Alan Feuerbacher
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Alan Max Feuerbacher (1951 ou 1952 – 21 mars 2022) est un ancien Témoin de Jéhovah américain, ingénieur électricien de formation, devenu l'un des critiques les plus actifs et les plus rigoureux de la doctrine et de l'histoire du mouvement à partir des années 1990[1].
Jeunesse et origine familiale
Né à Long Island (New York), Alan Feuerbacher est un Témoin de Jéhovah de troisième génération. Son père a été au Béthel de 1938 à 1946, dans le Service de Correspondance (devenu par la suite le Service Department), avant de le quitter pour épouser sa mère, de neuf ans sa cadette. Celle-ci était elle-même Témoin de Jéhovah depuis le début des années 1930[2]. Selon son propre récit, ses deux grands-pères avaient déjà été en contact avec le mouvement des étudiants de la Bible dès 1909 et 1918[3].
En 1968, ses parents divorcent à la suite de l'excommunication de sa mère pour infidélité ; son père se remarie peu après[4].
Baptisé à l'âge de quinze ans, à la mi-1967, il traverse peu après une première remise en question à la suite de la position de l'organisation interdisant les transplantations d'organes, qu'il juge mal justifiée[5].
Parcours professionnel
Après des études interrompues par des difficultés familiales et financières, Alan Feuerbacher reprend ses études supérieures à partir de 1978 et est admis au Massachusetts Institute of Technology (MIT), dont il sort diplômé au printemps 1982. Il exerce ensuite pendant trente-quatre ans la profession d'ingénieur électricien, d'abord chez Tektronix à Beaverton (Oregon) à partir de juillet 1982, puis successivement à Genève (Suisse), Chestnut Ridge (New York), Fort Collins (Colorado) et Manchester (New Hampshire)[6][7].
Sortie du mouvement et rencontres avec d'autres critiques
Malgré une adhésion sincère durant sa jeunesse, Alan Feuerbacher accumule au fil des années de nombreux motifs d'insatisfaction envers l'organisation : le programme d'étude biblique de six mois instauré en 1968, la doctrine sur le cœur littéralement siège des émotions publiée en 1971, ou encore l'attente déçue de 1975. Il devient progressivement inactif à la fin des années 1970 et au début des années 1980, avant de cesser toute activité de manière définitive en 1983[8].
À partir de 1991-1992, sa remise en question s'appuie sur la lecture de plusieurs ouvrages critiques : Crisis of Conscience de Raymond Franz, Witnesses of Jehovah de Leonard Chretien, et l'édition de 1985 de The Gentile Times Reconsidered de Carl Olof Jonsson, qui remet en cause la chronologie biblique de l'organisation. Il entre également en contact avec Randall Watters, futur fondateur du site Freeminds[9].
La même année 1992, il rencontre en personne James Penton, auteur d'Apocalypse Delayed, lors d'une réunion évangélique en Oregon, et passe une nuit chez Raymond Franz. Il entame également une correspondance avec Carl Olof Jonsson, qu'il assistera ensuite ponctuellement dans certains de ses travaux de recherche[10].
Activité critique
À partir des années 1990, Alan Feuerbacher se consacre à une recherche approfondie sur l'histoire doctrinale et chronologique des Témoins de Jéhovah. Après une péritonite fin 1990, il rédige à l'intention du siège de la Watch Tower Society, durant le premier semestre 1991, une lettre critique consacrée au récit biblique du déluge qui, à force de développements, atteint environ cent cinquante pages ; elle ne recevra jamais de réponse[11][12].
Il rédige ensuite une critique détaillée du livre Life—How Did It Get Here? By Evolution Or By Creation? (1985), recensant une centaine de cas de citations tronquées ou détournées de leur sens d'origine. En 1996, après enquête auprès d'anciens membres du Béthel, il identifie l'auteur principal de l'ouvrage comme étant Harry Peloyan, alors rédacteur en chef du magazine Réveillez-vous !, qu'il confronte en personne dans le hall du siège mondial de Brooklyn[13].
En 1993 et 1994, il correspond et s'entretient à deux reprises par téléphone, pour un total de plusieurs heures, avec Albert Schroeder, alors membre du Collège central, au sujet d'incohérences relevées dans la chronologie de l'organisation, notamment concernant Jérémie 25:11-12 et la date de 607 avant notre ère. Selon le récit qu'en fait Feuerbacher, Schroeder finit par admettre que les critiques bibliques adressées à d'autres mouvements religieux, telles que rapportées en Luc 21:8, ne sauraient selon lui s'appliquer aux Témoins de Jéhovah eux-mêmes[14].
Alan Feuerbacher participe également, à partir d'août 1992, aux débats sur les forums Usenet talk.religion.misc et talk.origins, puis rejoint en 1997 le forum de discussion H2O (Hourglass Outpost)[15].
Son œuvre porte par ailleurs sur les prédictions chronologiques de la Société (1799, 1874, 1914, 1918, 1925, 1975), sur le sens du terme grec parousia employé en Matthieu 24:3, ainsi que sur ses prétentions prophétiques[16]. En 2014, il publie une critique détaillée d'un article du magazine Réveillez-vous ! consacré à la création[17].
Barbara Anderson, ancienne rédactrice au siège mondial de l'organisation à Brooklyn et elle-même critique reconnue du mouvement, décrit Alan Feuerbacher comme un « critique théologien » du mouvement Watchtower ayant documenté de nombreux cas de citations sorties de leur contexte dans des publications de l'organisation[18].
Entretien avec Theodore Jaracz (2001)
À l'été 2001, dans le contexte de la préparation d'un reportage du magazine télévisé américain NBC Dateline consacré à la gestion par l'organisation des cas d'abus sexuels sur mineurs, Alan Feuerbacher enregistre un long entretien téléphonique avec Theodore Jaracz, alors membre du Collège central[19].
Vie personnelle
Marié une première fois en juin 1975, Alan Feuerbacher divorce en 1996, sa première épouse s'étant révélée incapable d'accepter son détachement du mouvement. De cette union naît en 1985 sa fille, Julia Feuerbacher. Il se remarie en 1997 avec Juliann Stutheit, rencontrée par correspondance en ligne fin 1993[20][21].
Décès
Alan Feuerbacher meurt le 21 mars 2022 à son domicile de Berthoud, dans le Colorado, à l'âge de soixante-dix ans. Il laisse derrière lui son épouse Juliann Feuerbacher, avec qui il était marié depuis vingt-cinq ans, ainsi que sa fille, Julia Feuerbacher[22].
Liens externes
- Research on the Watchtower — site personnel d'Alan Feuerbacher
- The Alan Feuerbacher Archive — archive de ses écrits sur Watchtower Documents
- Personal Experience: Alan Feuerbacher — essai autobiographique intégral, ad1914.wordpress.com
- "My decades of activism have been very satisfying" - A conversation with Alan Feuerbacher — entretien vidéo autobiographique
- ↑ Watchtower Documents, « Alan Feuerbacher's Writings Now Available Here », consulté en août 2026.
- ↑ Watchtower Documents.NET, « About Alan Feuerbacher », consulté en août 2026.
- ↑ ad1914.wordpress.com, « Personal Experience: Alan Feuerbacher — Why I Am No Longer a Jehovah's Witness », 2014, consulté en août 2026.
- ↑ ad1914.wordpress.com, op. cit.
- ↑ ad1914.wordpress.com, op. cit.
- ↑ Loveland Reporter-Herald / Legacy.com, « Alan Feuerbacher Obituary », consulté en août 2026.
- ↑ ad1914.wordpress.com, op. cit.
- ↑ ad1914.wordpress.com, op. cit.
- ↑ ad1914.wordpress.com, op. cit.
- ↑ ad1914.wordpress.com, op. cit.
- ↑ Watchtower Documents.NET, « About Alan Feuerbacher », consulté en août 2026.
- ↑ ad1914.wordpress.com, op. cit.
- ↑ ad1914.wordpress.com, op. cit.
- ↑ ad1914.wordpress.com, op. cit.
- ↑ ad1914.wordpress.com, op. cit.
- ↑ Research on the Watchtower, « Part 4: Other Considerations and Conclusions », consulté en août 2026.
- ↑ Watchtower Documents, « A Scathing Review of Awake! "Creation" Article », consulté en août 2026.
- ↑ Barbara Anderson, « The Discoveries of Barbara Anderson », consulté en août 2026.
- ↑ Watchtower Documents, « The Theocratic Life and Times of Theodore Jaracz », consulté en août 2026.
- ↑ ad1914.wordpress.com, op. cit.
- ↑ Loveland Reporter-Herald / Legacy.com, « Alan Feuerbacher Obituary », consulté en août 2026.
- ↑ Loveland Reporter-Herald / Legacy.com, op. cit.
