Résurrection
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Les Témoins de Jéhovah croient en une résurrection des morts, tant des justes que des injustes Actes 24:15.
Doctrine
La première résurrection d'entre les morts, est celle de Jésus Christ, il est appelé le premier-né d'entre les morts, même si des résurrections miraculeuses sont attestées avant dans la Bible.
Il y a deux résurrections:
- Une céleste, réservée au "petit troupeau", les 144.000 frères du Christ qui a commencé en 1918.
- Une terrestre, progressive durant le millénium ou règne millénaire du Christ, qui verra d'abord la résurrection des fidèles de Dieu comme Abraham et Moïse, puis les injustes qui auront droit à une nouvelle chance de prouver leur fidélité à Dieu dans un Paradis terrestre.
Certains humains ne seront pas ressuscités du tout, ils sont définitivement passé dans la "seconde mort" sans avoir droit à la résurrection. Il s'agit d'individus considérés par Dieu comme ayant été assez mauvais durant leur vie pour être déjà condamnés. Les Témoins de Jéhovah y inclus, les habitants de la terre du temps du Déluge, de Sodome et Gomorrhe, et ceux de la future guerre universelle d'Har-Maguédon.
Ceux des ressuscités qui durant la période du Paradis Terrestre, ne resteront pas fidèles à Dieu, iront eux aussi dans la seconde mort, pour laquelle il n'y a plus de résurrection possible.
Résurrection des "anciens justes"
La résurrection des "anciens justes", les fidèles de Dieu en partant d'Abel jusqu'à Jean le Baptiste, étaient considérée par Russell comme devant avoir lieu après le début du millénium. Rutherford changea cette doctrine et pensa qu'ils ressusciteraient avant la bataille d'Har-Maguédôn, comme témoignage pour les nations; à ce sujet, il construisit une superbe villa, dans la région de San Diego, pour les accueillir: Beth-Sarim. En 1950, Frédéric Franz revint à la théorie de Russell pour déclarer que ces "justes" ressusciteraient une fois la bataille d'Har-Maguédon achevée.
Les deux résurrections dans la doctrine de Russell
Dès les premiers numéros de La Tour de Garde, la question posée à propos de 1 Corinthiens 15 n'est pas de savoir si les morts reviennent, mais avec quel corps : celui qui est reçu dépend de la semence dont on relève à l'heure de la mort.[1] Ceux de la terre retrouvent la perfection d'Adam, tandis que ceux qui ont renoncé à la vie charnelle deviennent « participants de la nature divine » et reçoivent un corps spirituel ; une remarque de grammaire — la présence de l'article défini en grec — suffit alors à séparer la résurrection du « petit troupeau » de celle du reste.[2] Pour les vivants, le changement est instantané : tous les vainqueurs ne s'endormiront pas, mais tous seront changés.[3] Russell maintiendra durablement cette séparation, avec ses deux groupes célestes — ceux qui partagent la nature divine et ceux qui reçoivent la nature des anges — tandis que la masse des hommes atteint la perfection humaine sur la terre.[4]
La restauration promise à cette seconde catégorie est strictement bornée : être « rétabli en VIE » signifie retrouver la vie humaine parfaite d'avant la faute, et non accéder au ciel, puisque Adam n'ayant jamais eu de corps spirituel, on ne peut lui rendre ce qu'il n'avait pas.[5] L'universalité de la promesse est alors sans réserve : une résurrection est annoncée « des justes et des injustes », et toutes les familles de la terre sont promises à la bénédiction.[6] Russell racontera lui-même que c'est en 1872, en reliant la rançon payée pour Adam à l'idée de rétablissement, qu'il avait acquis la certitude que tous devaient sortir de la tombe et recevoir une occasion de connaître la vérité.[7]
Cette espérance repose sur deux présupposés hérités de l'adventisme dissident. D'une part, la « fin du monde » de Matthieu 13:39 ne désigne pas la destruction de la planète mais la fin d'une période, ce qui laisse place à un âge millénaire où quelque chose peut encore advenir pour les morts — argument déjà soutenu par George Storrs dès 1843-1844 contre les prédicateurs adventistes qui attendaient un embrasement de la terre, le jugement de toute l'humanité n'ayant lieu selon lui qu'à la fin du millénium.[8] D'autre part, la mort d'un croyant déjà mort au péché n'est pas sa vraie mort, seulement un sommeil.[9] Le credo en usage chez ces croyants à la même époque l'énonçait plus franchement : la mort des justes comme des méchants est inconscience, et la seconde mort sera une extinction de l'être.[10]
Quant aux vivants du « petit troupeau », leur changement était attendu sous la forme d'un enlèvement, Luc 21:36 servant à le présenter comme ce qui n'avait pas d'équivalent à l'ouverture de l'âge précédent.[11] L'attente en était ancienne dans le groupe : Nelson Barbour enseignait que les saints vivants seraient changés comme Élie et emportés, et le Herald of the Morning avait fixé ce « mariage de l'Agneau » au printemps 1878.[12] L'échéance manquée ne fit pas disparaître l'événement du programme, et l'automne 1881 fut à son tour désigné comme le moment probable de l'enlèvement et de la fermeture de la porte du « haut appel ».[13]
- ↑ La Tour de Garde de mai 1880, p. 95
- ↑ La Tour de Garde de mai 1880, p. 95
- ↑ La Tour de Garde de mai 1880, p. 95
- ↑ CROMPTON Robert, Counting the Days to Armageddon, p. 33.
- ↑ La Tour de Garde de mai 1880, p. 95
- ↑ La Tour de Garde de mai 1880, p. 95–96
- ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 160-161.
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 64-65.
- ↑ La Tour de Garde de mai 1880, p. 95
- ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, p. 403-404.
- ↑ La Tour de Garde de mai 1880, p. 98
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 111-112 et 129-130.
- ↑ FRANZ Raymond, Crise de conscience, p. 228-229.