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« Consolation 8 Janvier 1930 » : différence entre les versions

De Tj-encyclopédie
Ajout section : == Analyse == / === Organisation et histoire ===
Ajout section : == Références ==
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Ce numéro documente de façon précise l'état de l'infrastructure radiophonique de l'organisation au tournant de l'année 1930 : il décrit le studio WBBR de Brooklyn comme une installation de premier plan, et précise que les conférences dominicales de [[Joseph Rutherford|J. F. Rutherford]] sont alors diffusées sur un réseau de trente et un stations couvrant une large partie du territoire américain, la station WBBR ayant été mise en service en 1924 depuis Staten Island.<ref>''Consolation 8 Janvier 1930'', p. 225-226.</ref> La mention explicite dans cet article de trois connexions radiophoniques historiques constitue un repère organisationnel daté, attestant que la direction considère ce réseau comme un instrument central de son activité de proclamation à cette période précise.
Ce numéro documente de façon précise l'état de l'infrastructure radiophonique de l'organisation au tournant de l'année 1930 : il décrit le studio WBBR de Brooklyn comme une installation de premier plan, et précise que les conférences dominicales de [[Joseph Rutherford|J. F. Rutherford]] sont alors diffusées sur un réseau de trente et un stations couvrant une large partie du territoire américain, la station WBBR ayant été mise en service en 1924 depuis Staten Island.<ref>''Consolation 8 Janvier 1930'', p. 225-226.</ref> La mention explicite dans cet article de trois connexions radiophoniques historiques constitue un repère organisationnel daté, attestant que la direction considère ce réseau comme un instrument central de son activité de proclamation à cette période précise.
== Références ==
<references/>
[[Catégorie:1930]]
[[Catégorie:L'Âge d'Or]]

Version du 23 juin 2026 à 22:03

Contenu

Le studio de radiodiffusion de la Watchtower — WBBR

Ce premier article constitue une description très détaillée du studio de radiodiffusion installé par l'organisation, présenté comme le plus beau studio de diffusion des États-Unis. La publication affirme que « en ce qui concerne la pure beauté, Brooklyn possède un studio qui surpasse l'un comme l'autre des deux grandes villes » que sont Chicago et New York. Le salon principal de diffusion mesure quarante-cinq pieds sur vingt-trois, avec un plafond à dix-sept pieds et demi du sol.[1]

L'article décrit avec soin la décoration intérieure : parois et plafond vert Nil agrémentés de panneaux acoustiques aux teintes dorées et ocre, pilastres blancs, lustres modernistes à neuf facettes en verre crème bordé de noir, et sol en liège à deux couleurs. Un visiteur familier des grands studios aurait déclaré que l'un des studios les plus connus de New York ressemblait, en comparaison, à une grange.[2] Un second visiteur ayant parcouru le monde entier aurait dit : « L'impression est éthérée. Je ne trouve pas d'autre mot pour l'exprimer de manière adéquate. » [3]

L'article précise que le réseau WATCHTOWER diffuse les conférences dominicales du juge J. F. Rutherford sur trente et un stations réparties entre le Maine, le Dakota du Sud, le Kentucky et la Caroline du Nord, et qu'à trois reprises ces émissions ont constitué « les plus grandes connexions radiophoniques de l'histoire ».[4] Outre le salon principal, le complexe comprend un petit studio pour duos et trios, une salle d'attente pour les artistes longue de trente-huit pieds, une salle de réception avec piano, et diverses commodités décrites avec précision. L'émetteur lui-même est localisé sur Staten Island.[5]

Feux sur les agents de la circulation

Un bref article signale que les policiers chargés de la circulation à Londres porteront désormais des feux électriques fixés dans le dos, mesure jugée presque indispensable en raison des épais brouillards londonniens, en plus de brassards blancs.[6]

Quelques fraudes — passées et présentes

Cet article de fond constitue un long panorama des fraudes contemporaines, classées par catégories. La publication commence par affirmer que les fraudes religieuses méritent historiquement la première place, remontant au mensonge originel de Satan à Ève — « Vous ne mourrez certainement pas » — mensonge démenti selon elle à chaque funéraire depuis l'époque d'Ève.[7] Les doctrines du purgatoire et du feu de l'enfer y sont présentées comme des variantes de ce mensonge originel, et chaque sou payé pour des messes pour les morts est décrit comme de l'argent obtenu par fraude.[8]

La publication consacre ensuite de longs développements à la fraude du Power Trust, soit les compagnies d'électricité, dont la publication affirme qu'elles facturent aux familles environ dix cents le kilowattheure pour de l'électricité qui coûte moins d'un demi-cent à produire, et que « au moins les trois quarts en sont du pur vol, de la fraude absolue ».[9] Ces marges bénéficiaires gigantesques seraient à la base de la spéculation boursière, les marchés haussiers étant périodiquement effondrés pour dépouiller les petits actionnaires au profit des grands financiers.[10]

Plusieurs rubriques de fraudes spécifiques suivent, traitées en prose narrative avec de nombreux exemples concrets. Les fraudes postales y font l'objet d'un paragraphe illustré notamment par l'histoire d'un escroc new-yorkais qui envoyait des pendules à des familles en deuil en y joignant une fausse facture.[11] Les fraudes en assurances et transports évoquent le cas d'une femme qui tenta de percevoir une indemnité pour la mort prétendue de sa fille dans le naufrage d'un ferry, avant que les détectives ne retrouvent celle-ci vivante et sous une fausse identité.[12]

La section consacrée aux fraudes politiques souligne que « une histoire complète des fraudes politiques serait l'histoire la plus complète de l'humanité qui ait jamais été écrite ».[13] Des exemples de corruption au niveau d'un sénateur du Connecticut, de la police de Philadelphie, et du racket généralisé à New York illustrent ces développements. La publication estime qu'au moins 250 gangs de racketteurs opèrent à New York, terrorisant commerçants et ouvriers.[14]

Les fraudes religieuses et éditoriales reçoivent à nouveau une attention particulière, avec notamment l'exemple d'un trésorier d'une association baptiste du Sud ayant détourné plus d'un million de dollars de fonds missionnaires, pris dans la spéculation boursière.[15] Les escroqueries à l'emploi sont qualifiées de « la plus cruelle et la plus sans-cœur de toutes les escroqueries », en particulier celles qui impliquent une collusion entre agences de placement et directeurs d'établissements pour faire tourner les employés et multiplier les commissions.[16]

L'article conclut par plusieurs exemples du jeu de confiance à deux escrocs, dont un détaillé à Coney Island impliquant un plâtrier italien dépouillé de ses économies, avant de terminer sur une note eschatologique affirmant que « le royaume du Messie mettra fin à tout cela. La justice sera mesurée à la règle et la droiture au plomb ».[17]

Un coup d'œil sous le couvercle

Cette rubrique réunit une série de brèves informations diverses. L'instruction par radio dispensée par le Département de l'Éducation publique du Mexique à des enseignants de cinq États mexicains est signalée.[18] Il est également mentionné qu'une installation de postes récepteurs est prévue dans les cinq mille écoles publiques du Dakota du Sud dans les deux années à venir. Une invention allemande permettant de stabiliser automatiquement un avion en vol est présentée. Le navire américain West Alsek est décrit comme le premier à avoir traversé l'Atlantique en utilisant du combustible pulvérisé, réalisant une économie de carburant allant jusqu'à quinze pour cent.[19]

D'autres nouvelles brèves concernent la destruction provoquée par l'ouragan de 1929 aux Bahamas, où des habitants des îles périphériques souffriraient de famine, ainsi qu'un incident survenu à l'université Princeton le 12 novembre, où des centaines d'étudiants auraient causé pour cinq mille dollars de dégâts. Un fait divers canadien relate l'arrestation d'un certain Chan Chun Hung à Amherstburg (Ontario) pour possession de whisky ; interrogé sur sa religion, il aurait répondu non sans ironie qu'il était presbytérien.[20]

Brèves politiques et diverses

Plusieurs brèves politiques et sociétales sont regroupées. Concernant les objecteurs de conscience britanniques de la Première Guerre mondiale, la publication indique que 6 261 des 16 000 objecteurs furent emprisonnés, que neuf cents le furent pendant deux ans ou plus, et que dix d'entre eux moururent en prison, qualifiés de « héros d'un temps meilleur ».[21] La publication note également que le Pacte Kellogg déclare la guerre comme un crime, et que c'était tout autant le cas en 1918.[22]

D'autres brèves traitent du nouveau code pénal chilien abolissant la peine de mort pour meurtre, d'allégations de terreur en Cuba depuis 1925 avec assassinat de militants syndicaux, de la hausse des importations de fruits en Grande-Bretagne au détriment de la viande, et d'informations sur la panique boursière d'octobre à Wall Street — où la publication calcule qu'environ cinquante milliards de dollars de valeurs papier furent effacés en un seul mois.[23] Une brève rend hommage à une mère suisse qui, devant le tribunal correctionnel de Genève, se leva lors de la condamnation de son fils pour refus de service militaire pour déclarer : « Je me réjouis de l'action de mon fils. Son crime me donne la plus grande satisfaction possible en tant que mère. » [24]

Plusieurs nouvelles techniques sont également mentionnées : une méthode photographique viennoise permettant de lire les palimpsestes, l'installation du télescripteur à Los Angeles, la construction annoncée du Liberty Bridge sur les Narrows de New York avec une travée principale de 4 500 pieds et des tours de 800 pieds, et la perspective des autoroutes sans villes reliant directement les grandes agglomérations.[25]

L'homme frugivore

Cet article poursuit un débat ouvert dans un numéro précédent sur l'alimentation humaine idéale. La publication y présente des lettres de lecteurs en réponse à un article antérieur intitulé « L'Homme omnivore ». L'éditeur commence par rappeler que Jésus lui-même mangea de l'agneau pascal, du poisson grillé, et que la loi mosaïque comportait des prescriptions alimentaires impliquant la consommation de viande, concluant que manger de la viande a été jusqu'à présent tout à fait licite.[26]

Le Dr W. G. Wright (Michigan) est cité longuement. Ce médecin soutient que l'homme appartient au genre Homo aux côtés des anthropoïdes, qui sont naturellement non carnivores, et que « l'homme dégénéré est omnivore. Il mange des nids d'oiseaux et des escargots. Il partage généreusement ses penchants omnivores avec le porc, le poulet et la hyène. » [27] Le Dr Wright conteste l'idée que la Bible serve de guide diététique, et fait valoir que les restrictions alimentaires de la loi mosaïque ne s'adressaient qu'aux Juifs et qu'il existe une corrélation entre le régime casher et le diabète.[28] Il préconise toutefois le régime lacto-végétarien comme régime de choix pour les malades, tout en refusant de se qualifier lui-même de végétarien.[29]

L'éditeur, C. J. W. Jr., intercale ses propres observations, soulignant que des lecteurs sensibles à la souffrance animale méritent d'être entendus et qu'une meilleure connaissance de la chimie organique est nécessaire pour débattre sérieusement de diététique.[30] Le correspondant L. D. Barnes (Oklahoma) avance que les conditions qui approchent entraîneront l'extinction des nuisibles et que des animaux comme le Diplodocus et le Stégosaure ont bien cessé d'exister après le déluge, suggérant que l'état millénnaire impliquera un retour à un régime frugivore.[31] Il cite notamment la prophétie selon laquelle le lion mangera de la paille comme le bœuf, et fait remarquer avec ironie que si l'homme mange des biftecks, un petit lion pourrait bien venir croquer un repas sur lui en retour.[32]

La correspondante Mrs J. B. Johnson (Nebraska) témoigne avoir constaté personnellement qu'elle se portait mieux sans viande, et Don F. White (Indiana) affirme que la Bible est explicite sur le fait que l'homme parfait était strictement frugivore, et que « lorsque l'on examine toutes les préparations commercialisées aujourd'hui comme aliments, il n'est pas difficile de comprendre pourquoi il y a tant de médecins et d'entrepreneurs de pompes funèbres prospères ».[33]

La vaccination et la loi en Angleterre

Cet article, signé F. R. Freer (Angleterre), constitue une correction et un développement de l'affirmation parue dans un numéro précédent selon laquelle la vaccination serait illégale à Leicester. L'auteur précise que cette affirmation est inexacte : Leicester est soumis à la même loi que le reste du pays.[34] Il retrace l'histoire de la législation britannique sur la vaccination obligatoire depuis 1853, en passant par les actes de 1867 et 1871, jusqu'aux lois d'exemption de 1898 et 1907. Il souligne que la loi de 1907 a conduit à l'exemption de près de quarante pour cent des naissances et à la non-vaccination de plus de la moitié des enfants.[35]

L'article reproduit une lettre du secrétaire de la National Anti-Vaccination League, L. Loat, publiée dans le Leicester Mail du 25 juillet, qui mentionne que en 1928, « il y eut 38 décès causés par la vaccination ou survenant dans le mois suivant l'opération, en Angleterre et au Pays de Galles », la plupart des verdicts d'enquête mentionnant une « encéphalite post-vaccinale ».[36] Un tableau comparatif du taux de mortalité par variole dans divers pays européens entre 1919 et 1927 est fourni, montrant que les pays les moins vaccinés (Angleterre, Suisse) affichent les taux les plus faibles, tandis que des pays comme l'Italie ou le Portugal, bien vaccinés, enregistrent des taux nettement plus élevés.[37] Une seconde lettre signée A. Sharpe conclut la section en qualifiant la vaccination de « émanations des faux prophètes Jenner, Pasteur et Koch » et en mettant en cause la vivisection comme une pratique n'ayant apporté aucun bénéfice à l'humanité.[38]

Une lettre au Docteur Betts

Une lectrice écrit au Dr Betts pour témoigner qu'après avoir abandonné les ustensiles de cuisine en aluminium, ses douleurs aux genoux ont considérablement diminué en moins de six jours, ses genoux ayant réduit de moitié de volume entre juillet 1928 et la date de la lettre.[39]

Les millions pitoyables de Chine

S'appuyant sur une étude détaillée du chercheur Boris P. Torgasheff sur les salaires et le coût de la vie en Chine, la publication décrit la misère extrême des coolies, dont le revenu annuel moyen est d'environ cent dollars mexicains, soit quarante-quatre dollars américains, et qui consacrent jusqu'à quatre-vingt-quinze à quatre-vingt-dix-huit pour cent de leurs gains à la seule nourriture.[40] Des milliers d'entre eux dorment dans des rues et ruelles faute de logement. La dépense annuelle en vêtements d'un coolie s'élève à environ deux dollars mexicains, soit quatre-vingt-neuf cents américains. L'article conclut que « ce dont la Chine a besoin, c'est du royaume de Dieu. Rien de ce que pourrait faire quiconque appartenant à l'organisation du Diable ne lui sera d'une aide réelle. » [41]

Le tarif d'électricité de Winnipeg

La publication signale que le tarif moyen de l'électricité à Winnipeg, Canada, est de 0,742 cent par kilowattheure, et invite les lecteurs à comparer ce chiffre avec leurs propres factures. Elle indique qu'à Scranton, Pennsylvanie, le tarif pour les consommateurs domestiques est plus de douze fois supérieur au tarif de Winnipeg, ce que la publication qualifie de vol pur et simple.[42]

La liberté de parole par la radio

Reproduit du journal Yellow Jacket de Moravian Falls (Caroline du Nord), cet article dénonce vigoureusement un projet du Dr Charles S. Macfarland, secrétaire général du Conseil fédéral des Églises du Christ en Amérique, visant à monopoliser les créneaux religieux de radiodiffusion. Le projet consisterait à faire signer à toutes les stations disponibles des contrats les obligeant à diffuser exclusivement les programmes du Conseil fédéral, au détriment des prédicateurs locaux et indépendants.[43]

L'article qualifie le Conseil fédéral de « assemblée auto-instituée de faux bourdons divins — et rien d'autre » et dénonce son financement par les dénominations sans rendre de comptes à personne. Il critique le fait que cet organisme entende imposer comme seuls prédicateurs autorisés des personnalités comme Fosdick et Cadman, dont « l'orthodoxie est aussi pleine de trous spirituels qu'un fromage suisse l'est de cavités ».[44] L'auteur conclut que si les États-Unis sont bien un pays libre comme l'affirme la Constitution, le moment est venu de mettre fin à cette tentative de contrôle de la parole protestante sur les ondes.[45]

Questions et réponses bibliques

Cette rubrique traite de deux questions soumises par des lecteurs, portant toutes deux sur la doctrine de l'enfer et du feu et du soufre. La rédaction expose que le mot « enfer » dans la Bible de la version commune (King James) traduit en réalité trois termes hébreux et grecs distincts : le mot hébreu sheol, qui signifie simplement l'état invisible ou le séjour des morts ; le grec tartaroo, employé uniquement pour des êtres non humains ; le grec gehenna, désignant la vallée de Hinnom à Jérusalem, symbole de destruction totale sans résurrection ; et le grec hades, équivalent du sheol, soit simplement le tombeau.[46]

La publication affirme ainsi que « l'enfer dans la Bible signifie le tombeau ou la fosse, et non un lieu de tourment pour les vivants. Il n'y a rien de vivant ni de conscient en enfer. » [47] Elle précise que la Bible catholique de Douay-Reims elle-même, en traduisant sheol par « enfer » là où la Bible protestante dit « tombeau » (par exemple en Job 14:13), confirme involontairement cette identité entre enfer et tombeau. Le concept de limbe est qualifié d'invention du Diable, absent de la Parole de Dieu.[48] La seconde mort, désignée dans Apocalypse 20:14 comme le lac de feu, est présentée comme une destruction irréversible et définitive pour ceux qui, après la résurrection, se montreront incorrigiblement méchants, non comme un tourment conscient éternel.[49]

La controverse

Il s'agit de la retranscription d'une conférence radiodiffusée depuis la station WBBR à New York par le juge Rutherford, consacrée au livre de Job. La publication présente l'histoire de Job comme une illustration de la controverse fondamentale qui, depuis les origines, oppose Jéhovah et Satan concernant la fidélité de l'homme. Lucifer, décrit comme l'un des « étoiles du matin » informées du projet divin de créer la terre et l'humanité, aurait désiré pour lui-même l'adoration des hommes, se serait rebellé contre Dieu, et aurait été renommé Satan.[50]

La conférence expose que la question centrale de la controverse était de savoir si un homme pouvait maintenir son intégrité devant Dieu malgré l'opposition de Satan. La publication soutient que Satan défia Dieu en affirmant que personne ne Le servirait sans raison intéressée, et que le cas de Job vint réfuter cette assertion. Après que Satan eut obtenu la permission divine de s'en prendre à Job — lui prenant ses biens, faisant mourir ses enfants, le frappant d'une maladie répugnante, et se servant même de sa femme comme instrument —, Job maintint sa foi.[51]

La conférence identifie les trois amis de Job — Éliphaz le Thémanite, Bildad le Schukhite et Tsophar le Nahamathite — comme les représentants de l'organisation de Satan. Leurs noms et origines sont analysés : Éliphaz signifie « l'effort de Dieu » mais descend d'Ésaü, peuple en disgrâce divine ; Bildad signifie « fils de la querelle » ; Tsophar signifie « chevelu, rude, un bouc, ou indiscret ».[52] Ces trois hommes représentent les trois éléments de l'organisation du Diable : l'élément religieux, l'élément commercial et l'élément politique. La publication affirme que « l'organisation de Satan est composée des aisés, des suffisants, de l'élite, des savants titrés, des docteurs en théologie, des philosophes et des grands hommes qui portent des titres et s'en délectent ».[53]

La conférence décrit la scène où les trois hommes arrivent avec grande pompe et solennité pour « consoler » Job, versent de feints pleurs de crocodile, déchirent leurs vêtements, et restent assis en silence pendant sept jours avant d'entreprendre de condamner Job comme pécheur volontaire.[54] La publication souligne que les chefs religieux de la « chrétienté » ont de même induit les pauvres à verser leur sang pour défendre l'organisation du Diable en leur présentant le patriotisme comme un devoir sacré.[55] La conférence se conclut par l'annonce de la suivante, dans laquelle seront examinés les arguments échangés entre Job et ses trois prétendus « amis » aux chapitres 3 à 14 du livre de Job.[56]

Les arguments

Cette seconde conférence radiodiffusée par le juge Rutherford depuis WBBR fait suite à la précédente. Elle examine en détail les discours des trois fraudeurs qui se prétendaient amis de Job. La publication souligne que lorsqu'un discours tend à détourner les gens de Dieu, c'est la preuve concluante que son auteur ne parle pas avec l'autorité de Dieu.[57]

Éliphaz le Thémanite, descendant d'Ésaü, ouvre le débat. La publication lui reproche de ne pas avoir dit à Job que sa souffrance découlait du péché hérité d'Adam, ni que son soulagement viendrait par le grand Rédempteur. Au contraire, il affirma que les innocents ne périssent jamais et que ceux qui labourent l'iniquité récoltent ce qu'ils ont semé, impliquant que Job souffrait à cause de ses propres péchés. La publication qualifie cette affirmation de mensonge : « Combien de clercs ont affirmé hardiment que la souffrance des hommes est directement le jugement de Dieu sur eux en raison de leur manquement à acquitter leurs dettes envers Lui à travers les systèmes ecclésiastiques ».[58]

Éliphaz, pour renforcer son prestige, prétendit avoir reçu une vision divine selon laquelle aucun homme mortel ne peut être justifié devant Dieu. La conférence interprète cette déclaration comme un moyen de faire penser à Job qu'il n'a aucun recours et que Dieu est dur et cruel, ce qui correspond précisément à la méthode des dirigeants de la « chrétienté » qui, selon la publication, affirment que ceux qui meurent hors de leurs systèmes ecclésiastiques sont condamnés au tourment éternel sans appel possible.[59]

La conférence décrit ensuite la réponse de Job, qui maintint sa foi en Dieu tout en reconnaissant la supercherie de ses prétendus amis : « Celui qui est affligé devrait recevoir la pitié de son ami ; mais celui-ci abandonne la crainte du Tout-Puissant. » [60] Puis Bildad le Schuhite prend la parole avec des reproches encore plus sévères, accusant Job d'être un hypocrite, et lui conseillant non d'étudier la Parole de Dieu mais d'écouter ce que les « pères » de la tradition ont enseigné. La conférence établit un parallèle explicite avec les chefs religieux de la chrétienté, qui renvoient les fidèles aux écrits des pères de l'Église plutôt qu'à l'étude directe des Écritures, perpétuant ainsi de fausses doctrines au profit de Satan.[61]

Job et ses prétendus amis (suite)

La publication poursuit son commentaire de la série d'articles consacrés au livre de Job, en se concentrant sur les échanges entre Job et ses trois prétendus amis. Elle affirme que Job, reconnaissant son impuissance à plaider sa cause devant Dieu, insiste sur la nécessité d'un médiateur entre l'homme et le Seigneur, citant Job 9:32-33 où Job déclare qu'il n'existe pas d'arbitre susceptible de poser la main sur les deux parties. La publication souligne que, contrairement à Job, les amis de ce dernier n'ont jamais évoqué cette nécessité d'un médiateur, et fait le parallèle avec le clergé contemporain, accusé de même de taire cette vérité au peuple.[62]

La publication présente ensuite l'intervention de Zophar le Naamathite comme l'expression de la colère des représentants de Satan, irrités par les propos lucides de Job. Elle cite Job 11:1-6 pour illustrer les accusations de Zophar, lequel soutient que Dieu réclame à Job moins que ce que mérite son iniquité. La doctrine des trois amis est résumée ainsi : si Job se purifiait de ses fautes, les bénédictions divines lui reviendraient. La publication voit dans cette position la même que celle adoptée par le clergé à travers les âges, consistant à promettre le salut à ceux qui observent les règles de l'Église et soutiennent les autorités politiques, tout en ignorant « la disposition de Dieu pour la rédemption par le sang du Christ et la restauration des obéissants à la vie éternelle sur terre ».[63]

Job et ses prétendus amis (fin)

La publication développe la réponse de Job à Zophar, en citant Job 12:1-4 pour mettre en lumière le sarcasme et le dégoût exprimés par Job face aux discours pompeux de ses interlocuteurs. Elle insiste sur le fait que Job se déclare l'égal de ses prétendus amis en compréhension, et les qualifie, par référence à Job 13:2-9, de « forgerons de mensonges et médecins [docteurs en théologie] sans valeur », les accusant de parler faussement au nom de Dieu et d'agir comme ses avocats trompeurs.[64]

La publication analyse ensuite la célèbre déclaration de foi de Job en Job 13:14-15, où celui-ci affirme que, même si Dieu le tuait, il continuerait à lui faire confiance. Ce passage est présenté comme la manifestation de la foi authentique de Job, en opposition à la doctrine des trois amis qui prétendent qu'une vie moralement irréprochable suffit à assurer le salut. La publication oppose cette foi à la doctrine cléricale selon laquelle les hommes peuvent se sauver eux-mêmes par leur propre vertu, estimant que « le clergé n'est pas compétent pour juger le peuple ».[65]

Commentant Job 14:1-4, la publication souligne la condition universelle de l'homme, né impur, et s'attaque à la doctrine de l'immortalité de l'âme qu'elle attribue à l'organisation du Diable. Elle cite la prophétie de Job en Job 14:13-15, dans laquelle Job exprime l'espoir que Dieu le cache dans la tombe jusqu'à ce que sa colère se dissipe et qu'il le rappelle ensuite, comme un témoignage prophétique de la résurrection et de la restitution de l'homme. Cette déclaration est présentée comme une réfutation directe du mensonge satanique selon lequel chaque homme possède une âme immortelle ne pouvant mourir.[66]

Voler le laitier

Cet article rapporte le cas d'un laitier du Cambridgeshire qui, en achetant une parcelle de dix-sept acres, se retrouva propriétaire d'une petite église sur le coin de ce terrain. La publication relate que l'homme fut sommé à plusieurs reprises d'effectuer des réparations à l'édifice religieux, finit par comparaître devant un tribunal ecclésiastique et fut condamné à la prison pour avoir refusé d'obtempérer. Elle décrit l'épisode comme une illustration de l'abus de pouvoir clérical, et cite « son épreuve lui aurait coûté plus de mille livres sterling ».[67]

La publication rapporte ensuite la réaction d'un certain révérend J. R. Higgs, de Londres, qui, dans une lettre au London Daily News, affirma trouver ce jugement justifié et exprima l'espoir que « viendra à nouveau le temps où l'Église contrôlera la terre ». La publication commente avec ironie cette prise de position qu'elle juge révélatrice des ambitions temporelles du clergé, et note que le parlement britannique envisageait alors d'abroger les dispositions légales ayant permis l'emprisonnement du laitier, qualifiant ces dispositions de « relique ridicule du Moyen Âge ».[68]

L'histoire radiophonique des enfants — Récit quarante-trois

Cette rubrique régulière destinée aux enfants, signée « O. J. W., Jr. », reprend le récit de la vie de Jésus à l'usage d'un jeune public. Le récit quarante-trois débute par un tableau des Pharisiens, dépeints comme une classe d'hommes arrogants et hautains qui se croyaient supérieurs aux publicains. La publication cite la parabole du Pharisien et du publicain priant dans le temple (Luc 18:10-14), dans laquelle Jésus oppose l'orgueil du Pharisien à l'humilité du publicain, ce dernier étant déclaré justifié devant Dieu.[69]

Le récit se poursuit avec la rencontre entre Jésus et le jeune homme riche (Matthieu 19:16-29). La publication rapporte que Jésus lui conseilla de vendre ses biens, de les donner aux pauvres et de le suivre, mais que le jeune homme s'en alla attristé en raison de ses grandes richesses. Elle transmet ensuite l'enseignement de Jésus sur la difficulté pour un riche d'entrer dans le royaume de Dieu, comparant cette difficulté à celle d'un chameau passant par le trou d'une aiguille. L'épisode se conclut par les promesses de Jésus à ceux qui auraient tout abandonné pour le suivre, qui recevraient le centuple et hériteraient la vie éternelle.[70]

La rubrique s'achève sur l'annonce par Jésus, à l'écart de ses douze disciples, de sa prochaine trahison, condamnation et crucifixion à Jérusalem, suivie de sa résurrection le troisième jour (Matthieu 20:18-19). La publication décrit la troupe des disciples comme « un petit groupe solennel et attristé de douze hommes qui marchaient aux côtés de leur Maître après avoir entendu ces paroles », soulignant l'attachement profond des disciples à Jésus.[71]

Analyse

Croyances

La doctrine de la condition des morts exposée dans la rubrique « Questions et réponses bibliques » de ce numéro constitue l'une des positions les plus constantes de la théologie de la Watch Tower depuis l'époque de Charles Taze Russell. La publication affirme que « l'enfer dans la Bible signifie le tombeau ou la fosse, et non un lieu de tourment pour les vivants. Il n'y a rien de vivant ni de conscient en enfer. » Ce rejet de l'enfer comme lieu de souffrance consciente, adossé à une analyse des termes bibliques *sheol*, *hades*, *gehenna* et *tartaroo*, s'inscrit dans une tradition exégétique inaugurée dès les premières publications de la Watch Tower, qui rejetait l'immortalité de l'âme comme un emprunt platonicien introduit dans le christianisme.[72] L'argument selon lequel la Bible catholique de Douay-Reims confirme involontairement cette position en traduisant *sheol* par « enfer » là où la Bible protestante dit « tombeau » à Job 14:13 est un exemple du procédé rhétorique récurrent dans cette littérature, consistant à retourner les autorités rivales contre elles-mêmes.[73]

Le commentaire radiophonique du livre de Job développé par Joseph Rutherford dans les articles « La controverse » et « Les arguments » repose sur un schéma interprétatif qui identifie les trois amis de Job — Éliphaz, Bildad et Tsophar — aux trois composantes de l'organisation de Satan : l'élément religieux, l'élément commercial et l'élément politique.[74] Cette tripartition de l'ordre mondial en structures religieuses, économiques et politiques toutes placées sous la domination de Satan est une constante de la théologie propre à la Watch Tower sous Rutherford, que l'on retrouve formulée avec la même netteté dans la Tour de Garde du 1er octobre 1930, laquelle affirme que « toutes les organisations politiques des hommes viennent de Satan. Et c'est par elles que les guerres sont attisées ; que la corruption, la concussion, la vénalité et l'oppression remplissent la terre ».[75] Ce parallélisme entre les deux périodiques de la même année confirme que le schéma est doctrinal et non circonstanciel.

L'application de la figure de Job au « reste » fidèle contemporain repose sur une lecture typologique où Job personnifie ceux qui maintiennent leur intégrité face à l'organisation adverse, tandis que ses trois amis préfigurent les chefs religieux de la « chrétienté » accusés de détourner les hommes de Dieu par de fausses doctrines. La conférence déclare que « l'organisation de Satan est composée des aisés, des suffisants, de l'élite, des savants titrés, des docteurs en théologie, des philosophes et des grands hommes qui portent des titres et s'en délectent ».[76] Cette définition de l'adversité satanique par le rang social et le prestige institutionnel fonctionne comme une inversion apologétique : la marginalité sociale du groupe prêcheur devient la preuve de son authenticité spirituelle, tandis que la respectabilité des Églises établies devient la preuve de leur corruption.[77]

L'article développe par ailleurs le thème de la nécessité d'un médiateur entre l'homme et Dieu, tiré de Job 9:32-33, en soulignant que les trois amis de Job n'ont jamais évoqué cette nécessité, tout comme le clergé contemporain tairait cette vérité à ses fidèles.[78] Ce point précis — l'accès direct à Dieu par l'intermédiaire du Christ seul, sans médiation institutionnelle cléricale — constitue l'un des fils conducteurs de la polémique anti-ecclésiastique de cette période, et s'articule directement avec le rejet des « docteurs en théologie » formulé dans le même commentaire.[79]

L'article sur la vaccination, signé F. R. Freer, présente une position plus nuancée que celle parfois attribuée uniformément à cette époque du périodique. Loin d'interdire la vaccination, il en retrace l'histoire législative britannique et cite des statistiques comparatives de mortalité par variole pour conclure que les pays les moins vaccinés affichent les taux les plus faibles.[80] La lettre d'A. Sharpe qualifiant la vaccination d'« émanations des faux prophètes Jenner, Pasteur et Koch » témoigne en revanche d'un courant anti-vaccination virulent parmi les correspondants du périodique, courant que le rédacteur en chef Clayton J. Woodworth avait lui-même alimenté depuis 1923 avec l'article intitulé « The Vaccination Fraud ».[81]

Le débat sur l'alimentation humaine idéale, animé par des correspondants aux positions très diverses, mobilise un argument eschatologique précis : le correspondant L. D. Barnes (Oklahoma) avance que l'état millénaire impliquera un retour à un régime strictement frugivore, en s'appuyant sur la prophétie selon laquelle le lion mangera de la paille comme le bœuf.[82] Don F. White (Indiana) affirme que l'homme parfait, avant la chute, était strictement frugivore, ce qui fait du régime alimentaire actuel une conséquence de la dégradation morale et physique héritée d'Adam.[83] Ce lien entre alimentation, état d'intégrité originel et restauration millénaire illustre la manière dont des questions pratiques de santé sont constamment réintégrées dans le cadre eschatologique général de la publication.

La conclusion eschatologique de l'article « Quelques fraudes — passées et présentes » est révélatrice de la structure argumentative récurrente du périodique : après un long développement documentaire sur les fraudes humaines de toute nature, la publication affirme que « le royaume du Messie mettra fin à tout cela. La justice sera mesurée à la règle et la droiture au plomb ».[84] La dénonciation des injustices sociales contemporaines — qu'il s'agisse des tarifs abusifs de l'électricité, de la corruption politique ou de la misère des coolies chinois — est ainsi systématiquement articulée à la promesse du royaume messianique comme seul remède efficace, l'article sur la Chine concluant explicitement que « ce dont la Chine a besoin, c'est du royaume de Dieu. Rien de ce que pourrait faire quiconque appartenant à l'organisation du Diable ne lui sera d'une aide réelle. » [85] Cette structure argumentative — constat empirique des défaillances du monde suivi d'une conclusion théologique — est une marque distinctive du Golden Age par rapport à la Tour de Garde, dont le propos reste plus exclusivement exégétique et doctrinal.

Organisation et histoire

Ce numéro du 8 janvier 1930 paraît au moment où Clayton J. Woodworth exerce la direction éditoriale du magazine depuis 1919, son rôle actif à cette date étant attesté par la présence de ses initiales pour signer plusieurs interventions dans ce numéro précis.[86] Woodworth avait été nommé rédacteur en chef lors du lancement de The Golden Age le 1er octobre 1919, et les recherches documentent que c'est sous sa direction que le magazine développa une ligne éditoriale constante en matière médicale, inaugurée dès 1923 avec un article intitulé « The Vaccination Fraud ».[87] La présence dans ce numéro de janvier 1930 d'un long article antivacciniste signé F. R. Freer, appuyé sur des statistiques comparatives et sur le témoignage de la National Anti-Vaccination League britannique, confirme que cette ligne est alors active et soutenue, la documentation disponible indiquant par ailleurs que les vaccinations avaient encore été condamnées dans le magazine en 1929.[88]

Ce numéro documente de façon précise l'état de l'infrastructure radiophonique de l'organisation au tournant de l'année 1930 : il décrit le studio WBBR de Brooklyn comme une installation de premier plan, et précise que les conférences dominicales de J. F. Rutherford sont alors diffusées sur un réseau de trente et un stations couvrant une large partie du territoire américain, la station WBBR ayant été mise en service en 1924 depuis Staten Island.[89] La mention explicite dans cet article de trois connexions radiophoniques historiques constitue un repère organisationnel daté, attestant que la direction considère ce réseau comme un instrument central de son activité de proclamation à cette période précise.

Références

  1. Consolation 8 Janvier 1930, p. 225.
  2. Consolation 8 Janvier 1930, p. 225.
  3. Consolation 8 Janvier 1930, p. 225.
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  8. Consolation 8 Janvier 1930, p. 229.
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  74. Consolation 8 Janvier 1930, p. 247.
  75. La Tour de Garde du 1er octobre 1930, p. 299.
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  81. Consolation 8 Janvier 1930, p. 241-242.
  82. Consolation 8 Janvier 1930, p. 239.
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  87. « Medical Advice – Dangerous Watchtower Mistakes », JWfacts.com, consulté en 2024.
  88. Consolation 8 Janvier 1930, p. 240-242.
  89. Consolation 8 Janvier 1930, p. 225-226.