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Consolation du 4 mai 1938

De Tj-encyclopédie
Version datée du 4 juillet 2026 à 07:28 par Tjrecherches (discussion | contributions) (Ajout == Contenu == — tranche 2/7)

Contenu

La Tragédie de l'Allemagne (Première partie)

La publication consacre un long article en deux parties à l'analyse de la situation politique en Allemagne sous le régime nazi. Elle affirme que les dirigeants nazis, en particulier Adolf Hitler, prétendent incarner la volonté collective du peuple allemand et se présentent comme des figures quasi-divines. Hitler est décrit comme un orateur charismatique dont les discours flattent l'orgueil national allemand, ce qui lui vaut un soutien massif parmi les plus assertifs de la population. La publication souligne que cette exaltation du *Führer* s'accompagne d'une dégradation des valeurs morales et religieuses traditionnelles, remplacées par un culte de la personnalité et une glorification de l'État[1].

L'article cite des déclarations de Hitler et de son ministre de la propagande, Joseph Goebbels, selon lesquelles la « race allemande » aurait le droit de dominer le monde. Ces propos sont présentés comme une source de préoccupation pour les autres nations, qui y voient une menace expansionniste. La publication note que toute critique de ces déclarations est interdite en Allemagne, sous peine de représailles sévères, et que même les figures religieuses, y compris des pasteurs protestants, participent à la glorification du régime en lisant des extraits de Mein Kampf (le livre d'Hitler) à la place des Écritures lors des offices religieux[2].

Un passage particulièrement critique est consacré à la déification progressive de Hitler, illustrée par des déclarations blasphématoires diffusées à la radio allemande, telles que : *« Nous croyons en notre Führer comme la révélation de Dieu à notre peuple »*. La publication souligne que cette idolâtrie s'étend aux enfants, qui sont encouragés à chanter des hymnes en l'honneur de Hitler dans les écoles, transformées en lieux de culte pour le régime. Parmi ces chants, l'un d'eux affirme : *« Führer, nous te suivons ; Führer, nous jurons une foi éternelle avec toi »*[3].

L'article aborde également la militarisation croissante de l'Allemagne, mentionnant l'installation de nouveaux canons à longue portée (50 miles) à la frontière tchécoslovaque, ce qui laisse présager une possible annexion de ce pays, à l'instar de ce qui s'est produit avec l'Autriche. Cette militarisation est présentée comme une conséquence directe de l'idéologie expansionniste nazie[4].

Enfin, la publication dénonce le retour à des pratiques païennes en Allemagne, notamment le culte des ancêtres, qui remplace progressivement les rites chrétiens. Des chapelles inutilisées sont transformées en « salles des ancêtres » (*Ahnenhalle*), où des cérémonies de mariage et de baptême sont organisées sous l'égide de l'État. Ces lieux sont décorés de symboles nazis, comme la svastika, et comportent des bustes de Hitler. Les enfants y sont initiés à des chants nationalistes, et des prières sont adressées à l'Allemagne plutôt qu'à Dieu. L'une de ces prières, publiée par la « Société d'édition chrétienne » de Weimar, déclare : *« À l'Allemagne, tu as toujours confié ton propre drapeau, ô Dieu. C'est pourquoi nous sommes haïs de tes ennemis »*[5].

Les apéritifs : nouvelles brèves

Cette rubrique rassemble plusieurs brèves d'actualité et commentaires satiriques sur des sujets variés. L'une des notes évoque une lettre du père Joseph Klein, un franciscain de Cincinnati, qui se plaint de la baisse des dons pour son œuvre missionnaire. Il explique que seulement une chaussette de Noël sur douze envoyées aux donateurs a été remplie et retournée, ce qui le contraint à envisager des travaux manuels pour subvenir à ses besoins[6].

Un autre passage critique l'Église catholique romaine, en particulier la campagne menée par des cardinaux et des évêques italiens pour faire reconnaître par le pape l'Assomption de la Vierge Marie (son élévation au ciel corps et âme). La publication ironise sur le fait que le pape n'a aucun pouvoir sur les événements célestes, mais qu'il prétend en avoir, ce qui conduit à des pétitions massives pour influencer sa décision[7].

La rubrique mentionne également le vol du célèbre « anneau du pêcheur » du pape, utilisé pour sceller les bulles pontificales, ainsi que d'autres objets en or, par des voleurs travaillant au Vatican. Seuls quatre des coupables ont été arrêtés, ce qui est présenté comme une preuve de la corruption régnant au sein de l'institution[8].

Enfin, un commentaire moqueur est consacré aux « sauveurs » contemporains : Mussolini, qui « sauve » la Méditerranée ; Hitler, qui « sauve » l'Europe ; le pape, qui « sauve » la « chrétienté » ; et le Diable, présenté comme le « prince et dieu » du monde. Cette remarque souligne l'ironie de voir ces figures se présenter comme des bienfaiteurs alors qu'elles sont perçues comme des oppresseurs[9].

Méthodes nazies de financement

La publication cite un rapport du *Deutschland Berichte* de décembre 1937, qui décrit les méthodes utilisées par le régime nazi pour lever des fonds. Ces contributions, présentées comme des dons volontaires, sont en réalité des taxes déguisées. Les sommes collectées servent à financer à la fois les dépenses de l'État et celles du Parti nazi, notamment son système de « bien-être social », qui profite principalement aux membres du parti et à leurs proches. Ce système permet au régime d'éviter d'augmenter les impôts officiels, libérant ainsi des ressources pour le réarmement[10].

Un autre passage évoque les tensions internes au régime nazi, en particulier la paranoïa de Hitler. La publication mentionne un article du magazine *Liberty* qui révèle l'existence d'une organisation secrète appelée « Les Vengeurs de Röhm » (*Roehm's Revengers*), en référence à Ernst Röhm, un ancien allié de Hitler assassiné lors de la Nuit des Longs Couteaux en 1934. Ces « vengeurs » harcèlent Hitler en apposant les initiales « R.R. » (pour *Roehm's Revengers*) sur son courrier et même sur les murs de sa chambre, malgré la présence de 250 gardes chargés de sa sécurité. Cette situation est présentée comme une illustration de l'instabilité du régime et de la peur constante qui habite ses dirigeants[11].

La hiérarchie progresse

La publication affirme que, malgré les poursuites judiciaires contre des membres de l'organisation catholique romaine, la hiérarchie ecclésiastique a réalisé des progrès substantiels sous le régime nazi. Elle souligne que le nombre d'églises et de prêtres catholiques a augmenté en Allemagne depuis l'arrivée d'Hitler au pouvoir, citant des sources comme le New York Times et le New York Staats Zeitung und Herald pour étayer cette affirmation. Par exemple, le nombre de journaux catholiques est passé de 210 à plus de 400 entre 1933 et 1937, et la moitié des 21 millions de catholiques allemands seraient abonnés à l'un d'eux. Ces éléments sont présentés comme une preuve que les récits de persécution des catholiques en Allemagne nazie seraient exagérés[12].

La publication cite également une lettre de Boris Toedtli, un nazi suisse, adressée à son supérieur Fleischhauer, dans laquelle Toedtli évoque ses liens avec des catholiques pour lutter contre les Étudiants de la Bible (Témoins de Jéhovah). Il mentionne avoir été reçu par le nonce papal et avoir obtenu des lettres de recommandation pour renforcer ces collaborations. Toedtli propose la publication d'un journal pour informer la presse sur les Étudiants de la Bible, suggérant de le faire paraître depuis Berne pour éviter d'éveiller des soupçons sur une implication allemande[13].

Illustration accompagnant l'article sur l'intolérance et la persécution en Allemagne nazie.

Collaboration entre la hiérarchie catholique et le régime nazi

La publication met en avant plusieurs exemples de collaboration entre la hiérarchie catholique et le régime nazi. Elle souligne que l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie a renforcé le pouvoir de l'Église catholique romaine dans l'empire allemand, notant que les figures majeures du parti nazi en Allemagne et en Autriche sont majoritairement catholiques. Elle cite également le cas d'Adolf Weinel, un pasteur protestant condamné à trois mois de prison pour avoir révélé que Joseph Goebbels, ministre de la Propagande nazi, avait été éduqué dans une institution jésuite aux frais de la hiérarchie catholique[14].

La publication affirme que les institutions protestantes sont systématiquement détruites, tandis que les jésuites agissent avec une efficacité totale. Elle critique les membres du clergé protestant pour leur trahison envers la vérité, estimant qu'ils ne méritent aucune sympathie de la part de Jéhovah Dieu ou de Ses témoins fidèles[15].

Un article du journal nazi Der Angriff est cité pour illustrer cette collaboration, affirmant que les prélats catholiques ne luttent pas pour la religion ou le christianisme, mais pour des objectifs politiques, prêts à sacrifier la paix de la nation pour les atteindre. La publication conclut que les nazis et la hiérarchie catholique sont en harmonie, tant que les premiers acceptent de soutenir et de reconnaître la seconde[16].

Intolérance et persécution

Cette section dénonce l'intolérance et la persécution exercées par le régime nazi, en particulier à l'encontre des Juifs et des opposants politiques. La publication affirme que les dictatures ne favorisent ni la tolérance ni la libéralité, et que l'Allemagne nazie en est un exemple frappant. Elle décrit une campagne systématique d'exclusion des Juifs de la société allemande, incluant l'interdiction pour les entreprises allemandes d'employer des représentants juifs, même en tant qu'avocats. Les certificats de naissance aryens sont devenus si recherchés qu'un marché noir s'est développé, avec des arrestations pour falsification de documents[17].

La publication rapporte des cas extrêmes d'antisémitisme, comme celui d'un enseignant berlinois qui aurait qualifié Jésus-Christ de "vaurien juif" devant ses élèves. Elle cite également le journal Deutschland Berichte, qui décrit des méthodes de harcèlement contre les Aryens faisant affaire avec des Juifs, incluant la publication de leurs noms dans des journaux comme Der Stürmer. Des sanctions sont également mentionnées, comme la destitution d'un maire pour avoir vendu une vache à un marchand de bétail juif[18].

La publication évoque également la propagande antisémite dans les écoles, où les enfants sont endoctrinés contre les Juifs. Elle cite un exemple à Nuremberg, où Julius Streicher, un proche d'Hitler, aurait demandé à des enfants d'identifier le diable comme étant "le Juif", avant de leur distribuer un livret illustrant un diable à tête de Juif[19].

La condition du peuple

La publication dresse un tableau sombre de la condition des travailleurs et de la population allemande sous le régime nazi. Elle affirme que la situation des travailleurs, en particulier, s'est détériorée. Environ 700 000 petits commerçants ont fait faillite au cours des derniers mois, et leurs dirigeants, qui avaient espéré un soulagement de la part du régime nazi, se retrouvent désormais contraints de chercher des emplois dans les usines. La publication souligne que les grandes entreprises, qui ont soutenu l'ascension d'Hitler, accaparent désormais toutes les ressources du pays[20].

La situation économique est décrite comme critique : les rapports des syndicats indiquent une baisse de 5 % du nombre de wagons de passagers et de 10 % du nombre de wagons de marchandises par rapport à l'année de crise 1932. Les locomotives sont en mauvais état, et la pénurie de matériaux conduit à l'utilisation de substituts de mauvaise qualité, comme des saucisses contenant du poisson, du pain de qualité inférieure à celui de 1914, ou des bottes fabriquées en papier. Des émeutes alimentaires ont éclaté dans plusieurs villes, et les généraux d'Hitler l'auraient averti que la faim pourrait compromettre la victoire, rappelant les effets de la famine sur le moral de l'armée allemande en 1915[21].

La publication mentionne également des mesures économiques drastiques, comme le rationnement des graisses depuis le 1er janvier 1938, ou la baisse des salaires. Les soldats ne recevraient qu'une allocation quotidienne dérisoire, et la plupart des achats se feraient à crédit, sans que les gens aient les moyens de rembourser. Les loyers seraient saisis par le gouvernement pour financer l'armement. Raymond Clapper, un correspondant de presse, est cité pour illustrer les conditions de travail difficiles dans les usines, où les ouvriers se voient refuser des emplois s'ils ne participent pas à des initiatives approuvées par le régime, comme la création d'un jardin floral[22].

Illustration accompagnant l'article sur les conditions de vie en Allemagne nazie.

Innovations et pénuries en Allemagne nazie

La publication décrit les conséquences des pénuries de matériaux en Allemagne nazie, qui ont conduit à des innovations douteuses et à une détérioration de la qualité de vie. Par exemple, le cuir se fait rare, et les Allemands utilisent désormais du "cuir de poisson" pour fabriquer des chaussures, des gants et d'autres articles. Des chimistes hambourgeois auraient développé un substitut d'albumine à base de poisson, destiné à remplacer plus de 400 000 œufs par an dans la pâtisserie. La laine australienne fine a été largement remplacée par de la rayonne, moins chère et plus facile à produire, au point d'être utilisée dans les uniformes de l'armée[23].

La publication mentionne également l'apparition de tubes de dentifrice en soie et de couronnes dentaires en résine artificielle, ainsi que la fabrication de barres de "chocolat" à base de goudron de houille, dont le goût rappelle vaguement celui du vrai chocolat. Une loi récente aurait même imposé aux fabricants de chemises de raccourcir les pans, limitant leur longueur à 90 centimètres à l'avant et 95 centimètres à l'arrière[24].

Les coiffeurs allemands ont été invités à collecter les cheveux humains, même les plus courts, pour les utiliser dans la fabrication de feutre et de tapis. La publication estime que cette collecte pourrait atteindre un million de livres par an. Elle souligne également l'augmentation des cas de maladies professionnelles, comme la silicose ou l'intoxication au plomb, qui seraient passées de 7 133 cas en 1933 à 13 944 cas en 1936, reflétant le mépris du régime nazi pour la santé des travailleurs[25].

Réalisations allemandes non attribuables au nazisme

La publication reconnaît certaines réalisations techniques et industrielles de l'Allemagne, mais refuse de les attribuer au régime nazi. Elle cite notamment le pont sur l'Elbe, présenté comme le plus grand du monde par Hitler, bien que d'autres ponts, comme ceux de San Francisco-Oakland, du George Washington ou du Golden Gate, aient des portées plus longues. Elle mentionne également les autoroutes allemandes, décrites comme des routes à double voie sans croisements, conçues pour résister aux bombardements et permettre une circulation fluide[26].

La publication souligne que ces réalisations auraient eu lieu même sans le régime nazi, et qu'elles ne doivent pas être créditées à Hitler ou à ses partisans. Elle évoque également le périfon, un dispositif allemand permettant de mesurer les profondeurs et les obstacles par le son, comme une innovation notable[27].

  1. Consolation du 4 mai 1938, p. 3.
  2. Consolation du 4 mai 1938, p. 3-4.
  3. Consolation du 4 mai 1938, p. 4.
  4. Consolation du 4 mai 1938, p. 4.
  5. Consolation du 4 mai 1938, p. 5.
  6. Consolation du 4 mai 1938, p. 2.
  7. Consolation du 4 mai 1938, p. 2.
  8. Consolation du 4 mai 1938, p. 2.
  9. Consolation du 4 mai 1938, p. 2.
  10. Consolation du 4 mai 1938, p. 5.
  11. Consolation du 4 mai 1938, p. 5.
  12. Consolation du 4 mai 1938, p. 6.
  13. Consolation du 4 mai 1938, p. 6.
  14. Consolation du 4 mai 1938, p. 6.
  15. Consolation du 4 mai 1938, p. 7.
  16. Consolation du 4 mai 1938, p. 7.
  17. Consolation du 4 mai 1938, p. 7.
  18. Consolation du 4 mai 1938, p. 7.
  19. Consolation du 4 mai 1938, p. 7.
  20. Consolation du 4 mai 1938, p. 8.
  21. Consolation du 4 mai 1938, p. 8.
  22. Consolation du 4 mai 1938, p. 8.
  23. Consolation du 4 mai 1938, p. 9.
  24. Consolation du 4 mai 1938, p. 9.
  25. Consolation du 4 mai 1938, p. 9.
  26. Consolation du 4 mai 1938, p. 9.
  27. Consolation du 4 mai 1938, p. 9.