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« Consolation du 4 mai 1938 » : différence entre les versions

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L'article souligne également que ces pratiques sont enseignées dans des académies nazies spécialisées, où les futurs dirigeants sont formés pour perpétuer l'idéologie hitlérienne. La publication y voit une preuve supplémentaire de la dérive totalitaire et idolâtre du régime nazi<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 5.</ref>.
L'article souligne également que ces pratiques sont enseignées dans des académies nazies spécialisées, où les futurs dirigeants sont formés pour perpétuer l'idéologie hitlérienne. La publication y voit une preuve supplémentaire de la dérive totalitaire et idolâtre du régime nazi<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 5.</ref>.
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=6|label=La hiérarchie progresse|citation=Hierarchy Makes}} ===
La publication affirme que, malgré les poursuites judiciaires contre des membres de l'organisation catholique romaine, la hiérarchie ecclésiastique a connu des avancées significatives sous le régime nazi. En Allemagne, le nombre d'églises catholiques et de prêtres a augmenté depuis l'arrivée d'Hitler au pouvoir, contrairement aux récits de persécution souvent relayés. En 1919, il existait 210 journaux catholiques en Allemagne, tandis qu'en 1937, ce nombre dépassait 400, avec plus de la moitié des 21 millions de catholiques allemands abonnés à l'un d'eux. Ces chiffres, selon la revue, démontrent que les récits de persécution des catholiques en Allemagne nazie sont exagérés<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 6.</ref>.
La collaboration entre la hiérarchie catholique et le régime nazi est illustrée par plusieurs exemples. Après l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne en 1938, le cardinal Theodor Innitzer, archevêque catholique de Vienne, aurait reçu des assurances d'Hitler concernant l'avenir de l'Église dans l'Autriche germanisée. Par ailleurs, la franc-maçonnerie allemande a été démantelée, ses biens confisqués, et ses membres interdits de communication sous peine d'arrestation, sans que la hiérarchie catholique ne s'y oppose. Plusieurs francs-maçons éminents se seraient suicidés dans ce contexte<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 6.</ref>.
Un extrait d'une lettre de Boris Toedtli, un nazi suisse, adressée à son supérieur Fleischhauer en Allemagne, est cité pour démontrer les liens entre les nazis et la machine papale. Toedtli y évoque ses contacts avec des catholiques et son entretien avec le nonce papal, qui lui aurait remis deux lettres de recommandation pour la Suisse. Il propose également la publication d'un journal bimensuel pour informer la presse sur les Étudiants de la Bible (Témoins de Jéhovah), en évitant de mentionner l'Allemagne comme lieu de publication pour préserver une apparence d'impartialité<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 6.</ref>.
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=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=6|label=Subventions à la religion|citation=Subsidies to}} ===
La revue souligne que le retrait des subventions gouvernementales aux organisations religieuses aurait des conséquences plus désastreuses pour les protestants que pour les catholiques. En Allemagne, l'État versait annuellement 105 millions de marks aux églises, tout en collectant 200 millions de marks supplémentaires via des taxes ecclésiastiques. Le régime nazi envisagerait de supprimer ces financements, laissant aux fidèles le soin de subvenir directement aux besoins des églises. Cette mesure, selon la publication, affaiblirait davantage les protestants, déjà en déclin, tandis que l'Église catholique, plus résiliente, en sortirait renforcée<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 6.</ref>.
=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-4-mai-1938-en-ocr.pdf|page=7|label=Intolérance et persécution|citation=Intolerance and}} ===
L'article dénonce l'intolérance et la persécution systématique des opposants au régime nazi, en particulier des Juifs et des Témoins de Jéhovah. Les dictatures, selon la publication, ne favorisent ni la tolérance ni la liberté, comme en témoigne la politique allemande. Les Juifs sont exclus de tous les secteurs professionnels, y compris le droit, et les entreprises allemandes sont mises en garde contre l'emploi de représentants juifs. Les certificats de naissance "aryens" sont devenus si recherchés qu'un marché noir s'est développé, avec des cas d'usurpation d'identité de prêtres pour falsifier des documents<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 7.</ref>.
La persécution des Juifs est décrite comme méthodique et sans précédent. Après avoir exclu les professions libérales et les commerçants, le régime s'attaque désormais aux employés juifs, remplacés par des Aryens. Environ 40 % de la population juive de Berlin dépendrait de l'aide sociale, et les projections suggèrent que seuls les personnes âgées subsisteront d'ici deux ans. La publication évoque également la possibilité d'une extermination massive des Juifs par les nazis, qualifiés de "courageux" uniquement face aux femmes et aux enfants<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 7.</ref>.
L'antisémitisme est institutionnalisé dans les écoles, où les enfants sont endoctrinés contre les Juifs. Un exemple cité est celui de Julius Streicher, proche d'Hitler, qui aurait demandé à des enfants de Nuremberg d'identifier le diable comme étant "le Juif", avant de leur distribuer un livret illustrant un diable à tête de Juif. La haine atteint des sommets, comme en témoigne un enseignant berlinois ayant qualifié Jésus-Christ de "vaurien juif" devant sa classe, une déclaration qui n'a pas suscité de sanctions<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 7.</ref>.
La revue rapporte également des cas de dénonciation publique d'Aryens faisant affaire avec des Juifs, via des publications comme ''Der Stürmer'', qui publient les noms et adresses des personnes concernées. Un maire a été destitué pour avoir vendu une vache à un marchand de bétail juif, illustrant la sévérité des mesures discriminatoires<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 7.</ref>.
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La situation des travailleurs et des classes populaires en Allemagne est décrite comme en régression sous le régime nazi. Environ 700 000 petits commerçants ont fait faillite au cours des derniers mois, malgré les promesses de soutien du régime. Ces entrepreneurs, initialement séduits par les discours nazis contre les grandes entreprises, se retrouvent désormais sans emploi et contraints de chercher du travail dans les usines, tandis que les grands groupes industriels, qui ont soutenu l'ascension d'Hitler, accaparent les richesses du pays<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 8.</ref>.
Les rapports des syndicats indiquent une baisse de 5 % du nombre de wagons de passagers et de 10 % du nombre de wagons de marchandises par rapport à l'année de crise 1932. Les locomotives sont en mauvais état, et le réseau ferroviaire montre des signes de détérioration. La pénurie de matériaux et l'utilisation de substituts de mauvaise qualité affectent la vie quotidienne des Allemands : le pain est de moins bonne qualité qu'en 1914, les chaussures sont fabriquées en papier, et les vêtements en textiles de substitution. Des émeutes de la faim ont éclaté dans plusieurs villes, et les généraux nazis auraient averti Hitler que la faim pourrait compromettre les victoires militaires, rappelant les effets de la malnutrition sur l'armée allemande en 1915<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 8.</ref>.
La pénurie de cuir a conduit à l'utilisation de "cuir de poisson" pour la fabrication de chaussures, de gants et d'autres articles. Des barres de "chocolat" à base de goudron de houille, ressemblant davantage à du savon, sont produites, tandis que des chimistes hambourgeois travaillent sur la production d'albumine à partir de poisson pour remplacer plus de 400 000 œufs par an. La laine artificielle est devenue si répandue que les importations de laine australienne fine ont chuté de 100 millions à 37 millions de livres en quatre ans, et son prix a été divisé par deux. Cette laine artificielle est même utilisée dans les uniformes de l'armée régulière<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 8.</ref>.
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Les Allemands sont désormais tenus d'incorporer au moins 10 % de rayonne dans la composition de leurs sous-vêtements, afin de maintenir l'activité des usines de rayonne en prévision d'une utilisation chimique en cas de guerre. Des tubes de dentifrice en soie et des couronnes dentaires en résine artificielle ont fait leur apparition, tandis qu'une loi récente impose aux fabricants de chemises de raccourcir les pans, limitant leur longueur à 90 centimètres à l'avant et 95 centimètres à l'arrière<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 9.</ref>.
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La revue mentionne que les coiffeurs allemands ont reçu pour instruction de collecter les cheveux humains, quelle que soit leur longueur, pour les recycler dans la fabrication de feutre et de tapis. Cette mesure permettrait de récupérer environ un million de livres de cheveux par an, illustrant les efforts du régime pour optimiser l'utilisation des ressources dans un contexte de pénurie<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 9.</ref>.
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La publication reconnaît certaines réalisations techniques de l'Allemagne, même sous domination nazie, tout en soulignant qu'elles ne doivent pas être attribuées au régime hitlérien. Parmi ces accomplissements figurent le pont sur l'Elbe, présenté par Hitler comme le plus grand du monde avec une portée de 2 240 pieds, bien que le pont Golden Gate en Californie le dépasse avec une portée de 4 200 pieds. Les autoroutes allemandes, à double voie et sans croisements, sont également citées comme un modèle de sécurité, bien que limitées à huit heures de conduite continue pour les automobilistes<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 9.</ref>.
Le périphone, un dispositif allemand permettant de mesurer les profondeurs et les obstacles par le son, est mentionné comme une innovation technique. La revue conclut que ces réalisations auraient probablement vu le jour même sans le régime nazi<ref>''Consolation du 4 mai 1938'', p. 9.</ref>.

Version du 4 juillet 2026 à 07:02

Contenu

La Tragédie de l'Allemagne (Première partie)

La publication consacre un long article en deux parties à l'analyse de la situation politique en Allemagne sous le régime nazi. Elle affirme que les ambitions expansionnistes des nazis ne visent pas seulement des territoires pour leur population, mais plutôt un espace pour exercer leur ambition démesurée. Le texte souligne que les nazis, comme la hiérarchie catholique romaine, revendiquent une domination mondiale, et que cette arrogance est comparable à celle des puissances religieuses traditionnelles[1].

L'article met en cause Adolf Hitler, présenté comme un "maître à penser" guidant les développements politiques en Allemagne, bien que la publication reconnaisse que les effets du nazisme ne peuvent être attribués à un seul homme. Elle note que de nombreux Allemands soutiennent Hitler par nécessité, attendant une désintégration du système due à ses faiblesses internes ou à des événements imprévus. Hitler est décrit comme un orateur charismatique qui interprète la volonté collective du peuple allemand, bien que ses actions reflètent davantage une ambition personnelle que des principes moraux ou religieux[2].

La publication critique vivement la déification de Hitler, soulignant que son autobiographie, Mein Kampf, est lue dans certaines églises à la place des Écritures saintes. Elle rapporte des exemples de culte rendu à Hitler, comme des avis de décès mentionnant la foi en Adolf Hitler plutôt qu'en Jésus-Christ, ou des déclarations de responsables nazis présentant Hitler comme une figure sacrée. Ces pratiques sont qualifiées de "pauvre consolation" et de dérive vers une forme de paganisme[3].

L'article dénonce également l'exaltation blasphématoire de Hitler par ses partisans, citant des déclarations radiodiffusées où il est présenté comme une "révélation de Dieu" pour le peuple allemand. Des prières et des chants en l'honneur de Hitler, enseignés aux enfants dans les écoles, sont reproduits pour illustrer cette idolâtrie. La publication souligne que cette adoration de la créature au détriment du Créateur conduit à une dégradation des valeurs morales et à une rupture avec les principes bibliques[4].

Enfin, l'article aborde la militarisation de l'Allemagne, mentionnant l'installation de nouveaux canons à la frontière tchécoslovaque, capables d'atteindre des cibles à cinquante miles de distance. Cette escalade militaire est présentée comme une menace directe pour la paix en Europe, suggérant que la Tchécoslovaquie pourrait suivre le sort de l'Autriche dans un avenir proche[5].

Le Culte des ancêtres nazi

La publication décrit une tendance croissante en Allemagne : le culte des ancêtres, encouragé par le régime nazi. D'anciennes chapelles catholiques, comme celle dédiée à Sainte Gertrude à Guestrow, sont transformées en lieux de culte païen où sont célébrés les ancêtres et la nation allemande. Ces nouveaux "temples" arborent des symboles nazis, comme la svastika, et remplacent les représentations religieuses traditionnelles par des images de mères allemandes entourées d'enfants, ou des bustes de Hitler. Les noms des ancêtres des familles locales sont inscrits sur les murs, et les cérémonies, comme les mariages ou les baptêmes, sont adaptées pour célébrer la "communauté de tous les Allemands"[6].

La publication cite des exemples de chants et de prières enseignés dans ces nouveaux lieux de culte, où la loyauté envers l'Allemagne et Hitler remplace toute référence religieuse. L'un de ces chants, intitulé "Pourquoi chercher Dieu dans un pays étranger", exalte la manifestation de Dieu à travers les maréchaux allemands et la nation. Ce culte est présenté comme une régression vers le paganisme, où la volonté individuelle ("Je veux") remplace la prière traditionnelle, et où la nation allemande est glorifiée comme éternelle[7].

L'article souligne également que ces pratiques sont enseignées dans des académies nazies spécialisées, où les futurs dirigeants sont formés pour perpétuer l'idéologie hitlérienne. La publication y voit une preuve supplémentaire de la dérive totalitaire et idolâtre du régime nazi[8].

La hiérarchie progresse

La publication affirme que, malgré les poursuites judiciaires contre des membres de l'organisation catholique romaine, la hiérarchie ecclésiastique a connu des avancées significatives sous le régime nazi. En Allemagne, le nombre d'églises catholiques et de prêtres a augmenté depuis l'arrivée d'Hitler au pouvoir, contrairement aux récits de persécution souvent relayés. En 1919, il existait 210 journaux catholiques en Allemagne, tandis qu'en 1937, ce nombre dépassait 400, avec plus de la moitié des 21 millions de catholiques allemands abonnés à l'un d'eux. Ces chiffres, selon la revue, démontrent que les récits de persécution des catholiques en Allemagne nazie sont exagérés[9].

La collaboration entre la hiérarchie catholique et le régime nazi est illustrée par plusieurs exemples. Après l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne en 1938, le cardinal Theodor Innitzer, archevêque catholique de Vienne, aurait reçu des assurances d'Hitler concernant l'avenir de l'Église dans l'Autriche germanisée. Par ailleurs, la franc-maçonnerie allemande a été démantelée, ses biens confisqués, et ses membres interdits de communication sous peine d'arrestation, sans que la hiérarchie catholique ne s'y oppose. Plusieurs francs-maçons éminents se seraient suicidés dans ce contexte[10].

Un extrait d'une lettre de Boris Toedtli, un nazi suisse, adressée à son supérieur Fleischhauer en Allemagne, est cité pour démontrer les liens entre les nazis et la machine papale. Toedtli y évoque ses contacts avec des catholiques et son entretien avec le nonce papal, qui lui aurait remis deux lettres de recommandation pour la Suisse. Il propose également la publication d'un journal bimensuel pour informer la presse sur les Étudiants de la Bible (Témoins de Jéhovah), en évitant de mentionner l'Allemagne comme lieu de publication pour préserver une apparence d'impartialité[11].

Illustration accompagnant l'article sur l'intolérance et la persécution en Allemagne nazie.

Subventions à la religion

La revue souligne que le retrait des subventions gouvernementales aux organisations religieuses aurait des conséquences plus désastreuses pour les protestants que pour les catholiques. En Allemagne, l'État versait annuellement 105 millions de marks aux églises, tout en collectant 200 millions de marks supplémentaires via des taxes ecclésiastiques. Le régime nazi envisagerait de supprimer ces financements, laissant aux fidèles le soin de subvenir directement aux besoins des églises. Cette mesure, selon la publication, affaiblirait davantage les protestants, déjà en déclin, tandis que l'Église catholique, plus résiliente, en sortirait renforcée[12].

Intolérance et persécution

L'article dénonce l'intolérance et la persécution systématique des opposants au régime nazi, en particulier des Juifs et des Témoins de Jéhovah. Les dictatures, selon la publication, ne favorisent ni la tolérance ni la liberté, comme en témoigne la politique allemande. Les Juifs sont exclus de tous les secteurs professionnels, y compris le droit, et les entreprises allemandes sont mises en garde contre l'emploi de représentants juifs. Les certificats de naissance "aryens" sont devenus si recherchés qu'un marché noir s'est développé, avec des cas d'usurpation d'identité de prêtres pour falsifier des documents[13].

La persécution des Juifs est décrite comme méthodique et sans précédent. Après avoir exclu les professions libérales et les commerçants, le régime s'attaque désormais aux employés juifs, remplacés par des Aryens. Environ 40 % de la population juive de Berlin dépendrait de l'aide sociale, et les projections suggèrent que seuls les personnes âgées subsisteront d'ici deux ans. La publication évoque également la possibilité d'une extermination massive des Juifs par les nazis, qualifiés de "courageux" uniquement face aux femmes et aux enfants[14].

L'antisémitisme est institutionnalisé dans les écoles, où les enfants sont endoctrinés contre les Juifs. Un exemple cité est celui de Julius Streicher, proche d'Hitler, qui aurait demandé à des enfants de Nuremberg d'identifier le diable comme étant "le Juif", avant de leur distribuer un livret illustrant un diable à tête de Juif. La haine atteint des sommets, comme en témoigne un enseignant berlinois ayant qualifié Jésus-Christ de "vaurien juif" devant sa classe, une déclaration qui n'a pas suscité de sanctions[15].

La revue rapporte également des cas de dénonciation publique d'Aryens faisant affaire avec des Juifs, via des publications comme Der Stürmer, qui publient les noms et adresses des personnes concernées. Un maire a été destitué pour avoir vendu une vache à un marchand de bétail juif, illustrant la sévérité des mesures discriminatoires[16].

La condition du peuple

La situation des travailleurs et des classes populaires en Allemagne est décrite comme en régression sous le régime nazi. Environ 700 000 petits commerçants ont fait faillite au cours des derniers mois, malgré les promesses de soutien du régime. Ces entrepreneurs, initialement séduits par les discours nazis contre les grandes entreprises, se retrouvent désormais sans emploi et contraints de chercher du travail dans les usines, tandis que les grands groupes industriels, qui ont soutenu l'ascension d'Hitler, accaparent les richesses du pays[17].

Les rapports des syndicats indiquent une baisse de 5 % du nombre de wagons de passagers et de 10 % du nombre de wagons de marchandises par rapport à l'année de crise 1932. Les locomotives sont en mauvais état, et le réseau ferroviaire montre des signes de détérioration. La pénurie de matériaux et l'utilisation de substituts de mauvaise qualité affectent la vie quotidienne des Allemands : le pain est de moins bonne qualité qu'en 1914, les chaussures sont fabriquées en papier, et les vêtements en textiles de substitution. Des émeutes de la faim ont éclaté dans plusieurs villes, et les généraux nazis auraient averti Hitler que la faim pourrait compromettre les victoires militaires, rappelant les effets de la malnutrition sur l'armée allemande en 1915[18].

La pénurie de cuir a conduit à l'utilisation de "cuir de poisson" pour la fabrication de chaussures, de gants et d'autres articles. Des barres de "chocolat" à base de goudron de houille, ressemblant davantage à du savon, sont produites, tandis que des chimistes hambourgeois travaillent sur la production d'albumine à partir de poisson pour remplacer plus de 400 000 œufs par an. La laine artificielle est devenue si répandue que les importations de laine australienne fine ont chuté de 100 millions à 37 millions de livres en quatre ans, et son prix a été divisé par deux. Cette laine artificielle est même utilisée dans les uniformes de l'armée régulière[19].

Illustration accompagnant l'article sur les conditions de vie en Allemagne nazie.

Les Allemands sont désormais tenus d'incorporer au moins 10 % de rayonne dans la composition de leurs sous-vêtements, afin de maintenir l'activité des usines de rayonne en prévision d'une utilisation chimique en cas de guerre. Des tubes de dentifrice en soie et des couronnes dentaires en résine artificielle ont fait leur apparition, tandis qu'une loi récente impose aux fabricants de chemises de raccourcir les pans, limitant leur longueur à 90 centimètres à l'avant et 95 centimètres à l'arrière[20].

Réutilisation des ressources

La revue mentionne que les coiffeurs allemands ont reçu pour instruction de collecter les cheveux humains, quelle que soit leur longueur, pour les recycler dans la fabrication de feutre et de tapis. Cette mesure permettrait de récupérer environ un million de livres de cheveux par an, illustrant les efforts du régime pour optimiser l'utilisation des ressources dans un contexte de pénurie[21].

Réalisations d'hier

La publication reconnaît certaines réalisations techniques de l'Allemagne, même sous domination nazie, tout en soulignant qu'elles ne doivent pas être attribuées au régime hitlérien. Parmi ces accomplissements figurent le pont sur l'Elbe, présenté par Hitler comme le plus grand du monde avec une portée de 2 240 pieds, bien que le pont Golden Gate en Californie le dépasse avec une portée de 4 200 pieds. Les autoroutes allemandes, à double voie et sans croisements, sont également citées comme un modèle de sécurité, bien que limitées à huit heures de conduite continue pour les automobilistes[22].

Le périphone, un dispositif allemand permettant de mesurer les profondeurs et les obstacles par le son, est mentionné comme une innovation technique. La revue conclut que ces réalisations auraient probablement vu le jour même sans le régime nazi[23].

  1. Consolation du 4 mai 1938, p. 3.
  2. Consolation du 4 mai 1938, p. 3.
  3. Consolation du 4 mai 1938, p. 4.
  4. Consolation du 4 mai 1938, p. 4.
  5. Consolation du 4 mai 1938, p. 5.
  6. Consolation du 4 mai 1938, p. 5.
  7. Consolation du 4 mai 1938, p. 5.
  8. Consolation du 4 mai 1938, p. 5.
  9. Consolation du 4 mai 1938, p. 6.
  10. Consolation du 4 mai 1938, p. 6.
  11. Consolation du 4 mai 1938, p. 6.
  12. Consolation du 4 mai 1938, p. 6.
  13. Consolation du 4 mai 1938, p. 7.
  14. Consolation du 4 mai 1938, p. 7.
  15. Consolation du 4 mai 1938, p. 7.
  16. Consolation du 4 mai 1938, p. 7.
  17. Consolation du 4 mai 1938, p. 8.
  18. Consolation du 4 mai 1938, p. 8.
  19. Consolation du 4 mai 1938, p. 8.
  20. Consolation du 4 mai 1938, p. 9.
  21. Consolation du 4 mai 1938, p. 9.
  22. Consolation du 4 mai 1938, p. 9.
  23. Consolation du 4 mai 1938, p. 9.