Consolation du 4 mai 1938
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La Tragédie de l'Allemagne (Première partie)
La publication consacre un long article en deux parties à l'analyse de la situation politique en Allemagne sous le régime nazi. Elle affirme que les ambitions expansionnistes des nazis ne visent pas seulement des territoires pour leur population, mais plutôt un espace pour exercer leur ambition démesurée. Le texte souligne que les nazis, comme la hiérarchie catholique romaine, revendiquent une domination mondiale, et que cette arrogance est comparable à celle des puissances religieuses traditionnelles[1].
L'article met en cause Adolf Hitler, présenté comme un "maître à penser" guidant les développements politiques en Allemagne, bien que la publication reconnaisse que les effets du nazisme ne peuvent être attribués à un seul homme. Elle note que de nombreux Allemands soutiennent Hitler par nécessité, attendant une désintégration du système due à ses faiblesses internes ou à des événements imprévus. Hitler est décrit comme un orateur charismatique qui interprète la volonté collective du peuple allemand, bien que ses actions reflètent davantage une ambition personnelle que des principes moraux ou religieux[2].
La publication critique vivement la déification de Hitler, soulignant que son autobiographie, Mein Kampf, est lue dans certaines églises à la place des Écritures saintes. Elle rapporte des exemples de culte rendu à Hitler, comme des avis de décès mentionnant la foi en Adolf Hitler plutôt qu'en Jésus-Christ, ou des déclarations de responsables nazis présentant Hitler comme une figure sacrée. Ces pratiques sont qualifiées de "pauvre consolation" et de dérive vers une forme de paganisme[3].
L'article dénonce également l'exaltation blasphématoire de Hitler par ses partisans, citant des déclarations radiodiffusées où il est présenté comme une "révélation de Dieu" pour le peuple allemand. Des prières et des chants en l'honneur de Hitler, enseignés aux enfants dans les écoles, sont reproduits pour illustrer cette idolâtrie. La publication souligne que cette adoration de la créature au détriment du Créateur conduit à une dégradation des valeurs morales et à une rupture avec les principes bibliques[4].
Enfin, l'article aborde la militarisation de l'Allemagne, mentionnant l'installation de nouveaux canons à la frontière tchécoslovaque, capables d'atteindre des cibles à cinquante miles de distance. Cette escalade militaire est présentée comme une menace directe pour la paix en Europe, suggérant que la Tchécoslovaquie pourrait suivre le sort de l'Autriche dans un avenir proche[5].
Le Culte des ancêtres nazi
La publication décrit une tendance croissante en Allemagne : le culte des ancêtres, encouragé par le régime nazi. D'anciennes chapelles catholiques, comme celle dédiée à Sainte Gertrude à Guestrow, sont transformées en lieux de culte païen où sont célébrés les ancêtres et la nation allemande. Ces nouveaux "temples" arborent des symboles nazis, comme la svastika, et remplacent les représentations religieuses traditionnelles par des images de mères allemandes entourées d'enfants, ou des bustes de Hitler. Les noms des ancêtres des familles locales sont inscrits sur les murs, et les cérémonies, comme les mariages ou les baptêmes, sont adaptées pour célébrer la "communauté de tous les Allemands"[6].
La publication cite des exemples de chants et de prières enseignés dans ces nouveaux lieux de culte, où la loyauté envers l'Allemagne et Hitler remplace toute référence religieuse. L'un de ces chants, intitulé "Pourquoi chercher Dieu dans un pays étranger", exalte la manifestation de Dieu à travers les maréchaux allemands et la nation. Ce culte est présenté comme une régression vers le paganisme, où la volonté individuelle ("Je veux") remplace la prière traditionnelle, et où la nation allemande est glorifiée comme éternelle[7].
L'article souligne également que ces pratiques sont enseignées dans des académies nazies spécialisées, où les futurs dirigeants sont formés pour perpétuer l'idéologie hitlérienne. La publication y voit une preuve supplémentaire de la dérive totalitaire et idolâtre du régime nazi[8].
La hiérarchie progresse
La publication affirme que, malgré les poursuites judiciaires contre des membres de l'organisation catholique romaine, la hiérarchie ecclésiastique a connu des avancées significatives sous le régime nazi. En Allemagne, le nombre d'églises catholiques et de prêtres a augmenté depuis l'arrivée d'Hitler au pouvoir, contrairement aux récits de persécution souvent relayés. En 1919, il existait 210 journaux catholiques en Allemagne, tandis qu'en 1937, ce nombre dépassait 400, avec plus de la moitié des 21 millions de catholiques allemands abonnés à l'un d'eux. Ces chiffres, selon la revue, démontrent que les récits de persécution des catholiques en Allemagne nazie sont exagérés[9].
La collaboration entre la hiérarchie catholique et le régime nazi est illustrée par plusieurs exemples. Après l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne en 1938, le cardinal Theodor Innitzer, archevêque catholique de Vienne, aurait reçu des assurances d'Hitler concernant l'avenir de l'Église dans l'Autriche germanisée. Par ailleurs, la franc-maçonnerie allemande a été démantelée, ses biens confisqués, et ses membres interdits de communication sous peine d'arrestation, sans que la hiérarchie catholique ne s'y oppose. Plusieurs francs-maçons éminents se seraient suicidés dans ce contexte[10].
Un extrait d'une lettre de Boris Toedtli, un nazi suisse, adressée à son supérieur Fleischhauer en Allemagne, est cité pour démontrer les liens entre les nazis et la machine papale. Toedtli y évoque ses contacts avec des catholiques et son entretien avec le nonce papal, qui lui aurait remis deux lettres de recommandation pour la Suisse. Il propose également la publication d'un journal bimensuel pour informer la presse sur les Étudiants de la Bible (Témoins de Jéhovah), en évitant de mentionner l'Allemagne comme lieu de publication pour préserver une apparence d'impartialité[11].

Subventions à la religion
La revue souligne que le retrait des subventions gouvernementales aux organisations religieuses aurait des conséquences plus désastreuses pour les protestants que pour les catholiques. En Allemagne, l'État versait annuellement 105 millions de marks aux églises, tout en collectant 200 millions de marks supplémentaires via des taxes ecclésiastiques. Le régime nazi envisagerait de supprimer ces financements, laissant aux fidèles le soin de subvenir directement aux besoins des églises. Cette mesure, selon la publication, affaiblirait davantage les protestants, déjà en déclin, tandis que l'Église catholique, plus résiliente, en sortirait renforcée[12].
Intolérance et persécution
L'article dénonce l'intolérance et la persécution systématique des opposants au régime nazi, en particulier des Juifs et des Témoins de Jéhovah. Les dictatures, selon la publication, ne favorisent ni la tolérance ni la liberté, comme en témoigne la politique allemande. Les Juifs sont exclus de tous les secteurs professionnels, y compris le droit, et les entreprises allemandes sont mises en garde contre l'emploi de représentants juifs. Les certificats de naissance "aryens" sont devenus si recherchés qu'un marché noir s'est développé, avec des cas d'usurpation d'identité de prêtres pour falsifier des documents[13].
La persécution des Juifs est décrite comme méthodique et sans précédent. Après avoir exclu les professions libérales et les commerçants, le régime s'attaque désormais aux employés juifs, remplacés par des Aryens. Environ 40 % de la population juive de Berlin dépendrait de l'aide sociale, et les projections suggèrent que seuls les personnes âgées subsisteront d'ici deux ans. La publication évoque également la possibilité d'une extermination massive des Juifs par les nazis, qualifiés de "courageux" uniquement face aux femmes et aux enfants[14].
L'antisémitisme est institutionnalisé dans les écoles, où les enfants sont endoctrinés contre les Juifs. Un exemple cité est celui de Julius Streicher, proche d'Hitler, qui aurait demandé à des enfants de Nuremberg d'identifier le diable comme étant "le Juif", avant de leur distribuer un livret illustrant un diable à tête de Juif. La haine atteint des sommets, comme en témoigne un enseignant berlinois ayant qualifié Jésus-Christ de "vaurien juif" devant sa classe, une déclaration qui n'a pas suscité de sanctions[15].
La revue rapporte également des cas de dénonciation publique d'Aryens faisant affaire avec des Juifs, via des publications comme Der Stürmer, qui publient les noms et adresses des personnes concernées. Un maire a été destitué pour avoir vendu une vache à un marchand de bétail juif, illustrant la sévérité des mesures discriminatoires[16].
La condition du peuple
La situation des travailleurs et des classes populaires en Allemagne est décrite comme en régression sous le régime nazi. Environ 700 000 petits commerçants ont fait faillite au cours des derniers mois, malgré les promesses de soutien du régime. Ces entrepreneurs, initialement séduits par les discours nazis contre les grandes entreprises, se retrouvent désormais sans emploi et contraints de chercher du travail dans les usines, tandis que les grands groupes industriels, qui ont soutenu l'ascension d'Hitler, accaparent les richesses du pays[17].
Les rapports des syndicats indiquent une baisse de 5 % du nombre de wagons de passagers et de 10 % du nombre de wagons de marchandises par rapport à l'année de crise 1932. Les locomotives sont en mauvais état, et le réseau ferroviaire montre des signes de détérioration. La pénurie de matériaux et l'utilisation de substituts de mauvaise qualité affectent la vie quotidienne des Allemands : le pain est de moins bonne qualité qu'en 1914, les chaussures sont fabriquées en papier, et les vêtements en textiles de substitution. Des émeutes de la faim ont éclaté dans plusieurs villes, et les généraux nazis auraient averti Hitler que la faim pourrait compromettre les victoires militaires, rappelant les effets de la malnutrition sur l'armée allemande en 1915[18].
La pénurie de cuir a conduit à l'utilisation de "cuir de poisson" pour la fabrication de chaussures, de gants et d'autres articles. Des barres de "chocolat" à base de goudron de houille, ressemblant davantage à du savon, sont produites, tandis que des chimistes hambourgeois travaillent sur la production d'albumine à partir de poisson pour remplacer plus de 400 000 œufs par an. La laine artificielle est devenue si répandue que les importations de laine australienne fine ont chuté de 100 millions à 37 millions de livres en quatre ans, et son prix a été divisé par deux. Cette laine artificielle est même utilisée dans les uniformes de l'armée régulière[19].

Les Allemands sont désormais tenus d'incorporer au moins 10 % de rayonne dans la composition de leurs sous-vêtements, afin de maintenir l'activité des usines de rayonne en prévision d'une utilisation chimique en cas de guerre. Des tubes de dentifrice en soie et des couronnes dentaires en résine artificielle ont fait leur apparition, tandis qu'une loi récente impose aux fabricants de chemises de raccourcir les pans, limitant leur longueur à 90 centimètres à l'avant et 95 centimètres à l'arrière[20].
Réutilisation des ressources
La revue mentionne que les coiffeurs allemands ont reçu pour instruction de collecter les cheveux humains, quelle que soit leur longueur, pour les recycler dans la fabrication de feutre et de tapis. Cette mesure permettrait de récupérer environ un million de livres de cheveux par an, illustrant les efforts du régime pour optimiser l'utilisation des ressources dans un contexte de pénurie[21].
Réalisations d'hier
La publication reconnaît certaines réalisations techniques de l'Allemagne, même sous domination nazie, tout en soulignant qu'elles ne doivent pas être attribuées au régime hitlérien. Parmi ces accomplissements figurent le pont sur l'Elbe, présenté par Hitler comme le plus grand du monde avec une portée de 2 240 pieds, bien que le pont Golden Gate en Californie le dépasse avec une portée de 4 200 pieds. Les autoroutes allemandes, à double voie et sans croisements, sont également citées comme un modèle de sécurité, bien que limitées à huit heures de conduite continue pour les automobilistes[22].
Le périphone, un dispositif allemand permettant de mesurer les profondeurs et les obstacles par le son, est mentionné comme une innovation technique. La revue conclut que ces réalisations auraient probablement vu le jour même sans le régime nazi[23].
Contrôle des agriculteurs allemands
La publication dénonce le contrôle strict exercé par le régime nazi sur les agriculteurs allemands. Les inspecteurs agricoles, souvent en uniforme, surveillent les exploitations de manière intrusive, vérifiant la production laitière et interdisant aux paysans de conserver le moindre litre de lait pour leur usage personnel. Le lait écrémé destiné aux porcs doit être racheté à un prix fixé par l’inspecteur. Les paysans sont également contraints d’écouter les discours d’Adolf Hitler ou de se rendre dans des camps de concentration pendant leurs jours de congé. En cas de non-respect des règles, les sanctions sont sévères, allant jusqu’à l’emprisonnement ou l’envoi dans des camps de concentration. La publication souligne que les paysans contournent ces restrictions en cachant des réserves ou en simulant des accidents pour abattre des animaux, une pratique tolérée pour éviter une surpopulation carcérale. Par ailleurs, les exploitants agricoles ne peuvent pas emprunter pour acheter de nouvelles terres, même s’ils sont propriétaires sans dettes[24].
Prospérité des fabricants d’armements
Cet article met en lumière l’enrichissement des fabricants d’armements sous les régimes dictatoriaux, en particulier celui de la famille Krupp en Allemagne. La publication affirme que les usines Krupp, qui n’avaient versé aucun dividende pendant vingt ans, emploient désormais 100 000 ouvriers avec une masse salariale annuelle dépassant 60 millions de dollars. Krupp a fourni des armes aux deux camps pendant la Première Guerre mondiale, y compris à la France via la Suisse, et a également armé à la fois la Chine et le Japon pendant le conflit sino-japonais. La publication souligne l’hypocrisie de ces industriels, qui prospèrent grâce aux guerres tout en alimentant les tensions internationales. Elle note également que les aumôniers et officiers allemands regrettent l’introduction du néo-paganisme dans l’armée, car cela augmente le nombre de suicides et de désertions, contrairement à la religion chrétienne qui, selon eux, formait de « meilleurs meurtriers »[25].
Phénomènes naturels
Cette rubrique regroupe plusieurs brèves scientifiques et observations sur des phénomènes naturels ou des découvertes astronomiques. La publication rapporte que des truites arc-en-ciel, placées dans de l’eau chlorée similaire à celle distribuée aux habitants de Cleveland, meurent en 44 heures, illustrant les dangers des produits chimiques utilisés pour traiter l’eau potable[26]. Elle mentionne également que 36 000 galaxies ont été photographiées, chacune contenant des milliards d’étoiles, et que le nouveau télescope du mont Palomar permettra d’en observer au moins 500 000[27]. D’autres sujets incluent la consommation annuelle de pétrole, estimée à 28 000 miles de wagons-citernes, et les conséquences potentielles de cette exploitation sur l’orbite terrestre[28]. La rubrique évoque aussi la découverte de la plus grande galaxie connue, située à 100 millions d’années-lumière de la Terre, ainsi que les irrégularités dans la trajectoire de la Lune, qui s’écarte de plus en plus de son orbite calculée sans explication connue[29].
La secte catholique romaine
Cet article critique l’histoire et les prétentions de l’Église catholique romaine, en particulier son schisme avec l’Église orthodoxe grecque. La publication affirme que l’Église orthodoxe, fondée à Constantinople, a une légitimité historique plus ancienne que celle de Rome. Elle retrace les origines du conflit entre les deux Églises, notamment lorsque l’empereur Maurice favorisa le patriarche de Constantinople, Jean, au détriment du pape Grégoire Ier. Ce dernier, mécontent, aurait soutenu le coup d’État de Phocas, qui assassina Maurice et fut ensuite consacré empereur par Grégoire. En récompense, Phocas accorda à Boniface III, successeur de Grégoire, le titre de « patriarche universel » en 606, marquant ainsi la rupture définitive entre les deux Églises en 1054. La publication souligne que de nombreux termes ecclésiastiques utilisés par l’Église catholique sont d’origine grecque, comme « pape », « patriarche » ou « diocèse », et accuse l’Église romaine d’avoir cherché à obtenir un pouvoir temporel en manipulant des dirigeants politiques, comme Pepin le Bref et Charlemagne[30].
L’article aborde également les finances du Vatican, notant que l’accord de 1929 avec Mussolini a rapporté à l’Église catholique l’équivalent de 80 millions de dollars. Avec un intérêt annuel de 3 %, cela génère un revenu de 2,4 millions de dollars, soit 506 000 dollars de plus que le coût de fonctionnement du gouvernement du Vatican. La publication suggère que ces fonds permettent au Vatican d’intervenir dans des conflits comme ceux d’Éthiopie ou d’Espagne, où les investissements pourraient rapporter des bénéfices[31].
À Terre-Neuve catholique
Ce témoignage décrit les conditions de vie difficiles à Terre-Neuve, où la population est majoritairement catholique et soumise à l’influence de la hiérarchie religieuse. Les missionnaires des Étudiants de la Bible, arrivés sur place, rapportent que les autorités locales ont tenté de les expulser, mais qu’ils ont pu distribuer de la littérature et témoigner de leur foi. La population est décrite comme extrêmement pauvre, dépendant presque exclusivement de la pêche pour survivre. Les salaires sont très bas : les femmes gagnent entre 5 et 10 dollars par mois pour des travaux domestiques, tandis que les hommes perçoivent entre 20 et 36 dollars par mois pour des travaux manuels. Le coût de la vie est 20 à 30 % plus élevé qu’aux États-Unis, et les missionnaires doivent se nourrir principalement de riz pour économiser[32].
La publication souligne également les conditions sanitaires précaires, avec une absence généralisée de toilettes et un manque d’hygiène. Les rues de Saint-Jean, la principale ville de l’île, sont étroites, sinueuses et mal entretenues. Les missionnaires rapportent que la distribution de littérature est très limitée en raison de la censure et de l’oppression religieuse, mais ils considèrent ces difficultés comme une préparation aux « temps sérieux » à venir, en référence aux persécutions subies par les Témoins de Jéhovah en Allemagne[33].
Le fascisme
Cette section analyse le fascisme et ses manifestations dans différents pays. La publication définit l’État totalitaire comme un système où le gouvernement exerce un contrôle absolu sur la vie des citoyens, tant sur le plan économique que social. Elle cite Ogden L. Mills, qui affirme que ce type de régime nécessite une administration permanente et que, une fois au pouvoir, les dirigeants fascistes ne peuvent être renversés que par la force, comme en témoigne l’exemple d’Adolf Hitler en Allemagne[34].
L’article dénonce également les pratiques fascistes, notamment la répression violente des opposants et les attaques contre les civils en temps de paix, comme les bombardements aériens ou les attaques de sous-marins. La publication critique les États-Unis pour leur soutien à des régimes fascistes, citant des personnalités comme Basil Harris, Kelley Graham ou Joseph P. Grace, qui auraient contribué à financer les forces de Franco en Espagne. Elle souligne que le fascisme, sous couvert de lutter contre le communisme, cherche en réalité à supprimer toute forme de liberté dans le monde, avec des pays comme l’Italie, l’Allemagne et le Japon disposant de 2 millions de tonnes de navires de guerre et de 200 millions d’hommes prêts à intervenir[35].
Enfin, la publication cite Westbrook Pegler, qui critique les demandes des régimes fascistes visant à limiter la liberté d’expression aux États-Unis. Pegler affirme que les pays libres doivent résister à ces pressions et refuser de se soumettre aux dictateurs, sous peine de perdre leurs droits fondamentaux[36].
Convention des Témoins de Jéhovah pour le Nord-Ouest
La publication annonce une convention des Témoins de Jéhovah prévue à Seattle, dans l'auditorium civique de la ville, du 2 au 5 juin 1938. Cette rencontre est destinée aux fidèles des États du Nord-Ouest américain et de l'Ouest canadien. Joseph Franklin Rutherford, alors président de la Société Watch Tower, est attendu comme orateur principal. Il doit prononcer un discours intitulé « Violence » le dimanche 5 juin à 15 heures, à la fois devant les participants et un large auditoire radiophonique. Les organisateurs anticipent la présence d'environ 16 000 personnes. Les visiteurs sont invités à s'organiser pour leur hébergement, certains prévoyant de camper dans des tentes ou des caravanes, tandis que d'autres réserveront des chambres d'hôtel ou des logements privés. Un comité local, basé au 800 Broadway à Seattle, coordonne les préparatifs et répond aux demandes d'information[37].

Conseil biblique : Les « autorités supérieures »
Un lecteur interroge la publication sur l'interprétation de Romains 13:1, qui stipule que « toute âme soit soumise aux autorités supérieures ». La question porte sur la légitimité des régimes autoritaires comme ceux de Mussolini et Hitler, considérés comme des « Césars » modernes, et sur l'obligation éventuelle de leur obéir au nom de ce verset. La réponse de la rédaction rejette cette interprétation, affirmant que ce passage ne s'adresse pas aux nations en général, mais uniquement aux membres de l'organisation divine, c'est-à-dire ceux qui ont conclu une alliance avec Jéhovah pour accomplir sa volonté. Selon la publication, les « autorités supérieures » désignent Jéhovah Dieu et Jésus-Christ, seuls détenteurs du pouvoir légitime. Toute autre interprétation, notamment celle qui attribuerait ce rôle aux gouvernements terrestres, est présentée comme une distorsion des Écritures, incompatible avec l'unité des lois divines[38].
Photographies et instantanés
La rédaction encourage les lecteurs à envoyer des photographies et instantanés illustrant des scènes intéressantes, des événements marquants ou des activités liées au Royaume de Dieu menées par les Témoins de Jéhovah. Ces images, autrefois difficiles à reproduire, peuvent désormais être publiées grâce à des équipements améliorés, à condition qu'elles soient nettes et de bonne qualité. Les lecteurs sont invités à joindre une description détaillée de chaque cliché, identifié au dos par un numéro écrit à l'encre ou au crayon doux. Bien que tous les envois ne puissent être utilisés, la publication souligne l'intérêt de partager ces documents avec un large public plutôt que de les conserver pour un usage personnel[39].
Pennsylvanie : Actualités locales
Plusieurs brèves relatent des événements et des controverses en Pennsylvanie. Un montagnard, John Marsh, refuse de faire vacciner son fils de sept ans contre la variole, préférant purger une peine de prison plutôt que de céder à une pratique qu'il juge superstitieuse. La publication souligne l'inefficacité de la vaccination dans des pays comme le Japon ou les Philippines, où elle est pourtant largement appliquée. Par ailleurs, Andrew Mellon, magnat décédé, est présenté comme ayant organisé son patrimoine pour échapper aux taxes fédérales et étatiques, léguant l'essentiel de sa fortune à un trust éducatif et caritatif contrôlé par sa famille. La Cour d'appel des États-Unis de Philadelphie déclare illégale la grève sur le tas menée par 250 ouvriers de l'usine Apex Hosiery, bloquant l'accès à leur employeur et empêchant 2 500 autres salariés de travailler. Enfin, le surintendant de l'instruction publique de Pennsylvanie, Lester K. Ade, critique l'obligation pour les écoliers de saluer le drapeau, une pratique qu'il associe aux régimes fascistes plutôt qu'aux valeurs américaines[40].
New York et Philadelphie
La publication compare les réactions des maires de New York et de Philadelphie à l'arrivée des aviateurs soviétiques Gromoff, Yumashef et Danilin, qui avaient réalisé un vol record au-dessus du pôle Nord. Alors que Fiorello La Guardia les accueille chaleureusement à New York, le maire de Philadelphie, Samuel Davis Wilson, proche du cardinal Dougherty, refuse de les recevoir, un geste interprété comme un affront envers la ville. Par ailleurs, un employeur philadelphien, J. Harvey Gravell, rembourse les dettes de ses employés au début de l'année 1937, leur permettant de commencer l'année avec une ardoise vierge. Enfin, le gouverneur de Pennsylvanie, George Earle, s'oppose à la projection du film « Spain in Flames », craignant qu'il ne suscite des sympathies pour la République espagnole et n'encourage des engagements pro-libertaires[41].
États du Sud-Atlantique : Enjeux politiques et sociaux
La publication aborde plusieurs sujets liés aux États du Sud-Atlantique. Un expert en immigration, Thomas Hocati, dénonce les souffrances infligées aux étrangers et à leurs familles par les lois américaines sur la déportation, soulignant l'arbitraire et la cruauté des autorités. Un exemple frappant est celui d'un Écossais, incapable de retourner dans son pays faute de preuve de naissance, qui est emprisonné pour vagabondage. Par ailleurs, la montée en puissance du Congress of Industrial Organizations (C.I.O.) est critiquée, avec des accusations de collusion entre ce syndicat et le gouvernement, notamment en raison d'une contribution de 500 000 dollars au fonds de campagne démocrate. Le représentant Treadway suggère que cette donation explique la politique de « non-intervention » du gouvernement face aux actions du C.I.O. Enfin, des statistiques compilées par Ben E. Adams révèlent que 16,5 millions de citoyens nés à l'étranger, 3,5 millions d'immigrés illégaux et 6 millions de travailleurs non naturalisés vivent aux États-Unis, posant la question des conséquences économiques et sociales d'une éventuelle expulsion massive[42].
« En terre de Dixie » : Témoignages et anecdotes
Plusieurs témoignages et anecdotes illustrent la vie dans les États du Sud. Un cultivateur de coton, H. Sillaway, décrit les conditions de travail dans les champs, expliquant que la cueillette du coton, bien que physiquement exigeante, n'est pas considérée comme une corvée par la plupart des travailleurs. Il détaille les techniques de cueillette, les salaires variables selon les régions (de 65 cents à 1 dollar pour 100 livres de coton), et les petits désagréments comme les coupures aux doigts causées par les capsules de coton. Par ailleurs, deux jeunes filles de l'école du Royaume à Atlanta partagent un extrait de leur manuel d'histoire, révélant que les Pères Pèlerins rejetaient les fêtes de Pâques, du 1er mai et de Noël, les considérant comme païennes. Enfin, un récit humoristique raconte comment un vieil homme, invité à une réunion de réveil par sa femme pieuse, refuse de donner de l'argent à une quêteuse en arguant qu'il préfère remettre lui-même sa contribution à Dieu, compte tenu de son âge avancé[43].
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 3.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 3.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 4.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 4.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 5.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 5.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 5.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 5.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 6.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 6.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 6.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 6.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 7.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 7.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 7.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 7.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 8.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 8.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 8.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 9.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 9.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 9.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 9.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 10.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 10.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 11.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 11.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 11.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 11.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 12.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 12.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 13.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 13.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 14.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 14.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 14.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 16.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 17.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 17.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 18.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 18.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 19.
- ↑ Consolation du 4 mai 1938, p. 20.