationales observées.[118] Ce verset, qui annonce que Jéhovah se lève pour « rassembler les nations » et répandre sur elles « sa fureur ardente », est mobilisé pour donner une signification prophétique précise à la course aux armements et à la montée des dictatures décrites dans les rubriques géopolitiques du numéro. La brochure Harmaguédon, publiée par Rutherford l'année précédente en 1937, fournissait le cadre doctrinal développé dont ces rubriques constituent l'application journalistique.[119]

Le rejet de la religion organisée comme œuvre satanique constitue le quatrième axe doctrinal structurant ce numéro. La publication ne distingue pas entre les confessions : le catholicisme romain, l'anglicanisme et le clergé protestant sont traités avec le même refus de légitimité. L'Église anglicane est critiquée pour avoir renié l'infaillibilité des Écritures en adoptant une interprétation « mythologique » de la Genèse,[120] les pasteurs protestants allemands sont accusés de trahison pour avoir participé à la glorification du régime nazi,[121] et les Églises libres britanniques sont dénoncées pour avoir substitué des résolutions civiques au message du Royaume de Dieu.[122] La brochure Cure de Rutherford, dont la diffusion à plus de douze millions d'exemplaires est annoncée dans ce numéro,[123] est présentée comme la réponse directe à l'affirmation — attribuée à la fois à un gouverneur d'État américain et à un prélat catholique — selon laquelle un retour à la religion pourrait résoudre les crises contemporaines. En opposant la « vraie dévotion envers Jéhovah » à la « religion » comme catégorie satanique, ce numéro s'inscrit dans la ligne constante développée par Rutherford depuis les années 1920, qui réservait le terme de « religion » à ce qu'il condamnait, par opposition au terme de « culte pur » ou de « service de Dieu ».[124]

Organisation et histoire

Le numéro du 4 mai 1938 annonce officiellement la tenue d'une convention des Témoins de Jéhovah à Seattle, dans l'auditorium civique de la ville, prévue du 2 au 5 juin 1938 pour les fidèles des États du Nord-Ouest des États-Unis et de l'Ouest du Canada.[125] Joseph Franklin Rutherford, alors président de la Société Watch Tower, doit y prononcer un discours radiodiffusé le dimanche 5 juin. Les organisateurs anticipent la présence de 16 000 personnes et prévoient des dispositifs d'accueil spécifiques pour les visiteurs arrivant en automobile ou en caravane, sur le modèle de la convention de Columbus (Ohio) tenue en septembre 1937.[126] La tenue d'une telle convention dans un auditorium civique de grande capacité, avec diffusion radiophonique du discours principal, illustre la pratique établie par Rutherford d'organiser des rassemblements publics de masse servant simultanément de démonstration de l'organisation et de vecteur de diffusion du message.[127]

Le numéro aborde directement la situation des Témoins de Jéhovah en Europe centrale à la suite de l'Anschluss. En Yougoslavie, la publication signale l'interdiction des activités des Témoins, désignés localement comme « Bible Examiners », et décrit les conditions clandestines dans lesquelles se poursuivent leurs réunions.[128] En Autriche, elle annonce explicitement que les Témoins subiront désormais les mêmes persécutions que leurs coreligionnaires en Allemagne nazie.[129] Ce constat est cohérent avec les données historiques établissant qu'avant l'Anschluss le gouvernement catholique autrichien était déjà hostile aux Témoins, et qu'après l'annexion de mars 1938 leurs activités furent immédiatement interdites.[130] Le numéro mentionne par ailleurs l'activité missionnaire à Terre-Neuve, où des fidèles décrivent des saisies de matériel et des menaces d'expulsion de la part des autorités locales, soulignant les obstacles rencontrés dans une province canadienne à forte emprise catholique.[131]

Enfin, ce numéro illustre la position de l'organisation sur le refus du salut au drapeau, qui est à cette période l'une des causes directes de poursuites judiciaires contre des Témoins aux États-Unis. La publication rapporte avec approbation une décision judiciaire californienne ayant rétabli une élève exclue pour refus du salut au drapeau, et consacre plusieurs articles à dénoncer des juges ou des gouverneurs qui considèrent ce refus comme un acte d'allégeance à un régime autoritaire.[132] Rutherford avait établi, à la même époque, une comparaison explicite entre les Témoins allemands refusant le salut hitlérien et les Témoins américains refusant le salut au drapeau, les publications de l'organisation ayant décrété que cette pratique constituait une forme d'idolâtrie contraire au Second Commandement.[133]

Science et médecine

La publication aborde plusieurs sujets scientifiques ou médicaux où la revue manifeste un intérêt idéologique à présenter les choses d'une certaine façon, allant parfois au-delà de ce que justifiait l'état des connaissances de l'époque.

La chloration de l'eau potable fait l'objet d'une critique virulente dans la rubrique « Phénomènes naturels ». La publication accuse les fabricants de chlore de polluer volontairement l'eau pour augmenter leurs ventes, allant jusqu'à affirmer que l'eau ainsi traitée serait « impropre à la consommation » et mortelle pour les poissons, citant l'exemple de truites arc-en-ciel dont douze seraient mortes en quarante-quatre heures dans une eau chlorée comparable à celle de Cleveland (Ohio).[134] Or, à cette date, la chloration de l'eau potable était une mesure de santé publique largement établie et reconnue, en usage dans les grandes villes américaines depuis 1908, et elle avait entraîné une réduction spectaculaire de la mortalité due aux maladies hydriques telles que le choléra et la fièvre typhoïde.[135] Si des débats scientifiques naissants portaient bien sur la présence de sous-produits chlorés dans l'eau à forte concentration, aucun courant médical sérieux de l'époque n'assimilait la chloration à un complot commercial délibérément nocif. La revue instrumentalise ici une méfiance générale envers l'industrie moderne pour accréditer une vision du monde dans laquelle les institutions terrestres, assimilées au « système de Satan », corrompent jusqu'à l'eau que les hommes boivent.

L'affaire du montagnard de Pennsylvanie John Marsh, qui refuse de faire vacciner son fils contre la variole et préfère purger une peine de prison, est rapportée sans aucun commentaire critique de la part de la revue.[136] Marsh argumente que la vaccination serait inefficace, citant des épidémies dans des pays ayant pratiqué une vaccination massive comme le Japon ou les Philippines. Cette position est présentée comme un exemple de résistance courageuse à une contrainte étatique jugée abusive. Or l'affaire Marsh est une affaire judiciaire précisément documentée : le 9 mars 1938, ce même Marsh fut condamné par un tribunal fédéral du district médian de Pennsylvanie pour violation du Code scolaire de cet État, qui conditionnait l'admission à l'école à la vaccination antivariolique, et il s'agissait d'une série de condamnations répétées pour le même motif.[137] En 1938, le consensus médical en faveur de la vaccination antivariolique était solidement établi depuis plusieurs décennies, et les exemples de vaccination « massive » dans des pays confrontés à des épidémies ne constituaient pas une réfutation du principe vaccinal. En rapportant le cas Marsh sans le contredire, la revue valide implicitement un refus anti-vaccinal cohérent avec la posture générale de la Watch Tower de cette période envers la médecine institutionnelle — une posture documentée notamment par la page de ce wiki consacrée à la vaccination, qui établit qu'entre les années 1920 et le début des années 1950, les publications jéhovistes ont régulièrement présenté la vaccination de façon négative, parfois en l'assimilant à une violation de la loi divine sur le sang.

Enfin, la publication cite un doublement des maladies professionnelles en Allemagne entre 1933 et 1936 — de 7 133 à 13 944 cas — pour illustrer le « mépris » du régime nazi pour la santé des travailleurs.[138] Si cette hausse des chiffres déclarés reflète vraisemblablement une réalité industrielle liée à l'intensification du réarmement, la revue n'en propose aucune analyse : l'augmentation des cas déclarés pouvait aussi refléter, au moins en partie, une amélioration des systèmes de déclaration ou un accroissement du volume de travail industriel. La statistique est mobilisée ici non pour une analyse sanitaire mais comme argument rhétorique à visée prophétique, confirmant l'image d'un régime voué à la destruction dans le cadre eschatologique que la revue développe sur plusieurs articles du même numéro.

Économie et société

La description des conditions de vie des travailleurs et de la population allemande sous le régime nazi occupe une place considérable dans ce numéro. La publication affirme que 700 000 petits commerçants ont fait faillite, que les wagons de marchandises ont diminué de 10 % par rapport à la « crise » de 1932, que des émeutes alimentaires ont éclaté dans plusieurs villes, et que les généraux d'Hitler l'auraient mis en garde contre les effets de la faim sur le moral des troupes, rappelant 1915.[139] Ces affirmations s'inscrivent dans un cadre idéologique précis : la revue cherche à démontrer que le « présent système mauvais » est en train de s'effondrer, ce qui sert directement son discours eschatologique. Or, les données économiques disponibles pour l'Allemagne nazie d'avant 1938 permettent de nuancer sérieusement ce tableau catastrophiste.

Les historiens et les statistiques de l'époque confirment certes l'existence de pénuries et d'une austérité alimentaire réelle : la consommation de viande avait baissé de 17 %, celle de lait de 21 % et celle d'œufs de 46 % entre 1927 et 1937, et le rationnement des matières grasses fut instauré dès le 1er janvier 1937.[140] Cependant, la présentation de la Consolation force systématiquement la gravité de ces faits réels : comparer la situation de 1938 défavorablement à celle de 1932, année du creux absolu de la Grande Dépression en Allemagne, et évoquer des émeutes alimentaires généralisées constitue une dramatisation orientée, car la reprise économique allemande entre 1933 et 1938 — fondée sur le réarmement — avait effectivement fait reculer le chômage de manière spectaculaire, même si la consommation des ménages stagnait.[141] La publication présente ainsi des faits partiellement vrais — les pénuries existaient — mais les ordonne de manière à produire l'image d'un système économique à l'agonie, conformément à la rhétorique de la décadence inéluctable du monde séculier.

La description de la situation à Terre-Neuve, dans le témoignage des missionnaires publiés dans ce numéro, constitue un troisième exemple de déformation à enjeu idéologique. La revue y attribue implicitement la pauvreté extrême de la population — salaires de 8 à 10 dollars par mois pour les femmes, coût de la vie supérieur de 20 à 30 % à celui des États-Unis, illettrisme répandu, absence d'infrastructures sanitaires — à l'emprise de l'Église catholique romaine sur la province.[142] Or, la misère de Terre-Neuve dans les années 1930 est un fait historique bien documenté, mais ses causes sont structurelles et économiques : l'effondrement des prix du poisson, la dépendance quasi exclusive à cette ressource, et une dette publique si écrasante qu'en 1934 l'Assemblée de Terre-Neuve s'abolit elle-même pour céder le pouvoir à une commission nommée par Londres, le service de la dette ayant absorbé jusqu'à 63 % des revenus de l'État.[143] La revue omet délibérément ces causes structurelles pour imputer la détresse de la population à sa religion, ce qui sert directement sa thèse centrale que la domination catholique appauvrit et abrutit les populations qu'elle contrôle.

Illustrations du numéro

Références

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  140. Voir « Food and agriculture in Nazi Germany », Wikipedia (en), et « Food Shortages in the Third Reich », Literary Digest, 1937, reproduit sur Old Magazine Articles (http://wp.oldmagazinearticles.com).
  141. Voir « Economy of Nazi Germany », Wikipedia (en).
  142. Consolation du 4 mai 1938, p. 13.
  143. « Le Canada et la Crise économique à Terre-Neuve, 1929-1934 », Newfoundland and Labrador Heritage, https://www.heritage.nf.ca/articles/en-francais/politics/crise-economique-1929-1934.php ; « La crise des années 1930 », Musée McCord, https://collections.musee-mccord.qc.ca/scripts/explore.php?Lang=2&tableid=11.
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