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Consolation du 24 janvier 1940

De Tj-encyclopédie
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Consolation du 24 janvier 1940
Revue Consolation
Date 1940
Année 1940
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society

Ce numéro de la revue Consolation est dominé par une attaque en règle contre la nomination de Myron C. Taylor comme envoyé personnel du président Franklin D. Roosevelt auprès du pape Pie XII. La publication y voit une capitulation inconstitutionnelle devant l'autorité du Vatican, et une menace directe contre les principes de séparation de l'Église et de l'État aux États-Unis. L'article de fond mobilise des arguments scripturaux, historiques et juridiques pour dénoncer ce qu'il présente comme une collusion entre la Maison-Blanche et la hiérarchie catholique romaine.[1]

La critique de Roosevelt s'étend au-delà de la seule question vaticane : la revue lui reproche une dérive autoritaire sur le front des libertés civiles, illustrée notamment par les restrictions imposées aux émissions de radio par la Federal Communications Commission. Ces deux axes — politique étrangère et libertés intérieures — sont traités comme les deux faces d'un même mouvement de concentration du pouvoir, auquel la publication oppose les droits constitutionnels défendus par les Témoins de Jéhovah devant les tribunaux.[2]

Analyse

Croyances

La lettre ouverte adressée à Pie XII constitue l'un des développements doctrinaux les plus articulés du numéro. La publication y conteste frontalement le dogme catholique de l'immortalité de l'âme, en citant Ézéchiel 18:4 et Psaumes 146:4 pour établir que l'âme pèche et meurt, et que les pensées du défunt « périssent ».[3] Ce positionnement antithétique à la doctrine catholique n'est pas isolé dans ce numéro : il est repris dans l'article sur l'industrie funéraire, qui accuse les embaumeurs et les leaders religieux d'exploiter la croyance en une existence consciente après la mort pour tirer profit du deuil,[4] et dans le testament spirituel d'Amos Weber, qui s'appuie sur l'espérance de résurrection plutôt que sur une survie immédiate de l'âme.[5] La convergence de ces trois registres — polémique anti-catholique, critique sociale de l'industrie funéraire et témoignage personnel — révèle que la doctrine de la mortalité de l'âme sert dans ce numéro de pivot unificateur entre l'attaque institutionnelle contre Rome et l'édification des lecteurs croyants.

Le testament d'Amos Weber apporte un éclairage particulier sur la doctrine de l'état des morts telle qu'elle est enseignée à cette époque. Weber y demande explicitement que des enregistrements phonographiques portant sur la résurrection et l'état des morts soient diffusés lors de ses propres funérailles,[6] ce qui témoigne de l'usage pastoral des disques produits par la Watch Tower Bible and Tract Society pour l'instruction des fidèles et de leurs proches. Cette pratique est cohérente avec le programme de diffusion phonographique que la Société développait depuis les années 1930 pour pallier l'absence de prédicateurs ordonnés dans les congrégations.[7] Dans le même testament, Weber associe l'espérance de résurrection à la prière modèle de Matthieu 6:10 (« Que ton royaume vienne »), établissant un lien direct entre la promesse d'une résurrection future et l'avènement du gouvernement théocratique : c'est le Royaume, et non l'immortalité de l'âme, qui constitue la réponse à la mort.

Ce lien entre résurrection et Royaume structure l'eschatologie du numéro de manière cohérente. L'article sur la guérison des nations pose explicitement que la restauration de la santé et de la vie éternelle ne peut provenir que du « gouvernement théocratique de Jéhovah, représenté par le Christ Jésus »,[8] et que les guérisons apostoliques avaient pour seule fonction d'établir l'autorité messianique, fonction désormais accomplie et close, conformément à 1 Corinthiens 13:8. Le rejet du « faith healing » contemporain s'inscrit donc dans une argumentation eschatologique précise : les dons miraculeux ont cessé avec les apôtres, et toute guérison miraculeuse contemporaine est attribuée à l'action de Satan cherchant à détourner les humains de Jéhovah.[9] Cette position contraste avec le perfectionnisme pentecôtiste et les mouvements de guérison divine qui connaissaient une forte expansion aux États-Unis dans les années 1930, et constitue une prise de position doctrinale délibérée dans ce contexte.

La section « Tous ne sont pas enfants de Dieu » développe une distinction sotériologique radicale fondée sur Jean 8:44 et 1 Jean 3:10 : seuls ceux qui pratiquent la justice sont enfants de Dieu, les autres étant qualifiés d'enfants du Diable.[10] Cette division binaire de l'humanité est directement mobilisée contre Roosevelt et les dirigeants catholiques, présentés comme agents du Diable. Elle reparaît dans l'article sur le refus du salut au drapeau, où Exode 20:4-5 et Matthieu 4:10 sont invoqués pour qualifier la cérémonie de salut d'acte idolâtrique.[11] Ces deux textes — l'un tiré de la Loi mosaïque sur les idoles, l'autre de la réponse de Jésus à Satan — sont utilisés pour conférer une dimension scripturaire au refus d'un geste civique, transformant une pratique scolaire ordinaire en équivalent d'une prosternation devant une idole. Ce traitement place les enfants exclus des écoles d'Atlanta dans la continuité typologique des martyrs bibliques qui ont refusé l'idolâtrie.

Sur la neutralité politique et militaire, le commentaire de J. Hemery fournit l'argumentation scripturaire la plus développée du numéro. La neutralité des Témoins de Jéhovah face à la guerre y est fondée sur Jean 17:16 (« Ils ne sont pas du monde »), interprété comme une consécration exclusive à Jéhovah incompatible avec toute allégeance à un gouvernement terrestre.[12] La lettre de Hemery à l'éditeur de l'English Churchman ajoute que les gouvernements terrestres sont sous l'influence de Satan, en citant Jean 14:30 et 2 Corinthiens 4:4,[13] complétant ainsi l'argumentation par une pneumatologie dualiste : le « prince de ce monde » et le « dieu de ce siècle » gouvernent les nations, ce qui rend toute participation à leurs conflits spirituellement incompatible avec l'appartenance au Royaume de Dieu. Il est significatif que Hemery cite également le Livre blanc britannique Cmd. 6120 pour attester du courage des Témoins de Jéhovah internés dans les camps de concentration nazis,[14] ancrant ainsi la doctrine de neutralité dans un témoignage historique documenté.

L'usage prophétique de Zacharie 13:4 dans la note sur le cardinal Innitzer mérite une attention particulière. Ce verset annonce que les prophètes n'oseront plus porter le « manteau de poil » pour tromper, signe de la fin de la fausse prophétie. La publication l'applique à l'ordre du cardinal aux prêtres autrichiens de revêtir des habits civils,[15] transformant une mesure de prudence politique en accomplissement eschatologique : le clergé qui se dépouille de ses insignes visibles serait le signe que le « racket religieux » touche à sa fin. Le commentaire exégétique de Gill, qui applique ce même verset au clergé catholique et à ses doctrines jugées « si ridicules et absurdes » qu'il en serait honteux, offre un parallèle dans la tradition protestante anglophone — mais l'usage rutherfordien est plus radical, puisqu'il lit dans l'événement contemporain (l'Autriche sous pression nazie) la réalisation littérale d'une prophétie.[16]

L'application d'Ésaïe 56:10 (« chiens muets qui ne peuvent aboyer ») au clergé, illustrée par le récit absurde d'un prêtre bénissant des cendres de chien, et celle de Jérémie 5:31 contre l'hypocrisie religieuse en Colombie,[17] s'inscrivent dans une herméneutique typique de la période rutherfordienne : les oracles prophétiques adressés à Israël infidèle sont relus comme des condamnations du clergé chrétien contemporain, identifié aux faux prophètes que Dieu aurait dénoncés à travers les prophètes hébreux. Cette méthode d'application directe des malédictions prophétiques à des institutions contemporaines est cohérente avec la lecture systématiquement antitypique des Écritures que la Watch Tower pratiquait alors.

Enfin, la note sur la Pierre de Scone — dite « oreiller de Jacob » — illustre le rejet des traditions religieuses populaires non fondées sur les Écritures. La tradition légendaire qui relie cette dalle de grès rouge à la pierre de Genèse 28:11, la fait voyager de Canaan en Irlande par le prophète Jérémie, puis en Écosse, avant d'être intégrée au fauteuil du couronnement de Westminster Abbey, est ridiculisée par la publication.[18] Cette critique est étayée par un argument géologique disponible à l'époque : la Pierre de Scone est composée de grès rouge, incompatible avec la géologie du Proche-Orient biblique, qui présente des substrats calcaires.[19] La publication n'utilise pas cet argument géologique — elle se contente de l'ironie — mais le fond est le même : une tradition non scripturaire, construite pour conférer une légitimité sacrée au pouvoir monarchique britannique, est dénoncée comme superstition sans fondement biblique, dans la continuité du rejet plus large de toute tradition humaine non ancrée dans les Écritures.

Organisation et histoire

Ce numéro du 24 janvier 1940 constitue un document organisationnel significatif en ce qu'il signale, page 9, l'engagement de Joseph Franklin Rutherford et de la Watch Tower Bible and Tract Society dans des poursuites judiciaires contre la hiérarchie catholique et ses alliés, pour un montant de 450 000 dollars de dommages et intérêts, liées à des conspirations alléguées visant à priver les Témoins de Jéhovah de leurs droits constitutionnels.[20] Cette action en justice s'inscrit dans la vague de contentieux que le mouvement multipliait à cette période devant les tribunaux américains : dès 1938, l'affaire Lovell v. City of Griffin avait marqué la première victoire des Témoins devant la Cour suprême des États-Unis sur la question de la distribution de littérature religieuse, et la période 1939-1950 vit le mouvement remporter quatorze des dix-neuf affaires soumises à la haute juridiction en matière de libertés civiles.[21] La décision de mentionner explicitement ce contentieux dans les colonnes de Consolation correspond à la stratégie décrite par l'historien Bernard Blandre comme une « provocation-répression-solidarité » : la publication des persécutions subies visait à renforcer la cohésion du groupe et à présenter l'Église catholique et l'État comme des persécuteurs devant l'opinion publique.[22]

La nomination de Myron C. Taylor comme ambassadeur personnel du président Franklin D. Roosevelt auprès du pape Pie XII, annoncée début janvier 1940, constitue le fil conducteur de plusieurs pages de ce numéro (p. 3-4, 6-7 et 9). La Watch Tower Bible and Tract Society y voit une menace directe contre la liberté religieuse des Témoins de Jéhovah aux États-Unis, dans la mesure où cette décision est interprétée comme une légitimation des agissements de la hiérarchie catholique contre eux. La publication renvoie explicitement à deux ouvrages institutionnels antérieurs — Richesses (1936) et Ennemis (1937) — pour établir que l'organisation avait anticipé cette évolution politique, conférant ainsi à ces documents un statut de références prophétiques internes.[23]

Sur le plan de la représentation extérieure de l'organisation, ce numéro met en avant le rôle de Jesse Hemery, correspondant londonien de la Société, qui défend publiquement la neutralité militaire des Témoins de Jéhovah dans des lettres ouvertes publiées par le Manchester Guardian et l'English Churchman.[24] Hemery cite un Livre blanc britannique (Cmd. 6120) attestant de l'internement de plus de 6 000 Témoins de Jéhovah dans des camps de concentration nazis pour refus de servir dans l'armée ou de prêter allégeance à Hitler, et s'appuie sur l'autorité de l'évêque de Birmingham Ernest Barnes pour réfuter l'accusation judiciaire de « fanatisme excentrique ».[25] Cette démarche de communication institutionnelle à destination de la presse religieuse britannique illustre la volonté de l'organisation de faire valoir sa position doctrinale de neutralité en la documentant par des sources officielles d'État.

L'affaire du refus de salut au drapeau à l'école Maple Street d'Atlanta, traitée page 15 et couverte par plusieurs grands journaux américains dont le Cincinnati Times-Star, le Chicago Tribune et le New York Daily News, témoigne de la multiplication, à cette date, des incidents opposant les autorités scolaires américaines aux familles de Témoins de Jéhovah.[26] La publication de cet épisode dans Consolation s'inscrit dans la même logique de documentation publique des persécutions qui caractérise la stratégie organisationnelle de la période.

Les récits de terrain publiés en pages 24 à 27, consacrés aux activités missionnaires en Colombie et aux campagnes de prédication hivernales en Saskatchewan et dans le nord de l'Alberta, relèvent d'une pratique institutionnelle récurrente : la revue servait de canal de diffusion des rapports de pionniers, fournissant à la fois une preuve de l'expansion géographique de l'organisation et un encouragement aux membres actifs. L'incident judiciaire survenu en Colombie — où un ébéniste ayant menacé physiquement un proclamateur fut traduit devant un tribunal et libéré sous caution de 100 pesos — est documenté avec une précision factuelle qui signale son caractère institutionnel, et non anecdotique.[27]

Le testament spirituel d'Amos Weber, reproduit page 28, présente un intérêt organisationnel particulier : il stipule explicitement que les funérailles devront être conduites « selon les pratiques des Témoins de Jéhovah » et que des enregistrements phonographiques de conférences de la Société devront y être diffusés.[28] Ce document illustre le degré auquel les pratiques rituelles du mouvement étaient, dès 1940, suffisamment codifiées pour être invoquées dans un acte légal personnel.

Science et médecine

L'article intitulé « La guérison des nations » présente, à travers un développement théologique sur la santé physique, une posture idéologiquement orientée à l'égard des pratiques funéraires et de la question de l'état des morts. La publication y affirme que personne n'a jamais été guéri de façon permanente par un « faith healer » et que tous les humains meurent inéluctablement — une observation biologiquement incontestable en 1940. Mais la revue va au-delà du simple constat médical : elle utilise ce fait pour disqualifier les guérisseurs de foi, dont les pratiques étaient déjà largement rejetées par la communauté médicale à cette époque, et pour substituer à la médecine une perspective eschatologique fondée sur l'attente du Royaume de Jéhovah.[29]

C'est toutefois la critique de l'industrie funéraire qui constitue l'articulation la plus nette entre un fait observable et un intérêt doctrinal. L'article sur « Le business des lamentations » dénonce la cosmétique des cadavres pratiquée par les embaumeurs, présentée comme une tromperie délibérée destinée à suggérer aux familles que leurs proches défunts sont « heureux dans l'au-delà ».[30] Cette critique, bien que formulée dans un registre satirique, est indissociable d'un intérêt théologique précis : les Témoins de Jéhovah enseignent que l'âme est mortelle et que les morts se trouvent dans un état d'inconscience totale, analogue au sommeil, dans l'attente de la résurrection — rejetant ainsi la doctrine de l'immortalité de l'âme qu'ils considèrent comme une importation de la philosophie grecque dans le christianisme, étrangère aux Écritures.[31] Ce positionnement doctrinal est explicitement rappelé dans la lettre à Pie XII, où la publication cite Ézéchiel 18:4 et Psaumes 146:4 pour contester l'idée d'une âme immortelle.[32]

La critique de la cosmétique funéraire n'est donc pas une dénonciation neutre d'une pratique commerciale abusive : elle fonctionne comme un argument scientifiquement ancré contre la croyance en un état conscient après la mort. En montrant que les embaumeurs « masquent » artificiellement les signes de la décomposition pour produire une illusion de sérénité, la revue instrumentalise le fait biologique de la mort physique pour invalider toute doctrine affirmant la survie de l'âme. Or, si la décomposition cadavérique est un fait établi, la conclusion doctrinale que la revue en tire — à savoir que l'âme n'est pas immortelle — est un glissement argumentatif qui n'appartient pas au domaine scientifique mais au domaine théologique. En 1940, le consensus des biologistes et des médecins ne portait aucun jugement sur la question métaphysique de l'immortalité de l'âme : la physiologie de la mort et la question de la conscience post-mortem relevaient de domaines distincts.[33] La revue présente ainsi comme une évidence scientifique ce qui n'est qu'un choix exégétique particulier, mobilisant la réalité observable de la mort biologique au service d'une position doctrinale contestée au sein même du christianisme de l'époque.

Économie et société

La revue consacre une section substantielle au bilan économique de l'administration Roosevelt, qu'elle qualifie sans nuance d'« échec ». Elle affirme que le New Deal s'est transformé en un système de restrictions et de dépenses incontrôlées, que le chômage n'a pas reculé et que l'entreprise privée a été étranglée.[34] Sur ce point précis, les données économiques disponibles au moment de la publication accréditent en partie ce diagnostic : en 1939, le taux de chômage atteignait encore 17 à 19 % de la population active, et Henry Morgenthau Jr., propre secrétaire au Trésor de Roosevelt, avait déclaré devant le Congrès le 9 mai 1939 : « Nous dépensons plus que nous n'avons jamais dépensé auparavant et cela ne fonctionne pas […] Après huit ans de cette administration, nous avons autant de chômage qu'au départ ».[35] La récession de 1937, dite « récession Roosevelt », avait en outre vu la production industrielle chuter de 33 % et le nombre de chômeurs bondir à 11,5 millions.[36] Toutefois, la publication omet délibérément tout contexte nuancé : elle passe sous silence le fait que le New Deal avait reconstruit des infrastructures nationales, préservé les institutions démocratiques américaines dans un contexte de montée des fascismes, et posé les bases réglementaires de l'économie d'après-guerre.[37] En réduisant le bilan du New Deal à un « échec » pur et simple, la revue instrumentalise des données économiques partiellement exactes pour accréditer sa thèse eschatologique selon laquelle tout gouvernement humain mène inévitablement à la tyrannie et à l'effondrement.

L'article consacré aux expositions universelles de 1939 présente leur résultat commercial comme un signe de désaffection du public envers les promesses du progrès humain.[38] La publication rapporte que la foire de San Francisco n'a attiré que 8,58 millions de visiteurs au lieu des 20 millions prévus, et que celle de New York a dû licencier un millier d'employés dès le milieu de l'été. Ces chiffres sont présentés sans explication causale, comme si le désintérêt du public reflétait une désillusion profonde envers la civilisation moderne. Or les recherches disponibles montrent que l'exposition de New York réunit plus de 25 millions de visiteurs payants lors de sa seule première saison de 1939, et que son déficit s'explique principalement par une fréquentation très inférieure aux 50 millions de visiteurs nécessaires pour atteindre le seuil de rentabilité projeté par des organisateurs manifestement trop optimistes ; l'entrée en guerre de l'Europe à partir de septembre 1939 contribua également à décourager la venue de visiteurs étrangers et à peser sur le moral des foules.[39] Présenter ces résultats commerciaux mitigés comme un signe de rejet populaire du progrès constitue une déformation idéologique caractérisée, la revue omettant la cause la plus évidente — l'imminence du conflit mondial — au profit d'une lecture eschatologique de la désillusion collective.

La rubrique sur la surproduction agricole illustre le même procédé. La publication évoque les producteurs de raisins de Fresno contraints de broyer leurs surplus pour les mélanger à l'alimentation du bétail, afin d'échapper aux mesures gouvernementales de destruction des excédents, et ironise sur les contradictions du système capitaliste.[40] Ces absurdités du marché agricole américain des années 1930 sont réelles : les programmes de contrôle de la production mis en place par le New Deal (Agricultural Adjustment Act de 1933 et sa version révisée de 1938) ont effectivement conduit à la destruction de denrées alimentaires en période de grande misère, suscitant des critiques légitimes à l'époque.[41] La revue ne déforme pas ces faits, mais les sélectionne exclusivement pour démontrer que tout système humain engendre des absurdités irrémédiables, passant sous silence les objectifs de stabilisation des prix agricoles et de soutien au revenu des exploitants que ces mesures visaient à atteindre. La même logique sélective s'applique aux données sur l'érosion des sols : le chiffre de trois milliards de tonnes emportées annuellement par les eaux est cité sans mention de la politique de conservation des sols menée par le gouvernement Roosevelt à travers le Soil Conservation Act de 1935 et la création du Soil Conservation Service, mesures précisément destinées à endiguer ce phénomène documenté.[42]

Contenu

L'ambassadeur de Roosevelt auprès du pape

L'ambassadeur de Roosevelt auprès du pape (première partie)

La publication dénonce la nomination par le président Franklin D. Roosevelt de Myron C. Taylor, ancien président de la United States Steel Corporation, comme ambassadeur personnel auprès du pape Pie XII. Cette décision est présentée comme une manœuvre politique visant à soumettre le peuple américain à l'autorité de la papauté, en violation de la Constitution des États-Unis et des principes de séparation entre l'Église et l'État. Roosevelt est accusé d'avoir agi en dehors de ses prérogatives constitutionnelles, transformant ainsi une fonction exécutive en un outil de soumission aux intérêts du Vatican[43].

L'article souligne que cette nomination a été annoncée à l'archevêque Spellman de New York, qui l'a transmise au pape. Elle est interprétée comme une insulte envers le peuple américain et une tentative de renforcer l'influence catholique sur la politique intérieure des États-Unis. La publication critique également la lettre de Roosevelt au pape, dans laquelle il évoque une prétendue "étoile de Noël" vue par des bergers, une référence jugée scripturairement erronée et trompeuse. Selon l'article, cette étoile était en réalité un leurre diabolique utilisé pour tenter de tuer Jésus, et non un signe céleste authentique[44].

Roosevelt est également accusé de minimiser les crimes de l'Inquisition en qualifiant les "âges sombres" de période de superstition, alors que la publication affirme que ces siècles furent marqués par l'oppression et l'ignorance imposées par l'Église catholique. L'article cite des passages bibliques, comme 1 Jean 3:15, pour souligner que quiconque hait son frère est un meurtrier, une accusation dirigée contre les dirigeants catholiques[45].

Enfin, la publication rappelle que les Témoins de Jéhovah avaient prédit cette évolution vers une dictature aux États-Unis, en s'appuyant sur des ouvrages comme Riches (1936) et Ennemis (1937), qui annonçaient la montée en puissance de l'influence catholique et la concentration des pouvoirs entre les mains du président[46].

L'archevêque Spellman, mentionné dans l'article comme intermédiaire entre Roosevelt et le pape.

Tous ne sont pas enfants de Dieu

L'article conteste l'affirmation de Roosevelt selon laquelle tous les êtres humains seraient des "enfants de Dieu". La publication cite des passages bibliques, comme Jean 8:44 et 1 Jean 3:10, pour affirmer que seuls ceux qui pratiquent la justice et aiment leur prochain sont véritablement enfants de Dieu, tandis que les autres sont considérés comme enfants du Diable. Cette distinction est utilisée pour critiquer les dirigeants religieux et politiques qui, selon l'article, servent des intérêts opposés à ceux de Dieu[47].

La publication souligne également que Roosevelt a étendu des faveurs symboliques aux protestants et aux juifs, mais que sa véritable alliance politique se situe avec le pape. Cette manœuvre est présentée comme une trahison des principes démocratiques et une tentative de soumettre les États-Unis à une autorité étrangère, en l'occurrence le Vatican[48].

La liberté d'expression à la radio

Cet article aborde la censure imposée par la Federal Communications Commission (FCC) sur les émissions de radio aux États-Unis. La publication dénonce le décret 42.03, qui limite les diffusions internationales à des sujets "culturels" ou promouvant la "bonne volonté internationale", interdisant ainsi toute critique des gouvernements ou des institutions. Cette mesure est présentée comme une atteinte à la liberté d'expression, empêchant les citoyens de dénoncer les injustices ou les abus de pouvoir[49].

L'article cite Samuel B. Pettengill, un ancien membre du Congrès qui a participé à la rédaction de la loi créant la FCC. Pettengill affirme que cette loi n'a jamais été conçue pour donner à la commission le pouvoir de censurer les discours ou de contrôler le contenu des émissions. La publication souligne que cette censure vise particulièrement les partis politiques minoritaires et les groupes critiques envers le gouvernement, limitant ainsi leur capacité à informer le public[50].

La publication met en garde contre les "programmes équilibrés" proposés par les diffuseurs, qui consistent à opposer un orateur expérimenté à un novice, faussant ainsi le débat. Elle accuse le président Roosevelt d'avoir accumulé des pouvoirs dictatoriaux, notamment celui de fermer les stations de radio ou de les placer sous contrôle gouvernemental, ce qui menacerait gravement la liberté d'expression aux États-Unis[51].

Illustration accompagnant l'article sur la censure radiophonique, symbolisant la restriction de la liberté d'expression.

L'échec de l'administration Roosevelt

La publication critique sévèrement l'administration du président Franklin D. Roosevelt, qualifiant son bilan de « failure » (échec). Elle affirme que son programme initial de relance économique (« one hundred days of recovery ») s'est transformé en un système de restrictions, de contrôle étatique et de dépenses publiques excessives, mettant en péril la démocratie américaine. Roosevelt est accusé d'avoir utilisé les pouvoirs d'urgence accordés par le Congrès pour construire une machine politique nationale, étouffer l'entreprise privée et saper la classe moyenne, tout en échouant à réduire le chômage[52].

La revue souligne que Roosevelt a cherché à séduire divers groupes électoraux, notamment les catholiques, en déclarant que « there never has been a time in our history when there was deeper need for calling our people to faith in religion » (il n'y a jamais eu de moment dans notre histoire où le besoin d'appeler notre peuple à la foi religieuse était plus profond). Cette déclaration est présentée comme une tentative de capter le vote religieux, en contradiction avec les principes de séparation de l'Église et de l'État. La publication rappelle que la religion a historiquement été un instrument de persécution, citant les croisades, l'Inquisition et les emprisonnements de chrétiens aux États-Unis pour avoir prêché le message du Royaume de Dieu[53].

Pour étayer ses critiques, la revue cite des extraits des articles de foi de l'Église d'Angleterre, notamment l'article 19 (« the Church of Rome hath erred »), l'article 22 (condamnant le purgatoire et le culte des images) et l'article 37 (niant la juridiction du pape en Angleterre). Ces références visent à montrer que Roosevelt, bien qu'officiellement épiscopalien, agit davantage comme un catholique romain, trahissant ainsi les principes de sa propre confession[54].

L'influence du Vatican et la diplomatie secrète

La revue dénonce l'influence croissante du Vatican sur la politique américaine, illustrée par les relations étroites entre Roosevelt, son directeur de campagne James Farley et le pape Pie XII. Farley, décrit comme un stratège politique habile, se rend régulièrement au Vatican pour obtenir des directives. La publication révèle qu'en 1939, le pape a envoyé un ambassadeur spécial à Varsovie pour inciter la Pologne à se soumettre à Adolf Hitler, un acte présenté comme une ingérence dans les affaires internationales. Des sources journalistiques, comme le New York Post et l'Associated Press, sont citées pour confirmer ces manœuvres diplomatiques secrètes[55].

La revue souligne également que Roosevelt a nommé un ambassadeur personnel auprès du pape, une décision qualifiée d'illégale et de soumission aux intérêts du Vatican. Elle ironise sur les déclarations du pape, qui se présente comme un arbitre potentiel pour une « stable and fruitful international organization » (organisation internationale stable et fructueuse) respectant les « rights of God » (droits de Dieu). Ces propos sont interprétés comme une tentative de substituer l'autorité de l'Église catholique à celle de Dieu, représenté par Jéhovah. Plusieurs versets bibliques sont cités pour rappeler la toute-puissance de Jéhovah, notamment Genèse 18:14, Jérémie 32:17 et Matthieu 19:26[56].

La publication révèle aussi les liens familiaux de Roosevelt avec l'Église catholique : son cousin, James Roosevelt Bayley, fut le premier évêque de Newark (New Jersey) et un proche du cardinal Gibbons. Ces connexions sont présentées comme une preuve supplémentaire de l'allégeance de Roosevelt au catholicisme romain, malgré son appartenance officielle à l'Église épiscopalienne[57].

La corruption judiciaire : l'affaire Manton

La revue consacre un long développement à l'affaire Martin T. Manton, ancien juge de la Cour d'appel des États-Unis pour le deuxième circuit, condamné en 1939 pour corruption et obstruction à la justice. Manton, décrit comme un « Knight of the Order of St. Gregory the Great » (chevalier de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand), est présenté comme un exemple emblématique de la corruption au sein du système judiciaire américain, influencé par l'Église catholique[58].

L'affaire Manton est détaillée à travers le cas de l'entreprise Evans Case Company, dont le président, Reilly, a versé près de 20 000 dollars à Manton via l'avocat William J. Fallon, en échange de décisions favorables. Les transactions financières, incluant des paiements en espèces et des manipulations comptables, sont décrites comme une « criminal conspiracy » (conspiration criminelle). La revue cite un extrait de la décision de la Cour d'appel confirmant la condamnation de Manton, qui souligne les tentatives de dissimulation des preuves, notamment la destruction de registres comptables[59].

La publication mentionne également les liens de Manton avec d'autres figures corrompues, comme l'avocat George H. Andrews, qui lui a versé 5 000 dollars en deux chèques séparés pour masquer l'origine des fonds. Ces détails sont présentés comme une preuve de la collusion entre le pouvoir judiciaire et des intérêts privés, sous l'influence de l'Église catholique[60].

La hiérarchie catholique et la violence aux États-Unis

La revue dénonce les agissements violents de la hiérarchie catholique aux États-Unis, en s'appuyant sur l'exemple de San Antonio (Texas), où l'archevêque Arthur J. Drossaerts a orchestré une émeute contre le maire Maury Maverick. Ce dernier, décrit comme l'un des rares dirigeants américains à avoir du « principle » (principe) et du « backbone » (courage), avait autorisé une conférence publique d'une militante communiste, suscitant l'ire de l'archevêque. Sous la direction du père M. A. Valenta, secrétaire de l'archevêque, une foule de 8 000 personnes a attaqué un cordon de police, causant 3 000 dollars de dégâts et blessant 17 personnes. La revue souligne que les émeutiers ont volé l'arme et la casquette d'un policier, et que ni les prêtres, ni les rabbins, ni les dirigeants d'entreprises ou les syndicats n'ont osé soutenir le maire[61].

Cet incident est présenté comme une illustration des méthodes violentes et antidémocratiques de l'Église catholique, comparées à celles du Ku Klux Klan. La revue rappelle que la hiérarchie catholique a historiquement soutenu des persécutions sanglantes, comme le massacre des Albigeois en 1229, approuvé par le pape et récemment justifié par Pie XI. Elle cite un discours du père Ambrose Smith, qui a révélé que les soldats responsables de ces massacres portaient le rosaire[62].

La publication conclut en mentionnant les poursuites judiciaires engagées par Joseph Franklin Rutherford et la Société Watch Tower contre la hiérarchie catholique et ses alliés, pour des dommages s'élevant à 450 000 dollars. Ces poursuites, liées à des conspirations visant à priver les Témoins de Jéhovah de leurs droits constitutionnels, sont présentées comme une réponse nécessaire à l'ingérence de l'Église catholique dans les affaires américaines. La revue souligne que Roosevelt, en envoyant un ambassadeur personnel auprès du pape, a légitimé ces agissements, trahissant ainsi les valeurs démocratiques des États-Unis[63].

La disparition des libertés britanniques

La rubrique dénonce les restrictions imposées aux libertés civiles en Grande-Bretagne depuis le début de la Seconde Guerre mondiale[64]. La censure de la presse est devenue absolue, et la radio, déjà contrôlée par l'État, est désormais soumise à des restrictions accrues. Le théâtre et les actualités cinématographiques sont également censurés, tout comme le courrier privé et diplomatique. Les rassemblements publics peuvent être interdits par la police si jugés dangereux, et la liberté d'expression est limitée par un décret interdisant toute discussion sur les questions militaires. Les fonctionnaires sont tenus de ne pas discuter de leur travail, même avec leurs proches.

Les perquisitions sans mandat sont autorisées, et les domiciles peuvent être réquisitionnés pour loger des soldats ou des civils. Le gouvernement peut arrêter quiconque sans justification, restreindre les déplacements, et confisquer des biens, y compris des terres. Les procès peuvent se dérouler à huis clos, et le port d'appareils photo ou d'armes est interdit. Les citoyens ne peuvent plus utiliser les services téléphoniques internationaux, et les émetteurs radio privés sont interdits. Un registre national de tous les citoyens est instauré, et les élections parlementaires sont annulées, y compris celles prévues pour novembre 1940[65].

La rubrique souligne également le contrôle accru sur les ressources économiques. Le rationnement alimentaire est imposé, avec des amendes ou des peines de prison pour ceux qui achètent plus d'une semaine de provisions. Le gouvernement fixe les prix de nombreux produits alimentaires et prend le contrôle des stocks de sucre, des importations de viande congelée, des moulins à farine et des usines de céréales. L'agriculture et la pêche sont placées sous l'autorité du ministre de l'Agriculture et des Pêcheries. Les avoirs étrangers détenus par le public, estimés à quatre milliards de dollars, sont mobilisés, et les réserves d'or britanniques sont centralisées sous contrôle gouvernemental[66].

Pourquoi les responsables britanniques « mangent pro-arabes »

L'article cite un discours du député britannique Josiah Clement Wedgwood, qui critique l'attitude des responsables britanniques envers la Déclaration Balfour et leur partialité pro-arabe[67]. Wedgwood attribue cette position à une sympathie latente pour l'Allemagne nazie et l'idéal autoritaire, qui séduirait particulièrement les élites militaires et administratives. Il souligne que cette tendance est plus marquée dans les régions éloignées de l'Empire, comme la Palestine, où l'administration a permis la vente libre de Mein Kampf tout en interdisant les réponses critiques à cet ouvrage. Wedgwood dénonce également le refus d'accorder une représentation au sein du Conseil législatif à la colonie allemande de Jérusalem, ainsi que le déni persistant des autorités face à la propagande allemande en Palestine[68].

Illustration accompagnant l'article sur les restrictions en Grande-Bretagne.

L'article évoque également la corruption judiciaire, mentionnant le cas de Martin T. Manton, un juge américain décoré de l'Ordre de Saint-Grégoire par le Vatican, qui a vendu ses décisions contre de l'argent. L'auteur reproche aux responsables britanniques de ne pas avoir dénoncé nommément ce juge, bien qu'il appartienne à leur « Église »[69].

Les libertés anglaises sont votées

Cette section décrit les pouvoirs étendus accordés au gouvernement britannique par le *Defense of the Realm Act*, une loi adoptée pour faire face à la menace des régimes dictatoriaux[70]. Le ministre de l'Intérieur peut ordonner l'arrestation de quiconque sans justification, et les perquisitions peuvent être menées sans mandat. Les tribunaux ont le pouvoir de tenir des procès secrets, tant civils que pénaux. Le gouvernement peut saisir toute propriété, y compris des terres, et restreindre les déplacements des citoyens à l'intérieur ou à l'extérieur du pays. Les entreprises et les biens étrangers détenus par des particuliers doivent être déclarés et ne peuvent être vendus ou transférés sans autorisation gouvernementale. En cas de besoin, le gouvernement peut réquisitionner ces actifs et payer en livres sterling, une monnaie qui pourrait ne pas être acceptée à l'étranger.

L'article souligne que ces mesures, bien que temporaires, confèrent au roi George VI des pouvoirs plus étendus que ceux des tsars de Russie. Si elles étaient rendues permanentes, elles ramèneraient la Grande-Bretagne à un état politique antérieur à la Magna Carta, signée sous la contrainte par le roi Jean en 1215[71].

La superstition de l'oreiller de Jacob

L'article ridiculise la croyance populaire selon laquelle la pierre utilisée par Jacob comme oreiller, mentionnée dans Genèse 28:11, aurait été transportée en Irlande par le prophète Jérémie, puis en Écosse pour être placée sous le siège des rois écossais, avant d'être intégrée au fauteuil du couronnement britannique[72]. La publication souligne que ce fauteuil, âgé de 600 ans, est systématiquement retiré de l'abbaye de Westminster et caché en temps de guerre pour le protéger. L'auteur ironise sur cette superstition, qui attribue une valeur sacrée à un objet historique sans fondement biblique[73].

Morgan à la caisse

L'article évoque le rôle de la banque J.P. Morgan & Co. en tant qu'agent financier de l'Empire britannique pendant la Première Guerre mondiale, une position qui aurait contribué à l'entrée des États-Unis dans le conflit[74]. La publication suggère que cette même banque occupe désormais un rôle similaire pour le *British Commonwealth of Nations*. Elle mentionne que la résidence écossaise de la famille Morgan, Gannochy Lodge, a été transformée en hôpital pour les blessés de guerre, illustrant ainsi l'implication continue de la banque dans les affaires britanniques[75].

Curiosités dans la grande ville

Cette brève note décrit des particularités surprenantes de la ville de Londres à l'été 1939. Malgré son statut de métropole moderne, la ville comptait encore 36 étables à vaches, 250 moutons, et 13 fiacres à chevaux. Elle abritait également 938 porcs et 1 042 acres de terres agricoles, tandis que 121 personnes vivaient de l'agriculture. En 1937, la police avait recensé 700 portes et fenêtres mal sécurisées dans la ville[76].

Lettre à Eugenio Pacelli, Pie XII

Cette lettre ouverte, signée par la rédaction de Consolation, critique sévèrement l'encyclique récente du pape Pie XII, intitulée *Summi Pontificatus*. L'auteur reproche au pape d'avoir utilisé un style trop verbeux, avec 10 373 mots répartis sur quinze colonnes, alors qu'il estime que le message aurait pu être résumé en deux pages[77]. La publication souligne plusieurs « erreurs » dans le texte papal, notamment l'omission de condamner les régimes de Hitler, Mussolini et Franco, qu'elle qualifie de « fils du Diable ». L'auteur ironise sur le fait que le pape aurait dû excommunier ces dirigeants avant de publier son encyclique.

La lettre critique également l'affirmation de Pie XII selon laquelle la négation des fondements de la morale aurait son origine en Europe, en citant l'exemple du juge américain Martin T. Manton, un « chevalier papal de l'Ordre de Saint-Grégoire », qui a vendu ses décisions judiciaires contre de l'argent. L'auteur reproche au pape de ne pas avoir mentionné ce cas par son nom, bien qu'il appartienne à son Église[78].

La publication conteste également plusieurs affirmations théologiques de l'encyclique, notamment l'idée que l'âme serait immortelle, en citant Ézéchiel 18:4 (« L'âme qui pèche, c'est celle qui mourra ») et Psaumes 146:4 (« Ses pensées périssent »). Elle ridiculise la pratique de la communion des enfants, soulignant qu'elle n'est pas mentionnée dans la Bible, et critique la prétention du pape à être le vicaire du Christ sur terre, une position qu'elle juge incompatible avec les enseignements bibliques[79].

La lettre dénonce également l'implication du Vatican dans les affaires politiques, notamment son soutien aux régimes fascistes en Espagne et en Pologne, ainsi que son hypocrisie en matière de justice et de paix. Elle conclut en ironisant sur les vingt-quatre sermons prononcés par un jésuite devant le pape après la rédaction de l'encyclique, suggérant que ces discours ont probablement rempli Pie XII de « l'esprit du Diable »[80].

Les prix sont trop élevés

L'article critique une offre commerciale liée au Vatican, qui propose un disque contenant des enregistrements en anglais et en latin d'Ambroise Ratti, le pape Pie XI. Ce disque, d'une durée de trois minutes, est vendu au prix de 90 cents, mais son prix de vente public est fixé à 2 dollars. La publication ironise sur cette marge bénéficiaire, soulignant que l'achat de 1 000 disques est nécessaire pour obtenir le prix de gros de 90 cents[81]. Elle estime que la bénédiction papale, censée accompagner le disque, ne vaut « pas un cent rouge », et dénonce cette pratique comme une exploitation financière des fidèles.

L'article mentionne également les critiques de Walter T. Dolan, qui accuse la Watch Tower Bible and Tract Society de vendre des disques à ses adeptes à des prix élevés. Dolan cite Kermit Kahn, selon lequel ces disques, d'une durée de douze pouces et à double face, sont vendus 70 cents pièce. La publication répond en affirmant que ces accusations sont infondées et que ses lecteurs, ainsi que des millions d'autres personnes, connaissent la vérité sur ces pratiques[82].

Pourquoi les catholiques deviennent communistes

L'article aborde un phénomène surprenant : le nombre élevé de catholiques parmi les membres du Parti communiste, un constat qui contredit les discours anticommunistes des églises protestantes[83]. Earl Browder, dirigeant du Parti communiste américain, explique cette tendance par l'éducation religieuse des catholiques, qui les aurait familiarisés avec la réalité du monde matériel, une vision compatible avec le matérialisme dialectique marxiste. Browder souligne que les catholiques communistes considèrent le communisme comme une étape inévitable de l'évolution sociale et estiment que leur engagement contribuera à la pérennité de leur foi.

La publication cite également des exemples de collaboration harmonieuse entre communistes et catholiques au sein des syndicats, et souligne que les diatribes anticommunistes des clercs réactionnaires, comme le père Coughlin ou le révérend Edward Lodge Curran, ne représentent pas l'ensemble de la communauté catholique. Ces attaques, souvent liées au fascisme étranger et local, sont vouées à l'échec, car elles suscitent une curiosité croissante pour le communisme parmi les catholiques, notamment les jeunes[84].

Thyssen a fui l'Allemagne

Cette brève note rapporte la fuite de Fritz Thyssen, un magnat allemand du charbon et de l'acier, qui avait contribué à l'ascension d'Hitler au pouvoir grâce à un accord avec le Vatican[85]. Craignant pour sa vie, Thyssen a quitté l'Allemagne en abandonnant tous ses biens, qui ont été confisqués par le régime nazi. La publication commente ironiquement cette situation en déclarant : « Cela lui apprend »[86].

Fêter la « Couronne d'épines »

L'article critique la vénération d'une relique présentée comme la couronne d'épines du Christ, actuellement exposée en France[87]. La publication souligne l'ironie de cette pratique, rappelant que cette couronne a été imposée au Sauveur par les religieux de son époque, causant une grande souffrance. Elle estime que cette vénération glorifie le Diable et porte atteinte à la réputation du Rédempteur et du Très-Haut, sans servir aucun autre but[88].

Il le voit venir

Cette note rapporte une décision du cardinal Innitzer, qui a ordonné aux prêtres et aux religieuses de se procurer des vêtements civils et de ne plus porter la coupe de cheveux distinctive de leur ordre[89]. La publication interprète cette mesure comme un signe avant-coureur de la fin du « racket religieux », en référence à Zacharie 13:4, qui annonce que les prophètes ne porteront plus de « manteau de poil pour mentir »[90].

Le siège était trop dur

L'article cite un passage du *London Daily Telegraph* décrivant le pape Pie XII comme « assis sur un trône doré élaboré, visiblement en détresse »[91]. La publication ironise sur cette situation, soulignant l'injustice qu'un homme qui « ressent si profondément la souffrance des pauvres » soit contraint de s'asseoir sur un siège aussi inconfortable[92].

L'affaire du drapeau à l'école Maple Street d'Atlanta

L'article intitulé « L'affaire du drapeau à l'école Maple Street d'Atlanta » relate un incident survenu dans une école publique d'Atlanta, où des élèves ont été punis pour avoir refusé de saluer le drapeau américain[93]. La publication présente cette affaire comme une illustration des tensions entre les convictions religieuses des Témoins de Jéhovah et les exigences patriotiques imposées par les institutions publiques. Elle souligne que les enfants impliqués, identifiés comme des Témoins de Jéhovah, ont été sanctionnés pour avoir refusé de participer à des cérémonies de salut au drapeau, qu'ils considèrent comme une forme d'idolâtrie contraire à leurs croyances bibliques, notamment en référence à Exode 20:4-5 et Matthieu 4:10[94].

L'article met en avant le cas d'une famille en particulier, dont le père et la fille sont présentés comme des figures de résistance face à ce que la publication qualifie de « pression tyrannique » exercée par les autorités scolaires. Il est précisé que ces enfants ont été exclus de l'école pour leur refus de se conformer à cette pratique, et que leur attitude est décrite comme un témoignage de leur fidélité à Dieu plutôt qu'aux symboles nationaux[95]. La publication insiste sur le fait que cette affaire n'est pas isolée, mais s'inscrit dans une série d'incidents similaires à travers les États-Unis, où des Témoins de Jéhovah ont été confrontés à des mesures disciplinaires pour des motifs religieux.

Illustration accompagnant l'article, montrant des enfants refusant de saluer le drapeau américain.

Une illustration accompagne l'article, représentant des enfants debout devant un drapeau américain, avec une expression faciale qui, selon la légende, traduit leur détermination et leur refus de participer à ce rituel. La publication interprète cette image comme une preuve visuelle de la « haine consciente » de ceux qui rejettent les symboles nationaux pour des raisons religieuses[96].

L'article cite également plusieurs journaux américains ayant couvert cette affaire, parmi lesquels le Cincinnati Times-Star, le Washington Age-Herald, le Chicago Tribune, et le New York Daily News. Ces références sont utilisées pour montrer l'ampleur de la controverse et la diversité des réactions médiatiques, allant de la condamnation des enfants à la critique des méthodes employées par les autorités scolaires[97]. La publication souligne que ces articles de presse ont contribué à médiatiser l'affaire, tout en déplorant que certains journaux aient adopté un ton hostile envers les Témoins de Jéhovah.

Enfin, l'article se termine en présentant cette affaire comme un exemple des persécutions subies par les Témoins de Jéhovah aux États-Unis, en raison de leur refus de participer à des rituels qu'ils jugent contraires à leur foi. Il est suggéré que ces incidents reflètent une opposition plus large entre les principes théocratiques défendus par le mouvement et les valeurs patriotiques promues par l'État[98].

Des chiens muets qui ne peuvent aboyer

La rubrique s'ouvre sur une critique acerbe du clergé, décrit comme des « chiens muets qui ne peuvent aboyer » (Ésaïe 56:10), une métaphore biblique soulignant leur incapacité à avertir ou protéger les fidèles[99]. L'article illustre cette accusation par un récit paru dans le *Victoria (B.C.) Daily Times* : une femme galloise effectue un pèlerinage de 3 500 miles depuis le Canada pour disperser les cendres de son chien défunt sur les terres de son enfance, accompagnée d'un prêtre qui bénit la cérémonie avec de l'eau bénite[100]. Ce geste, présenté comme absurde, sert à dénoncer l'hypocrisie religieuse et la superficialité des rites cléricaux, jugés déconnectés de toute spiritualité authentique.

Hitler, un vrai catholique

L'article établit un lien direct entre l'antisémitisme d'Adolf Hitler et son éducation catholique, citant des décrets pontificaux historiques pour étayer cette thèse[101]. La publication reproduit des extraits de bulles papales, notamment celles d'Innocent III, Pie V, Innocent IV et Paul IV, qui imposent des restrictions draconiennes aux Juifs : interdiction de posséder des biens, de vivre parmi les chrétiens, de porter des vêtements distinctifs, ou même d'exercer des métiers comme celui de médecin ou d'avocat[102]. Ces mesures, présentées comme les précurseurs des lois nazies, visent à démontrer que le fascisme hitlérien s'inscrit dans une continuité historique avec l'antijudaïsme catholique. L'article souligne également que Benito Mussolini applique des restrictions similaires en Italie, comme l'interdiction de la littérature juive ou l'exclusion des Juifs des postes administratifs[103].

Il n'existe pas de "bon fascisme"

Cet article réfute l'idée, répandue parmi certains Juifs fortunés et publicistes réactionnaires, selon laquelle le fascisme italien de Mussolini serait « cultivé » et moins dangereux que le nazisme hitlérien[104]. La publication affirme que le fascisme, quelle que soit sa forme, est intrinsèquement antisémite et invente un « problème juif » pour détourner l'attention des masses de ses véritables objectifs : la conquête et le pillage[105]. L'article conclut que le fascisme japonais, bien que dépourvu de population juive, adopte la même rhétorique pour justifier ses ambitions impérialistes. Le *Jewish People’s Committee for United Action Against Fascism and Antisemitism* est cité comme source, appelant à une résistance intransigeante contre ce système, présenté comme incompatible avec la démocratie et les droits humains[106].

L'Église catholique résiste

L'article met en lumière la résilience de l'Église catholique en Allemagne nazie, en s'appuyant sur des statistiques officielles[107]. En 1937, 9 024 hommes se sont désaffiliés de l'Église, un chiffre qui chute à 5 154 en 1938, illustrant une baisse significative des défections malgré la répression nazie[108]. Cette tendance est interprétée comme une preuve de la capacité de l'institution à maintenir son emprise sur ses fidèles, même dans un contexte hostile. La publication suggère que cette résistance passive pourrait s'expliquer par la convergence idéologique entre le catholicisme et le nazisme, notamment sur des questions comme l'antisémitisme ou l'autoritarisme.

La guérison des nations

Cet article développe une réflexion théologique sur la santé et la guérison, en opposant les promesses divines aux pratiques médicales et religieuses contemporaines[109]. La publication affirme que la véritable guérison ne peut provenir que du gouvernement théocratique de Jéhovah, représenté par le Christ Jésus, et non des systèmes humains corrompus ou des fausses doctrines comme le « faith healing »[110]. Elle cite Révélation 22:1-2 pour illustrer cette idée : le « fleuve d'eau de vie » et « l'arbre de vie » symbolisent les provisions divines pour restaurer la santé et la vie éternelle aux humains obéissants[111]. L'article dénonce également les pratiques des embaumeurs et des professionnels du deuil, qui exploitent la crédulité des familles endeuillées en leur faisant croire que leurs proches défunts sont heureux dans l'au-delà, une croyance qualifiée de mensongère et contraire aux Écritures[112].

L'article poursuit en expliquant que les guérisons miraculeuses attribuées à Jésus et à ses apôtres avaient pour but d'établir leur autorité messianique et de renforcer la foi des croyants, mais que ces dons ont cessé avec la mort des apôtres (1 Corinthiens 13:8)[113]. Satan, présenté comme l'adversaire de la théocratie, utiliserait aujourd'hui ces prétendus miracles pour détourner les humains de Jéhovah et de son gouvernement. La publication souligne que personne, y compris les « faith healers », n'a jamais été guéri de manière permanente, et que tous finissent par mourir[114]. La seule solution durable, selon l'article, réside dans l'obéissance au gouvernement théocratique, qui enseignera aux survivants d'Armageddon les principes d'une vie saine et leur offrira une santé et une vie éternelles.

Protestation pathétique

L'article relate une manifestation organisée par un millier de Chinois à Long Beach, en Californie, pour protester contre l'exportation de ferraille vers le Japon[115]. Les manifestants savaient que cette ferraille serait utilisée pour fabriquer des armes destinées à tuer leurs compatriotes en Chine. Cette action symbolique est présentée comme un acte de résistance contre l'impérialisme japonais et une dénonciation de la complicité des États-Unis dans ce conflit. La publication souligne l'ironie de la situation, où des citoyens américains d'origine chinoise se mobilisent pour empêcher leur pays de contribuer indirectement à la guerre en Asie.

Prière pour sa guérison

Un fait divers humoristique est rapporté : deux femmes gitanes pénètrent dans la cabane d'un homme malade près de Marysville, en Californie, et prient pour sa guérison[116]. Depuis cet épisode, l'homme réclame sans cesse que quelqu'un prie pour qu'il récupère les 25 dollars qui ont disparu lors du départ des deux femmes. Ce récit, présenté avec une pointe d'ironie, sert à illustrer la crédulité et les superstitions entourant les pratiques de guérison miraculeuse, tout en soulignant l'exploitation financière qui peut en découler.

Le business des lamentations

L'article dénonce l'industrie funéraire, décrite comme un système cynique exploitant le chagrin des familles endeuillées[117]. Un témoignage anonyme, attribué à un beau-frère travaillant dans une entreprise de pompes funèbres, révèle les pratiques trompeuses utilisées pour donner l'illusion que les défunts sont heureux dans l'au-delà. Les embaumeurs sont accusés de masquer les imperfections physiques des cadavres (goitres, ventres proéminents) et de soigner leur apparence pour rassurer les proches[118]. L'article mentionne également des rituels de deuil exagérés, comme les pleurs bruyants ou les évanouissements simulés, qui visent à impressionner l'entourage religieux. Il évoque aussi des pratiques culturelles, comme celle des pleureuses professionnelles au Japon ou à Brooklyn, qui sont payées pour mimer le chagrin lors des funérailles. La publication critique enfin les arrangements financiers entre les leaders religieux et les entreprises funéraires, qui perçoivent des commissions pour orienter les familles vers certains établissements[119].

Une protestation indignée

Une lettre adressée au *Sacramento Bee* exprime une vive indignation suite à l'attribution du nom d'Adolf Hitler à un âne lors du *Auburn Gold Show*[120]. L'auteur, signant sous les initiales C. L., qualifie cet acte de « barbare » et « inhumain », et menace de saisir le gouverneur de Californie, puis le président des États-Unis, pour faire cesser cette « cruauté envers un animal respectable »[121]. La lettre cite Deutéronome 22:5 pour dénoncer le travestissement, avant de conclure avec une pointe d'humour en comparant Hitler et Neville Chamberlain à des ânes, suggérant que ce dernier est le seul à mériter véritablement ce qualificatif.

Fréquentation des expositions universelles en baisse

L'article rapporte l'échec commercial des expositions universelles de San Francisco et de New York en 1939[122]. La foire de New York a dû licencier un millier d'employés en milieu d'été, tandis que celle de San Francisco a fermé ses portes prématurément le 29 octobre, au lieu du 2 décembre prévu. La fréquentation, initialement estimée à 20 millions de visiteurs, n'a atteint que 8,58 millions pour la foire californienne. Ces chiffres sont interprétés comme un signe de désintérêt du public pour ces événements, malgré les investissements colossaux consentis.

Les prisonniers, les plus grands lecteurs

Une statistique surprenante est mentionnée : les détenus de la prison d'Alcatraz, considérée comme la plus sécurisée des États-Unis, lisent en moyenne 102 livres par an, ce qui en fait les Américains les plus lecteurs[123]. Ce fait divers est présenté sans commentaire, mais il pourrait servir à illustrer l'idée que l'isolement et l'ennui poussent à la lecture, ou que les criminels endurcis cherchent à s'instruire pour échapper à leur condition.

Les fumeurs de cigarettes

L'article établit un lien ironique entre les fumeurs de cigarettes et le financement d'un palais luxueux à Hawaï, construit pour une millionnaire[124]. La publication souligne que les « nickels et dimes » dépensés pour acheter des cigarettes ont contribué à édifier une demeure somptueuse, dotée d'équipements extravagants comme un mur de verre de douze pieds de haut, un port privé, une piscine avec ascenseur, ou un théâtre privé. L'article rappelle également que les femmes qui fument développent une dépendance à la nicotine, ce qui les empêche d'enfanter des enfants parfaits. Cette critique s'inscrit dans une condamnation plus large des addictions et de leurs conséquences néfastes sur la santé et la moralité.

Pour éviter la destruction des raisins

Les producteurs de raisins de Fresno, en Californie, sont contraints de broyer leurs surplus pour les mélanger à l'alimentation du bétail, afin d'éviter leur destruction par le gouvernement[125]. Cette mesure, présentée comme une solution temporaire, est critiquée pour son absurdité : si le gouvernement décide un jour qu'il y a trop de vaches, celles-ci seront à leur tour éliminées, créant un cercle vicieux. L'article souligne l'ironie d'un système économique qui pousse à la surproduction tout en punissant les producteurs pour leurs excédents.

Et les papas en jupe ?

Une lettre adressée au conseil municipal de San Diego demande l'interdiction du port de pantalons par les femmes en public, en citant Deutéronome 22:5[126]. L'auteur, cependant, omet de mentionner les hommes qui portent des jupes, une pratique également condamnée par ce verset biblique. Cette omission est interprétée comme une preuve de partialité dans l'application des principes religieux, et sert à illustrer l'hypocrisie des moralistes qui sélectionnent les textes sacrés en fonction de leurs préjugés.

Les insectes attirés par le bleu pâle

Une découverte agronomique est rapportée : les cicadelles de la vigne, en particulier les femelles, sont attirées par la lumière bleue pâle[127]. Des viticulteurs californiens ont exploité cette particularité en installant des lumières bleues et des fils à haute tension dans leurs vignobles. Les insectes, attirés par la lumière, se posent sur les fils et sont électrocutés instantanément. Cette méthode est présentée comme une solution innovante pour lutter contre les ravageurs, bien que son efficacité à long terme ne soit pas discutée.

Aide nécessaire pour se faire arrêter

Un fait divers insolite est relaté : un jeune homme de Los Angeles appelle la police pour se faire arrêter après s'être introduit par effraction dans une épicerie[128]. Après avoir mangé des crackers, du lait, du fromage et des pruneaux, il se retrouve coincé dans le magasin, incapable de ressortir par le trou par lequel il était entré. Ce récit, teinté d'humour, sert à illustrer les comportements absurdes ou désespérés de certains criminels, tout en soulignant l'inefficacité des mesures de sécurité rudimentaires.

Un mois de septembre caniculaire

L'article rapporte un record de chaleur enregistré à Los Angeles en septembre 1939, avec 21 morts attribués aux températures élevées[129]. Alors que la station météorologique officielle, située au sommet d'un immeuble de onze étages, n'a enregistré que 107,2 °F (41,8 °C), des thermomètres de rue ont mesuré jusqu'à 122 °F (50 °C). Cette différence est présentée comme une preuve de la sous-estimation des températures réelles par les autorités, et sert à illustrer les conditions climatiques extrêmes auxquelles sont confrontés les habitants de la région.

Commentaire britannique

La rubrique présente un commentaire de J. Hemery, correspondant londonien, sur la position des Témoins de Jéhovah face à la guerre et leur neutralité doctrinale. L'auteur souligne l'attitude du évêque de Birmingham, Ernest Barnes, qui, bien que moderniste et critique envers l'inspiration littérale des Écritures, partage avec les Témoins de Jéhovah une conviction pacifiste fondée sur les enseignements de Jésus. Barnes, décrit comme un « pacifiste », s'oppose à l'engagement des chrétiens dans les conflits armés et rejette notamment l'implication dans le Royal Army Medical Corps (R.A.M.C.), qu'il considère comme une compromission avec les structures militaires[130].

Le texte cite une lettre de Barnes publiée dans le *Manchester Guardian*, dans laquelle il défend les Témoins de Jéhovah contre les accusations de « cranks » (excentriques) portées par un juge lors d'une audience sur les objecteurs de conscience. Barnes rappelle que l'Église chrétienne primitive était majoritairement pacifiste et que les Témoins de Jéhovah, en refusant de participer aux guerres, suivent cette tradition. Il mentionne également les persécutions subies par les Témoins en Allemagne nazie, où plus de 6 000 d'entre eux sont internés dans des camps de concentration pour leur refus de servir dans l'armée ou de prêter allégeance à Hitler. Un Livre blanc britannique (*Cmd. 6120*) est cité pour attester de leur courage et de leur foi face à la répression[131].

Hemery souligne que les Témoins de Jéhovah, en tant que « témoins du nom de Jéhovah », se considèrent comme des messagers du Royaume de Dieu, proclamant son établissement en ces « derniers jours ». Leur neutralité politique et militaire découle de leur consécration exclusive à Dieu, conformément aux paroles de Jésus : « Ils ne sont pas du monde, comme je ne suis pas du monde » (Jean 17:16). Leur refus de participer aux conflits est présenté comme une fidélité aux Écritures, et non comme une simple opinion personnelle[132].

La publication met en avant le rôle de la *Watch Tower Bible and Tract Society*, qui diffuse des centaines de millions d'exemplaires de livres et de brochures à travers le monde, affirmant que les Témoins de Jéhovah sont un peuple « libéré des ténèbres et de l'esclavage de l'orthodoxie »[133].

Lettre à l'éditeur

Une lettre signée J. Hemery, adressée à l'éditeur du *English Churchman*, répond à une publication antérieure critiquant les Témoins de Jéhovah. L'auteur dénonce les « mensonges » et les « fausses représentations » diffusés par certains journaux religieux pour discréditer le mouvement. Il réfute notamment l'accusation selon laquelle les Témoins de Jéhovah chercheraient à « saper l'autorité de l'État », soulignant que leur message se limite à proclamer l'établissement du Royaume de Christ et qu'ils respectent les lois des pays où ils vivent, sauf lorsque celles-ci contredisent les enseignements bibliques[134].

Hemery conteste également les dogmes traditionnels du christianisme, tels que la Trinité, la divinité de Jésus, la résurrection physique et l'immortalité de l'âme, qu'il qualifie de « doctrines fabriquées par l'Église » et contraires aux Écritures. Il affirme que les Témoins de Jéhovah rejettent ces enseignements, conformément à leur interprétation littérale de la Bible. L'auteur souligne que leur neutralité face à la guerre et leur refus de prêter allégeance aux gouvernements terrestres découlent de leur conviction que ces institutions sont sous l'influence de Satan, citant Jean 14:30 et 2 Corinthiens 4:4 pour étayer cette position[135].

Londres il y a un siècle

Un bref article compare les conditions de vie à Londres il y a un siècle avec celles du début du XXe siècle. Il met en avant les progrès réalisés en matière d'hygiène et de logement, citant notamment l'amélioration des conditions d'accouchement, avec la généralisation des services hospitaliers et des ambulances, ainsi que le relogement de 500 000 personnes déplacées des taudis vers des logements plus salubres. L'article souligne également les avancées dans le domaine de l'éducation, avec la construction d'écoles modernes remplaçant les salles de classe insalubres et surpeuplées du XIXe siècle[136].

120 955 cas de cruauté

Un court article rapporte des statistiques sur la cruauté envers les enfants en Grande-Bretagne. En 1937, 120 955 cas de maltraitance infantile ont été signalés aux autorités. L'article souligne un contraste frappant entre l'attention portée aux animaux et celle accordée aux enfants : lors d'une semaine donnée, deux émissions radiophoniques ont été diffusées pour solliciter des dons, l'une pour les animaux rapportant 18 000 livres sterling, et l'autre pour les enfants seulement 183 livres[137].

Un chien tire sur son maître

Un fait divers relate un accident survenu à Maidstone, en Angleterre, où un chien a provoqué la mort de son maître. Excité par un coup de feu tiré sur un lapin depuis une automobile, l'animal a sauté contre une autre arme, dont la décharge a tué son propriétaire. L'article commente ironiquement le « prix élevé » à payer pour avoir tué un « lapin inoffensif »[138].

Un renard descend dans une cheminée

Un autre fait divers raconte une anecdote survenue lors d'une chasse au renard à Winslow, en Angleterre. Un renard, poursuivi par les chasseurs, s'est réfugié sur le toit d'une maison avant de descendre par la cheminée. L'article note que l'animal, en nettoyant la cheminée, a rendu un service utile, ce qui lui a valu d'avoir la vie sauve. Cependant, il est décrit comme un « renard couvert de suie » lorsqu'il a été relâché[139].

Pionniers en Colombie

Un témoignage anonyme relate les expériences de deux Témoins de Jéhovah (« Witness Rosas » et l'auteur) en Colombie, où ils mènent une campagne de prédication malgré l'hostilité du clergé catholique. L'auteur décrit un pays marqué par un « fanatisme catholique » extrême, où les statues et images religieuses sont omniprésentes, y compris dans les foyers, les bureaux gouvernementaux et les entreprises. Les prêtres et les religieuses exercent une influence considérable, contrôlant les hôpitaux, les collèges et même les rues, où des femmes sont employées comme balayeuses[140].

L'article rapporte plusieurs incidents violents. Lors d'un épisode particulièrement marquant, une fillette morte est exhibée dans les rues, portée en haut d'un poteau, pour « prouver » qu'elle est montée au ciel, selon les dires des prêtres. L'auteur intervient pour dénoncer cette pratique comme une « chose terrible » et une distorsion des enseignements bibliques. Un autre incident implique un ébéniste qui, après avoir jeté des brochures des Témoins de Jéhovah dans un feu, menace physiquement « Witness Rosas ». L'affaire est portée devant un tribunal, et l'homme est libéré sous caution de 100 pesos. L'auteur estime que cette expérience lui a servi de leçon, notamment grâce à la couverture médiatique et radiophonique de l'incident[141].

Les Témoins de Jéhovah sont également confrontés à des campagnes de dénigrement orchestrées par le clergé, qui les qualifie de « protestants, communistes, rosicruciens, luthériens ou ennemis du Christ, de son Église et de l'État ». Les prêtres incitent les écoles et la population à boycotter leur littérature. Malgré ces obstacles, les missionnaires persistent dans leur témoignage, distribuant des brochures et affrontant les foules hostiles, notamment à Envigado, où ils sont lapidés par des écoliers catholiques. L'article conclut en citant le prophète Jérémie (Jérémie 5:31) pour dénoncer l'hypocrisie religieuse et l'idolâtrie régnant en Colombie[142].

Éditeurs du Royaume de Jéhovah à Marlin, Saskatchewan, en plein hiver

Témoignage hivernal en Saskatchewan

La publication présente un récit de pionniers actifs dans le nord de l'Alberta, illustrant les méthodes pratiques employées pour diffuser le message du Royaume de Jéhovah dans des conditions climatiques difficiles. Un équipement simple, composé d'un poney et d'un traîneau acheté pour un total de 20 dollars, permet d'atteindre des milliers de foyers[143]. Une photographie montre des proclamateurs du Royaume déblayant les obstacles sur le chemin menant à Fort Vermilion, dans le nord de l'Alberta, soulignant l'effort physique et la détermination nécessaires à cette œuvre.

Équipement des proclamateurs du Royaume de Jéhovah dans le nord de l'Alberta, utilisant un poney et un traîneau pour atteindre les foyers isolés.

La Colombie et ses défis politiques et sanitaires

Un témoignage détaillé décrit les conditions de vie et les défis rencontrés par les proclamateurs du Royaume en Colombie. Le pays est marqué par une crise économique sévère, comparable à celle observée au Chili, où la population, décrite comme un mélange de descendants espagnols, basques, indiens et noirs, manifeste une hostilité envers les étrangers et une sympathie marquée pour le fascisme[144]. Les conditions sanitaires sont précaires : les rues de Barranquilla, par exemple, sont jonchées de déchets, d'animaux morts et d'eaux usées, tandis que les égouts sont inexistants dans de nombreux quartiers. Les habitants souffrent également d'une infestation de puces, de moustiques et de fourmis, rendant la vie quotidienne difficile.

Sur le plan politique, la Colombie est divisée entre deux partis principaux : les libéraux et les conservateurs, ces derniers étant associés aux prêtres. Bien que les libéraux semblent gagner en influence et tentent de limiter le pouvoir de la hiérarchie catholique sur les affaires politiques, les femmes restent largement sous l'emprise des prêtres. Les classes populaires, notamment les artisans et les petits commerçants, sont plus réceptives à la littérature des Témoins de Jéhovah, tandis que les classes supérieures, souvent fanatiques et hautaines, rejettent généralement leur message. À ce jour, peu de Colombiens se déclarent chrétiens, et encore moins s'engagent activement dans la proclamation du Royaume[145].

Témoignage hivernal en Saskatchewan (suite)

Une illustration montre un équipement utilisé par les proclamateurs du Royaume dans le district de la rivière de la Paix, au nord de l'Alberta. Le traîneau, parfois recouvert de sacs en papier pour protéger les jambes des proclamateurs, permet de se déplacer dans des conditions hivernales rigoureuses[146]. Cette méthode de prédication est présentée comme un moyen efficace d'atteindre les foyers isolés malgré les obstacles climatiques.

Équipement des proclamateurs du Royaume dans le district de la rivière de la Paix, en Alberta, illustrant les défis du témoignage hivernal.

Trop bon pour être gardé

Ce récit relate les expériences de deux groupes de pionniers en Géorgie du Sud, confrontés à l'opposition d'un ecclésiastique local nommé Snipes. Ce dernier tente à plusieurs reprises de dissuader la population d'accepter la littérature des Témoins de Jéhovah, utilisant des menaces et des accusations mensongères pour inciter à la violence. Malgré ses efforts, les proclamateurs continuent leur œuvre, distribuant davantage de livres et de brochures à chaque tentative d'intimidation. Snipes, décrit comme un "oiseau bluffeur", finit par abandonner ses tentatives après qu'un détail anodin, comme la mention d'une plaque d'immatriculation périmée, le fasse fuir. Ce récit illustre la persévérance des proclamateurs face à l'hostilité et leur détermination à poursuivre leur mission malgré les obstacles[147].

Le testament spirituel d'Amos Weber

Ce texte reproduit le testament spirituel d'Amos Weber, lu lors de ses funérailles. Weber y exprime sa joie et sa reconnaissance pour les vérités bibliques qu'il a découvertes au sujet du Royaume de Jéhovah, notamment la prière enseignée par Jésus : « Que ton royaume vienne » (Matthieu 6:10). Il souligne que les événements mondiaux actuels confirment l'établissement imminent de ce Royaume, ce qui renforce sa foi et son espérance. Weber rend gloire à Jéhovah et à Jésus-Christ, qui a donné sa vie pour les péchés des hommes, permettant ainsi la résurrection des morts et la transformation des fidèles en êtres divins. Il exprime également son désir de voir la terre devenir un paradis sous le règne du Royaume, où les justes jouiront de la vie éternelle et où les méchants seront retranchés. Weber encourage ses amis à se familiariser avec les enseignements bibliques et à adopter une attitude de pardon, conformément à la prière modèle de Jésus. Il conclut en exprimant son souhait que ses funérailles soient conduites selon les pratiques des Témoins de Jéhovah et que des enregistrements de conférences sur la résurrection et l'état des morts soient diffusés pour éclairer les participants[148].

Quelques faits sur la vie végétale

Cette rubrique présente une série de faits insolites et instructifs sur la vie végétale. Parmi les exemples cités, on trouve le kahehe, une plante du Paraguay considérée comme la plus sucrée au monde, bien qu'elle ne soit pas apparentée à la canne à sucre. Le gui, autrefois utilisé en Scandinavie pour éloigner les mauvais esprits, et une fleur poussant sur des fromages et du pain anciens, dont la beauté ne se révèle qu'à travers une loupe, sont également mentionnés. La croissance rapide du bambou, qui peut atteindre seize pouces par jour, et la floraison rare de certaines variétés, qui n'ont lieu qu'une fois tous les quarante ans, sont soulignées. D'autres plantes, comme les choux fourragers, autrefois considérés comme des mauvaises herbes avant d'être popularisés par les Noirs comme aliment, ou la rhubarbe, qui peut être cultivée en cave pendant l'hiver, sont présentées comme des exemples de la diversité et de l'utilité du règne végétal. La rubrique met également en avant les contributions de l'Amérique à l'alimentation mondiale, comme le maïs, les pommes de terre, les tomates et les courges, ainsi que les richesses végétales importées d'autres continents, telles que les kakis japonais, les jujubes chinois et les ormes de Chine[149].

Stimulateurs de la vie végétale

Cette section explore diverses méthodes utilisées pour stimuler la croissance des plantes. En Islande, les jardiniers exploitent les sources chaudes pour cultiver des aliments localement, tandis qu'à Naples, les paysans utilisent des contenants inhabituels, comme des réservoirs d'eau, des lits de chariots ou des pneus de voiture, pour planter des végétaux, donnant aux lieux un aspect désordonné. L'électricité est également employée pour accélérer la maturation des plantes : des terminaux enterrés réchauffent le sol et augmentent les rendements de 50 %, tout en prévenant les maladies fongiques. Un dispositif peu coûteux permet de mesurer scientifiquement l'ensoleillement nécessaire aux plantes, tandis qu'un interféromètre rend visible leur croissance au millionième de pouce près. En Angleterre, des cloches en verre sont utilisées avec succès dans les jardins potagers, et des graines cultivées sous un verre vert-jaune produisent des plantes plus vigoureuses. Enfin, l'utilisation d'engrais naturels, comme ceux extraits de la mer Morte, permet d'obtenir des légumes géants, tels que des haricots à gousses de deux pieds de long ou des radis de dix-huit pouces[150].

Les peines des plantes

Cette rubrique aborde les défis et les particularités de la vie végétale. La suie provenant du charbon mou inhibe la croissance des plantes, tandis que certaines roses anglaises changent de couleur en fonction de leur humeur, passant du jaune pâle au jaune tacheté de rouge. L'injection de phosphore dans les plantes les rend lumineuses la nuit, un phénomène perçu comme une forme d'exploitation. Les jardins italiens traditionnels privilégiaient les plantes vertes plutôt que les fleurs, estimant que les statues étaient plus impressionnantes lorsqu'elles étaient entourées de végétation. Les plantes sensibles, comme les fougères, sont cultivées dans des contenants variés, allant des réservoirs d'eau aux pneus de voiture, ce qui donne aux jardins un aspect peu esthétique. La rubrique souligne également l'importance des bains d'oiseaux dans les jardins, qui attirent les oiseaux et favorisent un environnement sain. Enfin, elle mentionne des innovations comme un algue utilisée pour produire un substitut de soie ou le moelle de tournesol, employée en Allemagne pour fabriquer des bouées de sauvetage légères[151].

Particularités intéressantes des plantes

Cette section décrit des caractéristiques étonnantes de certaines plantes. Par exemple, le houblon commun et certaines chèvrefeuilles s'enroulent dans le sens des aiguilles d'une montre, tandis que les liserons et les haricots grimpants s'enroulent dans le sens inverse. La Blumenbachia, une plante capricieuse, peut inverser le sens de ses vrilles. Les pétales des crocus et des tulipes sont sensibles aux variations de température : ils s'ouvrent lorsque la température augmente et se referment lorsqu'elle baisse, expliquant ainsi leur mouvement nocturne et matinal. Certaines variétés de pins, comme le pin de Torrey et le pin pignon, peuvent produire des graines donnant naissance à plusieurs jeunes arbres simultanément. Le lierre, bien que décoratif, est responsable de la dégradation des bâtiments anciens en Angleterre, car il ronge les pierres et fait tomber les blocs des murs. Enfin, la jacinthe d'eau, qui menaçait d'obstruer certains cours d'eau américains, peut être éradiquée en utilisant de la vapeur vive, qui détruit la plante jusqu'à ses racines[152].

Que faire des oranges ?

L'éditeur du American Guardian propose une solution pragmatique pour lutter contre le gaspillage des milliards d'oranges aux États-Unis. Il suggère de distribuer trois milliards d'oranges aux dix millions d'enfants défavorisés du pays, à raison d'une orange par jour pendant 300 jours. Cette initiative coûterait 30 millions de dollars, soit moins de la moitié du prix d'un cuirassé. L'éditeur souligne que cette mesure serait bien plus bénéfique pour la population que la destruction d'un demi-cuirassé par une seule bombe. Cette proposition met en lumière les inégalités sociales et les opportunités manquées pour améliorer le bien-être des enfants[153].

Forte demande en soja

En 1938, les États-Unis ont produit une récolte record de soja, avec 57 665 000 boisseaux. Malgré cette production abondante, la demande européenne a été si forte que l'ensemble de la récolte a été vendu dès le début du mois de mars 1939. Aux États-Unis, le prix du soja était d'environ 80 cents le boisseau, soit 4 cents de moins que le prix pratiqué en Mandchourie, principale région productrice de soja. Cette situation illustre l'importance croissante du soja sur les marchés internationaux et les enjeux économiques liés à son commerce[154].

Trois milliards de tonnes de sol gaspillées

Chaque année, trois milliards de tonnes de sol sont emportées par les eaux aux États-Unis, dont un quart par le seul fleuve Mississippi. Ce sol contient des quantités importantes de phosphore, de potassium, d'azote, de calcium et de magnésium, soit l'équivalent de soixante ans d'utilisation de ces éléments sous forme d'engrais commerciaux. Ce phénomène met en lumière l'ampleur de l'érosion des sols et ses conséquences sur l'agriculture et l'environnement[155].

La censure dans quarante pays

La censure est désormais en vigueur dans quarante pays, un chiffre qui reflète l'expansion rapide des conditions de guerre à travers le monde. Cette information souligne la montée des restrictions à la liberté d'expression et la propagation des tensions internationales à la veille de la Seconde Guerre mondiale[156].

Les jolies chaussures en peau de serpent

Le professeur Franz Werner, zoologiste à l'Université de Vienne, dénonce les méthodes cruelles employées pour obtenir des peaux de serpent destinées à la fabrication de chaussures pour femmes. Selon le docteur Felix Kopstein, qui a exercé la médecine pendant sept ans dans les Indes orientales néerlandaises, des centaines de milliers de peaux de serpents et de lézards sont collectées chaque année sur les marchés des îles de la Sonde. Parmi ces animaux, le "serpent d'eau", long d'environ trois mètres, est particulièrement recherché. Pour obtenir sa peau, l'animal est cloué vivant par la tête à un arbre, puis une incision est pratiquée à l'arrière de la tête pour arracher la peau en un seul morceau, laissant le serpent agoniser pendant des jours. Werner qualifie cette pratique de crime et considère que quiconque tire profit de cette cruauté se rend complice de ce crime[157].

Le grand incendie australien

En janvier 1939, un gigantesque incendie en Australie a ravagé plus de mille miles carrés de territoire, transformant des villes autrefois prospères en ruines fumantes. Les températures ont atteint 120 degrés Fahrenheit, et la visibilité dans les rues était réduite à quelques pâtés de maisons en plein jour. À la campagne, l'obscurité était totale dès 15 heures. Un survivant, réfugié dans un trou de boue, a rapporté qu'un taureau sauvage, fuyant les flammes, s'était blotti à ses côtés en mugissant de terreur toute la nuit. Cet événement tragique illustre la puissance destructrice des incendies de forêt et leurs conséquences dévastatrices sur les populations et les écosystèmes[158].

Les pensions en Nouvelle-Zélande

En Nouvelle-Zélande, les personnes âgées de 60 ans et plus peuvent bénéficier d'une pension hebdomadaire de 7,50 dollars. Les veuves avec enfants reçoivent des allocations supplémentaires : 8,76 dollars par semaine pour un enfant, 11,25 dollars pour deux enfants, et jusqu'à 22,50 dollars pour les familles plus nombreuses. Ce système de protection sociale vise à soutenir les personnes âgées et les familles monoparentales, reflétant une approche progressiste de la solidarité nationale[159].

Le kiwi travailleur

Le kiwi, un oiseau endémique de Nouvelle-Zélande, est décrit comme un travailleur infatigable. Bien qu'il soit à peine plus grand qu'une poule, il pond des œufs d'une livre. Incapable de voler, le kiwi est un dormeur si profond qu'il peut être capturé sans se réveiller. Cette particularité biologique et comportementale en fait une espèce unique et emblématique de la faune néo-zélandaise[160].

Pourquoi lire Consolation ?

Cette section encourage les lecteurs à s'abonner à la revue Consolation, présentée comme une source fiable d'informations véridiques sur des sujets d'actualité et d'intérêt vital. Contrairement à de nombreux périodiques soumis à la censure, Consolation s'engage à publier la vérité sans compromis. Chaque numéro contient un article de Joseph Franklin Rutherford, président de la Watch Tower Bible and Tract Society, qui aborde des questions contemporaines et dirige les lecteurs vers Jéhovah, le Grand Théocrate. La revue est publiée tous les quinze jours et est disponible au prix de 1 dollar par an aux États-Unis, et de 1,25 dollar au Canada et à l'étranger. Un coupon d'abonnement est inclus pour faciliter la souscription[161].

Votre dernière chance

Ce dernier article du numéro constitue un appel promotionnel à l'acquisition d'ouvrages publiés par la Société Watch Tower[162]. Il annonce une offre spéciale limitée dans le temps, expirant le 31 janvier 1940, permettant d'obtenir trois livres reliés de Joseph Franklin Rutherford pour une contribution de 35 cents seulement. L'article insiste sur l'urgence de la démarche, soulignant qu'il s'agit de la « dernière chance » pour les lecteurs de bénéficier de cette promotion exceptionnelle.

La publication met en avant la valeur spirituelle des écrits de Rutherford, présentés comme une source de « nourriture vivifiante » et de « vérités grandes et réconfortantes »[163]. Ces ouvrages sont décrits comme des guides vers le Royaume de Dieu, désigné sous le terme de « Théocratie », présenté comme l'unique espoir de l'humanité. Le texte encourage les lecteurs à étudier ces publications en parallèle avec la Bible, promettant des « déclarations claires et satisfaisantes de faits et d'Écritures » qui apporteraient réconfort et joie.

Un coupon détachable est inclus, permettant aux lecteurs de commander les livres de leur choix parmi une liste de quatorze titres. Parmi les ouvrages proposés figurent des publications majeures de l'époque, telles que La Harpe de Dieu, Création, Délivrance, Gouvernement, Prophétie, et les trois volumes de Vindication[164]. Les prix dégressifs sont également mentionnés : six livres pour 70 cents, douze pour 1,40 dollar, et l'ensemble des quatorze ouvrages pour 1,65 dollar. L'article se conclut par une exhortation à commander sans délai, avant l'expiration de l'offre le 31 janvier 1940.


Illustrations du numéro

Références

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  2. Consolation du 24 janvier 1940, p. 5-9.
  3. Consolation du 24 janvier 1940, p. 12.
  4. Consolation du 24 janvier 1940, p. 19.
  5. Consolation du 24 janvier 1940, p. 28.
  6. Consolation du 24 janvier 1940, p. 28.
  7. Consolation du 24 janvier 1940, p. 13.
  8. Consolation du 24 janvier 1940, p. 17.
  9. Consolation du 24 janvier 1940, p. 17.
  10. Consolation du 24 janvier 1940, p. 4.
  11. Consolation du 24 janvier 1940, p. 15.
  12. Consolation du 24 janvier 1940, p. 21.
  13. Consolation du 24 janvier 1940, p. 23.
  14. Consolation du 24 janvier 1940, p. 22.
  15. Consolation du 24 janvier 1940, p. 14.
  16. Consolation du 24 janvier 1940, p. 14.
  17. Consolation du 24 janvier 1940, p. 16 et 25.
  18. Consolation du 24 janvier 1940, p. 11.
  19. David Breeze, The Stone of Destiny: Artefact and Icon, National Museum of Scotland, 1997.
  20. Consolation du 24 janvier 1940, p. 9.
  21. « Jehovah's Witnesses », First Amendment Encyclopedia, consulté en 2024.
  22. Bernard Blandre, Les Témoins de Jéhovah, un siècle d'histoire, Paris, Desclée de Brouwer, 1987, p. 68.
  23. Consolation du 24 janvier 1940, p. 4.
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  26. Consolation du 24 janvier 1940, p. 15.
  27. Consolation du 24 janvier 1940, p. 24-25.
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  37. Eric Rauchway, The Great Depression and the New Deal: A Very Short Introduction, Oxford University Press, 2008, p. 84-86.
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  123. Consolation du 24 janvier 1940, p. 19.
  124. Consolation du 24 janvier 1940, p. 20.
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  129. Consolation du 24 janvier 1940, p. 20.
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