Consolation du 4 mai 1938
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La Tragédie de l'Allemagne (Première partie)
La publication consacre un long article en deux parties à l'analyse de la situation politique en Allemagne sous le régime nazi. Elle affirme que les dirigeants nazis, en particulier Adolf Hitler, prétendent incarner la volonté collective du peuple allemand et se présentent comme des figures quasi-divines. Hitler est décrit comme un orateur charismatique dont les discours flattent l'orgueil national allemand, ce qui lui vaut un soutien massif parmi les plus assertifs de la population. La publication souligne que cette exaltation du *Führer* s'accompagne d'une dégradation des valeurs morales et religieuses traditionnelles, remplacées par un culte de la personnalité et une glorification de l'État[1].
L'article cite des déclarations de Hitler et de son ministre de la propagande, Joseph Goebbels, selon lesquelles la « race allemande » aurait le droit de dominer le monde. Ces propos sont présentés comme une source de préoccupation pour les autres nations, qui y voient une menace expansionniste. La publication note que toute critique de ces déclarations est interdite en Allemagne, sous peine de représailles sévères, et que même les figures religieuses, y compris des pasteurs protestants, participent à la glorification du régime en lisant des extraits de Mein Kampf (le livre d'Hitler) à la place des Écritures lors des offices religieux[2].
Un passage particulièrement critique est consacré à la déification progressive de Hitler, illustrée par des déclarations blasphématoires diffusées à la radio allemande, telles que : *« Nous croyons en notre Führer comme la révélation de Dieu à notre peuple »*. La publication souligne que cette idolâtrie s'étend aux enfants, qui sont encouragés à chanter des hymnes en l'honneur de Hitler dans les écoles, transformées en lieux de culte pour le régime. Parmi ces chants, l'un d'eux affirme : *« Führer, nous te suivons ; Führer, nous jurons une foi éternelle avec toi »*[3].
L'article aborde également la militarisation croissante de l'Allemagne, mentionnant l'installation de nouveaux canons à longue portée (50 miles) à la frontière tchécoslovaque, ce qui laisse présager une possible annexion de ce pays, à l'instar de ce qui s'est produit avec l'Autriche. Cette militarisation est présentée comme une conséquence directe de l'idéologie expansionniste nazie[4].
Enfin, la publication dénonce le retour à des pratiques païennes en Allemagne, notamment le culte des ancêtres, qui remplace progressivement les rites chrétiens. Des chapelles inutilisées sont transformées en « salles des ancêtres » (*Ahnenhalle*), où des cérémonies de mariage et de baptême sont organisées sous l'égide de l'État. Ces lieux sont décorés de symboles nazis, comme la svastika, et comportent des bustes de Hitler. Les enfants y sont initiés à des chants nationalistes, et des prières sont adressées à l'Allemagne plutôt qu'à Dieu. L'une de ces prières, publiée par la « Société d'édition chrétienne » de Weimar, déclare : *« À l'Allemagne, tu as toujours confié ton propre drapeau, ô Dieu. C'est pourquoi nous sommes haïs de tes ennemis »*[5].
Les apéritifs : nouvelles brèves
Cette rubrique rassemble plusieurs brèves d'actualité et commentaires satiriques sur des sujets variés. L'une des notes évoque une lettre du père Joseph Klein, un franciscain de Cincinnati, qui se plaint de la baisse des dons pour son œuvre missionnaire. Il explique que seulement une chaussette de Noël sur douze envoyées aux donateurs a été remplie et retournée, ce qui le contraint à envisager des travaux manuels pour subvenir à ses besoins[6].
Un autre passage critique l'Église catholique romaine, en particulier la campagne menée par des cardinaux et des évêques italiens pour faire reconnaître par le pape l'Assomption de la Vierge Marie (son élévation au ciel corps et âme). La publication ironise sur le fait que le pape n'a aucun pouvoir sur les événements célestes, mais qu'il prétend en avoir, ce qui conduit à des pétitions massives pour influencer sa décision[7].
La rubrique mentionne également le vol du célèbre « anneau du pêcheur » du pape, utilisé pour sceller les bulles pontificales, ainsi que d'autres objets en or, par des voleurs travaillant au Vatican. Seuls quatre des coupables ont été arrêtés, ce qui est présenté comme une preuve de la corruption régnant au sein de l'institution[8].
Enfin, un commentaire moqueur est consacré aux « sauveurs » contemporains : Mussolini, qui « sauve » la Méditerranée ; Hitler, qui « sauve » l'Europe ; le pape, qui « sauve » la « chrétienté » ; et le Diable, présenté comme le « prince et dieu » du monde. Cette remarque souligne l'ironie de voir ces figures se présenter comme des bienfaiteurs alors qu'elles sont perçues comme des oppresseurs[9].
Méthodes nazies de financement
La publication cite un rapport du *Deutschland Berichte* de décembre 1937, qui décrit les méthodes utilisées par le régime nazi pour lever des fonds. Ces contributions, présentées comme des dons volontaires, sont en réalité des taxes déguisées. Les sommes collectées servent à financer à la fois les dépenses de l'État et celles du Parti nazi, notamment son système de « bien-être social », qui profite principalement aux membres du parti et à leurs proches. Ce système permet au régime d'éviter d'augmenter les impôts officiels, libérant ainsi des ressources pour le réarmement[10].
Un autre passage évoque les tensions internes au régime nazi, en particulier la paranoïa de Hitler. La publication mentionne un article du magazine *Liberty* qui révèle l'existence d'une organisation secrète appelée « Les Vengeurs de Röhm » (*Roehm's Revengers*), en référence à Ernst Röhm, un ancien allié de Hitler assassiné lors de la Nuit des Longs Couteaux en 1934. Ces « vengeurs » harcèlent Hitler en apposant les initiales « R.R. » (pour *Roehm's Revengers*) sur son courrier et même sur les murs de sa chambre, malgré la présence de 250 gardes chargés de sa sécurité. Cette situation est présentée comme une illustration de l'instabilité du régime et de la peur constante qui habite ses dirigeants[11].
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 3.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 3-4.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 4.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 4.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 5.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 2.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 2.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 2.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 2.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 5.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 5.