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Consolation du 14 décembre 1938

De Tj-encyclopédie
Consolation du 14 décembre 1938
Revue Consolation
Date 1938
Année 1938
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society

Ce numéro est presque entièrement dominé par la question de la montée du national-socialisme en Europe et de ce que la publication présente comme la responsabilité de l'Église catholique romaine dans l'essor des régimes totalitaires. La démolition de la Tchécoslovaquie, consommée par les accords de Munich de septembre 1938, en constitue le fil conducteur : la publication l'analyse non pas comme un simple fait de politique européenne, mais comme l'aboutissement d'une collusion entre la hiérarchie catholique, le régime nazi et les gouvernements dits démocratiques.

Le traitement des Juifs sous le Troisième Reich occupe une place importante dans ce numéro, avec une description détaillée des persécutions économiques, sociales et physiques alors en cours en Allemagne et en Autriche annexée, y compris les conditions de détention à Buchenwald. La publication replace ces faits dans le cadre de ce qu'elle appelle l'alliance « nazi-jésuite », une grille de lecture récurrente dans la Consolation de cette période.

L'Allemagne jésuitisée

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Hitler et le cardinal Faulhaber

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La publication affirme que l'Allemagne, sous l'influence du régime nazi et de l'Église catholique, notamment à travers les consultations régulières entre Adolf Hitler et le cardinal Faulhaber à Munich, cherche à produire suffisamment de « chair à canon » pour alimenter ses ambitions guerrières. Pour encourager les naissances, le gouvernement allemand prête 1 000 marks sans intérêt aux jeunes couples souhaitant se marier, à condition que la future épouse quitte son emploi. Cette politique aurait déjà conduit à 600 000 naissances en trois ans[1].

Illustration accompagnant l'article sur l'Allemagne jésuitisée

La conspiration contre la Tchécoslovaquie

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L'article dénonce une conspiration orchestrée contre la Tchécoslovaquie, impliquant Konrad Henlein, chef du parti allemand des Sudètes, agissant sous les ordres directs d'Hitler. Tous les étudiants en théologie catholique de l'Université de Prague auraient rejoint en masse le mouvement henleiniste, soulignant l'implication de l'Église catholique dans cette entreprise. En octobre 1932, Henlein avait pourtant déclaré que le bien-être des Sudètes était indissolublement lié à celui de la République tchécoslovaque, mais il aurait rapidement changé d'avis sous l'influence du régime nazi. La publication accuse la hiérarchie catholique de vouloir soumettre la Tchécoslovaquie, un pays encore marqué par le protestantisme, en raison de son héritage hussite[2].

L'article cite un discours de Henlein où il qualifie le gouvernement tchécoslovaque de « règne de terreur des criminels hussites-bolcheviks », révélant ainsi la source de cette conspiration. La publication souligne également que la Tchécoslovaquie, en tant que refuge pour les opprimés, notamment ceux fuyant l'Allemagne nazie, était devenue une cible en raison de sa tolérance envers les opposants au régime hitlérien[3].

Les prêtres voulaient détruire la Tchécoslovaquie

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La publication décrit comment, face à la menace d'une guerre avec l'Allemagne, la Tchécoslovaquie a mobilisé 500 000 hommes, tandis que la France et la Grande-Bretagne ont averti Berlin qu'elles respecteraient leurs engagements en cas d'invasion. Hitler a finalement reculé, mais le prêtre catholique Andrej Hlinka, leader des 2,3 millions de Slovaques de Tchécoslovaquie, a menacé de faire sécession pour rejoindre l'Allemagne ou la Pologne si les droits d'autonomie accordés aux Allemands des Sudètes n'étaient pas étendus aux Slovaques catholiques. Cette manœuvre, entièrement orchestrée par des prêtres catholiques, révèle une collaboration étroite entre Hitler et la hiérarchie catholique pour détruire les républiques et instaurer des régimes dictatoriaux[4].

La radio allemande a multiplié les attaques contre la Tchécoslovaquie, critiquant son président, ses institutions et son armée à plusieurs centaines de reprises, tout en diffusant de fausses informations sur une prétendue domination communiste du pays. Ces actions ont conduit deux industries appartenant à des Juifs à quitter la région des Sudètes pour Prague, entraînant la perte de 400 emplois pour des Allemands et des Tchécoslovaques[5].

Le mépris nazi pour les droits d'autrui

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L'article dénonce les méthodes d'intimidation employées par le parti de Henlein en Tchécoslovaquie, où la population allemande était contrainte de décorer ses maisons avec des portraits et des affiches à la gloire de Henlein, sous peine de représailles. Les employeurs menaçaient de licencier ceux qui refusaient de se soumettre, et les chômeurs étaient avertis qu'ils ne trouveraient jamais d'emploi dans leur région. Ces pressions ont poussé certains à se suicider. La publication compare cette situation à celle des Tchécoslovaques vivant en Allemagne, qui n'ont aucun droit et n'osent pas exprimer leurs griefs. Elle souligne également que 1,2 million de Polonais en Allemagne subissent des insultes, des agressions et des boycottages, sans pouvoir obtenir de protection policière[6].

La fureur personnelle d'Hitler

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La publication révèle qu'Hitler nourrissait une haine personnelle envers le président tchécoslovaque Edvard Beneš, qu'il a qualifié de menteur à la radio alors que celui-ci était encore en fonction. Cette animosité s'expliquerait par le fait que la Tchécoslovaquie, alors encore une république, servait de refuge aux opposants au régime nazi, qui y diffusaient des informations critiques envers Hitler en langue allemande. La publication prédit que de nombreuses morts horribles suivront le contrôle de la Tchécoslovaquie par le régime nazi, qualifiant ce pays de « poste avancé de la civilisation en Europe centrale »[7].

Le partage de la ville de Polička entre l'Allemagne et la Tchécoslovaquie est cité comme exemple de la brutalité nazie. Bien que la population de cette ville soit majoritairement tchèque, les nazis ont pris le contrôle de la majeure partie de la ville, laissant seulement 100 maisons, un cimetière et un cinéma à la Tchécoslovaquie. La publication souligne également que toutes les loges maçonniques de Tchécoslovaquie ont été contraintes de se dissoudre, marquant le début d'une inquisition dans le pays. La censure des nouvelles, les camps de travail forcés, le déplacement des diplomates et la suppression des journaux sont autant de signes de l'instauration d'un régime totalitaire[8].

La trahison de Munich et ses conséquences =

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La publication dénonce l'accord de Munich, signé en septembre 1938, comme une trahison envers la Tchécoslovaquie, orchestrée par les puissances européennes sous l'influence des régimes fascistes. Elle souligne que cet accord, présenté comme une victoire pour la paix, a en réalité renforcé l'agressivité des régimes totalitaires en Europe. L'article cite des réactions critiques, comme celle de l'*American League for Peace and Democracy*, qui affirme que cet accord, dicté par la force, a abandonné le processus démocratique et créé de nouvelles minorités opprimées, tout en augmentant le prestige des agresseurs fascistes. La Tchécoslovaquie, privée de ses ressources et de son territoire sans consultation, est présentée comme une victime de la lâcheté des démocraties[9].

L'article met également en lumière le rôle des figures religieuses, comme le prêtre catholique Charles Coughlin, qui justifie l'accord de Munich sous l'influence du Vatican. Il rappelle que le fondateur de la Tchécoslovaquie, Tomáš Masaryk, était un amateur de la Bible, ce qui explique l'hostilité de la hiérarchie catholique envers sa mémoire. La publication critique aussi le prêt britannique de 10 millions de livres sterling à la Tchécoslovaquie, soulignant l'ironie d'une aide financière accordée à un pays peu avant son démantèlement par l'Allemagne nazie[10].

La présence de Joseph Kennedy, ambassadeur américain catholique, aux côtés de Neville Chamberlain pendant la crise est interprétée comme un signe de complicité entre les intérêts religieux et les régimes autoritaires. L'article cite Chamberlain déclarant que Francisco Franco, le dictateur espagnol, "se bat pour notre classe", illustrant ainsi l'alliance entre les élites conservatrices et les régimes fascistes[11].

Les ambitions expansionnistes de l'Allemagne nazie

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Ce texte met en garde contre les ambitions expansionnistes de l'Allemagne nazie, qui ne se limitent pas à l'Europe mais s'étendent également aux Amériques. Il évoque les préparatifs militaires en cours à Dantzig, où des munitions ont été introduites pour armer 25 000 hommes, et où les jeunes nazis s'entraînent en vue d'une annexion. La publication souligne la brutalité des méthodes nazies, comme l'agression d'un fonctionnaire polonais jeté d'un train, et rappelle que 8 449 habitants de Dantzig ont été envoyés dans des camps de concentration en Allemagne depuis l'arrivée des nazis au pouvoir[12].

L'article dénonce également les activités d'espionnage allemand aux États-Unis, où des jeunes Américains d'origine allemande sont envoyés en Allemagne pour y être formés à la dictature et à la propagande nazie. Il cite un ouvrage de Sigmund Livingston, *Facts About Fictions*, qui révèle que 18 jeunes Américains ont été envoyés en Allemagne pour y apprendre "l'art de la dictature, de la terreur, de la haine et du mensonge", avant d'être renvoyés aux États-Unis pour y promouvoir ces idéaux[13].

La publication critique aussi les activités du président brésilien Getúlio Vargas, qui a réprimé le parti fasciste local après avoir découvert qu'il recevait des fonds de l'Allemagne. Elle souligne que l'idéologie nazie, qui exige une allégeance absolue à Hitler, menace la cohésion des États-Unis en encourageant les communautés germanophones à se détacher de leur loyauté envers le gouvernement américain[14].

Enfin, l'article évoque les projets expansionnistes de l'Allemagne, qui incluent non seulement la Pologne et la Suisse, mais aussi d'autres territoires européens. Il mentionne des cartes confisquées en Pologne montrant des provinces polonaises comme faisant partie de la "Grande Allemagne", ainsi que des cartes publiées dans un journal de Hermann Göring incluant la Suisse dans ce projet. Ces révélations sont présentées comme une preuve des intentions agressives du régime nazi[15].

L'antisémitisme nazi et ses méthodes

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Cette section décrit en détail les persécutions systématiques subies par les Juifs en Allemagne et en Autriche sous le régime nazi. La publication dénonce une campagne d'oppression qui touche tous les aspects de la vie quotidienne, depuis l'interdiction d'exercer certaines professions jusqu'à des restrictions humiliantes dans les espaces publics. Par exemple, les Juifs sont exclus des bourses et des marchés financiers, interdits de fréquenter les cinémas, les musées et les bibliothèques, et même contraints de porter des cartes d'admission jaunes dans les stations thermales pour être séparés des autres visiteurs[16].

L'article souligne également la spoliation économique des Juifs, qui sont forcés de vendre leurs entreprises à des prix dérisoires et de quitter le pays avec seulement 10 marks (environ 16 shillings). Les nazis ont perfectionné cette spoliation en interdisant aux Juifs de prendre avec eux des biens personnels tels que des meubles ou des instruments médicaux. La publication cite des exemples de persécutions pécuniaires, comme l'obligation pour les Juifs de déclarer l'intégralité de leurs biens, y compris leurs comptes bancaires et leurs bijoux, qui sont ensuite confisqués par l'État[17].

Les restrictions imposées aux Juifs dans leur vie quotidienne sont également détaillées : interdiction de porter certains vêtements, de fréquenter les parcs publics, ou même d'utiliser les ascenseurs dans les bâtiments publics. Les Juifs sont également exclus des professions médicales et juridiques, et leurs enfants sont empêchés de poursuivre leurs études. L'article mentionne des cas extrêmes, comme celui d'un homme autorisé à divorcer parce que sa femme avait engagé un avocat juif, ou celui d'un médecin juif privé de son logement et interdit d'exercer[18].

Enfin, la publication évoque les violences physiques subies par les Juifs, notamment dans les camps de concentration. Elle cite le cas du camp de Buchenwald, où 80 Juifs sont morts en un seul mois après avoir été forcés de travailler dans des carrières de 4 heures du matin à 20 heures, sans soins en cas d'épuisement. Les punitions pour "manquement à la discipline" incluent des flagellations de 50 coups, souvent mortelles[19].

La souffrance des Juifs en Autriche et les appels à l'aide

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Ce texte décrit la situation désespérée des Juifs en Autriche après l'annexion par l'Allemagne nazie. La publication évoque des scènes de désespoir, comme celle de 56 Juifs autrichiens expulsés de leur pays et abandonnés dans une zone frontalière entre l'Autriche et la Yougoslavie, sans ressources ni moyens de subsistance. L'un d'eux, un homme âgé dont la famille vivait en Autriche depuis cinq siècles, raconte avoir tout perdu, y compris les moyens de se suicider, après que les nazis eurent saisi ses moulins et sa fortune de 16 000 livres sterling[20].

L'article mentionne également des cas de suicides parmi les Juifs autrichiens, comme celui de Liesel Wolf, une réfugiée juive de 37 ans qui s'est jetée par la fenêtre à New York pour éviter d'être renvoyée en Allemagne. La publication souligne que plus de 1 700 Juifs se sont suicidés pendant les trois premières semaines de l'occupation nazie en Autriche, et que même deux mois plus tard, le taux de suicides restait élevé en raison des persécutions insupportables[21].

La spoliation économique des Juifs est également décrite en détail. En Allemagne, les Juifs sont contraints de déclarer l'intégralité de leurs biens, qui sont ensuite confisqués par l'État. Ceux qui obtiennent l'autorisation de quitter le pays ne peuvent emporter que 16 shillings (environ 4 dollars). La publication évoque des persécutions mesquines, comme l'interdiction pour les Juifs d'utiliser les ascenseurs dans les bâtiments publics, ou l'obligation pour les propriétaires de signaler tout nouveau locataire juif à leurs autres locataires aryens[22].

Enfin, l'article reproduit un appel pathétique des Juifs allemands, comparant leur situation à celle de Dives dans la parabole biblique de Dives et Lazare. Ils demandent aux nations non soumises à Hitler de leur ouvrir leurs frontières pour une émigration organisée, afin de leur permettre de vivre une vie de sacrifice et de reconstruction. Cet appel est présenté comme un témoignage poignant de leur désespoir et de leur espoir de trouver refuge hors d'Allemagne[23].

La résistance des Témoins de Jéhovah en Allemagne

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Ce texte met en lumière la résistance héroïque des Témoins de Jéhovah (appelés *Bibelforscher* en Allemagne) face à la persécution nazie. La publication souligne que ces croyants subissent des souffrances comparables à celles des martyrs chrétiens des premiers siècles, en raison de leur refus de renier leur foi. Elle cite des exemples de leur détermination, comme celui d'un porte-parole du groupe à Brême, qui, lors d'un procès, a refusé de répondre aux questions du tribunal en déclarant : « Jésus est resté silencieux devant Pilate. Je suis son disciple et je reste également silencieux »[24].

L'article décrit les conditions inhumaines auxquelles sont soumis les Témoins de Jéhovah dans les camps de concentration, notamment à Buchenwald. Les prisonniers sont forcés de se lever à 4 heures du matin pour effectuer des travaux exténuants dans les carrières ou sur les routes, avec une nourriture insuffisante. Ceux qui s'effondrent sous l'effort sont fouettés à coups de lanière, et les punitions pour "manquement à la discipline" incluent des flagellations de 25 coups. La publication rapporte que 145 prisonniers ont été assassinés ou se sont suicidés en une seule année dans ce camp[25].

La publication dénonce également les méthodes de torture psychologique utilisées contre les Témoins de Jéhovah, comme le "baptême allemand", où les prisonniers sont plongés dans des barils d'eaux usées et sommés de renier leur foi. Ceux qui refusent sont maintenus sous l'eau jusqu'à perdre connaissance. Malgré ces épreuves, les Témoins de Jéhovah restent fermes dans leurs convictions, ce qui est présenté comme un témoignage de leur fidélité à Dieu[26].

Enfin, l'article critique les réactions des médias occidentaux, comme *The New Republic*, qui qualifient la résistance des Témoins de Jéhovah de "fanatisme religieux obstiné". La publication souligne que cette attitude encourage indirectement les persécutions nazies en minimisant la gravité des souffrances endurées par ces croyants. Elle mentionne également les conséquences familiales de ces persécutions, comme l'interdiction légale pour les parents Témoins de Jéhovah d'exercer leurs droits parentaux, ou la séparation forcée des couples dont l'un des membres est emprisonné[27].

Courage sublime des Témoins

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La persécution des Témoins de Jéhovah en Allemagne nazie est décrite à travers des témoignages sur leur résistance dans les camps de concentration. Un article du journal argentin Argentinisches Tageblatt[28], relayé par une publication pragoise, rapporte les conditions inhumaines dans les camps de Dachau et Sachsenburg. Les prisonniers sont marqués par des bandes de couleur sur leurs vêtements, désignant leur catégorie et le niveau de cruauté qu’ils subissent. Les Témoins de Jéhovah, identifiés comme tels, endurent des punitions extrêmes, incluant des exercices épuisants, des flagellations et des séjours en isolement dans des cellules sombres et exiguës. Malgré cela, ils maintiennent une résistance passive, refusant notamment de saluer Hitler, ce qui leur vaut des tentatives d’homicide de la part des gardiens SS[29].

Leur attitude est qualifiée de « sublime courage » : ils supportent les châtiments avec une « stoïque sérénité » et continuent à propager leur foi parmi les autres détenus. Leur refus catégorique de se soumettre aux symboles nazis, comme le salut hitlérien, est présenté comme une preuve de leur loyauté envers Jéhovah, contrastant avec la soumission des autres prisonniers politiques. Le texte souligne également la partialité du traitement réservé aux prêtres catholiques, souvent épargnés par les humiliations infligées aux pasteurs protestants, illustrant ainsi l’alliance entre le régime nazi et la hiérarchie catholique romaine[30].

La publication affirme que cette persécution, bien que passée sous silence par la presse, est un témoignage historique comparable à celle subie par Jésus-Christ. Elle cite le Psaume 112:6,10 pour souligner que la mémoire des justes perdurera, tandis que les méchants disparaîtront[31].

Des Témoins de Jéhovah prêchant à São Paulo, Brésil.

Un éditeur de Béthel à bord des navires

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Un membre de la Société Watch Tower, identifié comme un éditeur de Béthel, relate ses expériences de prédication à bord des navires fascistes et nazis, où l’accès à la vérité est strictement contrôlé par les régimes en place. Les lignes maritimes italiennes et allemandes, ainsi que certaines compagnies polonaises et françaises, refusent catégoriquement la distribution de littérature biblique, invoquant des prétextes religieux ou politiques. Par exemple, la ligne polonaise Gdynia-America affirme que ses équipages sont entièrement catholiques et disposent de chapelains à bord, tandis que la ligne française rejette toute collaboration sans justification claire[32].

Cependant, l’éditeur parvient à travailler sur des navires allemands de classe touristique, autrefois propriété du magnat juif Arnold Bernstein, désormais emprisonné par les nazis. Bien que ces navires arborent le drapeau à croix gammée et soient exploités par des équipages nazis, certains membres d’équipage, officiers et marins, expriment leur méfiance envers le régime. L’atmosphère à bord est décrite comme tendue, marquée par une « méfiance et une peur » palpables, où les portraits de Hitler et les exhortations à l’obéissance nazie sont omniprésents. Malgré ces obstacles, plusieurs marins acceptent la littérature biblique, parfois au péril de leur sécurité, et certains avouent être « gavés de religion » au point de ressentir une aversion physique à la vue des clergymen[33].

L’article souligne les parallèles entre les tactiques fascistes, nazies et celles de la hiérarchie catholique, citant des exemples de cris hostiles comme « Communiste ! » lancés contre les prédicateurs. Il met en lumière la détresse des marins, privés de liberté de pensée, et leur désir de voir la justice divine rétablie. La publication insiste sur le fait que ces expériences démontrent que, malgré la propagande, de nombreux marins aspirent à la vérité et à la fin des oppressions politiques et religieuses[34].

Équipement de prédication des Témoins de Jéhovah à Ramsgate, Angleterre.

Prédication à bord des navires et au Brésil

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L’éditeur de Béthel poursuit son récit en décrivant les réactions variées des marins à bord des navires allemands. Certains capitaines, comme celui qui cache un exemplaire usé de Prophecy dans un sac en papier, ou un autre qui accepte volontiers des ouvrages malgré la surveillance d’un steward, illustrent la diversité des attitudes face à la vérité biblique. Les marins non nazis, souvent désillusionnés par les guerres et les révolutions, voient dans la Bible une explication aux malheurs du monde et une promesse de justice divine. Cependant, les opposants, incluant des religieux et des athées, ridiculisent la doctrine des Témoins de Jéhovah[35].

L’article mentionne également les défis logistiques rencontrés à bord, comme la difficulté à obtenir des directions en allemand ou à utiliser un phonographe pour diffuser des messages, en raison de la méfiance des marins. Malgré ces obstacles, des livres comme Riches sont placés dans les bibliothèques des navires, et plusieurs marins expriment leur intérêt pour la littérature biblique. L’éditeur souligne que, même dans un environnement hostile, la main de Jéhovah permet de surmonter les barrières pour transmettre le message divin[36].

En parallèle, une illustration montre des Témoins de Jéhovah prêchant à São Paulo, au Brésil, et à Rio de Janeiro, mettant en avant l’expansion internationale de leur activité missionnaire. L’équipement de prédication utilisé à Ramsgate, en Angleterre, est également présenté, soulignant l’adaptation des méthodes de diffusion selon les contextes locaux[37].

Intensification de la prédication

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La publication annonce une campagne d’intensification de la prédication, qualifiée de « tourner la chaleur », en s’appuyant sur les bénédictions divines reçues durant l’automne. Les conventions internationales des Témoins de Jéhovah, tenues en septembre, ainsi que la conférence de Joseph Rutherford intitulée « Fascisme ou Liberté », diffusée le 2 octobre, ont marqué un tournant dans la diffusion du message divin. Grâce aux technologies modernes, comme la radio et les enregistrements phonographiques, ces discours ont pu être reproduits avec une fidélité remarquable et diffusés à grande échelle[38].

Un programme détaillé de rediffusions radiophoniques est présenté, incluant des conférences comme « Face aux faits », « Remplir la Terre », et « Avertissement ». Ces émissions, diffusées via la station WBBR et des milliers de phonographes portables, visent à « réchauffer les cœurs » des auditeurs en les exposant aux vérités bibliques. La publication insiste sur l’importance de cette « guerre spirituelle » pour contrer les influences néfastes du fascisme et des régimes totalitaires[39].

Un éditeur de Béthel à bord d’un navire.

Fascisme en Pennsylvanie

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Un vétéran de la Première Guerre mondiale relate son expérience lors d’une tentative d’enrôlement dans le Civilian Conservation Corps (CCC), un programme destiné aux anciens combattants au chômage. Lors de son examen médical, un exemplaire de Consolation tombe de sa poche et est immédiatement reconnu par un officier, qui lui refuse l’accès au camp en raison de son affiliation aux Témoins de Jéhovah. L’officier en charge lui explique que le salut fasciste est une condition sine qua non pour obtenir un emploi dans ce camp, soulignant ainsi l’exclusion systématique des Témoins de Jéhovah des programmes sociaux en raison de leur refus de se soumettre aux symboles politiques[40].

L’auteur note que cette exclusion ne s’applique pas à tous les camps du CCC, car il a pu s’enrôler dans deux autres sans difficulté. Il conclut en dénonçant l’influence croissante du fascisme en Pennsylvanie, où le refus de saluer le régime équivaut à une perte d’opportunités professionnelles[41].

Conseils pratiques pour éviter les accidents

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Un lecteur propose une solution simple pour réduire les accidents causés par le verglas : l’utilisation de sel ou d’eau salée sur les trottoirs et les routes, plutôt que de cendres. Selon lui, le sel fait fondre la glace plus efficacement et offre une meilleure adhérence, réduisant ainsi les risques de glissades. Il suggère que les autorités publiques adoptent cette méthode pour améliorer la sécurité aux intersections et aux passages à niveau, bien qu’il préfère rester anonyme[42].

Une affaire de corruption à Philadelphie

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L’article relate une affaire de corruption impliquant John Dougherty, un collecteur de fonds pour une boulangerie de Philadelphie. En 1919, Dougherty perd 90 dollars de son employeur en jouant aux dés et accuse un innocent de l’avoir volé. Ce dernier est condamné à cinq ans de prison pour vol. Des années plus tard, Dougherty avoue son mensonge et est condamné à six mois de prison. La publication utilise cet exemple pour illustrer les injustices perpétrées sous couvert de religion, citant le 2 Rois 18:4 et le récit de l’idolâtrie du serpent d’airain pour dénoncer les pratiques religieuses corrompues[43].

La légende de Betsy Ross démystifiée

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Un historien de Philadelphie, Louis Barcroft Runk, remet en question la légende de Betsy Ross, créditée de la création du premier drapeau américain. Selon Runk, cette histoire est une invention et Betsy Ross n’a jamais vécu à l’adresse devenue un lieu de pèlerinage. La publication utilise cet exemple pour dénoncer le culte des reliques, en citant le Nombres 21:6-9 et le 2 Rois 18:4, qui condamnent l’idolâtrie, même lorsqu’elle est associée à des symboles patriotiques[44].

Aéroport panaméricain de Key West, Floride.

La Floride réintègre les États-Unis

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L’article salue la décision du gouverneur de Floride, Fred P. Cone, de cesser de surveiller les routes pour empêcher les pauvres de chercher du travail dans l’État. Contrairement à l’année précédente, où des policiers bloquaient l’accès aux chômeurs, le gouverneur a reconnu que les véritables menaces pour la Floride étaient les criminels et les racketteurs arrivant en limousines ou en wagons-lits. La publication félicite la Floride pour son « retour aux États-Unis » et son rejet des pratiques discriminatoires envers les plus démunis[45].

Des chiens « patriotes » en Géorgie

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Un récit humoristique décrit le comportement de deux terriers appartenant à un pompier du Southern Railroad, en Géorgie. Ces chiens aboient systématiquement au passage des trains de leur maître, à heures fixes, comme s’ils suivaient un horaire précis. La publication utilise cette anecdote pour illustrer la loyauté et la régularité, des qualités qu’elle associe aux Témoins de Jéhovah dans leur prédication[46].

Des « patriotes » corrompus en Floride

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La publication dénonce une famille floridienne qui perçoit des salaires publics exorbitants pour des postes douteux, comme l’évaluation du tourisme. Selon une chronique de Westbrook Pegler, cette famille, composée d’une femme, de son mari et de leur fils, touche un total de 675 dollars par mois. La publication ironise sur leur prétendu patriotisme, suggérant qu’ils seraient prêts à sacrifier des vies américaines pour préserver leurs privilèges, tout en criant « Heil Hitler » si le régime l’exigeait[47].

La rubrique aborde la question du don des langues, un phénomène que certains groupes religieux considèrent comme une preuve de la présence divine. La publication affirme que les Témoins de Jéhovah n'utilisent pas ce don, contrairement à certaines communautés qui prétendent parler en langues lors de leurs réunions. Selon l'article, ces manifestations ne seraient pas comprises par les participants eux-mêmes et ne serviraient pas à prêcher le message du Royaume de Dieu. La publication souligne que le don des langues, présent à l'époque apostolique, avait une fonction spécifique : servir de signe aux incrédules et permettre la diffusion du message chrétien dans différentes langues [48].

L'article explique que, depuis la mort des apôtres, ce don a cessé, car il n'était plus nécessaire pour accomplir la mission divine. Les Témoins de Jéhovah, en revanche, utilisent des moyens modernes pour diffuser leur message, comme la littérature imprimée en plus de 75 langues et les enregistrements phonographiques. Ces outils permettent de toucher des millions de personnes dans le monde entier, y compris dans des régions où les prédicateurs ne maîtrisent pas la langue locale. La publication insiste sur le fait que ces méthodes sont plus efficaces que le don des langues, qui, selon elle, est souvent utilisé à mauvais escient par des groupes religieux pour impressionner plutôt que pour instruire [49].

Enfin, l'article critique les groupes qui insistent sur le don des langues, les accusant d'être influencés par des démons et de détourner l'attention des véritables œuvres de service divin. Il cite Matthieu 12:38-45 pour rappeler que Jésus avait mis en garde contre la recherche de signes miraculeux, soulignant que ceux qui les demandent s'exposent à des influences maléfiques [50].

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Santé et vie quotidienne

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Cette rubrique regroupe plusieurs brèves traitant de sujets liés à la santé, à la vie domestique et à des anecdotes variées.

Un premier article met en garde contre les dangers des médicaments contre les maux de tête pour les mères allaitantes. Selon la publication, ces médicaments peuvent empoisonner le lait maternel et, par conséquent, nuire aux nourrissons. L'article étend cette mise en garde aux mères qui fument, affirmant que cela rend impossible la naissance d'un enfant en bonne santé. Il attribue la responsabilité de ces pratiques aux dirigeants de l'industrie du tabac, qu'il accuse de mériter la peine de mort pour leurs actions contre l'humanité [51].

Un autre article relate le cas d'un jeune garçon de 14 ans guéri de son daltonisme grâce à une manipulation des vertèbres cervicales, une pratique associée à l'ostéopathie ou à la chiropraxie. L'intervention aurait renforcé les nerfs reliés aux yeux, permettant au garçon de réussir un test de vision des couleurs et d'être accepté dans la marine [52].

Une anecdote raconte l'histoire d'une femme de Géorgie qui, après avoir refusé une opération pour un œil, a retrouvé la vue grâce à une griffure accidentelle de son chat. L'animal, surnommé "Docteur Socrate", aurait ainsi guéri une cataracte, bien que l'article laisse planer un doute sur le caractère fortuit de cet événement [53].

D'autres brèves abordent des conseils pratiques, comme l'utilisation de graisses végétales plutôt que de saindoux pour la cuisine, ou l'emploi de bicarbonate de soude pour le lavage du linge. Un remède contre les piqûres d'insectes est également mentionné : un mélange de sel et de kérosène appliqué sur la zone touchée. Enfin, une astuce pour favoriser le sommeil est proposée : boire du jus de tomate non dilué avant de se coucher [54].

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Cette rubrique présente une série de faits et d'analyses concernant la situation économique et politique des États-Unis, souvent sous un angle critique.

Un premier article aborde l'évolution de la dette publique américaine. Il souligne qu'entre 1890 et 1917, la dette par habitant n'a jamais dépassé 19,33 dollars, avec une moyenne de 14,54 dollars. Cependant, après l'entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale, influencée selon l'article par la maison bancaire Morgan, la dette a explosé. En 1917, elle s'élevait à 28,57 dollars par habitant, puis a atteint une moyenne de 174,50 dollars entre 1918 et 1932. Pour les quatre dernières années, la moyenne était de 224,66 dollars par habitant, et en février 1937, la dette totale dépassait les 34,5 milliards de dollars. En 1938, elle atteignait plus de 38 milliards de dollars [55].

Un autre article traite de l'impact de la fin du *National Recovery Administration* (NRA) sur l'emploi des jeunes. Il note qu'au cours des cinq premiers mois de 1936, deux fois et demie plus d'enfants âgés de 14 et 15 ans ont quitté l'école pour travailler par rapport à la même période en 1935. L'article souligne les difficultés à garantir l'éducation et les avantages pour la jeunesse tout en évitant les dérives des États fascistes [56].

La rubrique évoque également la possibilité que 800 000 fonctionnaires rejoignent une organisation affiliée au *Congress of Industrial Organizations* (CIO), ce qui donnerait à John L. Lewis, dirigeant du CIO, un pouvoir considérable sur le gouvernement. L'article mentionne que 15 sections locales de la *American Federation of Government Employees* ont déjà rejoint le CIO avec 3 200 membres [57].

Un article relate le transfert de l'or américain vers le Kentucky, une opération logistique majeure impliquant 80 trains et une surveillance policière renforcée. La valeur totale de l'or déplacé est estimée à environ 11,25 milliards de dollars [58].

Enfin, la rubrique aborde la question de l'assistance publique aux États-Unis. En mai 1938, environ 20,2 millions de personnes, soit un sixième de la population, recevaient une forme d'aide publique. Le nombre de familles concernées était de 6,4 millions. L'article cite également un discours de Raymond W. Bellamy, membre du Comité national républicain, qui critique les programmes de secours, affirmant qu'ils encouragent la paresse et transforment les États-Unis en une "nation de parasites" [59].

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Grands personnages religieux : Marie Ire d'Angleterre

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Cet article fait partie d'une série de biographies visant à illustrer les similitudes entre les purges modernes menées par Hitler, Mussolini et Franco, et les inquisitions historiques de l'Église catholique romaine. Il se concentre sur le règne de Marie Ire d'Angleterre, surnommée "Marie la Sanglante" (*Bloody Mary*), et met en lumière ses méthodes répressives contre les protestants, qu'il compare aux pratiques des régimes fascistes contemporains.

L'article décrit Marie Ire comme un exemple historique des effets néfastes d'une éducation catholique sur l'esprit d'un enfant. Fille d'Henri VIII et de Catherine d'Aragon, elle a été élevée dans la foi catholique et a cherché à rétablir la suprématie papale en Angleterre après la mort de son frère Édouard VI. Dès son accession au trône en 1553, elle a exprimé son désir de réconcilier son royaume avec Rome, une démarche qui a conduit à la persécution des protestants [60].

La publication cite des historiens pour illustrer la brutalité de son règne. Par exemple, Agnes Strickland, dans *Lives of the Queens of England*, décrit comment Marie a utilisé un "tribunal inquisitorial" pour imposer sa politique religieuse. Les premières victimes de sa répression furent les opposants politiques, comme ceux impliqués dans la rébellion de Wyatt, qui furent pendus devant leurs propres portes, laissant leurs familles traumatisées [61].

L'article souligne que la véritable cible de Marie était les protestants, qu'elle considérait comme des hérétiques. En 1555, elle a lancé une persécution systématique contre eux, avec l'aide de ses principaux inquisiteurs, les évêques Gardiner et Bonner. Plus de deux cents personnes ont été exécutées durant son règne, principalement pour avoir refusé de reconnaître la suprématie du pape. Parmi les martyrs célèbres figurent l'évêque Hooper, qui a refusé de renier sa foi même face à la mort, et d'autres figures protestantes comme Rogers, Saunders et le docteur Rowland Taylor [62].

L'article établit un parallèle entre les méthodes de Marie Ire et celles des régimes fascistes modernes, soulignant que l'Inquisition catholique n'a jamais changé au fil des siècles. Il cite également les propos de l'historien James Anthony Froude, qui décrit la détermination de Marie à soumettre ou à exterminer les ennemis de l'Église [63].

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Sympathies de Chamberlain

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Cet article critique les actions du Premier ministre britannique Neville Chamberlain lors de la crise des Sudètes en 1938, en particulier son appel au pape Pie XI avant la conférence de Munich. La publication interprète cet appel comme une reconnaissance de l'alliance entre le Vatican et Hitler, une alliance qui aurait influencé la décision de Chamberlain de céder une partie de la Tchécoslovaquie à l'Allemagne nazie.

L'article cite une dépêche de l'agence *United Press*, reprise par le *New York Sun* du 28 septembre 1938, qui relate cet appel. Il souligne que cette démarche a été critiquée par de nombreux Britanniques, y compris des membres de la Chambre des communes, qui y ont vu une trahison des principes démocratiques. Phyllis Bottome, une auteure citée dans *The American Guardian* du 14 octobre 1938, qualifie cette conduite de "trahison", affirmant que Chamberlain a délibérément renforcé Hitler, permettant ainsi au fascisme de progresser au détriment de la démocratie [64].

La publication rappelle que le *London Catholic Herald* du 23 septembre 1938 a salué l'action de Chamberlain, le décrivant comme un homme "chaudement recommandé" par le comte Della Torre, éditeur de *L'Osservatore Romano*, l'organe semi-officiel du Vatican. Cet éloge est interprété comme une preuve supplémentaire des liens entre le Vatican et les régimes fascistes [65].

L'article établit un parallèle entre les actions de Chamberlain et celles de Marie Ire d'Angleterre, qui avait également cherché à rétablir la suprématie papale dans son royaume. Il avertit que l'Angleterre, en s'alignant sur les intérêts du Vatican, risque de répéter les erreurs du passé, notamment en abandonnant les principes de liberté et de démocratie [66].

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Martyrs pour un principe

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Cet article rend hommage aux martyrs protestants qui ont résisté à la tyrannie religieuse de Marie Ire d'Angleterre, en mettant en avant leur courage et leur détermination à défendre leurs convictions. Il cite notamment les derniers mots et actes de l'évêque Hooper, qui a refusé de renier sa foi même face à la mort.

L'évêque Hooper, selon l'article, a déclaré à ses bourreaux qu'il n'était pas venu pour mourir en tant que criminel, mais pour affirmer sa foi. Il a refusé toute clémence qui aurait impliqué de renier sa doctrine, préférant mourir plutôt que de trahir ses convictions. L'article cite les propos de Hooper rapportés par l'historien James Anthony Froude : *« Je ne suis pas venu ici comme quelqu'un qui est forcé ou contraint de mourir ; j'aurais pu avoir la vie, comme cela est bien connu, avec un gain mondain, si j'avais accepté que ma doctrine soit fausse et hérétique »* « Je ne suis pas venu ici comme quelqu'un qui est forcé ou contraint de mourir » [67].

L'article souligne que le véritable motif de la persécution de ces martyrs était leur refus de reconnaître la suprématie du pape. Il cite à nouveau Froude, qui affirme que l'objectif de Marie était de soumettre ou d'exterminer les ennemis de l'Église catholique. Les martyrs protestants, décrits comme des hommes au comportement irréprochable, ont été brûlés vifs pour leur foi, notamment en 1555, sous la direction des évêques Gardiner et Bonner [68].

Enfin, l'article établit un lien entre les persécutions du XVIe siècle et les événements contemporains, en citant les propos de Gilbert O. Nations, qui décrit le Vatican comme *« l'Arch Malfaiteur »* et dénonce son influence sur les régimes autoritaires modernes. Il souligne que les méthodes de l'Inquisition n'ont pas changé, et que les principes défendus par les martyrs protestants restent d'actualité [69].

Par monts, par vaux et par sentiers

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La rubrique présente un récit fictif intitulé « Par monts, par vaux et par sentiers » (« By Trail and Stream and Garden Path »), sous-titré « Un bâtisseur » (« A Builder »). L'histoire met en scène Oncle Charley, Jane, Buddy et Bunny, qui explorent une grotte naturelle formée par l'érosion d'une rivière[70]. Oncle Charley explique aux enfants que les formations rocheuses à l'intérieur de la grotte sont l'œuvre de la nature, décrite comme « la plus grande de toutes les artistes », dont les créations prennent des centaines d'années à se former et durent encore plus longtemps[71]. Il souligne que les humains ne connaissent que ce que Jéhovah leur a permis d'apprendre à travers l'observation de la nature, citant des exemples comme les roches, les flocons de neige, ou encore la voûte plantaire humaine[72].

L'histoire se poursuit avec une description de la grotte, où les enfants découvrent des pierres sculptées par l'eau au fil des siècles. Oncle Charley compare ce processus à celui d'une rivière qui, en s'écoulant sur des roches pendant des millénaires, les use et les façonne jusqu'à former des cavités et des formes variées[73]. Il évoque également l'existence de grottes bien plus vastes, dont certaines nécessiteraient des jours pour être traversées, et dont les beautés défient toute description[74].

Illustration accompagnant le récit « Par monts, par vaux et par sentiers ».

La fin du récit introduit une réflexion sur la petitesse de l'homme face à la grandeur de la création divine. Jane exprime son sentiment d'humilité en comparant les réalisations humaines aux œuvres naturelles, comme les montagnes, les vallées ou les ponts naturels, ainsi qu'aux phénomènes célestes comme les levers et couchers de soleil[75]. Oncle Charley renchérit en soulignant que l'homme n'a guère de raison de se vanter, car ces merveilles sont l'œuvre de Jéhovah, et non la sienne. Buddy exprime son désir de revenir souvent dans cette grotte, et Oncle Charley leur réserve une dernière surprise : un skunk endormi pour l'hiver, blotti dans un recoin de la grotte[76].

Commentaires britanniques

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Sous la signature de J. Hemery (Londres), cette rubrique analyse la situation politique en Europe à la suite de la crise des Sudètes et des accords de Munich[77]. L'auteur retrace les événements qui ont conduit à l'annexion de la région des Sudètes par l'Allemagne nazie, soulignant que cette crise a eu des répercussions mondiales en raison des alliances de la Tchécoslovaquie avec la France et la Grande-Bretagne[78]. Hitler, décrit comme déterminé à dominer l'Europe centrale et à unifier les nations germanophones sous son contrôle, a mobilisé une grande partie de son armée sous prétexte de manœuvres automnales, avant de formuler des exigences territoriales envers la Tchécoslovaquie[79].

L'article évoque les réactions en Grande-Bretagne, où une grande inquiétude s'est emparée de la population à mesure que la crise s'aggravait. Les politiciens ont multiplié les appels à la défense de la démocratie, la Tchécoslovaquie étant présentée comme le dernier rempart démocratique en Europe centrale[80]. La population britannique, jusqu'alors peu préoccupée par le conflit, a soudainement pris conscience de la menace d'une guerre européenne. Des mesures d'urgence ont été mises en place, comme la distribution de masques à gaz et le creusement de tranchées dans les parcs et jardins[81]. La mobilisation de la flotte britannique aurait, selon l'auteur, été le facteur décisif qui a fait reculer Hitler, celui-ci comprenant le langage de la force[82].

L'auteur critique vivement les accords de Munich, qui ont permis à Hitler d'atteindre ses objectifs sans résistance militaire. Bien que ces accords aient évité une guerre immédiate, ils ont renforcé la position de l'Allemagne nazie en Europe et affaibli l'influence démocratique de la Grande-Bretagne[83]. L'article souligne également que les régimes totalitaires, comme le nazisme et le fascisme, ne sont pas dignes de confiance, car ils rompent facilement leurs engagements et privilégient la force brute[84]. Enfin, l'auteur mentionne que ces événements ont donné du crédit aux partisans d'un gouvernement totalitaire en Grande-Bretagne, confirmant ainsi les avertissements lancés par Joseph Rutherford lors de ses discours à Londres, où il avait mis en garde contre les dangers du totalitarisme et de la substitution de l'État à Dieu[85].

Cette section examine les répercussions des accords de Munich et de la montée des régimes totalitaires sur la vie des Britanniques[86]. L'auteur souligne que ces événements ont profondément modifié le quotidien des citoyens, notamment en raison de la nécessité de poursuivre les préparatifs militaires et d'accélérer le réarmement. Les régimes totalitaires, comme ceux de Hitler et Mussolini, sont décrits comme imprévisibles et prompts à rompre leurs promesses, ce qui oblige les démocraties à adopter des mesures similaires pour se protéger[87].

L'article évoque également l'influence croissante des idées totalitaires en Grande-Bretagne, où certains cercles politiques et influents soutiennent des méthodes inspirées du fascisme. Cette tendance est présentée comme une confirmation des avertissements formulés par Joseph Rutherford lors de ses discours, notamment celui prononcé au Royal Albert Hall de Londres, où il avait mis en garde contre les dangers du totalitarisme et de la substitution de l'État à Dieu[88].

L'auteur aborde ensuite le rôle de l'Église d'Angleterre, soulignant que celle-ci, en tant qu'institution liée à l'État, pourrait être amenée à servir les intérêts politiques du gouvernement. Les évêques et archevêques de l'Église d'Angleterre sont nommés par le roi, et les prêtres doivent prêter serment d'obéissance à leurs supérieurs hiérarchiques, ce qui les place sous l'autorité directe de l'État[89]. L'article suggère que, en cas de besoin, l'Église pourrait être utilisée pour diffuser des messages patriotiques ou pour encourager la population à soutenir les efforts de l'État, notamment en matière de défense nationale. Cette perspective est présentée comme une menace pour la liberté de conscience et comme une illustration supplémentaire des dangers du totalitarisme[90].

Les pasteurs infidèles

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Cette section critique vivement les responsables religieux qui, tout en se présentant comme des défenseurs de la foi chrétienne, rejettent ou déforment les enseignements bibliques[91]. L'auteur utilise le terme « infidèles » pour qualifier ces pasteurs, soulignant qu'ils sont en réalité opposés à Dieu et à Sa Parole. Il cite en exemple un chanoine de la cathédrale de Liverpool, dont les écrits remettent en cause des récits bibliques fondamentaux, comme celui de la Création, du Déluge ou de la confusion des langues à Babel[92]. Selon l'auteur, ces hommes, en niant l'authenticité des Écritures, se placent au même rang que les pharisiens et les sadducéens, qui rejetaient les révélations divines au profit de leurs propres traditions[93].

L'article affirme que ces responsables religieux, bien qu'ils se présentent comme des guides spirituels, sont en réalité des ennemis de Dieu et du Christ, car ils s'opposent à la Parole divine et propagent l'incrédulité[94]. Il souligne que ces systèmes religieux, en se détournant de la vérité biblique, sont voués à subir les jugements de Jéhovah, tout comme les régimes totalitaires et les hiérarchies politiques qui cherchent à dominer le monde[95].

Cette brève note évoque le vingtième anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale, en rappelant les conséquences tragiques de ce conflit[96]. L'auteur mentionne la découverte, sur les champs de bataille de France, des corps de 768 soldats britanniques, dont 189 ont pu être identifiés grâce à leurs plaques d'identité. Cette évocation sert de rappel des horreurs de la guerre et des souffrances endurées par ceux qui y ont participé[97]. L'article souligne que ces sacrifices n'ont pas empêché le monde de sombrer à nouveau dans le chaos, comme en témoignent les événements récents en Europe, confirmant ainsi les prophéties bibliques sur les troubles des derniers jours[98].

Cet article décrit le phénomène géologique des ponts naturels, ces formations rocheuses qui se sont formées sans intervention humaine et qui enjambent des cours d'eau, des vallées ou des gorges[99]. L'auteur évoque plusieurs exemples célèbres, comme le Pont d'Arc en France, formé par l'érosion d'une rivière, ou encore le Rainbow Arch dans l'Utah, qui s'élève à 309 pieds de hauteur et enjambe une ouverture de 278 pieds[100]. Un autre exemple cité est le pont naturel de Virginie, haut de 236 pieds et large de 50 pieds, qui est présenté comme une illustration de la grandeur et de la beauté de la création divine[101].

L'article souligne que ces merveilles naturelles invitent à la contemplation et à la reconnaissance d'un grand concepteur derrière les beautés de la nature. Il mentionne également que, pour accéder à une vue spectaculaire de ces formations, il est parfois nécessaire de payer un droit d'entrée, ce qui est présenté comme une illustration de la tendance humaine à monnayer ce qui devrait être accessible à tous[102].

Avez-vous entendu ces conférences mémorables ?

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Cette section annonce la disponibilité de trois conférences prononcées par Joseph Rutherford, intitulées « Fascisme ou Liberté » (« Fascism or Freedom »), « Affrontez les faits » (« Face the Facts ») et « Peuplons la terre » (« Fill the Earth »)[103]. Ces discours, initialement présentés à Londres et à New York devant de vastes auditoires, ont été diffusés par ondes courtes et lignes téléphoniques transcontinentales vers d'autres foules en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en Australie. La publication propose désormais de les écouter chez soi grâce à des enregistrements phonographiques[104].

Chaque conférence dure environ une heure et est enregistrée sur six disques double face. Les lecteurs sont invités à remplir un coupon pour qu'un représentant de la Watch Tower vienne organiser une écoute gratuite de ces discours. Il est également possible de commander les enregistrements pour un usage personnel ou pour les partager avec des voisins et amis, au prix de 3,50 dollars pour six disques (soit 10,50 dollars pour les trois conférences)[105].

Annuaire des Témoins de Jéhovah pour 1939

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Cette section présente l'« Annuaire des Témoins de Jéhovah pour 1939 » (« 1939 Year Book of Jehovah's witnesses »), une publication annuelle de la Watch Tower Society[106]. Cet ouvrage, préparé par le président de la Société, offre un rapport détaillé des activités des Témoins de Jéhovah à travers le monde, illustrant ainsi l'accomplissement de la prophétie et du commandement de Jésus Christ selon lequel « cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans toute la terre habitée, en témoignage » (Matthieu 24:14)[107].

L'annuaire, composé de 384 pages et relié, comprend également un texte biblique et un commentaire pour chaque jour de l'année 1939. Cette fonction est présentée comme un rappel constant des privilèges et des obligations incombant à ceux qui sont dévoués à Dieu et à Son royaume[108]. En raison de son tirage limité et de son coût de production élevé, une contribution de 50 cents est demandée pour chaque exemplaire[109].

Cette section annonce la sortie du « Calendrier 1939 pour les Témoins de Jéhovah », un calendrier illustré et thématique[110]. Le texte annuel, tiré de Jérémie 1:19 (« Mais ils ne prévaudront pas contre toi »), est accompagné d'une illustration symbolisant les armées opposées en bataille. Une lettre du président de la Société, incluse dans le calendrier, détaille les périodes de service unifié pour l'année 1939, tandis que le bloc-notes du calendrier indique les dates correspondantes[111].

Le calendrier est disponible au prix de 25 cents l'unité, ou 20 cents par exemplaire pour des commandes de cinq calendriers ou plus envoyés à une même adresse[112]. Les lecteurs sont invités à passer commande via un coupon, ou par l'intermédiaire du « serviteur de compagnie » s'ils sont associés à un groupe de Témoins de Jéhovah[113].

La résistance des Témoins de Jéhovah dans les camps de concentration nazis occupe, dans ce numéro, une fonction théologique précise et non seulement une valeur documentaire. La publication assimile explicitement le comportement des Bibelforscher à celui des martyrs chrétiens des premiers siècles, et le silence d'un porte-parole du groupe devant un tribunal à Brême est mis en parallèle direct avec le silence de Jésus devant Ponce Pilate.[114] Ce rapprochement, loin d'être rhétorique, construit une théologie de la persécution : la souffrance des fidèles constitue une preuve de leur appartenance au camp divin. Le Psaume 112:6,10, cité à la page 11 pour annoncer que la mémoire des justes perdurera tandis que les méchants périront, est mobilisé comme une promesse prophétique directement applicable à la situation contemporaine.[115] Les Témoins de Jéhovah étaient en 1938 la première confession chrétienne à avoir été interdite par le gouvernement nazi et, selon les estimations historiques, environ 10 000 membres furent envoyés dans des camps de concentration, dont entre 2 000 et 5 000 périrent en détention.[116] Ce contexte donne à la comparaison avec les martyrs des premiers siècles une consistance factuelle que la publication exploite pour consolider l'identité doctrinale du groupe : persécuté, donc juste ; refusant de céder, donc fidèle à Dieu.

Le choix du verset de Jérémie 1:19 — « Mais ils ne prévaudront pas contre toi » — comme texte annuel du calendrier 1939 prolonge cette logique martyrologique dans une dimension prophétique.[117] La parole divine adressée au prophète Jérémie est réappropriée comme promesse de protection accordée aux fidèles contemporains face aux puissances combinées du nazisme, du fascisme et des hiérarchies cléricales. Cette réinterprétation typologique est caractéristique de la méthode herméneutique de l'organisation à cette époque : les prophètes de l'Ancien Testament sont lus comme préfigurant la situation des Témoins de Jéhovah au XXe siècle.

La biographie de Marie Ire d'Angleterre, présentée aux pages 20-21, remplit dans ce numéro une fonction doctrinale cohérente avec l'ecclésiologie rutherfordienne de « Babylone la Grande ». La publication ne se contente pas d'une comparaison historique entre les bûchers de 1555 et les camps nazis de 1938 : elle affirme que le système catholique romain constitue une entité immuable, dont les méthodes inquisitoriales n'ont jamais évolué au fil des siècles. Cette thèse, empruntée à une longue tradition antipapisante protestante alimentée notamment par le Livre des Martyrs de John Foxe (1563)[118], est réactivée ici à des fins théologiques précises : la persécution simultanée des protestants au XVIe siècle et des Témoins de Jéhovah en 1938 est présentée comme la preuve empirique que « Babylone la Grande » opère de manière identique à travers les âges. Les quelque 284 exécutions documentées sous Marie Ire[119] sont convoquées non pas comme une leçon d'histoire, mais comme un argument théologique sur la nature permanente du pouvoir clérical.

L'argumentation sur le don des langues, développée aux pages 17-18, introduit dans ce numéro un front doctrinal distinct, dirigé non pas contre les régimes politiques mais contre d'autres groupes religieux. La publication affirme que ce don, fonctionnel à l'époque apostolique pour permettre la diffusion du message chrétien dans différentes langues, a cessé avec la mort des apôtres parce qu'il n'était plus nécessaire à l'accomplissement du plan divin.[120] Les groupes qui le pratiquent encore en 1938 sont accusés non d'erreur théologique bénigne, mais d'être sous influence démoniaque, en s'appuyant sur Matthieu 12:38-45, où Jésus avertit que la recherche de signes miraculeux expose à des forces maléfiques.[121] Cette prise de position s'inscrit dans la démarcation nette que l'organisation maintient vis-à-vis des mouvements pentecôtistes et charismatiques qui connaissent alors un développement notable. La substitution du don des langues par la littérature imprimée en plus de 75 langues et les enregistrements phonographiques est présentée comme la forme providentielle et moderne de la même mission apostolique, ce qui réintègre la technique moderne dans un cadre théologique.

L'appel des Juifs allemands, reproduit à la page 9 et explicitement rapproché de la parabole de Lazare et du mauvais riche (Luc 16:19-31), révèle une lecture typologique de la souffrance juive contemporaine.[122] Dans la parabole, Lazare est un mendiant misérable que personne ne secourt de son vivant, condamné à se nourrir des miettes tombées de la table du riche Dives ; les Juifs allemands en appellent précisément aux nations qui ne les secourent pas, incapables d'emporter plus de seize shillings en quittant l'Allemagne, dépossédés de tout bien et réduits à demander l'aumône d'une frontière ouverte. L'association est donc construite terme à terme : la détresse matérielle absolue (Lazare affamé / Juifs spoliés), l'indifférence des nations environnantes (Dives insensible / démocraties fermant leurs frontières), et l'appel sans réponse adressé à ceux qui pourraient agir. Pour la publication, cette correspondance point par point entre la figure biblique et la situation de 1938 n'est pas une coïncidence rhétorique : elle signifie que la situation des Juifs s'inscrit dans un schéma divinement prévu et scripturalement annoncé. Cette herméneutique, qui trouve dans les événements politiques contemporains la réalisation de figures scripturaires, est cohérente avec l'ensemble de la production doctrinale de l'organisation durant la période rutherfordienne.

Organisation et histoire

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La persécution institutionnalisée des Témoins de Jéhovah dans l'Allemagne nazie constitue le premier thème organisationnel saillant de ce numéro. La publication documente les conditions de détention dans les camps de concentration de Buchenwald, Dachau et Sachsenburg, trois établissements que l'organisation utilise pour illustrer la répression d'État subie par ses membres en Allemagne.[123] Le camp de Sachsenburg, situé à Frankenberg en Saxe, fut l'un des premiers camps nazis, opérationnel dès mai 1933 dans les locaux d'une ancienne filature et géré par les SS jusqu'à sa fermeture le 9 juillet 1937, date à laquelle ses prisonniers furent pour la plupart transférés à Sachsenhausen et Buchenwald.[124] Le numéro précise que ces prisonniers étaient identifiés par des bandes de couleur cousues sur leurs vêtements — un système de marquage catégoriel que l'historiographie attribue précisément à Sachsenburg, premier camp à l'avoir généralisé.[125] Les Témoins de Jéhovah, désignés sous le nom d'Ernste Bibelforscher en Allemagne, furent la première confession chrétienne interdite par le gouvernement nazi et celle qui fit l'objet des persécutions les plus étendues et les plus intenses, avec environ 10 000 membres envoyés dans des camps de concentration entre 1933 et 1945.[126]

Le numéro mentionne également que les autorités nazies ont, par décision légale, retiré aux Témoins de Jéhovah leurs droits parentaux, mesure institutionnelle qui s'ajoutait aux détentions arbitraires et aux traitements dégradants dans les camps pour frapper le groupe dans sa reproduction sociale.[127] La publication rapporte également qu'un porte-parole du groupe à Brême a refusé de répondre au tribunal, citant explicitement le silence de Jésus devant Pilate, ce qui illustre la stratégie de résistance passive institutionnelle face aux procédures judiciaires nazies.[128]

L'analyse que fait la publication de la stratégie nazofasciste s'inscrit dans le cadre plus large de l'activisme éditorial de Rutherford, dont la sociologie religieuse a caractérisé l'orientation comme une « stratégie provocation-répression-solidarité » : les publications virulentes entraînaient la persécution, laquelle était ensuite documentée pour renforcer la crédibilité du message du groupe et la cohésion interne.[129] Ce mécanisme est pleinement visible dans ce numéro, où les récits de martyres en Allemagne alternent avec des appels à intensifier la prédication aux États-Unis, en Grande-Bretagne et au Brésil.

Les activités missionnaires et organisationnelles internationales de la Watch Tower Society sont documentées dans ce numéro à travers plusieurs plans géographiques distincts. Le témoignage d'un membre de la Société à bord de navires fascistes et nazis atteste d'une stratégie délibérée de prédication dans des environnements hostiles, notamment sur des lignes maritimes dont certains bâtiments avaient appartenu au magnat juif Arnold Bernstein, emprisonné par les nazis au moment des faits.[130] Des photographies d'activités missionnaires à São Paulo et Rio de Janeiro, ainsi qu'à Ramsgate en Angleterre, documentent quant à elles l'implantation internationale effective du mouvement à cette date.[131] La rubrique « Intensification de la prédication » présente par ailleurs un programme structuré de rediffusion radiophonique via la station WBBR et de distribution de phonographes portables, illustrant le recours à des technologies modernes comme vecteurs organisationnels centraux.[132]


Ce numéro documente enfin une discrimination institutionnelle aux États-Unis, à travers le témoignage d'un vétéran de la Première Guerre mondiale refusé dans un camp du Civilian Conservation Corps (CCC) en Pennsylvanie au motif de son affiliation aux Témoins de Jéhovah et de son refus du salut fasciste exigé par l'officier recruteur.[133] Ce cas individuel s'inscrit dans un contexte plus large : au cours des années suivantes, les objecteurs de conscience — parmi lesquels les Témoins de Jéhovah constituaient une part significative — se heurtèrent systématiquement à des institutions civiles et militaires qui réservaient les exemptions aux membres des « Églises historiques de paix » telles que les Mennonites ou les Quakers.[134] La chronique de J. Hemery, signée depuis Londres, rappelle de son côté que Rutherford avait mis en garde contre les dangers du totalitarisme lors de ses discours au Royal Albert Hall de Londres, avertissements que les événements de la crise des Sudètes en 1938 venaient, selon la publication, de confirmer.[135]

La rubrique « Santé et vie quotidienne » du numéro du 14 décembre 1938 regroupe plusieurs affirmations médicales qui méritent un examen critique, dans la mesure où elles sont présentées sans réserve dans une publication connue pour sa méfiance structurelle envers la médecine conventionnelle et les industries pharmaceutiques.[136]

La première affirmation concerne les médicaments contre les maux de tête et leurs effets sur les nourrissons via le lait maternel. La publication affirme que ces médicaments « empoisonnent » le lait maternel et rendent impossible la naissance d'un enfant en bonne santé lorsque la mère fume.[137] Sur le fond, la préoccupation concernant le passage de substances actives dans le lait maternel n'était pas sans fondement scientifique à l'époque : l'aspirine, l'un des analgésiques les plus répandus dans les années 1930, est en effet métabolisée en salicylate, lequel est excrété dans le lait maternel et peut, à doses élevées, provoquer des effets indésirables chez le nourrisson.[138] Cependant, la formulation de la revue va bien au-delà de cette réalité partielle : en passant sans transition de la mise en garde médicale à la condamnation de l'industrie du tabac, qualifiée de méritant « la peine de mort », la publication instrumentalise une donnée scientifique approximative pour nourrir une rhétorique moralisatrice de condamnation d'industries jugées corruptrices. Cette association abrupte entre pharmacologie, tabac et culpabilité morale révèle que l'enjeu n'est pas tant la santé publique que la dénonciation de forces supposément hostiles à l'humanité, un schéma récurrent dans les publications de l'ère Rutherford.[139]

La deuxième affirmation concerne un cas présenté comme authentique : un garçon de quatorze ans aurait été guéri de son daltonisme grâce à une manipulation des vertèbres cervicales, une technique relevant de la chiropraxie ou de l'ostéopathie. La publication rapporte ce cas sans la moindre distance critique, dans une rubrique où il voisine avec d'autres remèdes non conventionnels.[140] Or, la chiropraxie repose, depuis sa fondation par Daniel David Palmer en 1895, sur le postulat non démontré selon lequel des désalignements vertébraux seraient responsables d'une grande variété de maladies, affectant des organes a priori sans connexion directe avec la colonne vertébrale.[141] L'idée qu'une manipulation cervicale puisse corriger un déficit de perception chromatique — dont la base est génétique, liée à l'absence ou au dysfonctionnement de photorécepteurs rétiniens — relève d'une application des théories fondatrices de la chiropraxie qui n'était pas davantage étayée scientifiquement en 1938 qu'elle ne l'est aujourd'hui. En rapportant ce cas sans réserve, la Consolation valide implicitement une médecine alternative fondée sur des principes que la communauté médicale dominante de l'époque considérait déjà avec scepticisme, ce qui s'inscrit cohéremment dans la méfiance historique de la Watch Tower envers les pratiques médicales orthodoxes.[142]

La troisième affirmation, plus anecdotique en apparence, est celle d'une femme de Géorgie dont une cataracte aurait été guérie par la griffure accidentelle de son chat, surnommé « Docteur Socrate ».[143] Si l'article ménage formellement une ambiguïté sur le caractère fortuit de l'événement, le choix de le rapporter dans une rubrique de santé et vie pratique lui confère néanmoins un statut de témoignage crédible. Une cataracte, opacification progressive du cristallin, ne peut être résorbée par un traumatisme superficiel de la cornée : en 1938, la pathologie était suffisamment bien comprise pour que cette guérison soit scientifiquement invraisemblable dans ses termes. La présence de cette anecdote dans la rubrique sert moins à informer qu'à suggérer que des guérisons surviennent en dehors des voies de la médecine conventionnelle, renforçant ainsi la posture générale de la publication à l'égard de l'establishment médical.

Dans sa rubrique « Votre Oncle Sam », le numéro du 14 décembre 1938 présente l'évolution de la dette publique américaine sous un prisme à forte coloration idéologique. La revue soutient qu'au mois de mai 1938, quelque 20,2 millions de personnes — soit environ un sixième de la population des États-Unis — recevaient une forme d'aide publique, et elle cite à l'appui un discours de Raymond W. Bellamy, présenté comme membre du Comité national républicain, qui qualifie ces programmes de secours de vecteurs de paresse, accusant l'État de transformer les États-Unis en « nation de parasites ».[144]

Cette présentation est caractéristique du biais eschatologique de la publication : en cumulant dans un même article la hausse spectaculaire de la dette fédérale, l'essor des syndicats (le CIO de John L. Lewis), le transfert de l'or américain au Kentucky et la proportion de bénéficiaires de l'aide publique, la revue construit un tableau délibérément alarmant de la décomposition du système démocratique américain. Or, le contexte statistique réel nuance fortement cette lecture. En mai 1938, les États-Unis traversaient une rechute conjoncturelle sévère — la « récession de 1937-1938 » — après que l'administration Roosevelt avait prématurément réduit les dépenses de son programme de New Deal. Le Bureau of Labor Statistics estima que le taux de chômage atteignit 19 % en 1938, après être redescendu à 14,3 % en 1937.[145] Dans ce contexte, l'ampleur de l'assistance publique décrite par la revue — un sixième de la population — n'était pas exagérée ; elle reflétait une réalité documentée par les sources gouvernementales elles-mêmes, qui dénombraient des millions de chômeurs dont les ressources étaient épuisées.[146]

Le biais de la revue ne réside donc pas dans l'inexactitude du chiffre brut, mais dans le cadrage interprétatif qu'elle lui impose. Là où des économistes et administrateurs de l'époque — y compris Roosevelt lui-même, qui rechignait à distribuer des allocations à des travailleurs valides par crainte de la dépendance[147] — voyaient une crise conjoncturelle exigeant une réponse temporaire de l'État, la Consolation présente l'assistance publique comme un symptôme de la décadence irrémédiable des gouvernements humains, cohérent avec sa rhétorique sur l'imminence de la fin du système mondial. La voix de Raymond Bellamy, dont les propos anti-assistance sont reproduits sans contradiction ni contexte, est instrumentalisée pour accréditer une thèse théologique — la faillite inéluctable des États séculiers — bien plus que pour rendre compte objectivement d'un débat politique américain alors réel et complexe.


Illustrations du numéro

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  1. Consolation du 14 décembre 1938, p. 3.
  2. Consolation du 14 décembre 1938, p. 3.
  3. Consolation du 14 décembre 1938, p. 3.
  4. Consolation du 14 décembre 1938, p. 4.
  5. Consolation du 14 décembre 1938, p. 4.
  6. Consolation du 14 décembre 1938, p. 4.
  7. Consolation du 14 décembre 1938, p. 5.
  8. Consolation du 14 décembre 1938, p. 5.
  9. Consolation du 14 décembre 1938, p. 6.
  10. Consolation du 14 décembre 1938, p. 6.
  11. Consolation du 14 décembre 1938, p. 6.
  12. Consolation du 14 décembre 1938, p. 7.
  13. Consolation du 14 décembre 1938, p. 7.
  14. Consolation du 14 décembre 1938, p. 7.
  15. Consolation du 14 décembre 1938, p. 7.
  16. Consolation du 14 décembre 1938, p. 8.
  17. Consolation du 14 décembre 1938, p. 8.
  18. Consolation du 14 décembre 1938, p. 8.
  19. Consolation du 14 décembre 1938, p. 8.
  20. Consolation du 14 décembre 1938, p. 9.
  21. Consolation du 14 décembre 1938, p. 9.
  22. Consolation du 14 décembre 1938, p. 9.
  23. Consolation du 14 décembre 1938, p. 9.
  24. Consolation du 14 décembre 1938, p. 10.
  25. Consolation du 14 décembre 1938, p. 10.
  26. Consolation du 14 décembre 1938, p. 10.
  27. Consolation du 14 décembre 1938, p. 10.
  28. Consolation du 14 décembre 1938, p. 11.
  29. Ibid.
  30. Ibid.
  31. Ibid.
  32. Consolation du 14 décembre 1938, p. 12.
  33. Ibid.
  34. Ibid.
  35. Consolation du 14 décembre 1938, p. 13.
  36. Ibid.
  37. Ibid.
  38. Consolation du 14 décembre 1938, p. 14.
  39. Ibid.
  40. Consolation du 14 décembre 1938, p. 15.
  41. Ibid.
  42. Consolation du 14 décembre 1938, p. 15.
  43. Ibid.
  44. Ibid.
  45. Consolation du 14 décembre 1938, p. 16.
  46. Ibid.
  47. Ibid.
  48. Consolation du 14 décembre 1938, p. 17.
  49. Consolation du 14 décembre 1938, p. 17.
  50. Consolation du 14 décembre 1938, p. 18.
  51. Consolation du 14 décembre 1938, p. 18.
  52. Consolation du 14 décembre 1938, p. 18.
  53. Consolation du 14 décembre 1938, p. 18.
  54. Consolation du 14 décembre 1938, p. 18.
  55. Consolation du 14 décembre 1938, p. 19.
  56. Consolation du 14 décembre 1938, p. 19.
  57. Consolation du 14 décembre 1938, p. 19.
  58. Consolation du 14 décembre 1938, p. 19.
  59. Consolation du 14 décembre 1938, p. 19.
  60. Consolation du 14 décembre 1938, p. 20.
  61. Consolation du 14 décembre 1938, p. 20.
  62. Consolation du 14 décembre 1938, p. 20.
  63. Consolation du 14 décembre 1938, p. 21.
  64. Consolation du 14 décembre 1938, p. 20.
  65. Consolation du 14 décembre 1938, p. 20.
  66. Consolation du 14 décembre 1938, p. 21.
  67. Consolation du 14 décembre 1938, p. 21.
  68. Consolation du 14 décembre 1938, p. 21.
  69. Consolation du 14 décembre 1938, p. 21.
  70. Consolation du 14 décembre 1938, p. 27.
  71. Consolation du 14 décembre 1938, p. 27.
  72. Consolation du 14 décembre 1938, p. 27.
  73. Consolation du 14 décembre 1938, p. 27.
  74. Consolation du 14 décembre 1938, p. 27.
  75. Consolation du 14 décembre 1938, p. 27.
  76. Consolation du 14 décembre 1938, p. 27.
  77. Consolation du 14 décembre 1938, p. 28.
  78. Consolation du 14 décembre 1938, p. 28.
  79. Consolation du 14 décembre 1938, p. 28.
  80. Consolation du 14 décembre 1938, p. 28.
  81. Consolation du 14 décembre 1938, p. 28.
  82. Consolation du 14 décembre 1938, p. 28.
  83. Consolation du 14 décembre 1938, p. 28.
  84. Consolation du 14 décembre 1938, p. 28.
  85. Consolation du 14 décembre 1938, p. 28.
  86. Consolation du 14 décembre 1938, p. 29.
  87. Consolation du 14 décembre 1938, p. 29.
  88. Consolation du 14 décembre 1938, p. 29.
  89. Consolation du 14 décembre 1938, p. 29.
  90. Consolation du 14 décembre 1938, p. 29.
  91. Consolation du 14 décembre 1938, p. 30.
  92. Consolation du 14 décembre 1938, p. 30.
  93. Consolation du 14 décembre 1938, p. 30.
  94. Consolation du 14 décembre 1938, p. 30.
  95. Consolation du 14 décembre 1938, p. 30.
  96. Consolation du 14 décembre 1938, p. 30.
  97. Consolation du 14 décembre 1938, p. 30.
  98. Consolation du 14 décembre 1938, p. 30.
  99. Consolation du 14 décembre 1938, p. 31.
  100. Consolation du 14 décembre 1938, p. 31.
  101. Consolation du 14 décembre 1938, p. 31.
  102. Consolation du 14 décembre 1938, p. 31.
  103. Consolation du 14 décembre 1938, p. 31.
  104. Consolation du 14 décembre 1938, p. 31.
  105. Consolation du 14 décembre 1938, p. 31.
  106. Consolation du 14 décembre 1938, p. 32.
  107. Consolation du 14 décembre 1938, p. 32.
  108. Consolation du 14 décembre 1938, p. 32.
  109. Consolation du 14 décembre 1938, p. 32.
  110. Consolation du 14 décembre 1938, p. 32.
  111. Consolation du 14 décembre 1938, p. 32.
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