La Tour de Garde — 1er janvier 1938
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Jérémie
La page de couverture de ce numéro présente un sommaire annonçant une étude approfondie consacrée au prophète Jérémie, articulée en plusieurs volets intitulés respectivement « Commission », « Modestie », « But », « Compagnons » et « Intrépidité », suivis de questions d'étude.[1] Le sommaire signale également des articles intitulés « Temple », « Prédicateurs », « Lettres du terrain », « Son œuvre ! », « Ennemis ! » ainsi qu'une présentation de l'Annuaire pour 1938 et un calendrier pour l'année 1938.[2] La couverture porte en exergue un verset scripturaire tiré de Ésaïe 43:12, « dit Jéhovah » servant de fil directeur à l'ensemble du numéro.[3]
Page d'organisation et annonces
La page 2 de ce numéro est consacrée à des éléments organisationnels et promotionnels propres à la publication. Elle expose la mission de la revue, annonce plusieurs nouvelles publications et présente les prochaines campagnes de prédication planifiées par la Société Watch Tower.
La déclaration de mission de la revue affirme qu'elle « est publiée dans le but de permettre aux personnes de connaître Jéhovah Dieu et ses desseins tels qu'ils sont exprimés dans la Bible ». La publication se présente comme entièrement séparée de toute organisation mondaine, partisane ou sectaire, et déclare se consacrer exclusivement au royaume de Jéhovah Dieu sous le Christ.[4]
La page annonce une campagne de témoignage collectif dénommée « Son Œuvre », désignant une période de neuf jours allant du 5 au 13 février inclus, durant laquelle les membres sont appelés à diffuser conjointement les deux derniers livres publiés par Rutherford, Enemies et Riches, offerts à tout contributeur de cinquante cents.[5] Les instructions détaillées sont renvoyées à l'Informant, le bulletin interne de l'organisation.[6]
Le livre Enemies, décrit comme une œuvre de Rutherford de 384 pages, est présenté comme ayant été annoncé et mis en circulation pour la première fois lors de la récente convention générale des Témoins de Jéhovah à Columbus (Ohio).[7] La page précise que l'édition initiale constitue une édition dédicacée, contenant en fac-similé une lettre manuscrite de l'auteur adressée à tous les serviteurs du Seigneur, et qu'une contribution de cinquante cents par exemplaire est demandée pour cette édition spéciale.[8]
L'annonce de l'Annuaire pour 1938 indique qu'il « réunit les caractéristiques qui ont rendu les éditions des années précédentes si précieuses pour tous ceux qui se déclarent du côté de Jéhovah ».[9] Il contient notamment le rapport du président sur l'état des activités du Seigneur dans les différents pays, le texte de l'année pour 1938 accompagné d'un commentaire, ainsi que des textes quotidiens choisis avec leurs explications tirées de The Watchtower.[10]
Enfin, la page présente le calendrier pour 1938, dont le texte retenu est tiré de 2 Chroniques 20:15 : « N'ayez pas peur : la bataille est celle de Dieu. » L'illustration du calendrier a été spécialement peinte pour illustrer ce verset, et une lettre du président de la Société, exposant les différentes périodes de service unitaire prévues pour l'année, est reproduite au bas du calendrier.[11]
Jérémie
Cet article principal du numéro s'ouvre par une citation de Jérémie 1:10, verset dans lequel Jéhovah déclare avoir établi le prophète « sur les nations » pour déraciner, renverser, détruire, bâtir et planter.[12]
La publication affirme que Jéhovah a une controverse avec les nations parce que celles-ci ont accordé leur allégeance au Diable, et que tout ce que Jéhovah a fixé a son heure, notamment celle de la guerre.[13] Cette guerre doit régler la longue controverse et en finir définitivement avec l'ennemi. Avant la destruction effective de cet ennemi, la publication affirme que Jéhovah accomplit « son "œuvre étrange" », qui consiste à faire proclamer son nom sur toute la terre et à annoncer ses desseins sur le point d'être exécutés.[14] Selon l'article, Dieu a tiré du monde un peuple pour son nom, et c'est à ce peuple qu'il accorde le privilège de proclamer son nom sur toute la terre.[15]
L'article souligne que Jéhovah n'agit jamais contre l'ennemi en secret, mais toujours ouvertement, en lui donnant pleine connaissance de ses desseins pendant que les armées adverses se positionnent pour le conflit final.[16] C'est dans ce cadre que la publication explique que Jéhovah fit jadis jouer des drames prophétiques à des hommes, afin de préfigurer ce qu'il accomplirait à la fin du monde. Parmi ces drames prophétiques, le plus développé dans cet article est celui de Jérémie.[17]
La publication indique que le nom « Jérémie » signifie « Élevé par Jéhovah », et que Jérémie fut un type de Jésus-Christ ainsi que des membres de son corps, y compris le reste fidèle désormais présent sur la terre.[18] La commission donnée à Jérémie par Dieu est présentée comme accordée à Christ à une échelle bien plus grande, et cette commission s'étend aux membres de son corps.[19]
L'article développe ensuite l'idée que ce que Jérémie accomplit envers Jérusalem et ses dirigeants, Christ Jésus le fait désormais envers les organisations religieuses de la terre, et en particulier envers l'organisation religieuse improprement appelée « à tort dénommée "Chrétienté" ».[20] La publication affirme que Christ Jésus a rassemblé les membres de son corps pour former le temple de Jéhovah, et que tous les membres de cette compagnie font connaître les louanges de Jéhovah en obéissant de tout cœur à sa volonté.[21]
Invoquant Psaumes 122:3, l'article affirme que « Jérusalem est édifiée comme une ville dont les parties sont unies ensemble », ce qui symbolise l'unité complète de l'organisation de Dieu sous Christ.[22] La publication avertit que ceux qui murmurent ou se plaignent contre l'organisation du Seigneur, ou qui s'y opposent, prouvent ainsi qu'ils n'en font pas partie et ne sont donc pas au nombre de l'organisation de Dieu.[23]
La section intitulée « Commission » aborde ensuite le personnage de Nebucadnetsar dans le grand drame prophétique de Jérémie : la publication affirme que Jéhovah fit jouer à ce roi un rôle représentant le Seigneur Jésus-Christ en tant qu'exécuteur des jugements du Très-Haut.[24] De même que Jérémie fut envoyé témoigner auprès de Jérusalem avant sa destruction, Jéhovah enverrait aujourd'hui ses témoins témoigner devant le monde avant que la « Chrétienté » soit détruite par Christ Jésus le grand Exécuteur.[25] La publication conclut ce passage en affirmant que Jérémie joua dans le drame prophétique un rôle préfigurant à la fois Christ Jésus le grand Chef, et le reste de son organisation qui rend témoignage aux dirigeants et au peuple, et que ce drame prophétique en cours de dévoilement devrait « remplir de joie le cœur de quiconque aime la justice et hait l'iniquité ».[26]
Levez-vous en guerre (suite)
La page 4 poursuit l'article principal du numéro. La publication y développe sa description de la hiérarchie catholique romaine comme représentante terrestre du Diable, qu'elle nomme « Babylone » — le terme désignant, selon la revue, l'ensemble des fausses religions.[27] Le texte affirme que cette organisation s'est enracinée profondément parmi les peuples de la terre, et « elle se glorifie aujourd'hui de sa position stable » en déclarant, selon la publication, que nul mal ne peut l'atteindre, car elle a fait des mensonges son refuge.[28]
La revue soutient que ce système a drogué les peuples avec ses vins doctrinaux corrompus, les rendant aveugles à la provision gracieuse de Dieu, et « dépouillés de leurs biens matériels », ce qu'elle qualifie du plus grand système de racket ayant jamais sévi sur la terre.[29]
Le texte cite ensuite le commandement que Jéhovah aurait confié à son organisation, tiré de Jérémie 1:10 : arracher, renverser, détruire, abattre, bâtir et planter. La publication présente cet ordre comme la commission remise à Christ Jésus et à tous ceux qui lui obéissent, les enjoignant à se lever contre l'ennemi religieux.[30] Le texte cite également Psaumes 2:6, Psaumes 2:8 et Psaumes 2:9 pour attester que Jéhovah a établi son roi sur la montagne sainte de Sion et lui a remis les nations en héritage.[31]
La revue précise la nature des armes que doivent employer les témoins de Jéhovah dans cette guerre : « notre instrument de guerre est la Parole du Dieu Tout-Puissant, l'épée de son esprit ».[32] Le texte insiste sur le caractère non violent du combat : la publication déclare n'avoir aucune malice contre aucun être humain, ne jamais chercher à blesser physiquement qui que ce soit, et mener une guerre sainte et juste, entièrement désintéressée, menée sur ordre de Dieu contre le système de racket religieux qui, selon elle, opère faussement au nom du Christ pour diffamer le nom divin.[33]
La section se conclut par l'affirmation que seul l'esprit du Dieu Tout-Puissant, agissant par sa Parole, peut déraciner ce système religieux dévastateur. En vue d'équiper ses serviteurs pour ce combat, le Seigneur les invite à revêtir son armure, en référence au passage sur « prendre le casque du salut ».[34]
Sa Vengeance (suite)
La page 5 poursuit l'article Sa Vengeance, qui développe l'idée selon laquelle les témoins de Jéhovah sont armés spirituellement par la Parole de Dieu.[35] La publication cite Éphésiens 6:17 pour établir que l'arme offensive des serviteurs de Dieu est la Parole, et 2 Corinthiens 10:3-5 pour souligner que leur combat n'est pas charnel mais spirituel, visant à renverser toute forteresse intellectuelle qui s'élèverait contre la connaissance de Dieu.[36]
L'article affirme ensuite que, selon le commandement cité en 2 Corinthiens 10:6, les serviteurs de Dieu qui obéissent fidèlement sont prêts à proclamer la vengeance divine contre toute désobéissance et à démasquer ainsi l'ennemi hypocrite et trompeur.[37] La publication exhorte chaque lecteur à s'armer personnellement de la Parole de Dieu et à mettre en pratique ce commandement.
Le texte décrit ensuite comment Jéhovah aurait récemment dévoilé à ses serviteurs le sens de ses prophéties, leur offrant une vision du Royaume et de leurs obligations.[38] La radio est présentée comme un moyen mis en œuvre par Jéhovah pour diffuser la vérité à de nombreuses personnes, ce qui aurait grandement effrayé les chefs religieux, incapables de réfuter le « tranchant de l'épée de l'esprit ».[39] Selon la publication, ces chefs religieux auraient refusé de débattre ouvertement de leurs doctrines, restant cachés dans leurs retranchements, à l'instar des guerriers de Babylone décrits en Jérémie 51:30 : « les hommes puissants de Babylone ont renoncé à combattre, ils sont restés dans leurs retranchements ; leur vaillance a défailli, ils sont devenus comme des femmes ».
L'article décrit alors les manœuvres que les responsables religieux auraient employées pour contrer les témoins de Jéhovah : pression sur les stations de radio pour les réduire au silence, et campagnes de dénigrement public qualifiant les témoins de Jéhovah de « menteurs, repris de justice, sectaires et séditieux », dans l'espoir de détourner l'attention des populations.[40] La publication mentionne qu'en réponse à ces accusations, plus de deux millions et demi de personnes aux États-Unis auraient signé une pétition demandant aux responsables religieux de défendre publiquement leurs doctrines à la radio, ce que ceux-ci auraient encore refusé.[41]
Face à cette situation, la publication affirme que le Seigneur aurait alors fourni un autre moyen de diffusion : des milliers de phonographes portables et des centaines de milliers d'enregistrements de discours proclamant le message du Royaume.[42] Les témoins de Jéhovah sont présentés comme portant ces appareils de maison en maison pour reproduire le message et « déloger » ainsi les religionistes retranchés dans le peuple.[43]
La publication développe ensuite l'idée que Jéhovah aurait fait imprimer le message du Royaume en plus de soixante-dix langues et l'aurait fait diffuser sous forme de livres et de brochures, dont plus de 250 millions d'exemplaires auraient été placés entre les mains du public, provoquant une étude généralisée du message du Royaume et un grand réconfort pour ses lecteurs.[44] Par ce moyen, affirme la publication, Dieu détruit la forteresse de Satan et expose au grand jour les religionistes qu'il y aurait dissimulés, révélant à la population la provision gracieuse du Royaume pour son bien-être.[45]
L'article établit enfin un parallèle entre la mission de Jérémie, envoyé aux Juifs de Jérusalem pour dénoncer les pratiquants de la religion juive, et la mission que Dieu confierait aujourd'hui à ses témoins envers les religionistes contemporains.[46]
Modestie
La page 6 poursuit l'article en cours en développant les thèmes de la mission des témoins comme « œuvre étrange » avant d'introduire une nouvelle sous-section consacrée à la modestie.
La publication y reprend la comparaison entre la mission de Jérémie et celle des témoins contemporains, affirmant que Jéhovah a chargé son peuple non seulement de démanteler les forteresses des dirigeants religieux, mais aussi de « bâtir et de planter ».[47] À l'appui de cette idée, elle cite la promesse divine faite à Jérémie — « j'ai mis mes paroles dans ta bouche » (Jérémie 1:9) — qu'elle transpose aux témoins d'aujourd'hui par un parallèle avec Ésaïe 51:16.[48] La publication cite également Ésaïe 55:1-2 pour illustrer l'invitation divine adressée à tous ceux qui ont soif, à venir recevoir la nourriture spirituelle sans argent ni prix, en opposant implicitement cette gratuité divine aux pratiques du clergé jugées mercantiles, notamment les prières pour extraire les défunts du « purgatoire ».[49]
L'article insiste ensuite sur l'urgence de la tâche : lorsqu'Harmaguédon commencera, il ne sera plus possible pour les témoins de poursuivre ce travail d'avertissement et d'édification.[50] La publication cite Ésaïe 62:10 pour appeler les fidèles à « Passez, passez par les portes ; préparez le chemin du peuple » et à dresser l'étendard de Jéhovah, non celui d'un gouvernement terrestre sous la domination invisible de Satan.[51] La section se conclut par un appel direct au lecteur : s'il comprend sa relation à Dieu et à son royaume, doit-il porter le message d'avertissement et de réconfort aux peuples affamés et assoiffés ?[52]
La nouvelle sous-section intitulée « Modestie » propose une réflexion morale et spirituelle sur l'humilité.[53] La publication définit la modestie comme « la possession et la manifestation d'une estimation modérée de sa propre valeur et de son importance », et affirme que l'homme arrogant, vantard et suffisant est présomptueux devant le Seigneur.[54] L'article établit un parallèle avec Lucifer, dont la surestimation de lui-même conduisit à sa chute, et présente la créature agréable à Dieu comme celle qui ne pense pas d'elle-même plus qu'il ne convient, mais qui considère sobrement ce qu'elle peut accomplir avec l'aide divine.[55] La publication avertit que ceux qui, parmi le peuple de Dieu, manifestent une disposition à dominer les autres, à user de paroles dures et de méthodes arrogantes, se dirigent vers la classe du « méchant serviteur » et vers le sort qui attend Satan.[56] Le paragraphe conclusif rappelle que le prophète Jérémie était lui-même un homme modeste et que les vrais et fidèles suivants de Christ Jésus sont également modestes.[57]
But (suite)
La page 7 poursuit l'article entamé dans les pages précédentes. Elle développe en premier lieu le thème de la modestie et de la hardiesse des témoins de Jéhovah à travers l'exemple de Jérémie. La publication affirme que « de même aujourd'hui, ceux que Jéhovah approuve comme ses témoins sont modestes, reconnaissant qu'en eux-mêmes il n'y a aucune force » à l'image du prophète Jérémie qui, convoqué par Dieu, avait d'abord déclaré ne pas savoir parler car il n'était qu'un enfant (Jérémie 1:6).[58]
La page rappelle que Dieu avait alors commandé à Jérémie de ne pas craindre, lui promettant qu'il serait avec lui pour le délivrer (Jérémie 1:7-8), et que c'est cette assurance divine qui avait rendu le prophète courageux et fort.[59] La publication tire de ce récit une application directe à ses membres contemporains, affirmant que ceux qui comprennent que Jéhovah et Christ Jésus les soutiennent pleinement rejettent toute crainte des hommes et des démons et proclament avec joie le message que Dieu leur a confié, manifestant ainsi leur amour pour Dieu et pour Christ (1 Jean 4:17-18).[60]
La publication soutient ensuite que Jéhovah avait spécifiquement commandé à Jérémie de s'avancer pour déclarer ses jugements contre les religionistes — c'est-à-dire les Juifs qui avaient abandonné leur alliance et s'étaient tournés vers le culte du diable. Elle applique ce commandement aux témoins de Jéhovah de 1938, auxquels Dieu ordonnerait pareillement de se lever et de déclarer ses jugements contre ceux qui prétendent être ses serviteurs tout en s'étant livrés à la pratique de la « religion du Diable ».[61] Les mots adressés à Jérémie — « ceins tes reins, lève-toi et parle-leur tout ce que je te commande ; ne sois pas consterné devant eux, de peur que je ne te confonde devant eux » — s'appliqueraient donc avec une force accrue aux témoins d'aujourd'hui (Jérémie 1:16-17).[62]
La page expose alors le danger que Jérémie savait devoir affronter en obéissant au commandement divin : une foule puissante et bien retranchée de clercs juifs soutenus par un peuple crédule et déraisonnable.[63] La publication établit une correspondance directe avec la situation de ses membres, à qui les paroles d'encouragement et d'assurance reçues par le Seigneur correspondraient exactement à la timidité naturelle des hommes et des femmes frêles engagés dans l'œuvre de témoignage, sachant qu'ils doivent faire face à une foule cruelle de religionistes qui recourent à des méthodes déloyales et sournoises.[64]
La publication cite ensuite la promesse divine adressée à Jérémie, dans laquelle Dieu lui déclare : « voici, je t'ai fait aujourd'hui une ville fortifiée, une colonne de fer et des murs d'airain contre tout le pays » (Jérémie 1:18), et en conclut que Jéhovah pourvoit aujourd'hui à la défense de son peuple, le rendant fort et semblable à des murs d'airain contre les dirigeants, les politiciens, les escadrons de la force publique et tous les religionistes qui s'élèvent contre eux.[65] La promesse finale — « ils combattront contre toi, mais ils ne prévaudront pas contre toi, car je suis avec toi pour te délivrer » (Jérémie 1:19) — est présentée comme la preuve que le combat n'est pas celui de l'homme mais celui de Dieu, une « œuvre étrange » que Dieu a entreprise et à laquelle il commande à ses serviteurs de s'associer, jusqu'à ce que Christ Jésus et son armée d'invisibles guerriers effacent totalement l'organisation de Satan.[66]
La page s'achève en introduisant la section intitulée « But » (« Purpose » dans l'original), qui expose la double finalité de la mission de Jérémie à Jérusalem : avertir les religionistes d'amender leur conduite et cesser d'opprimer l'étranger, sous peine de punition divine, et prévenir toutes les personnes de bonne volonté que leur seul refuge est de se soumettre au « serviteur » de Dieu, le roi Nebucadnetsar, préfiguration de Christ Jésus, le roi légitime du monde.[67]
Intrépides
La page 8 prolonge l'article en cours sur les témoins de Jéhovah et leur mission de proclamation. La publication décrit d'abord le rôle des « compagnons » (Companions) aux côtés du reste oint. Elle évoque les descendants de Jonadab et la figure d'Ébed-Mélek comme figures typologiques des personnes de bonne volonté qui, sans appartenir aux religionnistes, se rallient au côté de Dieu et deviennent les compagnons du reste des témoins de Jéhovah, formant ainsi la « grande multitude » qui sert dans l'organisation divine.[68] La publication cite prophétiquement le psalmiste en appliquant à l'organisation de Jéhovah — symbolisée par Jérusalem — les paroles : « J'ai été joyeux quand ils m'ont dit : Allons à la maison du Seigneur. Nos pieds se tiendront dans tes portes, ô Jérusalem. Jérusalem est bâtie comme une ville bien compacte » (Psaumes 122:1-3).[69]
La publication soutient que tous ceux qui appartiennent à la Jérusalem antitypique doivent vivre en paix les uns avec les autres et œuvrer comme une unité compacte, priant constamment pour la paix de l'organisation.[70] Le reste oint et ses compagnons, les Jonadabs, marchent ensemble avec joie et chants de louange vers la guerre contre l'ennemi, entendant les paroles de Jéhovah : « Ne craignez pas et ne soyez pas consternés à cause de cette grande multitude, car la bataille n'est pas la vôtre, mais celle de Dieu » (2 Chroniques 20:15).[71]
Sous le sous-titre « Intrépides », la publication développe un parallèle entre Jérémie et les témoins de Jéhovah contemporains. Elle affirme que le message de Jérémie était très impopulaire auprès des chefs religieux de Jérusalem et que cette impopularité avait attiré sur lui la colère du clergé, mais que cela ne l'avait pas effrayé.[72] La publication insiste sur le fait que Jérémie n'avait ni sollicité ni accepté de licence des dirigeants pour aller délivrer son message, car c'était Dieu qui lui en avait donné l'ordre, et qu'aucun pouvoir humain ne pouvait légitimement autoriser ou empêcher l'accomplissement de ce que le Dieu Tout-Puissant commande.[73]
La publication affirme que des conditions identiques existent en 1938 : le message que les témoins de Jéhovah et leurs compagnons délivrent sur l'ordre de Dieu est très impopulaire auprès du clergé, et particulièrement auprès de la hiérarchie catholique romaine. La publication déclare que cela n'effraie pas ceux qui aiment Dieu, et que ses témoins ne compromettent pas leur message en le laissant censurer par d'autres, ni ne sollicitent de licence humaine pour délivrer le message du Royaume.[74] La publication conclut que « lorsque les lois des hommes sont contraires à la loi de Dieu, les fidèles obéiront à la loi de Dieu et en assumeront les conséquences comme Dieu le voudra ».[75]
La publication rapporte ensuite que Jérémie, exécutant le commandement de Jéhovah, avait averti le peuple de ne pas prêter attention aux chefs religieux qui enseignaient de fausses doctrines, citant le texte : « Car ils vous prophétisent un mensonge pour vous éloigner de votre pays, afin que je vous chasse et que vous périssiez » (Jérémie 27:10).[76] De même, affirme la publication, les témoins envoyés par Jéhovah avertissent aujourd'hui le peuple que s'il continue d'obéir aux clergymen et aux chefs religieux, il subira certainement la destruction, car ces chefs religieux déshonorent le nom de Dieu en se prosternant devant ce que le Diable a créé.[77]
Jérémie, modèle de courage face aux religionnistes (suite)
La publication poursuit son développement du parallèle entre Jérémie et les témoins de Jéhovah contemporains. Elle souligne que les chefs religieux de Jérusalem cherchèrent à mettre Jérémie à mort après qu'il eut prononcé le message divin, et cite à ce propos le texte de Jérémie 26:8 : les prêtres, les prophètes et le peuple s'emparèrent de lui en criant qu'il devait mourir. La revue établit une correspondance directe avec la situation de l'époque : les leaders religieux, entendant le message proclamé par les témoins de Jéhovah, provoquent leur arrestation, les traînent devant les tribunaux et les accusent de sédition et d'incitation à la violence. La publication affirme que « c'est le clergé qui provoque les fausses accusations portées contre les témoins de Jéhovah », et que ce même clergé excite ses partisans fanatiques à former des foules, les prêtres catholiques étant désignés nommément comme menant parfois ces attroupements.[78]
La revue oppose deux figures prophétiques tirées de l'Ancien Testament : Urija, qui, apprenant que les religionnistes voulaient l'arrêter, prit peur et s'enfuit en Égypte, où il fut néanmoins capturé et exécuté, et Jérémie, qui, au contraire, se tint debout devant ses accusateurs et déclara avoir accompli l'ordre reçu de Dieu, laissant ses adversaires décider de son sort. La publication tire de cette opposition une leçon destinée aux témoins de Jéhovah : « les expériences du peuple de Jéhovah en Allemagne et ailleurs montrent que les craintifs souffrent bien plus que les intrépides ».[79] Urija, en cherchant refuge dans l'organisation du Diable, périt ; Jérémie, en plaçant toute sa confiance en Dieu, fut épargné. Ce précédent prophétique est présenté comme un modèle contraignant pour le peuple de Dieu à l'époque contemporaine : sa protection et son salut ne sauraient se trouver que dans l'organisation divine sous le Christ Jésus, toute recherche d'une autre forme de sécurité étant interprétée comme un manque de foi.[80]
La revue conclut ce développement en rappelant les paroles de Jésus tirées de Matthieu 10:28, selon lesquelles il ne faut pas craindre ceux qui tuent le corps mais sont incapables de tuer l'âme, et invite plutôt à craindre celui qui peut détruire à la fois l'âme et le corps. La publication affirme ensuite que les témoins de Jéhovah, oints et chargés de mission par le Seigneur, savent qu'ils doivent mourir à un moment donné afin de prouver leur intégrité et d'entrer pleinement dans le royaume spirituel du Seigneur ; ils sont donc déterminés à mourir dans la foi, fidèlement dévoués à Dieu dans l'accomplissement de leur devoir, et cette foi les rend, selon la revue, aveugles à toute autre considération que la volonté divine.[81]
Suite : fidélité, les Jonadabs et le livre « Ennemis »
La publication poursuit son développement autour de la notion de fidélité exigée des témoins de Jéhovah. Elle affirme que le Seigneur, ayant confié beaucoup à ses témoins, exige d'eux bien davantage qu'une simple obéissance passive.[82] La fiabilité démontrée dans les petites choses est présentée comme la preuve d'une fiabilité dans les plus grandes, et le privilège de servir Jéhovah dans son « étrange œuvre » est décrit comme la plus grande faveur jamais accordée à l'homme.[83]
Le texte traite ensuite du sort des Jonadabs, désignés comme les « autres brebis », qui ont trouvé refuge dans l'organisation du Seigneur.[84] Ceux-ci doivent eux aussi demeurer fidèles, obéir aux commandements de Dieu, rester proches de son organisation sous le Christ, ne pas craindre les hommes ni les démons, et chercher la justice et la douceur. La publication précise que le même degré de fidélité est exigé d'eux que du reste du reste des oints.[85]
L'article décrit ensuite le moment présent comme celui où Jéhovah appelle son organisation, visible et invisible, au combat, en citant le commandement « Levez-vous, levons-nous pour la combattre ».[86] L'ennemi principal sur terre est identifié à la « vieille prostituée », instrument visible de Satan, décrit comme cherchant à attirer tous les peuples sous son influence pour les détourner de Dieu. La publication rappelle que Satan et ses anges sont décrits dans les Écritures comme « principautés et puissances, et une armée d'esprits méchants », en référence à Éphésiens 6:12.[87] Le texte annonce qu'avant qu'Harmaguédon n'abatte ce péril sur le monde, Jéhovah envoie ses serviteurs fidèles avertir les peuples de son dessein, afin que ceux qui lui sont de bonne volonté puissent trouver salut sous son royaume sous le Christ.[88]
La publication aborde enfin la question du devoir de prêcher, affirmant que ceux qui sont du côté de Dieu ont l'obligation de participer à cette « étrange œuvre ».[89] Elle met en garde contre une attitude passive : rester silencieux et s'appuyer sur une connaissance passée ou sur une pieuse bonne conscience serait insuffisant, voire dangereux. S'appuyant sur Ézéchiel 33:7, la publication soutient que le silence équivaudrait à la destruction de celui qui se tait.[90]
Le texte annonce ensuite la parution du livre Ennemis, présenté comme un nouvel instrument de guerre spirituelle mis à disposition par Jéhovah.[91] Cet ouvrage est décrit comme révélant l'identité et la position de l'ennemi, et comme montrant comment le peuple de Dieu doit faire face à ses assauts. La publication identifie comme « principaux instruments visibles » utilisés par le Diable les organisations religieuses, et particulièrement la hiérarchie catholique romaine, accusée d'exploiter les peuples, de les priver de leur liberté de pensée et de les pousser dans le « fossé du désespoir ».[92] Le livre est présenté comme permettant aux témoins d'avertir les gens du danger imminent et de leur montrer le seul chemin vers le salut éternel. La publication conclut en exhortant ses lecteurs à s'armer de cette information sur l'ennemi, à marcher sur les traces de Jérémie, et à aller hardiment vers les peuples avec le message de vérité afin de remplir leur commission divine.[93]
- ↑ La Tour de Garde — 1er janvier 1938, p. 1.
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- ↑ La Tour de Garde — 1er janvier 1938, p. 2.
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- ↑ La Tour de Garde — 1er janvier 1938, p. 4.
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- ↑ La Tour de Garde — 1er janvier 1938, p. 11.
- ↑ La Tour de Garde — 1er janvier 1938, p. 11.
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