Annuaire des Témoins de Jéhovah (1940)
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| Annuaire des Témoins de Jéhovah (1940) | |
|---|---|
| Auteur | Joseph Franklin Rutherford |
| Titre original | Annuaire des Témoins de Jéhovah (1940) |
| Genre | Livre |
| Sujet | Témoins de Jéhovah |
| Langue | Anglais |
| Pays | |
| Éditeur | Watch Tower Bible and Tract Society |
| Parution | 1940 |
| Format | Livre |
La Théocratie comme unique espoir de l'humanité constitue le fil directeur de cet annuaire, qui développe longuement la légitimité du gouvernement divin face à l'hostilité universelle dont les témoins de Jéhovah font alors l'objet dans toutes les nations. La vindication du nom de Jehovah est posée comme la mission première du Christ, et par extension comme la raison d'être de l'œuvre de témoignage conduite sur toute la terre.
L'ouvrage s'organise autour d'une relecture typologique de l'histoire sacrée — depuis la rébellion de Lucifer jusqu'aux persécutions subies par les apôtres — destinée à inscrire les épreuves contemporaines des proclamateurs dans une continuité prophétique cohérente. L'opposition des autorités religieuses et civiles est ainsi lue non comme un obstacle, mais comme la confirmation scripturaire que l'œuvre accomplie est bien celle que le Roi céleste, intronisé en 1914, a mandatée.
Analyse
Le défi de Satan, la vindication du nom et la Théocratie
L'ouvrage s'ouvre sur l'affirmation que la Théocratie est l'unique espoir de l'humanité, mais l'exposé de la section « Reproches » indique que cette affirmation n'est pas d'abord une proposition de salut : elle répond à une question de souveraineté. La rébellion de Lucifer, qui convoita la gloire du Créateur et entreprit de détourner toutes les créatures de Jéhovah, puis le défi de Job 2:5 selon lequel nul homme ne resterait fidèle, constituent le litige dont l'histoire entière serait la procédure.[1] Le différé de la sentence de mort contre Satan, justifié par Exode 9:16, transforme la durée du mal en condition nécessaire à la publication du nom divin — argument que les publications de la même année déploient jusqu'à convertir les chiffres de distribution de littérature en preuve juridique que l'avertissement a bien été donné.[2]
De cette architecture découle une hiérarchisation explicite des missions de Jésus : la vindication du nom de Jéhovah est présentée comme primaire, la fourniture de la rançon comme secondaire.[3] Cette subordination du salut de l'humanité à l'honneur du nom divin n'est pas une originalité de 1940 : elle a été posée comme doctrine primaire à partir de 1929 et reprise sans discussion depuis. La formule du 25 janvier des textes journaliers pousse la logique jusqu'à un renversement notable du vocabulaire chrétien classique : les souffrances de Jésus ne sont pas le prix d'achat du genre humain mais le moyen par lequel il apprit l'obéissance et prouva son intégrité.[4]
Le nom collectif adopté à la convention de Columbus le 26 juillet 1931, sur la base d'Ésaïe 43:10-12, achève le dispositif en transformant le groupe en témoin juridique convoqué dans ce procès cosmique.[5] Le commentaire du 9 septembre ajoute une élaboration nouvelle : la « circoncision antitypique du cœur » se serait accomplie précisément en 1931 lors de la réception de ce nouveau nom, adossée au changement de nom d'Osée en Josué commenté le 8 octobre.[6] Le nom cesse alors d'être une désignation pour devenir un sacrement interprétatif : l'événement administratif de 1931 se voit rétroactivement doté d'un type vétérotestamentaire.
Une machine herméneutique : chronologie et typologie
La grille 1914-1918-1919-1922-1925-1931 est réaffirmée sans démonstration nouvelle : intronisation céleste en 1914, venue au temple et jugement en 1918, délivrance en 1919, effusion de l'esprit et début de la proclamation en 1922, reconnaissance de la primauté de la vindication en 1925, réception du nom en 1931.[7] Le calcul de 1914 reposait initialement sur les 2 520 ans des « temps des Gentils », computés depuis 607 av. J.-C.[8] ; aucune trace de ce raisonnement ne subsiste ici, la date étant traitée comme un acquis. L'apport propre de l'annuaire réside dans un point de datation inédit : le texte du 3 août fixe la fin du « Jourdain antitypique » à la fin de 1931 et présente la période 1922-1931 comme une unité chronologique cohérente, ce qui constitue une précision que les développements sur 1922 menés ailleurs la même année n'apportaient pas.[9]
La méthode qui rend ce datage possible est la typologie systématique, dont les 366 commentaires journaliers offrent l'échantillon le plus dense. Josué, Joël, Jéricho, Aï, Rahab, Guilgal, Gideon, Josaphat, Ézéchias : chaque récit devient un « drame prophétique » dont l'accomplissement se situe entre 1918 et l'imminence d'Harmaguédon. Le principe avait déjà été formulé ailleurs sous la formule selon laquelle le type prend fin là où l'antitype commence, et Rutherford puisait dès 1925 dans les livres des Juges, des Rois et des Chroniques pour y trouver des figures contemporaines. Ce qui distingue l'annuaire de 1940, c'est la conversion de cette méthode en calendrier quotidien : le lecteur reçoit chaque jour un fragment de récit ancien déjà décodé, ce qui installe la lecture typologique comme habitus mental plutôt que comme exercice exégétique occasionnel.
Le bouclage du dispositif tient à la doctrine de l'illumination progressive. Le commentaire du 19 avril invoque 1 Jean 2:27 pour interdire tout enseignant humain, et celui du 3 mai identifie nommément l'objet du rejet : le « système de l'ancien élu » et le culte rendu aux hommes.[10] Ce rejet des anciens élus localement résulte de la campagne engagée à partir de 1932 et prolonge la suppression du comité de rédaction de La Tour de Garde survenue en 1931. La formule du 14 mars — des « averses de vérité » issues du temple, tombant modérément avant 1922 et déversées avec une force croissante depuis — donne à cette centralisation sa justification théologique : les révisions doctrinales ne sont pas des désaveux mais des augmentations de débit.[11] Le commentaire du 10 avril ajoute une clause décisive : ce n'est qu'après coup que Jéhovah permet à ses serviteurs de discerner comment ils ont été guidés.[12] L'interprétation rétrospective devient ainsi une norme méthodologique déclarée, non une gêne à dissimuler.
Harmaguédon et son mandat de violence divine
L'imminence d'Harmaguédon n'est pas ici une attente vague mais une opération militaire décrite avec une précision tactique. Le commentaire du 18 février tire de l'embuscade de Aï la disposition des forces divines : les forces angéliques chargées du carnage demeurent cachées, tandis que les témoins terrestres constituent le groupe visible qui attire l'attaque, toutes voies de retraite étant coupées dès l'ouverture des hostilités.[13] Le 25 mars précise que le Grand Josué autorisera un recul apparent des témoins afin d'attirer l'ennemi en terrain découvert.[14] Gog, désigné comme « maréchal de campo » de Satan, conduit la coalition adverse : cette identification de Gog à un subordonné de Satan précise une lecture ancienne du mouvement qui faisait de Gog un nom prophétique de Satan lui-même, interprétation abandonnée depuis au profit d'une coalition humaine de nations.[15]
Cette tactique n'est pensable qu'au prix d'une légitimation préalable des guerres d'extermination d'Israël. Le commentaire du 4 mars érige Deutéronome 7:16 — « ne les regarde pas avec pitié » — en règle immuable pour les disciples, et l'interdiction d'épargner ce que Dieu a voué à la destruction se double du précédent d'Achan puni pour avoir convoité le butin de Jéricho.[16] Le terme technique employé par le texte hébreu est hérem, « voué » à Dieu au sens de voué à la destruction ; l'exégèse classique y voit une « dureté judiciaire » exigeant de surmonter la compassion naturelle, tandis qu'une partie de l'exégèse contemporaine tient ces commandements pour possiblement hyperboliques, destinés à souligner la gravité de l'idolâtrie plutôt qu'à prescrire un génocide littéral.[17] L'annuaire ne retient aucune de ces atténuations : le 17 août justifie explicitement l'extermination des habitants de Aï en recourant à la thèse du défi de Satan — les Cananéens étant du côté du Diable, le jugement de Jéhovah est qu'ils doivent être détruits.[18]
Le signal déclencheur est fourni par 1 Thessaloniciens 5:3. L'annuaire lit dans la suggestion du protestant américain John J. Alexander de nommer le pape arbitre de la paix, et dans l'offre italienne d'une « paix romaine » bénie par le Vatican, l'approche de ce cri.[19] Ce raccordement de l'exégèse à une actualité diplomatique précise est notable : la nomination de Myron Taylor comme représentant personnel de Roosevelt auprès du Vatican en décembre 1939 fournit le contexte immédiat de cette lecture.[20] L'autre développement de 1940 identifiait les proclamateurs du cri comme la coalition des dictateurs et de la hiérarchie catholique ; l'annuaire y substitue un fait daté et vérifiable, ce qui resserre la prophétie sur l'événement au risque de la rendre réfutable.
L'horizon positif, esquissé dans la conclusion et au 24 décembre, distingue deux durées : la grande multitude demeurera sur la terre pour toujours, tandis que la présence du reste après Harmaguédon n'est que temporaire.[21] Cette précision sur le caractère transitoire du séjour terrestre des oints après la bataille est une clarification que la simple opposition ciel/terre héritée de 1935 ne fournissait pas.
Une rançon restrictive et un jugement déjà clos
Les textes journaliers consacrent une place considérable à une définition technique de la rançon qui en exclut tout automatisme. Jésus n'ayant jamais forfait son droit à la vie humaine parfaite, il en a présenté la valeur au ciel comme prix d'achat exactement correspondant à ce qu'Adam avait perdu — doctrine de la rançon correspondante que le mouvement a formalisée et défendue avec constance.[22] Mais le 9 mars et le 23 août ajoutent une clause conditionnelle décisive : l'être humain n'est pas acheté tant qu'il ne s'est pas d'abord consacré, la consécration précédant logiquement l'application du prix.[23] Le 16 juin qualifie d'« entièrement incohérente et erronée » la thèse selon laquelle la justice divine obligerait Dieu à offrir le bénéfice de la rançon à toute créature, et le 18 novembre déplace l'attribut en jeu de la justice vers l'amour : si la seule justice s'appliquait, toute l'humanité devrait périr.[24] Le 14 septembre tire de cette architecture une conséquence rarement formulée ailleurs : la rançon n'étant nullement nécessaire pour qu'une créature soit tirée de la mort, Satan lui-même pourra être réveillé pour être exécuté définitivement.[25]
De cette économie restrictive découle la partition anthropologique. Le reste oint et la grande multitude, distinction formalisée à l'assemblée de Washington du 3 juin 1935, reçoivent ici leurs types : Rahab, Jonathan, Lazare pour la seconde ; les onze apôtres fidèles et les « veilleurs » pour le premier.[26] La validation de cette partition passe par une donnée statistique explicitement relevée : en Grande-Bretagne, l'assistance au Mémorial de 1939 monte à 8 349 contre 6 366 en 1938, tandis que les communiants descendent de 4 853 à 4 548 ; aux Philippines, le nombre de participants aux emblèmes est jugé « nettement inférieur aux années précédentes », signe que les membres « apprécient mieux la distinction entre les deux classes ».[27] Le mouvement d'ensemble est considérable : sur 63 146 assistants en 1935, 52 465 avaient participé aux emblèmes.[28] La courbe divergente devient ainsi une preuve empirique d'une doctrine — l'écart croissant entre assistance et participation atteste que le scellement des 144 000 est clos.
Le jugement est présenté comme achevé quant à ses attributions. Le 6 septembre déclare le « gouffre » de la parabole de Lazare désormais fixé et définitif, rendant tout passage impossible ; le 22 novembre identifie le père de la classe de l'homme riche au Diable et ses cinq frères aux six membres de son organisation, concluant que même si les fidèles d'antan revenaient des morts, les religionnaires n'entendraient pas.[29] Cette clôture sert directement une polémique interne : les dissidents suisses sont accusés de propager « le mensonge du diable » du salut universel, et le 25 août refuse toute résurrection millénaire à ceux qui n'auraient pas voulu profiter de la rançon.[30] Restreindre l'accès au salut est aussi, ici, un instrument de délimitation des frontières du groupe.
La religion contre le christianisme : la délégitimation du concurrent
L'apport doctrinal le plus distinctif de l'annuaire est la définition de « la religion » comme démonisme, appuyée sur Actes 17:22 lu dans l'Emphatic Diaglott.[31] Cette version, traduite par Benjamin Wilson entre 1856 et 1864 et dont la Watch Tower acquit les droits, rend le grec deisidaimonesteros par « adorateurs de démons ».[32] Le fondement textuel est fragile : le lexique Liddell-Scott donne pour ce terme deux valeurs opposées — « pieux, religieux » au sens favorable, « superstitieux » au sens défavorable — et aucune ne signifie proprement « adorateur de démons ».[33] Un seul choix lexical, opéré par un traducteur autodidacte du XIXe siècle, porte ainsi l'ensemble de la doctrine.
Cette doctrine, formulée à partir de fin 1936 et systématisée dans Religion and Christianity en 1937, prend en 1940 son extension maximale. Le slogan « la religion est un piège et une escroquerie » revient comme formule liturgique dans les rapports de la Guyane britannique, du Brésil et des États-Unis, où il figure sur les pancartes d'une marche d'information à São Paulo.[34] L'origine de la religion est fixée à Babylone et à Nemrod, divinisé de son vivant puis perpétué par un culte posthume.[35] Et la destruction de la religion reçoit le statut d'acte divin en propre : l'« étrange œuvre » consiste à dévoiler la fausseté de la religion, l'« étrange acte » d'Ésaïe 28:21 à la détruire.[36]
La Hiérarchie catholique en devient l'incarnation privilégiée, et l'exposé est ici d'une ampleur inédite : réfutation de la primauté pétrinienne au motif que Pierre lui-même bâtit l'Église sur Christ, dénonciation du purgatoire comme fraude pécuniaire, application d'Ésaïe 28:15-18 à l'organisation romaine dont l'alliance avec la mort sera annulée.[37] La campagne lancée par Pie XII en septembre 1939 est lue comme un changement tactique provoqué par la proclamation des témoins, et l'affirmation catholique que le christianisme serait « sur la défensive » retournée comme aveu.[38] Une réserve est toutefois maintenue : le combat est explicitement dirigé non contre les personnes catholiques mais contre des doctrines, conformément à Éphésiens 6:12.[39] Le 5 novembre formalise cette distinction : on ne haït pas l'individu amené à pratiquer une religion, on haït la religion parce qu'elle est fausse.[40] Cette clause permet au mouvement de réfuter l'accusation de « campagne de haine » sans rien céder sur la virulence du contenu — la lecture de la Chine, où la voix du pape est déclarée usurper celle du Christ pour toute la chrétienté, montre le degré atteint par cette virulence.[41]
La rupture avec l'État : neutralité et désobéissance
Le déplacement exégétique qui identifie les « autorités supérieures » de Romains 13:1 à Jéhovah et Christ, et non plus aux gouvernements humains, est ici daté avec précision : le 30 mars et le 26 mai le rattachent à la révélation de 1918, le 13 juillet le reformule en affirmant que le reste a été libéré de l'organisation de Satan « depuis qu'il a reconnu Jéhovah et Christ Jésus comme les seules Puissances supérieures ».[42] La position, formulée dans La Tour de Garde des 1er et 15 juin 1929, renversait celle de Russell qui appliquait le passage aux gouvernements civils.[43] Sa conséquence pratique est énoncée sans détour : puisque aucun chrétien sincère ne demanderait à une autorité humaine la permission d'obéir à Dieu, l'obligation d'obtenir un permis de prédication est une pratique diabolique.[44]
La neutralité qui en découle est totale et théologiquement argumentée. Le 22 février commande de rechercher la Théocratie « ni la démocratie, ni le totalitarisme, ni le fascisme » ; le 23 juin pose l'incompatibilité absolue entre service militaire national et service comme soldat du Christ ; le 30 août refuse simultanément le nationalisme et l'affiliation à une puissance étrangère.[45] Le 7 octobre nomme l'objet du refus avec une symétrie appuyée : ni « heil » à un dirigeant humain tel qu'il est requis en Allemagne, ni salut à un emblème représentant un gouvernement terrestre.[46] Cette symétrie est un choix rhétorique tenu depuis que le refus du salut au drapeau fut érigé en doctrine le 3 juin 1935.
Le prix pratique de cette position est mesurable dans les rapports de pays. Plus de 600 arrestations sont recensées aux États-Unis contre 471 l'année précédente, dont certaines pour « récidivistes habituels » au titre du refus du salut au drapeau.[47] En Grande-Bretagne, les tribunaux militaires accordent en août 1939 l'exemption complète aux jeunes proclamateurs comparaissant comme objecteurs.[48] En Russie des Carpates, quatre refus de porter les armes appellent un réquisitoire capital avant que le juge n'interrompe les poursuites.[49] Et l'exécution rapportée depuis la presse suisse est celle d'August Dickmann, de Kinslaken : interné à Sachsenhausen en octobre 1937, sommé trois jours après le déclenchement de la guerre de signer une carte d'identification militaire, il fut fusillé le 15 septembre 1939 sur ordre de Himmler devant des milliers de détenus rassemblés, et fut la première personne tuée pour refus du service militaire durant la Seconde Guerre mondiale.[50] Le fait est rapporté à sa date, sans commentaire doctrinal — et le mémorial de Sachsenhausen lui a depuis rendu hommage comme figure des Témoins exécutés.[51]
Légitime défense, dissimulation et crainte de Dieu
La neutralité politique n'implique nullement le pacifisme, et l'annuaire consacre à cette distinction une argumentation nourrie qui constitue l'un de ses apports doctrinaux propres. Le 9 mai énonce le principe : Jéhovah et Christ sont neutres dans les guerres entre nations mais ne sont pas « pacifistes », puisqu'en son temps Dieu déclare la guerre. Le 29 décembre applique la conséquence au croyant : le peuple de l'alliance n'est pas pacifiste et peut se défendre contre ceux qui entravent l'œuvre commandée.[52] Les précédents mobilisés sont classiques de l'argumentaire chrétien sur la légitime défense : Abraham poursuivant les quatre rois pour délivrer Lot, dont la maisonnée comptait 318 hommes entraînés aux armes[53] ; Moïse tuant l'Égyptien sans encourir de réprimande ; Néhémie armant les bâtisseurs de la muraille et leur commandant de combattre pour leurs frères, leurs fils et leurs maisons[54] ; Jésus chassant les marchands du temple.[55] Le 28 juin trace la frontière opératoire : soumission sans résistance à l'agent de l'ordre agissant dans l'exercice de ses fonctions, mais force physique appropriée contre ceux qui tenteraient de disperser une assemblée.[56] La mention des huissiers du Madison Square Garden repoussant les perturbateurs, et celle des proclamateurs australiens adoptant l'habitude de porter des cannes de marche après l'agression de Singleton, montrent que cette doctrine n'est pas spéculative.[57]
Le second instrument est la dissimulation légitime, élaborée à partir de Rahab. Le 25 février pose la règle : trahir un serviteur de Dieu est « méprisable à ses yeux », et une déclaration ne devient mensonge que lorsqu'elle est faite dans l'intention de nuire ; le 22 mai transpose cette casuistique en devoir de « conseils avisés » pour échapper aux pièges de l'ennemi.[58] L'exégèse chrétienne s'est de longue date partagée sur ce récit, certains commentateurs soutenant que Rahab n'avait pas menti mais « prononcé des paroles vraies qui dissimulaient la vérité » en refusant de livrer un renseignement militaire à un ennemi[59], d'autres tenant le mensonge pour justifié dès lors qu'il sauve des justes.[60] L'annuaire ne tranche pas entre ces positions : il en retient la portée pratique, qui fournit le fondement doctrinal de la clandestinité documentée en Allemagne, en Roumanie où la possession d'une Bible et d'un annuaire valut six mois de prison, et en Lettonie où le rapport local n'est pas signé par prudence.[61]
Le troisième instrument est une théologie de la crainte dont Proverbes 29:25 est le verset-pivot, cité aux 17 janvier, 13 juin et 10 octobre. Ce choix n'est pas neutre : l'interlinéaire hébreu du verset emploie le tétragramme, ce qui en fait un support privilégié pour un mouvement organisé autour du nom divin.[62] Le 10 octobre en donne l'extension la plus large : la crainte des hommes ne se limite pas à la peur d'une blessure corporelle mais englobe la peur de ne pas obtenir leur approbation ou leurs applaudissements.[63] Le 8 septembre pousse jusqu'à qualifier d'« abomination aux yeux de Dieu » celui qui ménage ses relations pour paraître « bon garçon ».[64] L'exégèse contemporaine identifie dans ce verset une fonction proprement idolâtrique — accorder à des êtres humains le poids qui revient à Dieu[65] — mais l'annuaire en fait aussi un dispositif de neutralisation du coût social de l'appartenance : la désapprobation de l'entourage cesse d'être une donnée à supporter pour devenir un symptôme spirituel à combattre chez soi.
Le quatrième instrument retourne la répression en preuve d'élection. La note philologique du 20-21 des pages sur les martyrs relève que le terme grec rendu par « martyrs » est le même que celui traduit par « témoins » en Hébreux 12:1.[66] Le fait est exact — martys relève d'abord du vocabulaire juridique du témoignage[67] — mais l'inférence renverse la chronologie sémantique : le glissement vers « martyr » est postérieur à la rédaction des Écritures, s'opérant dans les décennies suivant l'ère apostolique.[68] Faire de l'identité lexicale une identité théologique permet néanmoins de constituer une chaîne continue — prophètes d'Hébreux 11:37-40, Étienne, Paul, Témoins de 1939 — où la persécution devient l'attestation même de la fonction. Le rapport du Nyasaland en tire la conclusion explicite : les menaces des religionnaires ont l'effet inverse chez les personnes sincères, qui voient dans la persécution la confirmation que les Témoins sont les véritables disciples du Christ.[69] La sociologie des religions a analysé ce mécanisme : Régis Dericquebourg a montré comment la désignation d'un ennemi extérieur renforce la cohésion interne des groupes minoritaires, et Bryan Wilson a classé les Témoins de Jéhovah parmi les « sectes de rejet du monde » dont l'hostilité environnante constitue un facteur structurant de l'identité collective.[70]
La classification théologique des dissidents
La même logique polémique qui délégitime le concurrent religieux extérieur est retournée vers l'intérieur. La section sur le « mauvais serviteur » applique Matthieu 24:48 à une classe composée « dans l'antitype » des chefs religieux, mais y adjoint aussitôt les personnes ayant reçu quelque lumière, professé la consécration, puis manifesté un orgueil excessif et s'étant scandalisées de la manière dont le Seigneur conduit son œuvre.[71] La double extension du terme est l'opération décisive : dissidents internes et clergé extérieur sont rangés dans une même catégorie, ce qui rend l'écart doctrinal indiscernable de l'apostasie.
L'ancrage dans des faits concrets est explicite et daté. Une lettre est citée dont l'auteur annonce que sa congrégation s'est retirée de la Société pour étudier la Bible seule, ne percevant ni la Théocratie, ni la présence du Seigneur.[72] La Suisse rapporte la défection de dix à quinze « frères prominents » anciennement en position de responsabilité, désignés comme relevant du « méchant esclave » et de l'« ancien élu ».[73] Les Philippines imputent la baisse de fréquentation des rassemblements sonores à un « ancien électif » ayant découragé l'usage du phonographe.[74] L'Allemagne va plus loin, dénonçant des membres de cette classe comme espions au service de la Gestapo, allant jusqu'à organiser de fausses études de La Tour de Garde pour former les agents.[75] L'Égypte enfin présente comme acquis un « esprit d'unité » depuis que la classe du mauvais serviteur en a été séparée.[76]
Le sort assigné clôt toute réversibilité : « ténèbres extérieures » de Matthieu 22:13 et fournaise de Matthieu 13:42, ce dernier passage servant également à justifier les révocations de responsables en poste aux États-Unis.[77] Combinée au refus du salut universel attribué aux mêmes dissidents suisses, cette classification fait de la sortie du groupe non pas un choix mais une damnation objectivement constatée. Le contexte historique éclaire l'enjeu : les défections massives des années 1920, les prédictions manquées de 1925 et la centralisation croissante avaient conduit, selon l'estimation de William Schnell, les trois quarts des Étudiants de la Bible associés à la Société en 1919 à l'avoir quittée en 1931.[78] La sociologie a nommé cet effet : James Beckford a décrit la structure « totalisante » du mouvement, dans laquelle aucune sphère d'existence n'échappe à la qualification théologique — y compris le désaccord.[79]
Organisation et histoire
Une refondation « théocratique » : la fin de l'ancien élu
L'exposé consacré à l'organisation terrestre affirme que les oints agissent sous le commandement direct de Christ, à l'image de Timothée et de Tite placés sous l'autorité immédiate de Paul, et que des postes de service ont été confiés durant l'exercice aux membres les plus mûrs, ceux qui ont manifesté leur faiblesse « en cherchant à s'élever » ayant été relevés de leurs fonctions et remplacés.[80] Le commentaire du 3 mai précise le point de rupture : les oints ont « récemment appris » qu'ils ne devaient plus honorer les hommes ni les louer comme chefs, ce qui entraîne le rejet du système de l'« ancien élu ».[81] Cette mention rétrospective renvoie à une décision antérieure de huit ans : les livraisons de The Watch Tower du 15 août et du 1er septembre 1932 avaient supprimé l'élection annuelle des anciens par les congrégations, au profit de « serviteurs » désignés, et le terme « théocratie » lui-même n'est introduit dans le vocabulaire officiel qu'en juin 1938.[82] Ce qui est propre à l'annuaire de 1940 n'est donc pas la doctrine, mais le constat de son application achevée à l'échelle mondiale et l'aveu que des serviteurs nommés ont été révoqués en cours d'exercice.
La même dépersonnalisation est revendiquée dans le commentaire du 19 avril, selon lequel aucun chef terrestre ne guide les témoins et aucun homme ne peut enseigner ceux qui ont reçu l'onction.[83] L'affirmation coexiste avec une réalité administrative inverse : le rejet du culte de l'homme est énoncé dans une publication dont tous les manuscrits sont préparés au bureau du 124 Columbia Heights avant transmission à l'imprimerie, et dont chaque filiale doit adresser un rapport mensuel écrit nominativement au président de la Société.[84] Le sociologue James Beckford a caractérisé ce type de configuration comme une structure « totalisante », où la dénégation de toute médiation humaine s'articule à une concentration effective de l'autorité au sommet.[85]
Le récit institutionnel fourni en appui de cette refondation est sélectif. La réunion pennsylvanienne de 1872 et l'incorporation de 1884 sous le nom de Zion's Watchtower Society sont mentionnées sans les circonstances réelles : la charte fut accordée le 13 décembre 1884 par le juge F. H. Collier de la Court of Common Pleas du comté d'Allegheny et enregistrée le 15 décembre, tandis que la société avait été fondée dès 1881 avec l'homme d'affaires de Pittsburgh William Henry Conley comme premier président, Russell n'y étant alors que secrétaire-trésorier.[86][87] De même, la corporation new-yorkaise datée de 1908 fut en réalité constituée le 4 mars 1909 sous le nom de Peoples Pulpit Association ; elle ne reçut sa dénomination de Watchtower Bible and Tract Society, Inc. qu'en 1939, c'est-à-dire durant l'exercice même dont l'annuaire rend compte — changement de raison sociale que le texte présente comme un simple fait acquis, sans le dater.[88] La doctrine selon laquelle ces trois corporations ne sont que des « instruments » au service des témoins remplit dès lors une fonction précise : elle dissocie la légitimité du mouvement de son enveloppe juridique, tout en maintenant l'unité de commandement puisque les trois entités sont administrées depuis un seul bureau.[89]
Le maillage territorial constitue la traduction pratique de cette architecture. Le service de zone avait été institué en octobre 1938 ; l'annuaire en enregistre la première année pleine, avec 153 zones et 6 régions aux États-Unis, 30 zones et 4 régions en Grande-Bretagne, et une extension à la Hollande, à la Scandinavie, à la Jamaïque et aux Philippines.[90] Le rapport britannique attribue explicitement le renversement de tendance des pionniers — de la prétendue saturation du territoire en 1937 à 593 inscrits fin 1939 — à un changement de responsables opéré en 1938, formulation qui impute un résultat statistique à une décision de personnel prise au sommet.[91] Ce remplacement des « pèlerins » itinérants par un maillage hiérarchisé est présenté comme la cause principale de la croissance, en Europe du Nord notamment.[92]
La liste nominale des ministres ordonnés envoyés depuis Brooklyn documente le personnel de cette structure à un moment charnière. Y figurent N. H. Knorr, qui deviendra vice-président de la corporation de Pennsylvanie le 10 juin 1940, et F. Franz, né en 1893, tous deux appelés aux plus hautes fonctions dans les années suivantes.[93][94]
Le gouvernement par les chiffres
L'appareil statistique de l'annuaire n'est pas un simple compte rendu : il constitue l'instrument même du commandement à distance. Chaque bureau de filiale et l'imprimerie d'Adams Street adressent un rapport mensuel écrit au président et un rapport annuel détaillé en fin d'exercice.[95] La comptabilisation est uniforme d'un continent à l'autre — heures de service, pièces de littérature placées, visites de retour, auditeurs des séances sonores, phonographes en usage, moyenne mensuelle de proclamateurs —, ce qui rend possible la comparaison terme à terme d'une année sur l'autre et la fixation d'objectifs. La pratique du rapport individuel hebdomadaire remontait aux années 1920 ; ce qui change ici est la conversion de ces données en cible normative.[96]
L'objectif de soixante heures mensuelles par proclamateur, fixé en janvier 1939, est invoqué explicitement comme cause de la hausse enregistrée : au Canada, l'augmentation de 50 % des heures de terrain lui est attribuée conjointement avec « le gouvernement théocratique en opération » ; en Suède, la hausse de 61 206 heures est rapportée au même objectif.[97] En Inde, la même consigne se heurte à la réalité du terrain, peu de proclamateurs villageois parvenant à l'atteindre.[98] Simultanément, les anciennes périodes de témoignage de neuf jours, tenues six fois l'an, sont étendues à un mois complet à partir d'octobre 1938, la première campagne mensuelle internationale mobilisant 58 117 proclamateurs dans 54 pays, la suivante — celle de la Tour de Garde de janvier à avril 1939 — 67 229 proclamateurs dans 59 pays.[99] L'allongement de la période de mobilisation et l'objectif horaire individuel forment un même dispositif : augmenter le volume mesurable d'activité.
Les innovations méthodologiques de l'exercice ne s'expliquent que dans cette logique de rendement. Les visites de retour passent de 289 489 à 1 285 327 aux États-Unis, de 284 à 7 864 en Hollande, de 119 à 1 921 aux Philippines, de 556 à 5 188 dans la seule classe d'Helsinki.[100] La nouvelle méthode d'étude de La Tour de Garde, fondée sur la préparation individuelle des questions, est justifiée en Europe du Nord par un argument de gestion du temps : les réunions sont désormais bouclées en une heure, ce qui libère des soirées pour le service.[101] La réforme d'une pratique dévotionnelle est ainsi arbitrée sur un critère de disponibilité militante.
Cette machine d'objectifs repose sur une base industrielle et matérielle. L'imprimerie d'Adams Street, occupée depuis 1927, produit 1 888 734 livres reliés, 25 916 475 brochures et 4 441 550 exemplaires de La Tour de Garde en consommant 2 343 tonnes de papier, avec 38 soirées et 13 samedis après-midi travaillés hors horaires réguliers et une deuxième équipe mise en place cinq jours.[102] Le dispositif agricole complète l'autonomie : ferme et jardins de Brooklyn destinés à nourrir les travailleurs du siège au moindre coût, ferme de 220 acres dans l'Essex livrant chaque semaine les Salles du Royaume londoniennes, quatre Kingdom Farms australiennes.[103] Une exploitation du même type, la Kingdom Farm de South Lansing dans l'État de New York, dont la grange datait de 1931 et la maison d'habitation de 1935, accueillera plus tard l'école de Galaad.[104]
Le financement échappe enfin à tout contrôle externe. Aucun membre ne perçoit de gain personnel, les livres ne sont pas « vendus » mais remis contre contribution, et les livres de comptes de la trésorerie sont déclarés accessibles aux soutiens de la Société mais fermés aux opposants, selon une règle présentée comme calquée sur celle des gardiens du temple de Jérusalem.[105] Le refus du vocabulaire de la vente n'est pas seulement doctrinal : il constituait la pièce maîtresse de la défense juridique contre les inculpations de colportage sans licence, dont l'annuaire dresse précisément la liste.[106]
Le phonographe contre la radio : reconfiguration technique de la prédication
La prédication de 1939 est massivement médiatisée par l'objet technique : 38 771 phonographes et machines à transcription en usage dans le monde, plus de 22 000 aux seuls États-Unis, 20 000 fabriqués à Brooklyn en deux ans sans que la production suive la demande, plus de 800 000 disques portant un discours de quarante-quatre minutes sur chaque face entre les mains des proclamateurs.[107] Le motif organisationnel de cette substitution est explicite : le disque libère le proclamateur de la contrainte de parler de porte en porte, lui évite la fatigue vocale et lui permet de prolonger ses heures de service.[108] L'effet institutionnel est plus profond : le message délivré au seuil des portes devient rigoureusement identique au message autorisé par le siège, puisqu'il consiste en un enregistrement du président de la Société. Le commentaire du 26 février donne à ce dispositif une justification typologique — les phonographes fournis aux pionniers et aux proclamateurs de congrégation à partir de 1933 accomplissent le type des sept prêtres portant les sept trompettes autour de Jéricho.[109]
Cette montée en puissance est la contrepartie d'une perte. Deux émissions majeures de l'exercice démontrent l'ampleur du réseau encore accessible — 58 stations le 2 octobre 1938 depuis le Mecca Temple, 70 stations le 25 juin 1939 depuis le Madison Square Garden — mais le dénouement est enregistré dans le même rapport : l'Association nationale des radiodiffuseurs adopte un code interdisant qu'une station accepte rémunération pour du temps consacré à un porte-parole sur une question publique controversée et proscrivant les attaques contre une race ou une religion, le nom de Rutherford étant explicitement cité dans les comptes rendus de presse relatifs à ces travaux.[110] La révision du code de la National Association of Broadcasters de 1939 interdit effectivement aux stations membres la diffusion de programmes commerciaux traitant de questions controversées, l'éditorialisation par les commentateurs et les attaques contre la race ou la religion d'autrui ; elle visait au premier chef à empêcher la vente de temps d'antenne à des orateurs isolés du type de Charles Coughlin, le Federal Council of Churches ayant pétitionné dès 1938 la NAB et la Federal Communications Commission pour obtenir l'exclusion de tout programme religieux payant.[111][112] L'annuaire impute cette réglementation à la Hiérarchie catholique ; le dossier documentaire montre qu'elle procède d'une préoccupation générale des radiodiffuseurs et du protestantisme organisé quant aux prédicateurs payants et aux polémistes de radio.
Au Canada, la fermeture est totale, le réseau étant déclaré clos aux proclamateurs dans tout le pays, et le phonographe explicitement présenté comme un substitut supérieur ; la Bell Telephone, dont le siège est à Montréal, refuse ses lignes le 14 juin 1939 après avoir fourni ce service à trois occasions antérieures.[113] Le report sur le porte-à-porte sonorisé, les voitures et les bateaux-sons n'est donc pas un choix pastoral mais une adaptation contrainte.
Le cycle éditorial de l'exercice — Face the Facts en janvier, Fascism or Freedom en avril, Government and Peace et Salvation en juin — obéit à la même logique de standardisation : chaque publication est introduite par un disque, la demande pour Salvation dépassant une production de 250 000 exemplaires mensuels.[114] La politique de traduction, elle, est décentralisée : Vertroosting afrikaans, Consolation malaise et australienne, Torre de Vigia portugaise, première brochure en chichona, brochures en sept langues indiennes, Protection en thaï et en jawi.[115] Le prix stratégique attaché à ces moyens de production apparaît dans l'épisode praguois : dès l'entrée des nazis dans la ville le 15 mars 1939, l'ordre est donné de démonter les presses et de les expédier hors du pays, opération accomplie en deux semaines, les machines étant réinstallées aux Pays-Bas où elles permettent d'imprimer sur place revues et littérature.[116]
Face aux États : terreur nazie, interdictions coloniales, répression québécoise
Le rapport allemand constitue le dossier le plus long de l'annuaire et le plus documenté : environ 6 000 détenus estimés dans les cachots de la Gestapo, les prisons et les camps au début de l'exercice, environ la moitié libérés peu avant l'invasion de la Pologne, morts en détention officiellement attribuées à une « apoplexie », séances nocturnes de coups jusqu'à l'inconscience, baptême rapporté à l'intérieur même d'un camp.[117] L'exécution rapportée d'après la presse suisse du 15 septembre est historiquement attestée : August Dickmann, né le 7 janvier 1910 à Dinslaken, détenu à Sachsenhausen depuis octobre 1937, somma de signer une fiche d'engagement militaire trois jours après le déclenchement de la guerre et fusillé le 15 septembre 1939 à vingt-neuf ans sur la place d'appel du camp, sur ordre de Heinrich Himmler, devant des centaines de détenus dont son frère Heinrich ; il fut le premier homme exécuté pour refus du service militaire durant la Seconde Guerre mondiale.[118][119] L'annuaire reproduit également des extraits d'un article de l'organe juridique national-socialiste NS-Rechtsspiegel consacré aux Ernste Bibelforscher ; cette publication, datée du 11 juillet 1939, qualifiait l'association d'organisation dangereuse pour l'État et propagatrice d'idées pacifistes internationales, devant être combattue sans ménagement, et lui reprochait le refus du service militaire ainsi que de toutes les institutions liées à la défense nationale — service du travail, entraînement militaire, protection antiaérienne.[120] Le fait que l'annuaire cite l'adversaire comme preuve de sa propre résistance illustre un mécanisme relevé par la sociologie des mouvements minoritaires : la persécution devient un opérateur de cohésion interne, l'hostilité extérieure validant l'identité du groupe.[121]
Le second front est colonial et administratif. La Côte de l'Or promulgue le règlement n° 20 de 1939 interdisant l'installation de tout haut-parleur sur un véhicule sans autorisation, ferme ses ports à la littérature, adresse des circulaires à tous ses bureaux de poste pour intercepter les envois, et fait brûler une cargaison à Accra.[122] Aux Fidji, une ordonnance du 29 mars 1939 impose à tout détenteur d'une publication de la Société de la remettre au poste de police le plus proche sous peine de cinquante livres sterling, de douze mois d'emprisonnement ou des deux, dix caisses ayant été saisies puis brûlées en octobre 1938.[123] Ces mesures prolongent un contentieux plus ancien : une loi fidjienne de 1936 interdisait déjà l'importation d'une partie de la littérature, et en mai 1938 le Town Hall de Suva, réservé des semaines à l'avance pour l'escale de Rutherford, fut fermé le jour même de son arrivée.[124] En Afrique du Sud, l'interdiction de Richesses par le ministre de l'Intérieur est attribuée, après enquête, à une initiative des clercs du synode luthérien allemand.[125] L'interdiction roumaine, présentée comme une dissolution obtenue par le Vatican, correspond à un ordre publié au journal officiel par le ministère des Cultes le 21 avril 1937, prévoyant l'arrestation de ceux qui distribuent ou même lisent la littérature et la confiscation des publications, complété par un nouvel ordre en juin 1938 — mesures contemporaines du glissement autoritaire du règne de Carol II.[126] En Estonie, où le rapport signale des publications interdites et des confiscations par la police, la société avait été dissoute dès 1935 en vertu de la loi d'urgence, au motif d'activités causant des troubles sociaux et nuisant à la politique étrangère du pays.[127] La censure postale et douanière apparaît comme un mécanisme récurrent, de la rétention pendant deux mois de la Consolation néerlandaise aux Indes orientales sur ordre du procureur général jusqu'à l'embargo britannique sur les importations de disques et de livres depuis Brooklyn signalé à la clôture de l'exercice.[128]
Le troisième front est judiciaire et provincial. Au Québec, 41 affaires impliquent 115 frères, dont 50 attendent encore leur procès, sur des chefs de sédition, blasphème, libelle diffamatoire, trouble à la paix et assemblée illégale ; deux francophones jugés devant un jury, un juge et un procureur tous catholiques sont condamnés à six mois, tandis que deux autres sont acquittés à Sherbrooke par le juge White au motif que ces gens croient en la vérité de leurs déclarations et ont donc le droit de les répandre.[129] L'instrument des perquisitions montréalaises est nommément la « Loi du cadenas », loi provinciale du 24 mars 1937 protégeant la province contre la propagande communiste, dont l'application aux Témoins de Jéhovah illustre l'extension d'un dispositif anticommuniste à un mouvement religieux minoritaire.[130]
Riposte judiciaire, lobbying parlementaire et publicisation du martyre
Face à plus de 600 arrestations individuelles enregistrées par le service juridique aux États-Unis contre 471 l'année précédente, dans plus de la moitié des États de l'Union, la Société ne se borne pas à documenter : elle codifie la défense en publiant une brochure de seize pages destinée à aider les proclamateurs à se défendre devant les magistrats et à veiller à ce que les faits soient dûment consignés au dossier.[131] Le souci de la constitution du dossier révèle une stratégie contentieuse délibérée : chaque inculpation pour colportage sans licence, sollicitation le dimanche ou refus du salut au drapeau devient matière à jurisprudence. La liste même des chefs d'inculpation — jusqu'à « distribution de littérature fasciste » et violation de la loi anti-nazie du New Jersey — montre l'ambiguïté du positionnement public du mouvement, dénonçant le fascisme tout en étant poursuivi pour en faire la propagande.[132]
Le contentieux est aussi offensif. L'attaque publiée le 14 octobre 1938 par le Catholic Herald de Londres donne lieu à une action en diffamation réclamant 20 000 livres sterling, réglée à l'amiable par un démenti que le journal doit publier le 25 novembre.[133] Ce dénouement est confirmé par les sources ultérieures du mouvement, qui précisent que la rétractation parut en première page.[134] À Clydebank, le procès du 7 juin 1939 se solde par la condamnation d'un meneur catholique pour agressions et par l'acquittement de quatre proclamateurs poursuivis par deux prêtres, le tribunal établissant que le désordre provenait de l'organisation de la foule par les prêtres eux-mêmes.[135] Aux Fidji, l'action engagée contre le gouvernement colonial le 20 avril 1939 est perdue, mais requalifiée en occasion d'avoir donné deux heures de témoignage aux autorités — retournement significatif, qui transforme l'échec juridique en gain de prédication.[136]
Le lobbying des élites complète l'arsenal. Deux témoignages spéciaux sont adressés aux membres de la Chambre des Lords, de la Chambre des Communes et aux responsables gouvernementaux britanniques, le 18 novembre 1938 avec Face the Facts et une lettre attirant l'attention sur la loi dite Aliens Restriction (Blasphemy) Act 1938, puis le 7 juillet 1939 avec Fascism or Freedom et un tract dénonçant le « péril catholique-fasciste ».[137] Au Québec, une lettre exposant les faits est envoyée à tous les membres de la Législature, puis à 14 000 industriels, avocats et médecins de la province, et transmise aux rédacteurs de journaux dont plusieurs la publient.[138] En Suisse, l'interdiction de Fascisme ou Liberté par la Police fédérale déclenche une déclaration aux autorités fédérales, la reprise de l'affaire par une centaine de journaux dans la semaine du 7 au 12 août et la distribution d'un tract tiré à 40 000 exemplaires.[139] Ce mode d'action — saisir la presse et les parlements plutôt que les seules juridictions — dessine une stratégie de publicisation systématique du contentieux.
Son point culminant est l'exploitation de l'émeute du Madison Square Garden. Le récit établit le déroulé : quelque 18 000 personnes réunies le 25 juin 1939 pour le discours « Gouvernement et Paix », irruption vingt minutes après le début de quelque 500 catholiques et nazis conduits par des prêtres, cris de « Heil Hitler ! », « Viva Franco ! » et « Kill that damn Rutherford ! », violences contre les huissiers, réunion néanmoins tenue intégralement et enregistrée.[140] La rentabilité polémique de l'épisode est immédiate : quelques jours après la clôture, le Kingdom News n° 4 est diffusé à New York avec pour manchette l'exposé de la tentative de sabotage, un million d'exemplaires étant placés en cinq jours.[141] L'épisode est traité deux fois dans le même volume, signe de sa fonction argumentative centrale : il fournit la preuve empirique de la thèse d'une « conspiration nazie-Hiérarchie ». Le contexte new-yorkais rendait cette lecture plausible — le German American Bund avait rassemblé plus de 20 000 personnes dans la même salle le 20 février 1939, et le contradicteur juif Isadore Greenbaum, monté sur scène, y avait été violemment maîtrisé par les hommes de main du mouvement.[142]
Le refus d'allégeance qui alimente ce contentieux est documenté pays par pays. En Grande-Bretagne, plusieurs jeunes proclamateurs comparaissent en août devant les tribunaux militaires après l'entrée en vigueur de la conscription en juin 1939 et obtiennent l'exemption du service et la liberté de poursuivre leurs activités.[143] En Norvège, une loi permet un service civil de construction de routes et de travail agricole.[144] En Ruthénie subcarpathique, quatre refus de porter les armes entraînent une réquisition de peine de mort par le procureur militaire, le juge ne rendant finalement aucune décision et libérant les prévenus.[145] En Pologne, trois ouvriers d'une usine de 700 employés refusent de souscrire à un emprunt de guerre, arguant que prêter de l'argent à des fins guerrières revient à participer à la préparation d'un meurtre ; leur compétence établie, ils ne sont pas licenciés mais voient leur salaire réduit.[146] Le contraste avec l'exécution de Dickmann en Allemagne mesure la variable décisive : non la doctrine, identique partout, mais la nature du régime.
Frontières internes : dissidents, Jonadabs, réfugiés
La cohésion d'un mouvement en état de siège se construit par la délimitation de ses marges. L'annuaire consacre une section entière à la « classe du mauvais serviteur », identifiée typologiquement à Judas Iscariote et définie comme composée de personnes ayant reçu quelque lumière, professé la consécration, puis manifesté un orgueil excessif et s'étant scandalisées de la manière dont le Seigneur conduit son œuvre.[147] La typologie est appliquée à des cas concrets : une congrégation entière retirée de la Société pour étudier la Bible seule, une dizaine à une quinzaine de « frères prominents » suisses anciennement en position de responsabilité accusés de diffuser le salut universel, un « ancien électif » philippin décourageant l'usage du phonographe, un responsable du bureau de Budapest dont l'infidélité a presque entièrement détruit l'organisation hongroise, et en Allemagne des apostats décrits comme espions infiltrés au service de la Gestapo organisant de fausses études de La Tour de Garde pour former les agents.[148] Le grief adressé aux dissidents philippins est éclairant : ce qui leur est reproché n'est pas une hérésie mais le fait d'avoir découragé l'usage d'un instrument de prédication. La désignation comme « mauvais serviteur » sanctionne donc l'obstruction méthodologique autant que la déviance doctrinale — la lecture collective de Matthieu 24:48 comme désignant une classe d'opposants internes était établie depuis la fin des années 1920, et elle avait servi la même année contre l'avocat Olin Moyle, dont la lettre de démission du 21 juillet 1939 critiquait le fonctionnement du Béthel et le comportement de Rutherford.[149]
Symétriquement, la distinction entre le « reste » oint et les Jonadabs ne produit pas deux classes hiérarchisées mais une redistribution des tâches. Le livre Salvation est conçu comme « un manuel pour les Jonadabs » ; ceux-ci sont tenus d'aller de maison en maison avec le phonographe et la littérature, et leur obligation de témoignage est énoncée sans atténuation.[150] La conséquence statistique est explicitement valorisée : en Grande-Bretagne, l'assistance au Mémorial de 1939 monte à 8 349 personnes contre 6 366 l'année précédente, tandis que le nombre de communiants baisse de 4 853 à 4 548 ; aux Philippines, la baisse des participants aux emblèmes est présentée comme le signe que les membres apprécient mieux la distinction entre les deux classes.[151] Cette lecture de la baisse comme progrès est cohérente avec le mouvement d'ensemble : le nombre mondial de participants, qui avait atteint environ 52 465 en 1935 sur 63 146 assistants, tombe à environ 39 000 en 1939.[152] L'annuaire enregistre ainsi l'effet démographique, quatre ans après, de la redéfinition de la « grande foule » comme classe terrestre annoncée à l'assemblée de Washington du 3 juin 1935.
La solidarité interne se matérialise dans le redéploiement des réfugiés. Vingt-cinq frères allemands bénéficient de l'assistance de la Société en Grande-Bretagne, dont douze servent comme pionniers dans les foyers londoniens ; six réfugiés d'Allemagne sur huit pionniers actifs en Uruguay ; trois pionniers allemands envoyés de Suisse en Chine en juin 1939 ; trois autres en Bulgarie, dont l'expulsion prochaine est jugée inévitable — les frais étant assumés par la Société.[153] Le même souci pratique conduit à créer des personnes morales locales pour détenir les lieux de réunion : la constitution de la « London Company of Kingdom Witnesses » se heurte au refus du gouvernement d'inscrire le mot « Jehovah » dans la raison sociale, qui impose à la place le mot « Kingdom » — détail administratif révélateur des limites que l'État britannique assignait à l'autodésignation du mouvement, quatre ans après l'adoption du nom « témoins de Jéhovah ».[154]
Le tableau serait faussé sans les rapports favorables que l'annuaire consigne malgré sa thèse générale d'hostilité universelle. Un commissaire de police belge de haut rang déclare devant ses subordonnés que la Société dit la vérité et que ces gens savent ce qui se passe dans le monde ; un officier brésilien des services d'enquête refuse la corruption offerte par deux prêtres catholiques et remet un rapport favorable qui entraîne la restitution de la littérature et la révocation du délégué fautif ; des policiers suédois soupçonnant l'espionnage acceptent finalement de la littérature ; un capitaine finlandais autorise la diffusion pendant toute la traversée et offre un dîner aux proclamateurs.[155] Ces cas sont toujours interprétés comme des exceptions individuelles et jamais comme une réfutation du schéma, mais leur présence même montre que la persécution documentée était le fait d'États et de clergés, non d'une hostilité indifférenciée de la société.
La convention mondiale de juin 1939 : une liturgie synchronisée
Le dispositif technique de la convention des 23, 24 et 25 juin 1939 constitue l'aboutissement des deux logiques précédentes — centralisation administrative et médiation technique. Vingt-huit villes du monde anglophone sont reliées, New York servant de point d'origine ; le samedi après-midi, plus de 33 000 personnes réunies au Madison Square Garden entendent l'allocution « Victory », transmise simultanément par fil direct à toutes les villes et par ondes courtes à l'Australie, à Londres et à Honolulu.[156] Le précédent technique existait — la conférence « Face the Facts » prononcée au Royal Albert Hall le 11 septembre 1938 avait déjà été relayée par liaison téléphonique —, mais l'échelle change ici d'ordre.[157]
L'effet le plus significatif n'est pas l'audience mais la simultanéité rituelle : 2 218 personnes sont immergées le même dimanche dans les différentes villes de convention à travers le monde.[158] Les rapports nationaux confirment la réception : dix conventions simultanées en Grande-Bretagne réunissant 24 000 personnes le dimanche, réception par ondes courtes en Lettonie où les frères joignent leur voix au « Aye » retentissant depuis la salle new-yorkaise, retransmission aux îles Hawaï d'où deux baptisés de l'année datent leur premier contact, écoute nocturne en Inde, réception à Sydney jugée d'une clarté remarquable après que la mairie ait refusé la salle municipale et que Sir Benjamin Fuller ait spontanément offert l'un de ses théâtres.[159] Le vote par acclamation à distance transforme une décision prise à New York en assentiment mondial mesurable, tandis que l'annonce du livre Salvation fait de l'événement le lancement synchronisé d'un cycle éditorial.[160] La convention accomplit ainsi, sur le plan symbolique, ce que les zones, les rapports mensuels et les disques accomplissent sur le plan administratif : elle rend sensible l'existence d'un centre unique auquel une obéissance simultanée est due.
Contenu
Introduction de la présidence : la Théocratie, espoir de l'humanité
La Théocratie est présentée comme l'unique espoir de l'humanité.[161] Jésus-Christ, oint roi à l'âge de trente ans, est décrit comme ayant été intronisé sur le trône céleste en 1914, depuis lequel il dirige l'œuvre de témoignage sur la terre.[162] L'opposition universelle de toutes les nations à l'égard des témoins est considérée non comme un signe de découragement mais comme la confirmation des paroles de Jésus, « vous serez haïs de toutes les nations à cause de mon nom » (Matthieu 24:9).[163]
Désintéressement
Les témoins de Jéhovah se définissent comme une compagnie d'hommes et de femmes qui ont individuellement pris position aux côtés de Dieu, sans chercher ni gain pécuniaire, ni honneur mondain, ni recrutement de membres.[164] Ils ne se considèrent ni comme une secte ni comme une dénomination. Leur mission est de proclamer le Gouvernement Théocratique et de faire connaître aux personnes sincères la provision divine pour le salut de l'humanité.[165] Une fois l'œuvre de témoignage accomplie, Dieu exercera sa puissance pour la vindication de son nom, et ceux qui auront entendu le message devront choisir entre servir Dieu et vivre, ou rejeter le message et mourir éternellement.[166]
Reproches
La haine dont font l'objet les témoins de Jéhovah de la part des religieux est expliquée par un développement scripturaire sur la rébellion de Lucifer.[167] Lucifer, à qui Dieu avait confié la surveillance de la création terrestre, convoita la gloire du Créateur et entreprit de détourner toutes les créatures de Jehovah. Son orgueil est illustré par le passage d'Ésaïe : « Je monterai au ciel, j'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu » (Ésaïe 14:13-14).[168] Sa stratégie consista à calomnier Jehovah par l'intermédiaire du mensonge pour pousser Adam et Ève à la désobéissance (Genèse 3:1-5), condamnant ainsi toute leur descendance à la mort (Romains 5:12).[169] Après sa rébellion, Lucifer est rebaptisé Satan, Serpent, Dragon et Diable (Apocalypse 20:1-2), et sa destruction finale est annoncée comme certaine (Ésaïe 14:15-20 ; Ézéchiel 28:14-19).[170]
Le parallèle est établi entre la conduite de Satan et celle de tous ceux qui cherchent à s'élever aux dépens d'autrui : tout être qui tente de s'exalter sera abaissé par Jehovah, conformément au principe scripturaire « la promotion ne vient ni de l'est, ni de l'ouest, ni du sud, mais Dieu est le juge » (Psaumes 75:6-7).[171] Le « reste » fidèle des témoins de Jéhovah et leurs compagnons, les Jonadabs, attendent avec espérance le salut que Jehovah accomplira en leur faveur.[172]
Satan est ensuite présenté comme ayant lancé à Jehovah le défi que nul homme ne resterait fidèle (Job 2:5).[173] Jehovah releva ce défi en différant l'exécution de la sentence de mort portée contre Satan, lui permettant ainsi de démontrer la vanité de son argument, conformément à Exode 9:16.[174] La promesse faite à Satan dans le jardin d'Éden (Genèse 3:15) annonce la « semence royale » qui détruira le Diable : cette semence est identifiée à Christ Jésus, Roi du Gouvernement Théocratique (Ésaïe 54:1-13 ; Galates 4:26-29).[175]
La Théocratie
Le grand Théocrate est Jehovah Dieu, et le Roi de son Gouvernement Théocratique est Christ Jésus, oint lors de son baptême dans le Jourdain (Matthieu 3:16) et qui enseigne ses disciples à prier : « Que ton royaume vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » (Matthieu 6:10).[176] La mission première de Jésus sur terre est décrite comme la vindication du nom de Jehovah ; sa mission secondaire est de fournir la rançon pour la rédemption de ceux qui se consacreraient à Dieu (Matthieu 20:28 ; Jean 3:16 ; Romains 6:23).[177]
Jésus est le modèle du témoin fidèle : il visita les gens de maison en maison pendant trois ans et demi, exaltant constamment le nom de Jehovah, et son humilité est soulignée par la citation de Philippiens 2:7-11.[178]
Sa fidélité
La mort et la résurrection de Jésus sont présentées comme la preuve irréfutable de la suprématie de Jehovah sur Satan.[179] Jésus mourut en tant qu'homme et fut ressuscité en tant que créature spirituelle immortelle, ouvrant ainsi la voie au salut éternel pour les humains nés dans le péché qui obéissent à Dieu (Hébreux 5:8-9).[180]
Opposition
L'opposition au ministère de Jésus est retracée depuis la tentative du Diable de faire tuer le nourrisson (Matthieu 2:12-17) jusqu'aux persécutions constantes durant son ministère public.[181] La souffrance de Jésus est lue comme l'accomplissement du psaume : « les reproches de ceux qui t'ont reproché sont tombés sur moi » (Psaumes 69:8-9).[182]
Parmi les douze disciples, Judas Iscariote est désigné comme le prototype d'une classe plus large de personnes qui trahissent les fidèles de Dieu : le « fils de perdition », qui comprend le clergé infidèle et la classe du « méchant serviteur ».[183] Les onze disciples fidèles continuèrent à proclamer Christ Jésus comme Roi et à exalter le Gouvernement Théocratique jusqu'à leur mort.[184]
L'apôtre Paul, ancien persécuteur des chrétiens converti par Christ lui-même, est présenté comme un exemple de fidélité sous la persécution ; il est cité affirmant que la tribulation produit la patience, l'expérience, et l'espérance (Romains 5:1-5).[185] La règle imposant aux prédicateurs d'obtenir un permis des autorités civiles avant de prêcher est dénoncée comme une pratique diabolique persistant dans tous les pays de la « chrétienté ».[186]
Diffamateurs
Tous ceux qui ont reproché Jehovah, Christ Jésus et leurs témoins sont définis comme des enfants du Diable.[187] Après le déluge, Satan adopta la religion comme principal moyen de déshonorer le nom de Dieu. Il s'empara de Nemrod, qu'il transforma en chef de guerre et dictateur politique adoré comme un dieu de son vivant (Genèse 10:9 ; Proverbes 29:25).[188] Après la mort de Nemrod, le culte de sa personne fut perpétué : c'est ainsi que les organisations religieuses naquirent de Babylone et se propagèrent aux nations suivantes, toutes instrumentalisées par Satan pour éloigner les hommes du Dieu Tout-Puissant.[189]
La nation d'Israël, présentée comme une théocratie typique, fut organisée par Jehovah pour préserver ses descendants fidèles de l'influence diabolique de la religion. L'ordre divin leur était d'exterminer les peuples pratiquant le culte démoniaque en Palestine (Deutéronome 7:16, Deutéronome 7:25).[190] Mais Israël désobéit, adopta les pratiques des nations environnantes et sacrifia ses enfants aux démons (Psaumes 106:34-37), ce qui lui valut d'être rejeté par Dieu.[191]
À l'arrivée de Jésus, les chefs religieux d'Israël — pharisiens et scribes — sont décrits comme enseignant des traditions humaines au lieu de la loi divine (Matthieu 15:1-3, Matthieu 15:7-9), et Jésus les désigne lui-même comme « fils de votre père le diable » (Jean 8:44).[192] Ces religieux, qualifiés de « serpents, race de vipères » (Matthieu 23:33), sont présentés comme les principaux responsables de la condamnation et de la crucifixion de Jésus, allant jusqu'à soudoyer des témoins pour nier la résurrection.[193]
Martyrs
Les prophètes fidèles de Dieu ayant annoncé la Théocratie sont présentés comme ayant tous subi une persécution cruelle orchestrée par Satan à travers les religieux. Le passage d'Hébreux 11:37-40 est cité pour décrire leur sort : lapidés, sciés en deux, errant dans les déserts vêtus de peaux de brebis, « dans le dénuement, l'affliction, les tourments ».[194] Le terme grec rendu par « martyrs » est le même que celui traduit par « témoins » en Hébreux 12:1 : ces hommes fidèles attestèrent par leur sang même le nom du Très-Haut.[195]
Étienne est désigné comme le premier martyr après la crucifixion de Jésus : accusé faussement de sédition par des religieux qui soudoyèrent des témoins contre lui, il fut exécuté devant Saul de Tarse (Actes 6:9-15 ; Actes 7:54-60).[196] Paul lui-même, après sa conversion, abandonna la religion pour le christianisme et montra que la religion est du démonisme, « la religion est du démonisme » selon le Diaglott (Actes 17:22).[197] La persécution des témoins de Jéhovah est ainsi expliquée comme l'accomplissement du défi lancé par Satan à Jehovah (Psaumes 83:4).[198]
Son Royaume à venir
Jésus annonça à ses disciples son départ et son retour pour assumer la haute charge de Roi du Gouvernement Théocratique (Jean 14:1-3), tout en les prévenant que les religieux continueraient à les persécuter, allant jusqu'à croire rendre service à Dieu en les tuant (Jean 16:1-3).[199] Les disciples demandèrent des signes de son retour, et les prophéties de Matthieu 24:3-46 sont présentées comme ayant commencé à s'accomplir en 1914, marquant la fin du règne ininterrompu de Satan et le début du règne de Christ Jésus le Roi.[200]
La « religion chrétienne »
Après la mort des apôtres, des organisations religieuses se formèrent et s'étiquetèrent elles-mêmes « religion chrétienne ». La plus puissante d'entre elles, l'Église catholique romaine, dirigée par la Hiérarchie catholique, est décrite comme ayant blasphémé le nom de Dieu et de Christ plus qu'aucune autre organisation n'ait jamais existé.[201] Sa prétention à avoir été fondée sur l'apôtre Pierre est dénoncée comme mensongère : Pierre lui-même affirme que l'Église est bâtie sur Christ Jésus, la Pierre angulaire (1 Pierre 2:1-10), et « il n'existe pas la moindre preuve » que Pierre ait jamais été pape.[202]
La doctrine catholique du « purgatoire » — selon laquelle les morts souffrent consciemment et que des prières payantes peuvent abréger leurs tourments — est qualifiée de mensonge frauduleux, contraire à l'enseignement scripturaire que « les morts ne savent rien ». Des millions de personnes auraient ainsi été dépouillées de leur argent au profit d'une organisation politique gigantesque.[203]
La Hiérarchie catholique est désignée comme la principale instigatrice des persécutions contre les témoins de Jéhovah dans tous les pays, faisant adopter des lois imposant l'obtention d'un permis de police avant toute prédication de maison en maison — un procédé présenté comme satanique, puisque aucun chrétien sincère ne demanderait à une autorité humaine la permission d'obéir à Dieu.[204]
La prophétie d'Ésaïe 28:15-18 est appliquée à l'organisation catholique : son alliance avec la mort et avec l'enfer sera annulée, et elle sera balayée lors du jugement divin.[205]
En septembre 1939, le pape Pie XII lança une campagne nationale catholique aux États-Unis en faveur du christianisme. Cette initiative est interprétée comme un changement tactique de la Hiérarchie, provoqué par la proclamation mondiale des témoins de Jéhovah que « la religion est un piège et une escroquerie ».[206] L'affirmation catholique que « le christianisme est définitivement sur la défensive aujourd'hui » est rejetée comme fausse : le vrai christianisme proclame au contraire que la Théocratie est établie et mènera bientôt la grande bataille d'Harmaguédon.[207]
La campagne catholique est en outre dénoncée comme une manœuvre financière et politique visant à soumettre l'Amérique à une dictature : trente millions de catholiques américains sont sollicités à raison d'un dollar minimum, et « le catholicisme de ce pays fut le don de l'Europe », non de Christ.[208] L'implication que Hitler combattrait la cause du christianisme en Europe est qualifiée de mensonge grossier.[209]
Les témoins de Jéhovah sont présentés comme n'ayant aucun combat contre les personnes catholiques en tant qu'individus, mais contre les doctrines diaboliques utilisées pour diffamer le nom de Dieu. Leur lutte est désignée conformément à Éphésiens 6:12 comme un combat non contre la chair et le sang, mais « contre les principautés, contre les puissances, contre les chefs des ténèbres de ce siècle ».[210] La religion est définie comme le culte des démons, selon Actes 17:22 dans la version Diaglott, et la crainte qu'elle instille dans les cœurs est identifiée au piège décrit en Proverbes 29:25.[211]
Le complot contre les chrétiens est présenté comme un fait démontré par les événements de Madison Square Garden : « la conspiration ainsi formée par les nazis et la Hiérarchie » était dirigée non seulement contre les États-Unis mais contre d'autres parties de la terre, ses instigateurs agissant de concert pour s'opposer à la proclamation du Gouvernement Théocratique.[212]
L'allocution publique prononcée le 25 juin à Madison Square Garden avait pour sujet « Gouvernement et Paix ». Lors de cette assemblée, quelque 18 000 personnes s'étaient rassemblées légalement pour louer et adorer Jehovah. Vingt minutes après le début du discours, environ 500 catholiques et nazis conduits par des prêtres catholiques envahirent la salle et se livrèrent à des vociférations — « Heil Hitler ! », « Viva Franco ! », « Kill that damn Rutherford ! » — ainsi qu'à des violences contre les huissiers qui tentaient de rétablir l'ordre. La réunion put néanmoins se tenir dans son intégralité et fut intégralement enregistrée.[213] Des troubles similaires eurent lieu simultanément dans de nombreuses villes des États-Unis, du Canada, de Grande-Bretagne et d'Australie, sans parvenir à empêcher la diffusion du message.[214] La Hiérarchie catholique romaine est désignée comme l'organisatrice de cette conspiration visant à empêcher le peuple de prendre connaissance du Gouvernement Théocratique, ce qui constitue, selon l'exposé, la preuve que la Hiérarchie est composée d'hommes sous le commandement du Diable, en accomplissement des paroles prophétiques de Jésus sur la persécution de ses fidèles.[215]
La vérité nécessaire
La Bible est présentée comme l'unique guide sûr pour l'humanité, conformément à Psaumes 119:105 et 2 Timothée 3:16-17.[216] La mission des témoins de Jéhovah n'est pas de recruter des membres dans une organisation, mais de publier la vérité afin que les hommes connaissent la voie juste, conformément à Jean 18:37.[217] Depuis l'époque de Jésus jusqu'à nos jours, un petit nombre de personnes a scruté les Écritures pour en apprendre la vérité ; celles-ci ont toujours été impopulaires auprès des religieux et constamment persécutées par eux.[218]
L'organisation de la Société
Vers 1872, quelques chrétiens se réunirent dans une petite ville de Pennsylvanie pour étudier les Écritures relatives au retour de Christ Jésus et à son royaume. De cette réunion naquit la future organisation, incorporée en 1884 sous le nom de Zion's Watchtower Society, puis renommée Watch Tower Bible and Tract Society.[219] En vue de soutenir ce travail, une autre corporation fut créée en 1908 dans l'État de New York, ultérieurement rebaptisée Watchtower Bible and Tract Society, Incorporated. En 1914, une troisième corporation, l'International Bible Students Association, vit le jour sous les lois de Grande-Bretagne. Les trois entités ont exactement le même objet : « la diffusion des vérités bibliques par voie de publication sous forme imprimée et par tous autres moyens légaux ».[220] Ces trois corporations sont décrites comme de simples instruments au service des témoins de Jéhovah, hommes et femmes qui agissent en serviteurs de Dieu à travers le monde.[221]
L'ensemble de cette organisation est désigné sous le terme générique de « la Société », soit une compagnie de personnes n'ayant qu'un seul objectif : accomplir la volonté du Dieu Tout-Puissant. L'autorité et la commission des témoins de Jéhovah leur sont conférées exclusivement par Jehovah Dieu à travers Christ Jésus, Roi de la Théocratie, selon la commission d'Ésaïe 61:1-2.[222] La désignation scripturaire « témoins de Jéhovah » est appliquée à tous les vrais disciples de Christ Jésus qui rendent fidèlement témoignage à la Grande Théocratie (Ésaïe 43:9-12 ; Matthieu 24:14).[223]
L'année 1914 est présentée comme marquant le second avènement de Christ Jésus le Roi, intronisé par Jehovah conformément à Psaumes 110:2. En 1918, Christ Jésus vint à son temple pour éprouver et juger ceux qui avaient fait alliance pour accomplir la volonté de Dieu (Malachie 3:1). Ceux qui passèrent l'épreuve furent approuvés pour offrir à Jehovah une offrande en justice — c'est-à-dire la proclamation du message du Royaume (Malachie 3:3 ; Hébreux 13:15) — et sont identifiés au « serviteur fidèle et avisé » de Matthieu 24:45-47.[224]
Leur œuvre
En 1918, le travail des suivants consacrés de Christ Jésus fut interrompu par la Première Guerre mondiale ; beaucoup furent emprisonnés sous de fausses accusations d'opposition à la guerre — une épreuve mise en parallèle avec celles de Néhémie, des prophètes et de Jésus lui-même. Après la fin du conflit, ils furent libérés en 1919 et entreprirent une réorganisation de leur travail.[225] En 1922, l'esprit du Seigneur fut répandu sur les fidèles, les éclairant sur la nature de l'œuvre à accomplir. En 1925, la question de la vindication du nom de Jehovah fut reconnue comme l'enjeu primordial, et les fidèles disciples de Christ Jésus furent commissionnés pour proclamer ce nom à travers la terre.[226] Cette « étrange œuvre » consiste à dévoiler aux yeux du peuple la fausseté et la duplicité de la religion pratiquée au nom de Dieu ; lorsqu'elle s'achèvera, suivra l'« étrange acte » de Dieu par Christ Jésus : la destruction de la religion et de toutes les institutions religieuses (Ésaïe 28:21).[227]
Moyens de prédication
Tous les témoins de Jéhovah sont proclamateurs du message de Jehovah, diffusé par la parole, la distribution d'imprimés, les phonographes et machines à transcription électrique, ainsi que par la radio. Le message du Royaume a été publié au cours de l'année écoulée en soixante-dix-huit langues et largement distribué à travers la terre.[228] La radio est présentée non comme une invention humaine mais comme un produit de la sagesse du Dieu Tout-Puissant, dont l'usage pour le Royaume s'étend depuis plus de dix ans. Lorsque Dieu a jugé opportun d'en restreindre l'utilisation, cette restriction s'est accomplie.[229]
Les statistiques de diffusion illustrent l'ampleur de l'œuvre : au terme de l'exercice fiscal clos le 30 septembre 1938, 279 025 056 livres avaient été remis au public depuis 1920 ; au terme de l'exercice clos le 30 septembre 1939, ce chiffre atteignait 380 459 935, portant le total cumulé à 309 484 991.[230] Durant l'exercice 1939, 38 771 phonographes et machines à transcription ont été utilisés sur le terrain, permettant à 19 100 667 personnes d'entendre le message du Royaume lors des assemblées. Les visites de retour auprès des personnes intéressées ont atteint 1 856 382.[231] Les « autres brebis » du Seigneur, désignés comme Jonadabs, sont venus en connaissance de la vérité et rejoignent rapidement l'armée de « sauterelles » proclamant le nom du Dieu Tout-Puissant et de son Roi (Apocalypse 7:9-10).[232]
La fin approche
Le rapport pour 1939 omet de nombreux pays qui rendaient auparavant compte de leurs progrès : cette omission est attribuée non à un manque de zèle mais à l'écrasement de l'œuvre par l'organisation de Satan. Le fait que le Seigneur permette à l'ennemi d'exercer une telle influence est interprété comme la preuve que l'œuvre de témoignage touche à sa fin et qu'Harmaguédon est proche. Satan, sachant que son temps est court, multiplie les maux sur les peuples de la terre (1 Thessaloniciens 5:3-5).[233]
Le pouvoir totalitaire et dictatorial, soutenu par les organisations religieuses et particulièrement par la Hiérarchie catholique romaine, s'étend rapidement sur toutes les nations. Ces régimes et leurs chefs religieux s'opposent au Gouvernement Théocratique, persécutent les témoins de Jéhovah, font adopter des lois pour entraver l'œuvre de témoignage, arrêtent et emprisonnent les proclamateurs sur de fausses accusations, et confisquent la littérature qui annonce la provision gracieuse de Dieu pour l'humanité.[234] Les opposants au Royaume sont désignés comme les « boucs » de Matthieu 25:41, voués à la destruction éternelle. Quand les chefs religieux proclameront finalement « Paix et sécurité », ce sera le signal de leur destruction soudaine conformément à 1 Thessaloniciens 5:3.[235]
Amérique (États-Unis)
L'organisation terrestre est décrite comme conduite par des hommes sous la direction de Christ le Roi, à l'image de Timothée et Tite qui agissaient sous l'autorité immédiate de l'apôtre Paul et préfiguraient les oints agissant aujourd'hui sous le commandement du Seigneur Jésus-Christ — oints désignés collectivement sous l'appellation « la Société ».[236] Durant l'exercice fiscal, des efforts soutenus ont été déployés pour renforcer l'organisation terrestre en confiant des postes de service aux membres les plus mûrs et entièrement dévoués au Gouvernement Théocratique. Certains des ainsi nommés ont manifesté leur faiblesse en cherchant à s'élever, mais ont été promptement relevés de leurs fonctions et remplacés, conformément à Matthieu 13:41-42.[237]
Conventions
Pour l'année 1939, une convention générale fut organisée avec New York comme point d'origine, reliée par câble et équipement sans fil à de nombreux points aux États-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne et en Australie ; les participants réunis en tous ces lieux entendirent simultanément les allocutions prononcées lors de ces conventions, retransmises en outre par de nombreuses stations de radio. Le troisième jour, l'assemblée publique eut lieu au Madison Square Garden, réunissant environ 12 000 personnes consacrées à Dieu qui participèrent à la publicité de la réunion et rencontrèrent une opposition marquée de la part de ce que l'exposé désigne comme le « la combinaison Hiérarchie catholique romaine-nazis ».[238]
La convention mondiale de juin 1939 confirme la progression générale du travail aux États-Unis. La campagne de la Tour de Garde, menée sur cinq mois, permet à elle seule d'obtenir plus de 93 000 nouveaux abonnements et de distribuer plus de 5 660 000 livres et brochures.[239] La brochure Face the Facts, distribuée à partir de janvier, et la brochure Fascism or Freedom, diffusée à partir d'avril, viennent successivement renforcer la campagne en cours, avec des chiffres de distribution de respectivement 114 millions et 84 millions d'exemplaires pour l'ensemble de l'année.[240]
Le « mauvais serviteur »
Judas Iscariote est présenté comme le type du « méchant serviteur » mentionné en Matthieu 24:48, classe mauvaise composée dans l'antitype des chefs religieux et autres opposants à la Théocratie.[241] Cette classe est décrite comme formant une partie du « homme du péché » et du « fils de la perdition » : des personnes ayant reçu quelque lumière sur le dessein de Jéhovah, ayant professé la consécration à Dieu, mais qui manifestent ensuite un orgueil excessif, se scandalisent de la manière dont le Seigneur conduit son œuvre, et s'opposent aux travailleurs fidèles qui annoncent le Roi et son royaume.[242] Ces personnes, décrites comme des religieux en fait et non en parole, s'unissent promptement aux chefs d'autres organisations religieuses pour s'opposer à Dieu et à son Roi. Leur sort est annoncé en Matthieu 13:42 : être jetés dans une fournaise de feu où il y aura des pleurs et des grincements de dents.[243]
Un exemple de cette classe est illustré par l'extrait d'une lettre citée, dont l'auteur annonce que sa congrégation s'est retirée de la Société pour étudier la Bible seule, ne percevant ni la Théocratie, ni la présence du Seigneur, ni la résurrection des saints fidèles.[244] Ces opposants sont interprétés comme jetés dans les « ténèbres extérieures » et devenus aveugles, conformément à Matthieu 22:13. Les serviteurs fidèles de Jéhovah sont présentés comme non découragés par ces actes d'opposition, continuant à avancer « revêtus de l'armure du Seigneur, combattant pour cet évangile du Royaume ».[245]
Publication
Le siège de Brooklyn, dont les bureaux exécutifs sont situés au 124 Columbia Heights et les ateliers d'impression au 117 Adams Street, est présenté comme le centre nerveux de toute l'organisation terrestre.[246] Les trois corporations légales — la Watch Tower Bible and Tract Society de Pennsylvanie, la Watchtower Bible and Tract Society, Incorporated de New York, et l'International Bible Students Association britannique — sont toutes gérées depuis le bureau d'administration du 124 Columbia Heights. Tous les manuscrits de la Tour de Garde, des livres et brochures sont préparés à ce bureau avant d'être transmis à l'imprimerie.[247]
Chaque bureau de filiale, ainsi que l'imprimerie d'Adams Street, adresse chaque mois un rapport écrit au président de la Société, et soumet en fin d'exercice fiscal un rapport annuel détaillé. Le financement de l'ensemble de l'œuvre repose exclusivement sur des contributions volontaires ; aucun membre de l'organisation ne perçoit de gain personnel ou pécuniaire. Les livres et autres publications ne sont pas « vendus » mais remis en échange de contributions destinées à financer d'autres publications, et sont même distribués gratuitement aux personnes sans ressources.[248] Les livres de comptes de la trésorerie sont déclarés accessibles à tout soutien de la Société souhaitant les examiner, mais fermés aux opposants, une règle présentée comme calquée sur celle que Jéhovah établit pour les gardiens du temple de Jérusalem.[249]
La Société exploite également une ferme et des jardins dans l'unique but de produire la nourriture nécessaire aux travailleurs du siège, au moindre coût possible.[250]
Rapport de l'imprimerie pour 1939
Le rapport annuel de l'imprimerie pour l'exercice 1939 fait état d'une activité considérablement accrue : 38 soirées et 13 samedis après-midi supplémentaires ont été travaillés en dehors des horaires réguliers, et une deuxième équipe a été mise en place pendant cinq jours.[251] La production comprend notamment 1 888 734 livres reliés, 25 916 475 brochures, 4 441 550 exemplaires de la Tour de Garde — soit 2 832 350 de plus qu'en 1938 — et 4 927 500 exemplaires de Consolation. Les publications sont imprimées en 88 langues au total, dont 48 ont été produites dans cette imprimerie durant l'année. La fabrication a nécessité 2 343 tonnes de papier, 94 tonnes de carton pour les couvertures et près de 170 000 yards de tissu.[252]
Parmi les améliorations techniques, de nouveaux équipements d'éclairage Holophane ont été installés dans les bureaux, et une nouvelle presse deux couleurs haute vitesse a été commandée et est en cours d'installation en octobre 1939. L'achat de deux breaks Plymouth a facilité le service de terrain les week-ends et le transport de petits envois dans la région de New York.[253]
Les expéditions de l'année atteignent un total record : 28 717 995 livres et brochures, contre 24 538 036 en 1938. Quatre nouvelles publications ont été lancées durant l'année : le livre relié Salvation et les brochures Face the Facts, Fascism or Freedom et Government and Peace.[254] Les expéditions de phonographes ont atteint 9 860 appareils sur l'année, pour un cumul de 34 075 depuis le début de leur fabrication à Brooklyn ; 310 001 disques ont été expédiés, représentant 620 002 enregistrements double face.[255]
Soixante-six nouveaux enregistrements de 44 minutes ont été produits, dont les séries Face the Facts (P-155 à P-166), Fascism or Freedom (P-179 à P-190), Victory (P-191 à P-203) et Government and Peace (P-205 à P-218), enregistrés en direct devant des auditoriums combles. Depuis 1934, la distribution cumulée des disques de 43 minutes atteint 816 468 exemplaires double face, disponibles en 18 langues.[256]
États-Unis — Statistiques détaillées
Les chiffres du rapport pour les États-Unis font apparaître 35 466 proclamateurs actifs en moyenne chaque mois durant l'exercice 1939, soit près de 10 000 de plus qu'en 1938 ; le pic est atteint en août avec 41 902 proclamateurs. Ces derniers ont totalisé 9 114 336 heures de service de terrain, soit presque trois millions d'heures supplémentaires par rapport à l'année précédente.[257] La distribution de littérature s'élève à 1 542 591 livres reliés et 13 626 653 brochures, soit 15 169 244 pièces au total, auxquelles s'ajoutent 6 740 000 exemplaires des magazines Tour de Garde et Consolation.[258]
Les visites de retour connaissent une progression spectaculaire : 1 285 327 en 1939 contre 289 489 en 1938, soit une augmentation de près d'un million. L'équipement sonore a permis à 13 054 407 personnes d'entendre les conférences du Royaume.[259] Le réseau organisationnel comprend 2 425 congrégations constituées en groupes, 153 zones et 6 régions sur l'ensemble du territoire américain.[260]
Le rapport détaillé pour les États-Unis fait également état des progrès de l'organisation de terrain : les serviteurs régionaux ont parcouru 99 627 miles pour un coût de 1 491,94 dollars, et les serviteurs de zone ont couvert 2 049 584 miles pour 32 340,16 dollars.[261] Le nombre de groupes constitués en congrégations est passé de 1 786 à la clôture de 1938 à 2 425 à la clôture de l'exercice suivant. Plus de 2 000 pionniers sont actifs sur le terrain, bien que de nombreuses zones rurales et petites villes n'aient pas encore été couvertes, ce qui est présenté comme un appel pressant à davantage de pionniers.[262]
Dix-neuf pays dépendent directement du bureau de Brooklyn sans posséder de filiale autonome — notamment les pays d'Amérique centrale, les îles des Antilles et d'autres territoires de faible superficie. Ensemble, ces pays comptent 314 proclamateurs dont 52 pionniers, qui ont totalisé 110 527 heures de service et placé 150 318 pièces de littérature, ainsi que 670 nouveaux abonnements à la Tour de Garde et à Consolation.[263]
Alaska
En Alaska, un seul pionnier assure depuis plusieurs années le service du Royaume sur ce vaste territoire. Durant 1939, il n'a pu couvrir que le Premier District judiciaire, à l'ouest de la Colombie-Britannique. Trois congrégations ont rendu compte de leur activité au cours de l'année, et le pionnier envisage d'atteindre les Troisième et Quatrième Districts l'année suivante. Le travail s'y déroule dans l'isolement, mais la diffusion de la Tour de Garde et de Consolation maintient les résidents en contact avec la Théocratie.[264]
Les régions des Bermudes, des Antilles britanniques, de Curaçao et de Guadeloupe font l'objet d'un rapport groupé. Vingt-quatre proclamateurs dont neuf pionniers y ont fourni 7 926 heures, distribué 11 880 pièces de littérature et fait 1 506 visites de retour. La progression par rapport à 1938 est sensible dans toutes les rubriques. Les difficultés propres à ce champ — territoire insulaire accessible uniquement par bateau, puis couvert à pied — sont relevées, mais la croissance est jugée encourageante.[265]
Honduras britannique, Costa Rica, Zone du Canal, Panama
En Amérique centrale et dans la Zone du Canal, 182 proclamateurs dont 3 pionniers ont accompli 17 851 heures et placé 11 255 pièces de littérature. Malgré les efforts de l'ennemi pour enrayer le travail au Costa Rica, l'activité y a progressé. Au Panama, les distinctions de classe raciale compliquent la tâche des proclamateurs de couleur, mais la progression est néanmoins jugée positive.[266]
Cuba et Porto Rico
À Cuba et à Porto Rico, le travail se heurte à la domination de la religion et à l'hostilité du clergé. Cent soixante et un proclamateurs dont 25 pionniers ont totalisé 54 400 heures et distribué 63 562 pièces de littérature, avec 154 516 personnes ayant entendu les conférences grâce à l'équipement sonore. Cuba bénéficie des visites périodiques d'un serviteur de zone qui améliore l'organisation des groupes disséminés dans l'île, tandis que Porto Rico ne compte encore que trois pionnières, sans organisation de groupe constituée.[267]
Égypte
En Égypte, malgré l'opposition du clergé catholique et orthodoxe, l'activité a presque doublé en 1939. Trente proclamateurs dont 3 pionniers ont fourni 5 711 heures et placé 15 576 pièces de littérature. La presse, utilisée par le clergé contre le service du Royaume, n'a eu d'autre effet que d'attirer davantage l'attention sur le message, renforçant le zèle des fidèles. De nombreuses personnes ont récemment symbolisé leur consécration, et un esprit d'unité prévaut depuis que la classe du « mauvais serviteur » en a été séparée.[268]
Liban, Palestine, Syrie, Turquie, Chypre, Malte
Au Liban, en Palestine, en Syrie, en Turquie, à Chypre et à Malte, 36 proclamateurs dont 8 pionniers ont accompli 9 679 heures et placé 16 498 pièces de littérature. Durant l'année, un proclamateur russe a commencé à témoigner à Haïfa ; un groupe de frères grecs s'est formé à Istanbul en fin d'année. Des groupes actifs existent à Akkar, Tripoli et au Liban, et des jeunes gens s'impliquent dans le service au Liban. Chypre a été intégralement couverte cinq fois par les pionniers depuis le début du travail sur l'île, et une nouvelle couverture complète est en cours.[269]
Colombie et Guyane néerlandaise
En Colombie et en Guyane néerlandaise, deux pionnières assurent l'essentiel du témoignage dans des conditions difficiles. Sept proclamateurs de groupes et 8 pionniers ont totalisé 5 056 heures et placé 17 022 pièces de littérature. De nombreux groupes d'Amérique du Sud n'ont transmis aucun rapport durant l'année, ce qui est présenté comme révélateur d'un besoin urgent d'ouvriers supplémentaires dans cette partie du champ.[270]
Maison de Béthel
La famille de Béthel à Brooklyn compte en moyenne 191 proclamateurs actifs chaque mois en 1939, contre 180 l'année précédente. Les heures de service de terrain ont augmenté de plus de 6 000 heures, et les visites de retour ont atteint un nouveau sommet de 7 727 pour l'année. Certains membres de la famille de Béthel exercent des fonctions de serviteurs d'unité dans la congrégation de New York et ont été désignés comme serviteurs régionaux ou de zone, occupant leurs week-ends à ce service. Bien que le total des pièces de littérature placées soit inférieur à l'année précédente, des heures supplémentaires considérables ont été consacrées à l'imprimerie et au service de terrain.[271]
Radio
La Société Watch Tower décrit les affirmations de la Hiérarchie catholique romaine selon lesquelles le juge Rutherford serait « barré de toutes les stations de radio » comme de purs mensonges malveillants. Les efforts conjugués de la Hiérarchie et de ses alliés religieux pour évincer Rutherford de l'antenne se sont heurtés à ce qui est présenté comme la volonté du Gouvernement Théocratique de diffuser les messages importants.[272]
Deux émissions majeures illustrent cette résistance. Le 2 octobre 1938, la conférence « Fascisme ou Liberté » est diffusée depuis le Mecca Temple de New York sur un réseau de 58 stations couvrant l'ensemble des États-Unis, avec des auditoires réunis simultanément à La Nouvelle-Orléans, Columbus, Seattle, Toronto et Ottawa. Le 25 juin 1939, la conférence « Gouvernement et Paix » est diffusée depuis le Madison Square Garden sur 70 stations reliées en réseau, auxquelles s'ajoutent 28 salles de convention dans le monde entier ; les ondes courtes portent le message en Australie, à Londres et à Honolulu.[273]
Face à ces succès, l'Association nationale des radiodiffuseurs, jugée instrument de la Hiérarchie catholique, adopte un code stipulant qu'aucune station ne peut accepter de rémunération pour du temps consacré à un porte-parole sur une question publique controversée, et que la radio ne doit pas véhiculer d'attaques contre une race ou une religion. Le nom du juge Rutherford est explicitement mentionné dans les comptes rendus de presse relatifs aux travaux de cette association. Néanmoins, cette réglementation ne contraint pas toutes les stations, et plusieurs d'entre elles, notamment WBBR à Brooklyn, continuent de diffuser régulièrement les conférences enregistrées.[274]
Visites personnelles
Les visites personnelles dans les foyers des personnes de bonne volonté sont présentées comme plus efficaces encore que la radio. Alors que la Hiérarchie et l'Association nationale des radiodiffuseurs cherchent à réduire au silence le message du Royaume, le Gouvernement Théocratique organise en parallèle une diffusion encore plus étendue grâce au phonographe, qui porte directement dans les foyers les « vérités tranchantes » destinées aux personnes de bonne volonté.[275]
Plus de 7 000 jeux de disques des séries Face the Facts, Fill the Earth et Fascism or Freedom ont été distribués dans le monde anglophone pour les visites personnelles, et plus de 7 500 jeux des séries Victory et Government and Peace ont déjà été expédiés. Trente mille disques courts « Snare and Racket » ont été fabriqués et entièrement distribués. Aux États-Unis seuls, 1 285 327 visites personnelles ont été effectuées au cours de l'année, et plus de 800 000 disques contenant un discours de 44 minutes sur chaque face sont en possession des proclamateurs à travers le monde.[276]
Utilisation des disques
Le disque de phonographe est présenté comme une aide précieuse qui libère le proclamateur de la contrainte de parler de porte en porte. Des allocutions courtes préparées par le président de la Société — notamment le disque « Enemies » qui présente le livre Ennemis en 44 minutes — introduisent chaque nouvelle publication. D'autres disques montrent l'importance de lire la Tour de Garde ou Salvation. Le phonographe permet aux proclamateurs de prolonger leurs heures de service en leur évitant la fatigue vocale. Au total, 13 327 819 personnes ont écouté ces disques, et plus de 22 000 phonographes sont en service aux États-Unis.[277]
Pionniers spéciaux
Le programme de pionniers spéciaux, lancé lors de la convention de Columbus en septembre 1937, est arrivé au terme de ses deux premières années d'existence. Environ 200 pionniers soigneusement sélectionnés furent envoyés dans les grandes villes pour y démontrer l'efficacité du phonographe, dont les groupes organisés doutaient encore. Le succès a été tel que plus de 20 000 phonographes ont dû être fabriqués à Brooklyn en deux ans, sans que la production puisse suivre la demande. La moyenne des pionniers spéciaux actifs chaque mois atteint 256 pour l'année, avec un pic à 300.[278]
Ces pionniers spéciaux ont effectué 516 982 présentations, atteint plus d'un million de personnes en séances d'écoute et réalisé 124 206 visites de retour. La Société les a soutenus à hauteur de 41 123,98 dollars. Désormais, leur mission évolue : ils sont affectés auprès des serviteurs de zone pour aider à la constitution de nouveaux groupes et à la relance des groupes en stagnation.[279]
Livres
Les quatre nouvelles publications de l'exercice 1939 sont présentées dans leur ordre de parution : la brochure Face the Facts, lancée avec la campagne de la Tour de Garde en janvier, traduite en 24 langues avec un tirage total de 12 040 076 exemplaires ; la brochure Fascism or Freedom, ajoutée en avril, tirée à 9 162 859 exemplaires en neuf langues ; la brochure Government and Peace, dont quelques millions d'exemplaires sont déjà imprimés et dont le chiffre de dix millions est jugé imminent ; et le livre relié Salvation, présenté comme « un manuel pour les Jonadabs », lancé lors de la convention mondiale de juin 1939.[280]
La demande pour Salvation a dépassé les capacités de l'imprimerie de Brooklyn : les filiales et les groupes ont été en rupture de stock malgré une production de 250 000 exemplaires par mois, et plus d'un million d'exemplaires ont déjà été expédiés. Il est anticipé que la distribution de ce livre surpassera celle de tous les livres reliés précédents. L'Annuaire 1939 lui-même, tiré à 40 420 exemplaires — tirage supérieur aux années précédentes —, a été mis en circulation en décembre 1938.[281]
Convention mondiale
La convention mondiale des témoins de Jéhovah se tient les 23, 24 et 25 juin 1939 dans 28 villes du monde anglophone. Le premier jour est consacré au service de terrain et à des marches d'information annonçant la conférence publique « Gouvernement et Paix ». La ville principale est New York ; la première assemblée reliée par fil direct à toutes les villes réunit le samedi après-midi plus de 33 000 personnes au Madison Square Garden, qui entendent l'allocution « Victory » du président de la Société, simultanément transmise en ondes courtes aux conventions d'Australie, de Londres et d'Honolulu.[282]
La distribution du livre Salvation et de la brochure Government and Peace ainsi que des enregistrements sonores «Victory» et «Government and Peace» se poursuit comme le principal vecteur de témoignage dans les semaines suivant la convention. Quelques jours après la clôture de la convention new-yorkaise, le Kingdom News n°4 est diffusé à New York avec pour manchette l'exposé de la tentative de sabotage de l'assemblée du Garden ; un million d'exemplaires sont placés dans les mains de la population new-yorkaise en cinq jours.[283] Le dimanche de la convention, 2 218 personnes sont immergées simultanément dans les différentes villes de convention à travers le monde, présenté comme un signe de l'rassemblement de la grande multitude.[284]
Campagnes internationales
L'organisation internationale adopte à partir de 1938-1939 un nouveau rythme de campagnes témoins. Les anciennes périodes de témoignage de neuf jours, conduites six fois par an en octobre et en avril, sont étendues à un mois complet, voire davantage. La première campagne mensuelle internationale se tient en octobre 1938 avec la brochure Warning distribuée pour la première fois à l'échelle mondiale.[285]
La campagne de la Tour de Garde (janvier-avril 1939), jugée la plus importante de l'année, réunit 67 229 proclamateurs — le plus grand nombre jamais engagé simultanément dans le service de terrain — dans 59 pays. Elle génère 121 073 nouveaux abonnements à la Tour de Garde, la distribution de 695 914 livres et 11 186 803 brochures, et 6 204 210 participants aux séances d'écoute sonore. Par comparaison, la campagne d'octobre 1938 avait mobilisé 58 117 proclamateurs dans 54 pays, obtenu 9 526 nouveaux abonnements et distribué 2 829 886 pièces de littérature.[286]
Les six périodes de témoignage spéciales de neuf jours étendues à un mois représentent, cumulées, un rapport illustrant la régularité de l'activité mensuelle des proclamateurs tout au long de l'année : 35 252 proclamateurs en moyenne, 4 528 660 heures, 7 528 580 pièces de littérature et 646 205 visites de retour sur les six mois couverts, soit approximativement la moitié du rapport annuel.[287]
Serviteurs régionaux
Le territoire des États-Unis est organisé en six régions, chacune dotée d'un serviteur régional qui visite les zones au minimum deux fois par an. Les 153 zones disposent chacune d'un serviteur de zone, qui rend compte directement à la Société des congrégations qu'il visite régulièrement ; le serviteur régional, lors de sa tournée, soumet un rapport sur l'ensemble de la zone.[288]
Les pages suivantes reproduisent la liste nominale des ministres ordonnés spécialement équipés et envoyés depuis le siège de Brooklyn, soit plusieurs centaines de noms parmi lesquels figurent notamment F. Franz, L. K. Greenlees, J. Hemery, M. G. Henschel, N. H. Knorr, A. H. Macmillan, A. Schroeder, J. F. Rutherford et W. E. Van Amburgh.[289]
Opposition
Au cours de l'exercice, plus de 600 arrestations individuelles de proclamateurs sont portées à la connaissance du service juridique de la Société aux États-Unis, contre 471 l'année précédente — soit une augmentation de près de 30 %. Ces arrestations surviennent dans plus de la moitié des États de l'Union, au motif que les proclamateurs prêchent l'évangile du Royaume. Les chefs d'inculpation retenus sont variés : vagabondage, intrusion, nuisance aux passants, trouble à l'ordre public, colportage sans licence, démarchage sans permis, sollicitation le dimanche, parade sans autorisation, distribution de tracts sans permis, distribution de « littérature fasciste », distribution de littérature obscène, violation des lois du dimanche du Mississippi, violation de la loi anti-nazi du New Jersey, ou encore « récidivistes habituels » pour refus de saluer le drapeau.[290] En réponse, la Société publie une brochure de 16 pages intitulée Advice for Kingdom Proclamateurs pour aider les proclamateurs à se défendre correctement devant les magistrats et à veiller à ce que les faits soient dûment consignés au dossier.[291]
Consolation
Le magazine Consolation est présenté comme un outil destiné à aider les personnes de bonne volonté à obtenir rapidement une vision de la situation mondiale en relation avec le Gouvernement Théocratique. En ces temps de péril, la lecture de Consolation est censée révéler que toute la création, exception faite des vrais chrétiens, s'oppose au Gouvernement Théocratique et a été trompée par le Malin. Parmi ces personnes se trouvent sans doute certaines qui souhaiteraient une meilleure compréhension du dessein de Dieu, et Consolation se propose de les y aider. Durant l'année, le magazine est publié en anglais et en six autres langues ; il ne porte aucune publicité, et les recettes d'abonnements sont intégralement réinvesties dans la publication du message théocratique.[292]
Grande-Bretagne
Vers Harmaguédon à pas de course
En Grande-Bretagne, l'exercice 1939 est marqué par une progression spectaculaire de l'organisation et de l'activité de terrain, accompagnée d'une opposition croissante de la Hiérarchie catholique et des groupes fascistes. En 1937, les pionniers ne trouvaient plus suffisamment de territoire dans les îles Britanniques selon les responsables en poste ; en 1939, 429 pionniers sont actifs en cours d'année, et 511 sont présents sur le terrain en septembre, le dernier mois de l'exercice, avec 593 inscrits au service à la clôture de l'année. La Société attribue ce renversement à un changement de responsables opéré en 1938.[293] L'activité de l'année comprend 4 837 phonographes et machines sonores en usage, une fréquentation sonore de 1 515 747 auditeurs, 175 942 visites de retour, 6 185 979 livres et brochures distribués, 11 445 nouveaux abonnements à la Tour de Garde et 681 704 exemplaires distribués de ce magazine, plus 508 197 exemplaires de Consolation. Cinq mille six cent quatre-vingt-quinze réunions publiques ont été tenues, avec une assistance totale de 227 617 personnes, et 2 623 marches d'information ont été organisées, couvrant presque chaque ville et village des îles Britanniques.[294]
Le rapport du responsable local au 34 Craven Terrace, Londres, retrace la chronologie des événements marquants de 1939 en Grande-Bretagne. La conférence « Face the Facts » prononcée par Rutherford au Royal Albert Hall de Londres le 11 septembre 1938 déclenche une vague d'opposition qui se prolonge sur douze mois. La crise internationale de septembre 1938 et l'accord de Munich conduisent à la mise en place de la nouvelle organisation par zones dans tout le pays. En octobre 1938, un million d'exemplaires de la brochure Warning sont distribués en dix semaines.[295]
Le 14 octobre 1938, le Catholic Herald de Londres publie une attaque diffamatoire contre Rutherford ; la Société mandate ses avocats pour poursuivre le journal pour libelle et réclamer 20 000 livres sterling. Après plusieurs semaines de pression, le Catholic Herald obtient un règlement à l'amiable et publie un démenti le 25 novembre, décrit comme un épisode humiliant pour la Hiérarchie.[296] Le 18 novembre, un témoignage spécial est adressé aux membres de la Chambre des Lords, de la Chambre des Communes et aux responsables gouvernementaux, accompagné d'un exemplaire de Face the Facts et d'une lettre attirant l'attention sur la loi dite Aliens Restriction (Blasphemy) Act 1938.[297]
À partir de décembre 1938 et pendant neuf mois, une campagne nationale de réunions publiques se déploie dans les cinémas, salles communales, écoles et Salles du Royaume, avec les conférences enregistrées « Face the Facts », « Fascism or Freedom », « Violence » et « Warning ». Les 5 695 réunions publiques tenues réunissent 227 617 participants, dont 187 606 non-membres ; plus de trois millions de dépliants sont distribués et 2 623 marches d'information organisées.[298]
La campagne de la Tour de Garde débute le 1er janvier, accompagnée d'une distribution de trois millions d'exemplaires de Face the Facts dans tout le champ britannique. En réponse, la Hiérarchie catholique déclenche en février une campagne nationale de violences et d'agressions contre les proclamateurs, encouragée selon le rapport par les colonnes hebdomadaires du Catholic Herald et du Catholic Universe. Cette campagne aboutit à 66 agressions, 3 émeutes et 12 tentatives de perturbation de réunions publiques, toutes imputées à des groupes locaux de l'Action catholique agissant sur instruction de prêtres locaux ; dix de ces cas sont poursuivis en justice et les auteurs sanctionnés. C'est également en février que le « témoignage de trottoir », consistant pour des proclamateurs portant de grandes affiches à se poster dans les artères passantes, est autorisé par Rutherford.[299]
En avril, la brochure Fascism or Freedom est publiée et diffusée à deux millions d'exemplaires dans tout le champ britannique. Concomitamment, un tract spécial intitulé « Nazi Tactics in Clydebank » est distribué à 250 000 exemplaires par les proclamateurs écossais. Le 2 avril, à Oldham, un échevin nommé Shannon, ancien maire de la ville, tente par trois fois d'interrompre de force une réunion publique consacrée à la conférence « Fascism or Freedom » ; la police expulse le perturbateur et son groupe. Une campagne d'information complémentaire, portant sur 400 000 tracts dénonçant l' « action catholique-fasciste à Oldham », est ensuite conduite dans les districts du Lancashire et du Yorkshire.[300]
En mai, un prêtre nommé McDonagh fait pression sur des gérants de salles dans le sud du Pays de Galles pour les contraindre à rompre leurs contrats avec les proclamateurs, instaurant de fait une censure dans la région d'Ebbw Vale. Les proclamateurs de la zone du Pays de Galles ripostent par une campagne de 50 000 tracts. Un prêtre de Hebburn-on-Tyne, Witty, tente la même manœuvre et se heurte à une nouvelle campagne d'exposition publique. Le 7 juin, au terme de quatre mois de procédures, deux procès se tiennent à Clydebank : dans le premier, un meneur catholique reconnu coupable d'agressions physiques est condamné ; dans le second, deux prêtres, Duffin et McEwen, poursuivent quatre proclamateurs pour trouble à l'ordre public, mais le tribunal acquitte ces derniers, établissant que c'est l'organisation de la foule par les prêtres eux-mêmes qui avait causé le désordre.[301]
En juin, dix conventions simultanées se tiennent à Belfast, Birmingham, Bristol, Glasgow, Hull, Leeds, Liverpool, Londres, Manchester et Newcastle, diffusant par radio transocéanique la conférence « Victory » de Rutherford le soir du 23 juin, suivie le lendemain de la conférence « Government and Peace » retransmise depuis Madison Square Garden à New York. Vingt-quatre mille personnes assistent aux sessions du dimanche dans les grandes salles des villes citées. Le soir du 24 juin, cinq bombes explosent dans le centre de Londres, à proximité du Kingsway Hall, sans faire de victimes parmi les proclamateurs. Cette attaque est attribuée à l'IRA, qui avait préalablement adressé des menaces téléphoniques aux bureaux de la Société à Londres.[302]
Le 7 juillet, un second témoignage est adressé aux membres du Parlement et aux responsables publics, accompagné de la brochure Fascism or Freedom, d'un exemplaire du Consolation n° 516 contenant un article intitulé « Fascism in Britain » et d'un tract dénonçant le « péril catholique-fasciste en Grande-Bretagne » ; cent mille exemplaires de ce numéro du Consolation et deux millions de ces tracts sont ensuite distribués dans l'ensemble du pays. En août, plusieurs jeunes proclamateurs comparaissent devant les tribunaux militaires en qualité d'objecteurs de conscience, invoquant la loi sur la conscription militaire obligatoire entrée en vigueur en juin. Dans chaque cas, les tribunaux leur accordent l'exemption du service militaire et la liberté de poursuivre leurs activités habituelles.[303]
Le 3 septembre, la Grande-Bretagne déclare l'état de guerre. La plupart des proclamateurs se trouvent alors en service de terrain ; la distribution du livre Salvation, paru en août à 95 000 exemplaires pour la Grande-Bretagne, se poursuit sans interruption malgré le black-out nocturne, les restrictions de déplacement et le rationnement. Le mois de septembre 1939 devient le deuxième mois de l'année pour le placement de livres reliés. À la clôture de l'exercice, un embargo sur les importations de disques, livres et brochures depuis Brooklyn est signalé comme une nouvelle contrainte imposée à l'organisation britannique.[304]
Rapport de terrain
Le rapport de terrain pour 1939 est le plus important jamais enregistré pour la Grande-Bretagne. Six millions 185 979 livres et brochures sont placés, soit une augmentation de 1 877 269 pièces par rapport à l'année précédente et environ trois fois le chiffre de 1937. La moyenne mensuelle de proclamateurs augmente de 1 344 unités, avec un pic de 6 861. Les heures de service augmentent de 574 922 par rapport à l'année précédente. Les visites de retour doublent par rapport à l'exercice précédent. Le nombre de phonographes en service atteint 4 827, avec 12 machines à transcription supplémentaires. Pour les magazines, 1 189 901 exemplaires de la Tour de Garde et de Consolation sont distribués, soit près de trois fois le chiffre de l'exercice précédent. Douze millions de tracts s'ajoutent à ce total, portant la distribution globale à 19 375 873 pièces. Le Mémorial de 1939 rassemble 8 349 participants, dont 4 548 communiants ; en 1938, l'assistance était de 6 366 pour 4 853 communiants, indiquant une hausse de la fréquentation et une baisse du nombre de ceux qui participent aux emblèmes.[305]
Service de la filiale
La filiale britannique connaît son année la plus chargée dans tous ses départements : bureau, usine de machines sonores, imprimerie et magasin. Pour faire face à l'augmentation d'activité, deux mille pieds carrés de surface d'usine supplémentaires sont aménagés à côté du local d'impression existant. Le département des machines sonores et celui de l'expédition des magazines y sont installés à partir de février. L'imprimerie produit 13 911 857 articles en 1939, contre 6 806 284 l'année précédente. Le magasin reçoit 17 867 cartons de littérature depuis Brooklyn et expédie 85 563 colis, contre 42 057 en 1938. Le département sonore fabrique 1 058 nouveaux phonographes et 15 machines à transcription au cours de l'année.[306]
Service par zones
Le champ britannique est organisé en trente zones et quatre régions, avec trente-quatre responsables utilisant quinze automobiles. Ces responsables parcourent collectivement 207 480 miles au cours de l'année et tiennent 140 assemblées de zone. L'organisation théocratique par zones est présentée comme la principale explication de la croissance enregistrée. La République d'Irlande (État libre d'Irlande) est réouverte au travail de terrain cette année, confiée à sept pionniers et à un responsable de zone.[307]
La famille du Béthel compte vingt-deux membres. Quatre d'entre eux assurent les fonctions de responsables régionaux et passent la majorité de leurs week-ends auprès des congrégations du pays. La famille place 1 849 livres reliés et 25 888 brochures, consacre 6 370 heures au service de terrain et prend 63 nouveaux abonnements. Les 511 pionniers actifs en septembre — dont 593 inscrits à la clôture de l'année — représentent une forte progression par rapport à la moyenne de 242 de l'année précédente et à la moyenne mensuelle de 429 pour 1939. Ces pionniers placent 159 656 livres reliés et 1 690 667 brochures, et consacrent 556 759 heures au service. Douze foyers de pionniers sont établis à Londres, Bradford, Manchester, Birmingham, Liverpool, Glasgow, Sheffield et Édimbourg, regroupant 124 pionniers.[308]
La congrégation de Londres, avec ses 1 200 proclamateurs, place pour la première fois plus d'un million de pièces de littérature (1 041 996). Quatorze unités y fonctionnent, chacune disposant d'une Salle du Royaume. Une corporation dénommée « London Company of Kingdom Witnesses » est constituée pour financer ces locaux ; le gouvernement refuse le mot « Jehovah » dans la raison sociale et impose le mot « Kingdom ». La Société acquiert par ailleurs une ferme de 220 acres dans l'Essex, dont la production est livrée chaque semaine aux Salles du Royaume londoniennes. Vingt-cinq frères allemands réfugiés bénéficient de l'assistance de la Société en Grande-Bretagne, dont douze servent comme pionniers dans les foyers de pionniers londoniens.[309]
Programme de construction
L'exercice 1939 est qualifié d'année de construction pour le Royaume : de nouvelles Salles du Royaume sont ouvertes dans les grandes villes, de nouveaux groupes organisés à Londres, Birmingham, Liverpool et Glasgow, douze foyers de pionniers mis en service, la ferme de 220 acres acquise et près de mille nouveaux Jonadabs entrés dans le service. Au total, plus de 630 travailleurs à plein temps sont recensés entre le Béthel, les fermes du Royaume et les foyers de pionniers. La situation internationale est décrite comme l'heure zéro précédant la délivrance, et le chemin ouvert par les frères allemands sous la persécution nazie est présenté comme un modèle que les frères britanniques pourraient être appelés à suivre.[310]
Afrique (Sud, Centre et Est)
Afrique du Sud — rapport général
L'exercice fiscal de l'Afrique du Sud se clôturant au 31 août, le rapport couvre la période allant jusqu'à cette date. Au cours de l'année, 509 026 livres et brochures sont placés, 1 042 078 heures consacrées au service de terrain, et 3 179 proclamateurs actifs recensés. Le matériel sonore comprend 337 phonographes, 13 machines à transcription et 12 voitures sonores, qui atteignent au total 396 839 auditeurs. Les visites de retour s'élèvent à 28 325.[311]
Le représentant local de la Société à Cape Town indique que la lettre de Rutherford du 1er janvier 1939 et l'article de la Tour de Garde intitulé « Kingdom Activities » ont produit une progression remarquable. La distribution depuis le bureau de Cape Town atteint 82 540 volumes et 550 908 brochures, soit 633 448 pièces au total, contre 533 943 l'année précédente. Ces publications sont disponibles en 25 langues différentes, dont environ 75 % en langues européennes et 25 % en langues bantou et asiatiques. Le bureau distribue en outre 138 phonographes et 2 022 disques (représentant 4 044 faces), soit une augmentation de 1 194 enregistrements par rapport à l'année précédente. Au total, depuis les origines, 458 phonographes et 14 680 disques ont été distribués par le bureau de Cape Town.[312]
Union d'Afrique du Sud
La population de l'Union d'Afrique du Sud comprend, selon le dernier recensement, deux millions d'Européens et sept millions d'Africains répartis sur 473 000 miles carrés. La quasi-totalité des proclamateurs européens réside dans l'Union. Le pic de proclamateurs, atteint lors de la campagne d'avril, est de 555, dont 375 Européens, soit une augmentation de 15 % par rapport au pic précédent de 482. Les campagnes de la Tour de Garde et autres campagnes spéciales permettent d'obtenir 1 016 nouveaux abonnements à la Tour de Garde, 813 au Vertroosting afrikaans et 370 à Consolation, soit 2 221 nouveaux abonnements de janvier à avril. Durant la même période, 16 060 volumes reliés et 113 000 brochures sont placés.[313]
Les publications de Rutherford — Warning, Violence, Face the Facts, Fascism or Freedom et Safety — sont diffusées par phonographe lors de marches d'information et par d'autres moyens, ce qui suscite la vive opposition de la hiérarchie catholique romaine. Plusieurs articles de première page paraissent dans la presse catholique sud-africaine dénonçant la « campagne Rutherford en Afrique du Sud », et la Fédération catholique tente d'inciter les propriétaires de salles publiques à refuser leurs locaux aux Témoins de Jéhovah, sans succès.[314]
En début d'année, le livre Richesses et plusieurs brochures sont interdits par le ministre de l'Intérieur comme « objectionables ». Des démarches sont entreprises pour faire lever l'interdiction, en rappelant notamment qu'un tribunal d'appel avait déjà jugé ces publications non séditieuses à la suite d'une affaire rhodésienne. Le ministère refuse de réviser sa décision, et il est établi ultérieurement que cette censure résulte d'une initiative des clercs du synode luthérien allemand, qui avaient fait pression en ce sens. La Société publie et distribue à l'échelle nationale, en anglais et en afrikaans, une brochure intitulée « Protest » exposant cette manœuvre.[315] Par la suite, le ministre reconnaît que la brochure The Kingdom n'est pas « objectionable », ce qui est présenté comme la preuve que les autres publications interdites ne le sont pas davantage.[316]
Une autre tentative de discrédit consiste à propager dans la presse une histoire de « société secrète » distribuant des pamphlets incendiaires aux Africains dans les compounds miniers. Le ministre de la Justice reconnaît devant le Parlement que des publications du mouvement de la Tour de Garde sont « soupçonnées » d'y être diffusées et que la police enquête. La Société adresse des courriers à la presse et au ministre ; les principaux journaux publient les faits, neutralisant ainsi cette manœuvre.[317]
En janvier 1940 est lancée une édition afrikaans de Consolation intitulée Vertroosting, publiée mensuellement ; 40 000 exemplaires sont distribués dans les sept premiers mois. Le travail de visites de retour s'intensifie, et des rapports réguliers sont désormais reçus de 115 centres, contre 80 un an auparavant. Des assemblées de service sont organisées dans diverses zones, avec réunions publiques mettant en œuvre les derniers enregistrements phonographiques, marches d'information et témoignage en rue.[318]
Rhodésie du Sud
En Rhodésie du Sud, qui couvre 150 000 miles carrés avec environ 55 000 Européens et 1,4 million d'Africains, seuls une quinzaine de proclamateurs européens sont actifs, l'essentiel du travail reposant sur les Africains. La moyenne annuelle s'établit à 473 proclamateurs, totalisant 154 811 heures de service de terrain, 7 872 volumes et 25 657 brochures placés. La première brochure en chichona (Chishona) est distribuée cette année, apportant une joie particulière aux proclamateurs de la région du Mashonaland. Les Églises, qui avaient échoué à faire interdire les publications en vertu de la loi sur la sédition, n'entreprennent plus d'opposition organisée. Le gouvernement maintient cependant son refus d'autoriser l'ouverture d'un dépôt dans le pays.[319]
Rhodésie du Nord
En Rhodésie du Nord (290 000 miles carrés, environ 12 000 Européens et 1,4 million d'Africains), la quasi-totalité de l'activité repose sur des Africains se déplaçant principalement à pied ou à bicyclette dans des territoires immenses. La moyenne mensuelle s'établit à 7 pionniers à temps plein et 1 191 proclamateurs de congrégation (contre 939 l'année précédente), totalisant 334 volumes et 33 343 brochures placés, 3 657 visites de retour et 53 623 auditeurs pour les réunions sonores. Les enregistrements en cinyanja sont particulièrement appréciés.[320]
Le responsable du dépôt de Lusaka signale une augmentation de 71 % des brochures placées, de 150 % de l'assistance aux réunions sonores et de 107 % des heures de service de terrain. Dans les zones éloignées, les proclamateurs se heurtent à des chefs africains hostiles qui emprisonnent les Témoins de Jéhovah pour leur refus d'effectuer le salut traditionnel dû aux chefs. D'autres chefs, plus tolérants, apprécient l'activité de proclamation ; quelques-uns figurent même parmi les proclamateurs du Royaume. Les missionnaires catholiques sont décrits comme faisant tout leur possible pour empêcher le message d'atteindre leurs « prisonniers ».[321]
Nyasaland
Le Nyasaland, avec 2 000 Européens et 1,4 million d'Africains sur 46 000 miles carrés, présente des conditions particulièrement difficiles : les moyens de transport sont quasi inexistants, l'argent est extrêmement rare et les proclamateurs se déplacent presque exclusivement à pied. La moyenne de placements par proclamateur reste faible — 3 volumes et 23 brochures pour l'année entière —, mais l'utilisation du phonographe avec enregistrements en cinyanja compense partiellement ce déficit. Les religionistes locaux font courir le bruit que les Témoins de Jéhovah vont bientôt être arrêtés, emprisonnés ou tués, et les prêtres catholiques ajoutent que le pape détruira sous peu l'œuvre de la Société. Selon le rapport du responsable du dépôt, ces menaces ont l'effet inverse chez les personnes sincères, qui voient dans la persécution la confirmation que les Témoins de Jéhovah sont les véritables disciples du Christ.[322]
Afrique orientale portugaise et Sainte-Hélène
En Afrique orientale portugaise, pays catholique où les conditions de travail sont décrites comme très difficiles, le nombre moyen de proclamateurs passe de 14 à 17, les heures de service de terrain augmentent de 2 836 à 4 422, et 1 567 livres et brochures sont distribués. Trois phonographes sont en usage, ayant atteint 5 582 auditeurs.[323]
À Sainte-Hélène, île pauvre d'environ 4 000 habitants avec un faible niveau d'instruction général, deux petites congrégations regroupant 11 proclamateurs utilisent deux phonographes, ayant atteint 813 personnes, et ont placé 161 brochures.[324]
Famille du Béthel (bureau de Cape Town)
Le bureau de Cape Town enregistre une forte croissance administrative : 9 254 lettres reçues (contre 8 051 l'année précédente), 10 002 lettres expédiées et 9 308 circulaires (Informants). Les nouveaux abonnements totalisent 3 317 (contre 1 960 l'année précédente). Le bureau imprime 50 200 exemplaires du Vertroosting en huit mois, 150 000 exemplaires d'un « Protest » de quatre pages et 693 850 tracts et pièces de papeterie. Sur l'équipement d'enregistrement, 976 disques de 30 cm sont gravés en cinyanja, sesuto, zoulou et xhosa pour une distribution dans l'ensemble des pays couverts par ce bureau.[325]
La Tour de Garde dans sa nouvelle couverture et son nouveau mode d'étude — consistant à préparer l'étude à l'avance et à formuler des questions — est présentée comme une aide réelle pour la compréhension des prophéties. Le livre Salut est salué comme « la présentation la plus limpide de la vérité que nous ayons jamais eue ». Le rapport se conclut sur une note d'urgence : les nuages de guerre s'accumulent en Europe, et les « murailles » de la chrétienté s'effondrent, ce qui rend encore plus pressant l'appel à accélérer l'œuvre de proclamation lancé en janvier.[326]
Afrique (Ouest)
Nigeria, Sierra Leone et Côte de l'Or — rapport général
Le travail de proclamation dirigé depuis Lagos couvre le Nigeria (Afrique occidentale britannique), la Sierra Leone et la Côte de l'Or (Gold Coast). Au cours de l'année, 636 proclamateurs sont actifs pour 187 325 heures de service de terrain, distribuant 223 842 livres et brochures. Cent dix-huit phonographes et appareils sonores sont utilisés, atteignant 355 123 auditeurs. Les visites de retour s'élèvent à 3 166, et 256 nouveaux abonnements à la Tour de Garde sont enregistrés.[327]
Le représentant de la Société à Lagos parcourt plus de 2 000 miles dans les provinces avec le camion sonore. La diffusion des conférences en langue yoruba est particulièrement appréciée. Dans la province de la Côte de l'Or, le clergé catholique alerté à l'avance pousse les autorités à harceler les proclamateurs, qui sont convoqués à plusieurs reprises devant des surintendants de police dans les provinces Centrale et Occidentale. L'officier de licence de Takoradi menace d'annuler le permis de circuler du camion si le haut-parleur y est encore visible.[328]
Le gouvernement de la Côte de l'Or promulgue le Règlement n° 20 de 1939, interdisant l'installation de tout haut-parleur sur un véhicule à moteur sans autorisation préalable. Les autorités ferment également les ports à la littérature de la Société, et des circulaires sont envoyées à tous les bureaux de poste pour intercepter les envois de publications de la Tour de Garde. Une cargaison de publications est détruite et brûlée à Accra ; le rapport note qu'un tremblement de terre frappe cette ville peu après, l'endommageant plus que toute autre localité de la Côte de l'Or.[329]
Une rubrique régulière intitulée « Face the Facts » est néanmoins réservée quotidiennement dans la presse locale pour des articles reproduisant les écrits de Rutherford. La référence faite par l'éditeur ashanti du Gold Coast Catholic Voice au livre Lumière — qu'il juge conçu pour « piquer » — a pour effet d'en stimuler la demande, épuisant le stock disponible.[330]
Argentine
En Amérique du Sud, l'activité est coordonnée depuis Buenos Aires pour l'Argentine, le Chili, l'Uruguay et le Paraguay. Malgré l'influence dominante de la hiérarchie catholique romaine, 184 218 livres et brochures sont placés en Argentine au cours de l'année, principalement en espagnol.[331] Quarante et un phonographes et appareils à transcription sont utilisés dans l'ensemble de ces quatre pays.[332]
Au Chili, malgré des troubles internes récurrents, 28 proclamateurs placent 24 315 livres et brochures, en légère progression. En Uruguay, dix proclamateurs — dont huit pionniers, parmi lesquels six réfugiés d'Allemagne — placent 21 606 livres et brochures ; ces réfugiés sont présentés comme reconnaissants d'avoir pu fuir un gouvernement « rongé par le péché » et trouver un pays où l'adoration est libre. Au Paraguay, seuls quelques proclamateurs sont actifs, plaçant 1 740 livres et brochures, en recul par rapport à l'année précédente ; les conditions climatiques difficiles, la pauvreté extrême de la population, l'absence quasi totale de routes et la présence d'une seule voie ferrée rendent toute présence prolongée difficile pour les proclamateurs venant de l'extérieur.[333]
Le bilan consolidé des quatre pays s'établit à 7 927 volumes reliés, 223 952 brochures (soit 231 879 pièces de littérature au total), 486 Bibles et 2 935 exemplaires de la Tour de Garde et de Consolation placés individuellement.[334]
La section Australasie reprend ici avec les données consolidées du bilan annuel et le développement de l'édition australienne de Consolation.
La branche australasienne totalise 1 331 288 livres et brochures placés dans l'année, contre 919 244 l'année précédente, auxquels s'ajoutent 236 261 numéros de Consolation, 28 270 exemplaires de la Tour de Garde et 7 201 abonnements. Le nombre de proclamateurs actifs augmente de 48 % depuis le 1er janvier, et le total des heures de service passe de 379 586 à 481 937.[335]
En matière de sonorisation, 2 236 des 2 983 proclamateurs individuels utilisent un phonographe, soit 75 %, grâce à un système de « club phonographique » qui permet aux membres les moins aisés d'acquérir progressivement un appareil. S'y ajoutent 146 tourne-disques portables et 41 voitures sonorisées, depuis lesquelles 577 859 personnes auraient entendu les discours enregistrés dans l'année.[336] La riposte des autorités municipales — adoption d'ordonnances interdisant les voitures sonorisées dans de nombreuses villes, jusqu'à une loi du Queensland autorisant la police à saisir les appareils — est présentée comme un signe de l'acharnement de l'ennemi, incapable pour autant d'interrompre le travail.[337]
La stratégie de publicité repose principalement sur des marches d'information, la distribution de tracts et les annonces par voitures sonorisées, jugées bien plus efficaces que les annonces dans la presse ou les cinémas. Lors de la convention de New York retransmise à Sydney, trois cents marcheurs défilent dans les rues de la ville ; quatre d'entre eux sont arrêtés et incarcérés pendant cinq jours avant que le magistrat ne rejette les charges.[338] L'affaire de Newcastle, où la salle municipale est annulée le jour même d'une conférence déjà annoncée depuis trois semaines, se conclut par un second vote du conseil (18 voix contre 2) accordant finalement une salle pour la conférence «Fascisme ou Liberté».[339]
Pour la convention de New York, les proclamateurs d'Australie se réunissent à Sydney ; le refus de la mairie de mettre la salle municipale à disposition génère une publicité dans la presse, et Sir Benjamin Fuller offre spontanément l'un de ses théâtres. Les discours de Rutherford sont reçus « avec une clarté remarquable », et la nouvelle du livre Salvation est accueillie par une ovation.[340]
L'édition australienne de Consolation, lancée le 30 novembre 1938 à Adélaïde en attendant l'installation des presses à Strathfield, atteint un tirage de 15 000 exemplaires par numéro en huit mois.[341] La campagne « Tour de Garde » (Watchtower Campaign) des quatre derniers mois de l'exercice génère à elle seule 476 854 placements de livres et brochures, et 4 244 nouveaux abonnements. La tenue de réunions de témoignage en rue le vendredi soir est instaurée comme pratique régulière, particulièrement efficace pour atteindre les personnes vivant en hôtels ou pensions, inaccessibles par le porte-à-porte ordinaire.[342]
Quatre fermes du Royaume (Kingdom Farms) exploitées par la branche permettent de subvenir aux besoins alimentaires des communautés de Strathfield et d'autres centres, tandis que cinq stations de radio diffusent régulièrement le message malgré les pressions visant à les faire taire.[343]
Nouvelle-Zélande
En Nouvelle-Zélande, le retour au pouvoir du gouvernement travailliste-socialiste génère un détournement d'intérêt : de nombreux sympathisants voient dans ce gouvernement la réalisation terrestre du Royaume de Dieu et se désintéressent du message. Les difficultés économiques qui s'ensuivent — restrictions monétaires, hausse du coût de la vie, importations réglementées — sont interprétées comme la confirmation de l'inanité d'un gouvernement humain.[344] Malgré ce contexte, 308 proclamateurs placent 195 344 livres et brochures et effectuent 3 066 visites de retour, contre 204 proclamateurs et 131 897 pièces de littérature l'année précédente. Les heures de service passent de 47 889 à 56 678.[345]
Birmanie
En Birmanie, une grande convention tenue à Rangoun en novembre attire 2 000 personnes autour d'une conférence de Rutherford. Vingt-quatre proclamateurs de compagnie et quatre pionniers totalisent 4 762 heures de service, 15 030 livres et brochures placés et 396 visites de retour — soit une progression de 11 383 pièces et 3 967 heures par rapport à l'exercice précédent.[346] Les troubles civils liés à la propagande anti-britannique et les pressions de la hiérarchie catholique, qui perçoit les proclamateurs comme une menace directe pour son influence, sont signalés parmi les principaux obstacles. Cinq mois de pluies continues par an complètent ce tableau des difficultés.[347]
Indochine française
En Indochine française, un seul pionnier maintient le travail, consacrant l'essentiel de son temps à la traduction. Deux brochures sont imprimées en annamite (langue vernaculaire), et les protectorats du Tonkin et de l'Annam, jusque-là fermés, s'ouvrent au message au cours de l'année. La présence japonaise en Indochine — notamment l'occupation de l'île de Hainan — est mentionnée comme source d'instabilité générale. Le bilan annuel s'établit à 677 heures de service et 4 052 publications placées (435 livres, 3 617 brochures).[348]
Hong Kong
À Hong Kong, la présence se limite au travail d'un pionnier de février à mai, avant son transfert à Shanghai. Les 216 heures de service produisent 238 livres et 770 brochures placés, 14 abonnements et 19 visites de retour. Un nombre suffisant de personnes intéressées justifie la mise en place prochaine d'une compagnie organisée.[349]
Malaisie
La Malaisie présente une population extrêmement cosmopolite qui complique l'activité missionnaire. Deux pionniers, puis quatre en fin d'année, et une compagnie locale à Singapour assurent l'essentiel du travail ; le territoire national est désormais intégralement couvert. Si les heures de service et les placements de littérature reculent légèrement, les visites de retour progressent de 450 unités et les abonnements de 529. Les ressources en langues locales s'enrichissent de publications en chinois, en vernaculaires indiens et d'une brochure Protection en malais (jawi) en cours d'impression à Brooklyn. Le bilan annuel : 21 proclamateurs au maximum, 6 722 heures, 7 808 livres, 24 383 brochures, 9 695 présences aux réunions, 531 visites de retour et 801 abonnements.[350]
Indes néerlandaises
Aux Indes néerlandaises, l'arrivée de deux frères expérimentés venus des Pays-Bas renforce la structure locale, dont le bureau de Batavia est désormais mieux coordonné avec les travailleurs de terrain. La politique du gouvernement néerlandais, soucieux de ne pas offenser les dictateurs fascistes, se traduit par une surveillance accrue des activités : la Consolation en néerlandais envoyée par le bureau de Berne est retenue par les autorités postales pendant deux mois sur instruction du procureur général. Malgré ces restrictions, les travailleurs disposent de littérature en chinois (Ennemis), en malais (Armageddon) et en néerlandais (Fascisme ou Liberté), ainsi que d'une édition malaise de Consolation lancée en janvier (10 000 exemplaires en six mois) et de la Tour de Garde en malais. Les îles Célèbes sont ouvertes par un pionnier indigène dans la seconde partie de l'année. Le bilan annuel : 24 proclamateurs, 11 018 heures, 4 019 livres, 39 042 brochures, 608 nouveaux abonnements, 1 432 présences aux réunions et 214 visites de retour.[351]
Thaïlande (Siam)
En Thaïlande, anciennement connue sous le nom de Siam, le travail reprend en septembre avec l'arrivée de trois pionniers — un départ en novembre laisse deux pionniers actifs jusqu'à la clôture de l'exercice. La population chinoise, majoritaire parmi les non-autochtones, est désormais mieux servie grâce à la brochure Protection traduite en thaï, utilisée avec succès depuis quatre mois. Les brochures Face the Facts, Cure et Home and Happiness sont en cours de traduction. Bangkok, capitale du pays,
reçoit le signal de la Société depuis São Paulo, la rendant ainsi liée au réseau mondial de prédication.
L'intensité de la répression varie selon les localités : certains services de police coopèrent avec les proclamateurs, tandis que d'autres, sous pression cléricale, cherchent des prétextes pour interdire les publications. La brochure Fascisme ou Liberté est ainsi la cible principale des autorités, qui tentent sans succès de la faire passer pour de la « propagande politique ».[352]
La Thaïlande, Bangkok, est couverte en deux passages sur plusieurs années, et les mines d'étain du sud du pays font également l'objet de visites. Au total, les pionniers y consacrent 3 151 heures de service, au cours desquelles 4 067 livres et 14 592 brochures sont placés, 71 visites de retour sont effectuées et 113 abonnements souscrits ; 181 personnes entendent les conférences au phonographe.[353]
Fidji
Aux Fidji, les autorités coloniales sont décrites comme alliées aux intérêts religieux catholiques dans le but de maintenir la population autochtone sous tutelle. En juillet 1938, le gouvernement y interdit certaines publications et enregistrements de la Société ; lorsqu'une explication est demandée, les autorités refusent de fournir la moindre justification. En octobre de la même année, dix caisses de littérature interdite à destination des Fidji sont saisies par la douane « en attente de nouvelles enquêtes », avant d'être purement et simplement brûlées.[354]
Un groupe de proclamateurs maintient néanmoins la diffusion de la littérature interdite, fait circuler une pétition et adresse des câbles au gouverneur des Fidji ainsi qu'au roi George VI pour protester contre les ordonnances en conseil. Le 29 mars 1939, une nouvelle ordonnance impose à toute personne en possession d'une publication de la Société de la remettre au poste de police le plus proche, sous peine d'une amende de cinquante livres sterling, d'une peine d'emprisonnement de douze mois, ou des deux.[355] Le 20 avril de la même année, la Société engage une action en justice contre le gouvernement colonial ; bien que le procès soit perdu, les proclamateurs y voient une occasion d'avoir donné pendant deux heures un « excellent témoignage » aux autorités.[356]
Face au refus d'un journal local de publier les faits, les frères utilisent un duplicateur pour imprimer un petit magazine distribué avec la brochure Fascisme ou Liberté. L'intérêt est tel que des personnes poursuivent les proclamateurs à bicyclette ou en voiture pour en obtenir des exemplaires. Le 6 juillet, une livraison de Face the Facts est finalement autorisée, événement qualifié de « grande victoire. Louange au Seigneur ».[357] Les proclamateurs aux Fidji commencent également à réaliser leurs propres enregistrements en dialecte indigène pour atteindre la population locale. Durant l'année, huit proclamateurs ont travaillé 663 heures, placé 2 762 pièces de littérature et 109 magazines, et 4 485 personnes ont écouté les machines sonores et les phonographes.[358]
La famille du Béthel
Le bureau australien de Strathfield organise sa famille de Béthel en sept groupes dotés chacun d'un responsable, fonctionnant comme une « force combattante mobile ». Une moyenne de 72 proclamateurs rapporte chaque mois. Ces frères consacrent 10 174 heures au terrain, contre 4 965 l'année précédente, et placent 29 065 livres et brochures, soit une augmentation de 20 497 pièces.[359]
La situation en Australie est marquée par la pression exercée par ce qui est désigné comme les « catholiques fascistes », dont l'influence conduit le gouvernement à adopter une loi de précautions de guerre habilitant l'armée à supprimer tout ce qu'elle juge dangereux. À Singleton, en Nouvelle-Galles du Sud, lors d'une réunion de transcription dans une salle, environ 500 perturbateurs lancent des œufs sur le public, brisent des vitres et jettent des briques, blessant plusieurs personnes. Les proclamateurs adoptent dès lors l'habitude de porter des cannes de marche en guise de précaution.[360]
Brésil
Au Brésil, la hiérarchie catholique est décrite comme une force dominante depuis plus de quatre siècles, entretenant l'analphabétisme de la population et soutenant les régimes autoritaires. En dépit de ces obstacles, les proclamateurs brésiliensplacent 163 092 livres et brochures au cours de l'exercice, avec 114 proclamateurs actifs totalisant 45 454 heures de terrain et 283 nouveaux abonnements à La Tour de Garde.[361] Soixante-dix-neuf phonographes et machines de transcription sont en service, 279 582 personnes assistent aux programmes sonores, et 1 363 visites de retour sont effectuées.[362]
Le rapport du représentant de la Société au Brésil souligne que le volume de littérature placée dépasse celui des deux années précédentes combinées, bien que le nombre de proclamateurs n'ait pas significativement augmenté avant les cinq derniers mois de l'exercice. Le travail est qualifié de « étrange travail en vérité », formule empruntée à la prophétie d'Ésaïe.[363]
La provision de Jéhovah
L'équipement doctrinal et matériel fourni par la Société est décrit comme une « table dressée devant nous en présence de nos ennemis », paraphrase du Psaumes 23:5. Les enregistrements en portugais — notamment « Jéhovah », « Richesses », « Ennemis » et « Où sont les morts ? » — ainsi que les brochures Face the Facts, Avertissement, Fascisme ou Liberté et le livre Ennemis en portugais sont mis à disposition des proclamateurs. Le disque « Ennemis » joue un rôle décisif dans la présentation du livre éponyme, ayant sur plusieurs occasions surmonté les objections d'officiels en colère ; le témoignage unanime des proclamateurs est résumé ainsi : « C'est le disque 'Ennemis' qui a permis de placer le livre ».[364]
La revue Torre de Vigia, édition portugaise de La Tour de Garde, abandonne sa couverture sobre pour adopter des couvertures aux couleurs vives, et son tirage mensuel passe d'environ 150 exemplaires à 550 au cours de la campagne La Tour de Garde.[365]
Le témoignage sur le terrain
Le nombre moyen de proclamateurs passe de 103 à 114 sur l'ensemble de l'exercice, mais atteint 145 en moyenne sur les cinq derniers mois, avec un pic de 162 en mai. Les heures de terrain augmentent de 46 pour cent, passant de 31 153 à 45 454.[366] Les pionniers passent d'une moyenne de 12 en 1938 à environ 20 en 1939, et l'exercice se clôt avec 24 pionniers actifs, dont plusieurs Brésiliens qui ont choisi ce service. Une fillette de 12 ans est citée comme pionnière active depuis plusieurs mois ; un instituteur enseigne La Harpe de Dieu à ses trente à quarante élèves avec l'accord des parents.[367]
Le nombre de phonographes utilisés passe de 48 en 1938 à 77 en 1939, et les visites de retour avec phonographe deviennent la principale méthode de travail. La sortie de littérature augmente de façon significative : 186 973 brochures et 9 340 livres reliés, soit une hausse de 39 pour cent pour les livres.[368]
Le « jour des âmes » — appelé au Brésil « Jour des morts » — est mis à profit par le camion sonore qui visite les cimetières de São Paulo et diffuse des conférences telles que « Où sont les morts ? », « Purgatoire » et « Résurrection » devant plus de 43 000 auditeurs, distribuant notamment plus de 200 brochures Où sont les morts ?[369]
À la clôture de la campagne La Tour de Garde, une marche d'information réunit soixante-dix proclamateurs dans le centre de São Paulo, portant des pancartes avec les inscriptions « Face the Facts », « La religion est un piège et une escroquerie » et « Servez Dieu et Christ le Roi ». En l'absence d'autorisation pour un défilé officiel, les groupes se dispersent dans les rues, les magasins et les terminaux de transport, distribuant plusieurs milliers de brochures et 10 000 prospectus d'annonce. Seuls les Allemands nazis refusent d'apposer les affiches dans leurs vitrines.[370]
Ingérence
La répression la plus sérieuse se produit dans le Rio Grande do Sul, où le travail est pratiquement paralysé pendant environ quatre mois. Un prêtre catholique dénonce un groupe d'une dizaine de paysans polonais et allemands aux autorités, les accusant de « mettre en danger le gouvernement brésilien en faisant circuler de la littérature séditieuse ».[371] La littérature est saisie et envoyée à Porto Alegre ; une lettre recommandée interceptée du bureau de São Paulo est transmise aux autorités. Deux prêtres catholiques tentent de corrompre l'officier des services d'enquête pour qu'il produise un rapport défavorable et fasse fermer la Société. Cet officier, décrit comme un homme d'honneur ayant entendu les programmes du camion sonore, se rend directement au bureau de la filiale. Un rapport favorable est remis aux autorités, la littérature est restituée, le délégué ayant causé l'ingérence est révoqué, et les frères reçoivent une déclaration écrite garantissant qu'aucun officier ne pourra entraver leur travail.[372]
En décembre, lors d'un programme du camion sonore à Itaquera, près de São Paulo, le véhicule est saisi et une demi-douzaine de proclamateurs sont arrêtés, puis relâchés après quelques heures au Bureau des investigations, où les officiers responsables de l'arrestation sont réprimandés pour avoir gaspillé des fonds publics. Une protestation formelle est déposée contre le maire d'Itaquera, publiée dans Consolação, et la ville fait l'objet d'une nouvelle campagne intensive avec le camion sonore utilisant l'enregistrement « Ennemis ». Le maire, incapable d'agir, perd son poste la semaine suivante.[373]
Le 26 août, lors d'une distribution de la brochure Fascisme ou Liberté aux arrêts de tramways et d'autobus de São Paulo, vingt proclamateurs sont emprisonnés pendant jusqu'à vingt-deux heures. Deux citoyens américains parmi les arrêtés conduisent à l'intervention du consul américain, puis d'un avocat privé qui obtient la libération de tous sans inculpation dans les trois heures. Deux mille brochures sont saisies ; le représentant de la Société est lui-même arrêté au bureau mais libéré sans inculpation grâce à l'intervention de l'avocat arrivé sur place avant lui.[374]
La conclusion du rapport brésilien exprime la conviction que, malgré l'opposition persistante, aucun ennemi n'a « prévalu contre » les proclamateurs, conformément à la promesse divine citée implicitement en référence à Jérémie 1:19.[375]
Demerara
À Georgetown, en Demerara (Guyane britannique), plusieurs compagnies organisées pour le service rendent compte d'une progression générale. Au total, 13 162 publications sont placées, 8 456 heures de terrain enregistrées, 54 nouveaux abonnements souscrits, et 19 608 personnes assistent aux programmes sonores de 23 phonographes.[376] Le rapport de la compagnie de Good Fortuin, West Bank Demerara, affirme que ses membres sont déterminés à redoubler d'efforts pour proclamer que « la religion est un piège et une escroquerie » et sera bientôt détruite à Harmaguédon.[377] Deux frères de la compagnie de Grove, East Bank Demerara, effectuent en juillet une visite spéciale dans les régions supérieures du fleuve, travaillant toute la journée sans guère penser aux repas pour rencontrer les gens de bonne volonté.[378]
Canada
Au Canada, l'exercice est marqué par une forte augmentation de l'enthousiasme pour ce qui est désigné comme le « gouvernement théocratique de Jéhovah par Christ Jésus ». Le nombre de proclamateurs actifs augmente de plus de mille au cours de l'année. La persécution des Témoins de Jéhovah s'intensifie, particulièrement dans la province de Québec où de nombreux proclamateurs sont arrêtés et inculpés de blasphème et de sédition.[379] Cette analogie entre les accusations portées contre les proclamateurs et celles portées contre Jésus-Christ est présentée comme une preuve supplémentaire que la persécution émane du Diable et constitue en elle-même une confirmation que le Royaume de Dieu a commencé à fonctionner. L'écart entre « brebis » et « boucs » est décrit comme allant s'élargissant, les membres de l'organisation de Satan intensifiant leur opposition à mesure que les fidèles prennent position pour la théocratie.[380]
Au Canada, les publications distribuées au cours de l'exercice s'élèvent à 1 300 785 livres et brochures, en augmentation par rapport à l'année précédente.[381] Trois mille deux cent cinquante phonographes et transcriptions électriques sont déployés pour la proclamation orale, avec une audience cumulée de 1 000 587 personnes.[382] Le réseau radio étant désormais fermé aux proclamateurs dans tout le pays, les phonographes sont présentés comme un substitut supérieur, capables de « toucher les gens » mieux que la radio.
Le rapport du représentant canadien décrit l'année 1939 en termes militaires : une armée du roi Christ Jésus combattant sur un front de guerre, libérant des prisonniers de l'organisation de Satan.[383] La révélation du « Drame de la Justification » par La Tour de Garde et les articles sur la « Condamnation de la Religion » sont présentés comme un approvisionnement en nourriture spirituelle provenant de Jéhovah, renforçant les proclamateurs pour la guerre.[384]
La moyenne mensuelle de proclamateurs déclarants atteint 4 269 contre 3 113 l'année précédente, soit une augmentation de 1 156 par mois.[385] Durant les trois derniers mois de l'exercice, le nombre dépasse 5 000, en hausse d'au moins 1 900 par rapport aux mois correspondants de l'année précédente.[386] Les heures de terrain augmentent de 50 %, attribuées principalement au gouvernement théocratique en opération et à la directive de consacrer 60 heures par mois au service de terrain.[387] Les rappels de visites ont plus que doublé, entraînant un grand nombre d'études modèles.[388]
La convention internationale de Madison Square Garden à New York est décrite comme une bénédiction abondante. Plusieurs villes canadiennes — Toronto, Montréal, Winnipeg, Saskatoon et Lethbridge — demandent à être reliées par ligne téléphonique à New York.[389] La compagnie Bell Telephone, dont le siège est à Montréal, refuse brusquement ses lignes le 14 juin, après avoir fourni ce service lors de trois occasions précédentes. La direction canadienne conclut que « des pressions de la Hiérarchie catholique romaine avaient été exercées sur la compagnie », la rangeant ainsi parmi les ennemis du Royaume.[390] Les provinces de l'Alberta et de la Saskatchewan parviennent néanmoins à recevoir les conférences via Winnipeg, en dépit des obstacles soulevés par les autorités gouvernementales.[391]
Un bateau opère le long des côtes de la Colombie-Britannique : 2 098 heures de service, 598 livres, 1 553 brochures et 38 abonnements placés au cours de l'année.[392] Le nombre de pionniers passe de 247 à 395, avec un pic de 408 au mois de juillet ; la moyenne mensuelle déclarante est de 294 contre 210 l'année précédente, et les heures de terrain augmentent de 122 325 heures.[393] Trente frères participent au service pionnier spécial, et vingt-quatre sont affectés à un service d'assistance dans les zones.[394]
La campagne de quatre mois de La Tour de Garde est qualifiée de l'une des plus grandes joies de l'année, assimilée à la distribution de nourriture au nom d'un « Plus-Grand-que-Joseph » à des affamés.[395] Les provinces de l'Ouest, malgré la sécheresse, la pauvreté et les rigueurs de l'hiver, voient leur activité progresser ; des proclamateurs y effectuent de longs déplacements à cheval ou en traîneau.[396] Les nouvelles conférences « Gouvernement et Paix » et « Victoire » sont distribuées immédiatement depuis le bureau canadien, et des rapports signalent une participation de strangers plus nombreux qu'à toute conférence précédente.[397]
Les marches d'information sont organisées à travers tout le pays, suscitant enthousiasme et relance des proclamateurs irréguliers, mais sont finalement suspendues en raison des conditions de guerre et des règlements d'urgence.[398]
L'opposition atteint son niveau le plus élevé depuis les débuts du mouvement, particulièrement dans la province de Québec. Les proclamateurs y font face à 41 affaires judiciaires impliquant 115 frères, dont 50 attendent encore leur procès au moment du rapport.[399] Les chefs d'accusation incluent sedition, blasphème, libelle diffamatoire, troubler la paix et assemblée illégale. Une seule condamnation pour sédition est prononcée, contre deux frères francophones jugés devant un jury, un juge et un procureur de la couronne tous catholiques, qui sont condamnés à six mois de prison.[400] Une lettre exposant les faits est envoyée à tous les membres de la Législature du Québec, puis à 14 000 hommes d'affaires — industriels, avocats, médecins — de la province, et les informations sont transmises aux rédacteurs de journaux, dont plusieurs publient la lettre.[401] Deux autres frères, poursuivis pour blasphème à Sherbrooke, sont acquittés ; le juge White déclare que « ces gens croient en la vérité de leurs déclarations ; ils ont foi en ces enseignements, et ont donc le droit de les répandre ».[402]
La « Loi du cadenas » est utilisée pour perquisitionner les domiciles des frères de Montréal, saisir la littérature, les phonographes, les disques et même des papiers privés. Les proclamateurs sont interpellés dans la rue et leurs phonographes confisqués.[403] Un bateau-son remonte le fleuve Saint-Laurent pendant trois mois ; à Québec, les marchandises déchargées sur le quai sont saisies par la police, et l'équipage est lapidé, ses amarres coupées, et des coups de feu tirés depuis la rive à d'autres escales. Les journaux couvrent néanmoins l'affaire, ce qui est interprété comme une victoire involontairement offerte par l'adversaire.[404]
Europe centrale
L'Europe centrale est supervisée depuis le bureau de Berne, en Suisse, qui coordonne les activités dans seize territoires : Belgique, Bulgarie, Tchécoslovaquie, France, Allemagne (avec l'Autriche et Dantzig), Hongrie, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Suisse et Yougoslavie.[405]
Le travail de témoignage ouvert est décrit comme anéanti par Hitler et ses partisans en Tchécoslovaquie, en Allemagne, en Pologne, au Luxembourg, en Autriche et à Dantzig. Les propriétés de la Société sont saisies en Autriche, en Pologne et en Tchécoslovaquie, et de nombreux serviteurs sont expulsés.[406] La quasi-destruction du travail de témoignage en Europe continentale est présentée comme une preuve supplémentaire de l'imminence d'Harmaguédon.[407]
Le représentant du bureau d'Europe centrale, dans son rapport pour la treizième fois consécutive, décrit la dévastation causée par les États totalitaires — Italie, Allemagne et Russie — qui ont englouti cinq nations européennes : l'Espagne, l'Autriche, l'Albanie, la Tchécoslovaquie et la Pologne.[408] Depuis Berne, tandis que les canons français bombardent la ligne Siegfried toute proche et que les pays neutres ont mobilisé leurs armées, les fidèles sont présentés comme « non perturbés, mais reposant joyeusement dans la foi », certains que Jéhovah manœuvre les armées vers la vallée de Josaphat.[409]
La suggestion d'un représentant protestant américain, John J. Alexander, de nommer le pape de Rome arbitre de la paix est évoquée comme une réalisation possible, et l'offre italienne d'une « paix romaine » avec la bénédiction du Vatican est interprétée dans le cadre prophétique du mouvement.[410] Le fascisme, le nazisme et le communisme sont présentés comme appartenant à une même coalition annoncée dès 1935 dans les brochures Gouvernement, Harmaguédon et Avertissement, dans le livre Ennemis et dans La Tour de Garde de 1935, s'unissant pour s'opposer en apparence aux démocraties mais en réalité à la théocratie de Jéhovah.[411]
Les statistiques générales partielles pour l'Europe centrale — excluant l'Allemagne, la Hongrie et la Roumanie, pour lesquelles aucun rapport n'est disponible — recensent 6 meurtres connus, 61 cas de mauvais traitements, 437 charges déposées par la police contre des proclamateurs, 312 arrestations, environ 54 années cumulées de sentences de prison, 149 confiscations de littérature, 155 condamnations, 85 acquittements, 193 libérations sans procès, 7 déportations et 12 interdictions.[412] Malgré ces persécutions, des proclamateurs pionniers réfugiés, ayant échappé aux mains de l'ennemi, sont envoyés à d'autres territoires aux frais de la Société.[413]
Le rapport sur la Belgique décrit une progression continue du travail de témoignage malgré des pressions croissantes. Au cours de l'exercice, 134 proclamateurs de congrégation et 27 pionniers sont actifs dans le pays, équipés de 51 appareils phonographiques, et leurs réunions sonores réunissent 18 254 auditeurs, tandis que 2 406 visites de retour sont effectuées et 222 217 livres et brochures distribués.[414] Les congrégations sont réparties linguistiquement : 11 francophones, 7 flamandes, 4 germanophones, 7 polonaises et 2 slovènes, avec une croissance remarquable des congrégations flamandes.[415]
La brochure Fascisme ou Liberté est décrite comme répandue « comme un feu de paille », provoquant la colère de la Hiérarchie, terme désignant le clergé catholique.[416] En mai, 26 609 brochures sont distribuées en un seul mois. Les proclamateurs adoptent la tactique de couvrir massivement les localités où la résistance se manifeste, envoyant des groupes entiers avec de la littérature et des copies de Consolation — une démarche comparée à « des nuées de sauterelles ».[417]
Un incident notable implique un commissaire de police de haut rang qui, après avoir lu Richesses, déclare aux proclamateurs en présence de ses subordonnés que « la Watch Tower Society dit la pure vérité, et ces gens savent ce qui se passe dans le monde ».[418] Ce même commissaire promet de rendre lui-même le livre Croisade contre le Christianisme. La résistance cléricale s'exprime aussi physiquement : un prêtre frappe violemment une sœur près de Gand, et un frère allemand est presque étranglé.[419] Les proclamateurs étrangers font l'objet d'une surveillance accrue ; l'un d'eux est renvoyé en Allemagne sans avertissement, et les autorités belges montrent aux responsables du mouvement un volumineux dossier compilé contre la Société, la qualifiant de calomniateurs de la religion et ennemis de l'État.[420]
En août 1939, le nombre de proclamateurs atteint un pic de 218, et 214 personnes assistent au Mémorial, dont 82 participent aux emblèmes.[421] La promulgation d'une nouvelle loi instaurant la censure de toutes les publications importées susceptibles d'être préjudiciables à l'État et à l'armée conduit la congrégation de Bruxelles à voter une résolution affirmant sa détermination à « continuer fidèlement à proclamer la bonne nouvelle du Royaume, quoi qu'il arrive ».[422]
Bulgarie
En Bulgarie, le travail de témoignage se heurte à des obstacles juridiques sévères : la loi interdit toute activité religieuse sans organisation légalement reconnue. La Société vient tout juste d'obtenir son enregistrement légal dans le pays au moment du rapport.[423] Seuls trois pionniers à plein temps sont actifs, tous venus d'Allemagne, et leur expulsion prochaine est jugée inévitable. Les proclamateurs bulgares natifs sont dénoncés comme communistes en raison de leur appartenance au mouvement, ce qui leur vaut arrestations et emprisonnements répétés.[424] Malgré ces conditions, 10 175 livres et brochures sont distribués dans l'année, représentant deux mille heures de service. L'utilisation de phonographes est impossible.[425]
Tchécoslovaquie
La Tchécoslovaquie occupe une place particulière dans le rapport d'Europe centrale : après la saisie des propriétés de la Société en Allemagne par le régime hitlérien, un bureau avait été ouvert à Prague, de l'autre côté de la frontière allemande. L'invasion nazie met fin au travail organisé.[426] De nombreux frères sont battus et emprisonnés ; certains sont transférés en Allemagne et envoyés dans des camps de concentration, y compris des vieillards qui s'y trouvent encore au moment de la rédaction du rapport.[427]
En mars 1939, la Russie des Carpates est occupée par la Hongrie, séparant du bureau de Prague 25 congrégations hongroises et 12 congrégations russes et ukrainiennes. La mobilisation militaire place de nombreux Témoins face à leur refus du service armé : quatre d'entre eux en Russie des Carpates refusent de porter les armes. Le procureur militaire requiert la peine de mort, mais les prévenus se défendent en donnant un témoignage du Gouvernement théocratique, et le juge rend finalement aucune décision, interrompant les poursuites et libérant les frères, qui sont peu après démobilisés.[428]
Toutes les assemblées sont interdites depuis septembre 1938 ; les Témoins se réunissent donc en petits groupes pour les études et les réunions de service. La brochure Face aux faits est distribuée à 50 000 exemplaires en tchèque et 5 000 en slovaque. Le rapport du bureau de Prague décrit avec précision les événements du 15 mars 1939 : dès l'entrée des nazis à Prague, l'ordre est donné de démonter les machines d'imprimerie et de les expédier hors du pays. En deux semaines, les machines sont en route. Le 30 mars, la Gestapo apparaît pour la première fois au bureau de la Société, confisque de la littérature allemande et des Bibles, et arrête un frère qui avait déjà été emprisonné en Allemagne pour avoir publié la vérité.[429]
En Bohême-Moravie, le travail de maison en maison reprend après l'occupation ; les proclamateurs doivent agir avec plus de prudence dans les zones germanisées, mais là où la population est majoritairement tchèque, le travail est moins entravé. En Slovaquie, la trahison de Tiso envers la Hiérarchie romaine donne naissance à la milice « Hlinka-Garde », instrument décrit comme diabolique, qui perquisitionne les domiciles et confisque la littérature.[430]
Les statistiques de l'exercice, établies sur 328 proclamateurs et 17 pionniers, font état de 27 080 heures au total, 8 118 livres, 73 640 brochures et 12 643 exemplaires de périodiques distribués, soit 94 631 pièces de littérature. Cinquante-deux phonographes sont en service, pour 6 207 réunions sonores et 20 704 auditeurs, et 585 visites de retour sont enregistrées.[431] Ces chiffres sont jugés inférieurs à la réalité, l'activité de la Gestapo et de la Hlinka-Garde ayant empêché la transmission de nombreux rapports.[432]
Dantzig
À Dantzig, la menace nazie pèse lourdement sur les 51 proclamateurs actifs. Le travail doit être accompli discrètement ; seuls deux phonographes sont utilisés et 1 894 livres et brochures sont distribués.[433] Aucune information n'est parvenue de Dantzig en juillet ni en août. Environ vingt Témoins sont emprisonnés et ne sont pas autorisés à célébrer le Mémorial. Le rapport du bureau d'Europe centrale qualifie la situation de « dévastation complète » dans ces régions. Une lettre d'un Jonadab de Dantzig exprime néanmoins une détermination inébranlable : « nous nous sommes tous engagés à obéir à Jéhovah et devons être prêts à tout sacrifice pour la vindication du saint nom de Dieu ».[434]
France
En France, la Hiérarchie catholique est présentée comme le principal obstacle au travail de témoignage, récurrente dans son opposition tout en changeant de tactiques. La guerre contraint nécessairement le travail, mais la France est décrite comme plus libérale que d'autres pays.[435] Au cours de onze mois d'activité — le douzième mois étant inaccessible en raison des perturbations postales dues à la guerre — 595 995 livres et brochures sont distribués, un résultat supérieur à l'exercice précédent, sans compter les Bibles et les exemplaires de La Tour de Garde et de Consolation.[436]
Environ 900 proclamateurs consacrent leur temps libre au témoignage de porte en porte, dont 60 pionniers à plein temps dont l'activité est mise en parallèle avec la mission prophétique décrite chez Jérémie.[437] Des proclamateurs se voient régulièrement interpellés sous prétexte qu'ils ne possèdent pas de « permis de colporteur », mais les procès intentés à ce titre se concluent systématiquement en leur faveur.
Quelques proclamateurs parisiens s'approvisionnent par des procédés ingénieux pour contourner les contrôles ; la présence policière à Lourdes, principal lieu de pèlerinage catholique de France, vaut la comparaison avec la Mecque, mais même là les poursuites sont abandonnées.[438] Les conditions de guerre réduisent la liberté de la presse et de parole même en France, pays décrit comme épris de liberté. Au cours de l'année, 402 phonographes et machines à son sont déployés lors de réunions publiques, attirant 193 971 auditeurs au message du Royaume, et 8 739 visites de rappel sont effectuées.[439] Le rapport du serviteur local note que les semaines spéciales de témoignage sont plus appréciées que les périodes d'un mois entier, et que les articles de La Tour de Garde — notamment la série « Le Drame de la Justification » — suscitent un enthousiasme unanime sans susciter critique ni murmure.[440]
Allemagne
L'Allemagne concentre la plus longue et la plus dramatique relation de persécution de tout l'annuaire. Les Témoins de Jéhovah y sont présentés comme les victimes les plus éprouvées du monde moderne, certains ayant payé de leur vie leur refus de se soumettre au régime nazi.[441] Une lettre reçue d'une congrégation allemande, reproduite intégralement, évoque « une nourriture vivifiante venue de la table du Seigneur » et décrit une population courbée sous d'insupportables fardeaux, une jeunesse décrite comme corrompue par l'esprit de guerre, et un clergé présenté comme prédicateur de guerre.[442]
Prisons et camps de concentration
Au début de l'année considérée, environ 6 000 frères sont estimés détenus dans les cachots de la Gestapo, les prisons ou les camps de concentration allemands ; environ la moitié seraient libérés peu avant l'invasion de la Pologne, libération interprétée non comme un geste de bienveillance mais comme le signe que le régime, aux prises avec ses propres difficultés, doit temporairement relâcher la pression.[443] Un frère décède en détention, sa mort officiellement attribuée à une « apoplexie » ; sa femme, toujours en camp, voit sa correspondance restreinte parce qu'elle est qualifiée de « obstinée étudiante de la Bible, refusant d'abjurer ses fausses doctrines ».[444] Un autre frère, porteur de lettres documentant les mauvais traitements, est condamné à trois ans et demi de prison malgré la reconnaissance par le juge lui-même de la véracité des faits allégués ; la Gestapo berlinoise le soumet à des séances nocturnes durant lesquelles il est battu jusqu'à l'inconscience à trois reprises, puis ranime à l'eau froide, et soupçonne avoir drogué sa nourriture pour lui extorquer des aveux.[445] Deux sœurs meurent successivement en camp, l'une après six mois de cellule obscure au pain et à l'eau avec une soupe chaude tous les quatre jours seulement.[446]
Des informations filtrent par la Suisse jusqu'au bureau de Brooklyn. Une dépêche des journaux suisses datée du 15 septembre cite l'exécution par fusillement d'August Dieckmann, de Kinslaken, pour refus d'accomplir son service militaire ; il est identifié comme Témoin de Jéhovah et serviteur de congrégation.[447] Une carte postale reçue d'Autriche le 28 septembre 1939 laisse entendre que deux frères ont été fusillés, en citant Apocalypse 2:10 : « Deux d'entre nous nous ont quittés ce matin. "Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie." » [448]
Autriche
L'Autriche, annexée au Reich, est soumise aux mêmes conditions que l'Allemagne. Si les premières nouvelles faisaient état d'une répression moins sévère, des rapports ultérieurs signalent que plus de vingt frères sont arrêtés lors de la célébration du Mémorial, et soixante autres dans les jours qui précèdent.[449] En Autriche également, environ 100 baptêmes de « Jonadabs » — terme désignant ceux qui espèrent vivre sur une terre paradisiaque plutôt que de régner au ciel — ont lieu en six mois, dont des adolescents de 13 et 14 ans ; une immersion est même rapportée à l'intérieur d'un camp de concentration.[450]
L'organe officiel de la justice nazie, le NS-Rechts-spiegel (« Miroir juridique national-socialiste »), consacre un long article de une intitulé « Les Étudiants de la Bible devant la Cour spéciale — Excentriques religieux ou ennemis de l'État ? » dont des extraits sont reproduits. Cet article reconnaît implicitement que le régime national-socialiste, bien qu'ayant éliminé plusieurs groupes d'opposition, n'est pas parvenu à venir à bout des Témoins de Jéhovah malgré six années de persécution acharnée.[451] La description faite par le texte nazi de leurs méthodes — aborder des inconnus dans les parcs et les rues pour les amener graduellement à la doctrine — est utilisée comme preuve de leur activité missionnaire ininterrompue.[452]
Un témoignage reçu de l'intérieur de l'Allemagne compare la persécution nazie à la fournaise « sept fois plus chaude » de Nabuchodonosor, et la Gestapo aux néphilim du temps de Noé, décrit comme « une bande cruelle qui se fait sa propre justice ».[453] La Gestapo est décrite comme recourant à la fraude, aux menaces, à la confiscation des biens, aux matraques, aux entraves, aux drogues chimiques, à la stérilisation et au meurtre ; un frère, Karl Kirsch de Bochum, est présenté comme ayant été défiguré et tué avec sa propre jambe de bois.[454] Des membres de la « classe du mauvais serviteur » — apostats considérés comme traîtres — sont dénoncés comme espions infiltrés au service de la Gestapo, allant jusqu'à organiser de fausses études de La Tour de Garde pour former les agents à mieux tromper les fidèles.[455]
Malgré la répression, environ 3 000 frères restent approvisionnés en « nourriture spirituelle » même en temps de guerre.[456] Des enfants séparés de leurs parents témoignent d'une foi présentée comme exemplaire : une fillette de 13 ans écrit qu'elle « préfère mourir plutôt que d'être infidèle à Dieu »; un garçon de onze ans, placé dans une famille nazie, se distingue par sa bonne conduite au point que le père nazie lui préfère sa présence à celle de ses propres enfants membres des Jeunesses hitlériennes.[457]
Hongrie
En Hongrie, le travail de témoignage est présenté comme extrêmement limité en raison de la pression de la hiérarchie catholique romaine, décrite comme engagée dans une conspiration avec ses instruments locaux pour détruire le peuple de Jéhovah.[458] Sur l'année, 241 proclamateurs distribuent seulement 29 260 livres et brochures en 18 750 heures de terrain, sans pouvoir utiliser de phonographes — trop facilement repérables par les autorités.[459] Presque tous les serviteurs de zone et pionniers sont sous surveillance policière, astreints à se présenter en personne au commissariat une à deux fois par semaine, et interdits de quitter leur ville sans autorisation spéciale ; certains contournent cette contrainte en s'absentant à bicyclette sur des distances de trois à cinq cents kilomètres.[460]
Un épisode judiciaire à Pécs illustre la virulence de l'opposition : lors d'un procès de dix Témoins devant un tribunal populaire, le président hurle au seul énoncé du nom de Jéhovah, déclare les accusés fous et leur littérature sans valeur, et leur interdit de mentionner Dieu ou la Bible. La peine maximale infligée est de quatre mois d'emprisonnement pour l'un des frères, avec des peines moindres pour les autres, le tout sous appel.[461] Une sœur pionnière, pour échapper à des policiers lancés à ses trousses, change en chemin la couleur de son foulard et, interpellée par ceux-là mêmes qui la cherchent, leur indique la fausse direction de sa propre fuite.[462]
Une loi récente, adoptée à l'instigation de la hiérarchie, punit de six mois d'emprisonnement la diffusion de littérature étrangère ; en pratique, les pionniers arrêtés pour ce motif n'écopent que d'une à six journées de détention avant d'être relâchés, ce qui est interprété comme la preuve que tous les fonctionnaires ne sont pas acquis au clergé.[463] L'organisation locale, presque entièrement détruite par l'infidélité d'un responsable du bureau de Budapest, est en cours de reconstruction depuis le milieu de l'année, un frère envoyé du bureau d'Europe centrale ayant été chargé de la réorganisation.[464] Pour les six mois documentés, la moyenne mensuelle est de 12 pionniers et 133 travailleurs de congrégation, distribuant au total 522 livres, 28 738 brochures et 164 Bibles en 13 000 heures de travail.[465]
Les récents remaniements territoriaux du fait des accords de Munich (octobre 1938) et de l'annexion de la « Ruthénie subcarpathique » (mars 1939) ont incorporé à la Hongrie des congrégations qui relevaient auparavant de la Tchécoslovaquie et jouissaient d'une liberté complète ; ces frères sont désormais soumis aux mêmes contraintes que leurs coreligionnaires hongrois.[466]
Italie
En Italie, l'alliance ouverte entre le Vatican et Mussolini est présentée comme ayant rendu pratiquement impossible toute activité des Témoins de Jéhovah sur le territoire.[467] Malgré cela, 3 709 livres et brochures parviennent à être distribués au cours de l'année, acheminés clandestinement — les envois réguliers étant retenus à la frontière ou confisqués par les autorités postales — et le rapport de la section italienne signale qu'un approvisionnement important, obtenu par des voies détournées, permet désormais aux frères sur place de participer à une
La tâche des Témoins en Italie se poursuit ainsi en clandestinité, leur permettant de diffuser le message de maison en maison malgré la censure du courrier et l'impossibilité des contacts réguliers.[468]
Luxembourg
Au Luxembourg, dominé par les nazis, une moyenne de seulement 23 proclamateurs sont actifs pendant l'année, totalisant 4 011 heures de service, soit une progression par rapport à l'année précédente malgré des conditions plus difficiles.[469] La faiblesse de la distribution de littérature est attribuée à la crainte des habitants d'être trouvés en possession de publications. Au total, 13 381 livres et brochures sont néanmoins placés entre les mains du public, et dix phonographes sont mis au service de la prédication.[470] La diffusion à bicyclette dans les territoires éloignés, inaccessibles au phonographe, oblige les proclamateurs à y laisser de grandes quantités de littérature à chaque passage, la zone ne pouvant être couverte qu'une fois par an.[471]
Les autorités policières se montrent généralement modérées, n'agissant que sous la pression du clergé catholique, lequel fait ensuite présenter dans la presse catholique les confiscations comme des initiatives spontanées des autorités.[472] Un incident typique est rapporté : six proclamateurs sont arrêtés dans une zone reculée, mais la littérature confisquée leur est rendue une semaine plus tard sans autre suite, illustrant que la police agit uniquement « uniquement pour satisfaire le "Révérend" ».[473] Une convention de service mensuelle est tenue à Esch, réunissant de 50 à 70 frères, Jonadabs et personnes intéressées, chaque rassemblement étant décrit comme un puissant stimulant pour tous.[474]
Pays-Bas (Hollande)
Aux Pays-Bas, l'année est marquée par l'interdiction faite aux pionniers étrangers d'exercer le service de maison en maison dès le début de l'exercice fiscal.[475] Malgré cela, 186 623 livres et brochures sont placés dans les mains du public. Une moyenne de 274 proclamateurs de congrégation et 43 pionniers sont actifs, totalisant 102 847 heures de service. Quatre-vingt-quatorze phonographes et magnétophones sont employés, pour une assistance totale de 30 412 personnes aux réunions-son.[476] La principale source d'opposition est désignée comme la « Catholic Action » qui avertit systématiquement la population de ne rien accepter des Témoins de Jéhovah.[477]
Le rapport du représentant de la Société souligne la diligence remarquable des pionniers, certains atteignant 200 heures de service par mois pendant plusieurs mois consécutifs, portant leur moyenne mensuelle de 83 à 102 heures.[478] Le service de visites de retour est développé activement, passant de 284 à 7 864 visites de retour sur l'année, résultat d'une prise en main ferme de cette activité.[479]
Quatre conventions de service générales sont tenues en Hollande dans l'année, lors desquelles plus de 300 Jonadabs au total sont baptisés, dont 296 lors de ces seules conventions.[480] Le rapport note que le nombre des membres du peuple du Seigneur en Hollande a ainsi été doublé en un an. Sur le plan légal, le départ d'un ministre de la Justice catholique, en poste depuis six ans et auteur de nombreuses poursuites contre les Témoins, et son remplacement par un ministre protestant est signalé comme un changement dont les effets pratiques restent à observer.[481] Le pays est également divisé en zones selon les instructions organisationnelles, avec nomination de serviteurs régionaux et de zone.[482]
Une imprimerie est établie aux Pays-Bas grâce au transfert en toute sécurité des machines d'impression provenant de Tchécoslovaquie, ce qui permet désormais d'imprimer sur place revues et littérature — une providence d'autant plus appréciée que les transports entre la Suisse et la Hollande sont devenus plus difficiles.[483]
Pologne
En Pologne, l'activité est fortement entravée par la hiérarchie catholique romaine tout au long de l'exercice.[484] Avec la conquête du pays par l'Allemagne nazie, toute communication avec les frères sur place est définitivement coupée depuis le début de la guerre. Les données disponibles, antérieures à ce basculement, font état de 201 539 livres et brochures distribués, 1 039 proclamateurs actifs et 167 phonographes ayant permis à 51 571 personnes d'entendre le message du Royaume.[485]
Les conditions de travail sont comparées à « la vie des catacombes des premiers chrétiens », les arrestations et condamnations judiciaires s'étant multipliées tout en ne parvenant pas à briser l'élan des proclamateurs.[486] Un épisode particulièrement saillant est rapporté : trois frères employés dans une usine de 700 ouvriers affiliés soit à « Catholic Action » soit à des sociétés nationalistes refusent de souscrire à un emprunt de guerre. Convoqués devant le conseil d'administration, ils donnent un témoignage de quarante minutes et font valoir que Dieu seul, ayant donné la vie, a le droit de la reprendre, et que prêter de l'argent à des fins guerrières revient à participer à la préparation d'un meurtre.[487] Une enquête établissant leur compétence et leur fiabilité, ils ne sont pas licenciés, bien que leur salaire soit réduit — l'affaire étant présentée comme un témoignage efficace ayant suscité un intérêt accru pour la vérité dans l'usine.[488]
Roumanie
En Roumanie, la Société n'a aucun statut légal, les autorités ayant procédé à sa dissolution sous l'impulsion du Vatican.[489] Malgré ces conditions extrêmes, 14 327 livres et brochures sont distribués. L'utilisation des phonographes étant impossible, le travail de témoignage repose exclusivement sur la parole et les publications écrites.[490] Les peines prononcées par les tribunaux à la suite des dénonciations du clergé varient de six mois à deux ans d'emprisonnement.[491] Un frère travaillant comme bûcheron est arrêté pour avoir eu en sa possession une Bible et l'Annuaire lors d'une fouille des vêtements — il est conduit à pied sur 200 kilomètres avant d'être condamné à six mois de prison.[492] Une famille est condamnée à trois mois d'emprisonnement pour avoir chanté des cantiques du recueil de chants de la Société à leur domicile.[493] Toute réunion est interdite, le pays entier étant en état de siège, les phonographes saisis et les disques brisés à la moindre tentative d'utilisation.[494]
Suisse
La Suisse est présentée comme le principal foyer d'activité à partir duquel le travail en Europe centrale est conduit.[495] Malgré les pressions de la « Catholic Action » et la disparition progressive de l'esprit de liberté démocratique dans ce pays encerclé par des nations en guerre, les Témoins y distribuent 431 450 livres et brochures pendant l'année, et 725 phonographes et machines sonores sont mis en service pour proclamer le nom de Jéhovah.[496]
Le rapport du représentant de la Société à Berne rappelle plusieurs précédents : la tentative d'interdire une réunion publique de Rutherford à Lucerne en 1936, la condamnation de deux représentants de la Société pour « diffamation de la religion », et l'inscription de certaines publications à l'index dans le canton majoritairement protestant de Berne.[497] À ces précédents s'ajoute l'interdiction par la Police fédérale de la brochure Fascisme ou Liberté, décision officiellement motivée par un décret fédéral interdisant les attaques contre les dirigeants d'autres nations, mais présentée dans le rapport comme une capitulation devant la pression de la hiérarchie catholique.[498]
En réponse, une longue déclaration adressée aux autorités fédérales expose les véritables motivations de la distribution de la littérature — consolation, affermissement de la foi, espérance du Royaume — et réfute le prétexte de l'attaque contre des chefs d'État étrangers. Le rapport fait valoir que qualifier Hitler de « dirigeant fanatique » n'est que l'énoncé d'une vérité que Hitler lui-même a proclamée.[499] La collusion entre le nazisme et la hiérarchie catholique est documentée à travers une série d'exemples : le rôle de von Papen en Allemagne, l'appui des évêques aux nazis lors du plébiscite de la Sarre, le salut hitlérien du cardinal Innitzer en Autriche, l'activité clandestine de prélats catholiques dans les Sudètes, en Slovaquie et en Ukraine des Carpathes, et enfin la guerre d'Espagne.[500]
Cette déclaration est suivie d'une vaste campagne de presse : une centaine de journaux suisses reprennent l'affaire dans la semaine du 7 au 12 août, et un tract de défense tiré à 40 000 exemplaires est distribué à travers toute la Suisse.[501] Les plaignants identifiés comme étant à l'origine de l'interdiction sont les nazis suisses, la « Catholic Action », la « Société pour l'Église et le Pape » de Saint-Gall et l'« Agence de presse catholique internationale » de Fribourg.[502] Le tract suscite des réactions contrastées : des lettres anonymes menaçantes de la part d'adversaires qui n'osent pas signer, et des lettres de soutien signées de leur nom et adresse — dont l'une émanant d'un catholique romain saluant le courage de la Société à critiquer la politique de l'Église.[503]
Sur le plan organisationnel, le nombre de proclamateurs passe de 813 à 1 039.[504] Treize conventions de service régionales sont tenues, réunissant près de 5 000 proclamateurs, dont un millier à Bâle et un millier à Zurich.[505] Le « Drame de la Création » révisé est présenté vingt fois à 19 000 personnes, générant 135 conférences de suivi suivies par 14 300 personnes.[506]
Une campagne de quatre mois pour La Tour de Garde produit une hausse de 15 946 heures de service par rapport aux quatre mois précédents, et les visites de retour passent de 2 619 à 6 120 durant cette seule période, permettant l'obtention de 1 045 nouveaux abonnements.[507]
La fin du rapport suisse signale la défection d'une dizaine à une quinzaine de « frères prominents » anciennement en position de responsabilité, désignés comme relevant de la classe du « méchant esclave » et de l'« ancien élu ». Ces dissidents sont décrits comme diffusant le « mensonge du diable » du salut universel et cherchant à tromper les membres simples pour leur propre bénéfice personnel. Leur départ coïncide avec le baptême de cinquante nouveaux proclamateurs Jonadabs lors de la convention régionale de Zurich, ce contraste étant présenté comme une démonstration que l'œuvre du Seigneur ne peut être perturbée.[508]
Le rapport de Yougoslavie souligne que les visites de retour portent leurs fruits et que des groupes nouvellement organisés se montrent « très zélés » tandis que des groupes plus anciens se sont assoupis, à l'exception de deux.[509] Trois pionniers seulement restent disponibles, les délégués de zone ne pouvant consacrer que leurs dimanches et jours fériés au service.[510]
La presse suisse, citée en exergue du rapport helvétique, fait elle aussi écho au livre Croisade contre le christianisme : le Bund de Berne publie des extraits soulignant que les Témoins témoignent d'un « attitude chrétienne » méritant tout le respect face à un absolutisme de type néronien.[511] L'auteur polonais Hulka-Laskowski déclare que si seulement un demi-million de protestants et de catholiques ressemblaient à ces témoins de Jéhovah, la situation en Pologne serait tout autre.[512]
Yougoslavie
En Yougoslavie, l'activité de la « Catholic Action » provoque de nombreuses arrestations, des saisies de littérature et des condamnations judiciaires, ainsi que des descentes dans les groupes réunis pour l'étude. La distribution annuelle atteint tout de même 25 058 livres et brochures, et quatorze phonographes sont mis en service, ayant attiré 10 060 personnes.[513] Les Jonadabs locaux maintiennent leur position devant les tribunaux et obtiennent pour la plupart des acquittements, ce qui suscite un intérêt accru parmi les observateurs des procédures.[514]
Chine
En Chine, la hiérarchie catholique romaine est présentée comme ayant conclu un arrangement avec le gouvernement japonais pour envahir et contrôler ce vaste territoire sous un régime dictatorial.[515] La guerre sino-japonaise, déclenchée deux ans auparavant, rend le travail de prédication dans les régions intérieures pratiquement impossible. La distribution totale de livres et brochures s'élève à 6 942 exemplaires, et trois machines sonores seulement sont en service.[516]
Le représentant de la Société à Shanghai rapporte que les réfugiés fuyant l'intérieur du pays vers Shanghai permettent paradoxalement au message du Royaume d'atteindre des personnes qui ne l'auraient jamais entendu autrement.[517] La Catholic Review publie en juin des accusations contre les messagers de la Société, les qualifiant de démarcheurs commerciaux vendant des livres par intérêt personnel ; un exemplaire de la brochure Uncovered est remis en réponse à la rédactrice de cette revue.[518] L'organisation catholique occupe également la station de radio XMEHA, qui avait diffusé le programme de la Watch Tower pendant plus de trois ans avant que les catholiques n'interrompent le contrat en automne 1937.[519]
La déclaration publiée dans le North China Daily News affirmant que « la voix du Pontife romain est, pour l'ensemble de la "chrétienté", la voix du Christ » suscite de vives controverses dans d'autres confessions.[520] En juin 1939, trois pionniers allemands arrivent de Suisse pour renforcer le travail, et le mois de septembre seul dépasse les trois cinquièmes du total des placements réalisés pendant les douze mois de l'année précédente.[521]
Grèce
En Grèce, l'opposition des milieux religieux limite sévèrement l'activité : 45 306 livres et brochures sont distribués, 32 phonographes mis en service, et 191 proclamateurs travaillent un total de 26 415 heures.[522] En septembre de l'année précédente, une loi oblige à faire tamponner la littérature par le représentant de l'Église grecque dans chaque préfecture ; en avril, cette loi est amendée pour exiger un tampon des éditeurs indiquant la religion représentée. Les Témoins font alors apposer un tampon en grec portant la mention « Éditions de l'Association Internationale des Étudiants de la Bible ».[523]
Au total, 106 affaires judiciaires impliquent 194 frères et sœurs pendant l'année, 82 aboutissant à un verdict favorable et 52 à une condamnation, tandis que 22 sont en attente. Des peines d'emprisonnement allant d'un mois à un an sont prononcées, assorties d'amendes. Certains frères sont battus et détenus dans des prisons insalubres sans motif légitime ; quatorze sont en situation de déplacement forcé.[524]
Le travail en Albanie, dirigé depuis le bureau d'Athènes, est entravé par l'opposition continue des chefs religieux et par le contrôle du pays par l'Italie. La distribution s'élève à 5 497 livres et brochures, réalisée par 23 proclamateurs en 800 heures de service.[525]
Îles Hawaïennes
Aux îles Hawaïennes, la population étant en grande partie non anglophone, le travail progresse néanmoins : 31 228 pièces de littérature sont placées au total (6 636 livres reliés et 24 592 brochures), 31 phonographes sont en service, et 18 personnes sont baptisées par immersion.[526] Six pionniers placent à eux seuls 17 693 pièces en 4 143 heures, obtenant 274 abonnements et organisant des réunions sonores réunissant 8 354 personnes.[527]
Les deux groupes organisés, à Honolulu et à Hilo, comptent respectivement 14 et 8 proclamateurs, auxquels s'ajoutent 3 proclamateurs isolés sur l'île d'Hawaï.[528] Les réunions sonores en voiture permettent de diffuser des conférences en anglais, espagnol, japonais, portugais, hawaïen, ilocano et tagalog, et des extraits en visayan sont lus au microphone. À une occasion, deux barques attachées ensemble servent à transporter une voiture sonore jusqu'au rivage.[529]
La grande réunion de l'année est la retransmission en ondes courtes depuis Madison Square Garden des discours « Victoire » et « Gouvernement et Paix », entendus non seulement au Royaume Hall mais dans l'ensemble des îles. Deux des personnes baptisées avaient assisté pour la première fois à la conférence du 25 juin retransmise depuis Madison Square Garden.[530]
Inde
En Inde, malgré des obstacles sérieux — dont la maladie de plusieurs pionniers efficaces, dont l'un décède de la fièvre typhoïde et l'autre n'en réchappe qu'après des mois de soins — le total des placements de littérature passe de 87 662 à 103 761 pièces, soit une augmentation notable des brochures en langues vernaculaires.[531] Les livres reliés enregistrent en revanche une baisse, attribuée directement à la perte de temps des pionniers anglophones due aux maladies.[532]
Le nombre d'heures de service de terrain augmente de 28 pour cent. L'appel à effectuer soixante heures par mois est bien reçu, mais peu de proclamateurs, notamment parmi les Indiens des villages, parviennent à atteindre ce quota.[533] Une campagne pour La Tour de Garde au printemps relance l'activité soutenue, avec pour image d'encouragement la marche autour de Jéricho.[534] La Tour de Garde est publiée localement en malayalam ; au total, 281 abonnements à l'édition anglaise et 431 à l'édition malayalam sont obtenus pour l'année.[535]
Des retransmissions en ondes courtes de la convention mondiale permettent à quelques frères en Inde d'entendre depuis Londres puis New York les exposés sur le système fasciste-hiérarchique en pleine nuit.[536] À Bombay, les marches d'information couplées à des voitures sonores se révèlent plus efficaces que tout autre moyen pour atteindre les catholiques de la région, qui bénéficient d'un quartier d'heure de marche dans leur voisinage immédiat suivi de visites à domicile avec la littérature.[537]
Dans la région de Travancore, vingt-six groupes sont organisés pour le service, treize groupes supplémentaires tiennent des études régulières, et sept proclamateurs isolés travaillent régulièrement. Six conventions de service sont organisées pour ces fidèles, selon des programmes semblables à ceux des pays occidentaux.[538] Dans le Pendjab, dix-neuf lieux font l'objet d'un intérêt soutenu, mais la population y est très simple et très pauvre — environ 25 pour cent seulement savent lire — et les missions méthodistes s'efforcent activement de reprendre le contrôle de ces villageois pour mettre fin à l'activité des Témoins.[539]
Des enregistrements en langues vernaculaires sont réalisés pendant l'année, mais cette initiative est fortement limitée par les coûts et par l'impossibilité pour la plupart des Indiens de se procurer des phonographes.[540] Des brochures en sept langues — bengali, gujrati, gurmukhi, malayalam, cingalais, tamoul et ourdou — sont publiées, pour un total de 99 500 exemplaires, dont plus de 30 000 expédiés à des filiales étrangères. La traduction du livre Ennemis en tamoul est en préparation.[541]
À Ceylan, un seul pionnier anglophone se trouve dans l'impossibilité totale de travailler depuis neuf mois en raison d'une maladie, et deux ou trois proclamateurs locaux font de leur mieux dans des conditions difficiles, le travail restant irrégulier.[542]
Au Japon, les frères sont très actifs durant la première partie de l'année de service, mais Brooklyn reçoit ensuite l'information que tous les travailleurs ont été arrêtés et incarcérés ; aucun rapport ne peut donc être fourni pour cette période.[543]
Jamaïque
En Jamaïque, les conditions économiques difficiles — troubles du travail, tache noire et rouille des arbres dans de nombreuses régions, puis l'impact de la guerre — ne freinent pas la progression du travail, qui enregistre une augmentation d'environ 30 pour cent du nombre de proclamateurs par rapport au début de l'année.[544] Un frère américain est envoyé à Kingston pour diriger l'activité sur place. L'opposition reste locale et discrète, les adversaires préférant agir par voie de presse plutôt qu'au grand jour, ce qui ne fait, selon le rapport, que publiciser davantage le message auprès de ceux qui cherchent sincèrement la vérité.[545]
Les jonadabs affluent régulièrement. Le travail de visites de retour progresse de façon soutenue et se révèle très efficace pour maintenir l'intérêt suscité par le porte-à-porte, les conférences publiques et les voitures sonores.[546] L'organisation en zones, encore à ses débuts, est jugée d'une aide considérable pour les groupes locaux, en permettant des rencontres qui produisent tous les effets bénéfiques d'une convention sans les dépenses de voyage, et en favorisant la rupture des préjugés par des visites d'étrangers dans les quartiers proches.[547] Seuls quatre servants de zone pionniers sont cependant disponibles pour couvrir l'ensemble du territoire. Au total, 89 851 livres et brochures sont placés, 674 pionniers et proclamateurs de groupe travaillent 102 056 heures, 318 nouveaux abonnements à La Tour de Garde sont obtenus, 156 phonographes sont utilisés lors de réunions ayant rassemblé 311 481 auditeurs, et 7 777 visites de retour sont effectuées.[548]
Mexique
Au Mexique, la distribution totale de livres et brochures atteint 448 385 exemplaires, auxquels s'ajoutent 19 000 exemplaires de La Tour de Garde et 17 000 de Consolation, ainsi que l'utilisation de 193 phonographes.[549] Le représentant de la Société décrit une année marquée par la mise en place progressive de nouvelles méthodes de travail et la constitution de fondements solides pour l'activité locale.
Le siège de la filiale locale, établi au 71 Melchor Ocampo, occupe désormais l'intégralité de l'immeuble, après que l'étroitesse des locaux eut été vivement ressentie — avec une formule empruntée à Ésaïe 49:20 : « La place est trop étroite pour nous ; fais-nous de la place ».[550] L'acquisition d'une presse Chandler permet de s'affranchir des imprimeurs commerciaux de confession catholique, dont la proximité avec la hiérarchie ecclésiastique représentait un risque organisationnel constant.[551] Les contributions locales pour la littérature atteignent un niveau record, même si le taux de change défavorable en réduit la valeur effective.
Deux voitures sonores sont mises en service pour la première fois au Mexique durant cette année de service, permettant de toucher un public plus large et de distribuer davantage de petite littérature. La filiale souligne la disponibilité et l'ardeur exceptionnelles de ses collaborateurs, qui doivent parfois être retenus de travailler avec excès plutôt qu'encouragés à s'y mettre.[552]
Europe du Nord
L'Europe du Nord — regroupant le Danemark, la Norvège, la Suède, la Finlande, les États baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) et l'Islande — est coordonnée depuis le bureau de Copenhague. Le total des placements de livres et brochures pour l'ensemble de la zone s'élève à 2 617 242, contre 1 961 251 l'année précédente, soit une hausse de 33 pour cent.[553] Les activités nazies en Europe de l'Est poussent de nombreuses personnes à prêter davantage attention au message du Royaume, présenté comme le seul espoir de paix et de vie.[554]
Le responsable de la filiale de Copenhague signale que l'année 1938-1939 a été marquée par trois grandes assemblées en Suède, au Danemark et en Finlande, réunissant respectivement 956, 925 et 750 personnes, lors desquelles 21 733 pièces de littérature sont placées.[555] La retransmission en ondes courtes de la convention de New York, comprenant les discours sur la « Victoire » et « Gouvernement et Paix », ainsi que l'annonce du livre Salvation (Salut), est entendue dans toute l'Europe du Nord avec une réception de qualité, malgré les tentatives d'interférence attribuées aux catholiques romains.[556] Durant l'année, 630 personnes symbolisent leur consécration par le baptême.
Les 656 521 heures de service enregistrées représentent une augmentation par rapport aux 530 852 de l'année précédente.[557] La grande campagne de brochures — notamment Face the Facts et Fascism or Freedom — explique en grande partie l'augmentation des placements de littérature. La campagne La Tour de Garde permet d'obtenir 4 369 nouveaux abonnements, portant le total à 10 625 ; en ajoutant les copies distribuées individuellement, le total des exemplaires de La Tour de Garde et de Consolation atteint 4 135 201, soit approximativement un exemplaire par famille en Europe du Nord.[558]
Plus de 700 nouveaux phonographes sont mis en service durant l'année, portant le total à 2 204 appareils en usage. Ils permettent de donner 325 645 conférences devant 534 762 auditeurs, soit l'équivalent de 534 réunions publiques de 1 000 personnes chacune.[559] Le système de zones, qui remplace définitivement l'ancienne pratique des pèlerins itinérants, est jugé particulièrement efficace pour structurer le travail et maintenir le lien entre le bureau et le terrain.[560] Le rapport cite à cet égard le passage d'Ésaïe 60:17-18 sur la substitution du cuivre par de l'or et du fer par de l'argent comme image de ce perfectionnement organisationnel.
Environ 220 pionniers sont en service, dont les rangs fournissent également des servants de zone et de groupe.[561] Le magazine Consolation enregistre malgré l'absence de campagne dédiée une augmentation de 1 500 abonnements, portant son total à 78 265.[562] Les visites de retour — 102 826 durant l'année — sont présentées comme particulièrement fructueuses pour aider la « grande foule » à choisir le camp de Jéhovah, en répondant aux questions et en guidant les intéressés vers les études de livre et de La Tour de Garde.[563]
La nouvelle méthode d'étude de La Tour de Garde, basée sur la préparation personnelle de questions par les frères, est jugée plus efficace que l'ancienne ; les réunions d'étude sont désormais conclues en une heure, libérant davantage de soirées pour le service.[564] Deux mille neuf cent cinquante-quatre réunions pour les personnes intéressées sont tenues, réunissant 36 120 auditeurs ; 300 réunions publiques en Scandinavie et en Finlande attirent 38 069 personnes.[565] Quatre-vingt-dix-sept assemblées de service dans les zones diverses rassemblent 7 691 participants.
Concernant la situation politique, le rapport note que la guerre n'a jusqu'ici qu'« stimulé » le travail en Scandinavie et en Finlande, où une pleine liberté subsiste malgré le rationnement. Dans les États baltes en revanche, la situation se détériore sérieusement : certaines publications sont interdites en Estonie, et le travail est officiellement interdit en Lettonie et en Lituanie. La saisie de Memelland par Hitler en mars 1939, où se trouvaient la plupart des travailleurs lituaniens, coupe pratiquement les communications. La pression soviétique croissante sur les trois États baltes est perçue comme pouvant soit bloquer définitivement le travail, soit, dans la providence du Seigneur, ouvrir la voie à un témoignage en Russie.[566]
Danemark
Le rapport danois fait état d'une augmentation marquée de l'activité : 667 818 brochures sont distribuées contre 486 592 l'année précédente, tandis que les heures de service passent de 129 380 à 163 333. Le nombre moyen de proclamateurs actifs chaque semaine progresse de 524 à 642, et 166 personnes symbolisent leur consécration durant l'année.[567] La campagne La Tour de Garde permet d'obtenir 1 392 nouveaux abonnements pour la Norvège et le Danemark conjointement, portant les totaux respectifs à 1 245 et 2 400.
La presse danoise, jugée plus libre que dans la plupart des pays, couvre favorablement la convention tenue à Aarhus. Le grand quotidien Jyllandsposten consacre un long article à la rencontre, signalant 1 000 délégués et abordant des points doctrinaux tels que la condition des morts, l'âme, l'enfer et la distinction entre religion et christianisme, ainsi que l'imminence d'Harmaguédon.[568] L'article cite notamment la position de Rutherford selon laquelle seul un petit nombre — les témoins de Jéhovah — sera sauvé du grand massacre, à l'image de Noé et de sa famille lors du déluge, ce qui justifie l'activité de porte-à-porte pour rassembler les hommes de bonne volonté.[569]
Le travail au phonographe atteint un niveau remarquable : 600 appareils sont en usage dans ce petit pays, avec une production moyenne de quatre nouveaux phonographes par semaine. Durant l'année, 66 256 conférences sont données devant 71 276 auditeurs. Un exemple d'assemblée locale à Holbaek illustre l'intensité de ce travail : 55 personnes dans le service de terrain, dont 52 avec leur phonographe, donnent 282 conférences en 188 heures à une audience de 354 personnes, en laissant 22 livres, 571 brochures, un abonnement et 95 exemplaires de Consolation.[570] Un pasteur, après avoir officié à un enterrement, demande par écrit qu'on revienne lui faire entendre une nouvelle fois l'enregistrement « Où sont les morts ? », illustrant l'impact de la méthode même auprès du clergé.
Une fausse information circule dans la presse danoise et scandinave, attribuant à la convention de New York une bagarre entre 50 blessés déclenchée par une attaque contre le « prêtre radio » Coughlin. Des coupures de vingt journaux différents sont envoyées au bureau danois, qui adresse une correction — acceptée par six publications dont Jyllandsposten — de la part d'un frère ayant personnellement suivi la diffusion en ondes courtes et certifiant que le nom de Coughlin n'a pas été prononcé une seule fois par Rutherford.[571] Ces fausses dépêches sont attribuées à la hiérarchie catholique romaine, désireuse de jeter le discrédit sur les témoins de Jéhovah.
Consolation maintient globalement sa position, avec seulement 200 abonnés perdus malgré les campagnes concurrentes ; au total, environ 240 000 exemplaires sont distribués dans l'année.[572] La petite famille du Béthel danois, forte de 14 membres, place 17 668 pièces de littérature, contre 15 098 l'année précédente et 12 091 deux ans auparavant. Le rapport note qu'au cours du dernier mois, la guerre a sensiblement accru l'intérêt du public pour le message, la population se montrant plus disposée à écouter.[573]
Estonie
En Estonie, l'opposition est décrite comme très forte et la guerre qui gagne cette région laisse présager une cessation prochaine de l'activité.[574] Malgré ces conditions défavorables, 44 188 livres et brochures sont expédiés depuis le dépôt au cours de l'année, soit 9 451 de plus qu'en 1938 ; 42 615 exemplaires sont effectivement distribués parmi la population.[575] Le nombre total de proclamateurs actifs s'élève à trente-six, contre trente l'année précédente, dont neuf pionniers ; la moyenne hebdomadaire est de treize proclamateurs, pour un total de 14 810 heures consacrées au service.[576]
Les pionniers, qui travaillent principalement dans les zones rurales, ont du mal à effectuer des visites de retour, mais en signalent 138, complétées par 98 autres de la part des proclamateurs ordinaires.[577] Des efforts sont faits pour obtenir de nouveaux abonnements à La Tour de Garde et à Consolation : vingt-huit nouvelles souscriptions sont obtenues, tandis que 2 182 exemplaires de La Tour de Garde et 851 de Consolation sont distribués.[578] Plusieurs publications, dont le livre Richesses, ont été confisquées par la police et l'espoir de les récupérer n'est pas encore réalisé ; en compensation, une traduction de la brochure Regarde les réalités en face est diffusée à 23 000 exemplaires depuis le début de l'année.[579] L' Informant est envoyé chaque mois à 600 exemplaires pour guider les frères, et une convention rassemble trois personnes qui sont baptisées.[580]
Finlande
La Finlande enregistre une progression remarquable : 615 682 livres et brochures sont distribués durant l'année, contre 476 119 l'année précédente, et 865 travailleurs consacrent 159 931 heures au service.[581] Les 469 phonographes en usage permettent de toucher 195 512 auditeurs lors de conférences reproduites mécaniquement, contre 151 879 l'année précédente.[582]
Le témoignage par phonographe depuis des embarcations sur les lacs finlandais donne lieu à des récits particulièrement vifs : des frères utilisent leurs bateaux et leurs haut-parleurs dans des régions lacustres éloignées où « Jéhovah sait que notre groupe n'avait pas de véhicule sonorisé » et où la nature même des lieux amplifie la portée des enregistrements.[583] Un épisode illustre la tension générée par cette méthode : lors d'une traversée en bateau à vapeur, le capitaine accorde non seulement la permission de diffuser les conférences pendant toute la durée du voyage, mais offre en outre un dîner aux proclamateurs, au grand dam de certains passagers désireux de profiter du silence.[584]
Des opposants tentent par moments de renverser les embarcations ou de briser les haut-parleurs, mais sont présentés comme ayant été saisis de crainte face au calme et à la fermeté des frères. Une assemblée réunissant environ 10 000 personnes sur les rives est mentionnée d'après la presse locale, bien que seule la partie visible depuis le bateau soit comptabilisée dans le rapport officiel.[585] Le phonographe est également utilisé lors d'enterrements, ce qui provoque l'irritation du clergé : un frère est convoqué devant la police criminelle sur plainte d'un pasteur, et a l'occasion de faire entendre aux enquêteurs les enregistrements incriminés, suscitant leur vif intérêt.[586]
Sur le plan de la littérature, la progression des brochures compense le léger recul des grands livres : 144 032 brochures supplémentaires par rapport à l'année précédente portent le total général à 615 632, et en incluant les périodiques, le chiffre global atteint 1 055 676 — soit environ une publication et demie par famille dans le pays.[587] La brochure Faits et fascisme rencontre une opposition particulière : un agent de police arrête un serviteur de zone pour infraction à la loi sur le colportage, mais le frère est finalement acquitté, permettant à la diffusion de se poursuivre.[588]
Le travail par zones introduit cette année se révèle bénéfique : dans la classe principale d'Helsinki, toutes les statistiques progressent significativement — le nombre de proclamateurs passe de 180 à 205, les visites de retour de 556 à 5 188, les livres et brochures de 92 216 à 130 498, et l'assistance aux conférences phonographiques de 13 079 à 33 982.[589] La convention principale à Helsinki est présentée comme la plus grande jamais tenue en Finlande malgré les perturbations liées à la guerre ; 172 personnes y sont baptisées, contre 59 lors de toutes les conventions de l'année précédente.[590]
L'imprimerie locale, équipée d'une nouvelle presse au cours de l'année, produit 876 608 exemplaires — une augmentation de 150 132 par rapport à l'année précédente — et imprime notamment quatre brochures reliées, un nouveau recueil de cantiques et des études modèles pour la Suède et la Finlande.[591] La famille du Béthel, forte de seize membres, consacre 5 056 heures au service contre 3 777 l'année précédente, avec une nette progression dans la distribution de brochures (de 20 123 à 31 793).[592]
Islande
En Islande, territoire de 40 000 miles carrés comptant moins de trois habitants au mile carré, un seul pionnier solitaire distribue 1 761 livres et brochures durant l'année, et 1 073 personnes entendent les conférences reproduites par phonographe.[593]
Lettonie
En Lettonie, les religieux et les nazis agissant de concert rendent presque impossible toute activité de témoignage.[594] Le rapport local, non signé par prudence vis-à-vis de la censure, fait état d'une réunion clandestine découverte en février grâce à un informateur : la police fait irruption peu après le début de l'assemblée, des procès-verbaux sont dressés contre tous les présents, et l'enquête dure onze semaines, aboutissant à de lourdes amendes pour les membres du comité exécutif de la société locale.[595]
En revanche, les deux discours prononcés à la convention de New York les 24 et 25 juin sont reçus par ondes courtes avec une qualité qualifiée d'excellente, et les frères lettons participent symboliquement à l'assemblée mondiale en joignant leur voix au « Aye » qui retentit depuis la salle new-yorkaise.[596] Le déclenchement de la guerre, survenu au début du mois de la rédaction, suscite une grande anxiété face à la proximité du front et aux pressions attendues sur les petits États voisins, mais est interprété comme une étape supplémentaire vers l'effondrement de l'organisation de Satan et l'établissement du Royaume.[597]
Lituanie
En Lituanie, la censure et les restrictions rendent pratiquement impossible toute communication entre districts.[598] La région du Memelland, qui contribuait auparavant à la majeure partie de la diffusion de littérature et des abonnements aux périodiques, est occupée par l'Allemagne depuis mars 1939 et n'envoie plus aucun rapport ; il est présumé que de nombreux frères y ont souffert aux mains des autorités, comme leurs coreligionnaires allemands.[599] Pour l'ensemble du pays, seulement 366 livres et 2 188 brochures sont distribués durant l'année, consistant principalement en publications de plusieurs années auparavant, l'importation de livres et de périodiques étant désormais impossible.[600]
Norvège
En Norvège, l'activité se poursuit malgré de grandes distances et des moyens de transport rudimentaires ; les pionniers dans les districts ruraux vivent parfois sous des tentes transportées à vélo.[601] Le bateau à moteur Ruth, avec deux frères à son bord, sillonne le nord de la Norvège pour atteindre des localités accessibles uniquement par voie maritime : en un an, 2 555 heures de service sont effectuées, 1 900 miles parcourus, et 14 248 pièces de littérature distribuées, dont 2 246 livres et 10 655 brochures ; 1 072 conférences phonographiques touchent 2 531 auditeurs.[602] Un épisode dramatique est rapporté : le moteur tombant en panne en mer par temps calme, une violente tempête se lève soudainement, échouant le bateau sur le rivage ; l'intervention d'un pêcheur permet le remorquage et la tempête cesse aussitôt, ce qui est interprété comme une protection divine.[603]
La guerre entraîne un rationnement du carburant, de la nourriture, du charbon et du benzène, et arrête une grande partie des usines ; la circulation privée est interdite.[604] Ces difficultés économiques rendent le public moins enclin à acheter de la littérature, mais certaines personnes autrefois indifférentes commencent à s'intéresser au message prophétique face à l'actualité. Sur la question du service militaire, les jeunes Témoins refusent le service armé ; une loi norvégienne leur permet d'effectuer un service civil de construction de routes et de culture agricole, et un juge d'Oslo déclare à l'un d'eux : « Je respecte votre position, et si tous les jeunes hommes avaient été comme vous, le monde d'aujourd'hui aurait été différent ».[605]
L'organisation en zones est en place avec quatre serviteurs de zone ; les études modèles sont introduites pour aider les nouveaux proclamateurs à étudier systématiquement. La convention annuelle à Oslo, en mai, rassemble 165 proclamateurs qui distribuent 267 livres et 5 531 brochures ; 88 personnes y sont baptisées, dont deux garçons âgés de 11 et 12 ans seulement, l'un d'eux déclarant à ses parents avoir réfléchi à sa décision pendant un an entier.[606] La diffusion du discours prononcé au Madison Square Garden est entendue en plusieurs points du pays, et les faits rétablis dans Ny Verden face aux journaux norvégiens ayant faussement prétendu que des bagarres avaient éclaté lors de l'assemblée.[607]
Suède
Le rapport suédois décrit une situation contrastée en cette année de crise : la neutralité du pays préserve pour l'instant la liberté de prédication, même si les restrictions sur l'essence imposées par les autorités suédoises contraignent les proclamateurs à remplacer les véhicules motorisés par des bicyclettes ou la marche à pied.[608] Plusieurs membres sont mobilisés dans les formations militaires chargées de garantir la neutralité du pays, ce qui leur fournit selon le rapport de nombreuses occasions de témoigner de la suprématie de Jéhovah.[609] La seule friction avec les autorités civiles concerne un groupe de pionniers travaillant près de la frontière norvégienne, convoqués brièvement par la police locale qui les soupçonnait d'espionnage ; après audition, les agents ont eux-mêmes accepté de la littérature et laissé les frères repartir.[610]
Les campagnes spéciales menées au cours de l'année — notamment avec les brochures Warning, Face the Facts, Fascism or Freedom et Watchtower — sont présentées comme autant de messages d'urgence adressés aux personnes de bonne volonté, les invitant à fuir vers la « ville de refuge ».[611] Le nombre de proclamateurs effectivement actifs de porte en porte s'établit à 1 361, soit une hausse de 90 par rapport à l'année précédente, et la moyenne hebdomadaire passe à 660, en augmentation de 124.[612] Fait notable, 247 personnes ont symbolisé leur consécration au cours de l'année, un chiffre présenté comme environ trois fois supérieur à tout résultat antérieur.[613]
Sur le plan organisationnel, seize nouvelles congrégations ont été formées et la méthode dite « Étude Modèle » vient d'être introduite en Suède.[614] Les 22 assemblées de zone tenues dans l'année ont rassemblé 1 914 personnes, réparties en trois ou quatre sessions par zone en raison des distances dans ce pays peu peuplé.[615]
La convention annuelle de Stockholm, tenue du 11 au 13 août 1939, a réuni 658 participants — environ 250 de plus qu'à toute occasion précédente — et 117 personnes y ont symbolisé leur consécration.[616] Des groupes répartis en 22 localités ont écouté par radio les discours du congrès mondial de New York, surmontant les prévisions négatives des spécialistes en radiodiffusion.[617]
Le total des heures de terrain rapportées pour l'année atteint 226 163, soit une hausse de 61 206 par rapport à l'année précédente, en partie attribuée à l'objectif de soixante heures mensuelles fixé en janvier.[618] Le placement de livres reliés s'établit à 53 881, légèrement inférieur à l'année précédente, mais la diffusion de brochures bondit de 311 641 exemplaires, pour atteindre 816 071, portant le total livres et brochures à 869 952 copies contre 560 299 l'année antérieure.[619] Les abonnements à La Tour de Garde passent de 2 094 à 4 363, et ceux à Consolation atteignent 36 430, soit 2 505 de plus que l'année précédente.[620]
Le parc de phonographes en service en Suède comprend 925 appareils et 2 machines à transcription, qui ont joué 140 003 disques devant 228 294 auditeurs, soit 74 508 de plus que l'année précédente.[621] Le service de pionniers est assuré par 76 membres, neuf de plus qu'en 1938, avec une moyenne mensuelle de 59 pionniers en activité.[622]
Les réunions publiques, organisées autour du sujet « Règne de la violence : pourquoi est-il permis ? Quelle en sera l'issue ? », ont attiré des audiences particulièrement importantes : 1 854 personnes à Stockholm et 1 300 à Göteborg, pour un total de 6 220 auditeurs lors des onze réunions principales.[623]
Îles Philippines
Le rapport des Îles Philippines couvre l'activité des proclamateurs opérant depuis Manille. Le total des livres et brochures distribués dans l'archipel au cours de l'année s'élève à 146 851 exemplaires, en hausse de 50 % par rapport à 1938, qui avait lui-même enregistré une hausse de 20 % sur 1937.[624] Cette croissance touche également le nombre de proclamateurs, qui passe de 121 à 159, et les heures de terrain, qui progressent de 42 715 à 62 232.[625]
Le nombre de congrégations organisées passe de 6 à 14, et un serviteur de zone est désigné pour aider les personnes de bonne volonté à s'organiser en congrégations.[626] La campagne d'abonnements à La Tour de Garde est décrite comme la plus bénie de toutes, surpassant de 50 % les résultats de la campagne Cure-Consolation.[627]
Le rapport signale cependant une baisse de la fréquentation des rassemblements sonores, imputée à l'influence d'un certain « ancien électif » qui aurait découragé l'usage du phonographe, ainsi qu'à des manœuvres auprès des autorités gouvernementales contre l'usage du camion-son.[628] En réponse, des disques en tagalog sont en cours de fabrication pour élargir l'audience locale.[629] Les visites de retour progressent spectaculairement, passant de 119 en 1938 à 1 921 cette année, ce qui est présenté comme la principale cause de la croissance du nombre de personnes de bonne volonté.[630] La traduction du livre Richesses en tagalog, principale langue des Philippins, est en cours, ainsi que des traductions de brochures en d'autres dialectes locaux.[631]
Au Mémorial, 202 personnes ont participé à la cérémonie, mais le nombre de ceux qui ont pris part au pain et au vin est présenté comme nettement inférieur aux années précédentes, signe que les membres apprécient mieux la distinction entre les deux classes.[632]
Les expériences de terrain rapportées illustrent un contexte de vive opposition cléricale. Dans la province de Mindanao, un pasteur protestant, interpellé par un pionnier sur l'accusation que la littérature de la Société induirait les gens en erreur, se révèle incapable de produire un seul exemple à l'appui de ses dires ; contraint par les événements à participer à un débat public, il subit une défaite argumentative présentée comme totale, après laquelle plusieurs de ses fidèles auraient déclaré vouloir rompre avec la religion.[633] Dans la province de Sulu, peuplée de tribus musulmanes semi-nomades, un pionnier décrit une atmosphère de violence endémique où « pour deux pesos, on peut vous couper la tête »; le clergé musulman local, les « Imam » ou « Pandetta », y est assimilé au clergé de la chrétienté dans son exploitation des fidèles.[634]
Dans les montagnes inexplorées de l'intérieur, un pionnier rapporte avoir rencontré des tribus désignées comme sauvages — les Nongots et les Aetas — et leur avoir rendu témoignage, traversant des rivières infestées de crocodiles et parcourant des zones sans chemin.[635] Dans la province de Zamboanga, la distribution des livres Enemies, Riches, Face the Facts, Fascism or Freedom et Uncovered provoque de vives réactions du clergé catholique local : un article réfutatoire rédigé par un Jésuite dans le journal La Antorcha est qualifié de tissu de mensonges, et l'un des frères rédige une réfutation complète que les journaux locaux refusent de publier. Le prêtre se présente ensuite, accompagné de deux gardes du corps, pour demander des comptes au frère, et la conversation tourne autour du titre de « Juge » porté par Rutherford.[636]
La discussion avec le prêtre sur l'appellation de « juge » portée par Rutherford s'achève par un retournement argumentatif : sommé d'expliquer par quelle autorité les catholiques appellent le pape « Saint-Père », le prêtre, après avoir soutenu ne pas enseigner lui-même ce titre, concède finalement qu'il l'emploie bien, ce qui conduit le frère à citer Matthieu 23:9-10 puis Matthieu 15:1-9 pour montrer que les doctrines catholiques reposent sur la tradition plutôt que sur l'Écriture.[637] La rencontre, qui dure près de trois heures, se termine par le départ du prêtre, décrit comme ayant perdu toute assurance.[638]
La situation politique est présentée comme préoccupante aux Philippines : le gouvernement du Commonwealth introduit le salut obligatoire au drapeau dans les écoles, et deux enfants de Jonadabs sont déjà expulsés de leurs classes pour avoir refusé de s'y plier, au nom de l'interdiction de se prosterner devant une image.[639] Une convention est planifiée pour la fin décembre 1939, la première dans l'histoire de la branche philippine, centrée sur les visites de retour, les classes d'études modèles, l'usage du phonographe et la coopération entre pionniers et congrégations.[640]
Port of Spain (Trinité)
Les Antilles britanniques, coordonnées depuis Port of Spain à Trinité-et-Tobago, englobent Grenade, Barbade, Dominique, Montserrat et Saint-Vincent. La distribution totale de littérature dans ces territoires s'élève à 19 414 exemplaires pour l'année.[641] Les difficultés rencontrées sont attribuées aux politiciens religieux au pouvoir, qui ont édicté des règles strictes contre la diffusion du message du Royaume, règles aggravées par une police présentée comme zélée à les appliquer.[642]
Le représentant local rend compte d'une tournée en Guyane britannique effectuée avec un camion-son, visitant des villages qui n'avaient jamais encore reçu de témoignage par ce moyen, souvent en soirée jusqu'à vingt-trois heures, attirant des habitants qui sortaient de leurs lits pour assister aux présentations.[643] Un chauffeur engagé pour le transport, prénommé Peter St. Mary, se montre si enthousiasmé après la première présentation qu'il donne sa contribution, prend le livre Richesses et déclare « qu'il pourrait marcher avec vous toute la nuit ».[644]
À Trinité même, la police va au-delà des restrictions gouvernementales en saisissant phonographes et littérature pourtant autorisés par le gouvernement. En réponse, un groupe de frères issus de plusieurs congrégations voisines retourne le dimanche suivant dans le même secteur de la ville, chargés de leur matériel de prédication. Le policier qui avait procédé à la saisie ne donne pas suite lors de ce second contact.[645] Le disque « Peace Messengers » est joué devant le poste de police en soutien à la position du frère selon laquelle il prêche l'Évangile du Royaume et ne vend rien.[646]
Conclusion
La conclusion de la section consacrée aux rapports de pays affirme qu'aucune puissance ne peut arrêter la marche du Gouvernement Théocratique. Satan et ses alliés visibles — au premier rang desquels la hiérarchie catholique romaine et ses alliés dictateurs — sont présentés comme unissant leurs forces dans une tentative désespérée d'empêcher la Théocratie de gouverner le monde, effort voué à l'échec devant la toute-puissance de Jéhovah.[647] Durant l'année écoulée, les proclamateurs ont distribué plus de trente millions de livres en 78 langues, portant le total cumulé à plus de trois cents millions d'exemplaires placés dans le monde.[648]
La certitude est exprimée que ceux qui maintiennent leur intégrité envers Dieu recevront protection et salut lors d'Armageddon, après quoi les fidèles gouverneront sous la grande Théocratie et rempliront la terre d'un peuple juste.[649]
Texte de l'année 1940
Le texte de l'année 1940 est tiré du Psaumes 13:5 : « Mon cœur se réjouira dans ton salut. » Les proclamateurs sont présentés comme des gens constamment exposés au danger, sachant qu'un seul pouvoir peut les délivrer : le Gouvernement Théocratique par Christ Jésus.[650] Pour aider toute personne de bonne volonté à affronter les problèmes quotidiens, un texte scripturaire est sélectionné pour chaque jour de l'année, accompagné de commentaires tirés de La Tour de Garde.[651]
Textes journaliers et commentaires — Janvier
Les commentaires accompagnant les textes journaliers de janvier développent plusieurs thèmes récurrents autour de la relation entre Jéhovah, ses témoins et leurs ennemis. Le texte du 1er janvier (Exode 15:2) rattache la victoire de Moïse sur Pharaon à la victoire eschatologique attendue du reste et de la grande multitude sur les forces qui cherchent à les détruire.[652] Le 2 janvier (Josué 8:6-7) décrit la prédication de maison en maison comme une manœuvre stratégique orchestrée par Jéhovah avant Armageddon, les forces angéliques invisibles servant de soutien aux témoins terrestres qui marchent dans « la vallée de l'ombre de la mort ».[653]
Le texte du 3 janvier (Job 19:25) interprète la rédemption comme une libération des mains de l'organisation de Satan dans les « derniers jours », accomplie par Jéhovah agissant par l'intermédiaire du Christ.[654] Le 4 janvier (Ésaïe 52:7) présente les membres du « reste » comme les « veilleurs » du Seigneur, chargés de proclamer les prophéties dès qu'elles leur sont révélées et d'avancer en harmonie avec l'organisation de Dieu.[655]
Le 5 janvier (Jean 17:16) pose le principe de la non-participation politique : les témoins de Jéhovah ne font partie d'aucune organisation politique ou religieuse et n'ont aucune part dans les affaires politiques des nations, même celles où ils résident, obéissant aux lois humaines uniquement dans la mesure où elles ne contredisent pas la loi divine.[656] Le 6 janvier (1 Corinthiens 3:11) rattache le fondement du salut à la justification du nom de Jéhovah contre le défi de Satan, la mort du Christ étant présentée comme le prix d'achat de l'humanité.[657]
Les textes du 7 au 10 janvier développent successivement la promesse de Joël 2:19 — les fidèles n'ont plus à vivre dans l'apologétique car le temps de la justification du nom de Jéhovah est venu —, la nature théocratique du gouvernement de Jéhovah (Psaumes 22:28), la prise de Jéricho comme figure de la destruction des institutions religieuses actuelles (Josué 6:1-2), et la nécessité de la confession publique de la foi pour appartenir à la grande multitude (Romains 10:10).[658]
Les textes du 11 au 18 janvier poursuivent sur la vocation testimoniale du peuple pris parmi les nations (Deutéronome 7:6), la définition de l'antichrist comme tout ce qui nie que Jésus est le Christ (1 Jean 2:22), la victoire de Josué contre les cinq rois amorites comme préfiguration d'Armageddon (Josué 10:8), l'effusion de l'esprit à partir de 1918 comme accomplissement de Joël 2:28, le rassemblement des multitudes dans la « vallée de la décision » (Joël 3:14), le retour de la captivité de Juda depuis 1918 (Joël 3:1), la confession de Rahab comme figure de la grande multitude (Josué 2:9-11), et le conflit non charnel mais spirituel contre les puissances des ténèbres (Éphésiens 6:12).[659]
Les textes du 19 au 22 janvier approfondissent les thèmes eschatologiques et militaires : la vengeance divine (Joël 3:7) est présentée comme imminente, les envoyés du reste étant chargés d'annoncer à l'avance le jugement qui s'abattra sur les ennemis de Jéhovah avant son exécution à Armageddon.[660] Le texte du 20 janvier (Josué 1:9) exige la pleine foi en la puissance divine : aucun doute ne doit subsister dans l'esprit des témoins, qui avancent avec joie sachant que les bras éternels du Très-Haut (Deutéronome 33:27) les soutiennent.[661] Le 21 janvier (1 Pierre 5:8) neutralise l'accusation de haine en retournant la figure rhétorique : avertir son prochain de la marche du Diable comme d'un lion dévorateur est présenté comme un acte d'amour, non de haine, sans égard pour l'appartenance catholique, protestante ou juive de l'interlocuteur.[662] Le 22 janvier (Josué 6:3-4) tire de la circumambulation autour de Jéricho la règle du travail sans interruption : les témoins de Jéhovah ne font pas de pause les dimanches ni les jours fériés et doivent couvrir le même territoire à répétition avec les phonographes, comme les Israélites tournaient autour des remparts avant le miracle du septième jour.[663]
Les textes du 23 au 27 janvier développent la résistance face à la persécution et la doctrine de la rançon. Seuls ceux qui font pleinement confiance au Grand Théocrate et à son Roi pourront résister aux assauts des religionnaires et de leurs alliés (Matthieu 10:22).[664] Le 24 janvier (Josué 8:30-32) présente la magnification de la Loi par Josué sur les pierres comme une figure de la proclamation de la loi de Jéhovah contre la religion depuis 1936, offrant un avertissement solennel à ceux qui la pratiquent afin qu'ils ne puissent invoquer l'ignorance.[665] Le 25 janvier (Hébreux 2:9) expose la doctrine de la rançon : la loi divine exige une vie parfaite en échange de la vie parfaite d'Adam volontairement perdue, et c'est Jésus, rendu «inférieur aux anges», qui fournit ce prix d'achat exact pour la délivrance de l'humanité de la mort.[666] Le 26 janvier (Nombres 35:18-19) distingue la rédemption du sang d'avec la rédemption du Calvaire : le «vengeur du sang» antitypique, Christ Jésus, est celui qui réglera le compte avec les ennemis de Jéhovah à Armageddon, rendant vie pour vie.[667] Le 27 janvier (Joël 2:22) signale que depuis 1922 les obstacles au travail du Royaume n'ont cessé de menacer la progression de l'œuvre, mais que les moyens mécaniques — plus de 40 000 phonographes avec des discours enregistrés — constituent les « outils économisant la main-d'œuvre » que Jéhovah protège contre les efforts acharnés de l'ennemi.[668]
Les textes du 28 au 31 janvier clôturent le mois sur la thématique de la résistance collective. Le 28 janvier (Psaumes 27:2) assure que les nations totalitaires — qualifiées d'alliance de religionnaires et de dictateurs — ne pourront ni exclure les oints du temple spirituel ni briser leur unité en Christ, même si elles s'en prennent à leurs personnes ou à leurs biens ; avant Armageddon, Gog, le maréchal de campo de Satan, lancera une attaque finale contre les fidèles, mais Christ remportera la victoire.[669] Le 29 janvier (Jérémie 1:17) dépeint la mission des témoins comme « chargée d'un grand danger » du fait de l'animosité des facteurs dirigeants de la «chrétienté», tout en rappelant la promesse divine : «Ils combattront contre toi, mais ils ne pourront te vaincre.»[670] Le 30 janvier (Joël 2:1) assigne au reste la commission de sonner l'alarme au sein de toute l'organisation de Dieu et dans les frontières de la chrétienté, en proclamant la vengeance du Jour du Très-Haut conformément à Ésaïe 61:2.[671] Le 31 janvier (Joël 3:8) interprète la vente des fils et filles à des nations lointaines comme une figure de la proclamation que font les «enfants de Juda» — tous ceux qui louent Jéhovah, y compris Christ et ses fidèles — en exposant la vérité sur la Hiérarchie romaine et ses alliés religieux, les «vendant» ainsi à ceux qui les opprimeront au début d'Armageddon.[672]
Les textes journaliers de février s'ouvrent sur la promesse du gouvernement messianique éternel. Le 1er février (Ésaïe 9:6-7) affirme que l'absence de paix sur la terre prouve que le gouvernement promis de Dieu n'est pas encore pleinement en opération quant à la présente domination du monde, mais que Jéhovah n'a pas failli à ses promesses et que son heure viendra.[673] Le 2 février (Josué 3:15-16) relit le miracle de la traversée du Jourdain : la guerre commencée en 1914 puis arrêtée en 1918 constitue l'accomplissement du type, Jéhovah ayant alors retenu les foules de bonne volonté du précipice irréversible d'Armageddon ; conformément à Matthieu 24:22, «il n'aurait subsisté aucun vivant» si ces jours n'avaient pas été abrégés.[674] Le 3 février (Exode 19:5) insiste sur la nécessité d'une obéissance totale : la désobéissance volontaire est assimilée à l'iniquité, et ceux qui aspirent à être associés au Fils bien-aimé dans les cieux constituent un peuple particulier dont l'approbation divine est conditionnée à une obéissance pleine et entière.[675]
Les textes du 4 au 10 février poursuivent la critique de la chrétienté et l'explication des méthodes de prédication. Le 4 février (Joël 1:6-7) dénonce la chrétienté comme un figuier stérile, dépouillé jusqu'à l'écorce, qui n'a produit aucun fruit pour la gloire du Seigneur et s'est tourné vers Satan pour sa promotion.[676] Le 5 février (Ésaïe 8:13) oppose la crainte de Dieu à la crainte des hommes : manifester la peur du jugement humain est présenté comme une insulte directe à Jéhovah et comme le chemin vers le piège du Diable.[677] Le 6 février (Matthieu 8:11) décode la prophétie d'Abraham, Isaac et Jacob : Abraham figure Jéhovah, Isaac le Christ et Jacob la classe du Christ, formant ensemble la Théocratie ; la «classe Jonathan», désignant la grande multitude, converge vers ce royaume depuis toutes les parties de la terre et y trouve refuge.[678] Le 7 février (Nombres 32:23) condamne tout relâchement dans le service : nul ne peut se reposer sur ses mérites passés ni déléguer son travail à un substitut, et la formule de Josué — « partout où tu nous enverras, nous irons » — est citée comme expression de la disponibilité requise.[679]
Le 8 février (2 Corinthiens 2:16) retourne contre la Hiérarchie catholique romaine l'effet de ses mensonges : en diffamant les témoins de Jéhovah et leurs compagnons, elle ne fait que les publiciser davantage et incite les gens de bonne volonté à enquêter impartialement, lesquels se tournent alors vers Jéhovah.[680] Le 9 février (Josué 6:5) décrit la tâche préliminaire à Armageddon : les témoins doivent simplement marcher et proclamer le message du Royaume avec leurs trompettes antitypiques — les machines à voix mécanique — sans recourir à des armes charnelles, jusqu'au «strange act» miraculeux de Jéhovah.[681] Le 10 février (Proverbes 6:16-17) réfute l'accusation de campagne de haine : les témoins de Jéhovah n'ont aucun conflit avec les hommes en tant que tels, mais haïssent le mal et la méchanceté comme Dieu les hait ; ce sont les pratiquants de la religion qui se livrent à la haine envers ceux qui disent la vérité.[682]
Les textes du 11 au 17 février achèvent cette portion du mois sur le mouvement harmonieux de l'armée divine et la doctrine de la rédemption. Le 11 février (Joël 2:2, 7-8) présente les oints et leurs compagnons comme une armée sans roi terrestre, marchant «épaule contre épaule» sous la seule direction du Christ céleste, en dénonçant collectivement la religion comme de l'Ennemi conformément à l'enseignement de leur Chef.[683] Le 12 février (Ésaïe 61:1-2) définit la commission des oints comme la proclamation de la vérité qui expose la religion comme un piège diabolique et une «racket» exploitée pour le profit matériel des marchands de religion ; pour accomplir ce travail, l'Esprit de Jéhovah doit reposer sur eux.[684] Le 13 février (Joël 3:9) s'adresse directement à la Hiérarchie sur un ton de défi ironique : « Réveillez-vous et allez-y, Hiérarchie » — elle est invitée à lancer sa «Catholic Action» contre les témoins du Dieu Tout-Puissant, à coaliser ses dirigeants dictateurs et totalitaires, car cette mobilisation même précipitera l'issue que Jéhovah a décrétée.[685]
Le 14 février (Psaumes 46:10) dénonce l'auto-exaltation des créatures comme une manœuvre de Satan destinée à détourner les hommes de la reconnaissance du Dieu Tout-Puissant ; la parole de Jésus — «Quiconque s'élève sera abaissé» — constitue le verdict universel sur cette tendance.[686] Le 15 février (Exode 17:11) tire de la bataille contre Amalek la leçon de l'offensive spirituelle : les témoins ne doivent pas se barricader mais prendre l'initiative, sachant que Jéhovah soutiendra le Grand Josué — Christ Jésus — à Armageddon comme il soutint Josué par les mains levées de Moïse.[687] Le 16 février (Joël 3:16) décrit la proclamation des oints sur terre comme un rugissement de lion, une annonce hardie et intrépide qui ébranle déjà la force invisible de Satan et tout le dispositif visible de son organisation, préfigurant le tremblement littéral des «cieux» et de la «terre» à Armageddon.[688] Le 17 février (Hébreux 9:12) complète la doctrine de la rançon : n'ayant jamais forfait son droit à la vie humaine parfaite, Jésus a présenté au ciel la valeur de cette vie humaine comme prix d'achat exact de ce qu'Adam avait perdu, cette offrande étant reçue par Jéhovah comme l'expiation pour les pécheurs.[689]
Les textes du 18 au 20 février exposent la stratégie divine dans la guerre finale. Le 18 février (Josué 8:2) interprète l'embuscade de Aï comme la figure de la disposition des forces divines avant Armageddon : les forces chargées du carnage demeurent cachées, invisibles à l'organisation de Satan sur terre, parce que ses membres refusent de croire ce qui est consigné dans la Parole de Dieu ; quant aux témoins terrestres qui conduisent intrépidement l'œuvre de témoignage, ils constituent le groupe visible qui attire l'attaque de l'ennemi, toutes les voies de retraite étant coupées dès que les hostilités s'ouvrent.[690] Le 19 février (Job 36:18) dénonce la confiance des hommes puissants — clergé exalté et riches «principaux du troupeau» — en leur fortune, leur honneur et leur position : aucun d'entre eux ne peut racheter son frère ni offrir à Dieu un prix d'expiation, car « ils meurent comme des bêtes brutes », sans avoir de statut supérieur à la bête selon Psaumes 49:6-9.[691]
Le 20 février (Joël 2:25) relit la période 1917–1919 comme une dévastation par les «sauterelles» — les conditions de la Grande Guerre —, suivie d'une restauration progressive depuis 1922 : les fidèles qui ont travaillé avec joie pour la louange de Jéhovah ont reçu leur récompense, les bénédictions détruites par l'ennemi ayant été restituées.[692] Le 21 février (Matthieu 5:25) précise que l'injonction de «s'accorder avec son adversaire» s'adressait aux Juifs sous l'alliance de la Loi — leur adversaire désignant l'alliance elle-même qui les punissait lorsqu'ils en violaient les termes — et non aux serviteurs de Dieu soumis à des voies de fait durant la prédication.[693]
Le 22 février (Luc 12:30-31) établit le principe de la neutralité totale vis-à-vis des nations : le Christ était entièrement neutre envers les gouvernements terrestres et n'a jamais demandé à ses disciples de prendre parti dans leurs querelles ; leur tâche est de rechercher la Théocratie — ni la démocratie, ni le totalitarisme, ni le fascisme — et de prier pour l'avènement et le plein fonctionnement du gouvernement céleste de Dieu.[694] Le 23 février (Psaumes 31:24) rappelle que seul un petit nombre connaît Jéhovah et se fie à sa Parole ; ceux qui sont en alliance pour faire sa volonté portent une grave responsabilité dont l'accomplissement est accompagné de souffrances, et le courage nécessaire ne s'obtient qu'en connaissant et en s'appuyant sur le Seigneur, avec la certitude d'être pleinement soutenu par le Très-Haut.[695]
Le 24 février (Joël 2:3) décrit la dévastation des «champs de la religion» opérée par les serviteurs fidèles du Christ sans aucune force physique ni arme charnelle : à l'instar des sauterelles, ils «allument la lumière et la chaleur» et dévorent les faux enseignements, tandis que Jéhovah continue à fournir à son peuple des preuves de sa direction.[696] Le 25 février (Josué 2:14) tire de la promesse faite à Rahab par les espions la règle que trahir l'un des serviteurs de Dieu est «méprisable aux yeux de Dieu» ; si divulguer une information causerait une injustice à autrui, il n'est nullement déplaisant à Dieu de se taire, une déclaration ne devenant un mensonge que lorsqu'elle est faite dans l'intention de nuire.[697]
Le 26 février (Josué 6:6) relie l'introduction des machines à voix mécanique à partir de 1933 au type des sept prêtres portant les sept trompettes : jusqu'en 1933, la radio avait exclusivement été utilisée à titre onéreux, puis les phonographes ont été fournis aux pionniers et aux proclamateurs de congrégation, le nombre «sept» figurant le nombre complet des serviteurs de Jéhovah portant le message céleste et proclamant surtout la présence de Jéhovah symbolisée par l'arche du covenant.[698] Le 27 février (Matthieu 5:11-12) constate qu'à l'époque actuelle, comme cela s'était produit pour les prophètes juifs, les hommes et femmes fidèles qui témoignent des accomplissements prophétiques du Royaume sont accusés de mener une «campagne de haine» par les religionnaires qui haïssaient déjà Jésus et le persécutaient pour la même raison, selon Jean 15:19-22.[699]
Le 28 février (Joël 3:18) interprète l'effusion de vin nouveau, de lait et d'eaux sur Juda comme l'image des joies du Royaume déversées sur les oints depuis leur entrée dans la «terre sainte» — l'organisation de Dieu — après 1918, offrant des emplois de service à Jéhovah orientés vers la justification de son nom.[700] Le 29 février (Joël 2:9) retourne contre les gouvernants humains l'image des murs légaux dressés pour interdire toute parole contre la religion : les témoins de Jéhovah contournent ces obstacles en allant de maison en maison, n'en omettant aucune, obéissant ainsi au commandement du Très-Haut qui garantit que l'ennemi ne prévaudra pas.[701]
Les textes journaliers de mars reprennent les mêmes axes doctrinaux sur la Théocratie, la neutralité et l'imminence d'Armageddon. Le 1er mars (Jacques 1:27) définit le culte pur comme l'obligation de demeurer sans tache du monde ; ceux qui sont pour la grande Théocratie et ont contracté une alliance avec le grand Théocrate doivent rester incontaminés par les affaires des nations, sanctifiés par la vérité de la Parole de Jéhovah et mis à part pour son service exclusif.[702] Le 2 mars (Josué 4:6-7) réinterprète les pierres commémoratives du Jourdain comme un témoignage permanent que Jéhovah a miraculeusement préservé son peuple, les «eaux en colère» symbolisant les foules menées par les religionnaires et les fanatiques qui ont été retenues de détruire le peuple de Dieu jusqu'à ce que l'œuvre de témoignage soit achevée.[703]
Le 3 mars (Actes 15:14) pose que le peuple pris parmi les nations pour le nom de Dieu doit être des témoins pour Jéhovah en dépit de toute opposition, le Christ Jésus étant lui-même présenté comme le premier et principal témoin de Jéhovah, dont le titre est «le Témoin Fidèle et Vrai» selon Apocalypse 3:14.[704] Le 4 mars (Josué 6:18) interdit tout compromis avec ce que Dieu a voué à la destruction : ménager ce que Dieu condamne pour en tirer un profit personnel est une désobéissance passible de punition, et l'interdiction de Deutéronome 7:16 — ne pas avoir pitié des nations que Dieu livre — est érigée en règle immuable pour les vrais disciples.[705]
Le 5 mars (Joël 1:1-2) invite à contempler l'œuvre de Dieu dans la prophétie et son accomplissement comme quelque chose de merveilleux, insistant sur le fait que l'individu — ici le prophète Joël, dont le nom signifie «Jéhovah [est] son Dieu» — n'est qu'un instrument, Dieu seul méritant tout crédit et honneur.[706] Le 6 mars (Apocalypse 19:11) répond à la question de savoir comment une petite bande de témoins peut résister à la horde impie : par la foi, ils contemplent l'armée d'anges glorieux sous le commandement du Christ marchant vers Armageddon, avec la certitude que « cette armée invisible remportera la victoire », s'appuyant sur la promesse de Jérémie 1:19.[707]
Le 7 mars (Joël 3:20-21) annonce que le sang des témoins de Jéhovah versé par l'ennemi recevra une pleine compensation : les religionnaires et leurs alliés ont répétément versé le sang des innocents et en seront pleinement payés par l'Exécuteur de Jéhovah, alors que les témoins qui ont fidèlement sonné la trompette d'avertissement ne seront tenus responsables d'aucun sang.[708] Le 8 mars (Josué 2:12) fait de la demande de Rahab le prototype de la consécration des membres de la grande multitude : comme elle, ils contractent une alliance avec serment avant le «jour de bataille» — Armageddon —, la consécration étant présentée comme absolument essentielle pour quiconque désire recevoir la faveur divine.[709]
Le 9 mars (1 Corinthiens 7:22-23) explique la mécanique du rachat : l'être humain n'est pas acheté tant qu'il ne s'est pas d'abord consacré à faire la volonté de Dieu, puis le prix d'achat opère en sa faveur et le Seigneur devient son propriétaire ; la procédure est identique que l'espoir de vie soit céleste ou terrestre, et l'épisode d'Égypte où le peuple s'est présenté à Joseph pour être acheté figure ce processus.[710] Le 10 mars (Josué 8:3-7) enjoint les témoins de ne pas divulguer leurs mouvements à l'ennemi, laissant celui-ci tirer ses propres conclusions ; le Christ Jésus, le Grand Josué, manœuvre les armées célestes invisibles en coordination parfaite avec les mouvements des témoins terrestres, les forces invisibles devant attaquer et détruire l'organisation visible de Satan immédiatement après l'achèvement de l'œuvre de témoignage.[711]
Le 11 mars (Nombres 35:26-27) développe le double rôle du Christ comme Grand Prêtre et Officier Exécutif : il fournit la rédemption à ceux qui fuient vers lui comme vers une ville-refuge, et il est l'Exécuteur de ceux qui demeurent dans le camp ennemi ; dans les deux cas, la libération s'opère par un «acquittement» de l'obligation — la peine pour le péché étant satisfaite soit par la foi et l'obéissance, soit par la destruction punitive à Armageddon.[712] Le 12 mars (Joël 2:1-2) présente le peuple pris pour le nom de Jéhovah comme une nuée de sauterelles : sans grandeur ni renommée aux yeux des hommes, ce peuple est rendu «grand» par les méthodes employées pour atteindre des centaines de millions de personnes et déposer dans leurs mains des centaines de millions d'exemplaires du message d'avertissement, agissant avec hardiesse parce que c'est le jour du jugement du Seigneur, tout en n'étant pas irrespectueux mais seulement intrépide envers les créatures.[713]
Le 13 mars (Psaumes 103:19) pose le Royaume de Dieu sous le Christ comme la doctrine d'importance primordiale des Écritures, seul capable de justifier le nom de Jéhovah ; les institutions religieuses, présentées comme l'instrument subtil du Diable, magnifient les hommes et leur loyauté envers les gouvernements terrestres tout en prêchant des doctrines contraires au Royaume — un vrai chrétien peut certes être honnête et fiable, mais l'essentiel est de connaître le dessein de Dieu et d'obéir à ses commandements.[714] Le 14 mars (Joël 2:23) attribue à Jéhovah seul les bénédictions déversées sur son peuple depuis 1922 : avant cette date elles tombaient modérément, mais depuis lors des «averses de vérité» issues du temple se déversent avec une force croissante, constituant un grand rafraîchissement pour le reste et rassemblant la grande multitude au service.[715]
Le 15 mars (Genèse 14:14-16) tire d'Abraham poursuivant les envahisseurs pour délivrer Lot la règle que le serviteur de Dieu est justifié d'agir en faveur de ses compagnons-serviteurs, non par lien de parenté, mais parce que Lot était un «homme juste» ; la neutralité vis-à-vis de la guerre entre nations ne s'oppose donc pas à l'action armée en défense d'un autre serviteur de Dieu.[716] Le 16 mars (Joël 2:29-30) interprète l'effusion de l'esprit saint comme ce qui équipe les serviteurs de Dieu pour leur commission de témoins et fait d'eux des «merveilles» aux yeux de beaucoup ; les deux grands signes vus par Jean en Apocalypse 12:1-3 sont identifiés comme les deux grandes organisations opposées — celle de Dieu et celle de Satan — dont les yeux de la compréhension spirituelle des oints discernent désormais la réalité.[717]
Le 17 mars (Josué 11:20) assimile les Cananéens coalisés voulant détruire Israël aux religionnaires et à leurs alliés conspirateurs cherchant à détruire le peuple de Dieu de nos jours, parce que ce dernier préconise sans compromis le Royaume de Dieu sous le Christ ; la victoire de Josué — figure du Christ Jésus — est présentée comme un encouragement spécial pour ceux qui aujourd'hui obéissent fidèlement à ses commandements et avancent sans craindre l'ennemi.[718] Le 18 mars (Joël 3:10) présente les religionnaires comme désespérés et prêts à employer tous les moyens pour s'emparer du contrôle du monde : Dieu leur laisse la pleine longueur de leur corde, les invitant ironiquement à transformer leurs outils de prosélytisme en armes militantes, à annoncer ouvertement leur alliance avec les fascistes et les nazis, et à déployer toute leur «Action Catholique» — le Seigneur les défiant par cette même liberté de faire leur pire.[719]
Le 19 mars (Josué 2:1) interprète l'envoi des deux espions à Jéricho comme une figure des témoins de Jéhovah qui scrutent la «Chrétienté» moderne au cœur de l'organisation visible de Satan, guidés en tout par la promesse divine sans avoir besoin de comprendre à chaque instant la signification précise de leur travail.[720] Le 20 mars (Joël 3:2) décrit le rassemblement des nations dans la vallée de Josaphat comme un mouvement orchestré par Jéhovah lui-même depuis 1922 : ses témoins dûment commissionnés proclament le message de vengeance et annoncent que l'heure du règlement final est venue, servant ainsi de notice à l'ennemi que le Seigneur mettra bientôt fin à son organisation.[721]
Le 21 mars (Josué 2:18) rattache le fil écarlate de Rahab au sang du Agneau rédempteur et à la foi de la grande multitude : pour être identifiés et garantis contre l'Exécuteur à Armageddon, les membres de cette grande multitude doivent reconnaître publiquement leur foi en ce sang versé et prendre position ouverte du côté du Seigneur.[722] Le 22 mars (Josué 6:14) lit dans la circumambulation répétée autour de Jéricho une pédagogie divine de la patience et de l'épreuve : Jéhovah aurait pu abattre les murailles dès le premier tour, mais il tient l'ennemi à distance pour éprouver la foi de Rahab — et antitypiquement celle des Jonadabs — qui attendent le signal tout en continuant à exposer le fil écarlate.[723]
Le 23 mars, désigné comme la date mémorielle (Jean 10:17-18), expose la doctrine de la résurrection volontaire du Christ : dès le début, le Père et le Fils s'étaient accordés sur le fait que Jésus mourrait en démontrant son intégrité, puis reprendrait la vie — prouvant ainsi qu'il n'avait pas, comme Adam, forfait son droit à cette vie, et que Jéhovah l'avait relevé d'entre les morts en lui accordant la vie en esprit.[724] Le 24 mars (Joël 2:11) présente la voix de Jéhovah rugissant par son organisation théocratique non pour exalter ses «sauterelles»-témoins, mais pour informer toute la création que l'heure du jugement final est arrivée ; le camp de Jéhovah est «très grand» en ce qu'il mesure le volume du message diffusé, et le Christ Jésus, Officier Exécutif invisible, en commande le déploiement.[725]
Le 25 mars (Josué 8:14, 16) décrit la tactique de l'embuscade appliquée à Armageddon : les témoins de Jéhovah avancent sans armes charnelles dans la plaine visible, laissant le Grand Josué — Christ Jésus, Commandant en chef des forces du Très-Haut — autoriser apparemment leur recul afin d'attirer l'ennemi dans l'espace découvert, après quoi la force angélique en embuscade reçoit l'ordre d'entrer en action.[726] Le 26 mars (Joël 1:6, 8) relit la lamentaion de la vierge en deuil comme une figure de la chrétienté séparée du Christ son fiancé : la perspective d'être l'épouse de Christ lui avait été présentée, mais son infidélité l'en a définitivement privée, et le message des témoins n'est pas dirigé contre des individus mais contre un système religieux qui a déshonoré le nom de Jéhovah.[727]
Le 27 mars (Matthieu 24:14) érige la Théocratie en vérité suprême des Écritures : tout oint qui refuse de la proclamer avec hardiesse ou qui cherche la voie de moindre résistance en composant avec l'ennemi manque à son intégrité et ne montre pas l'amour envers Dieu et Christ requis par son alliance.[728] Le 28 mars (Joël 2:28) identifie les fils et filles recevant l'effusion de l'esprit comme les membres tardifs ou finals du reste, jeunes de caractère, ardents d'esprit, rattachés à la classe du «serviteur fidèle et avisé» et chargés de «prophétiser» — c'est-à-dire de prêcher — sous la puissance de l'esprit de Jéhovah.[729]
Le 29 mars (Joël 3:11) décrit la prise de possession démoniaque des esprits des ennemis de Dieu à l'approche d'Armageddon : Satan, sachant son temps court, mobilise les démons pour saisir les éléments radicaux de toute la terre, menant ses forces sous le commandement immédiat de Gog vers la confrontation finale, dont la proximité est attestée par tous les faits physiques en cours.[730] Le 30 mars (Josué 5:9) interprète l'acte de Guilgal comme la délivrance du peuple de Dieu de la honte : les témoins connaissent leur «nouveau nom» donné par Jéhovah, ont pénétré dans la Terre promise antitypique, et n'ont plus à reconnaître les «Égyptiens modernes» comme les «puissances supérieures» — désormais Jéhovah et Christ Jésus sont les seules véritables Puissances supérieures qu'ils reconnaissent.[731]
Le 31 mars (Luc 16:19-20) amorce l'interprétation de la parabole de l'homme riche et de Lazare : «Lazare» signifiant «Dieu est son aide», il figure une classe pauvre en esprit — non nécessairement dans les biens matériels — qui reçoit l'aide divine en temps voulu et forme finalement la grande multitude de Apocalypse 7:9, tandis que l'homme riche demeure sans le secours de Dieu.[732]
Le 1er avril (1 Samuel 17:45, 47) tire de la victoire de David sur Goliath la leçon de la foi absolue dans le pouvoir divin : David, enflammé d'un zèle ardent pour Jéhovah, affronta le géant sans autre appui que la puissance de Dieu, préfigurant ainsi la destruction que le Christ antitypique accomplit à Armageddon, là même où deux fois déjà David avait complètement mis l'ennemi en fuite à Baal-Pérasim et à Guibeah.[733] Le 2 avril (Hébreux 12:15) met en garde contre la racine d'amertume dans le cœur : non extirpée, elle croît en malice, peut souiller et détruire beaucoup, et empêche l'approbation finale du Seigneur ; le chemin vers le Royaume est souvent difficile, mais ceux qui persévèrent dans la tribulation prouvent leur fidélité et obtiennent la faveur la plus haute qu'une créature puisse recevoir.[734]
Le 3 avril (Josué 3:17) relit le miracle de la traversée du Jourdain à pied sec comme l'introduction du peuple de l'alliance dans les «conditions du Royaume», là où Jéhovah les établit comme ses témoins chargés de proclamer son nom avant Armageddon, ce passage miraculeux ayant rendu le nom de Jéhovah illustre parmi ceux qui croient en lui.[735] Le 4 avril (Joël 1:5-6) décrit comment la radio, les machines à voix mécanique et la presse imprimée portent le message de Jéhovah parmi les peuples, coupant la joie des «buveurs» religionnaires auxquels ne sont pas accessibles les joies du Royaume, seuls ceux qui aiment le Seigneur et son avènement pouvant «boire le fruit de la vigne nouveau avec Christ Jésus».[736]
Le 5 avril (Joël 1:14) assigne à l'appel au jeûne un double objectif : avertir tous ceux qui pratiquent la religion et révéler la seule voie d'échappatoire hors de l'organisation de Satan — les personnes qui soupirent à cause des abominations de la chrétienté doivent entendre l'appel et invoquer le nom du Seigneur avant Armageddon.[737] Le 6 avril (Psaumes 91:3) identifie la religion comme le premier piège dressé par Satan : tout culte où un homme, une femme ou une image reçoit un honneur révérentiel en liaison avec l'adoration divine constitue une violation directe du commandement divin d'Exode 20:2-3, tandis que l'adoration de Christ Jésus est présentée comme légitime parce qu'il est l'expression exacte de son Père Jéhovah.[738]
Le 7 avril (Joël 3:17) expose la purification progressive de l'organisation visible de Dieu : depuis la venue du Christ au temple, les méchants et les non-consacrés ne peuvent plus y demeurer ; après Armageddon, aucun ennemi ne subsistera dans l'organisation, qui sera entièrement sainte pour Jéhovah.[739] Le 8 avril (Psaumes 24:3) précise les conditions de permanence dans le temple : tout membre doit proclamer les louanges de Jéhovah, éviter toute relation avec l'organisation du Diable, et maintenir intacte son alliance de faire la volonté divine — la briser volontairement équivaut à jurer faussement et entraîne l'exclusion.[740]
Le 9 avril (Deutéronome 10:13-14) affirme qu'aucun homme n'a de droit inhérent sur quoi que ce soit dans la création, tout bien reçu relevant de la grâce divine ; c'est le dessein de Dieu et non celui de l'homme qui avance, et quiconque poursuit une voie égoïste contraire à la volonté divine sera finalement détruit.[741] Le 10 avril (1 Corinthiens 2:10) précise que les images prophétiques ne décrivent pas des individus mais l'œuvre de Dieu et du Christ dans laquelle les fidèles ont le privilège d'une part ; ce n'est qu'après coup que Jéhovah permet à ses serviteurs de discerner comment ils ont été guidés par sa main, ce qui accroît leur foi et leur courage.[742]
Le 11 avril (Josué 2:12-13) tire de la demande de Rahab la règle qui s'applique aux Jonadabs : de même que Rahab devait avertir ses proches et les réunir sous sa maison pour les sauver au siège de Jéricho, les Jonadabs sont tenus de témoigner à leurs familles et connaissances du message du Royaume, que ceux-ci y prêtent l'oreille ou non, en prouvant leur foi par leurs œuvres.[743] Le 12 avril (Josué 6:9-10) fait des trompettes sonnant autour de Jéricho un signal de rassemblement pour Rahab — figure des Jonadabs — qui devait réunir ses proches et maintenir le fil écarlate visible ; les marcheurs, soumis à l'interdiction de parler sur les murs, illustrent que trop de paroles conduit souvent au désastre et que la discipline sous le commandement du Grand Josué est impérative.[744]
Le 13 avril (Josué 8:20) applique à Armageddon l'image de la ville de Aï en flammes : quand le Seigneur Jésus déclenchera son assaut agressif, aucun ennemi ne trouvera d'issue, les forces de Satan ayant à ce moment abandonné la religion pour s'en prendre exclusivement aux serviteurs fidèles de Jéhovah, rendant leur identification et leur destruction aisées, les forces angéliques se joignant alors au travail de destruction.[745] Le 14 avril (Proverbes 21:18) applique à Armageddon la formule de la rançon inverse : les méchants doivent mourir comme prix de la liberté des justes, parce qu'ils refusent tout autre arrangement pour cette liberté, et Ésaïe 43:3-4 — «J'ai donné l'Égypte pour ta rançon... je donnerai des hommes pour toi» — est cité à l'appui.[746]
Le 15 avril (Matthieu 13:45-46) précise que la parabole du marchand cherchant de belles perles inclut les membres du corps de Christ ; la souffrance de Jésus n'est pas présentée comme le prix d'achat du genre humain mais comme le moyen par lequel il a appris l'obéissance, prouvé son intégrité et est devenu l'héritier du salut éternel et du Royaume conformément à Hébreux 5:8-9.[747]
Le 16 avril (Psaumes 99:1) identifie comme les seuls vrais craignants de Dieu le reste oint et les «autres brebis» du Seigneur : la trompette de Joël 2:1 est pour eux un message de délivrance complète et de victoire sur les ennemis, emplissant leurs cœurs d'une crainte pieuse et d'une joie fondée sur la certitude que le Roi Christ Jésus justifiera le nom de Jéhovah selon Ésaïe 66:5.[748] Le 17 avril (Ésaïe 28:21) rappelle que les témoins de Jéhovah ne mènent aucun combat contre des créatures humaines mais avancent dans une bonne œuvre de proclamation ; tous ceux qui sont du côté de Jéhovah et de son Roi doivent travailler fermement, fidèlement et harmonieusement ensemble, car l'heure est venue où Dieu exprime sa colère contre la religion comme instrument du Diable luttant contre son Royaume.[749]
Le 18 avril (Joël 2:21) rassure le peuple de Dieu que l'ennemi ne pourra pas détruire l'état ou la prospérité terrestre de l'œuvre du reste : la prophétie de Sophonie 3:16 — «N'aie pas peur, Jérusalem ; Sion, que tes mains ne se relâchent pas» — est désignée comme s'accomplissant dans le jour de Jéhovah où les fidèles doivent avancer avec zèle et rapidité malgré toute opposition.[750] Le 19 avril (Psaumes 133:1-2) affirme que les témoins de Jéhovah ne sont guidés par aucun chef terrestre : Christ Jésus est leur unique Tête et Roi, et son esprit est déversé en premier sur lui puis, par son intermédiaire, sur tous les membres de son corps, de sorte qu'aucun homme ne peut enseigner ni diriger ceux qui ont reçu cette onction, conformément à 1 Jean 2:27.[751]
Le 20 avril (Néhémie 4:14) interprète l'exemple de Néhémie comme une justification scripturaire de la légitime défense : les Juifs armés de glaives ne les portaient pas pour l'intimidation mais pour s'en servir lorsque nécessaire afin de protéger leur personne et de maintenir l'œuvre divine en cours ; transposé à l'époque actuelle, aucun ennemi du Royaume ne peut contraindre les serviteurs de Dieu à cesser leur travail commandé par le Très-Haut.[752] Le 21 avril (Joël 3:9) fixe l'étendue de la proclamation à la mesure même de l'ordre de Jésus concernant l'évangile du Royaume : elle doit atteindre toutes les nations, informant les gens de bonne volonté de leurs privilèges de rejoindre la grande multitude, et les témoins participent ainsi au rassemblement des nations dans la vallée de Josaphat orchestré par Jéhovah.[753]
Le 22 avril (Philippiens 3:20) oppose la citoyenneté céleste des oints à l'alliance de la religion et de la politique propre à toutes les nations : nulle institution religieuse n'est pour le nom de Jéhovah ni pour le nom de Christ Jésus — toutes sont contre Dieu et son Royaume —, tandis que ceux qui sont pour le gouvernement théocratique ont le devoir d'une fidélité entière envers le gouvernement céleste sous Christ.[754] Le 23 avril (Luc 16:20-21) poursuit l'interprétation de la parabole de l'homme riche et de Lazare : les religionnaires, présentés comme auto-exaltés et hypocrites, ne nourrissent pas les gens de bonne volonté mais tentent de les affamer, les seules «miettes» tombées de leur table se réduisant au «purgatoire payant» et à la «restitution future», cependant que la «classe du mauvais serviteur» s'emploie à entraver le message du Royaume.[755]
Le 24 avril (Marc 11:22) invite les fidèles à une foi absolue en Christ Jésus comme «Vengeur du nom de Jéhovah» dont le jour de la justification est imminent ; les conflits passés où Dieu montra sa puissance à son peuple de l'alliance sont présentés comme des figures de ce qui est sur le point de s'accomplir, et la formule de Matthieu 9:29 — «selon ta foi, qu'il te soit fait» — est érigée en règle spirituelle déterminante.[756] Le 25 avril (Jacques 2:24-25) transpose la justification de Rahab par les œuvres aux Jonadabs : comme Rahab avait démontré par ses actes sa foi dans la victoire de Jéhovah sur Jéricho, les Jonadabs doivent prouver par leur conduite qu'ils croient que Jéhovah, à Armageddon, donnera la victoire à Christ Jésus, leur privilège et devoir étant de participer activement au témoignage public sur le Royaume.[757]
Le 26 avril (Josué 1:8) insiste sur l'étude approfondie de la Parole comme condition de la prospérité spirituelle : les témoins de Jéhovah ne doivent pas se détourner pour débattre avec les opposants de leurs vues, mais se fier uniquement au Seigneur ; c'est Christ Jésus depuis le temple qui les instruit, et en suivant ces instructions « tu rendras ta voie prospère et tu auras du succès ».[758] Le 27 avril (Romains 10:13-14) pose que la foi suivie d'une action conforme est indispensable pour que la protection opère : invoquer le nom de Jéhovah avant la bataille d'Armageddon exige d'entendre, de croire et d'agir selon le message de vérité apporté par les témoins oints sur lesquels l'esprit de Dieu repose.[759]
Le 28 avril (Josué 6:17) affirme que la guerre menée contre la chrétienté n'est motivée par aucun gain personnel ni aucun butin : comme Jéricho était «un vase de colère préparé pour la destruction», rien ne doit en être épargné, et Achan qui voulut s'en emparer souffrit la destruction ; seuls le reste et la grande multitude survivront à Armageddon, comme Rahab et sa maisonnée seuls furent épargnés de Jéricho.[760] Le 29 avril (Joël 1:4) présente le message de vérité comme le quatrième et dernier fléau de sauterelles s'abattant sur la chrétienté : après lui, rien ne subsiste des prairies de la chrétienté, car le message expose toute la religion comme étant du Diable et n'est pas une œuvre humaine animée par la haine, mais l'obéissance stricte au commandement de Dieu.[761]
Le 30 avril (Ésaïe 33:17) décrit la récompense de ceux qui accomplissent fidèlement leur commission : ils ont part à la justification du nom de Jéhovah, sont entrés dans la joie de Christ Jésus, et n'ont plus les yeux que pour le Royaume — la Théocratie qui régnera éternellement en justice —, sachant qu'ils devront mourir en tant qu'humains pour entrer pleinement dans la maison spirituelle de Dieu et que leur joie sera complète à la victoire d'Armageddon.[762]
Le 1er mai (Deutéronome 30:19-20) établit que quiconque veut la vie doit choisir de soutenir le gouvernement théocratique sous Christ : les opposants seront détruits avec Satan, et les témoins de Jéhovah ne cherchent pas à construire une organisation religieuse ou autre sur terre, leur seule mission étant de rendre témoignage et d'informer le peuple que Jéhovah est le Dieu Tout-Puissant et que son gouvernement théocratique est l'unique espoir.[763] Le 2 mai (Josué 4:5) réinterprète les douze pierres tirées du Jourdain comme les documents judiciaires, législatifs et de presse publique obtenus par les témoins de Jéhovah au sortir des persécutions de 1931 et des années suivantes : ces dossiers constituent un monument permanent contre les ennemis de Dieu, que le Seigneur conserve immuablement comme un registre de la persécution de son peuple.[764]
Le 3 mai (Josué 5:15) tire de l'acte de se déchausser devant le chef de l'armée de Jéhovah un enseignement sur la soumission des oints : ils ont récemment appris qu'ils ne devaient plus honorer les hommes ni les louer comme leaders, rejetant le système de l'«ancien élu» et toute forme de culte de l'homme, pour ne plus regarder qu'à Christ Jésus comme seul Enseignant et Chef.[765] Le 4 mai (Joël 1:4, 9) dénonce l'extinction des «offrandes alimentaires et libations» de la chrétienté : le message de Jéhovah a consumé les récoltes de la chrétienté à tel point qu'il n'y a plus ni vin véritable du Seigneur ni pain céleste parmi eux, et le sanctuaire ayant été purifié, Dieu n'acceptera plus de telles offrandes religieuses qu'il tient pour une abomination.[766]
Le 5 mai (Psaumes 84:11) conclut que Jéhovah guide ceux qui l'aiment et le servent, et qu'aucun ennemi ne peut combattre avec succès contre Dieu et le peuple qu'il a choisi pour lui-même ; les fidèles sont invités à demeurer très courageux, à aller au-devant de l'ennemi et à continuer de chanter les louanges du Très-Haut, avec la certitude que Jéhovah et son Roi remporteront la victoire complète.[767] Le 6 mai (Josué 8:18) tire du signal de la lance de Josué la figure du signal donné par Christ Jésus, Commandant en chef, à l'armée angélique pour attaquer et détruire les ennemis de Dieu : le grand combat du Dieu Tout-Puissant ira croissant en intensité jusqu'à ce qu'une destruction par le feu réduise l'organisation de Satan en ruine consumée.[768]
Le 7 mai (Jean 3:36) expose la mécanique de la condamnation et du salut : sans le sacrifice de rançon, nul ne peut être sauvé car la «colère de Dieu» — sa juste condamnation — pèse sur tous les pécheurs ; c'est par la miséricorde divine et non par la justice que Dieu permet à Jésus d'acheter les hommes, et ceux qui refuseraient de croire ne sauraient obtenir le salut.[769] Le 8 mai (Psaumes 72:4, 13-14) décrit la dette contractée par ceux qui ont nui aux «petits» de Dieu : ils devront la payer de leur vie à Armageddon, Christ Jésus le «rédempteur du sang» exigeant la vie du meurtrier ; seuls les pauvres et les nécessiteux — ceux qui reconnaissent leur incapacité totale à se sauver et exercent la foi — sont rachetés à la vie, les méchants demeurant sous la condamnation héritée d'Adam.[770]
Le 9 mai (Romains 16:20) distingue la neutralité divine de tout pacifisme : Jéhovah est neutre dans les conflits entre nations qui appartiennent à l'organisation de Satan, et Christ Jésus est neutre vis-à-vis des parties adverses dans ces guerres ; mais ni l'un ni l'autre ne sont «pacifistes» au sens courant, car en son temps Jéhovah déclare la guerre à ceux qui blasphèment son nom, et Christ détruira complètement Satan et toute son organisation.[771] Le 10 mai (Joël 2:4) identifie les chevaux-sauterelles de l'Apocalypse aux témoins fidèles de Jéhovah qui avancent sans hésiter dans l'œuvre commandée, intrépidescomme le cheval au combat, sans que les grandes vedettes religieuses et leurs alliés réussissent à les effrayer ni les contraindre à cesser leur témoignage.[772]
Le 11 mai (Ésaïe 45:17) oppose à ceux qui s'inclinent devant des idoles et saluent des drapeaux — symboles d'hommes pour la protection et le salut — les membres de Sion qui maintiennent leur intégrité envers Dieu : les premiers seront confondus, tandis que les oints proclament hardiment le nom du Très-Haut et de son Gouverneur, affirmant que la Théocratie est l'unique espoir du genre humain.[773] Le 12 mai (Joël 2:10) décrit le tremblement de l'organisation visible de Satan — religieuse, politique et commerciale — sous l'effet du message du Royaume : les gouvernements terrestres édictent des lois et des ordonnances pour entraver les activités des témoins, mais l'incapacité de la police à arrêter le témoignage remplit les ecclésiastiques d'une rage et d'une crainte croissantes, en accomplissement de la «grande œuvre» décrite en Apocalypse 11:11-13.[774]
Le 13 mai (Actes 2:17) situe l'effusion de l'esprit saint en 1922 comme le point de départ d'une proclamation destructrice pour tous ceux qui s'opposent au Royaume : tous les oints commissionnés ont été séparés des organisations mondiales gouvernées par la religion, et pour obtenir l'approbation divine ils doivent fidèlement accomplir les termes de leur commission, s'exposant ainsi au mépris de l'ennemi.[775] Le 14 mai (Exode 2:11-12) soutient que Moïse n'a reçu aucune punition ni réprimande pour avoir tué l'Égyptien frappant un Hébreu, ce qui fonde scripturalement le droit de légitime défense : chaque nation reconnaît ce droit, qui s'étend à la protection des proches et des amis, non par simple tradition humaine mais par l'appui complet de la Parole de Dieu.[776]
Le 15 mai (Joël 3:12) décrit Jéhovah manœuvrant lui-même l'ennemi vers le lieu de jugement : depuis 1922 il n'a cessé de contraindre les nations à se révéler comme opposées à la Théocratie, divisant rapidement les peuples en deux camps — les «boucs» et les «autres brebis» du Seigneur —, et ses témoins participent à ce rassemblement en proclamant le jour de sa vengeance.[777] Le 16 mai (Ésaïe 51:15) évoque le nom de Jéhovah, «l'Éternel des armées», déshonoré pendant des siècles et destiné à être justifié pour toujours : de même que Dieu s'est rendu en Égypte pour se racheter un peuple et se faire un nom, il se rend maintenant à Armageddon pour délivrer ceux qui l'aiment et justifier à jamais son nom dans une scène présentée comme « d'une grandeur au-delà de toute description ».[778]
Le 17 mai (Josué 6:20-21) conclut cette séquence en tirant de la prise et de la destruction totale de Jéricho la figure de la destruction complète à Armageddon de tous ceux qui ont soutenu la religion et font partie de l'organisation de Satan, les hommes armés illustrant l'armée invisible du Seigneur ; la grande multitude doit demeurer dans la «cité de refuge» jusqu'à ce que Jéhovah la libère, et ses membres seront les seuls survivants d'Armageddon avec le reste et les hommes fidèles d'antan.[779]
Le 18 mai (Luc 16:22) interprète la mort du mendiant Lazare comme le passage de la classe des «autres brebis» dans la faveur de Jéhovah : maintenus dans l'ignorance par l'influence des religionnaires, ceux de bonne volonté qui ont entendu, accepté le message et se sont consacrés à Jéhovah et à son Royaume se trouvent désormais «portés dans le sein d'Abraham» — le Grand Abraham figurant Jéhovah lui-même —, conduits là par les anges saints qui accompagnent Christ au temple et servent d'intermédiaires pour acheminer le message aux serviteurs terrestres.[780] Le 19 mai (Ézéchiel 36:22) rappelle que Jéhovah combat les batailles de son peuple non pour leur bénéfice propre mais pour la sanctification de son propre nom ; Sion, dont Christ Jésus est le Chef, est «la prunelle de ses yeux» et nul ne peut toucher ses oints impunément — le moment est désigné comme l'heure de la pleine exaltation du nom de Jéhovah, pour laquelle ses témoins n'ont aucune raison de se décourager.[781]
Le 20 mai (Joël 1:1-2) développe la signification du nom de Pethuel, père de Joël — «élargi de Dieu» —, pour illustrer la vocation du reste oint : déliés de la servitude de l'organisation de Satan, leur bouche a été «élargie» par le Seigneur pour qu'ils puissent délivrer le message du Royaume, leurs oreilles rendues aptes à entendre et à obéir aux commandements de Jéhovah.[782] Le 21 mai (Joël 2:7) célèbre l'ardeur des zélateurs qui ne se contentent pas de quelques heures de service mais se montrent «à l'œuvre à toute occasion» : attaquant dans la force du Seigneur, ils escaladent les murs politiques et judiciaires que l'ennemi dresse pour se protéger, avançant comme une armée de sauterelles sans jamais s'arrêter devant les obstacles, disciplinés et organisés sous la direction théocratique.[783]
Le 22 mai (Josué 2:16) tire le conseil de Rahab aux espions — se réfugier dans la montagne trois jours — pour enseigner aux Jonadabs la règle de la discrétion : lorsqu'ils perçoivent «l'abomination de la désolation» décrite par Daniel et Jésus, c'est-à-dire la coalition cherchant à dominer le monde à la place du Christ, ils doivent «fuir vers les montagnes» — Dieu et son organisation sous Christ — et donner des conseils avisés aux témoins de Jéhovah en conformité avec la Parole de Dieu pour leur permettre d'échapper aux pièges de l'ennemi.[784] Le 23 mai (Psaumes 145:13) rattache la permanence du Royaume de Dieu à la cohérence de la révélation scripturaire entière : depuis la promesse faite à l'homme après la rébellion d'Éden jusqu'aux apôtres, chaque prophète a magnifié le gouvernement théocratique sous Christ, présenté comme l'unique gouvernement promis dont le terme «théocratie» — gouvernement par l'Être Suprême — exprime l'essence.[785]
Le 24 mai (Joël 2:31) interprète la lune changée en sang comme l'expression de la désapprobation divine à l'égard des ennemis de Dieu : la lune symbolise l'organisation guidée par la loi de Dieu (cf. Apocalypse 12:1), et pour les ennemis qui vivent dans les ténèbres et pratiquent la religion, la Parole de lumière divine apparaît comme «une chose morte et hideuse» ; ils haïssent la vérité parce qu'elle leur annonce une vengeance sanglante et une destruction.[786] Le 25 mai (Josué 8:22) applique l'encerclement total de l'ennemi par les forces de Josué à la bataille d'Armageddon, où aucun adversaire ne pourra s'échapper ; la promesse de Jérémie 1:19 — «ils combattront contre toi, mais ils ne pourront te vaincre» — est présentée comme l'encouragement permanent aux serviteurs fidèles qui avancent avec le message en sachant que de grandes difficultés les attendent.[787]
Le 26 mai (Ésaïe 35:8-9) décrit la «voie de la sainteté» prophétisée comme la voie sur laquelle marchent les rachetés depuis la révélation faite par le Seigneur à son avènement au temple en 1918 de l'organisation céleste Sion et de la relation des oints avec elle : avant cette date, les fidèles croyaient encore que les dirigeants du monde constituaient les «puissances supérieures», mais depuis lors ils ont discerné que seuls les «rachetés» peuvent emprunter cette voie.[788] Le 27 mai (Jean 15:13) expose la relation d'amitié éternelle entre Jéhovah et son Fils bien-aimé : c'est par amour pour son Père que Jésus a sacrifié sa vie pour justifier son nom et accomplir sa volonté, devenant ainsi le souverain de la Théocratie et le Libérateur des hommes obéissants ; seul celui qui «aime la pureté du cœur» peut avoir le Roi Christ Jésus et le Roi Éternel Jéhovah pour amis.[789]
Le 28 mai (Joël 2:5) décrit le mouvement des témoins de Jéhovah comme un bruit harmonieux de chars de guerre accourant au combat : leur avancée est publique, organisée et systématique, constituant l'aile visible de l'organisation de guerre de Jéhovah qui s'approche rapidement pour détruire la chrétienté hypocrite et infidèle, tandis que la partie invisible exécutera le véritable travail de destruction.[790] Le 29 mai (Nombres 35:25) présente la ville de refuge comme la figure de l'organisation de Dieu sous Christ où peuvent se réfugier ceux qui ont involontairement violé la loi divine et le droit de son peuple : en s'y maintenant sous la protection du sang expiatoire du Grand Souverain Sacrificateur Christ Jésus, ils peuvent gagner la rédemption contre la destruction, tandis qu'à Armageddon la destruction de l'ennemi de Dieu constitue le «prix de rédemption» pour ceux que les méchants ont tués.[791]
Le 30 mai (Ésaïe 34:8) affirme que Jéhovah règle toujours son compte avec l'ennemi en son propre temps : après une longue période de tolérance, il envoie ses témoins servir à l'ennemi un avis solennel que dans un bref délai Dieu le détruira, le temps actuel étant désigné comme «le jour de Jéhovah» où ce message de vengeance divine doit être proclamé avant l'exécution finale.[792] Le 31 mai (Deutéronome 32:49) justifie théologiquement les guerres d'Israël pour la possession de Canaan comme la préfiguration de la prise de possession de la terre entière par Christ Jésus, don de Jéhovah à son Fils : Israël n'envahissait pas ce qui appartenait à d'autres mais prenait ce qui lui avait été donné par Dieu, et cette obéissance au commandement divin était plus acceptable que le sacrifice selon 1 Samuel 15:20-23.[793]
Le 1er juin (Joël 2:5) revient sur l'image de l'armée en ordre de bataille : les témoins de Jéhovah ne sont pas armés d'armes charnelles mais sont organisés sous le commandement du Grand Maréchal de campo Christ Jésus — organisation non démocratique mais théocratique —, avançant sans crainte des créatures parce qu'ils savent être soutenus par la toute-puissance divine, leurs visages rendus «durs comme l'adamant» par Jéhovah lui-même contre les regards intimidants des religionnaires.[794] Le 2 juin (Josué 2:6) tire du refus de Rahab de livrer les espions à l'ennemi la figure des membres de la grande multitude qui refusent d'assister les persécuteurs des témoins de Jéhovah : industrieuse et ingénieuse comme Rahab qui avait amassé du lin sur sa terrasse, la grande multitude s'occupe activement des privilèges de service de Jéhovah avec joie, même si aux yeux du monde ses membres paraissent méprisables comme une prostituée.[795]
Le 3 juin (Actes 3:20-21) interprète la «restitution de toutes choses» comme le rétablissement du Royaume renversé dont tous les prophètes ont parlé : la restauration de ce Royaume est présentée comme l'événement central pour la justification du nom de Jéhovah, tandis que les religionnaires sont désignés comme n'ayant aucun intérêt pour le Royaume de Dieu et étant en opposition contre lui.[796] Le 4 juin (Josué 3:8) décrit les fidèles instruits jusqu'en 1922 qui doivent désormais s'avancer obéissamment jusqu'au bord du Jourdain antitypique — une barrière apparemment insurmontable — en ne s'appuyant sur aucun raisonnement humain mais en faisant confiance uniquement au Seigneur Dieu et à Christ Jésus, le passage miraculeux servant de garantie totale que Jéhovah chassera l'ennemi et étendra son contrôle royal sur toute la terre.[797]
Le 5 juin (Psaumes 125:2) décrit l'enceinte imprenable érigée par Jéhovah autour de Sion, à laquelle les hommes de bonne volonté accourent pour trouver une protection complète avant la tempête d'Armageddon : hors de cette organisation fortifiée, nul n'est protégé, et ceux qui espèrent se mettre en sécurité en restant neutres et inactifs se trompent gravement — nul ne peut attendre qu'Armageddon commence pour chercher refuge.[798] Le 6 juin (Josué 3:16) tire du miracle des eaux du Jourdain le sort de deux catégories d'humains : les eaux disparues vers la mer Morte figurent la masse d'humanité qui se précipite sans retenue sur la large voie de la destruction éternelle — «la classe des boucs» —, tandis que les eaux retenues au nord symbolisent les gens de bonne volonté qui survivront à Armageddon.[799]
Le 7 juin (Malachie 3:8-10) condamne celui qui assume une position dans l'organisation du Seigneur pour un gain égoïste ou pour se faire un nom : comme Achan à Jéricho, il vole Jéhovah en omettant d'apporter toutes ses dîmes au trésor du Seigneur ; Jéhovah traite son peuple comme une organisation entière, et quiconque poursuit un but égoïste au détriment du service commandé constitue «une malédiction» qui doit être écartée avant qu'Armageddon arrive.[800] Le 8 juin (Josué 6:3-4) expose la protection invisible entourant les serviteurs visibles de Dieu : la troupe armée de Josué figurant l'armée angélique du Seigneur marche avec le reste du «sacerdoce royal» sur la terre, l'armée invisible de Dieu servant à la fois d'avant-garde et d'arrière-garde à ses serviteurs terrestres, lesquels savent par Psaumes 34:7 qu'ils ne peuvent subir de mal que si Dieu le permet.[801]
Le 9 juin (Joël 3:16) assure que les fidèles n'ont rien à craindre d'Armageddon : la force du peuple de Jéhovah réside dans la joie et le service joyeux de Dieu et de son Roi — «la joie du Seigneur est notre force» selon Néhémie 8:10 —, alors que les religionnaires qui placent leur espoir dans les puissances totalitaires verront leur force s'écrouler complètement.[802] Le 10 juin (Luc 16:22-23) décrit le changement de condition qui s'opère pour les deux classes : la classe «Lazare» des gens de bonne volonté s'éveille à la vie éternelle et à la paix, tandis que la classe «homme riche» s'éveille au fait d'être rejetée par le Seigneur et entend son jugement prononcé — vivant en apparence mais morte selon 1 Timothée 5:6.[803]
Le 11 juin (Proverbes 29:18) présente la vision du Royaume comme ce qui engage irrévocablement le croyant : celui qui a été une fois éclairé sur le dessein de Dieu et se retourne vers les «pauvres éléments» du monde encourt la totale désapprobation divine jusqu'à la destruction ; la flatterie — même venant de l'être le plus proche — est présentée comme un filet mortel que le serviteur de Dieu doit refuser de donner et de recevoir.[804] Le 12 juin (Joël 2:29-30) affirme que Jéhovah a ouvert la compréhension de son peuple pour discerner l'organisation terrestre du Diable dans ses éléments religieux, commerciaux et politiques, et qu'il utilise ses témoins depuis 1922 pour verser les «sept dernières plaies» sur la chrétienté — le sang répandu étant le symbole de ce qui donne la mort, préfiguré lorsque Moïse frappa les eaux du Nil qui devinrent sanglantes.[805]
Le 13 juin (Proverbes 29:25) oppose la crainte de l'ennemi — tombeau du fidèle dans le piège du Diable — à la confiance totale en Jéhovah et en Christ Jésus, seule voie de délivrance et de salut ; il n'y a désormais aucun terrain neutre pour les témoins de Jéhovah et les «autres brebis» du Seigneur, et la formule de Matthieu 9:29 — «selon ta foi, qu'il te soit fait» — s'applique à la plus grande occasion de prouver l'intégrité qui ait jamais été offerte à l'homme.[806] Le 14 juin (Hébreux 10:23) affirme la fidélité absolue de Jéhovah envers les termes de son alliance : aucune créature mise en alliance avec lui n'a de raison de douter de l'exécution de sa part ; mais le fidèle doit en retour prouver sa foi et son intégrité sous l'épreuve, et lorsque la tentation semble l'écraser, il doit maintenir sa foi ferme avec la certitude que Jéhovah le conduira à travers en sécurité.[807]
Le 15 juin (Lévitique 16:11, 14) expose la signification typologique du sang du taureau aspergé sur le propitiatoire : le sang représente la vie-sang de Jésus versée en offrande pour le péché, le Grand Prêtre esprit Christ Jésus ayant comparu au ciel pour présenter la valeur de son droit à la vie humaine comme prix d'achat de la descendance d'Adam ; Jéhovah a accepté cette offrande et Christ est devenu le propriétaire de tous ceux qui se conforment volontairement aux règles divines régissant le salut — fondement que Dieu a posé en Christ pour le salut de l'homme, sans autre voie possible.[808] Le 16 juin (Exode 33:19) pose que Dieu n'est sous aucune obligation d'étendre sa miséricorde à tout le monde sous prétexte de justice : la thèse que la justice divine obligerait Dieu à offrir à toute créature le bénéfice du sacrifice de rançon est présentée comme «entièrement incohérente et erronée» et sans appui ni dans la raison ni dans les Écritures ; le défi de Satan portait sur la capacité de Dieu à placer sur terre un homme qui resterait fidèle lorsque soumis à l'épreuve — et Dieu a prouvé Satan menteur, ce que l'anéantissement complet de l'œuvre de Satan à Armageddon viendra définitivement confirmer.[809]
Le 17 juin (Joël 2:2) souligne le caractère unique et sans précédent de la diffusion de la vérité biblique accomplie ces dernières années : jamais dans l'histoire de l'humanité une telle publication de la Parole de Dieu n'avait eu lieu, et une fois la «strange work» — l'œuvre étrange de proclamation — achevée, elle ne sera plus jamais répétée, car à Armageddon toutes les créatures qui respirent loueront le nom de Jéhovah, dont la justification sera pleinement accomplie.[810] Le 18 juin (Psaumes 69:9) explique les deux raisons pour lesquelles Dieu permit à son peuple de subir de nouvelles outrages : d'abord pour en séparer ceux qui s'accrochaient encore à certains éléments de la religion, ensuite pour que tous ceux qui resteraient fidèles au Christ Jésus soient éprouvés et supportent l'opprobre des religionnaires comme lui-même l'avait subi, répondant ainsi au même opprobre que l'ennemi avait jadis déversé sur le nom de Jéhovah.[811]
Le 19 juin (1 Chroniques 29:11) célèbre la Théocratie comme la plus grande de toutes les doctrines révélées, définie comme le gouvernement du monde par le commandement immédiat et la direction du Dieu Tout-Puissant, administré par le Seigneur Jésus-Christ ; les religionnaires n'en ont aucune vision, tandis que pour ceux qui sont entièrement dévoués à Jéhovah c'est cette Théocratie qui permettra la justification de son nom, après quoi tous les vivants chanteront éternellement ses louanges.[812] Le 20 juin (Joël 3:2) interprète le nom de Josaphat — «Jéhovah a jugé» ou «Jéhovah a été justifié» — comme une indication que la bataille figurée désigne le moment de la justification complète du nom divin par son Vindicateur oint, Christ Jésus ; c'est en faveur des fidèles porteurs du nom de Jéhovah, et non de la chrétienté, que le Seigneur plaide, et il montrera aux nations que ses témoins — décriés comme non patriotes par les religionnaires — sont véritablement ses oints représentant son saint nom sur la terre.[813]
Le 21 juin (Ésaïe 2:11) affirme que Jéhovah a dessein de rendre son nom glorieux parmi toute la création, car l'honneur de son nom est l'enjeu central du défi de Satan ; le Diable ne peut réussir, l'issue est certaine dès le début, et Jéhovah n'a jamais été troublé par la question de la justification de son nom, connaissant la fin depuis le commencement.[814] Le 22 juin (Joël 3:7-8) expose comment Jésus-Christ, le grand Rédempteur, est devenu l'héritier et le propriétaire du genre humain par droit d'achat, ayant payé de son sang-vie ; tous ceux qui se rangent du côté du Christ et le servent fidèlement reçoivent la délivrance, mais les oppresseurs rebelles du peuple fidèle seront détruits avec tous ceux qui s'opposent à la Théocratie.[815]
Le 23 juin (2 Timothée 2:3-4) formule le principe d'incompatibilité absolue entre le service militaire national et le service comme soldat de Jésus-Christ : un chrétien ne peut être à la fois soldat de la nation placée sous la supervision de l'ennemi de Dieu et fidèle à son alliance avec le Roi du Royaume ; la guerre entre nations est une affaire des puissances mondiales dans laquelle le chrétien ne s'immisce nullement, devant rester entièrement neutre sans égard à son lieu de naissance ni à sa nationalité.[816] Le 24 juin (Joël 2:8) décrit l'unité parfaite de l'armée de Jéhovah : les serviteurs fidèles n'ont aucune raison de se battre entre eux, marchent en harmonie, chacun connaissant sa position et son devoir assignés, maintenant la paix de Dieu et l'harmonie mutuelle sans se laisser arrêter par aucun obstacle dans leur marche en avant.[817]
Le 25 juin (Ésaïe 58:6-7) retourne contre les religionnaires la métaphore du jeûne : ils ont substitué à la vérité de Dieu les doctrines des hommes, et quiconque parmi eux veut trouver le soulagement doit obéir au commandement du Seigneur de jeûner de ces doctrines humaines et se nourrir de ce que Dieu a fourni, même si cela attire sur lui le même opprobre qui tomba sur le Christ.[818] Le 26 juin (Zacharie 12:9-10) relit les événements de 1918 comme le moment où le nom de Jéhovah et de son Fils bien-aimé furent «transpercés» par l'ennemi et l'«œuvre d'Élie» mise à mort, suscitant un grand deuil parmi les consacrés ; l'esprit divin versé sur ces fidèles les engage à participer à la «strange work» destructrice envers la religion et ses partisans, parce que tous ceux-là s'opposent à la Théocratie.[819]
Le 27 juin (Jean 10:15) expose la doctrine de la rançon en opposant la substitution à l'achat : Jésus n'est pas devenu un substitut d'Adam dans la mort, mais l'acheteur de la postérité d'Adam en payant une chose exactement similaire à ce qu'Adam avait perdu — la vie de l'homme parfait Jésus —, devenant ainsi le «Père éternel» qui peut donner la vie aux seuls membres de la race d'Adam répondant aux règles requises de Jéhovah.[820] Le 28 juin (Actes 21:38-37) pose la règle de conduite face à une arrestation légale : un chrétien arrêté par un agent de l'ordre dans l'exercice de ses fonctions doit se soumettre sans résistance et attendre l'audience devant le tribunal compétent ; en revanche, si des personnes tentent de disperser une assemblée de chrétiens réunis pour l'étude de la Parole de Dieu, elles peuvent être légitimement repoussées par la force physique appropriée.[821]
Le 29 juin (Joël 3:9) se présente comme une adresse ironique et provocatrice à la Hiérarchie et à ses alliés : « Organisez votre police secrète, faites voter des lois imposant le salut du drapeau, installez vos mercenaires religieux aux hautes sphères du pouvoir » — la coalition ennemie est invitée à déployer toute sa puissance, car cette mobilisation même précipite l'issue que Jéhovah a décrétée.[822] Le 30 juin (Psaumes 18:50) achève le mois en dépeignant deux réalités simultanées : d'un côté les dirigeants religieux et leurs alliés dictateurs résolus à détruire ceux qui proclament le nom de Jéhovah, de l'autre Christ Jésus et ses armées invisibles entourant les fidèles d'une protection totale, la promesse — «ils ne prévaudront pas contre toi» — étant le fondement du courage de tout croyant.[823]
Le 1er juillet (Matthieu 10:7) présente les fidèles chrétiens comme des témoins commissionnés pour proclamer le nom de Jéhovah et son gouvernement théocratique dans toute la terre précédant immédiatement Armageddon ; ils ne sont pas en concurrence avec aucune organisation religieuse, leur seul devoir étant de dire la vérité sur Jéhovah et son Royaume.[824] Le 2 juillet (Hébreux 12:28) définit le «christianisme» comme l'obéissance pleine et entière aux lois et commandements de Dieu, sans aucune forme ni formalisme, en opposition à la religion qui est le principal instrument du Diable pour conduire les hommes dans son piège ; seuls ceux qui sont entièrement dévoués à Dieu et à Christ défendent le gouvernement théocratique.[825]
Le 3 juillet (Josué 2:1) revient sur la figure des deux espions envoyés à Jéricho pour enseigner que les témoins de Jéhovah ont été mis à l'épreuve quant à leur foi et leur volonté d'obéir aux instructions en allant vers des personnes peu populaires ou de mauvaise réputation ; comme Jésus ne se souciait pas de sa réputation parmi les hommes, ses témoins fidèles ne s'arrêtent pas à cette considération, car la place qu'on occupe aux yeux du Seigneur est ce qui importe véritablement.[826] Le 4 juillet (Joël 1:2) interpelle les praticiens de la «religion chrétienne», engagés implicitement dans une alliance d'obéissance à Dieu qu'ils n'honorent pas, dénonçant ainsi le nom de Jéhovah ; c'est pourquoi le Seigneur commande à ses témoins de porter son message à la chrétienté, y compris à ceux qui ne le demandent pas — non par haine, mais comme avertissement équitable délivré à son commandement.[827]
Le 5 juillet (Deutéronome 7:9) pose que la justification du nom de Jéhovah repose conjointement sur sa propre fidélité — toujours certaine — et sur la fidélité de ceux qu'il a pris dans l'alliance pour le Royaume ; seuls ceux qui prouvent leur fidélité jusqu'à la mort, mus par l'amour, reçoivent la couronne de vie, et ceux qui sont dans cette alliance doivent être saints comme Jéhovah est saint, entièrement et sans réserve dévoués à la justice manifestée dans le Royaume.[828] Le 6 juillet (Josué 4:10) tire du miracle du Jourdain la leçon que nulle puissance humaine n'aurait pu faire tenir les eaux en colonne jusqu'au passage complet du peuple : l'arche de l'alliance attestait la présence de Jéhovah retenant les forces destructrices, et de même aujourd'hui Jéhovah et son Roi servent de protection à l'avant comme à l'arrière de leur peuple, sous l'ombre de la main divine, contre laquelle aucune force ne peut résister.[829]
Le 7 juillet (Luc 16:24-25) interprète la parabole de l'homme riche et de Lazare en distinguant deux classes contemporaines : la «classe Lazare» de la grande multitude, longtemps affligée et maintenant réconfortée dans la faveur de Dieu, et la «classe du mauvais serviteur» ou «homme de péché» qui est tourmentée par le message du Royaume et grince des dents contre le reste et la grande multitude, ayant manqué l'occasion du Royaume faute de foi et d'obéissance.[830] Le 8 juillet (Josué 6:15) tire de la circumambulation du septième jour la règle que nul ne peut précipiter le temps de Dieu pour détruire la chrétienté, mais que les témoins fidèles doivent continuer à marcher et à sonner la trompette, y compris sans interruption les jours de repos, sachant avec une certitude absolue que Jéhovah accomplira son «acte étrange» au moment précis qu'il a choisi — celui qui commence à douter et à se lasser en supporte seul les conséquences.[831]
Le 9 juillet (Joël 1:5-7) décrit la religion comme un champ vide et stérile : la chrétienté n'a aucune cause de joie, nulle part dans la «joie du Seigneur» ni dans la participation au Royaume de Dieu, et l'alarme sonnée par les témoins de Jéhovah remplit les religionnaires d'une rage extrême et les pousse à menacer toutes sortes de violences.[832] Le 10 juillet (Josué 8:24) avertit que les religionnaires qui tenteraient, au début d'Armageddon, de dissimuler leur identité en changeant d'habits — comme des agriculteurs — n'échapperont pas à la destruction, car le Grand Josué démasquera tous les ennemis de Dieu ; les vrais disciples du Christ doivent avancer avec courage, sans crainte ni découragement, le triomphe du Seigneur étant certain.[833]
Le 11 juillet (Joël 3:14-15) décrit les ténèbres totales dans lesquelles les religionnaires sont plongés : le message du Royaume ne leur apporte aucun réconfort mais les incite à murmurer, à se plaindre et à combattre les oints de Jéhovah ; pendant la bataille d'Armageddon, l'ennemi sera dans une obscurité complète et sans espoir, tandis que le reste et ses compagnons avancent guidés par la lumière de la Parole de Jéhovah.[834] Le 12 juillet (Hébreux 10:26-27) affirme qu'il n'existe aucun prix de rançon pour ceux qui, connaissant la vérité, s'y opposent délibérément et persécutent les fidèles ; les fils d'Éli, le souverain sacrificateur d'Israël, figurent la «classe du mauvais serviteur» composée de persécuteurs religieux et de leurs alliés, dont le sort préfigure ce qui s'abattra prochainement sur les religionnaires de la chrétienté.[835]
Le 13 juillet (Ésaïe 45:1, 13) applique au reste oint la délivrance «sans prix de rachat» prophétisée : libérés de l'organisation de Satan depuis qu'ils ont reconnu Jéhovah et Christ Jésus comme les seules «Puissances supérieures», ils demeureront pleinement libres après qu'Armageddon aura détruit tout ce qui appartient à cette organisation, s'appuyant sur la promesse de Ésaïe 43:1 — «Ne crains pas, car je t'ai racheté, je t'ai appelé par ton nom ; tu m'appartiens.»[836] Le 14 juillet (Joël 2:1) précise que la trompette doit être sonnée dans Sion — l'organisation capitale de Jéhovah, particulièrement sa partie terrestre — et qu'elle résonne comme un message de délivrance et de jubilé pour ceux qui aiment Jéhovah et l'avènement du Christ, tandis que les dirigeants religieux refusent de reconnaître que le jour de Jéhovah est arrivé et crient «Paix, paix» là où il n'y a pas de paix ; le «sacerdoce royal» a le devoir de sonner l'alarme sur l'approche d'Armageddon.[837]
Le 15 juillet (Éphésiens 6:13) rappelle que depuis 1922 le Seigneur a clairement révélé à son peuple que son combat n'est pas contre des créatures de chair et de sang mais contre Satan et les puissances invisibles des ténèbres qui ont utilisé les hommes pour établir et faire fonctionner les institutions religieuses en guerre contre le peuple de l'alliance ; équipés de l'armure divine, les fidèles ne peuvent être effrayés ni par Satan ni par ses agents, et le temps actuel est désigné comme «le mauvais jour» qui exige cette armure complète.[838] Le 16 juillet (Jean 14:15) établit que l'amour pour le Roi et son Royaume est le motif unique qui pousse à garder les commandements du Seigneur : comme Jésus a donné sa vie par amour pour son Père, les membres de son organisation royale doivent donner leur vie par amour pour Jéhovah et pour la Théocratie qui justifie son nom, la plus grande preuve d'amour possible étant de mourir pour son ami conformément à Jean 15:13-14.[839]
Le 17 juillet (1 Pierre 2:11-12) rappelle que la seule raison pour laquelle les vrais disciples du Christ séjournent encore sur terre est de porter témoignage du nom de Jéhovah et de proclamer son Royaume ; en maintenant une neutralité absolue dans les conflits et guerres entre nations, ils accomplissent leur commission et prouvent leur fidélité envers le Grand Théocrate et son Roi, sachant qu'aucune des nations — qu'elles soient pour ou contre la démocratie — n'est pour le Royaume de Jéhovah.[840]
Le 18 juillet (Joël 3:13) s'adresse au Fils bien-aimé, qui attendit des siècles l'heure de plonger la faucille dans la vigne de Satan : à présent Jéhovah invite son Exécuteur Officiel et l'armée céleste sous le commandement du Grand Maréchal de campo Christ à couper la vigne de Satan, à la jeter dans le pressoir divin et à la détruire, les témoins de Jéhovah sur terre ayant leur part dans cette œuvre en déclarant les desseins de Jéhovah parmi les peuples.[841]
Le 19 juillet (Nombres 24:20) tire de l'histoire d'Amalek, dont la destruction finale survint à l'époque de Mardochée et d'Esther, la figure de la destruction des religionnaires à Armageddon : Haman l'Amalékite, figure de la coalition des ennemis religieux, fut pendu au gibet qu'il avait préparé pour Mardochée, et les Amalékites furent entièrement exterminés dans la bataille, préfigurant la destruction de tout adversaire du peuple de Dieu par Christ Jésus et ses anges.[842]
Le 20 juillet (Joël 3:4) interpelle la «Tyr moderne» — la Hiérarchie catholique romaine — en lui demandant ce qu'elle reproche aux serviteurs de Jéhovah : ceux-ci n'ont jamais commis d'acte violent ni illégal, n'ont jamais contesté la liberté de la Hiérarchie de pratiquer sa religion, et n'ont fait qu'obéir au commandement divin en indiquant aux gens la distinction entre la religion et le vrai culte du Dieu Tout-Puissant correctement appelé «christianisme».[843]
Le 21 juillet (Psaumes 119:165) pose la règle du comportement vis-à-vis des autres membres de l'organisation : celui qui a une vision du Royaume ne laissera pas une aversion personnelle pour certains serviteurs du Seigneur lui servir de prétexte pour se séparer de l'organisation et de son service, sachant que Dieu conduit ses propres affaires selon sa volonté souveraine et choisit lui-même ses serviteurs — le fidèle continue donc à servir en paix et en contentement à la place qui lui est assignée.[844]
Le 22 juillet (Joël 2:32) pose le caractère d'urgence absolue de la proclamation du nom de Jéhovah : quiconque ne l'invoquera pas ne sera pas délivré, ce qui rend impératif pour les témoins d'accomplir leur commission maintenant, avant que la bataille d'Armageddon commence, car c'est en entendant et en obéissant au message que les gens de bonne volonté peuvent trouver protection et salut.[845]
Le 23 juillet (Josué 7:1) identifie la chose «vouée à la destruction» — l'«anathème» dans le cas d'Achan — à la chrétienté et à ses alliés dans la situation actuelle : «Achan» signifiant «trouble», ceux qui, parmi les membres consacrés en ligne pour le Royaume, deviennent infidèles et touchent à ce que Dieu a voué à la destruction causent des troubles à l'intérieur de l'organisation visible du Seigneur, que Jéhovah met en lumière afin que tous voient et en tirent profit.[846]
Le 24 juillet (Jean 15:4) avertit que l'onction de l'esprit ne constitue pas une garantie définitive : celui qui refuse de porter les fruits du Royaume — c'est-à-dire de proclamer à autrui les vérités vitales du Royaume — ne peut demeurer dans le Seigneur, et il est donc possible qu'un oint, après avoir passé l'épreuve et reçu l'onction, faillit à sa commission et soit «rejeté», l'effusion de l'esprit exigeant impérativement un service actif.[847]
Le 25 juillet (Josué 8:25-26) tire de la destruction totale de Aï la figure de l'extermination complète d'Armageddon : aucun des témoins de Jéhovah sur terre ne participera au carnage, leur rôle se limitant à la «strange work» de proclamation et de louange, laquelle sera achevée au moment où commence le «travail de tuerie» angélique, la destruction si complète de Aï figurant l'élimination de toutes les parties de l'organisation visible de Satan afin que la terre soit entièrement purifiée avant que les Jonadabs la remplissent.[848]
Le 26 juillet (1 Timothée 2:5-6) réexpose la doctrine de la rançon : la perfection humaine qu'Adam possédait — et le droit à la vie qui l'accompagnait — ayant été perdue par sa désobéissance volontaire, Jésus a racheté pour la postérité d'Adam ce droit à la vie humaine par son propre sang-vie ; ceux qui acceptent cette provision de Dieu et se conforment aux règles fixes qu'il a établies peuvent recevoir le bénéfice de ce prix de rançon.[849]
Le 27 juillet (Joël 2:13) distingue la vraie contrition des signes extérieurs de deuil : Jéhovah ne commande pas à son peuple d'exhiber sa peine devant le monde ni même devant ses frères, car un tel comportement ne vaudrait rien et ne pourrait plaire à Dieu ; c'est un vrai deuil intérieur — une tristesse sincère pour les manquements passés dans la dévotion totale à Dieu — que le Seigneur seul discerne, lui dont l'approbation est la seule qui compte.[850]
Le 28 juillet (Jérémie 18:23) établit le parallèle entre les religieux israélites qui complotèrent contre Jérémie et les religionnaires actuels qui conspirent pour «tuer» les témoins de Jéhovah, dont Jérémie est le type ou le modèle ; ces conspirateurs ont creusé une fosse, tendu des pièges aux pieds du Christ, et pour eux il n'y aura ni pardon ni bénéfice du sacrifice de rançon à Armageddon ni après.[851]
Le 29 juillet (Josué 2:19) applique aux Jonadabs la règle de Rahab : demeurer à l'intérieur de l'organisation du Seigneur avant et pendant l'expression de sa colère à Armageddon garantit sécurité et préservation, tandis que s'aventurer hors de cette organisation pour chercher la faveur et la protection des hommes entraîne la destruction — «son sang sera sur sa tête».[852]
Le 30 juillet (Romains 8:38-39) affirme que le fidèle ne craint pas la mort aux mains de l'ennemi : tous ceux qui appartiennent à la maison royale mourront d'une façon ou d'une autre, et certains tomberont par la violence ennemie, mais aucune «loi artificieuse» ne les contraindra à compromettre leur dévouement entier au Gouvernement Théocratique ; « il n'y a pas de terrain neutre », et ceux qui sont pour Jéhovah et son Royaume tiendront ferme contre l'ennemi.[853]
Le 31 juillet (Joël 3:11) présente Jéhovah invitant lui-même l'ennemi à avancer : «Venez et rassemblez-vous ; déployez votre pire» — il n'est pas seulement prêt pour le combat, il le provoque, en envoyant ses témoins proclamer hardiment ses jugements parmi le peuple, et à l'ennemi il déclare : «Encerclez mes fidèles, prenez-leur toutes leurs libertés garanties par la loi» — chaque mesure répressive précipite l'issue que Jéhovah a décrétée.[854]
Le 1er août (Deutéronome 32:35) assure que Jéhovah «remboursera» l'ennemi sans aucun doute : son Paymaster — Christ Jésus — administrera une justice rétributive aux chefs religieux qui ont le plus déshonoré le nom de Jéhovah et ont atteint le comble de la méchanceté, leur pied glissant lorsque le jour de la calamité viendra, et ses fidèles se réjouissent en voyant cette issue certaine.[855]
Le 2 août (Ézéchiel 38:16) décrit la coalition visible et invisible de Gog : les anges méchants gouvernant invisiblement la terre, auxquels s'allient sur terre la Hiérarchie catholique romaine, les fascistes et les radicaux fanatiques, forment une conspiration marchant pour détruire les serviteurs de Dieu — reste et grande multitude ; Jéhovah a manœuvré cette coalition et la laissera s'approcher, puis il montrera sa puissance en faveur de ceux qui lui sont dévoués, et ils n'ont aucune raison de craindre.[856]
Le 3 août (Josué 3:17) date l'accomplissement du type du Jourdain : à partir de 1922 et jusqu'à la fin de 1931, tous les serviteurs fidèles du Seigneur — les «ouvriers» de la «vigne» — furent amenés dans le service parmi le peuple, et reçurent à la fin de cette période le «nouveau nom» de «témoins de Jéhovah» ; depuis lors, leur commission est de porter témoignage à d'autres concernant Jéhovah, son nom, son dessein, son Roi et son Royaume.[857]
Le 4 août (Josué 2:1, 4) expose la situation dangereuse des Jonadabs à l'image de la maison de Rahab sur la muraille de Jéricho : leur position est précaire et seule la puissance de Dieu peut les sauver lorsque l'organisation de Satan «Chrétienté» s'effondrera ; mais ceux de bonne volonté, apercevant que les témoins de Jéhovah sont les serviteurs du Très-Haut dont ils ont entendu parler, les accueillent volontiers et font ce qu'ils peuvent pour eux.[858]
Le 5 août (Joël 1:6) identifie la «nation» aux dents de lion à la nation sainte de Dieu — représentée sur terre par le reste oint et ses compagnons «sans nombre» formant la grande multitude — qui s'avance contre la chrétienté comme les sauterelles de Joël, en harmonie, sans roi terrestre mais conduite par le Roi invisible, selon Proverbes 30:27.[859]
Le 6 août (Josué 2:18) insiste sur le devoir actif des membres de la grande multitude : il ne suffit pas de recevoir la vérité et de demeurer inactif — les Jonadabs sont tenus d'aller de maison en maison avec le phonographe et la littérature pour informer les gens des dispositions gracieuses de Dieu, leur obligation envers l'œuvre de témoignage étant clairement établie par la parole du Seigneur en Apocalypse 22:17.[860]
Le 7 août (Joël 1:18-19) décrit les «gens ordinaires» crédules — bêtes de somme pour le clergé et les dirigeants religieux, politiques et commerciaux — qui, voyant la désolation, sont perplexes et en détresse ; ceux de bonne volonté dont les yeux s'ouvrent crient vers le Seigneur, tandis que les chefs religieux continuent à appeler les bénédictions de Dieu sur les schémas politiques et commerciaux du monde tout en cherchant à détruire ceux qui apportent le message de réconfort divin.[861]
Le 8 août (Actes 26:19) pose que quiconque a eu la vision de la Théocratie est tenu de lui donner la totalité de son service et de toutes ses facultés : se retirer volontairement du service théocratique après y avoir été admis marque la fin certaine et complète de cette personne, et la fidélité totale jusqu'à la mort est requise de tous, y compris des membres de la grande multitude.[862]
Le 9 août (Joël 2:14) présente les bénédictions accumulées depuis 1922 comme la «nourriture et la boisson» que Jéhovah a laissées derrière lui en poursuivant son «strange work» : le reste et ses compagnons participent à cette œuvre étrange de proclamation et leurs joies et bénédictions n'ont cessé de croître, Jéhovah les ayant pourvus de ce dont ils ont besoin pour le servir dans la vérité et lui présenter une offrande en justice.[863]
Le 10 août (Josué 6:16) invite les témoins de Jéhovah à poursuivre l'œuvre de témoignage jusqu'au moment où le Seigneur leur commandera de pousser le cri de triomphe : il n'est pas du tout improbable qu'au moment de ce cri des témoins terrestres, les armées célestes invisibles — les «fils de Dieu» — poussent elles aussi un cri comme lors de la pose des fondements de la terre, marquant un grand jour de triomphe pour Jéhovah.[864]
Le 11 août (Joël 3:4-5) décrit la façon dont les religionnaires ont «pillé» l'organisation de Jéhovah : ils arrêtent et emprisonnent ses serviteurs, saisissent et détruisent les publications contenant les vérités bibliques, diffament le peuple du Seigneur dans leurs journaux religieux et tentent de le faire passer pour non patriote, anti-chrétien et séditieux — tout ce qui appartient à Jéhovah ayant été usurpé pour servir leurs temples.[865]
Le 12 août (Nombres 21:14) établit à partir de la Douai catholique la règle absolue que les Écritures ne fournissent ni précédent ni autorisation pour qu'un chrétien fasse la guerre pour une nation contre une autre : toutes les nations s'opposent au Grand Gouvernement Théocratique, et le conflit entre elles n'est pas le combat de celui qui s'est mis en alliance pour faire la volonté de Dieu ; les guerres d'Israël approuvées par Jéhovah avaient pour seul objet la possession de leur propre territoire, et hors de leurs frontières ils avaient ordre de demeurer neutres — règle applicable à ceux de la vraie Théocratie.[866]
Le 13 août (Joël 2:26) oppose la condition du reste fidèle abondamment nourri par le Seigneur à celle des religionnaires qui «fulminent et se battent» contre le peuple de Dieu : ceux-ci sont dépourvus de pain spirituel, d'huile et de vin, tandis que le peuple de Jéhovah en a l'abondance et n'a aucune raison de rougir — quiconque est entièrement du côté de Jéhovah et de son Roi peut proclamer sans compromis sa dévotion au Gouvernement Théocratique.[867]
Le 14 août (Hébreux 12:14) définit les conditions de vie communautaire dans l'organisation : les oints doivent vivre en paix entre eux et avec leurs compagnons Jonadabs ; néanmoins, tant que les hommes sont dans la chair, des différences et des malentendus surgissent — chacun doit alors tenir compte des faiblesses naturelles de l'autre et traiter son prochain en conséquence, la discipline étant la condition dans laquelle on apprend l'obéissance et on prouve son intégrité envers Dieu.[868]
Le 15 août (Joël 2:28) précise que l'effet de l'effusion de l'esprit est de faire de tous les consacrés des témoins actifs, proclamant le nom et le Royaume du Très-Haut selon les termes de leur commission ; ceux qui manifestent une «disposition rêveuse» — impressionnés par leur propre savoir et leur grandeur, qui insistent pour aller leur propre chemin — ont été rejetés lors du jugement du temple et seront relégués à cette classe de rêveurs s'ils ne s'efforcent pas vigoureusement d'accomplir leur commission.[869]
Le 16 août (1 Samuel 20:35-36) tire de la ruse de Jonathan protégeant David contre ses persécuteurs la figure des Jonadabs qui, anticipant les troubles que suscitera la fidèle délivrance du message du Seigneur, prennent des dispositions pour protéger les témoins de Jéhovah et sauvegarder leurs intérêts — cette aide active reçoit l'approbation du Seigneur comme le fit Jonathan envers David.[870]
Le 17 août (Josué 8:28) justifie la destruction totale des habitants de Aï en recourant à la thèse du défi de Satan : les Cananéens étant entièrement du côté du Diable et pratiquants de sa religion, le jugement de Jéhovah est qu'ils doivent être détruits ; leur sort préfigure prophétiquement la volonté divine d'éliminer à Armageddon tous les soutiens du Diable, la bataille de Aï étant présentée comme un tableau prophétique de cet acte divin final.[871]
Le 18 août (Jean 17:2-3) conditionne strictement la vie éternelle à la connaissance de Dieu et du Christ : ceux qui se voient présenter la vérité et la rejettent volontairement en déclarant n'y avoir aucun intérêt ne peuvent s'attendre à recevoir la vie, et le sacrifice de rançon n'opère pas automatiquement pour tout être humain mais uniquement pour ceux qui se conforment à la volonté de Dieu.[872]
Le 19 août (Jacques 2:13) expose la relation entre justice et miséricorde dans la doctrine de la rançon : la justice divine ayant été pleinement satisfaite par la mort d'Adam, Dieu pouvait librement étendre sa miséricorde à la postérité d'Adam qui se trouvait sous condamnation par héritage sans être sous jugement direct ; la mort de Jésus ne vise donc pas à satisfaire la justice par la mort d'un substitut, mais constitue un prix d'achat correspondant exactement à ce qu'Adam avait perdu, Jéhovah faisant de Christ Jésus le «Père éternel» qui administre la vie aux conditions divines.[873]
Le 20 août (Joël 2:3) décrit la double phase de l'action divine contre les religionnaires : d'abord le feu de la proclamation de vérité les «réchauffe» et consume leurs pâturages, ensuite la flamme destructrice d'Armageddon parachève l'œuvre ; le témoignage organisé et progressif ayant commencé en 1922 doit progresser jusqu'à la conclusion de la «strange work» divine, rapidement suivie du «strange act» final.[874]
Le 21 août (Psaumes 105:5-6) relit l'épisode d'Abraham délivrant Lot des quatre rois coalisés : Abraham figure Jéhovah, Lot figure la grande multitude impliquée dans la grande bataille qui approche ; le Grand Abraham — Jéhovah — remportera la victoire pour sa maison royale et délivrera pleinement la grande multitude, Melchisédek bénissant le Très-Haut d'avoir livré les ennemis entre les mains d'Abraham servant d'assurance aux témoins de Jéhovah que Dieu combattra leurs batailles et les fera triompher à Armageddon.[875]
Le 22 août (1 Thessaloniciens 5:3-4) insiste sur l'aveuglement volontaire des représentants visibles du Diable : avertis qu'Armageddon est la bataille de Jéhovah et qu'il détruira tout l'ennemi, ils ignorent cet avertissement parce qu'ils sont ignorants des Écritures et sans foi ; ils perçoivent un danger imminent sans savoir ce dont il s'agit, haïssent les témoins non parce qu'ils les craignent mais parce qu'ils sonnent l'alarme, et refusent de croire que Jéhovah appuie ces messagers.[876]
Le 23 août (1 Corinthiens 6:19-20) précise les conditions d'application du prix d'achat : le rachat ne s'étend pas automatiquement à tout être humain — un esclave acheté mais refusant d'obéir à son maître ne pourrait prétendre à sa liberté ; ceux qui deviennent membres du corps du Christ s'accordent d'abord à faire la volonté du Père, puis le prix d'achat s'applique à eux, faisant d'eux des «esclaves liés» obligés d'obéir à ses commandements, non contre leur volonté mais parce qu'ils désirent être achetés.[877]
Le 24 août (Joël 2:4) célèbre l'ardeur croissante des proclamateurs : assimilés à des chevaux de guerre qui ne fuient pas la bataille mais en accélèrent la cadence à l'ordre du Seigneur, ils ont considérablement augmenté leurs heures de service de terrain ; certains se croyaient d'abord incapables de porter le phonographe mais ont découvert que le fardeau est léger dans le service du Roi, avançant désormais chaque jour au combat avec une joie plus grande.[878]
Le 25 août (Apocalypse 20:13) soutient que rien dans les types scripturaires ne préfigure un rachat pour tous les humains sans exception, y compris les méchants délibérément rebelles ; durant le règne millénaire du Christ, seuls ceux qui pourraient et voudraient profiter du sacrifice de rançon en venant à la connaissance de la vérité seraient ramenés de la mort, le don de Dieu n'étant pas imposé à des créatures qui n'y consentent pas.[879]
Le 26 août (Joël 2:20) identifie l'«armée du nord» — les responsables des persécutions de la Première Guerre mondiale — aux anges mauvais de Gog, qui utilisèrent des agents religieux terrestres pour persécuter les témoins fidèles ; depuis le «travail d'Élisée», l'ennemi a été partiellement retenu par le Seigneur pour permettre à l'œuvre de progresser, mais à Armageddon il sera totalement éliminé par la destruction, le Diable et ses hôtes religieux ayant tenté de se rendre «très grands» en coalisant toutes leurs forces contre le gouvernement de Jéhovah.[880]
Le 27 août (2 Corinthiens 10:4) établit la règle du refus des armes charnelles dans l'œuvre de proclamation : les témoins de Jéhovah portent le message du Royaume sans contraindre qui que ce soit à l'accepter, leurs seules armes étant l'«épée de l'esprit» — la Parole de Dieu —, en opposition directe aux catholiques qui ont répétément eu recours à des moyens charnels pour imposer leurs doctrines ; messagers de paix exposant les desseins de Dieu, ils n'ont nul besoin de violence.[881]
Le 28 août (Joël 2:31) explique les ténèbres spirituelles dans lesquelles l'ennemi est plongé : Dieu exprime sa colère contre l'ennemi en lui retirant la lumière de son esprit, dont sont notamment privés ceux de la «classe du mauvais serviteur» jadis dans la lumière mais désormais rejetés dans les ténèbres extérieures ; seuls ceux qui ont l'esprit du Seigneur voient et apprécient le Royaume, les autres — surtout les religionnaires — s'y opposant depuis qu'ils ont rejeté la Parole.[882]
Le 29 août (Ésaïe 51:12) offre réconfort à ceux dont la foi est encore fragile : sans foi pleine en Jéhovah et en son Royaume, il serait impossible à quiconque de résister à l'attaque combinée de l'ennemi ; Jéhovah, Dieu du réconfort, met dans la bouche de ses fidèles la prière de Psaumes 9:19-20 — «Lève-toi, ô Seigneur ; que l'homme ne prévale pas ; que les nations sachent qu'elles ne sont que des hommes» — pour fortifier leur espérance.[883]
Le 30 août (Éphésiens 2:19) définit la position politique absolue du peuple de l'alliance : ni partisans d'une puissance étrangère, ni nationalistes à loyauté divisée, ni propagandistes d'aucun des camps belligérants, les témoins de Jéhovah sont séparés de toutes ces affiliations et uniquement témoins du gouvernement THÉOCRATIQUE de Jéhovah ; pour eux, l'obéissance au monde signifie la destruction éternelle, l'obéissance au Dieu Tout-Puissant signifie la vie éternelle.[884]
Le 31 août (2 Pierre 2:4, 7) tire de la délivrance du «juste Lot» à Sodome la figure de la protection divine actuelle : les deux anges envoyés frapper la foule d'aveuglement avant de conduire Lot en sûreté figurent les membres de la maison royale — dont les témoins de Jéhovah sur terre — envoyés dans la «Sodome moderne» de la Chrétienté pour agir en faveur de la grande multitude, symbolisée par Lot et sa maisonnée.[885]
Le 1er septembre (Joël 2:9) décrit la méthode du phonographe : sans piller ni s'introduire par effraction, les témoins installent leurs appareils devant portes et fenêtres et font pénétrer le message du Royaume directement dans les maisons jusqu'aux oreilles de ceux qui souhaitent entendre — ou de ceux qui voudraient l'éviter ; comme les sauterelles qui dévorent jusqu'au vernis des boiseries, les témoins assimilés à des sauterelles «enlèvent le vernis» des choses religieuses se trouvant dans ces maisons, le message arrivant comme un voleur par la fenêtre, signe de l'imminence d'Armageddon.[886]
Le 2 septembre (Matthieu 9:29) explique la source du courage : une foi pleine et entière dans la puissance qui soutient le fidèle est indispensable pour avancer vigoureusement ; Christ Jésus, le Grand Josué, fait partager à ses fidèles disciples son œuvre du Royaume et les destine à devenir ses co-héritiers ; les paroles du Seigneur à Josué — «Sois fort et courageux» — s'adressent également à eux, l'alliance du Royaume passée avec Christ garantissant leur part dans ce royaume par la grâce divine selon Luc 22:29-30.[887]
Le 3 septembre (Josué 4:7) réinterprète le tas de douze pierres de Guilgal comme un signe collectif que constitue le reste oint lui-même : les pierres prélevées dans le lit du Jourdain et empilées témoignent du service actif accompli de 1922 à 1931, service exigeant un grand zèle et chargé de dangers ; le fait que le Seigneur ait conduit ces fidèles vivants à travers cette période est un témoignage à son nom, les témoins de Jéhovah formant collectivement un monument visible et indéniable de l'œuvre miraculeuse de Jéhovah dans leur préservation.[888]
Le 4 septembre (Joël 1:5) décrit l'enivrement spirituel des dirigeants de la «Chrétienté» : sous l'influence du vin de Satan tiré de la «vigne de la terre», ils se trouvent dans un stupeur alcoolique et, au lieu de se repentir dès le premier avertissement, ne s'éveillent que lorsque la calamité est imminente ; la force des avertissements répétés ne leur laisse aucune excuse, mais quand ces paroles sont prononcées en leur présence ils sont pris d'une rage folle contre ceux qui les leur apportent.[889]
Le 5 septembre (Josué 6:23) tire de l'évacuation de Rahab et de ses proches hors du camp ennemi la règle qui s'impose aux gens de bonne volonté : celui qui reçoit la connaissance de la vérité a le devoir, et la preuve de sa foi, de proclamer activement le message du Royaume à d'autres ayant une oreille réceptive, afin de les rassembler dans l'organisation du Seigneur ; Rahab et ses proches figurent ceux de bonne volonté qui forment la grande multitude demeurant éternellement sur la terre.[890]
Le 6 septembre (Luc 16:25-26) applique l'abîme infranchissable de la parabole à la séparation finale opérée par Christ Jésus dans son jugement actuel : le «gouffre» séparant les «boucs» des «autres brebis» fidèles est désormais fixé et définitif, rendant tout passage impossible ; à partir de l'énoncé de ce jugement final, la «classe des boucs» ne peut plus accéder à la bénédiction du Seigneur, et la prophétie d'Ézéchiel (Ézéchiel 35:9, 15) révèle que les méchants, avant l'exécution finale, sauront qu'ils ont perdu toute faveur divine.[891]
Le 7 septembre (Romains 16:17) applique la règle d'exclusion d'Achan à ceux qui, parmi les membres consacrés, causent des divisions : comme Achan l'infidèle, ceux qui violent l'alliance et s'emparent de ce que Dieu a voué à la destruction doivent être retranchés de l'organisation ; les briseurs d'alliance souillent le temple et son service, deviennent des agents secrets du Diable, et ne seront pas tolérés longtemps dans les rangs — Dieu doit les détruire selon 1 Corinthiens 3:17.[892]
Le 8 septembre (1 Thessaloniciens 2:4) dénonce le désir de haute estime parmi les hommes comme un piège du Diable : celui qui ménage ses relations pour paraître «bon garçon» aux yeux des autres en négligeant de défendre un chrétien est un «homme-plaisant» — abomination aux yeux de Dieu et ennemi du Christ ; la crainte de la désapprobation humaine procède de l'orgueil-propre, mène dans le piège de Satan et se termine dans la destruction.[893]
Le 9 septembre (Josué 5:2) interprète la circoncision commandée par Jéhovah comme le symbole de la dévotion totale : l'alliance de circoncision établie avec Abraham — dont le nouveau nom signifie la plénitude de sa relation avec Dieu — trouve son accomplissement antitypique en 1931 lors du sortir du Jourdain antitypique, quand les fidèles reçurent le «nouveau nom» de «témoins de Jéhovah» et que la circoncision antitypique du cœur, dans l'esprit, s'accomplit sur le reste fidèle.[894]
Le 10 septembre (Apocalypse 12:17) insiste sur la dimension cosmique du combat : la guerre des témoins fidèles est menée contre le Diable et ses anges mauvais, qui utilisent des créatures humaines comme agents visibles de leur opposition ; cette réalité doit convaincre quiconque a la vérité que le Royaume de Dieu sous Christ est l'enjeu le plus important, puisqu'il anéantira l'organisation de Satan, justifiera le nom de Jéhovah et fournira les moyens du salut à ceux qui aiment la justice.[895]
Le 11 septembre (Joël 2:32) pose que la délivrance ne se trouve que dans l'organisation du Seigneur : ni dans aucune autre institution humaine, ni dans les nations, ni dans aucun schéma politique — seuls «la montagne de Sion et Jérusalem» offrent un refuge ; le reste oint représente l'organisation capitale de Jéhovah sur terre et porte ce message aux gens de bonne volonté, lesquels doivent entendre, croire, chercher le Seigneur et prendre leur place parmi les compagnons du reste dans le service, demeurant dans l'organisation comme seule garantie de survie.[896]
Le 12 septembre (Deutéronome 3:22) tire des victoires d'Israël sur ses ennemis successifs — Arad le Cananéen, Sihon roi des Amorites, Og roi de Basan — l'assurance que Jéhovah combat toujours pour son peuple de l'alliance contre les religionnaires et leurs alliés qui cherchent maintenant à le détruire, chaque victoire passée servant de garantie pour la délivrance à venir.[897]
Le 13 septembre (Joël 3:9) distingue l'appel à «sanctifier la guerre» d'un appel à une guerre entre nations : il s'agit pour les adversaires de la Théocratie de s'allier dans une confédération mondiale pour s'opposer au Roi et au Royaume de Jéhovah — c'est précisément ce que fait la Hiérarchie et ses alliés, déclarant une «guerre sainte» ou «guerre pour la religion chrétienne», et saisissant la proclamation du message de Dieu comme prétexte pour faire la guerre aux témoins de Jéhovah, n'hésitant pas à mentir à grande échelle pour imposer leurs desseins.[898]
Le 14 septembre (Josué 8:29) tire du sort du roi de Aï la figure de l'exécution finale de Satan : après avoir été le témoin de la destruction totale de son organisation, Satan sera lui-même exécuté comme maudit, son nom portant un opprobre éternel ; soulevant la question de ceux qui douteraient de la possibilité de cette résurrection punitive au motif de l'absence de rançon pour Satan, il est précisé que la rançon n'est nullement nécessaire pour qu'une créature soit tirée de la mort — la puissance de Dieu ne connaît aucune limitation, et il lui est tout à fait possible de réveiller Satan quand la terre sera remplie de créatures justes pour lui montrer sa propre folie.[899]
Le 15 septembre (Jean 10:17) précise que Jésus, ressuscité comme esprit, n'a pas pour autant forfait son droit à la vie humaine : c'est cette «chose de valeur» qu'il a présentée à Jéhovah comme prix d'achat, devenant ainsi propriétaire de la descendance d'Adam qui n'avait pas péché volontairement comme lui et qui en temps voulu tirerait profit de ce prix de rançon, se voyant ainsi libérée de la servitude du péché et de la mort héritée d'Adam.[900]
Le 16 septembre (Nombres 35:21, 31) affirme que le meurtrier délibéré et malveillant ne peut recevoir aucun rachat pour sa vie : l'avenger ou «rédempteur du sang» est tenu de le faire mourir, et ce type s'accomplit à Armageddon par le Grand Rédempteur qui met fin aux méchants volontaires ; le sacrifice de la vie de l'homme Jésus n'est nullement une expiation pour ceux qui méprisent sciemment Dieu et ses provisions de salut, et ceux qui meurent à Armageddon dans cet état de méchanceté délibérée n'auront jamais de rédemption.[901]
Le 17 septembre (Josué 3:7) identifie la magnification du Grand Josué à la proclamation publique du fait que Christ Jésus règne depuis son avènement au temple en 1918 et y exerce les fonctions de Juge et de Vindicateur du nom de Jéhovah ; aucun homme vivant ou mort ne conduit les fidèles — Christ Jésus seul est en charge, et cette réalité constitue une assurance supplémentaire que le Seigneur continue d'utiliser la même Société comme son organisation terrestre visible pour mener son œuvre à partir de 1919.[902]
Le 18 septembre (Jean 15:19) rappelle à chaque chrétien le devoir de rendre sa séparation d'avec les nations clairement perceptible : les témoins de Jéhovah se sont entièrement séparés du monde en s'engageant par alliance à être fidèles au Royaume de Dieu, et l'incompréhension des hommes du monde quant à la distinction entre les nations et le grand Gouvernement Théocratique de Jéhovah par Christ ne saurait excuser un chrétien qui céderait aux exigences des nations mondaines, une rupture volontaire de cette alliance entraînant sa destruction éternelle.[903]
Le 19 septembre (Joël 3:6-7) interprète la vente des fils et filles de Juda et de Jérusalem aux Grecs comme la figure des religionnaires livrant les témoins de Jéhovah à des adorateurs du Diable, ennemis de Dieu, afin de les éloigner de leur frontière et de les priver de leur liberté de servir Dieu ; Jéhovah promet cependant de les relever du lieu où ils ont été vendus, et le jour de sa vengeance est présenté comme imminent.[904]
Le 20 septembre (Juges 5:12-13) tire de la victoire de Débora et Barak sur Jabin et Sisera — détruits à la première bataille de Megiddo par les étoiles des cieux et les eaux rapides du Kishon — un exemple de la puissance illimitée de Jéhovah présageant ce qu'il accomplira à Armageddon : ceux qui lui font entièrement confiance et accomplissent fidèlement leur devoir sans crainte des créatures partageront la victoire du Seigneur.[905]
Le 21 septembre (Osée 14:2) précise les conditions d'obtention de l'approbation divine : ceux qui sont rassemblés au temple doivent se détourner entièrement de la religion, s'en lamenter comme d'une iniquité reçue à «Babylone», et se tourner vers Dieu de tout cœur avec un «deuil et un jeûne» antitypiques signifiant l'abandon de tout ce qui est religieux, car la religion déshonore le nom de Jéhovah et est un opprobre pour son peuple.[906]
Le 22 septembre (Josué 8:30-31) présente le reste spirituel d'Abraham — semence spirituelle — comme entré dans la «terre promise» et vivant comme des pierres vivantes dans le temple, offrant à Jéhovah par Christ Jésus les «sacrifices de louange et d'actions de grâce» que sont leurs lèvres proclamant fidèlement le nom du Très-Haut et son Royaume, Jéhovah ayant déjà accordé au reste la victoire dans le pays du Royaume.[907]
Le 23 septembre (Apocalypse 5:9) établit que la rédemption n'est ni automatique ni universelle : les membres du corps de Christ ont d'abord à se consacrer en acceptant de faire la volonté de Dieu — demandant ainsi à être achetés —, et la provision divine est faite pour la rédemption des hommes sans discrimination, à condition que tout candidat ait foi en Dieu et en Christ Jésus et se consacre entièrement à faire la volonté divine.[908]
Le 24 septembre (Malachie 1:2-3) réfute la thèse selon laquelle la justice divine obligerait Dieu à étendre sa miséricorde à tous : Dieu connaît d'avance ceux qui mépriseront ses bénédictions offertes et ceux qui les accepteront avec joie, et il n'est nullement tenu d'imposer sa miséricorde à ceux qui refusent délibérément de connaître Dieu et Christ, en s'appuyant sur Romains 9:14-15 — «je ferai miséricorde à qui je voudrai faire miséricorde».[909]
Le 25 septembre (Ésaïe 60:1-2) oppose la lumière croissante accordée aux fidèles aux ténèbres de plus en plus épaisses dans lesquelles baignent les ennemis : la lumière du temple augmente chaque jour pour ceux qui sont dévoués à Jéhovah et à son Royaume, tandis que les religionnaires restent dans les ténèbres parce qu'ils rejettent la Parole de Dieu ; le Seigneur guide ses «autres brebis» dans cette lumière à mesure qu'il les rassemble à lui-même pour les réconforter.[910]
Le 26 septembre (Jérémie 51:6) rappelle que la religion organisée a commencé à Babylone et que toutes les organisations religieuses sont depuis lors désignées dans les Écritures sous le nom de «Babylone» ; comme Dieu envoya Jérémie avertir ceux d'Israël de bonne volonté de fuir l'organisation du Diable, il envoie maintenant ses oints accompagnés de leurs compagnons Jonadabs délivrer cet avertissement à quiconque désire protection et salut, et tout refus ou échec à accomplir cette commission est présenté comme certain d'être désastreux pour celui qui y manque.[911]
Le 27 septembre (Jean 2:13-15) tire de l'expulsion des marchands du temple par Jésus la règle scripturaire que Dieu approuve l'emploi de la force contre quiconque s'en prend à ce qui ne lui appartient pas : quiconque tente de commettre un acte illégal contre autrui peut être repoussé avec autant de force que nécessaire pour protéger ses biens ou sa personne, et le Christ antitypique, maintenant présent comme Moïse antitypique, envoie ses représentants proclamer l'évangile du Royaume sans que personne ait le droit d'entraver l'exécution de ce commandement.[912]
Le 28 septembre (Joël 3:6, 8) précise la rétribution promise aux religionnaires : ce qu'ils tirent de l'exposition de la religion se résume à la honte, tandis que les serviteurs fidèles de Jéhovah gagnent le privilège de participer à la vindication du nom divin ; les chefs religieux seront éloignés du domaine de leurs activités commerciales et religieuses, leur organisation étant brisée et détruite par les éléments radicaux qui la brûleront, le Seigneur ayant lui-même mis cela dans leurs esprits.[913]
Le 29 septembre (Matthieu 25:32) précise que Jéhovah n'assume aucune responsabilité dans les divisions nationales entre hommes : Christ Jésus est maintenant présent et sépare les individus de toutes les nations en deux classes — les obéissants en tant que «brebis» et les opposants en tant que «boucs» —, la question centrale de ce jugement étant de savoir si chaque individu est pour la règle théocratique par Christ Jésus ou pour la continuation du règne de Satan par les éléments politiques et religieux du monde.[914]
Le 30 septembre (2 Chroniques 20:15) tire de la coalition de Moab, Ammon et la montagne de Séir marchant contre Jérusalem la figure d'Armageddon : comme Josaphat reçut l'instruction de marcher hardiment contre l'ennemi en chantant les louanges de Jéhovah, et que Dieu combattit lui-même la bataille et détruisit complètement l'ennemi, ce récit préfigure ce qui s'accomplira pour le peuple de l'alliance à la grande bataille finale.[915]
Le 1er octobre (Joël 3:10) adresse aux religionnaires un défi ironique : leurs serpes de vigne n'ayant pas réussi à contraindre tous les hommes à rejoindre leur organisation, il leur est suggéré de les convertir en lances et d'employer la violence pour régimenter les peuples, devenant des guerriers ouverts — ce faisant, comparés à l'armée du Dieu Tout-Puissant, toute nation et toute organisation demeurent faibles et dérisoires.[916]
Le 2 octobre (Jacques 2:25) présente Rahab comme le modèle des Jonadabs : ayant accordé plus de prix à la faveur de Dieu qu'à celle du roi de Jéricho, elle montra sa crainte de Dieu et son absence de crainte des hommes, et pour cette foi — approuvée par le Seigneur qui la tint pour juste — elle reçut sa protection, établissant ainsi que la foi en Dieu est le premier impératif pour la protection.[917]
Le 3 octobre (Luc 2:14) pose que les hommes de bonne volonté envers Dieu sont les seuls qui jouiront du «gouvernement et de la paix» divine : ils doivent croire que Jéhovah est le Dieu Tout-Puissant, que Christ Jésus est le Roi, et que son Royaume est l'espoir de l'humanité ; la connaissance et la compréhension de la Bible constitue la seule consolation et espérance pour les affligés qui désirent la justice et la paix dans le monde actuel sans espoir.[918]
Le 4 octobre (Amos 4:9) décrit l'essaim de sauterelles vivantes s'abattant sur la «chrétienté» sans violence physique mais dévorant la nourriture spirituelle qu'elle avait préparée et distribuée : le message de la Parole de Dieu proclamé au peuple consume ce que la chrétienté produit comme alimentation dite «spirituelle», et les témoins de Jéhovah sont présentés comme ne menant pas une «œuvre de haine» mais obéissant au commandement de Dieu, cette proclamation étant une expression de sa colère contre l'hypocrisie par laquelle son nom est déshonoré.[919]
Le 5 octobre (Job 12:9) insiste sur l'origine divine de la plaie de sauterelles frappant la chrétienté : ce n'est pas une autre campagne religieuse humaine ni un mouvement de propagande athée, bolchevique, communiste ou radical irréligieux, mais bien Dieu Tout-Puissant qui envoie ses serviteurs déclarer son nom et son dessein, cette action devant impérativement précéder la bataille d'Armageddon conformément à Exode 9:16.[920]
Le 6 octobre (Josué 4:9) interprète les douze pierres placées au milieu du Jourdain comme le symbole de la déclaration du nom de Jéhovah au cœur même de l'humanité tourmentée ; leur accomplissement antitypique est l'immense tas de littérature que les serviteurs fidèles ont entassé et distribué au peuple durant les années de la traversée du Jourdain antitypique, littérature déposée au cœur des peuples témoignant des desseins du Très-Haut à ceux de bonne volonté.[921]
Le 7 octobre (Romains 12:2) interdit expressément tout «heil» à un dirigeant humain tel qu'il est requis en Allemagne, tout salut ou tout acte d'adoration envers un symbole représentant un gouvernement terrestre, car ce faisant on attribuerait le salut à ce gouvernement : les membres du peuple de l'alliance de Dieu doivent être entièrement pour son Royaume quelle que soit la souffrance qui peut en résulter, sans compter sur les gouvernements du monde mais en se fiant uniquement à Jéhovah Dieu et à son Royaume.[922]
Le 8 octobre (Nombres 13:16) relit le changement de nom d'Osée en Josué — «Jéhovah le Sauveur» — comme préfigurant le nouveau nom de «témoins de Jéhovah» reçu par ceux qui étaient autrefois connus comme «étudiants de la Bible» : comme Josué était chargé de magnifier le nom de Jéhovah Dieu, et comme son père Nun signifie «perpétuité», Josué figurait le Fils du seul Être perpétuel, Jéhovah Dieu, particulièrement à partir de 1918 quand Christ Jésus s'engagea dans l'œuvre de vindication du nom de son Père.[923]
Le 9 octobre (Josué 6:17, 19) enseigne que la destruction de la chrétienté n'a pas pour but d'enrichir des créatures mais de vindiquer le nom de Jéhovah, les vrais serviteurs du Christ devant exposer la méchanceté de la chrétienté uniquement par amour pour Jéhovah et pour la vindication de son nom — ce que les témoins de Jéhovah font sur commandement divin et non dans une «campagne de haine» comme leurs adversaires l'allèguent à tort.[924]
Le 10 octobre (Proverbes 29:25) précise que la «crainte des hommes» ne se limite pas à la peur d'une blessure corporelle mais englobe la peur de ne pas obtenir l'approbation ou les applaudissements des hommes : quiconque a contracté une alliance avec Dieu et s'abstient de sonner le message contre la religion par crainte du blâme d'autrui est conduit dans le piège de Satan.[925]
Le 11 octobre (Daniel 12:2) réinterprète la résurrection des deux classes non comme la résurrection générale des morts durant le règne du Christ, mais comme un réveil qui se produit avant Armageddon dans le «jour de Jéhovah» : les «autres brebis» composant la grande multitude s'éveillent à la vie éternelle depuis les conditions d'ignorance et d'inactivité figurées par la «poussière de la terre», tandis que la «classe des boucs» s'éveille à un mépris éternel en prenant conscience de sa condition désespérée avant l'exécution finale — la «poussière de la terre» représentant des choses basses, sans valeur, discréditées.[926]
Le 12 octobre (Joël 3:17) annonce que les survivants d'Armageddon sauront que Christ est le Roi de justice et Jéhovah le Souverain suprême : ceux qui se sont dévoués au Grand Théocrate et à son Roi connaissent déjà ce fait, et Armageddon en donnera une confirmation complète à tous les survivants ; Jéhovah ne s'identifie pas aux sept collines de Rome mais à sa propre organisation capitale Sion, dont Christ Jésus est le Chef et le «Témoin Fidèle et Vrai» — la religion périra, le Royaume du Christ subsistera éternellement.[927]
Le 13 octobre (Juges 7:20-21) tire de la victoire de Gideon sur les Madianites — obtenus après que les Israélites défaillants se furent repentis de s'être tournés vers la religion — la figure de la fidélité exigée des serviteurs de Dieu : Jéhovah avait délivré Israël en lui rappelant que lui-même était leur libérateur mais qu'ils avaient manqué de foi ; il suscita Gideon pour conduire les Israélites fidèles contre l'ennemi, le routant et le détruisant, tableau prophétique de ce que Jéhovah accomplira pour ses fidèles serviteurs à Armageddon.[928]
Le 14 octobre (Josué 8:35) souligne la fidélité de Josué à la Parole de Dieu dans toute sa teneur, toute la congrégation devant demeurer immobile et écouter ; de même, le Seigneur porte à l'attention du peuple par les publications de la Tour de Garde son message d'avertissement et ses instructions, afin que ceux qui aiment Dieu et son Royaume soient instruits de ce qui est nécessaire pour échapper à la malédiction et recevoir les bénédictions divines, les adultes fidèles veillant à transmettre cette information à leurs enfants.[929]
Le 15 octobre (Matthieu 20:28) précise que la rançon n'est ni automatique ni universelle : sans le mérite du Christ Jésus appliqué et reçu par l'individu, nul ne peut échapper à la juste punition de la mort éternelle ; la doctrine d'une rançon pour tous sans égard à la foi est déclarée entièrement dépourvue d'autorité scripturaire, le prix d'achat correspondant exactement à ce que l'Adam parfait avait forfait pour lui-même et perdu pour toute sa postérité — et c'est Christ seul, indépendamment des membres de son corps, qui accomplit l'acte de rachat.[930] Le 16 octobre (Job 33:23-24) identifie l'«Interprète» et «Messager» parmi mille à Christ Jésus, l'Avocat : en 1918, la classe antitypique de Job se trouvait dans une grande détresse sous l'oppression ennemie, et seul un reste fidèle fut épargné de «descendre dans la fosse» parce qu'il trouva en Christ un rachat couvrant — une expiation et une délivrance par et à travers son Avocat.[931]
Le 17 octobre (Actes 2:21) avertit que ceux qui demeurent avec les religionnaires sont certains de périr dans la grande catastrophe d'Armageddon ; seuls ceux qui entendent la vérité avant Armageddon, obéissent au Seigneur en fuyant la religion et cherchent diligemment la protection sous Christ Jésus trouveront délivrance — et tout homme qui souhaite suivre la Hiérarchie catholique romaine et les dictateurs en leur rendant hommage en est pleinement averti.[932] Le 18 octobre (Joël 3:12) décrit Jéhovah siégeant dans la vallée de Josaphat non pour un procès de tribunal avec plaidoiries et arguments mais pour l'exécution directe du jugement : « Aucun dossier déposé, aucun argument entendu — c'est l'heure de l'exécution », la bouche de tout opposant au Dieu Tout-Puissant étant à jamais réduite au silence.[933]
Le 19 octobre (Psaumes 25:9) déclare que le nom et le gouvernement de Jéhovah sont désormais clairement révélés aux fidèles comme ce qui revêt la plus haute importance : la religion est parvenue à sa fin, est condamnée et sera sous peu détruite, et seuls ceux qui donnent leur allégeance pleine et entière à la Théocratie plairont à Dieu et recevront ses bénédictions éternelles.[934] Le 20 octobre (Joël 2:8) assure que nulle puissance humaine ni diabolique ne peut arrêter la marche en avant de l'armée de Jéhovah : certains témoins subissent de cruels châtiments corporels et certains ont même été tués par les représentants religieux de Satan, mais les survivants ne pleurent pas ces morts, sachant que ceux qui meurent dans la fidélité sont instantanément transformés à la ressemblance glorieuse du Christ Jésus.[935]
Le 21 octobre (Matthieu 5:39) précise que la formule «ne résiste pas au mal» s'adressait aux Israélites sous l'alliance de la Loi — leur «adversaire» désignant cette alliance elle-même qui leur infligeait un juste châtiment lorsqu'ils en violaient les termes —, non aux serviteurs de Dieu confrontés à des violences pendant la prédication ; l'injonction de «tendre l'autre joue» illustrait la soumission à ce châtiment divin juste, et non une règle de passivité universelle.[936] Le 22 octobre (Joël 2:6) décrit la réaction des ecclésiastiques à l'approche des témoins de Jéhovah : leurs visages trahissent une anxiété évidente lorsqu'ils sont contactés ou observent les activités des témoins, et ils recourent à des paroles dures, mais voyant que ces derniers n'en sont pas dissuadés et poursuivent leur œuvre sans crainte, les religionnaires concluent que c'est un signe de destruction imminente pour leur «racket».[937]
Le 23 octobre (Jérémie 1:7-8) souligne que les paroles adressées à Jérémie s'appliquent maintenant avec une force accrue aux témoins de Jéhovah sur terre : les hommes du monde insistent pour qu'on n'attire pas publiquement l'attention sur les manquements d'autrui et préconisent de «ne pas parler de trouble», mais ceux qui obéissent à Jéhovah ne peuvent suivre cette règle — le message qu'ils délivrent n'est pas le leur mais celui de Dieu, qu'il commande de livrer.[938] Le 24 octobre (Marc 13:19-20) date les événements eschatologiques : le combat entre le Seigneur et le Diable débuta en 1914, puis en 1918 Jéhovah arrêta ce combat en «abrégeant ces jours», ménageant ainsi un intervalle de paix relative permettant à ses témoins d'avertir les gens et de servir ceux de bonne volonté ; cette «bonne et étrange œuvre» est désormais en cours et approche de sa fin, après quoi suivra immédiatement «une grande tribulation telle que le monde n'en a jamais connu», qui sera la dernière.[939]
Le 25 octobre (Lévitique 16:15) expose la signification typologique du sang du bouc aspergé sur le propitiatoire : c'est uniquement le sang-vie de l'homme Jésus qui constitue le prix d'achat présenté au ciel comme offrande pour le péché, et chaque membre de l'humanité appelé à «la vocation élevée» doit porter les opprobres qui tombent sur le Christ Jésus, souffrir et mourir avec lui comme condition préalable à régner avec lui dans les cieux.[940] Le 26 octobre (Romains 6:23) précise que le don de Dieu est conditionnel : un don ne peut devenir opérant que par la rencontre de la volonté du donneur et du receveur — celui à qui il est offert et qui refuse ou omet de l'accepter n'en bénéficie pas ; c'est par et à travers le Christ Jésus que s'ouvre la voie d'échapper à la mort et d'accéder à la vie éternelle, et il n'existe aucun autre nom ni aucune autre voie.[941]
Le 27 octobre (Joël 2:7) décrit chaque membre de la classe du «serviteur fidèle et avisé» comme conscient que le commandement du Seigneur lui assigne un travail spécifique : il n'interfère pas avec la tâche des autres, sait qu'il n'a aucune force en lui-même, avance comme une bande unie de guerriers — «les sauterelles n'ont pas de roi et pourtant elles avancent toutes en bandes» (Proverbes 30:27) —, s'abstenant de tout orgueil.[942] Le 28 octobre (1 Corinthiens 4:7) corrige une tendance à se soustraire au travail de porte à porte : certains consacrés estimaient que leur position dans la congrégation les dispensait du témoignage de maison en maison, leur rôle se limitant aux discours et aux réunions ; mais nulle position ne peut excuser quelqu'un de partager la culpabilité et la tristesse pour l'opprobre fait au nom de Dieu, et tous sont exhortés à pleurer et à montrer un cœur contrit pour leur manque de zèle à faire connaître le nom du Très-Haut.[943]
Le 29 octobre (Joël 2:29) précise que le but de l'effusion de l'esprit saint est que ceux qui le reçoivent soient des serviteurs du Seigneur — ce qui implique de le servir activement —, non des servants «à l'œil» cherchant à être vus des hommes ni des «hommes-plaisants», mais des « serviteurs du Christ, faisant de leur cœur la volonté de Dieu »; aucune condition antérieure — position mondaine, éducation ou réputation — ne fait de différence, tous les oints étant commissionnés pour rendre service à la gloire de Dieu et à son Royaume.[944] Le 30 octobre (Luc 12:4) précise que le chrétien doit obéir à la loi, éviter le combat physique et n'y recourir qu'en dernier ressort pour sa propre protection ; mais il n'est pas contraint de se soumettre sans résistance à une attaque de voyous ou de ceux qui tenteraient de l'empêcher d'exercer légalement son travail de proclamation de l'Évangile — lequel sera proclamé quoi qu'il arrive, l'ennemi ne devant pas prévaloir.[945]
Le 31 octobre (Josué 2:20) affirme que le reste oint et la grande multitude doivent être étroitement liés par des liens d'altruisme et protéger mutuellement leurs intérêts : compromettre avec l'ennemi annule toute prétention à la protection du Seigneur, et ceux de la grande multitude doivent être fidèles aux intérêts du Royaume ; comme Rahab aida les espions à faire un bon rapport à Josué, les Jonadabs aident les témoins à rendre fidèlement compte à Christ Jésus.[946]
Le 1er novembre (Apocalypse 9:3-9) présente l'organisation de Dieu comme un immense et irrésistible char aux quatre roues décrit par Ézéchiel, dont l'avancée frappe de terreur les religionnaires : l'opposition gouvernementale ne dissuade pas les témoins de Jéhovah ni ne les effraie en les soumettant — ils font confiance à Dieu sans réserve et avancent sans crainte.[947] Le 2 novembre (2 Rois 10:15) précise que les personnes désignées comme «Jonadabs» doivent prouver leur pleine obéissance au commandement du Seigneur avant la bataille d'Armageddon : c'est en se rangeant du côté de son gouvernement théocratique sous Christ que ces gens de bonne volonté bénéficieront de la protection divine et survivront pour vivre éternellement sur la terre, constituant la grande multitude de ceux qui ne mourront jamais.[948]
Le 3 novembre (Jean 16:33) assure que l'ennemi peut menacer et fanfaronner, mais ne peut arrêter l'œuvre de témoignage qui se poursuivra jusqu'à ce que Dieu lui-même permette qu'elle soit arrêtée ; comme Jéhovah dit à Josué, il dit aujourd'hui à ses fidèles : «Ne sois pas effrayé, car le Seigneur ton Dieu est avec toi partout où tu vas» — ceux qui aiment vraiment Dieu et son Royaume n'auront pas peur, conformément à 1 Jean 4:17-18.[949] Le 4 novembre (Josué 2:15) souligne que les Jonadabs doivent être énergiques, jamais paresseux, et prêts à employer leurs facultés en faveur des intérêts du Royaume : comme Rahab avait de ses propres mains industrieuses confectionné la corde par laquelle elle fit descendre les espions, la même règle s'applique exactement aujourd'hui aux Jonadabs à l'égard du reste oint.[950]
Le 5 novembre (Psaumes 119:128, 163) distingue la haine de la fausse doctrine de la haine des personnes : les témoins de Jéhovah ne haïssent pas un individu parce qu'il a été amené à pratiquer une religion particulière, mais ils haïssent la religion en tant que telle parce qu'elle est fausse, diffame le nom de Dieu et cause un grand tort au genre humain ; leur témoignage qui expose la duplicité de la religion n'est pas le leur mais procède de Jéhovah.[951] Le 6 novembre (Josué 4:24) exhorte les fidèles à continuer de raconter les faits miraculeux du Jourdain antitypique — la protection de Jéhovah à travers cette période — tant à eux-mêmes qu'aux gens de bonne volonté parmi eux, et à continuer d'être des témoins fidèles auprès des peuples du monde afin qu'ils soient avertis du dessein de Dieu de détruire tout l'ennemi à Armageddon.[952]
Le 7 novembre (Ésaïe 65:13) oppose l'abondance de nourriture spirituelle distribuée par les témoins de Jéhovah à l'absence totale de cela dans la «Chrétienté» : ni le clergé catholique romain, ni les autres chefs religieux, ni la «classe du mauvais serviteur» ne participent à la distribution de la nourriture spirituelle du Seigneur — tous ces aliments sont portés au peuple uniquement par les témoins de Jéhovah et leurs compagnons agissant par l'intermédiaire de l'organisation Tour de Garde.[953] Le 8 novembre (Romains 2:29) définit la «circoncision du cœur» comme la preuve concrète de la fidélité et de l'intégrité : les oints doivent louer Jéhovah constamment malgré toute opposition, maintenir une unité complète entre eux, sauvegarder et promouvoir les intérêts du Royaume — pour eux le Royaume est tout, car c'est le moyen d'honorer et de vindiquer le nom de Jéhovah — et ne jamais attirer l'attention sur eux-mêmes.[954]
Le 9 novembre (Marc 3:35) expose la règle de neutralité absolue vis-à-vis des guerres entre nations : si un proche est contre le Royaume de Dieu, la seule obligation est de lui annoncer la provision divine ; si ce proche est du côté de Dieu, il mérite défense et protection — mais cela n'implique nullement de combattre pour une nation contre une autre, toutes deux s'opposant à Dieu ; en revanche si un ennemi du Grand Théocrate tente de nuire au fidèle ou de l'empêcher dans son œuvre pour le Royaume, le fidèle a le droit de se défendre et de défendre ses frères spirituels.[955] Le 10 novembre (Josué 6:25) tire du nom de Josué — «Sauveur» — la figure du Grand Josué Christ Jésus : il exécutera toute l'armée de Satan à Armageddon mais sauvera la grande multitude, ses «autres brebis», prouvant que la «classe Rahab» survivra à Armageddon en raison de sa foi et de son obéissance ; aucun récit de la mort de Rahab n'est mentionné dans les Écritures, et comme récompense la grande multitude entre dans une relation intime avec le reste de Dieu sur terre et reçoit ensuite la vie éternelle avec le privilège d'accomplir le mandat divin.[956]
Le 11 novembre (Philippiens 1:29) déclare que la «strange work» de Dieu doit être accomplie jusqu'à son terme : ceux qui ont contracté une alliance pour faire sa volonté et qui ensuite refusent d'accomplir leur part ne peuvent avoir son approbation ni sa bénédiction ; accomplir fidèlement ce devoir attire nécessairement l'opprobre, mais cet opprobre est présenté comme le privilège de souffrir avec le Christ, et les fidèles s'en réjouissent grandement — le peuple de Dieu ne se tient plus sur la défensive mais doit prendre l'initiative agressive et offensive avec beaucoup de courage.[957] Le 12 novembre (Joël 2:11) pose la question de qui peut subsister dans l'organisation de Dieu — comme membre du reste ou de ses «autres brebis» — en ce «terrible jour» : seuls ceux qui ont une foi pleine et une pleine confiance en Dieu et en son Roi, et qui marchent en avant dans l'obéissance à ses commandements malgré l'opposition ennemie, peuvent y subsister ; ces fidèles comprennent pleinement que leur combat n'est pas contre des créatures humaines ni contre des gouvernements humains, mais contre le Diable et son armée d'anges méchants.[958]
Le 13 novembre (Apocalypse 19:11) peint le Grand Vindicateur de Jéhovah — le «Témoin Fidèle et Vrai» — montant un cheval blanc et marchant au combat : l'heure zéro a sonné, le Puissant Guerrier conduit son armée invincible à l'attaque, et le déluge fut le point culminant du premier monde de méchanceté dont la fin préfigurait le point culminant du «monde présent» de méchanceté et de violence — les fidèles sur terre discernent cette marche en avant et en attendent le résultat avec empressement.[959]
Le 14 novembre (Joël 2:30) interprète le «feu» comme le message ardent de Jéhovah proclamé sur toute la terre et particulièrement dans la «Chrétienté» hypocrite, un message qui a brûlé et roussi sévèrement les religionnaires ; les «colonnes de fumée» symbolisent le tourment des ennemis de Jéhovah et l'expression de sa colère — une colère manifestée par intermittence durant les «derniers jours» mais qui s'exprimera pleinement à Armageddon, après quoi la fumée montera pour toujours, signifiant que les détruits auront cessé d'exister.[960]
Le 15 novembre (Psaumes 118:6) dresse le tableau de la coalition adverse : les dirigeants du communisme, du fascisme, du nazisme et la Hiérarchie catholique romaine sont présentés comme tous sous le commandement du Diable, résolus à détruire le peuple de Dieu pour vaincre Jéhovah et son Roi ; mais Christ Jésus est en command, et le Roi d'Éternité assure à ses fidèles témoins que « ils ne prévaudront pas contre toi — sois de grand courage ».[961]
Le 16 novembre (Tite 2:11) réaffirme que le sang-vie de l'homme Jésus constitue le prix d'achat de l'humanité pécheresse, présenté au ciel comme offrande pour le péché en faveur de tous ceux qui croient en Christ Jésus ; la vie éternelle est le don de Jéhovah par Christ, et nul ne peut accéder à la vie sans croire en Dieu, croire au Christ et demander le salut en contractant un accord inconditionnel d'accomplir la volonté divine.[962]
Le 17 novembre (Ésaïe 37:33-36) tire du siège de Jérusalem par Sennachérib la figure des opposants coalisés au Royaume de Dieu qui marchent aujourd'hui contre les témoins de Jéhovah en défi au Dieu Tout-Puissant : comme Ézéchias pria Jéhovah et reçut délivrance par l'ange qui abattit l'armée assyrienne, une épreuve similaire s'est abattue sur le peuple de Dieu aujourd'hui, et Jéhovah récompensera de même leur foi en délivrant ses fidèles et en détruisant complètement l'ennemi.[963]
Le 18 novembre (1 Jean 4:10) précise que la justice divine n'est pas l'attribut en jeu dans la rédemption : si la seule justice divine s'appliquait, toute l'humanité devrait périr ; c'est l'attribut de l'amour qui est invoqué, et Dieu n'est sous aucune obligation de racheter les hommes pécheurs ni d'étendre sa miséricorde à toute créature indifférente à la rechercher — l'exemple prophétique de Jacob et Ésaü (Romains 9:18) illustrant la prescience divine à l'égard des deux classes de personnes.[964]
Le 19 novembre (Joël 2:27) rappelle que vers la fin de 1918 Jéhovah parut un temps abandonner ses consacrés parce qu'ils avaient manifesté de la peur devant l'ennemi ; mais depuis 1919, les fidèles sortis de la détresse ont reçu l'assurance que Jéhovah ne les abandonnera plus jamais — il est leur Ami éternel, et depuis cette date il a ouvert leur compréhension des prophéties, les fidèles n'ayant plus aucune raison de craindre qu'il les ait délaissés.[965]
Le 20 novembre (Matthieu 12:30) pose l'alternative absolue : face à la Théocratie, le monde de Satan sera bientôt complètement détruit, et le conflit entre les deux est mortel, sans place pour aucun compromis ; celui qui a une vision du Royaume comprend que tout être qui n'est pas pour lui est contre lui, et il ne peut rien laisser le détourner d'un dévouement et d'un service total à la Théocratie, seul espoir de l'humanité.[966]
Le 21 novembre (Joël 3:4) s'adresse ironiquement à la «Tyr moderne» — la Hiérarchie — en lui demandant si elle tente de «payer» le Seigneur pour avoir exposé sa corruption et démontré qu'elle sert Satan : le jour du règlement est arrivé et le compte sera soldé à Armageddon, car dès que la «strange work» sera accomplie, il n'y aura aucun délai dans le règlement de compte avec l'ennemi.[967]
Le 22 novembre (Luc 16:27-29) identifie le père de la «classe de l'homme riche» au Diable, les cinq frères représentant avec lui les six membres de toute la maison ou organisation de Satan ; ces derniers ont eu les Écritures auxquelles ils auraient pu obéir, mais ont préféré la religion à la loi de Dieu — et même si les fidèles témoins d'antan revenaient bientôt des morts pour témoigner devant les religionnaires, ceux-ci n'entendraient pas et n'obéiraient pas, le jugement de Christ Jésus au temple étant définitif.[968]
Le 23 novembre (Hébreux 11:33-34) tire les exemples de Shadrach, Méshach et Abed-nego — refusant de céder à la religion satanique et protégés par le Seigneur dans la fournaise ardente, tandis que les flammes détruisirent leurs bourreaux — et de Daniel — livré au roi Darius mais sauvé des lions, dont les conspirateurs périrent — comme preuves que Dieu protège ses fidèles qui lui font entièrement confiance.[969]
Le 24 novembre (Osée 13:14) applique la délivrance de la «nouvelle création» : les oints de Dieu furent rachetés de la mort au moment de leur justification par Jéhovah après leur consécration, et en 1918 Satan tenta de détruire tous les consacrés, mais en 1919 le Seigneur les racheta et les délivra de l'organisation de Satan, empêchant l'ennemi de les submerger.[970]
Le 25 novembre (Joël 2:17) rappelle que l'intérêt le plus vif des consacrés doit être le Royaume et la vindication du nom de Jéhovah : il était nécessaire que la «classe du serviteur fidèle» reçoive miséricorde et soit relevée de sa voie d'erreur — particulièrement de la religion et des pratiques religieuses — pour éviter la plaie qui s'abat maintenant sur la «Chrétienté» et pour être des serviteurs à l'honneur de Jéhovah.[971]
Le 26 novembre (Joël 3:2-3) dénonce la fornication spirituelle du clergé avec le monde de Satan : pour obtenir la faveur des dirigeants politiques, les ecclésiastiques ont été prêts à livrer les vrais serviteurs de Dieu et du Christ qu'ils avaient juré de servir ; à ce jour, les religionnaires continuent d'employer la violence et d'inciter les ignorants à s'en prendre aux serviteurs de Dieu, mais Jéhovah a sa main sur les siens et les vengera en temps voulu.[972]
Le 27 novembre (Jacques 1:8) pose l'incompatibilité totale entre le suivi du Christ et tout compromis : celui qui est pour la Théocratie ne compromettra pas pour échapper à la haine ou à la punition ennemie, mais prouvera son intégrité envers Dieu, démontrant que le défi du Diable à Jéhovah est un mensonge ; ceux qui se rangent du côté du grand Théocrate et de son Roi tiendront ferme, se fiant uniquement à Dieu, et demeureront entièrement neutres à l'égard des nations en guerre.[973]
Le 28 novembre (Joël 2:32) précise que Jérusalem et Sion figuraient l'organisation universelle et capitale de Jéhovah : sur cette montagne antitypique se tiennent Christ Jésus et les 144 000 membres de son corps, fortement retranchés contre l'ennemi ; tous les gens de bonne volonté qui fuient vers «les montagnes» et y demeurent fidèlement sous la protection du Christ jusqu'à la fin d'Armageddon seront délivrés, la protection et le salut ne venant que du Seigneur par son organisation royale.[974]
Le 29 novembre (Ésaïe 49:9) annonce que la fin de la règle de Satan est arrivée et l'heure de la pleine vindication du nom de Jéhovah : la promesse divine ne s'étend ni aux ennemis ni à ceux qui demeurent indifférents et inactifs envers Dieu et sa «strange work» — chacun doit prendre une position positive pour le Seigneur, et ceux qui trouvent refuge doivent se tenir hardiment du côté du Seigneur en se fiant entièrement à lui.[975]
Le 30 novembre (Joël 2:10-11) présente les grands ecclésiastiques et les principaux de leurs troupeaux comme symboliquement désignés «soleil», «lune» et «étoiles» brillantes par leurs paroissiens, mais dont la lumière est considérablement obscurcie par le message du Royaume proclamé par l'armée des sauterelles antitypiques ; ce message dirige l'espoir honnête des gens non vers des dirigeants religieux mais vers Christ Jésus et son Royaume, et la «strange work» de Jéhovah ne donne aucune gloire aux hommes du monde.[976]
Le 1er décembre (1 Jean 4:17) rappelle que les témoins de Jéhovah sont envoyés comme messagers pour déclarer les jugements de Dieu et informer les gens de bonne volonté afin qu'ils fuient en sécurité ; ceux en alliance avec Jéhovah doivent garder à l'esprit que beaucoup de gens sont tenus en servitude par des institutions religieuses tout en étant sincères et désireux de justice — l'obligation d'avertir ces personnes incombe aux témoins et à leurs compagnons, qui ne seront pas craintifs mais hardis en ce «jour du jugement».[977]
Le 2 décembre (Matthieu 6:33) désigne le Royaume de Dieu — le gouvernement théocratique sous Christ Jésus régnant en justice — comme ce qui revêt la plus haute importance pour l'humanité, raison pour laquelle le Diable l'oppose avec fraude, mensonge et violence ; Jésus avait enseigné que Dieu sélectionnerait parmi les hommes ceux qui seraient fidèles et à qui il confierait les intérêts de son Royaume sur terre, les plus humbles d'entre eux étant finalement plus grands que tout être humain terrestre.[978]
Le 3 décembre (Hébreux 12:15-16) avertit que depuis 1933 certains, après avoir participé à la proclamation contre l'organisation de Satan, ont imité Achan en cédant à une tentation égoïste : le désir de plus grande estime parmi les hommes, de gloire personnelle ou d'un gain individuel a conduit des membres autrefois dans l'organisation à «vendre leur droit d'aînesse», comme Achan commettant un grand péché par convoitise et Ésaü par satisfaction de soi.[979]
Le 4 décembre (Joël 1:6) présente l'armée envahissante du Seigneur comme forte et hardie parce qu'envoyée dans la puissance divine, «sans nombre» par rapport à l'humanité en raison de leur zèle et de leur action organisée et harmonieuse ; Christ Jésus est «le Lion de la tribu de Juda» dont les mâchoires déchirent toute hypocrisie qui déshonore le nom de Jéhovah, et ses vrais disciples ont part à cette œuvre.[980]
Le 5 décembre (Hébreux 11:13) tire d'Abraham — serviteur non d'un roi terrestre mais du Grand Théocrate — la figure du chrétien neutre : n'agissant pas comme un nationaliste indigène plaçant l'État au-dessus de Dieu, Abraham n'avait aucune part dans les affaires gouvernementales du pays où il résidait, «saluait» en attribuant le salut à Dieu seul et ne saluait pas le drapeau des gouvernements mondains, ne cherchant ni protection ni salut d'aucun gouvernement terrestre.[981]
Le 6 décembre (Josué 3:3) relit l'arche de l'alliance comme le symbole de la présence de Christ Jésus au temple : lorsque Jéhovah y vint représenté par Christ, le moment était venu d'avancer en suivant le commandement du Seigneur et non la conduite des hommes ; les Israélites sur les rives du Jourdain n'avaient plus la nuée ni la colonne de feu, mais devaient suivre l'arche, de même que depuis la venue de Christ au temple l'esprit saint ne sert plus de guide mais Christ Jésus, «l'arche antitypique de l'alliance», dirige le mouvement de son peuple.[982]
Le 7 décembre (Jean 1:29) précise que la formule «qui ôte le péché du monde» ne signifie pas que Jésus enlève le péché de tous ceux qui refusent délibérément d'en profiter et choisissent la méchanceté ; comme Jésus condamna vigoureusement les Pharisées et leurs alliés religieux en les qualifiant de descendants du Diable dignes de mort, tenir que son sacrifice de rançon s'appliquerait à de tels adversaires serait nier la sincérité et la vérité de sa condamnation — la bonté et la miséricorde de Jéhovah s'étendent uniquement à ceux qui croient en Dieu et le servent fidèlement.[983]
Le 8 décembre (Joël 3:13) s'adresse au Christ, Roi et Exécuteur de Jéhovah : la terre est pleine de méchanceté et de violence, le moment de l'éliminer est venu ; au début d'Armageddon le pressoir sera plein car la division du peuple sera achevée — les «boucs» à la gauche et les gens de bonne volonté à la droite du Juge Christ Jésus —, et tout sera prêt pour le choc des puissances, la «Chrétienté» constituant la partie principale de l'organisation terrestre désormais mûre et prête pour la destruction.[984]
Le 9 décembre (Apocalypse 12:10) expose la nature invisible de la Théocratie — gouvernement céleste de Jéhovah par Christ Jésus, le Roi invisible aux yeux humains, non allié ni représenté par aucun gouvernement religieux, politique ou judiciaire terrestre — : Jéhovah est neutre dans les guerres entre nations, sourd aux prières du clergé de toutes les parties belligérantes, n'entendant que les prières de ceux qui sont pour son Gouvernement Théocratique, et ses fidèles en alliance doivent donc demeurer entièrement neutres, dépendant de lui seul pour protection et salut.[985]
Le 10 décembre (Josué 5:13-14) interprète la révélation à Josué du chef de l'armée de Jéhovah comme la figure de Christ Jésus, Grand Maréchal de campo conduisant les armées de Jéhovah contre l'organisation de Satan : nul homme ne dirige ni ne commande le combat, mais la bataille appartient à Jéhovah, et le reste terrestre doit obéir entièrement à Christ en toutes choses avant la bataille d'Armageddon sous peine de destruction.[986]
Le 11 décembre (Ésaïe 32:1, 17) définit la Théocratie comme un gouvernement de paix : le Roi est le Souverain de Paix, et tous les membres de son organisation officielle doivent être en paix avec Dieu, avec le Roi et avec chaque membre de la maison royale — nul ne peut se retirer volontairement de l'organisation divine en invoquant comme excuse le fait d'être offensé par un autre de ses membres, Dieu seul jugeant ses serviteurs selon Romains 14:4.[987]
Le 12 décembre (Joël 2:15-16) établit que l'alliance contractée pour faire la volonté de Dieu prend le pas sur toute autre alliance, y compris matrimoniale ; annoncer le Roi qui vindiquera le nom de Jéhovah est le privilège et le devoir de quiconque a prononcé le vœu de consécration, et les paroles de Jésus en Luc 14:26 s'appliquent aujourd'hui avec une force accrue.[988]
Le 13 décembre (Jean 18:36) précise que «ce monde» désigne le monde méchant sur lequel le Diable est dieu, que Jésus n'avait pas le droit d'interrompre avant que Dieu n'envoie son Fils régner en 1914 ; les paroles du Christ impliquent qu'il y aurait en temps voulu un moment propice au combat — celui-ci devant attendre l'heure fixée par Jéhovah —, mais cela n'autorise ni à chercher querelle délibérément ni à permettre aux agents de Satan de détruire impunément les efforts de prédication du message du Royaume.[989]
Le 14 décembre (Josué 4:15-16) tire de l'ordre donné aux prêtres portant l'arche de sortir du Jourdain la figure du commandement de Jéhovah à son peuple d'«avancer contre l'ennemi» : une fois le Jourdain antitypique franchi, les oints se retrouvent face à face avec leurs adversaires, qui tentent injustement de conserver ce qui ne leur appartient pas — le droit de gouverner le monde — et se tiennent «là où ils ne devraient pas», constituant ainsi «l'abomination qui rend désolée». La montée de l'arche hors du Jourdain symbolise l'entrée de Jéhovah avec son peuple de l'alliance dans la terre promise, garantissant sa présence dans le combat contre l'ennemi et exhortant les fidèles à un courage sans faille.[990]
Le 15 décembre (Matthieu 13:44) interprète le «trésor caché dans un champ» comme le mystère caché du Royaume céleste : Christ Jésus, en se rendant pleinement obéissant à la volonté de son Père, est devenu héritier de toutes choses, y compris de ce trésor ; ce n'est pas sa mort comme prix de rançon pour l'homme qui lui valut cet héritage, mais l'abandon total de tout — y compris sa vie humaine — pour maintenir son intégrité et sa fidélité à Dieu jusqu'à la mort, démontrant ainsi son amour pour la Théocratie qui vindiquera le nom de son Père.[991]
Le 16 décembre (Joël 3:18) interprète les «canaux» qui «couleront d'eaux» comme les moyens par lesquels Jéhovah achemine vers son reste restauré les vérités en réserve pour lui : la Bible rendue désormais claire, les livres, magazines, phonographes, disques et autres ressources de l'organisation de service constituent ces canaux ; le message du Royaume n'est pas confiné à la classe du temple, mais les grandes fontaines de vérité coulent maintenant pour rafraîchir le reste et soutenir la grande multitude — pas de «soif d'eau», de soif d'entendre la Parole de Dieu, parmi le peuple fidèle.[992]
Le 17 décembre (Éphésiens 6:14) développe la métaphore de l'armure divine : la ceinture de vérité exige d'être un serviteur authentique de la vérité, sans honte ni fléchissement ; la cuirasse de justice démontre que le mobile du cœur est entièrement, sans compromis, pour Jéhovah et son Royaume ; les pieds chaussés de l'Évangile de paix équipent le fidèle à parcourir les chemins rendus accidentés par l'ennemi pour proclamer la bonne nouvelle ; le combat n'est pas contre les créatures humaines, mais pour le Royaume sous Christ, contre les ennemis de Dieu et de son Royaume.[993]
Le 18 décembre (Psaumes 143:10) rappelle que les systèmes religieux sont marqués pour la destruction — qui attend que l'œuvre de témoignage soit achevée —, que l'alarme doit être sonnée maintenant pour qu'aucun praticien de la religion ne puisse prétendre n'avoir pas entendu parler du Royaume, et que ceux parmi les systèmes religieux qui sont de bonne volonté trouvent une voie d'évasion ; le reste fidèle et les «autres brebis» se réjouissent de voir que le Royaume de Dieu sous Christ est imminent et que la délivrance complète est proche.[994]
Le 19 décembre (Hébreux 11:31) présente Rahab comme la figure des membres de la grande multitude qui refusent de trahir les messagers du Seigneur : au lieu de rechercher égoïstement sa propre sauvegarde au détriment des deux espions, elle montra sa foi dans la puissance du Dieu Tout-Puissant ; de même, les vrais Jonadabs refusent de livrer aux mains de l'ennemi les messagers du Royaume, sachant que faire du bien aux témoins de Jéhovah équivaut à faire du bien au Seigneur lui-même — et si leurs compatriotes les voient comme des «trompeurs», ils sont vrais envers Dieu et sa cause de la justice.[995]
Le 20 décembre (Joël 2:28) assimile les vrais dévoués à Dieu à des «hommes forts dans le Seigneur et dans la puissance de sa force» dont les visions ne sont pas des illusions mais une compréhension pénétrante de la Parole divine ; voyant l'accomplissement des prophéties par Christ Jésus, Tête du temple et Enseignant immédiat des membres de son corps, ils perçoivent sa présence au temple portant les desseins de son Père en avant, discernent les drames prophétiques anciens et en donnent toute la gloire à Dieu sans en prendre aucun crédit pour eux-mêmes.[996]
Le 21 décembre (Jean 10:17) précise que la mort volontaire de Jésus n'avait pas pour raison première de sauver les pécheurs : il souffrit la mort par amour pour son Père et par désir de faire sa volonté — c'est-à-dire par amour pour « le GOUVERNEMENT THÉOCRATIQUE qui vindiquera le nom de son Père »; c'est pour cette raison que Jéhovah le ressuscita et l'exalta à la tête de son organisation royale, et non parce que sa mort opère automatiquement en faveur de tous les pécheurs, mais uniquement de ceux qui plus tard, par la foi et l'obéissance, se dévouent à Jéhovah et à son Royaume.[997]
Le 22 décembre (Josué 8:26) tire du geste de Josué — maintenant sa lance dressée jusqu'à la destruction complète de Aï — la figure du Christ Jésus, Grand Maréchal de campo à Armageddon, qui continuera de donner le signal à ses forces de poursuivre le combat jusqu'à ce que la moindre trace de l'organisation de Satan soit entièrement éliminée ; Josué, voulant être pleinement obéissant au commandement de Jéhovah des armées, ne laissa aucune tâche inachevée, contrairement au roi Saül qui n'exécuta pas complètement les commandements du Seigneur.[998]
Le 23 décembre (Éphésiens 6:16) décrit les trois derniers éléments de l'armure divine : le «bouclier de la foi» — connaissance du dessein exprimé de Jéhovah et confiance pleine en sa Parole, rendant le fidèle impénétrable aux flèches ennemies — ; le «casque du salut», garantissant une appréciation intellectuelle de la relation entre le reste et Jéhovah, avec la certitude que le salut appartient à Jéhovah seul ; et «l'épée de l'esprit» — la Parole de Dieu —, dont l'utilisation consiste précisément à dénoncer entièrement la religion du Diable en montrant au peuple qu'elle est «un piège et un commerce» contraire à Dieu.[999]
Le 24 décembre (Joël 3:19-20) oppose la désolation promise à «l'Égypte» — l'ennemi du peuple de Dieu — à la pérennité de «Juda» et de «Jérusalem» : les religionnaires ont conspiré pour «couper» les fidèles en tant que nation et réduire au silence tous ceux qui louent et servent Jéhovah ; mais la promesse divine garantit aux fidèles qu'ils survivront à Armageddon et demeureront sur la terre après qu'il sera terminé, leurs persécuteurs ayant été entièrement anéantis ; si la présence sur terre du reste après Armageddon n'est que temporaire, la grande multitude — ceux qui montent à Jérusalem pour adorer Jéhovah — demeurera sur la terre pour toujours.[1000]
Le 25 décembre (Luc 13:28-29) présente les «autres brebis» du Seigneur accourant de toutes les extrémités de la terre et de toutes les couches de la vie commune pour s'asseoir dans le Royaume de Dieu : percevant par la foi que Abraham figure le Grand Abraham — Jéhovah Dieu —, que Isaac figure Christ Jésus, que Jacob figure le Christ Tête et corps constituant ensemble le gouvernement théocratique, ils se hâtent de se placer sous la Théocratie ; ceux qui étaient autrefois en ligne pour le Royaume mais ont manqué l'occasion prennent conscience d'être dans «les ténèbres extérieures» et gémissent.[1001]
Le 26 décembre (Proverbes 14:27) oppose la crainte de Dieu — fontaine de vie qui éloigne des pièges de la mort — à la crainte des hommes qui conduit dans le piège du Diable et mène à la destruction : quiconque se dévoue au service de Dieu doit l'aimer, c'est-à-dire lui être désintéressément consacré ; la sagesse commence par la crainte du Seigneur, qui est le commencement de la compréhension — seuls ceux qui le craignent peuvent recevoir les bénédictions de la fontaine de vie.[1002]
Le 27 décembre (Joël 2:7) célèbre l'unité et la fidélité de l'armée de Jéhovah face aux tentatives ennemies de briser son harmonie : les témoins de Jéhovah ne changent pas leurs voies, ils sont dignes de confiance, constants, fiables, sachant que Jéhovah et Christ Jésus sont leurs seuls enseignants et commandants ; le Seigneur a récemment révélé à son peuple que son organisation sur terre comme au ciel est théocratique, que Christ Jésus en est le Grand Officier Exécutif, et que l'heure est venue de mettre entièrement de côté toute chose individuelle ou tout désir égoïste pour ne connaître et ne faire que la volonté de Dieu.[1003]
Le 28 décembre (Josué 6:20) interprète la chute des murailles de Jéricho au cri du peuple comme la figure de la destruction de la «Chrétienté» : la marche des témoins de Jéhovah — sa classe sacerdotale dévouée — et leur proclamation du message du Royaume se poursuivent jusqu'au moment fixé par Dieu pour les achever ; lorsque l'œuvre de témoignage sera accomplie selon sa volonté, tous ses témoins pousseront un cri de foi pour qu'il agisse dans la vindication victorieuse de son nom, et la «Chrétienté» s'effondrera, dépouillée de sa cachette et de sa protection — les éléments politiques et commerciaux qui constituent ses alliés — dans ce que est désigné comme l'«acte étrange» de Jéhovah.[1004]
Le 29 décembre (Psaumes 18:32, 34) pose que le peuple de l'alliance de Dieu n'est pas «pacifiste» — pas plus que Dieu et Christ ne le sont — : il est autorisé à se défendre contre ceux qui combattent le Gouvernement THÉOCRATIQUE ; comme Néhémie arma ses serviteurs en leur commandant «Battez-vous pour vos frères», les témoins de Jéhovah ont le droit de se défendre contre les assauts de la foule hostile qui voudrait entraver l'œuvre commandée par Dieu — tenir des réunions publiques, proclamer le nom de Jéhovah et son Roi, annoncer le Royaume —, et en se défendant ils ont l'approbation du Tout-Puissant.[1005]
Le 30 décembre (Joël 3:9, version Douai catholique) s'adresse aux dirigeants religieux — particulièrement à la Hiérarchie catholique romaine — qui tentent d'intimider, de contraindre et de forcer tous les autres à obéir à leurs diktats : « Boycottez les propriétaires et exploitants de stations de radio ; contraignez-les à refuser tout ce qui pourrait choquer vos susceptibilités religieuses et exposer votre commerce » — ils sont invités à employer journaux, mensonges et tous les «hommes forts» à leur disposition pour entraver la proclamation du Royaume, car ce déploiement de puissance est présenté comme leur «dernier acte».[1006]
Le 31 décembre (Jérémie 1:19) clôture l'année sur la promesse divine de protection absolue : les yeux naturels ne voient que les forces ennemies coalisées — la coalition fasciste-religieuse-sans-Dieu renforcée de tout l'empire des anges méchants sous le commandement du Diable —, mais par la foi dans la Parole de Dieu les fidèles voient au-delà et ne craignent pas ; Jéhovah avertit pleinement ses serviteurs : « Ils combattront contre toi » — les puissances dirigeantes de la «Chrétienté» font malicieusement la guerre à ceux qui servent fidèlement Jéhovah Dieu et son Roi, mais la réponse divine est immédiate : «ils ne prévaudront pas contre toi», ce qui est le fondement du courage indéfectible de la petite bande de fidèles.[1007]
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Références
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