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Consolation du 20 mars 1940

De Tj-encyclopédie
Consolation du 20 mars 1940
Revue Consolation
Date 1940
Année 1940
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society

Ce numéro de Consolation du 20 mars 1940 est dominé par une vaste série d'articles consacrés aux chemins de fer américains, abordant sous des angles variés — technique, économique, fiscal et même humoristique — l'état du réseau ferroviaire des États-Unis à l'aube des années 1940. Ce dossier insolite, qui occupe une part considérable du numéro, côtoie un rapport de l'assemblée de zone tenue à Long Beach en février 1940, où Rutherford a prononcé un discours public sur le thème de la Théocratie devant une salle comble.

Le numéro illustre la double vocation de Consolation à cette époque : d'un côté, couvrir la vie interne du mouvement et ses tensions avec les autorités civiles et religieuses ; de l'autre, offrir à ses lecteurs une information générale sur des sujets de société présentés à travers le prisme de la mission de l'organisation. L'arrestation de distributeurs de littérature à Brooklyn, narrée dans ces pages, s'inscrit dans le contexte plus large des revendications du mouvement en matière de liberté d'expression et de droit constitutionnel américain.

Analyse

Croyances

L'article de la page 17 consacré à la fête de Pâques constitue l'un des développements doctrinaux les plus structurés de ce numéro. La publication y reprend et développe la thèse selon laquelle Pâques n'est pas une fête chrétienne mais un héritage du paganisme démoniaque. Pour étayer ce rejet, elle s'appuie sur le nom de la déesse « Eéstre », suivant en cela le raisonnement du Vénérable Bède, exposé au VIIIe siècle dans son De Temporum Ratione, selon lequel le mois d'avril porte le nom d'une divinité anglo-saxonne dont des fêtes étaient célébrées en ce mois. Si les recherches historiques modernes ont établi que l'existence d'un culte largement répandu d'Ēostre reste discutée — la seule source médiévale explicite étant Bède lui-même —, la publication de 1940 traite cette identification comme un fait assuré pour conclure que la fête trahit une vénération de divinités étrangères au sens de 1 Corinthiens 10:20.[1] La démarche argumentative, qui consiste à associer les traditions festives populaires (œufs peints, lapins) à des origines démoniaques, est cohérente avec la position générale de l'organisation qui, depuis au moins les années 1920 sous Rutherford, rejette toutes les fêtes présentant selon elle un substrat préchrétien, telles que Noël ou l'anniversaire.[2]

Sur le plan christologique, la publication développe en page 30 un rejet de la doctrine de la Trinité qui s'articule autour d'une distinction nette entre le Père et le Fils. En citant Jean 10:29-39, elle soutient que Jésus s'est désigné comme « Fils de Dieu » et non comme Dieu lui-même, et que la doctrine trinitaire constitue une falsification des Écritures au service des systèmes religieux institutionnels.[3] Cette position anti-trinitaire, constante dans l'enseignement de l'organisation depuis Russell, est ici formulée de manière particulièrement combative : la Trinité n'est pas présentée comme une erreur théologique pardonnable, mais comme un outil délibéré de domination cléricale. Le numéro prolonge ce raisonnement au culte marial, en dénonçant l'attribution à Marie du rôle d'écraser le serpent — allusion implicite à Genèse 3:15 — comme une parole inventée et faussement prêtée à Jésus par un ecclésiastique catholique dans la cathédrale de Westminster.[4] Ces deux développements — anti-trinitarisme et rejet du culte marial — sont présentés comme les deux faces d'une même stratégie : l'appropriation par Rome du nom du Christ pour substituer des intermédiaires humains ou célestes non scripturaires à la relation directe avec Jéhovah.

La doctrine de la Théocratie, thème central du discours public de Rutherford à Long Beach le 11 février 1940, est traitée dans ce numéro comme la réponse divine globale et unique aux échecs des gouvernements humains, qu'il s'agisse des dictatures d'Amérique du Sud recensées en page 31, de la corruption du système Hague au New Jersey (pages 10-11), ou des armées permanentes dénoncées à partir d'une citation de James Madison en page 25.[5] La « grande multitude » (les Jonadabs), distincte du « reste » des oints, est présentée comme le peuple destiné à peupler la terre sous ce gouvernement théocratique, une distinction doctrinale introduite par Rutherford lors de la convention de Washington en 1935 et qui structure encore la compréhension du salut dans ce numéro : les uns régneront dans les cieux, les autres vivront sur une terre restaurée.[6]

L'interprétation eschatologique des événements contemporains constitue un fil conducteur qui traverse plusieurs rubriques du numéro. La catastrophe des bébés asphyxiés à Perth Amboy est rapprochée des calamités précédant Apocalypse 16:16 (Har-Maguédôn), présentées comme autant de signes avant-coureurs du jugement imminent.[7] La rubrique britannique signée J. Hemery interprète les conditions météorologiques exceptionnelles de l'hiver 1940, la stagnation des fronts militaires en France et en Allemagne, et l'échec de l'évacuation des enfants britanniques comme des accomplissements du plan de Jéhovah, dans une lecture providentialiste directe des actualités de guerre.[8] La chute des « faux bergers » est annoncée par Jérémie 25:34-35, appliqué aussi bien à l'Église d'Angleterre et au « doyen rouge » Hewlett Johnson qu'à l'Église catholique romaine.[9]

Le refus du salut au drapeau, illustré par l'affaire des enfants Wade en page 24, repose sur une application littérale du Décalogue : Exode 20:4-5 interdit la vénération de toute image ou symbole, et le drapeau national est identifié à une telle image.[10] Cette position doctrinale, défendue devant les tribunaux américains dans de nombreuses affaires similaires à la même époque, est présentée non comme un acte de désobéissance civile, mais comme l'expression d'une obéissance exclusive à Jéhovah. La décision de la Cour suprême de Pennsylvanie invalidant une loi similaire est citée pour confirmer que cette obéissance est également compatible avec la Constitution américaine.[11]

La neutralité face aux conflits armés est posée en page 16 comme un impératif scripturaire, illustré par le traitement que les tribunaux britanniques réservent aux Témoins de Jéhovah objecteurs de conscience : ceux qui convainquent le tribunal de la sincérité de leurs convictions sont enregistrés pour des travaux agricoles ou forestiers.[12] La rubrique britannique nuance cependant cette reconnaissance : le juge Richardson du tribunal de Newcastle refuse d'inscrire les Témoins de Jéhovah sur le registre des objecteurs, contestant la légitimité de leur carte de témoignage les présentant comme « ministres ordonnés de Jéhovah Dieu ».[13] Cette contestation est elle-même lue par la publication comme une illustration de la résistance des institutions religieuses établies à reconnaître une ordination qui ne passe pas par leurs canaux, confirmant ainsi la rupture que l'organisation revendique entre le « vrai » christianisme et les systèmes religieux traditionnels.

Le travail de prédication — par phonographe, porte-à-porte, distribution de tracts et études bibliques — est systématiquement désigné dans ce numéro par l'expression « travail étrange » du Seigneur, une formulation qui, dans la théologie rutherfordienne, souligne la rupture avec toute forme de religion institutionnelle et l'accomplissement d'un mandat divin prophétique.[14] Les récits de pionniers en Inde, en Grande-Bretagne, au Brésil, à Cuba et au Canada sont structurés autour de ce cadre herméneutique : la persécution subie n'est pas un obstacle mais une confirmation de la mission. En page 12, Jérémie 51:30 est explicitement cité pour interpréter l'absence de violence physique contre les pionniers en Inde, malgré les menaces du pasteur Savant, comme une protection divine directe.[15] La métaphore des « locustes » appliquée à leur travail à Poona renvoie à une lecture apocalyptique du mandat missionnaire : les pionniers sont des agents d'un réveil spirituel qui ravage les structures de la religion institutionnelle comme les locustes ravagent les champs, une image tirée de la littérature prophétique biblique et réemployée par Rutherford dans plusieurs publications des années 1930.[16]

Enfin, la brochure Réfugiés annoncée en page 32 s'inscrit dans cette eschatologie : elle présente les déplacements massifs de populations comme des signes de la fin des « temps des Gentils » et oriente les lecteurs vers le « gouvernement théocratique de Jéhovah » comme seule issue.[17] Ce document, tiré à 10 millions d'exemplaires, illustre la stratégie de diffusion massive des doctrines rutherfordiennes, combinant analyse géopolitique et interprétation prophétique pour offrir une réponse unifiée aux crises du monde.

Organisation et histoire

Le numéro du 20 mars 1940 de Consolation rend compte de l'assemblée de zone tenue à Long Beach, en Californie, du 9 au 11 février 1940, événement qui illustre la structure organisationnelle centralisée du mouvement sous la présidence de Joseph F. Rutherford. Cette assemblée, présentée comme une réunion conjointe de plusieurs zones plutôt qu'une convention formelle, a rassemblé des membres des Étudiants de la Bible en provenance de l'ouest des États-Unis, du Canada et du Mexique, incluant à la fois le « reste » (les oints) et la « grande multitude » (les Jonadabs).[18] Le discours public de Rutherford, prononcé le 11 février devant 8 000 personnes dans l'auditorium municipal de Long Beach sur le thème « La Théocratie », marque l'apogée de l'événement et confirme le rôle central du président de la Watch Tower comme porte-parole unique du mouvement. Ce discours, délivré sans manuscrit contrairement aux allocutions radiophoniques habituelles, reflète la personnalisation du pouvoir doctrinal autour de Rutherford, une caractéristique organisationnelle consolidée depuis la crise de succession de 1917.[19] Le baptême de 226 personnes et la distribution de 5 500 livres et brochures lors de cette assemblée soulignent la double fonction de ces rassemblements : renforcer la cohésion interne et assurer la diffusion massive de la littérature de la Watch Tower, conformément à la politique de prédication systématique instaurée par Rutherford.[20]

Ce numéro met également en lumière la structuration internationale du réseau de prédication des Témoins de Jéhovah en 1940, à travers des rapports détaillés provenant de l'Inde, du Brésil, de Cuba, du Canada et de la Grande-Bretagne. Les méthodes décrites — études bibliques hebdomadaires, utilisation de cartes de témoignage, distribution de littérature, phonographes pour diffuser les discours enregistrés de Rutherford — sont standardisées d'un pays à l'autre, révélant une organisation centralisée et hiérarchisée. À Kapuskasing (Ontario), des pionniers invoquent leur charte provinciale pour refuser une licence de vente exigée par les autorités municipales ; à Brooklyn, des distributeurs s'appuient sur des décisions de la Cour suprême des États-Unis (Schneider v. State et Lovell v. City of Griffin) pour légitimer leur activité de prédication.[21] Cette stratégie de résistance juridique systématique s'inscrit dans la dynamique de « provocation-répression-solidarité » analysée par l'historien Bernard Blandre : le message provocateur des membres entraînait leur persécution, laquelle était ensuite exploitée dans les publications pour renforcer la cohésion interne et la crédibilité publique du groupe.[22]

Le phonographe apparaît dans ce numéro comme un outil institutionnel standardisé de prédication, utilisé en Inde, dans le nord de l'Ontario, à San Antonio (Texas), à Cuba et en Grande-Bretagne. Son déploiement permet de diffuser les discours enregistrés de Rutherford sans nécessiter une maîtrise approfondie de la langue locale ou une formation oratoire, uniformisant ainsi le message et facilitant l'activité missionnaire dans des contextes linguistiques ou éducatifs variés.[23] Cette standardisation reflète une décision organisationnelle délibérée de la Watch Tower pour contourner les barrières à l'évangélisation et assurer un contrôle centralisé sur le contenu doctrinal diffusé par ses membres à travers le monde.

En Grande-Bretagne, le numéro signale la comparution de Témoins de Jéhovah devant des tribunaux spéciaux d'objection de conscience à Londres, où leur sincérité reconnue entraînait généralement une affectation à des travaux agricoles ou forestiers.[24] Ce contexte s'inscrit dans le cadre du National Service (Armed Forces) Act de 1939, qui rendait tous les hommes de 18 à 41 ans susceptibles d'être conscrits et prévoyait des tribunaux spéciaux pour statuer sur les demandes d'exemption.[25] La rubrique britannique signée J. Hemery mentionne également le cas d'un juge à Newcastle qui, saisi d'une demande d'inscription au registre des objecteurs, a refusé d'accepter la « carte de témoignage » présentée par des membres comme preuve de leur statut de « ministres ordonnés de Jéhovah Dieu ».[26] Cette carte de témoignage, document officiel délivré par la Watch Tower, constituait un outil institutionnel d'accréditation visant à légitimer l'activité de prédication des membres et à les protéger lors de leurs contacts avec les autorités civiles et judiciaires.

L'affaire des enfants Wade à Bay View (État de Washington), exclus de leur école publique pour avoir refusé de participer au salut au drapeau, illustre la posture institutionnelle de la Watch Tower sur la neutralité politique et ses conséquences pratiques pour les familles membres. La publication cite à l'appui une décision de la Cour suprême de Pennsylvanie ayant invalidé une loi similaire imposant le salut au drapeau, au motif qu'elle violait les droits constitutionnels en matière de liberté religieuse.[27] Cette position de refus systématique du salut aux drapeaux et des hymnes nationaux, imposée par Rutherford dans le cadre de la politique théocratique du mouvement, entraînait régulièrement des conflits avec les institutions scolaires et les autorités locales, comme en témoignent plusieurs affaires judiciaires aux États-Unis durant les années 1930 et 1940.[28]

Enfin, ce numéro annonce la parution d'une nouvelle brochure intitulée Réfugiés, rédigée par Rutherford et tirée à 10 millions d'exemplaires pour sa première édition.[29] Ce chiffre de tirage s'inscrit dans la stratégie éditoriale agressive de la Watch Tower sous Rutherford : en 1942, le mouvement affirmera avoir distribué environ 400 millions de livres et brochures durant sa présidence, un volume sans précédent dans l'histoire des organisations religieuses de l'époque.[30] La brochure Réfugiés, présentée comme une réponse aux questions suscitées par la crise mondiale, reflète la volonté de la Watch Tower de se positionner comme une source d'autorité spirituelle face aux bouleversements géopolitiques, tout en renforçant son identité de mouvement distinct des institutions religieuses traditionnelles.

Science et médecine

Dans ce numéro de Consolation, deux séries de données démographiques sont présentées, portant respectivement sur l'espérance de vie aux États-Unis et sur la mortalité infantile en Ontario. Bien que ces statistiques reflètent des tendances réelles, confirmées par les sources officielles de l'époque, leur traitement par la publication révèle un biais idéologique marqué : les progrès sanitaires sont systématiquement instrumentalisés au service d'une critique des institutions humaines, sans jamais reconnaître le rôle des avancées médicales ou de la santé publique dans ces améliorations.

La première statistique indique qu'en 1939, un garçon né aux États-Unis pouvait espérer vivre 60,4 ans, contre 48,4 ans pour un garçon né en 1901, tandis que les filles bénéficiaient d'une espérance de vie encore plus élevée, passant de 51 ans à 65 ans sur la même période.[31] Ces chiffres correspondent aux séries historiques établies par les autorités sanitaires américaines, qui attribuaient explicitement cette hausse à des facteurs tels que l'amélioration des conditions d'hygiène, les progrès de la médecine préventive et curative, ainsi que la généralisation des soins prénatals et postnatals.[32] Pourtant, la publication se limite à évoquer ces données comme des « progrès réalisés en matière de santé publique et de conditions de vie »[33], sans jamais mentionner la médecine ou les politiques sanitaires comme facteurs explicatifs. Ce silence est d'autant plus significatif que le même numéro consacre plusieurs articles à dénoncer les défaillances des institutions hospitalières, notamment l'asphyxie de quatre nouveau-nés à l'hôpital de Perth Amboy, imputée à une négligence dans l'entretien d'un radiateur.[34] En refusant de créditer la médecine pour les progrès démographiques tout en soulignant ses échecs, la revue maintient une cohérence idéologique : elle évite de légitimer des institutions qu'elle présente par ailleurs comme corrompues ou inefficaces, conformément à sa doctrine sur la faillite des systèmes humains face au Royaume de Dieu.

La seconde statistique, présentée dans la rubrique consacrée aux actualités canadiennes, rapporte une baisse de la mortalité infantile en Ontario, passant de 7 596 décès en 1918 à 3 244 en 1939, pour un nombre annuel de naissances stable autour de 65 000.[35] Les données officielles de Statistique Canada confirment cette tendance : au début des années 1920, environ 10 % des nouveau-nés mouraient avant leur premier anniversaire, un taux qui avait considérablement diminué à la fin des années 1930 grâce à des mesures telles que la généralisation des vaccinations, l'amélioration des soins obstétricaux et la lutte contre les maladies infectieuses.[36] Cependant, la publication ne cite cette amélioration que pour mieux la contraster avec les dépenses militaires des gouvernements, affirmant que ces derniers investissent dans la guerre tout en négligeant les conditions de vie des populations.[37] Les facteurs médicaux et sanitaires à l'origine de cette baisse — développement des services de puériculture, création de maternités modernes, campagnes de vaccination — sont entièrement passés sous silence. Cette omission permet à la revue de mobiliser des données réelles au service d'un discours pacifiste et théocratique, tout en évitant de reconnaître la légitimité des institutions médicales, qu'elle critique par ailleurs pour leurs défaillances institutionnelles.

Ces deux exemples illustrent une stratégie rhétorique récurrente dans Consolation : l'utilisation sélective de données démographiques pour appuyer une critique des systèmes humains, sans jamais attribuer les progrès constatés aux avancées médicales ou aux politiques de santé publique. Ce traitement biaisé reflète une méfiance idéologique cohérente envers les institutions humaines, systématiquement présentées comme défaillantes face à la vérité divine.

Économie et société

Le numéro du 20 mars 1940 de Consolation mobilise plusieurs faits économiques et sociaux pour alimenter sa rhétorique eschatologique. Trois thèmes révèlent un biais idéologique dans la présentation des réalités de l'époque : la corruption politique et judiciaire dans le New Jersey, les déséquilibres fiscaux dans le secteur des transports, et l'instrumentalisation de la crise des réfugiés. Dans les trois cas, la revue sélectionne et dramatise des éléments réels tout en occultant les nuances qui pourraient contredire sa thèse d'un effondrement généralisé du « système de Satan ».

La publication consacre plusieurs colonnes aux scandales liés au régime de Frank Hague à Jersey City, accumulant les exemples de fraudes électorales, de détournements de fonds publics, de nominations népotistes et de complicité policière avec des institutions religieuses. Ces dérives sont réelles et documentées : Hague a dominé la vie politique du comté d'Hudson pendant trois décennies, son comté comptant en 1937 plus de 160 000 électeurs inscrits pour seulement 147 000 résidents en âge de voter,[38] et sa fortune personnelle fut estimée à plus de dix millions de dollars au terme de sa carrière alors que son salaire n'excédait jamais 8 500 dollars annuels.[39] La revue efface cependant tout ce qui nuancerait le tableau : les procédures judiciaires fédérales effectivement engagées contre le système Hague, les contre-pouvoirs associatifs et syndicaux qui lui résistaient, et — plus révélateur encore — la décision de la Cour suprême des États-Unis citée dans ce même numéro comme une victoire pour la liberté d'expression, qui constituait précisément un mécanisme institutionnel de redressement. En présentant des dysfonctionnements locaux, réels et documentés, comme la preuve d'un effondrement moral universel et irrémédiable, Consolation exerce un cadrage idéologique : elle sélectionne les faits qui confortent son eschatologie et passe sous silence les signes de résistance démocratique que ces mêmes faits contenaient.[40]

Un second biais apparaît dans la présentation des déséquilibres fiscaux entre les chemins de fer, les barges et les transporteurs routiers. La revue dénonce avec précision les subventions publiques accordées aux voies navigables et aux routes, soulignant que les compagnies ferroviaires assument seules l'entretien de leurs infrastructures et paient des taxes substantielles, tandis que leurs concurrents bénéficient de financements publics sans contrepartie équivalente. Les chiffres cités — 32,4 cents de chaque dollar ferroviaire consacré à l'entretien et aux taxes, 64 milliards de dollars fédéraux investis dans les infrastructures de transport dont 2,5 milliards pour les voies navigables et 3,5 milliards pour les routes — sont présentés sans contexte.[41] Or, ces politiques répondaient à des objectifs de développement régional, de désenclavement des zones rurales et de modernisation économique, des justifications que la publication ignore délibérément pour mieux réduire ces choix politiques à une preuve de l'incapacité des gouvernements humains à gérer équitablement les affaires publiques. Ce traitement illustre la manière dont Consolation mobilise des arguments d'apparence technique pour alimenter sa défiance systématique envers les États séculiers.[42]

Enfin, la brochure Réfugiés, annoncée dans ce numéro et tirée à dix millions d'exemplaires, illustre une instrumentalisation idéologique d'une crise humanitaire réelle. La publication présente la situation des millions de personnes déplacées par les conflits et les persécutions de l'époque comme une preuve supplémentaire de l'imminence de l'Armageddon, transformant une réalité tragique en argument théologique. Toute analyse politique ou historique des causes de ces déplacements est écartée au profit d'une interprétation biblique des événements. Cette approche répond à un double objectif : renforcer l'urgence eschatologique chez les lecteurs et promouvoir la littérature de la Société Watch Tower, dont la diffusion massive est présentée comme la seule réponse à la destruction annoncée.[43]

Contenu

Rapport de convention

Ce numéro de Consolation s'ouvre sur un rapport détaillé de l'assemblée de zone tenue à Long Beach, en Californie, du 9 au 11 février 1940. L'événement, bien que présenté comme une réunion conjointe de plusieurs zones plutôt qu'une convention formelle, a attiré des membres de la communauté des Étudiants de la Bible, incluant le « reste » (les oints) et leurs compagnons, la « grande multitude » (les Jonadabs), venus de l'ouest des États-Unis, du Canada et du Mexique. L'assemblée a également suscité l'intérêt du public local, notamment grâce à une campagne de publicité et d'invitations menée sans le soutien des médias traditionnels.[44]

L'apogée de l'assemblée fut le discours public prononcé par Joseph F. Rutherford le dimanche 11 février à 15 heures dans l'auditorium municipal de Long Beach, sur le thème « La Théocratie ». L'auditorium, situé en bord de mer, a accueilli 8 000 personnes, tandis qu'un millier d'autres ont été refoulées faute de place. Rutherford a centré son message sur la « grande multitude » qui, selon la prophétie biblique, doit peupler la terre d'une race juste. Le discours, délivré sans manuscrit contrairement aux allocutions radiophoniques habituelles, a été décrit comme un appel vibrant et direct à ceux dotés d'un esprit raisonnable, les exhortant à chercher la protection divine dans une période de périls.[45]

Le rapport souligne également les tensions avec les autorités religieuses locales, notamment la hiérarchie catholique, qui a tenté d'intimider les organisateurs pour empêcher la tenue de l'assemblée. Malgré ces pressions, des responsables municipaux, décrits comme des « vrais Américains », ont soutenu la liberté d'expression et refusé de céder aux demandes des opposants. Le maire et le chef de la police de Long Beach, récemment élus, ont résisté aux tentatives d'ingérence des prêtres catholiques, ce qui a contribué à renforcer la visibilité de l'événement.[46]

Parmi les autres moments marquants de l'assemblée, on note des discours en espagnol et en anglais, une étude modèle de La Tour de Garde (décrite comme une démonstration d'efficacité, couvrant l'intégralité du numéro du 15 décembre en moins d'une heure), et un baptême de 226 personnes. La distribution de littérature a également été importante, avec 5 500 livres et brochures placés, ainsi que 1 171 exemplaires individuels de Consolation et de La Tour de Garde. Le rapport conclut en célébrant une « victoire pour Jéhovah » et en soulignant la joie des participants, qui sont repartis renforcés dans leur foi.[47]

Arrestation de distributeurs de La Tour de Garde et Consolation

Cet article relate l'arrestation de cinq jeunes hommes qui distribuaient les revues La Tour de Garde et Consolation à Brooklyn, New York, le 24 février 1940. Les distributeurs, stationnés à un carrefour fréquenté, interpellaient les passants en dénonçant la religion comme un « piège et une escroquerie » et en les invitant à lire la vérité sur ce sujet. La publication indique qu'ils affirmaient « la religion est un piège et une escroquerie ». Leur action s'appuyait sur des décisions de la Cour suprême des États-Unis, notamment les affaires Schneider et Lovell v. City of Griffin, qui garantissent le droit de diffuser des publications dans l'espace public.[48]

Un policier nommé Leahy, alerté par les propos critiques envers la religion, a arrêté les jeunes hommes. L'article souligne l'ironie de la situation : le policier, bien que catholique, a agi sous la pression de la hiérarchie religieuse, tout en niant appartenir au « Christian Front », un groupe d'extrême droite connu pour ses liens avec le père Charles Coughlin. Lors du procès, le juge a finalement reconnu que les distributeurs agissaient dans le cadre de leurs droits constitutionnels. Il a souligné que leurs idéaux étaient nobles et que les forces de l'ordre auraient dû les protéger plutôt que de les entraver. Le juge a également déclaré que ces hommes étaient prêts à donner leur vie pour leur cause, une qualité rare à son époque.[49]

L'article met en lumière les contradictions des autorités, qui défendent en théorie la liberté d'expression mais la restreignent en pratique lorsque les propos dérangent les institutions religieuses dominantes. Il souligne également l'engagement des distributeurs, dont la motivation première était de rendre gloire au nom de Jéhovah plutôt que de défendre leurs propres intérêts.[50]

Les chemins de fer américains

Cet article, rédigé par un employé du secteur ferroviaire, présente une série de faits et de statistiques sur les chemins de fer américains, illustrant leur importance dans l'économie et la vie quotidienne des États-Unis. Il souligne d'abord l'ampleur du réseau ferroviaire : si tous les wagons et locomotives du pays étaient couplés, ils formeraient un train long de près de 20 000 miles. Chaque année, les chemins de fer transportent environ 500 millions de passagers, soit l'équivalent de la population combinée de l'Amérique du Nord et du Sud, ainsi que de plusieurs pays européens.[51]

L'article met en avant les progrès technologiques du secteur, notamment l'essor des trains streamliners (trains aérodynamiques) depuis 1934. En 1940, 88 de ces trains à grande vitesse étaient en service sur 18 compagnies ferroviaires. Les États-Unis comptaient alors 56 % des trains les plus rapides au monde, et un passager pouvait relier New York à la côte Pacifique en seulement trois jours. Le coût du transport ferroviaire avait également diminué : en 1940, un dollar permettait de parcourir 54 miles, contre 32 miles en 1921.[52]

L'article aborde ensuite le transport de marchandises, qui représente 90 % des revenus d'exploitation des compagnies ferroviaires. Les trains de fret, dont 90 % circulent selon des horaires réguliers, ont vu leur vitesse moyenne augmenter de 61 % depuis 1920. En 1939, les chemins de fer ont transporté l'équivalent d'une tonne de fret sur 98 miles pour un dollar, contre 78 miles en 1921. L'article souligne également le rôle central des chemins de fer dans l'économie nationale, en achetant plus de 70 000 types de produits différents, allant des épingles aux locomotives, et en contribuant à l'activité économique de 12 000 communautés à travers le pays.[53]

Enfin, l'article décrit les services annexes, comme les wagons-lits et les wagons-restaurants. Il révèle que les compagnies ferroviaires achètent chaque année des quantités impressionnantes de linge et de nourriture : 220 528 draps, 157 780 taies d'oreiller, 24 millions d'œufs, 9 millions de livres de pommes de terre, et 30 millions de petits pains, entre autres. Les wagons-restaurants servent environ 25 millions de repas par an, soit l'équivalent de nourrir une ville de 23 000 habitants trois fois par jour pendant un an.[54]

Concurrence des barges et des camions

Cet article examine les défis posés par la concurrence des barges et des camions aux chemins de fer américains, en mettant en lumière les déséquilibres économiques et fiscaux qui avantagent ces modes de transport alternatifs. La publication affirme que les compagnies ferroviaires, contrairement aux barges et aux transporteurs routiers, assument l'intégralité des coûts d'entretien de leurs infrastructures et contribuent substantiellement aux recettes fiscales. En 1940, les chemins de fer dépensaient environ 32,4 cents de chaque dollar perçu pour l'entretien de leurs voies et le paiement des taxes, tandis que les autres acteurs du secteur bénéficiaient de subventions publiques sans contrepartie équivalente.[55]

L'article souligne que la « Federal Barge Line », une entreprise publique, ne paie aucune taxe et utilise des canaux construits et entretenus aux frais des contribuables. À titre d'exemple, le coût annuel de maintenance d'un mile de voie ferrée s'élève à 1 792 dollars, alors que celui du canal New York Barge atteint 4 749 dollars par mile. De même, l'amélioration du fleuve Mississippi a coûté 145 000 dollars par mile aux contribuables, sans compter les travaux de contrôle des inondations, et les utilisateurs de cette voie navigable bénéficient d'une subvention annuelle de plus de 10 000 dollars par mile.[56]

La publication critique également le désavantage fiscal des transporteurs routiers, dont les « taxes » ne servent qu'à financer la construction et l'entretien des routes qu'ils utilisent, contrairement aux taxes ferroviaires qui contribuent au budget général de l'État. L'article révèle que le gouvernement fédéral a dépensé 64 milliards de dollars pour développer les infrastructures de transport, dont 2,5 milliards pour les voies navigables et 3,5 milliards pour les routes, soulignant ainsi l'ampleur des subventions publiques accordées à ces concurrents des chemins de fer.[57]

Carte illustrant l'itinéraire imaginaire de W. A. N. Der Lust à travers les États-Unis et le Canada.

Locomotives et wagons de marchandises

Cet article détaille les aspects techniques et économiques liés à la construction des locomotives et des wagons de marchandises, en insistant sur leur impact sur l'emploi et l'industrie. La fabrication d'une locomotive standard nécessite le travail de 50 hommes pendant une année et mobilise plus de 7 500 pièces provenant de 119 usines différentes. La publication précise que la chambre de combustion des plus grandes locomotives mesure 9 pieds de large sur 22 pieds de long, soit une superficie comparable à celle d'une pièce moyenne d'une maison modeste.[58]

La construction d'un wagon de marchandises, quant à elle, implique des matériaux provenant de 31 États et génère un emploi équivalent à celui d'un homme pendant un an. L'article met en avant l'importance économique de ces industries pour les communautés locales et nationales, en soulignant leur rôle dans la stimulation de l'emploi et des échanges commerciaux.[59]

Propriétaires des obligations ferroviaires

Cet article explore la répartition de la propriété des obligations ferroviaires aux États-Unis, révélant que des millions de personnes bénéficient indirectement des revenus générés par ces titres. La publication indique que 56 % des obligations ferroviaires en circulation sont détenues par des compagnies d'assurance-vie, des banques d'épargne, ainsi que des institutions éducatives et caritatives. Ces investissements permettent à ces organismes de financer leurs activités tout en soutenant le secteur ferroviaire.[60]

L'article précise également que la valeur des actifs ferroviaires, après dépréciation, dépasse de deux milliards de dollars le montant total des actions et obligations en circulation. En 1940, environ 871 000 actionnaires possédaient des parts dans les compagnies ferroviaires, dont une grande compagnie comptant à elle seule 215 000 actionnaires, dont la moitié étaient des femmes. Depuis 1910, la dette obligataire par millier de dollars investi dans les infrastructures ferroviaires a diminué, passant de 606 à 439 dollars, soit une réduction de près de 30 %.[61]

Un voyage ferroviaire imaginaire

Sous la forme d'un récit humoristique, cet article relate un voyage ferroviaire imaginaire à travers les États-Unis et le Canada, effectué en janvier 1940 par un certain W. A. N. Der Lust. Ce dernier, résidant à Green River dans le Wyoming, décrit un itinéraire couvrant 11 548 miles en 12 jours et 14 heures, soit une moyenne de 916,8 miles par jour et une vitesse de 38,2 miles par heure. Le voyage, bien que fictif, est présenté comme une démonstration des capacités du réseau ferroviaire nord-américain, permettant de relier des villes majeures et des paysages variés en un temps record.[62]

L'itinéraire inclut des étapes dans des villes comme Chicago, New York, Washington, La Nouvelle-Orléans, San Bernardino et Montréal, ainsi que des traversées de paysages emblématiques tels que les montagnes Rocheuses et les grands fleuves. Der Lust souligne le confort des trains, équipés de wagons-lits, de wagons-restaurants et d'autres commodités comme des salons pour dames, des services de barbier et des fontaines à soda. L'article se conclut sur une note ironique, révélant que ce voyage n'a jamais eu lieu et qu'il a été imaginé à partir d'un guide ferroviaire, sans dépenser un centime.[63]

Actualités du New Jersey

Cette rubrique rassemble plusieurs brèves d'actualité centrées sur l'État du New Jersey, illustrant les dérives politiques, judiciaires et sociales de l'époque. La publication dénonce notamment les pratiques autoritaires du maire de Jersey City, Frank Hague, et de son entourage, en les comparant à des régimes dictatoriaux comme celui de Porfirio Díaz au Mexique.[64]

La liberté d'expression reconnue

L'article célèbre une décision de la Cour suprême des États-Unis confirmant le droit de distribuer des tracts, d'organiser des réunions et de prononcer des discours dans l'espace public sans autorisation préalable de la police. Cette décision, rendue dans le cadre d'affaires impliquant Jersey City, est présentée comme une victoire pour les libertés fondamentales, notamment la liberté d'expression. La publication souligne que les forces de l'ordre ne peuvent plus interdire une réunion sous prétexte qu'elle est « susceptible » de troubler l'ordre public, une pratique jusqu'alors courante dans les municipalités contrôlées par des figures autoritaires comme Frank Hague.[65]

Escroquerie à la New Jersey Title and Trust Company

Cet article relate le scandale financier de la New Jersey Title and Trust Company, une société fiduciaire de Jersey City dont les dirigeants, surnommés « The Hague gang » en référence au maire Frank Hague, ont détourné plus de deux millions de dollars avant sa faillite. La publication dénonce la complicité du juge Thomas F. Meaney, un proche de Hague, qui a démissionné de son poste rémunéré à 15 000 dollars par an pour représenter la Commission bancaire de l'État dans le processus de liquidation, lui permettant ainsi de percevoir des honoraires supplémentaires. L'article présente cette affaire comme un exemple de corruption systémique au sein des institutions locales.[66]

La « mort » de la liberté

L'article rapporte une manifestation symbolique organisée par Samuel W. Rushmore à Plainfield, dans le New Jersey, pour protester contre les atteintes aux libertés sous le régime de Frank Hague. Rushmore a installé un cercueil noir sur le toit de sa maison, portant l'inscription « Liberty is dead; Heil Hague », et a placé une urne funéraire devant sa porte avec la mention « Hague is the law; dump law books here ». La publication salue cette initiative comme un acte de résistance d'un « vieux Américain », soulignant la rareté de tels gestes dans un contexte de répression politique.[67]

Le système Hague à Jersey City

Cet article établit un parallèle entre le régime de Frank Hague à Jersey City et celui de Porfirio Díaz au Mexique, en soulignant les similitudes dans leur approche autoritaire du pouvoir. La publication rappelle qu'au Mexique, sous Díaz, il était illégal de voter contre le président, et que Hague a été réélu maire de Jersey City à six reprises avec des scores écrasants, comme lors de sa dernière élection où il a obtenu 110 743 voix contre seulement 6 793. L'article mentionne également un cas de fraude électorale où un électeur a voté 137 fois pour Hague et s'en est vanté publiquement. La conclusion ironique suggère que, comme Díaz, Hague pourrait finir ses jours en exil.[68]

Une adolescente et son chat

Cette brève raconte l'histoire de Dorothy Johnson, une adolescente de 13 ans originaire de Philadelphie, qui a fugué pour rejoindre ses parents en vacances à Atlantic City avec son chat Celemma. Refusant de laisser l'animal derrière elle, Dorothy a fait de l'auto-stop jusqu'à la côte, dormant sous la promenade en bois et arrivant avec seulement trois cents en poche. Ses parents, impressionnés par sa détermination, ont finalement accepté qu'elle reste avec eux et garde son chat. La publication présente cette anecdote comme un exemple de persévérance et d'attachement familial.[69]

Une peine disproportionnée

L'article relate le cas de Richard Jonesboro, condamné à une peine de 18 mois à deux ans de prison pour avoir volé deux tartes d'une valeur de dix cents à Woodbury, dans le New Jersey. La publication dénonce cette sentence comme disproportionnée et révélatrice des dysfonctionnements du système judiciaire, où des délits mineurs peuvent entraîner des peines sévères tandis que des crimes plus graves bénéficient de clémence.[70]

Fraudes dans l'aide sociale à West New York

Cet article expose un scandale de fraude à l'aide sociale dans la ville de West New York, une banlieue de Jersey City. Dix employés du bureau d'aide sociale, dont Walter Brierty et Rinaldo Bozzuffi, ainsi que cinq complices extérieurs, ont été inculpés pour falsification, vol et conspiration dans le cadre de 289 chefs d'accusation. Les fraudeurs avaient émis des ordres d'aide sociale au nom de personnes inexistantes, de résidents ayant quitté la ville ou n'ayant jamais demandé d'assistance. La publication présente cette affaire comme un exemple des dérives du système d'aide sociale sous l'influence de la corruption politique.[71]

Droits des aveugles

L'article annonce une nouvelle loi dans le New Jersey accordant aux personnes aveugles un droit de priorité dans la circulation. Les aveugles de Jersey City ont reçu des cannes blanches et rouges pour signaler leur présence aux intersections. La publication indique que cette mesure bénéficiera aux 3 000 aveugles de l'État, améliorant leur sécurité et leur autonomie dans les déplacements urbains.[72]

La modestie des policiers de Trenton

Cet article ironise sur la « modestie » des policiers de Trenton, dans le New Jersey, qui ont refusé d'interrompre une partie de bingo organisée dans l'église catholique Saint-Michel, malgré l'interdiction municipale de ce jeu. Les policiers, dirigés par le sergent Kester Hughes, ont expliqué qu'ils ne pouvaient pas entrer dans l'église car ils n'avaient pas acheté de billets. La publication dénonce cette complaisance envers les activités illégales organisées par l'Église catholique, tout en soulignant l'hypocrisie des forces de l'ordre qui appliquent sélectivement la loi.[73]

Tricherie à l'examen à l'Upsala College

L'article relate un scandale de tricherie à l'Upsala College, où des étudiants ont volé des sujets d'examen entre 23 heures et 1 heure du matin en passant par une fenêtre ouverte de l'intérieur. Les copies volées ont été vendues à d'autres étudiants pour cinq dollars chacune, avec un paiement partiel à la livraison. Un acheteur particulièrement prudent a même vérifié l'authenticité des copies avant de finaliser le paiement. L'enquête qui a suivi a révélé que l'un des étudiants impliqués, jusqu'alors en difficulté scolaire, avait obtenu une note de 97 grâce à cette tricherie. Quatre étudiants ont été expulsés et un cinquième suspendu. La publication critique la corruption morale au sein des institutions éducatives et les conséquences disproportionnées pour les étudiants impliqués.[74]

Un pasteur baptiste impliqué dans un meurtre

Cet article révèle l'implication du pasteur baptiste Walter Dwoecki dans le meurtre de sa propre fille, perpétré par un ancien pensionnaire de la famille en échange d'une somme de 100 dollars. Le pasteur n'a versé que 50 cents à l'assassin, tout en touchant 15 600 dollars d'assurance-vie sur la mort de sa fille. La publication souligne l'hypocrisie de Dwoecki, qui a continué à prêcher des « services évangéliques pour garder les gens hors de l'enfer » pendant que sa fille était étranglée. L'article mentionne également les antécédents criminels du pasteur, impliqué dans des affaires d'incendie criminel et de contrefaçon, et sa facilité à être démasqué.[75]

Des bébés « cuits à la vapeur »

L'article relate un tragique incident survenu à l'hôpital général de Perth Amboy, où quatre nouveau-nés sont morts asphyxiés après que la valve d'un radiateur dans la nurserie a été scotchée pour éviter une fuite. La publication dénonce la négligence criminelle des responsables de l'hôpital, notamment l'infirmière en chef Daisy Maguinness, qui a inspecté les bébés peu avant leur mort. L'article souligne que, malgré les déclarations du coroner Flynn affirmant que l'accident était inévitable, les preuves de la négligence ont été rapidement effacées. La publication établit un parallèle ironique avec d'autres scandales médicaux de l'époque, comme la mort de détenus à Holmesburg, et suggère que ces incidents préfigurent les catastrophes annoncées avant Apocalypse 16:16.[76]

Des sénateurs incompétents

Cet article critique vivement le Sénat du New Jersey pour avoir nommé Frank Hague Jr., fils du maire de Jersey City, juge à la Cour des Erreurs et Appels, un poste rémunéré à 9 000 dollars par an. La publication dénonce cette nomination comme une insulte à la profession juridique, car Hague Jr. avait été admis au barreau moins de trois ans auparavant. L'article souligne que la tentative de l'Association du barreau de l'État d'enquêter sur ses qualifications a été ignorée par les sénateurs, qui ont précipité sa nomination. La publication qualifie Hague Jr. de « menace nationale » et critique l'incompétence des législateurs.[77]

Une astuce publicitaire

L'article relate une stratégie publicitaire ingénieuse employée par Robert Bierbaum, un épicier de Camden, pour recouvrer ses créances. Bierbaum, au bord de la faillite en raison de 2 700 dollars de dettes impayées, a affiché dans sa vitrine la liste des noms de ses débiteurs et des montants dus. Cette initiative a permis à l'épicier de récupérer plus de 500 dollars en une seule journée et de sauver son commerce. La publication présente cette anecdote comme un exemple de créativité face aux difficultés économiques.[78]

Des responsables corrompus emprisonnés

L'article rapporte l'incarcération de trois anciens responsables de l'administration de l'aide sociale de Paterson, dans le New Jersey, pour conspiration visant à détourner 15 000 dollars de fonds publics. La publication souligne que cette affaire n'est qu'un exemple parmi d'autres des pratiques corruptrices qui gangrènent les institutions locales. L'article suggère ironiquement que si tous les responsables corrompus du New Jersey étaient emprisonnés, il ne resterait plus assez de personnes honnêtes pour gérer les affaires courantes.[79]

Violence contre des témoins en Inde

Cet article relate un incident survenu à Poona, en Inde, où deux pionniers des Témoins de Jéhovah, Tony et Dan, ont été agressés par un pasteur indien nommé Savant après avoir diffusé des discours enregistrés de Rutherford. Les deux témoins avaient été invités par le pasteur à reproduire des conférences phonographiques exposant l'hypocrisie des religions organisées, notamment du christianisme institutionnel. Au lieu de manifester de la gratitude pour cette initiative, le pasteur a réagi avec violence, agressant physiquement l'un des témoins et l'empêchant de quitter les lieux pendant un certain temps. La publication compare cette réaction à l'intolérance religieuse que Jésus et ses disciples ont subie, soulignant que le pasteur, comme ses prédécesseurs, craignait davantage la vérité que les témoins eux-mêmes. L'article mentionne que les discours diffusés, qui dénonçaient notamment l'hypocrisie du clergé, ont été écoutés par un large public, y compris des membres de la congrégation du pasteur Savant, certains montrant un intérêt croissant pour le christianisme authentique plutôt que pour la religion institutionnelle.[80]

Dan, l'un des pionniers, était auparavant correspondant pour un grand journal indien avant de rejoindre le service des Témoins de Jéhovah. Il a tenté de faire publier un compte rendu de l'incident dans la presse locale, mais les journaux ont refusé, privilégiant les faveurs du clergé local plutôt que la fidélité envers leurs lecteurs. La publication souligne que, malgré leur petit nombre, les Témoins de Jéhovah en Inde agissent avec la même ferveur et le même amour pour Jéhovah que leurs coreligionnaires ailleurs dans le monde, sans craindre les menaces des forces adverses.[81]

Des pionniers en Inde utilisent un phonographe pour diffuser des discours enregistrés.

Les pionniers ont distribué un millier de tracts intitulés « Religion versus Christianisme » pour annoncer leur présence à Poona et inviter la population à écouter les discours enregistrés. Ces tracts mettaient en lumière l'agression subie par les témoins et dénonçaient l'hypocrisie du clergé chrétien. La publication indique que ces tracts ont été largement diffusés dans la ville, attirant l'attention du public. Malgré les menaces proférées par le pasteur Savant, qui avait mobilisé ses partisans pour attaquer les témoins, ces derniers ont poursuivi leur travail sans subir de violences, citant Jérémie 51:30 pour illustrer la protection divine dont ils bénéficient.[82]

L'article mentionne également qu'une étude modèle a été lancée à Poona, suscitant l'intérêt de nombreuses personnes pour le christianisme authentique. Certains de ces intéressés proviennent même de la congrégation du pasteur Savant, ce qui a permis aux pionniers d'engager un travail de « locuste », c'est-à-dire de semer les graines de la vérité parmi ceux qui cherchent sincèrement la lumière divine.[83]

Témoignage d'un pionnier britannique

Un pionnier britannique partage son expérience enthousiasmante lors d'une campagne de prédication dans une région catholique. Alors qu'il distribuait des tracts, il a remarqué une femme quittant sa maison et a d'abord hésité à l'aborder. Cependant, il a finalement décidé de lui parler et a été invité à entrer chez elle. La femme s'est révélée être une catholique pratiquante, mais insatisfaite de sa situation. Elle a confié au pionnier qu'elle avait tenté de quitter l'Église, mais que le prêtre local l'avait persuadée de rester. La publication souligne que cette femme, bien que vivant seule et indépendante financièrement, assumait des responsabilités importantes au sein de l'Église, comme ouvrir l'édifice religieux chaque matin et s'occuper des vêtements sacerdotaux.[84]

La femme a écouté attentivement les explications du pionnier sur la nature et le but de son travail, et a exprimé son intérêt pour en savoir plus. Elle a accepté de recevoir une étude biblique sur le salut et a même souscrit à un abonnement d'un an à la revue La Tour de Garde. Le pionnier lui a prêté plusieurs publications, dont les livres Richesses, Ennemis, et Salut, ainsi qu'une Bible catholique. Lors d'une visite ultérieure, il a diffusé des enregistrements phonographiques, dont un discours de Rutherford dénonçant les méfaits de l'Église catholique romaine au cours des 1 500 dernières années. La femme a spontanément reconnu la véracité de ces accusations.[85]

L'article mentionne que la femme a montré au pionnier les talons de ses chéquiers, révélant les sommes importantes qu'elle avait versées au prêtre local. Elle a également partagé son intention de quitter l'Église catholique, bien que cela nécessite de régler plusieurs affaires financières et de restituer des biens appartenant à l'Église. Le pionnier exprime son espoir que cette femme trouve le courage de franchir le pas et de s'engager pleinement dans le « travail étrange » du Seigneur, c'est-à-dire la proclamation de la vérité divine.[86]

La publication souligne que cette femme, bien qu'ayant occupé des positions responsables au sein de l'Église, a acquis une connaissance de première main des injustices et des cruautés commises par cette institution. Le pionnier prie pour que Dieu lui donne la vision et le courage nécessaires pour abandonner son ancienne vie et embrasser pleinement le service de Jéhovah.[87]

Expérience à Kapuskasing, Ontario

Cet article relate une expérience vécue par des pionniers des Témoins de Jéhovah à Kapuskasing, dans le nord de l'Ontario. À trois reprises, le chef de la police locale les a interpellés pour exiger qu'ils obtiennent une licence afin de vendre des livres. Les pionniers ont présenté leur carte de témoignage et expliqué qu'ils distribuaient de la littérature sur la base de contributions volontaires, ce qui ne nécessitait pas de licence. Le chef de la police a insisté pour qu'ils obtiennent une autorisation écrite du greffier de la ville, mais les pionniers ont refusé, craignant que cela ne constitue un compromis.[88]

Après avoir été interrompus à plusieurs reprises, les pionniers ont finalement été arrêtés par le chef de la police et conduits devant le magistrat de la ville. Le chef de la police les a accusés de vendre des livres sans licence et a affirmé qu'un témoin était prêt à attester qu'ils avaient « vendu » un livre. Les pionniers ont expliqué qu'ils agissaient en vertu d'une charte leur permettant de travailler n'importe où en Ontario et qu'ils n'avaient pas besoin de permission pour exercer leur activité. Le magistrat a écouté leurs arguments, ainsi que ceux du chef de la police, qui a également mentionné un enregistrement phonographique utilisé dans leur travail, suscitant des plaintes de la part des habitants.[89]

Les pionniers ont demandé la permission de diffuser l'enregistrement en question, intitulé « Snare and Racket ». Le magistrat et le chef de la police ont écouté attentivement l'enregistrement jusqu'à la fin, et le magistrat a déclaré qu'il s'agissait d'un « discours très intéressant ». Le chef de la police, visiblement embarrassé, a reçu une réprimande du magistrat pour avoir harcelé les pionniers. Le magistrat a finalement conclu qu'il n'y avait plus lieu d'agir contre eux, et les pionniers ont quitté la salle d'audience avec soulagement.[90]

Témoignage d'une ancienne catholique

Une pionnière à San Antonio, Texas, utilise un phonographe pour prêcher à un groupe de personnes.

L'article présente le témoignage de Miss Bennett, une femme de San Antonio, au Texas, qui a été catholique pendant trente ans. Elle a partagé son expérience avec un pionnier des Témoins de Jéhovah, expliquant qu'elle avait été profondément impliquée dans l'Église catholique, assumant des responsabilités similaires à celles d'un sacristain. Elle s'occupait notamment des vêtements sacerdotaux, des nappes d'autel et des chandeliers, et assistait le prêtre quotidiennement dans les réponses en latin lors des offices religieux.[91]

Miss Bennett a révélé qu'elle avait envisagé de quitter l'Église à plusieurs reprises, mais que le prêtre local, surnommé « Father Rooney », l'avait persuadée de rester. Elle a exprimé son insatisfaction croissante et son désir de rompre avec l'institution catholique. Le pionnier lui a prêté plusieurs publications des Témoins de Jéhovah, dont une Bible catholique, et a organisé une étude biblique sur le salut pour elle. Lors d'une visite ultérieure, Miss Bennett a écouté des enregistrements phonographiques et a montré un vif intérêt pour les enseignements des Témoins de Jéhovah.[92]

Dans une lettre adressée au pionnier, Miss Bennett a exprimé sa gratitude pour les publications prêtées et a partagé son étonnement face à la précision des détails exposés dans ces ouvrages. Elle a reconnu que ces informations correspondaient à sa propre expérience au sein de l'Église catholique et a exprimé son accord total avec les critiques formulées. Elle a également mentionné son intention de quitter l'Église catholique, bien que cela implique de régler plusieurs affaires financières et de restituer des biens appartenant à l'Église.[93]

Baptême de Témoins de Jéhovah à Houston, Texas.

Miss Bennett a souligné qu'elle avait occupé des positions responsables au sein de l'Église et qu'elle avait acquis une connaissance de première main des injustices et des cruautés commises par cette institution. Elle a également révélé que le prêtre local, « Father Rooney », l'avait appelée au téléphone pendant la visite du pionnier, et qu'elle avait ri en lui faisant écouter la conversation. Le pionnier a exprimé son espoir que Miss Bennett trouve le courage de s'engager pleinement dans le service de Jéhovah et de remplacer son ancien travail par le « travail étrange » du Seigneur.[94]

La lumière des lépreux

Cet article met en lumière le travail des Témoins de Jéhovah dans la colonie de lépreux de Pirapitingui, dans l'État de São Paulo, au Brésil. Une compagnie active de Témoins de Jéhovah y réside et utilise des cartes de témoignage, de la littérature et un phonographe pour visiter régulièrement les autres patients de la colonie, dont le nombre varie entre 2 500 et 3 000. Ils visitent également les hôpitaux, diffusent des enregistrements et lisent aux patients aveugles. De plus, ils organisent des études bibliques avec les livres et la revue La Tour de Garde chaque soir de la semaine.[95]

Ne se contentant pas de témoigner uniquement au sein de leur colonie, les Témoins de Jéhovah ont demandé à la Commission d'État pour la lèpre l'autorisation de visiter une autre colonie à Santo Angelo. Après plusieurs mois d'attente, leur demande a été acceptée, et cinq d'entre eux ont passé trois jours heureux à témoigner à Santo Angelo, suscitant l'intérêt et distribuant une quantité considérable de littérature. L'un des patients intéressés qu'ils ont rencontrés à Santo Angelo a ensuite été transféré à Pirapitingui, où il a rejoint les Témoins de Jéhovah dans leur travail.[96]

L'article raconte également l'histoire d'une vieille femme, veuve d'un Témoin de Jéhovah décédé six mois plus tôt, qui était en train de mourir dans l'hôpital d'isolement de la colonie de lépreux. Bien qu'analphabète, elle avait continué à recevoir, lire et transmettre du mieux qu'elle pouvait le message de vie contenu dans les publications de la Société Watch Tower. Peu avant sa mort, elle a demandé qu'aucune bougie ne soit utilisée pour elle, déclarant : « Je n'ai pas besoin d'elles. Jéhovah est ma lumière ». Cette demande a été respectée, et elle a été enterrée sans bougies, contrairement à la coutume habituelle. Un jeune homme qui avait entendu sa demande a demandé sa Bible et sa littérature, les a lues, et a depuis pris position du côté de Jéhovah, là où il y a de la lumière.[97]

Lecture, écriture et parole

Une lettre émouvante en provenance de l'intérieur de Cuba est partagée dans cet article. Écrite par l'un des Témoins de Jéhovah, elle est rédigée en espagnol, mais l'auteur a reçu une éducation rudimentaire en anglais. Dans sa lettre adressée à Rutherford, il s'excuse pour son écriture maladroite, expliquant qu'il n'a jamais fréquenté l'école. Il exprime sa gratitude envers Jéhovah et son désir de servir fidèlement, malgré ses limitations.[98]

La publication reproduit un extrait de cette lettre : « Veuillez excuser mon écriture médiocre, car je n'ai jamais fréquenté l'école. Que Jéhovah vous préserve, vous et tous ceux qui marchent droitement. Ma gratitude envers le Tout-Puissant est plus grande que je ne peux l'exprimer, mais tous les cœurs sincères doivent voir le bien, et que ce travail est celui du Dieu Tout-Puissant. » L'auteur de la lettre mentionne qu'il pourrait parler du Royaume de Dieu de vive voix, mais que le phonographe est plus efficace pour transmettre le message. Il souligne que l'utilisation du phonographe lui procure un grand soulagement, car il peut ainsi toucher un plus grand nombre de personnes. Il rapporte avoir tant de retours positifs qu'il ne pourrait pas tous les gérer seul, même s'il pouvait se diviser en trois.[99]

Exemption pour les objecteurs de conscience

Un rapport détaillé concernant les objecteurs de conscience devant un tribunal spécial à Londres est mentionné dans cet article. Il indique que lorsque les Témoins de Jéhovah comparaissent et convainquent le tribunal de la sincérité de leurs convictions, ils sont généralement enregistrés pour des travaux agricoles ou forestiers. La publication souligne que cette exemption est accordée aux Témoins de Jéhovah en raison de leur engagement inébranlable envers leurs principes religieux, qui les amène à refuser toute participation aux conflits armés.[100] L'article se termine par la mention « À suivre », indiquant que d'autres informations sur ce sujet seront publiées dans les prochains numéros.[101]

Pâques, une fête démoniaque

Cet article dénonce vigoureusement la fête de Pâques, qualifiée de démoniaque et anti-chrétienne. La publication affirme que cette célébration, associée aux œufs peints et aux lapins, honore en réalité une déesse païenne nommée Eéstre, plutôt que la résurrection de Jésus-Christ. Elle s'appuie sur des sources historiques, notamment The Catholic Encyclopedia, pour démontrer que Pâques n'a aucun fondement biblique et qu'elle a été introduite bien après la mort des apôtres, sans mention dans les écrits des Pères apostoliques. L'article souligne que le roi Hérode, bien que prosélyte juif, n'a jamais respecté cette fête, comme en témoigne le récit biblique de l'emprisonnement de Pierre pendant les jours des pains sans levain (Actes 12:1-4).[102]

La publication explique que la résurrection de Jésus, bien que centrale dans le plan divin, a été marginalisée par les religions organisées dès les premiers siècles. Elle rappelle que Jésus devait à la fois être le rédempteur et le libérateur de l'humanité, ce qui nécessitait sa résurrection. L'article cite 1 Timothée 6:16 et 1 Corinthiens 15:50 pour souligner qu'aucun homme ne peut accéder au domaine spirituel, et que Jésus, après sa mort en tant qu'homme, a été ressuscité par Jéhovah sous la forme d'une créature spirituelle. La version révisée de 1 Pierre 3:18 est citée pour appuyer cette affirmation : « ayant été mis à mort dans la chair, mais rendu vivant dans l'esprit ».[103]

L'article décrit ensuite les efforts de Satan pour empêcher la résurrection de Jésus ou, à défaut, pour semer le doute dans l'esprit des hommes quant à sa réalité. Il rappelle que les chefs religieux juifs, influencés par Satan, ont soudoyé les gardes du tombeau pour qu'ils mentent en affirmant que les disciples avaient volé le corps de Jésus (Matthieu 28:13-15). La publication souligne que cette stratégie a permis à Satan de créer un doute persistant sur la résurrection de Jésus, empêchant ainsi de nombreuses personnes de croire en cette vérité fondamentale. Malgré ces manœuvres, Jéhovah a fourni des preuves abondantes de la résurrection de son Fils, suffisantes pour convaincre tout chercheur de vérité.[104]

La publication conclut en associant la fête de Pâques à des pratiques démoniaques, citant 1 Corinthiens 10:20 pour rappeler que les sacrifices des païens sont offerts aux démons et non à Dieu. Elle dénonce l'hypocrisie des religions qui prétendent célébrer la résurrection de Jésus tout en honorant des divinités païennes, et souligne que Jésus, après sa résurrection, n'est jamais apparu aux chefs religieux, mais uniquement à ses disciples fidèles, qui ont résisté aux démons.[105]

Curiosité enfantine

Un récit court et poignant, traduit de l'édition polonaise de Consolation, met en scène un dialogue entre un père et son enfant lors d'une promenade. L'enfant, observant le monde qui l'entoure, pose une série de questions sur les inégalités sociales et économiques. Il remarque d'abord une ferme à vendre et demande pourquoi le propriétaire ne l'utilise pas. Le père répond que ce dernier n'en a pas besoin. L'enfant s'interroge ensuite sur l'acheteur potentiel, puis sur les raisons pour lesquelles certaines personnes n'ont pas les moyens d'acheter cette ferme.[106]

Plus tard, l'enfant aperçoit un palais à louer et une vieille femme en haillons dormant dans la rue. Il demande pourquoi cette femme n'a pas de maison et pourquoi elle ne peut pas entrer dans le palais vacant. Le père explique que la loi interdit à quiconque d'entrer dans une maison qui ne lui appartient pas. L'enfant, persistant, demande alors qui a fait la loi, ce à quoi le père répond évasivement, visiblement fatigué par les questions de son fils.[107]

Enfin, l'enfant et son père croisent un cheval épuisé, incapable de se relever, entouré d'une foule qui tente de le faire bouger. L'enfant propose que tous unissent leurs efforts pour dégager la route. Le père, touché par la perspicacité et la compassion de son enfant, sourit en regardant ses grands yeux interrogateurs. Ce récit illustre les inégalités sociales et la curiosité naturelle des enfants face aux injustices du monde.[108]

Actualités et critiques sociales

Cette rubrique regroupe plusieurs brèves et commentaires sur des sujets variés, reflétant les préoccupations sociales et politiques de l'époque.

Un article signé Irving Brant, éditeur du St. Louis Star, compare les conditions de logement aux États-Unis avec celles de pays européens comme la Grande-Bretagne, le Danemark, la Suède et la Finlande. Il souligne que les travailleurs britanniques peuvent accéder à des logements décents pour un loyer modéré, alors qu'aux États-Unis, les mêmes revenus ne permettent pas d'obtenir un logement comparable. Brant critique les élites économiques, qu'il accuse de privilégier des rendements financiers élevés au détriment du bien-être des classes laborieuses. Il va jusqu'à affirmer que si les États-Unis étaient comparés à des pays comme le Danemark ou la Suède, le pays tout entier ressemblerait à un vaste bidonville.[109]

La publication mentionne également que, malgré ces critiques, près de 429 000 nouvelles unités de logement ont été construites aux États-Unis l'année précédente, pour un coût total de 1,55 milliard de dollars. Ces logements, d'un coût moyen de 3 600 dollars par unité, impliquent des loyers d'environ 30 dollars par mois, ce qui reste inaccessible pour de nombreux travailleurs.[110]

Un autre article, signé Gerald W. Johnson et publié dans le Baltimore Evening Sun, dénonce les « anti-Américains » qui soutiennent indirectement les régimes despotiques en Europe. Il cite notamment le Ku Klux Klan, le German-American Bund, ainsi que certains membres des Daughters of the American Revolution (DAR), de l'American Legion et de la National Education Association. La publication semble approuver cette critique, soulignant que ces groupes, par leur ignorance ou leur hostilité envers les valeurs américaines, contribuent à affaiblir la démocratie.[111]

Enfin, une brève note humoristique évoque les méthodes modernes pour éviter que les nouveau-nés ne se perdent dans les hôpitaux. Elle mentionne l'utilisation d'empreintes de pieds et de mains, de colliers de perles portant le nom des parents, de bracelets métalliques, et même le « bronzage » du nom du bébé sur son dos à l'aide d'un ruban perforé. Cette pratique, bien que présentée sur un ton léger, reflète les préoccupations pratiques de l'époque en matière de sécurité infantile.[112]

Apprendre à vivre

Une brève statistique sur l'espérance de vie aux États-Unis est présentée. Elle indique qu'un garçon né en 1901 pouvait espérer vivre 48,4 ans, tandis qu'un garçon né en 1939 pouvait espérer vivre 60,4 ans. Pour les filles, l'espérance de vie est encore plus élevée : 51 ans pour une naissance en 1901, et 65 ans pour une naissance en 1939. La publication souligne ainsi les progrès réalisés en matière de santé publique et de conditions de vie au cours des premières décennies du XXe siècle.[113]

Critique d'un manuel scolaire

Cet article critique sévèrement un manuel scolaire intitulé The Middle Ages, publié par Laidlaw Brothers, et utilisé dans les écoles américaines. La publication affirme que ce livre, comme une centaine d'autres du même éditeur, est écrit de manière à se soumettre servilement à l'Église catholique romaine. Elle accuse le manuel de présenter cette institution comme une bénédiction pour l'humanité, plutôt que comme une malédiction, et soupçonne les Jésuites d'être à l'origine de sa rédaction.[114]

L'article souligne que le manuel consacre seulement huit lignes à la Réforme et au rôle d'Henri VIII dans la création de l'Église d'Angleterre, tandis que quatre pages entières sont dédiées aux Jésuites, sans mentionner leur suppression par le pape Clément XIV ni leurs multiples expulsions de divers pays. La publication énumère les pays d'où les Jésuites ont été chassés à plusieurs reprises, notamment la France, la Grande-Bretagne, l'Espagne, les Pays-Bas, la Russie, la Belgique, le Portugal, le Paraguay, le Japon, la Hongrie, le Danemark, la Chine, l'Inde, le Brésil, le Mexique, la Suisse, l'Autriche, l'Italie et l'Allemagne, ainsi que de nombreuses villes et provinces.[115]

La publication rappelle également que le pape Clément XIV, qui a supprimé l'ordre des Jésuites, avait lui-même été éduqué par ces derniers. Elle cite l'Encyclopedia Britannica pour expliquer que Clément XIV a agi avec prudence dans cette suppression, ce qui lui a valu des critiques au sein de sa propre communion. L'article suggère que cette mesure, bien que bénéfique pour le monde, a été préjudiciable aux intérêts du Vatican, illustrant ainsi le conflit entre les intérêts de la papauté et ceux de l'humanité.[116]

Analyse d'un manuel scolaire pro-catholique

Illustration tirée du manuel scolaire critiqué, montrant un moine agissant comme médecin auprès d'un enfant malade.

Cet article poursuit la critique d'un manuel scolaire intitulé Our Developing Civilization, en analysant son contenu visuel et textuel. La publication souligne que le livre, richement illustré, est conçu pour impressionner les enfants et les convaincre que la civilisation se développe sous l'influence de la religion, et plus particulièrement de la religion catholique romaine.[117]

L'article examine en détail les illustrations du manuel, notant que sur 120 pages contenant des images ou des cartes, 39 (soit 32,5 %) comportent des éléments religieux. Parmi les 19 illustrations pleine page, 10 (soit 52,6 %) ont un motif ou des caractéristiques religieuses. La publication décrit plusieurs de ces images, notamment une représentation de Jeanne d'Arc, canonisée pour avoir entendu des voix démoniaques, un moine agissant comme médecin auprès d'un enfant malade, un prêtre bénissant un vassal, et une illustration imaginaire d'un monastère. Elle mentionne également des scènes de croisades, de pèlerinages, et des portraits de figures religieuses comme Luther, la Vierge Marie, ou le pape couronnant Charlemagne.[118]

La publication dénonce cette approche comme une tentative délibérée d'imposer la religion aux enfants, au détriment de la vérité divine. Elle affirme que tromper un enfant en lui faisant vénérer la superstition et les enseignements humains plutôt que la Parole de Dieu est l'une des actions les plus répréhensibles qu'un être humain puisse commettre. L'article analyse également le contenu textuel du manuel, notant que 14 pages sont consacrées aux débuts du christianisme, avec des illustrations de papes ou de prêtres, renforçant ainsi l'idée que la religion catholique est au cœur du développement de la civilisation.[119]

Analyse d'un manuel scolaire pro-catholique (suite)

La publication poursuit son analyse critique du manuel scolaire Our Developing Civilization en dénonçant ce qu'elle considère comme une propagande systématique en faveur de l'Église catholique romaine. Elle relève que le manuel attribue à Dieu les invasions barbares qui ont pillé les pays « chrétiens », une interprétation jugée tendancieuse et mensongère. Selon la publication, cette présentation vise à disculper l'Église de ses responsabilités historiques et à légitimer son influence sur la civilisation occidentale.[120]

La rubrique souligne également que le manuel minimise les crimes commis par les Croisés, qui portaient une croix sur le front ou la poitrine. Elle cite l'exemple d'un passage où les exactions des Croisés sont à peine évoquées, avec une condamnation si faible qu'elle en devient une forme de louange déguisée. La publication qualifie cette approche de « technique artistique » pour tromper les enfants en atténuant la gravité des actes commis au nom de la religion.[121]

Le manuel consacre 22 pages à la Réforme, mais la publication note que ce chapitre se conclut par 44 pages de louanges envers l'Église catholique romaine et les Jésuites. Elle estime que cette disproportion donne aux élèves l'impression que la période de la Réforme est globalement glorieuse pour l'Église, malgré quelques écarts individuels. La publication dénonce cette présentation comme une manipulation visant à renforcer l'image positive de l'institution religieuse.[122]

Un autre point de critique porte sur l'Inquisition, décrite comme l'une des pires taches de l'histoire de l'humanité, avec environ 50 millions de victimes. La publication souligne que le manuel scolaire n'en fait aucune mention dans son index, et que la seule référence à ce sujet se limite à une illustration d'un homme marchant à l'aveugle sur des socs de charrue brûlants, présentée dans un chapitre sur les « jugements par jury ». Selon la publication, cette mise en scène donne aux enfants une fausse impression, les empêchant de comprendre la véritable nature de l'Inquisition, qu'elle qualifie de « diabolique », « bestiale » et « inhumaine ».[123]

Illustration évoquant l'Inquisition, insérée dans un chapitre sur les « jugements par jury » dans le manuel critiqué.

La publication relève également que le manuel consacre 20 pages aux moines et aux monastères, dont 34 pages à « saint » Benoît, un espace supérieur à celui accordé à Jésus de Nazareth. Elle y voit une tentative délibérée de valoriser les figures catholiques au détriment du fondateur du christianisme, afin d'influencer la perception des enfants sur l'importance relative de ces personnages.[124]

Enfin, la publication mentionne qu'un enseignant Témoin de Jéhovah en Illinois a démissionné de son poste plutôt que de participer à l'enseignement de ce manuel, qu'il considérait comme une tentative d'empoisonner l'esprit des enfants en les soumettant à une propagande religieuse. Le manuel en question, Our Developing Civilization de McClure, Seheck et Wright, est publié par Laidlaw Brothers et utilisé dans les écoles publiques américaines.[125]

Propagande hollywoodienne

La publication commente une dépêche de l'Associated Press, reprise comme une information par plusieurs médias, annonçant que Bryan Foy, ancien membre des Seven Little Foys, recherche des scénarios mettant en vedette des prêtres catholiques. Elle dénonce cette initiative comme une forme de propagande en faveur de la hiérarchie catholique, soulignant que cette tendance à héroïser les prêtres dans les productions hollywoodiennes suscite le dégoût de millions d'Américains qui rejettent leur influence. La publication s'indigne particulièrement que l'Associated Press relaie cette annonce comme une « nouvelle », alors qu'elle constitue selon elle une publicité déguisée pour l'Église catholique romaine.[126]

Critique de l'ambassadeur personnel de Roosevelt

La publication aborde la nomination par le président Franklin D. Roosevelt de Myron C. Taylor, membre du Steel Trust, comme ambassadeur personnel auprès du Vatican. Elle cite les propos de J. Elmer Cates, pasteur de l'église méthodiste de Calvary dans le Bronx, qui s'interroge sur la légitimité de cette représentation. Cates demande notamment qui Taylor représente : le pape ou le peuple américain, composé majoritairement de protestants et de juifs. La publication semble approuver cette critique, soulignant que cette nomination ne répond à aucune demande de la part de la majorité des Américains.[127]

Elle rapporte également les propos de Taylor lui-même, qui justifie cette nomination par le rôle central de la religion dans la civilisation et les espoirs futurs de l'humanité. La publication ironise sur cette déclaration, qualifiant la religion de « guidance de l'humanité par la tradition humaine et les grands hommes au lieu de la Parole de Dieu ». Elle cite en exemple l'apôtre Paul, qui aurait reproché à un juge de l'avoir frappé injustement, et Jésus-Christ, qui aurait demandé à un officier pourquoi il l'avait frappé, illustrant ainsi son rejet des institutions religieuses humaines.[128]

Réaction du pape à la nomination de Taylor

La publication commente la réaction du pape Pie XII (Eugène Pacelli) à la nomination de Myron C. Taylor comme ambassadeur personnel de Roosevelt auprès du Vatican. Elle souligne que Pacelli a mis quinze jours à rédiger une lettre de réponse après avoir été informé de cette nomination, un délai qu'elle interprète comme une tentative de masquer les pressions exercées par des figures comme le cardinal Mundelein pour obtenir cette décision. Selon la publication, Roosevelt n'a cédé à ces pressions que lorsqu'il a réalisé qu'il ne pouvait plus les ignorer.[129]

La publication critique également le style de la lettre de Pacelli, qu'elle juge verbeux et inutilement long. Elle compare le pape à un joueur de baseball qui, après avoir frappé la balle, perdrait du temps à discuter avec l'arbitre au lieu de courir vers la base, une métaphore pour illustrer son manque d'efficacité dans un contexte politique tendu.[130]

Affaire judiciaire mineure

La publication relate une affaire judiciaire mineure survenue à Santa Barbara, en Californie, impliquant un Témoin de Jéhovah nommé William J. Gierman. Ce dernier aurait été agressé par M. J. Donnelly alors qu'il effectuait une tournée de prédication de maison en maison. Selon la plainte déposée, Donnelly, en colère, aurait saisi deux bibliothèques portatives que Gierman transportait et les aurait jetées au sol. Il aurait également endommagé un phonographe et deux disques en les projetant par terre.[131]

Gierman, qui ne semble pas avoir suivi l'injonction biblique de « tendre l'autre joue », a engagé un avocat et poursuit Donnelly en justice pour obtenir des dommages et intérêts d'un montant de 4,40 dollars, une somme modeste qui contraste avec les frais de dépôt de plainte et les honoraires d'avocat, estimés à plus de 6 dollars. La publication présente cette affaire sur un ton ironique, soulignant le caractère dérisoire de la demande par rapport aux coûts engendrés.[132]

Affaire des enfants Wade refusant de saluer le drapeau

Dorothy et Eugene Wade étudiant en « exil » après avoir été exclus de leur école pour avoir refusé de saluer le drapeau.

La publication relate une affaire survenue à Bay View, dans le comté de Skagit (État de Washington), impliquant deux enfants Témoins de Jéhovah, Dorothy et Eugene Wade, âgés respectivement de 12 et 10 ans. Ces derniers ont été exclus de leur école publique pour avoir refusé de participer au salut au drapeau, une pratique qu'ils considèrent comme contraire à leurs convictions religieuses. Leur refus s'appuie sur une interprétation littérale du Exode 20:4-5, qui interdit la vénération d'images ou de symboles.[133]

La famille Wade, soutenue par leur communauté religieuse, a choisi de quitter Bay View pour s'installer dans une autre localité, Sumas, où les enfants ont pu reprendre leur scolarité. La publication souligne que cette décision reflète leur détermination à ne pas transiger avec leurs croyances, même au prix d'un exil. Elle cite les propos des enfants affirmant qu'ils ne rendent hommage qu'à Dieu et non à un symbole national : « Nous rendons hommage seulement à Dieu. » [134]

L'affaire a suscité une controverse locale et attiré l'attention des autorités éducatives et judiciaires. Le conseil scolaire de Bay View avait rendu le salut au drapeau obligatoire, conformément à une loi de l'État de Washington. Cependant, les Wade ont refusé de se plier à cette exigence, arguant que leur liberté religieuse était en jeu. La publication rapporte que les enfants ont été exclus de l'école pendant plus d'un an avant de pouvoir reprendre leurs études dans une autre commune.[135]

La publication commente également la réaction des autorités judiciaires, citant une décision récente de la Cour suprême de Pennsylvanie, qui a invalidé une loi similaire imposant le salut au drapeau. Selon cette décision, une telle obligation constitue une violation des droits constitutionnels des individus, notamment en matière de liberté religieuse. La publication approuve cette interprétation, soulignant que les enfants ne doivent pas être contraints de renoncer à leurs convictions pour bénéficier d'une éducation publique, et cite à l'appui : « La loi exigeant qu'un élève salue le drapeau est invalide et inconstitutionnelle. » [136]

L'article mentionne également les tensions locales engendrées par cette affaire. Une réunion publique a été organisée à Bay View pour discuter de la question, au cours de laquelle des habitants ont exprimé leur mécontentement face à l'attitude des enfants Wade. Certains ont estimé que leur refus de saluer le drapeau constituait une insulte à la nation, tandis que d'autres ont défendu leur droit à la liberté de conscience. La publication présente ces débats comme une illustration des conflits entre les valeurs religieuses et les exigences civiques.[137]

Enfin, la publication évoque les conséquences pratiques de cette exclusion pour les enfants Wade. Ces derniers ont dû rattraper leur retard scolaire après une année d'absence, tout en continuant à étudier avec l'aide de leurs parents et d'un enseignant privé engagé par la famille. La publication souligne leur détermination à poursuivre leur éducation malgré les obstacles, tout en maintenant leurs convictions religieuses.[138]

Analyse de la nomination de Myron C. Taylor (suite)

La publication poursuit son analyse critique de la nomination de Myron C. Taylor comme ambassadeur personnel du président Franklin D. Roosevelt auprès du Vatican. Elle qualifie cette décision de « troc entre deux politiciens », soulignant qu'elle n'a aucun lien avec une volonté réelle de promouvoir la paix, contrairement aux déclarations officielles du pape Pie XII (Eugène Pacelli). Selon la publication, cette nomination répond avant tout à des calculs politiques, notamment la nécessité pour Roosevelt d'obtenir le soutien des électeurs catholiques en vue de sa réélection pour un troisième mandat.[139]

La publication ironise sur les propos de Pacelli, qui a salué la « clairvoyance politique » de Roosevelt et son « compréhension de la voix de l'humanité ». Elle qualifie ces déclarations de « pure flatterie » et de « balivernes », estimant qu'elles masquent mal les véritables motivations derrière cette nomination. Elle cite notamment des articles publiés à Londres, qui révèlent que cette décision était en discussion depuis des années, mais que Roosevelt ne l'a officialisée qu'en 1940, en pleine campagne électorale, pour s'assurer des voix catholiques : « S'il avait voulu dire la vérité, ou voulait que Franklin la dise, il aurait pu omettre cela. » [140]

La publication souligne également que cette nomination a été perçue comme une victoire pour les partisans d'une alliance entre les États-Unis et le Vatican, notamment le cardinal Mundelein, qui aurait exercé des pressions sur Roosevelt pour obtenir cette décision. Elle critique la manière dont Pacelli a présenté cette nomination comme une initiative providentielle, alors qu'elle résulte selon elle d'un simple marchandage politique.[141]

Enfin, la publication rappelle que cette nomination a suscité des critiques au sein de la population américaine, notamment parmi les protestants et les juifs, qui y voient une violation du principe de séparation entre l'Église et l'État. Elle cite en exemple les propos de J. Elmer Cates, un pasteur méthodiste, qui s'est interrogé sur la légitimité de cette représentation, soulignant que Taylor ne représente pas la majorité des Américains, mais bien les intérêts du Vatican.[142]

L'article se termine sur une note sarcastique, suggérant que Roosevelt n'a pas agi sous « l'influence de la nuit sainte de Noël », mais bien sous la pression des enjeux électoraux. La publication laisse entendre que cette nomination, loin d'être une décision morale ou spirituelle, relève avant tout d'un calcul politique cynique.[143]

« Soldats chrétiens en marche »

Statistiques sur les conséquences de la Première Guerre mondiale, illustrant les pertes humaines et les profits économiques.

Cette rubrique, intitulée de manière ironique « Soldats chrétiens en marche », présente une série de statistiques et de faits relatifs aux conséquences de la Première Guerre mondiale et aux contradictions des systèmes politiques et religieux de l'époque. La publication utilise ces données pour critiquer les institutions militaires, économiques et religieuses, qu'elle associe à des forces oppressives et destructrices.

Un encadré intitulé « Une raison des grandes armées » cite James Madison, quatrième président des États-Unis, pour dénoncer le rôle des armées permanentes dans l'oppression des peuples. Madison affirme que ces forces, initialement conçues pour se défendre contre les dangers extérieurs, sont devenues des instruments de tyrannie intérieure, notamment en Europe. La publication souligne que cette analyse s'applique également aux régimes fascistes et totalitaires de l'époque, qu'elle considère comme des héritiers de cette logique oppressive.[144]

La rubrique présente ensuite des chiffres accablants sur les pertes humaines et les destructions causées par la Première Guerre mondiale. Elle mentionne notamment 10 millions de soldats morts, 6 millions de disparus (dont la moitié présumée morte), plus de 20 millions de blessés, et 28 millions de civils décédés des suites de maladies, de famines ou d'épidémies. La publication souligne également le nombre élevé de victimes indirectes, comme les 9 millions d'orphelins de guerre et les 5 millions de veuves, ainsi que les 10 millions de personnes rendues sans-abri et devenues réfugiées.[145]

La publication met en lumière les profits colossaux réalisés par certaines entreprises et individus pendant la guerre. Elle cite notamment l'exemple de la société E. I. duPont de Nemours & Co., dont les bénéfices nets sont passés de 5,8 millions de dollars en 1914 à 225,5 millions de dollars entre 1916 et 1918. Elle souligne également l'augmentation du nombre de millionnaires aux États-Unis, passé de 7 560 en 1914 à 25 000 en 1918. Ces chiffres sont présentés comme une illustration des inégalités économiques exacerbées par la guerre et de l'enrichissement d'une minorité au détriment des masses.[146]

Un autre encadré, intitulé « Vous n'êtes peut-être pas obligé d'aimer Smedley Butler », cite un discours du major-général Smedley D. Butler, dans lequel il critique les motivations réelles derrière les conflits armés. Butler compare les armées française et britannique à une « femme mince avec une tournure — tout en parade et sans substance », suggérant que ces nations attendent des États-Unis qu'ils entrent en guerre pour combattre à leur place. La publication semble approuver cette critique, qui remet en question l'héroïsme et les justifications morales des guerres.[147]

La rubrique évoque également les sacrifices humains consentis au nom de causes jugées diaboliques. Elle mentionne notamment les 750 hommes morts dans des sous-marins au cours des trois années précédant 1940, un nombre qu'elle juge dérisoire comparé aux millions de victimes de la Première Guerre mondiale, mais tout aussi tragique. La publication souligne que ces morts sont le résultat de systèmes politiques et militaires qui, selon elle, servent les intérêts du « Diable » plutôt que ceux de l'humanité.[148]

Enfin, un dernier encadré relate un épisode symbolique impliquant le général Francisco Franco, qualifié de « boucher » pour son rôle dans la guerre civile espagnole. La publication rapporte que Franco, après avoir trahi la République espagnole et reçu la bénédiction du pape pour ses actions, a offert une nouvelle mosquée aux musulmans de Ceuta, au Maroc. Elle interprète cet acte comme une reconnaissance de l'aide apportée par les forces musulmanes dans sa victoire contre ses propres compatriotes, et comme une illustration de l'alliance entre les régimes fascistes et les institutions religieuses pour écraser les mouvements démocratiques.[149]

Actualités canadiennes

Cette rubrique regroupe plusieurs brèves et commentaires sur des événements et des situations sociales au Canada, reflétant les préoccupations de la publication concernant les injustices, les abus de pouvoir et les contradictions politiques dans ce pays.

Un article intitulé « Les Témoins de Jéhovah sont anti-fascistes » souligne que les Témoins de Jéhovah sont présentés comme le groupe le plus farouchement opposé au fascisme sur Terre. La publication affirme que cette hostilité s'explique par le fait que le fascisme, qu'elle décrit comme une alliance entre la hiérarchie catholique romaine et l'athéisme, constitue « l'abomination qui cause la désolation », une référence biblique à une force corrompue et destructrice. Elle rapporte que dans plusieurs villes canadiennes, comme Hamilton en Ontario, les autorités policières ont reçu des appels dénonçant la distribution de la brochure Fascisme ou Liberté par les Témoins de Jéhovah. La publication se félicite que la police ait rapidement compris que cette littérature était anti-fasciste et qu'elle ne représentait aucune menace pour l'ordre public, si ce n'est pour le « Diable » et ses partisans.[150]

Un autre article relate une situation dramatique sur la réserve indienne de Caughnawaga, près de Montréal. La publication dénonce les conditions de vie déplorables des Autochtones, soulignant que des non-Autochtones occupaient illégalement l'hôpital de la réserve, que la Commission des liqueurs du Québec y livrait de l'alcool en violation de la loi, et que l'eau potable était polluée et impropre à la consommation. Elle mentionne également que les foyers tribaux ne produisaient pas de fumée en raison d'un manque de bois pour le chauffage, et que de nombreux Autochtones souffraient de la faim. Ces informations sont présentées comme une illustration des injustices subies par les populations autochtones sous le régime colonial canadien.[151]

La publication évoque également une intervention controversée du brigadier Wallace Bunton, de l'Armée du Salut, lors d'un rassemblement militaire à Guelph, en Ontario. Bunton aurait déclaré que si certains citoyens n'étaient pas satisfaits de vivre sous le drapeau britannique, « la seule chose à faire est de les charger tous dans un bateau à fond faux, de les emmener au milieu de l'océan, et alors ce sera terminé ». La publication interprète ces propos comme une menace voilée contre les opposants au régime britannique, et comme une illustration de l'intolérance des institutions militaires et religieuses envers les critiques.[152]

Un autre article relate l'histoire d'un citoyen britannique condamné à deux ans de prison au Québec pour avoir brisé les cadenas de sa propre maison. La publication explique que cette condamnation a été prononcée en vertu de la « Loi du cadenas », une mesure controversée permettant au procureur général du Québec de cadenasser toute maison soupçonnée d'abriter des activités communistes. Elle souligne que cette loi, qualifiée d'« infâme », est utilisée de manière arbitraire, car ses promoteurs refusent de définir clairement ce qu'ils entendent par « communisme ». La publication dénonce cette situation comme une atteinte aux libertés individuelles et une illustration des abus de pouvoir des autorités québécoises.[153]

La rubrique mentionne également un incident spectaculaire survenu dans le parc national de Banff, en Alberta, où un glacier s'est effondré sans que personne ne l'ait observé. La publication rapporte que le glacier du mont Hector s'est détaché et a recouvert une vallée sur deux miles, laissant une couche de glace de 200 pieds d'épaisseur. Cet événement est présenté comme un phénomène naturel impressionnant, mais sans commentaire particulier.[154]

Enfin, un article relate une anecdote insolite impliquant des « snowbirds », des oiseaux rares qui apparaissent chaque année sur l'île d'Orléans, au Québec. La publication explique que 2 750 de ces oiseaux ont été capturés pour servir de mets lors d'un banquet offert par le gouvernement québécois au roi George VI et à la reine Elizabeth lors de leur visite au Canada en 1939. Chaque invité a reçu une pâté composée de la poitrine de ces oiseaux, un geste que la publication juge inutile et cruel, soulignant que ces oiseaux auraient pu être épargnés.[155]

Diverses actualités canadiennes (suite)

La publication poursuit sa couverture des actualités canadiennes avec plusieurs brèves et anecdotes.

Un article intitulé « L'orignal amphibie du Canada » relate une découverte surprenante dans le Grand Nord canadien. La publication affirme qu'il existe une espèce d'orignal capable de vivre et de se nourrir au fond des lacs pendant l'hiver, lorsque la glace recouvre entièrement la surface. Cette capacité lui permettrait de survivre dans des conditions extrêmes, une adaptation que la publication présente comme un exemple de la résilience de la faune canadienne.[156]

Un autre article évoque la migration des Inuits vers le nord, encouragée par de meilleures conditions climatiques et des ressources alimentaires plus abondantes. La publication explique que le pôle magnétique terrestre, situé près du 70e parallèle nord et du 97e méridien ouest, attire les Inuits vers des régions autrefois considérées comme trop hostiles. Elle rapporte que certains Inuits ont tenté de s'installer sur l'île Devon, à 400 miles plus au nord, mais ont finalement été déplacés par le gouvernement canadien vers une région plus clémente, à 300 miles au sud. Cette migration est présentée comme une illustration des changements climatiques et de leur impact sur les populations autochtones.[157]

La publication mentionne également la présence d'emblèmes papaux sur les formulaires de télégrammes des compagnies Canadian National et Canadian Pacific. Elle invite ses lecteurs à lui envoyer des échantillons de ces formulaires, ainsi que des coupures de presse, des articles ou des photographies sur des sujets d'intérêt général. La publication insiste sur l'importance de la collaboration de ses lecteurs pour enrichir ses rubriques d'actualités, soulignant que chacun doit contribuer activement plutôt que de compter sur les autres.[158]

Un autre article relate la découverte d'artefacts vikings à Beardmore, en Ontario, confirmant la présence de ces explorateurs en Amérique du Nord bien avant Christophe Colomb. La publication rapporte qu'une tombe viking, contenant des armes typiques de l'époque, a été mise au jour par hasard lors d'une explosion. Elle souligne que cette découverte s'ajoute à d'autres traces de la présence viking en Amérique du Nord, notamment dans la baie d'Hudson, en Nouvelle-Écosse et en Nouvelle-Angleterre. La publication semble approuver cette remise en question de l'histoire officielle, qui attribue traditionnellement la « découverte » de l'Amérique à Colomb.[159]

Un article intitulé « Si vous souhaitez voir des fous de Bassan » encourage les lecteurs à visiter le rocher Percé et l'île Bonaventure, situés au large de la Gaspésie, à l'embouchure du fleuve Saint-Laurent. La publication décrit ces sites comme des lieux privilégiés pour observer et photographier des colonies d'oiseaux marins, notamment des fous de Bassan, sans les déranger. Elle précise que ces sites sont accessibles par rail ou par bateau, et que 10 000 touristes s'y sont rendus l'année précédente.[160]

La publication évoque également une statistique concernant la mortalité infantile en Ontario. Elle rapporte que le nombre de décès parmi les nouveau-nés est passé de 7 596 en 1918 à 3 244 en 1939, pour un nombre total de naissances similaire (environ 65 000 par an). La publication souligne que cette amélioration est notable, dans un contexte marqué par la course aux armements et le mépris pour la vie humaine. Elle critique implicitement les priorités des gouvernements, qui investissent massivement dans la guerre tout en négligeant les conditions de vie des populations.[161]

Un autre article relate une tragédie survenue à Terre-Neuve, où un quart de la population vit dans une pauvreté extrême, recevant une allocation de 6 cents par jour pour les adultes et de 3 cents pour les enfants. La publication dénonce cette situation comme une illustration de l'échec des gouvernements à assurer le bien-être de leurs citoyens, et présente le Royaume de Dieu comme la seule solution pour un monde aussi mal gouverné.[162]

La publication mentionne également l'incendie de deux couvents au Québec en une seule nuit, à Saint-Barthélemy et à Stoneham. Elle rapporte que, dans les vingt-quatre heures suivantes, l'asile d'aliénés de Beauport, géré par les Sœurs grises, a également été détruit par les flammes. Bien que la publication ne commente pas directement ces événements, leur inclusion dans cette rubrique suggère une critique des institutions religieuses et de leur rôle dans la société québécoise.[163]

Commentaires britanniques

Cette rubrique, signée J. Hemery de Londres, propose une analyse des événements en cours en Europe, en particulier en Grande-Bretagne, à travers le prisme des prophéties bibliques et de la doctrine des Témoins de Jéhovah. La publication interprète ces événements comme des signes de la fin des « temps des Gentils » et de l'imminence du jugement divin.

L'article commence par évoquer les conditions météorologiques exceptionnelles qui ont frappé la Grande-Bretagne, avec des chutes de neige record et des températures extrêmement basses pour la saison. La publication rapporte que ces intempéries ont paralysé les transports, retardé le courrier et les trains, et provoqué des pénuries de nourriture et de charbon dans de nombreuses régions. Elle souligne que ces conditions, les plus rigoureuses depuis près d'un siècle, ont particulièrement affecté les Midlands et le nord du pays, où les usines ont été ralenties ou arrêtées. La publication semble interpréter ces événements comme un signe divin, bien qu'elle reconnaisse ne pas savoir si ces conditions climatiques sont une coïncidence ou un élément du dessein de Dieu.[164]

La publication poursuit en analysant la situation militaire en Europe, notant que le froid a également immobilisé les armées en France et en Allemagne, où les forces alliées et allemandes se font face sans engager le combat. Elle compare cette situation à la guerre entre Israël et les Philistins, où Dieu est intervenu pour régler le conflit par l'intermédiaire de David. La publication affirme que les événements actuels s'inscrivent dans le plan de Dieu, et que le jour de ses jugements est arrivé. Elle souligne que les nations et les hommes peuvent bien faire leurs propres choix, mais que la fin est inévitable et que le travail des Témoins de Jéhovah, qui annoncent le Royaume de Dieu, est essentiel pour préparer les peuples à cette échéance.[165]

L'article aborde ensuite la question de l'évacuation des enfants des villes britanniques considérées comme des cibles potentielles des bombardements allemands. La publication rapporte que le plan d'évacuation, mis en place par le gouvernement, a largement échoué. Elle cite l'exemple de Birmingham, où seulement 9 000 des 130 000 enfants évacués sont restés dans les zones rurales, les autres étant revenus en ville. La publication souligne que cette situation a créé un problème majeur pour le système éducatif, car 93 % des enfants des écoles primaires sont restés en ville sans enseignants, ces derniers étant toujours dans les zones d'évacuation. Elle interprète cet échec comme une illustration de l'incapacité des gouvernements humains à protéger leurs populations, et comme un signe que les craintes de bombardements ne se sont pas matérialisées.[166]

La publication évoque également la question de la « justice impartiale » en Grande-Bretagne, en se référant à la statue de la Justice qui surplombe les Central Criminal Courts de Londres. Elle décrit cette statue comme une femme aux yeux bandés, tenant une balance en équilibre, symbole d'une justice sans partialité. La publication affirme que, dans les tribunaux britanniques, qu'il s'agisse de causes civiles ou pénales, l'intention est toujours de rendre un jugement équitable. Elle souligne que cette réputation d'honnêteté des juges britanniques n'est pas remise en question, et que les erreurs judiciaires du passé, comme les « assises sanglantes » du juge Jeffreys, ne pourraient plus se reproduire.[167]

Cependant, la publication nuance cette vision en critiquant le comportement de certains juges dans des tribunaux de moindre importance. Elle cite l'exemple du tribunal de Newcastle, où le président, un juge nommé Richardson, a manifesté son incrédulité face à la sincérité des Témoins de Jéhovah qui refusaient de participer à l'effort de guerre pour des raisons de conscience. La publication rapporte que ce juge a refusé d'inscrire les Témoins de Jéhovah sur le registre des objecteurs de conscience, et qu'il a exprimé son hostilité envers une carte de « témoignage » utilisée par ces derniers lors de leur prédication de maison en maison. Cette carte, qui présente le porteur comme un « ministre ordonné de Jéhovah Dieu » chargé de prêcher l'Évangile du Royaume du Christ, est décrite par la publication comme un outil scripturaire légitime, mais rejeté par les institutions religieuses traditionnelles, qui revendiquent le monopole de l'ordination.[168]

Critique des institutions religieuses britanniques

La publication poursuit son analyse des institutions britanniques en critiquant sévèrement l'Église d'Angleterre, qu'elle compare à l'Église catholique romaine en termes de caractéristiques sacerdotales, tout en soulignant que sa structure épiscopalienne l'empêche de devenir une organisation totalitaire comme Rome. Elle dénonce notamment le pouvoir absolu des évêques et des doyens dans leurs diocèses et cathédrales, un système qu'elle qualifie de « royaume » où ces dignitaires jouissent d'une impunité quasi totale.[169]

L'article se concentre particulièrement sur le cas du « doyen rouge », Hewlett Johnson, doyen de Canterbury, qu'il présente comme un partisan déclaré du communisme et un admirateur du régime soviétique et de Staline. La publication rapporte que Johnson participe régulièrement à des meetings communistes et prône ouvertement cette idéologie. Elle souligne que, malgré l'agression soviétique contre la Finlande, qui a choqué le monde entier, Johnson a publié un livre faisant l'éloge de l'Union soviétique. Dans cet ouvrage, il affirme que Staline n'est pas un despote oriental, mais un dirigeant éclairé, comme en témoignent sa nouvelle Constitution et sa volonté de renoncer à certains pouvoirs. La publication ironise sur ces propos, suggérant que Johnson a probablement écrit son livre avant l'invasion de la Finlande, mais qu'il l'a publié après cet événement, sans tenir compte de la réalité des actions soviétiques.[170]

La publication souligne que, malgré ses prises de position politiques controversées, Hewlett Johnson conserve son poste de doyen de Canterbury, avec un salaire annuel de 2 000 livres sterling. Elle explique que, dans l'Église d'Angleterre, les doyens et les évêques jouissent d'une autonomie quasi totale dans leurs diocèses, et qu'il n'existe aucun mécanisme pour les destituer, même s'ils expriment des opinions contraires au livre de prières ou aux 39 articles qui définissent les croyances et les pratiques de l'Église. La publication dénonce cette situation comme une illustration de l'impunité des élites religieuses et de leur capacité à promouvoir des idéologies politiques tout en conservant leurs privilèges.[171]

L'article se termine par une référence biblique, citant Jérémie 25:34-35, qui annonce la chute des « faux bergers » et la fin de leur pouvoir sur le troupeau. La publication semble utiliser cette citation pour illustrer sa conviction que les institutions religieuses corrompues, qu'il s'agisse de l'Église catholique romaine ou de l'Église d'Angleterre, sont condamnées à disparaître avec l'avènement du Royaume de Dieu.[172]

Critique de la doctrine de la Trinité

La publication poursuit sa critique des institutions religieuses en s'attaquant spécifiquement à la doctrine de la Trinité, qu'elle considère comme une hérésie et une falsification des Écritures. Elle cite un sermon prononcé par un ecclésiastique catholique romain dans la cathédrale de Westminster, où ce dernier affirme que le christianisme tout entier repose ou s'effondre sur l'affirmation que le Christ fait partie de la Trinité. La publication rejette cette déclaration, soulignant que cette doctrine n'a aucun fondement biblique et qu'elle a été élaborée pour servir les intérêts des systèmes religieux humains plutôt que la vérité divine.[173]

La publication rappelle que Jésus-Christ s'est présenté comme le « Fils de Dieu », et non comme Dieu lui-même. Elle cite plusieurs passages bibliques pour étayer cette position, notamment Jean 10:29-39, où Jésus explique sa relation unique avec son Père. Selon la publication, les Juifs de l'époque étaient prêts à le tuer parce qu'il se disait Fils de Dieu, et non parce qu'il prétendait être Dieu. Elle souligne que cette opposition des chefs religieux juifs trouve un écho à l'époque de la rédaction dans l'hostilité des dirigeants religieux envers les Témoins de Jéhovah, qui rejettent la doctrine de la Trinité comme une blasphémie contre le nom du Dieu vivant, le Père de Jésus.[174]

La publication dénonce également les dogmes des églises, qu'elle qualifie de moulages conçus pour construire un système religieux. Elle affirme que ces dogmes ont été promulgués et maintenus dans le but de préserver les organisations religieuses, et non pour aider à la compréhension des Écritures ou des desseins de Dieu. Elle compare cette situation à celle des Juifs qui, en raison de leurs interprétations erronées des Écritures, n'ont pas reconnu Jésus comme le Messie et ont provoqué la destruction de Jérusalem et la dispersion de leur nation. Selon la publication, cette histoire se répète à l'échelle mondiale, avec des conséquences similaires en perspective.[175]

Enfin, la publication critique une déclaration faite dans la même cathédrale de Westminster, où un ecclésiastique catholique a comparé l'agression nazie et soviétique contre la Pologne à un serpent, affirmant que seule la mère de Dieu pouvait écraser ce serpent. La publication ironise sur cette déclaration, soulignant que le pape, qui se présente comme le vicaire du Christ, devrait être capable d'écraser ce serpent lui-même. Elle rapporte également que cet ecclésiastique a encouragé le culte de Marie, en attribuant à Jésus des paroles qu'il n'a jamais prononcées. La publication dénonce cette pratique comme une tentative délibérée de détourner l'attention du Christ et de promouvoir un système religieux qui déshonore Dieu. Elle conclut en qualifiant l'Église catholique romaine de principal agent du Diable pour tromper le monde.[176]

Actualités sud-américaines

Cette rubrique présente plusieurs brèves et commentaires sur des événements et des situations sociales en Amérique du Sud, reflétant les préoccupations de la publication concernant les inégalités, les régimes politiques et les conditions de vie dans cette région.

Un article relate un incendie tragique survenu à Lagunillas, un bidonville construit sur pilotis au-dessus du lac Maracaibo, au Venezuela. La publication explique que deux oléoducs se sont rompus, déversant du pétrole dans le lac, lequel a pris feu et détruit environ 200 habitations. Les premières estimations faisaient état de 800 victimes, un chiffre ensuite revu à la baisse à environ 100 morts. La publication souligne que cet incendie a particulièrement touché les enfants, dont les parents étaient absents, partis au cinéma ou à des soirées dansantes. Elle présente cette tragédie comme une illustration des dangers liés à l'exploitation pétrolière et des conditions de vie précaires des populations défavorisées.[177]

Un autre article évoque le dictateur de la Bolivie, dont le grand-père était allemand et le beau-frère, Kovichi Seito, un sujet japonais. La publication suggère que cette ascendance explique ses inclinations envers l'Axe germano-italo-japonais. Elle rejette comme indigne de crédit les rumeurs selon lesquelles ce dictateur serait anticlérical, estimant que seuls les simples d'esprit pourraient y croire.[178]

La publication aborde ensuite le développement économique du Pérou, soulignant que ce pays connaît une croissance rapide. Elle rapporte que la production minière est passée de 26 millions de dollars en 1934 à 70 millions de dollars en 1939, tandis que les dépôts bancaires ont augmenté de 18 millions à 28 millions de dollars, et les importations de 15 millions à 35 millions de dollars. La publication décrit le Pérou comme un pays vaste et riche en ressources naturelles, notamment en minerais, en pétrole, en bois rares et en terres agricoles, et souligne qu'il n'en est qu'au début de son développement. Elle conclut en affirmant que, sous le Royaume de Dieu, le Pérou deviendra une terre heureuse pour des millions de personnes.[179]

Un autre article mentionne les améliorations en cours en Bolivie, notamment la construction d'une route moderne reliant la capitale, La Paz, au lac Titicaca, le plus haut lac navigable du monde. La publication rapporte que deux nouveaux hôtels touristiques, construits et détenus par le gouvernement bolivien, ont été inaugurés sur les rives du lac, à une centaine de miles l'un de l'autre.[180]

Enfin, la publication dresse un état des lieux des dictatures en Amérique du Sud. Elle indique qu'à la date de rédaction, le Brésil, le Paraguay, l'Équateur, la Bolivie et le Pérou sont gouvernés par des dictatures, représentant 62 % de la superficie et 61 % de la population du continent, ainsi que 50 % de ses gouvernements. Cette situation est présentée comme une illustration des dérives politiques et de l'instabilité qui caractérisent la région.[181]

Appel à la vérité

La publication lance un appel à ses lecteurs, les exhortant à faire preuve de courage en lisant et en défendant la vérité, malgré les pressions sociales et les craintes de représailles. Elle souligne que le monde traverse une période critique, où les gens honnêtes doivent se lever pour soutenir la justice et s'opposer à la méchanceté. La publication affirme que des milliers de personnes ont déjà pris conscience de l'hypocrisie des organisations religieuses, politiques et commerciales, mais qu'elles n'ont pas osé agir par peur de ce que les autres pourraient penser.[182]

Elle rappelle que Consolation publie la vérité depuis vingt ans, et que cette persévérance a permis à des milliers de personnes de se réveiller et de trouver le courage de parler sans crainte. La publication insiste sur le fait que la religion est le plus grand de tous les rackets, une vérité connue de millions de personnes, mais que peu osent admettre ouvertement. Elle encourage ses lecteurs à ne plus se laisser intimider par les puissants de ce monde et à défendre la vérité avec détermination.[183]

La publication souligne que Consolation est rédigée dans le seul but de publier les faits réels dans l'intérêt de ceux qui souhaitent connaître la voie juste. Elle affirme que les éditeurs du gouvernement théocratique de Dieu déclarent ces vérités sans crainte devant tous, et exposent Consolation dans des lieux fréquentés à travers le monde. Elle invite ses lecteurs à s'abonner à la revue en remplissant un coupon et en l'envoyant à la Watch Tower, pour recevoir régulièrement chaque numéro.[184]

Brochure « Réfugiés »

La publication annonce la parution d'une nouvelle brochure intitulée « Réfugiés », rédigée par le juge Rutherford. Cette brochure de 64 pages aborde la question des millions de personnes déplacées à travers le monde, contraintes de fuir leurs foyers et de chercher en vain un lieu de sécurité. Elle répond à des questions telles que : pourquoi tant de gens fuient-ils leurs maisons, pourquoi semblent-ils tous craindre de tout perdre, et où allons-nous.[185]

La publication affirme que cette brochure ne contient aucune opinion humaine, mais qu'elle révèle plutôt les fausses doctrines religieuses qui ont maintenu les peuples dans l'obscurité et la peur. Elle oriente les lecteurs vers le grand gouvernement théocratique de Jéhovah, en présentant des réponses claires, vraies et concluantes sur la situation des réfugiés. La publication souligne que ces réponses apportent l'espoir et la vie à tous ceux qui cherchent à comprendre les événements actuels.[186]

Pour répondre à la demande croissante, la première édition de cette brochure a été tirée à 10 millions d'exemplaires. La publication invite ses lecteurs à commander un exemplaire en remplissant un coupon et en l'envoyant à la Watch Tower, accompagné d'une contribution pour soutenir la diffusion de cette brochure.[187]


Illustrations du numéro

Références

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  1. Consolation du 20 mars 1940, p. 17.
  2. Consolation du 20 mars 1940, p. 17.
  3. Consolation du 20 mars 1940, p. 30.
  4. Consolation du 20 mars 1940, p. 30.
  5. Consolation du 20 mars 1940, p. 3.
  6. Consolation du 20 mars 1940, p. 3.
  7. Consolation du 20 mars 1940, p. 11.
  8. Consolation du 20 mars 1940, p. 28.
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  13. Consolation du 20 mars 1940, p. 28.
  14. Consolation du 20 mars 1940, p. 13.
  15. Consolation du 20 mars 1940, p. 12.
  16. Consolation du 20 mars 1940, p. 12.
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